"Je suis belle, ô mortels!"

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172 livres

par Aurea

La Beauté, où qu'elle se trouve, fascine, envoûte, déstabilise voire effraie, qui la contemple, et c'est parfois aussi un cadeau empoisonné, une malédiction, pour l'être qui s'en voit doté, ce qu'illustrent nombre d'oeuvres qui en ont fait leur thème de prédilection, mes dernières lectures n'étant pas étrangères au choix de ce thème.

Titre extrait du poème La beauté de Baudelaire

Vénus au miroir, de Velasquez en couverture

Et voici la liste soeur de Ratdebibli : https://www.senscritique.com/liste/Et_on_tuera_tous_les_affreux/1523019

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  • Le Banquet

    Sumpósion

    Essai et philosophie.

    Livre de Platon

    "L'individu qui contemple et qui cherche le beau, traversera trois étapes :
    D'abord, il aime la beauté d'un corps. Cette beauté est sensible et particulière. Elle est donc la plus impure et la plus basse de toutes.
    Puis, se rendant compte que la beauté d'un corps est en fait la beauté de sa forme et qu'on trouve aussi une telle beauté dans d'autres corps, il méprisera celui qu'il aura aimé.

    Ensuite, « il estimera la beauté des âmes plus précieuse que celle des corps, en sorte qu'une personne dont l'âme a sa beauté sans que son charme physique ait rien d'éclatant, va suffire à son amour et à ses soins ».

    Se concentrant sur l'âme plutôt que sur le corps, il la cherchera dans les actions humaines, où il verra que la beauté est toujours semblable à elle-même. Enfin, les actions humaines le conduiront aux sciences, où il contemplera directement le beau.

    Ce qui lui permettra d'être animé par l'amour du savoir. Toutes ces sciences le laisseront voir la beauté en soi, « une beauté qui tout d'abord est éternelle, qui ne connaît ni la naissance ni la mort, ni la croissance ni le déclin [...] elle lui apparaîtra en elle-même et par elle-même, éternellement jointe à elle-même par l'unicité de sa forme, et toutes les autres choses qui sont belles participent de cette beauté. ».

    L'amour doit donc être honoré en tant qu'il est un auxiliaire de la poursuite et de la possession du beau, « simple, pur, sans mélange, étranger à l'infection des chairs humaines [...] et en mesure de contempler la beauté divine en elle-même, dans l'unicité de la forme ».
  • Poèmes et fragments (1991)

    Sortie : juin 1991.

    Livre de Sappho et P. Brunet

    FRAGMENTS DIVERS

    "Comment cette femme grossière et sans art peut-elle charmer ton esprit et enchaîner ton cœur ? Elle ne sait pas même laisser flotter avec grâce les plis de sa robe.

    Le deuil et les larmes ne doivent point régner dans la maison d’un poète : c’est une faiblesse indigne d’un fils d’Apollon.

    L’homme qui n’est que beau, l’est seulement pendant qu’on le regarde, mais l’homme sage et bon est toujours beau."
  • L'Art d'aimer

    Ars amatoria

    Essai et poésie.

    Livre de Ovide

    "La beauté est un bien fragile: tout ce qui s'ajoute aux années la diminue elle se flétrit par sa durée même ; ni les violettes, ni les lis à la corolle ouverte ne sont toujours en fleurs, et, la rose tombée, l'épine se dresse seule. Toi aussi, bel adolescent, tu connaîtras bientôt les cheveux blancs ; tu connaîtras bientôt les rides, qui sillonnent le corps. Forme-toi maintenant l'esprit, bien durable, qui sera l'appui de ta beauté: seul il subsiste jusqu'au bûcher
    funèbre."
  • Les Métamorphoses (9)

    Metamorphōseōn

    Sortie : 9. Essai et poésie.

    Livre de Ovide

    "O Galatée, plus blanche que le pétale neigeux du troène, plus fleurie que les prés, plus élancée que l’aune au tronc allongé, plus éblouissante que le verre, plus folâtre que le jeune chevreau, plus lisse que les coquillages polis par la perpétuelle caresse du flot, plus délicieuse que le soleil en hiver, que l’ombre en été, plus majestueuse que le frêne, plus digne des regards que le fier platane, plus transparente que la glace, plus douce que ne l’est au goût la grappe mûre, au toucher le duvet du cygne et le lait caillé, et, si tu ne te dérobais pas, plus belle qu’un jardin aux eaux vives ; mais aussi Galatée plus farouche que les jeunes taureaux indomptés, plus dure que le chêne chargé d’ans, plus trompeuse que l’onde, plus insaisissable que les souples rejets du saule ou de la clématite, plus inébranlable que ces rochers, plus impétueuse que le torrent, plus fière que le paon quand on le loue, plus cuisante que le feu, plus épineuse que la macle, plus cruelle que l’ourse qui a mis bas, plus sourde que les flots, plus implacable que le serpent foulé aux pieds, et – c’est là le privilège que je voudrais surtout pouvoir t’enlever – plus rapide non seulement que le cerf poussé par les abois sonores, mais aussi que les vents et que la brise ailée."
  • Iliade

    Ἰλιάς

    Récit et poésie.

    Livre de Homère

    A cause, à cause de sa beauté

    « Le blâme ne peut rétribuer Troyens et Achéens aux bonnes jambières de souffrir de si longs maux autour d'une telle femme : elle ressemble trop terriblement aux déesses immortelles », murmurent les Troyens en voyant Hélène aux bras blancs s'avancer sur leurs remparts (Homère, L'Iliade, III). Hélène, née d'un œuf comme Castor, Pollux et Clytemnestre, est la fille de Léda et de Zeus-cygne, et du mortel Tyndare.

    C'est la plus belle des femmes, comme Aphrodite est la plus belle des déesses au jugement de Pâris ; c'est en vertu de cette analogie qu'elle est promise par Aphrodite à ce dernier, en récompense de son jugement. Sa légende, infiniment remaniée par presque tous les poètes grecs depuis Homère, fait d'elle, après un éventuel enlèvement par Thésée, la femme du blond Ménélas, « favori d'Arès », choisi parmi tous les prétendants qu'Ulysse a unis par le serment de secourir l'élu.

    Enlevée par Pâris L'Enlèvement de la belle Hélène par Pâris, à qui Aphrodite l'avait promise en remerciement, c'est donc pour Hélène que la guerre de Troie oppose Danaéens et Achéens liés par la foi jurée — elle, l'Achéenne de Troie, qui sait ce qu'est le cheval et imite la voix des femmes des guerriers grecs,
    reconnaît Ulysse déguisé, agite le flambeau sur la citadelle. .

    Et la beauté d'Hélène, la femme, n'est même rien qu'un nom autour duquel combattent les lances, qu'un fantôme gonflé de vent pour qui s'entretuent les hommes, ainsi que le proclame l'Hélène fantastique d'Euripide dans son premier monologue, ou qu'une apparition à la fin d'une pièce de Shakespeare.
    Aussi, la tradition principale veut qu'Hélène, la fille de Zeus, enfin rendue à elle-même et à Ménélas, finisse vertueusement ses jours auprès de son cher époux."
  • Notes de chevet (1002)

    Makura no sōshi

    Sortie : 1002. Journal et carnet.

    Livre de Sei Shônagon

    Extrait Note 18 : Choses qui font battre le cœur.

    « …Quand le vent, tout-à-coup, pénètre dans la maison, par des interstices des fenêtres en treillis, finement tamisé comme si les lattes de ces fenêtres avaient été disposées à dessein, on ne peut croire que ce soit là ce même vent qui soufflait en tempête… »

    Extrait Note 91 : Le vent
    "La poésie devient présence dans un siècle qui façonne nos consciences par les images.
    Ce livre miraculeux est une conscience en équilibre par le regard partagé de deux visions d’un monde, à l’écoute de mille et une fragrance, de mille et mille éclats de la vie quotidienne.

    Vision, si on sait la lire, entre les formes de la vie, entre les doutes du temps ; qui doit être l’apparition de la beauté comme une lueur d’espoir contre les vents contraires qui nous font courber l’échine, qui doit rentrer dans les maisons et doit nous rappeler que la beauté est en chacun de nous.

    Une lueur vive, brillante, quand nous voyons au loin, dans les nuages du ciel, les fantômes de nos rêves voyager d’un monde à l’autre."

    Lecteurs, le monde est beau à celui qui sait le partager d’un pas léger !
  • The Tale of Genji

    Genji monogatari

    Roman.

    Livre de Murasaki Shikibu

    XIème siècle

    "Because of the Buddhist belief in rebirth, beauty, in all its forms, was seen as a sign of virtue in a former existence. To have lovely handwriting, or a talent for poetry, was a mark of good character, in a former life as well as in the present one.

    A priest in “Genji” describes a young woman as follows: “She really is quite beautiful, isn’t she! No doubt she was born with such features as a reward for good deeds performed in a previous life.”
    Prince Genji himself is described as cutting “such an attractive figure that the other men felt a desire to see him as a woman. He was so beautiful that pairing him with the very finest of the ladies at the court would fail to do him justice.”

    "Au fil des péripéties, surgit peu à peu de l'oubli, un monde inconnu des occidentaux, raffiné, étrange, et d'un érotisme suprêmement élégant. Chuchotements et soupirs à l'ombre des écrans de papier kimonos entrouverts et chevelure répandues sur peau d'albâtre."
  • Le Roman de Troie (1160)

    Sortie : 1160. Roman.

    Livre de Benoit de Sainte-Maure

    "La chambre des beautés est aussi chambre d'amour allouée par Priam à Pâris et Hélène pour qu'une fois le rapt accompli ils y enclosent des amours nées sous le signe de la rencontre de deux beautés."
  • Perceval ou le Conte du Graal (1180)

    Sortie : 1180. Roman.

    Livre de Chrétien de Troyes

    De la Beauté au Moyen Âge...

    "La beauté féminine est prise entre l'image d’Ève (tentatrice, péché ) et la vision de Marie (rédemption : beauté sacrée).
    Sont valorisés :
    - La chevelure qui doit être blonde.
    -Un large front : les femmes se tireront abusivement les cheveux en arrière pour répondre à cette norme de beauté. Le front dégarni, ce sont les sourcils, préférablement bruns qui embellissent la région du haut du visage.
    Les auteurs qui décrivent les yeux mettent l’accent sur l’éclat et l’intensité qu’ils doivent projeter. Le nez ne doit être ni trop gros, ni trop petit, comme il est décrit par François Villon « beau nez droit grand ni petit».
    -Les seins doivent être durs et placés haut, suivi de bras longs et d’une taille mince. Un autre critère est aussi très important et c’est la couleur de la peau.
    Effectivement, les femmes doivent avoir une peau blanche, on dit même que « tout ce qui n’est pas recouvert par les vêtements frappe par sa blancheur».
    La seule partie du corps qui peut se permettre de la couleur, c’est la bouche qui doit être douce, fraîche et rosée ( voire rouge).
    Les auteurs du Moyen Âge mettent aussi l’emphase sur la jeunesse du corps. Effectivement, après l’âge de 25 ans, les femmes entreraient dans une période de «désert de l’amour» et ensuite elles deviendraient vieilles."
  • Le Roman de la Rose (1280)

    Sortie : 1280. Roman.

    Livre de Jean de Meun et Guillaume De Lorris

    "Le Roman de la Rose est l'une des oeuvres les plus célèbres de la littérature française du Moyen Âge. Il a été écrit au XIIIe siècle, en deux temps, par deux auteurs successifs : Guillaume de Lorris et Jean de Meun. En le lisant, vous apprendrez que ce « roman » n'est pas un roman, mais un très long poème en vers ; qu'il a pour thème l'amour, et qu'il est peuplé de personnages ayant pour nom Beauté, Doux Regard, Raison, Haine, Jalousie ou encore Envie (c'est ce qu'on appelle des allégories). Vous verrez un jeune homme tomber amoureux d'une rose, que dès lors il s'efforcera de conquérir, non pas en suivant des cours de botanique (puisque la Rose est en fait une jeune fille), mais en s'initiant à l'art d'aimer…"
  • La Divine Comédie (1321)

    Divina Commedia

    Sortie : 1321. Littérature & linguistique et poésie.

    Livre de Dante Alighieri

    "Dans les amours de Dante pour Béatrice II est arrivé au jeune poète Florentin ce que beaucoup d'hommes, même très inférieurs à lui, éprouvent encore de nos jours.

    Tout enfant, il a été frappé de la beauté d'une personne de son âge dont les traits séduisants et les hautes qualités morales, se développant peu à peu, lui ont imprimé dans l'âme un sentiment tendre mais respectueux, sentiment dominateur qui l'a porté à faire de Béatrice sa Dame, son guide, son ange tutélaire, en un mot, un être abstrait, sur lequel il s'est plu à rassembler toutes les beautés, toutes les vertus, toutes les perfections.

    Ce phénomène intellectuel n'est pas rare et peut même passer pour assez commun. Tout homme, si peu platonicien qu'il soit habituellement dans ses amours, a eu sa Béatrice et en garde le souvenir secret.

    Cette tendance est en effet le résultat d'un besoin toujours renaissant, d'une propension naturelle de l'âme, et de l'amour instinctif que nous avons tous du BEAU, du BON et du JUSTE.
    A défaut de leur réalité, nous nous en créons un simulacre, une image plus ou moins embellie, et c'est ce qui fait que l'amour platonique est aussi vrai et tout aussi durable que l'amour naturel."
  • Les Amours (1552)

    Sortie : 1552. Poésie.

    Livre de Pierre De Ronsard

    C'est dans Le second livre des Amours que figure ce poème qui célèbre la beauté de l'aimée.

    Chanson

    Vu que tu es plus blanche que le lis,
    Qui t’a rougi ta lèvre vermeillette
    D’un si beau teint ? Qui est-ce qui t’a mis
    Sur ton beau sein cette couleur rougette ?

    Qui t’a noirci les arcs de tes sourcils ?
    Qui t’a bruni tes beaux yeux, ma maîtresse ?
    Ô grand beauté remplie de soucis,
    Ô grand beauté pleine de grand liesse !

    Ô douce, belle, honnête cruauté,
    Qui doucement me contraint de te suivre,
    Ô fière, ingrate, et fâcheuse beauté,
    Avecque toi je veux mourir et vivre.
  • Poésies choisies (1992)

    Sortie : janvier 1992.

    Livre de Pierre De Ronsard

    La beauté éphémère dont il faut profiter avant qu'elle ne se fane
    Sonnets pour Hélène (1578)

    Quand vous serez bien vieille

    Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
    Assise auprès du feu, dévidant et filant,
    Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
    Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.

    Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
    Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
    Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,
    Bénissant votre nom de louange immortelle.

    Je serai sous la terre et fantôme sans os :
    Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :
    Vous serez au foyer une vieille accroupie,
    Regrettant mon amour et votre fier dédain.
    Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
    Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

    Pierre de Ronsard
  • L'Astrée (1607)

    Sortie : 1607. Roman.

    Livre de Honoré d'Urfé

    La beauté déifiée dans l'oeuvre d'Honoré d'Urfé

    À la beauté, à la force et au courage de Céladon 
    répond la perfection sculpturale d’Astrée dont
    la blancheur et la délicatesse du pied, la juste proportion de la jambe, la rondeur et l’embonpoint de la cuisse, et la beauté de la gorge ne se pouvoient comparer qu’à eux-mesmes (III, 11, p. 598).

    Figé dans sa perfection plastique, ce « petit peuple de statues antiques »
    se dérobe aux règles de la description, voire de la nature : jeunes et parfaitement beaux, les personnages du roman échappent au temps, à ses effets, et Céladon peut vivre en forêt sans devenir « affreux » (I, 12, p. 487) ou se déguiser en fille sans jamais être reconnu.
  • Dom Juan (1665)

    Sortie : . Théâtre.

    Livre de Molière

    Une quête de beauté insensée qui dissimule, derrière l'angoisse existentielle et tragique, la quête de Dieu et de la perfection.
  • L'enchantement des chagrins (2005)

    Sortie : septembre 2005. Roman.

    Livre de Antoinette Deshoulières

    Voici un poème de la dame (1638-1694) concernant la beauté éphémère, ô combien !

    "Pourquoi s'applaudir d'être belle
    Quelle erreur fait compter la beauté pour un bien,
    A l'examiner il n'y a rien qui pose autant de chagrin qu'elle
    Je sais que sur les coeurs ses droits sont absolus, que tant qu'on est belle
    On fait naître des désirs des transports et des soins assidus.
    Mais on a peu de temps à l'être
    Et longtemps à ne l'être plus".
  • La Princesse de Clèves (1678)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Madame de La Fayette

    Entre fidélité et tentation, la beauté vertueuse a fait son choix

    "Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté parfaite, puisqu'elle donna de l'admiration dans un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes.

    Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l'avait laissée sous la conduite de madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour.

    Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l'éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner.

    Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance.

    Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s'attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d'une femme, qui est d'aimer son mari et d'en être aimée."

    Merci à BlueMoon pour la suggestion
  • La chair comme tapis de prière (1693)

    Jeou-P'ou-T'ouan

    Sortie : 1693. Roman.

    Livre de Li Yu (1)

    Paru vers 1640 et non 1691

    "Allez chercher la plus belle femme de la terre... Quand vous serez parvenu à l'illumination à force de prier sur ce tapis de chair, vos yeux s'ouvriront sur la réalité".

    Ainsi parla l'ermite Kou-Fong, et le Jeou-P'ou-T'ouan n'est autre que la quête obstinée du lettré Wei-Yang-Cheng pour aboutir, à travers l'érotisme, à l'extase spirituelle. Rien n'est moins occidental, rien n'est moins chrétien que cette littérature hors du péché, déliée de toute pudibonderie, candide dans sa crudité."
  • Riquet à la houppe (1697)

    Sortie : 1697. Conte.

    Livre de Charles Perrault

    "La reine d'un royaume voisin accoucha de deux filles. La première qui vint au monde était plus belle que le jour : la reine en fut si aise, qu'on appréhenda que la trop grande joie qu'elle en avait ne lui fit mal.
    La même fée qui avait assisté à la naissance du petit Riquet à la houppe était présente, et pour modérer la joie de la reine, elle lui déclara que cette petite princesse n'aurait point d'esprit,et qu'elle serait aussi stupide qu'elle était belle.
    Cela mortifia beaucoup la reine; mais elle eut quelques moments après un bien plus grand chagrin, car la seconde fille dont elle accoucha se trouva extrêmement laide.
    -"Ne vous affligez point tant, Madame», lui dit la fée ; " votre fille sera récompensée d'ailleurs, et elle aura tant d'esprit, qu'on ne s'apercevra presque pas qu'il lui manque de la beauté."
    -" Dieu le veuille», répondit la reine, " mais n'y aurait-il point moyen de faire avoir un peu d'esprit à l'aînée qui est si belle ?"
    -" Je ne puis rien pour elle, Madame, du côté de l'esprit, lui dit la fée, mais je puis tout du côté de la beauté; et comme il n'y a rien que je ne veuille faire pour votre satisfaction, je vais lui donner pour don de pouvoir rendre beau qui lui plaira."

    Merci Ratdebibli (grâce à sa liste)
  • Les Mille et Une Nuits (1704)

    Kitāb ʾAlf Laylah wa-Laylah

    Sortie : 1704. Recueil de contes.

    Livre de Anonyme

    "Mais qui es-tu vraiment, Shéhérazade ? Fantasme ou réalité ? Icône masquée ou image idéalisée de la femme dans un monde arabe qui s'obstine pourtant à ne voir en toi que perversité et transgression ? Et pourquoi, surtout, est-il crucial de parler de toi?

    Deux versants, une seule unité

    Parce qu'il en va du sort de la modernité politique de l'islam, de son pluralisme, de son humanisme aussi. Au Xe siècle, date à laquelle la narration des "Nuits" est quasi achevée, les Abbassides, deuxième dynastie de l'Islam, permettaient déjà la plupart des libertés individuelles que les fondamentalistes d'aujourd'hui récusent mordicus : liberté de la femme, exigence du BEAU, amour physique, etc...
    Il y a dans "Les mille et une nuits" ce qu'il n'y a pas dans le Coran : la liberté sexuelle, les plaisirs de la table, les transformations animales, les métamorphoses, la joie de vivre, les joies du bain."
  • La Vie de Marianne (1731)

    Sortie : 1731. Roman.

    Livre de Marivaux

    De l'importance d'être belle pour une femme (d'après Marivaux)

    "Nous autres jolies femmes, car j’ai été de ce nombre, personne n’a plus d’esprit que nous quand nous en avons un peu : les hommes ne savent plus alors la valeur de ce que nous disons ; en nous écoutant parler, ils nous regardent, et ce que nous disons profite de ce qu’ils voient.


    J’ai vu une jolie femme dont la conversation passait pour un enchantement, personne au monde ne s’exprimait comme elle ; c’était la vivacité, c’était la finesse même qui parlait : les connaisseurs n’y pouvaient tenir de plaisir. La petite vérole lui vint, elle en resta extrêmement marquée : quand la pauvre femme reparut, ce n’était plus qu’une babillarde incommode. Voyez combien auparavant elle avait emprunté d’esprit de son visage ! Il se pourrait bien faire que le mien m’en eût prêté aussi dans le temps qu’on m’en trouvait beaucoup. Je me souviens de mes yeux de ce temps-là, et je crois qu’ils avaient plus d’esprit que moi."
  • La Belle et la Bête (1740)

    Sortie : 1740. Conte.

    Livre de Madame De Villeneuve

    Parution en 1740 : tout est dans le titre

    «Le monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivée. En voyant approcher la Bête, qu'elle ne put envisager sans frémir en elle-même, la Belle avança d'un pas ferme, et d'un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plut au monstre. Se retournant vers la Belle, il lui dit : "Bonsoir, la Belle".»
  • Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau (1757)

    A Philosophical Enquiry into the Origin of Our Ideas of the Sublime and Beautiful

    Sortie : 1757. Essai.

    Livre de Edmund Burke

    "De manière schématique, le beau est, d’après Burke, ce qui est bien fait et qui a une esthétique plaisante ; le sublime quant à lui a un pouvoir sur l’homme et peut le détruire. La prévalence du sublime sur le beau marque le passage du néoclassicisme au
    romantisme."
  • La Belle et la Bête suivi de L'Oiseau bleu (1757)

    Sortie : 1757. Conte.

    Livre de Jeanne-Marie Leprince De Beaumont et Marie-Catherine Le Jumel de Barneville Aulnoy

    "L’histoire de La Belle et la Bête, qui fait partie du recueil Le Magasin des enfants, n’a pas été inventée par Mme Leprince de Beaumont. Mme de Villeneuve avait déjà publié une histoire assez semblable en 1740 et, si on remonte plus loin encore, un auteur de l’Antiquité, Apulée, avait consigné dans un recueil de légendes l’histoire d’Amour et Psyché, proche de La Belle et la Bête.

    L’originalité de Mme Leprince de Beaumont réside dans sa visée pédagogique. Dans Le Magasin des enfants, chaque conte est suivi d’un dialogue entre la gouvernante et les enfants, qui peuvent ainsi tirer la leçon du conte : La Belle et la Bête, récit de la rencontre entre une jeune femme et une horrible créature, enseigne qu’il ne faut pas se fier à l’apparence et que l’amour est capable de transformer les êtres."
  • La Règle du goût (1741)

    Sortie : 1741. Essai.

    Livre de David Hume

    Paru en 1757

    "Rien n'est plus propre à adoucir l'humeur que l'étude des beautés, soit de la poésie, soit de l'éloquence, soit de la musique, soit de la peinture : cette étude donne au sentiment une certaine élégance que sans elle personne ne saurait acquérir ; ils retirent l’esprit du trouble des affaires, lui inspirent le désintéressement, répandent des charmes sur la méditation, nous font aimer la vie tranquille, et nous plongent dans cette douce mélancolie, qui de toutes les dispositions d'esprit est la plus favorable à la naissance de l'amour et l'amitié."
  • Dictionnaire philosophique (1764)

    Sortie : 1764.

    Livre de Voltaire

    Sur Le Beau et La Beauté

    "Voltaire apporte une argumentation originale à sa thèse sur la relativité du Beau et l’impossibilité de le définir dans un traité philosophique. Il utilise le comique, prend des exemples farfelus et ridiculise la philosophie même, qui se croyait la seule apte à traiter un tel sujet. Les questions esthétiques intéressent la philosophie des Lumières. Diderot a écrit l’article « Beau » pour l’Encyclopédie : pour lui, la beauté n’est qu’une « perception des rapports ». On pourrait en conclure, outre à la relativité du Beau, à sa subjectivité. "
  • Critique de la faculté de juger (1790)

    Kritik der Urteilskraft

    Sortie : 1790. Essai.

    Livre de Emmanuel Kant

    "Si la beauté ne saurait être connue, elle peut du moins être pensée: tel est bien l’objet de cette analytique du beau.
    Kant en effet ne parle jamais du Beau, moins encore de l’Idée du Beau— comme le faisait autrefois Platon, qui ne doutait pas un seul instant de la nature intellectuelle de la beauté — mais seulement du sentiment du beau, soulignant par là combien la beauté ne saurait être comprise comme une forme objectivement déterminable, mais seulement ressentie comme un sentiment nécessairement subjectif.
    Ce que Kant nomme le sentiment esthétique est alors le sentiment que le sujet éprouve de son propre état intérieur lorsqu’il ressent l’accroissement de l’élan vital qui le soulève à l’occasion de la rencontre de la beauté.
    Paradoxalement, l’analytique du beau ne sera jamais une analyse de la beauté elle-même, mais plutôt de l’état subjectif éprouvé par le sujet qui ressent en lui l’impression de la beauté."
  • Notre-Dame de Paris (1831)

    Sortie : 1831. Roman.

    Livre de Victor Hugo

    La beauté d'Esmeralda

    "Dans un vaste espace laissé libre entre la foule et le feu, une jeune fille dansait.
    Si cette jeune fille était un être humain, ou une fée, ou un ange, c’est ce que Gringoire, tout philosophe sceptique, tout poète ironique qu’il était, ne put décider dans le premier moment, tant il fut fasciné par cette éblouissante vision.
    Elle n’était pas grande, mais elle le semblait, tant sa fine taille s’élançait hardiment. Elle était brune, mais on devinait que le jour sa peau devait avoir ce beau reflet doré des andalouses et des romaines. Son petit pied aussi était andalou, car il était tout ensemble à l’étroit et à l’aise dans sa gracieuse chaussure. Elle dansait, elle tournait, elle tourbillonnait sur un vieux tapis de Perse, jeté négligemment sous ses pieds ; et chaque fois qu’en tournoyant sa rayonnante figure passait devant vous, ses grands yeux noirs vous jetaient un éclair.
    Autour d’elle tous les regards étaient fixes, toutes les bouches ouvertes ; et en effet, tandis qu’elle dansait ainsi, au bourdonnement du tambour de basque que ses deux bras ronds et purs élevaient au-dessus de sa tête, mince, frêle et vive comme une guêpe, avec son corsage d’or sans pli, sa robe bariolée qui se gonflait, avec ses épaules nues, ses jambes fines que sa jupe découvrait par moments, ses cheveux noirs, ses yeux de flamme, c’était une surnaturelle créature."

    Merci de m'y avoir fait (re)penser, Ticket_007 !
  • Stello (1832)

    Sortie : 1832. Roman.

    Livre de Alfred De Vigny

    Portrait de Melle de Coigny

    "Sa tête , petite, penchée en avant avec grâce, comme celle des gazelles et des cygnes, sa poitrine faible et ses épaules un peu courbées, a la manière des jeunes personnes qui grandissent, ses bras minces et longs, tout lui donnait l'aspect élégant et intéressant a la fois. Son profil régulier, sa bouche sérieuse, ses yeux tout noirs, ses sourcils sévères et arqués comme ceux des Circaciennes, avaient quelque chose de déterminé et d'original qui étonnait et charmait la vue. C'était Mlle de Coigny, c'était elle que j'avais vue priant Dieu dans le préau.."

    Merci fleurblanche

  • Esthétique (1832)

    Vorlesungen über die Ästhetik

    Sortie : 1832. Philosophie et essai.

    Livre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel

    « En disant que la beauté est idée, nous voulons dire par là que beauté et vérité sont une seule et même chose. Le beau en effet doit être vrai en soi. ». En d’autres termes, l’œuvre qui n’aurait aucun contenu spirituel ne peut-être qualifiée d’œuvre d’art."