Juillet 2018,7 jours de Festival rochelais : le 7ème art dans tous ses états!

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34 films

par Aurea

Un Festival qui débutait le 29 juin pour se terminer le 8 juillet, mais travail oblige, je n'ai pu rejoindre La Rochelle que le 2.
Rétrospectives et hommages, grands classiques et cinéma Ici et Ailleurs, rencontres avec les cinéastes : une belle diversité qui m'a permis de voir ou revoir Bergman, Bresson, Kaurismäki, Philippe Faucon (Fatima) ou encore Lucrecia Martel, réalisatrice argentine assez peu connue après 15 ans de carrière.
Et puis retrouver le charme du muet et ses concerts musicaux, un vrai bonheur !
Je n'ai pas fait mes délices du cinéma bulgare : le film que j'ai vu était terrifiant à tous égards et d'une noirceur absolue mais je ne pouvais l'ignorer
Bref, je m'en suis mis plein les mirettes et c'était BIEN !

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    Les Fraises sauvages (1957)

    Smultronstället

    1 h 31 min. Sortie : . Drame, romance et road movie.

    Film de Ingmar Bergman avec Victor Sjöström, Bibi Andersson, Ingrid Thulin

    Un film centré sur le temps et sa fuite inexorable au travers du personnage du vieil Isak Borg – incarné par son maître Victor Sjöström. Il signe là un film d’une inépuisable richesse et l’un de ses plus grands chefs d’œuvres, illuminé par la blondeur et la grâce mutine de Bibi Andersson.
  • Godless

    Bezbog

    1 h 39 min. Drame.

    Film de Ralitza Petrova avec Irena Ivanova, Ivan Nalbantov, Alexandr Triffonov

    "L'héroïne de Godless s'occupe de patients séniles, déments et en fin de vie.
    Le décor entier du long métrage ressemble à un mouroir à ciel ouvert, ces tours anesthésiées sous la neige, ces apparts pourris dans lesquels déambulent des gosses ou leur fantôme, le tout n'étant pas sans rappeler l'enfer d'Import/Export d'Ulrich Seidl.

    Too much ? La réalisatrice répond : sortez un peu de Sofia, et vous verrez. La cinéaste filme une vieille pierre abandonnée, "en mémoire aux victimes du communisme". A travers ce constat social noirissime et actuel, Petrova contemple les illusions perdues à la fois du communisme et de l'après-communisme. Et la violence inhumaine envers les plus faibles que cela implique. Les pulsions de mort semblent s'immiscer partout. Sont-ce des coups de feu qui retentissent en bas de l'immeuble ? On préfère se rassurer en imaginant que ce ne sont que des portes qui claquent."

    D'une absolue noirceur : une vision terrifiante.
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    Pickpocket (1959)

    1 h 15 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de Robert Bresson avec Martin LaSalle, Marika Green, Jean Pélégri

    "On ne connaît pas les raisons qui ont amené le héros à voler et on ne le voit jamais utiliser le fruit de ses larcins. Il porte toujours le même complet usé, vit toujours dans une mansarde délabrée. « Il ne faut pas filmer les causes, mais les effets. » Cette succession de vols nous laisse interdit. Il y a quelque chose d’indicible dans ces actes, d’obscur. Et c’est par sa mise en scène, sans l’aide de discours, que Bresson va nous faire ressentir le cœur du film.
    Ressentir avant de comprendre. Les scènes de vol sont d’une puissance implacable. Un suspens, une tension incroyable les parcourt. L’angoisse nous étreint tout au long du film. Pickpocket est un film de regards et de gestes. Les portefeuilles circulent de main en main dans un véritable ballet. Ainsi la scène de la gare est complètement euphorisante. On sent la tension, mais en même temps la jouissance du vol réussi. On est parcouru de frissons de peur et de plaisir mélangés.
    C’est une expérience sensorielle rare à laquelle nous convie le cinéaste. Pickpocket est peut-être le film qui saisit le mieux le plaisir du vol, de la transgression. « Ce qu’il a obtenu d’un débutant tient du miracle. Car, non seulement il a formé à l’escamotage des portefeuilles de longues mains qui pourraient être celles d’un pianiste mais encore il a communiqué à son héros l’espèce d’épouvante d’être un animal qui guette sa prise et redoute d’être guetté par elle. » (Jean Cocteau à propos de Pickpocket, dans Du cinématographe)."

    Remonté ma note de 2 points : un film prenant
  • Central do Brasil (1998)

    1 h 45 min. Sortie : . Comédie dramatique et road movie.

    Film de Walter Salles avec Soia Lira, Othon Bastos, Otavio Augusto

    "Si le pitch de départ tient du cliché avec son gamin abandonné qui se retrouve pris en charge par une personne plus âgée et renfrognée, Walter Salles parvient à déjouer tous les pièges du mélodrame classique. Effectivement, loin de proposer un script balisé, Salles ose inverser le cliché habituel en faisant du gamin une forte personnalité, totalement déterminé à retrouver son père par n’importe quel moyen. Par contraste, la vieille dame qui lui vient apparemment en aide n’est animée que de mauvaises intentions. Uniquement intéressée par sa propre survie, elle essaye par exemple de vendre le gamin à des trafiquants, sans vraiment se poser de questions morales. Au passage, le réalisateur dresse le portrait d’un Brésil aux impressionnantes inégalités sociales et géographiques."

    Un grand film et une formidable relation humaine.

  • Bande-annonce

    La Tendre indifférence du monde (2018)

    Laskovoe Bezrazlichie Mira

    1 h 40 min. Sortie : . Drame.

    Film de Adilkhan Yerzhanov avec Dinara Baktybayeva, Kuandyk Dussenbaev, Teoman Khos

    "Un rappel à l’art que le film ne cesse d'évoquer et de mettre en scène.
    Par son titre, d’abord, emprunté à une phrase de L’Etranger, d’Albert Camus. Par les tableaux que le cinéaste utilise, ensuite, tout au long de l’histoire, à la manière des cartons du cinéma muet.
    Et par l’évocation, enfin, des auteurs dont se nourrit Sultanat (Shakespeare, Stendhal), dont les œuvres filtrent à divers endroits. Que ce soit dans le couple formé par Sultanat et Kuandyk, sortes de Roméo et Juliette pris au piège d’un monde corrompu. Ou dans la symbolique d’une robe rouge qui, à la fin du film, a été remplacée, à l’identique, par une robe noire. Et peu importe que ces deux jeunes gens soient, au fond, embarqués dans une suite d’événements cruels qui les font s’évanouir. Ils seront parvenus à imprimer leur grâce sur la pellicule."

    Poésie picturale pour ce film kazakh original
  • Bande-annonce

    Persona (1966)

    1 h 24 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ingmar Bergman avec Bibi Andersson, Liv Ullmann, Margaretha Krook

    "Ingmar Bergman nous parle directement, viscéralement, de souffrance, de trahison, de jalousie, mais aussi de désir et d’amour fou. On retrouve dans Persona les relations troubles et complexes qui unissaient Ingrid Thulin et Gunnel Lindblom dans Le Silence.
    Un couple, c’est du vampirisme, de la domination, des tensions et des rapports de force changeants et évolutifs. Alma, l’infirmière, est douce et attentionnée ; elle est le salut, l’apaisement. Du moins en façade, sur le papier, dans le contrat. Pour combler le silence d’Elisabet Vogler, Alma parle, rit, déroule sa vie, puis ses angoisses, ses fantasmes. Le flot ininterrompu des mots vient bientôt submerger les quelques réticences d’Alma à se livrer complètement.
    Elle est emportée par ce déluge de paroles et livre ses expériences les plus intimes à cette figure silencieuse et attentive qui lui fait face. Elisabet Vogler n’en peut plus de porter des masques, que ce soit ceux de ses rôles ou ceux qu’elle porte en société. Elle n’en peut plus de mentir, et décide donc de se taire, de se fermer au monde. « Rêver vainement d’exister. Ne pas avoir l’air, être réellement (…) Un abîme sépare ce qu’on est pour les autres et pour soi-même »

    Un film d'une rare puissance
  • La niña santa (2004)

    1 h 46 min. Sortie : . Drame.

    Film de Lucrecia Martel avec Mercedes Morán, Carlos Belloso, Alejandro Urdapilleta

    "C’est l’hiver à La Ciénaga. Après la chorale, les filles de la ville se retrouvent à l’église pour parler de leur foi et de leur vocation. Amalia et Josefina ont 16 ans. À voix basse, elles évoquent un autre sujet : les baisers avec la langue. La rencontre inopinée d’Amalia et du Docteur Jano, venu à l’hôtel assister à un congrès médical, permet à la jeune fille de mettre à l’épreuve sa vocation : sauver un homme du péché."

    Intrigant et métaphorique, à l'image de sa réalisatrice, dont j'avais déjà vu La femme sans tête.
  • Bande-annonce

    Sonate d'automne (1978)

    Höstsonaten

    1 h 37 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ingmar Bergman avec Ingrid Bergman, Liv Ullmann, Lena Nyman

    "Le récit et l’image de Sonate d’automne ont la force du paradoxe : quelque chose s’y passe, mais, au fond, rien ne se passe.
    On aura vu une mère et une fille avoir le temps de se retrouver, de se réjouir et de pleurer ensemble, de se dire et se crier ce qu’une absence de sept ans semblait avoir effacé ; on les aura vues se confronter pendant l’insomnie, la fille lancer un réquisitoire, la mère assurer son propre plaidoyer.
    Alors que le jour nouveau irradiait à peine le salon, on aura vu la mère détruite demander pardon, et le visage métamorphosé d’Ullman le lui refuser sèchement.
    C’est une libération de la parole, car tout a été dit, mais rien n’a changé. Chacune se sépare pour suivre un chemin, probablement le même qui les avait menées chacune vers cette rencontre : la mère repart comme elle est arrivée, le masque de la joie en moins ; elle retrouve sa fuite et son orgueil, et la fille son foyer et son ressentiment. Tout se passe mais rien ne change, voilà l’histoire de Sonate d’automne."

    Avec Bergman, pas de faux-semblants : les masques tombent et la vérité se fait jour.
    Confrontation sans complaisance, affrontement cruel qui va au coeur des choses et des êtres.
  • Mes dix-sept ans

    1 h 15 min. Drame.

    Film de Philippe Faucon avec Tita Susani, Nathalie Besançon, Christophe Hemon

    "Faucon parvient toujours à maintenir un équilibre, pourtant difficile, entre la violence et la retenue, filmant ses personnages à hauteur d'homme, sans forcer le trait, sans hystérie surjouée ni affèterie stylistique. La suite des événements - l'internement de Barbara en centre de repos, sa rencontre avec un ancien toxico dont elle ignore la séropositivité,sa contamination par le VIH après des premiers rapports non protégés, l'overdose du jeune homme... - évite les caricatures et les effusions de pathos.

    Faucon s'arrête toujours avant, privilégiant aux morceaux de bravoure et aux plans trop démonstratifs un art du peu et de la nuance, où le réel s'engouffre en petites touches diffractées."

    Et c'est ce sens de la nuance, qui fait souvent défaut dans les films réalistes, que j'ai particulièrement apprécié.
  • La Bande des quatre (1979)

    Breaking Away

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie dramatique, romance et sport.

    Film de Peter Yates avec Dennis Christopher, Dennis Quaid, Daniel Stern

    "En plus d'être un très beau film sur un personnage passionné, se consacrant pleinement à son art, à son but, Breaking Away est aussi une œuvre très réussie sur la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte.
    Peter Yates traite ce thème-là de façon très juste et sans aucune lourdeur, ce qui est facilement une des plus frappantes qualités de son film.
    Enfin, Breaking Away est des plus agréables à suivre grâce à une histoire menée tambour battant qui, bien qu'elle respecte un schéma assez attendu, parvient à nous captiver totalement, du début à la fin. Et l'on pousse forcément un soupir de soulagement après avoir assisté à la dernière course, climax génial d'un film adorable qui fut un pur plaisir à découvrir."
  • Journal d'un curé de campagne (1951)

    1 h 55 min. Sortie : . Drame.

    Film de Robert Bresson avec Claude Laydu, Jean Riveyre, Adrien Borel

    Un jeune curé est nommé à Ambricourt, un petit village du Nord de la France. Sa santé est fragile, il se nourrit mal. Il peine à susciter la confiance de ses paroissiens mais persiste, au prix d’une grande souffrance, à poursuivre le chemin, semé d’embûches, de sa vocation.

    À Lille, le jeune homme apprend qu'il souffre d'un cancer de l'estomac. Réfugié chez Dufrety, un prêtre défroqué vivant avec une femme, il meurt en affirmant que « Tout est grâce ».

    Un film qui nous fait ressentir de façon aiguë la condition de l'homme, quel qu'il soit
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    Nos batailles (2018)

    1 h 38 min. Sortie : . Drame.

    Film de Guillaume Senez avec Romain Duris, Laure Calamy, Laetitia Dosch

    "Nos Batailles nous demande de nous intéresser à un personnage dont rien, au début, n’est fait pour susciter un excès de sympathie. Olivier (Romain Duris) dirige une équipe de manutentionnaires dans un entrepôt type Amazon.

    Il est un syndicaliste plein d’empathie, un père de famille aimant, mais incapable d’annoncer à un ami qu’il va se faire virer (ce qui conduit au désastre) et aveugle au profond mal-être de sa femme. Un matin, celle-ci le quitte sans crier gare, et Olivier doit se débrouiller avec ce qui reste : les enfants, la culpabilité, les non-dits..."

    Un vrai potentiel mais est-ce dû au manque de réponses, le film nous laisse un peu sur notre faim.
  • Bande-annonce

    Fraise et chocolat (1994)

    Fresa y Chocolate

    1 h 51 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Juan Carlos Tabio et Tomás Gutiérrez Alea avec Francisco Gattorno, Joel Angelino, Marilyn Solaya

    A La Havane, en 1979. David est étudiant et « bon révolutionnaire ». Il aime la glace au chocolat.
    Diego, photographe, artiste dissident, aime les jolis garçons et... la glace à la fraise. Ours d'argent au festival de Berlin en 1994, prix du festival de La Havane, ce film fut, à Cuba, un véritable phénomène. A travers ce tête-à-tête chaleureux entre la carpe et le lapin, Tomás Gutiérrez Alea fait l'éloge de la tolérance, épingle les travers d'une société bloquée : répression de l'homosexualité, mouchards, marché noir, paranoïa antiaméricaine. Il est logique que les Cubains, étouffant sous le bâillon, aient cherché un peu d'air frais dans ce portrait amer et subtil de leur pays.

    D'aucuns ont reproché à Gutiérrez Alea, disparu en 1996, son passé de cinéaste officiel. De fait, le film laisse dans le flou les aspects les plus brutaux de la dictature. Et situer l'action en 1979 évite de s'attaquer de front aux difficultés contemporaines... Ce qui explique peut-être que Fraise et chocolat ait, à l'époque, miraculeusement échappé à la censure.
    — Cécile Mury

    Un film qui sonne vrai, un ton juste et une interprétation formidable : beaucoup aimé !
    Petites glaces fraise et...chocolat servies en fin de séance.

  • Messi and Maud (2018)

    La Holandesa

    1 h 32 min. Sortie : . Drame.

    Film de Marleen Jonkman avec Rifka Lodeizen, Guido Pollemans, Daniel Candia

    « Messi and Maud est un film qui avance sur le fil du rasoir, le périple de l’héroïne basculant entre transgressions mineures et actes de malfaisance plus troublants. Lodeizen incarne magistralement l’état de fugue de Maud, s’abandonnant à la sagesse délicate du scénario de Daan Gielis, qui explore avec courage comment s’écarter du droit chemin peut parfois nous ramener à la maison. »

    Un road-movie sympathique qui se laisse parfois aller à certaines facilités dont on se serait volontiers passé.
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    Petra (2018)

    1 h 47 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Jaime Rosales avec Bárbara Lennie, Alex Brendemühl, Marisa Paredes

    "Petra" de Jaime Rosales, drame dépressif autour de la filiation et de la paternité.

    Film espagnol de Jaime Rosales avec Barbara Lennie et Marisa Paredes. Une trentenaire à la recherche de son père croit l’avoir trouvé en la personne d’un sculpteur célèbre, pervers narcissique et manipulateur. Entre meurtres, suicides et coups de théâtre artificiels, une oeuvre dépressive
    sauvée, en partie, par l’interprétation.des acteurs principaux."

    Pas prise du tout par cette histoire désincarnée que j'ai trouvée passablement ennuyeuse.
  • Falling (2018)

    1 h 45 min. Sortie : . Drame.

    Film de Marina Stepanska avec Christian Boris, Oleg Mosijchuk, Dasha Plahtiy

    "Le jeune Anton vient d’être libéré du centre de désintoxication où il a été soigné pour alcoolisme et toxicomanie. Son grand-père l’emmène à la campagne, loin de la grande ville. Un soir, Anton rencontre Katia qui, comme lui, tente de trouver sa voie dans une Ukraine post-révolutionnaire…

    « Nous n’avons pas beaucoup de films sur notre génération en Ukraine. C’était une idée simple : je voulais parler de nous. Nous étions dans un moment difficile après Maïdan, tout le monde était un peu égaré. Personne ne savait quoi faire, comment bouger car tout avait changé, et les jeunes ne savaient pas quoi faire. C’était un sentiment étrange mais très fort. J’ai décidé que le but principal du film était d’exprimer ce sentiment étrange. »
    Marina Stepanska

    On sent très bien ce flottement dans le film : des jeunes qui tâchent de se trouver des repères, en quête d'une stabilité qu'ils ne connaissent pas et c'est l'aspect le plus attachant du film.
  • Au loin s'en vont les nuages (1996)

    Kauas Pilvet Karkaavat

    1 h 36 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Aki Kaurismäki avec Kari Vaananen, Kati Outinen, Elina Salo

    "Dans ce conte linéaire, l'imprévu naît de décalages aussi subtils que rigoureux. La distance du regard dédra­matise l'histoire. Le décor, des pièces à peine meublées, un genre de kitsch épuré, presque une BD, ­oppose ses couleurs vives à la grisaille de leur existence.
    En stylisant ses images, Kaurismäki ne rend pas ses personnages abstraits, au contraire : ils nous paraissent tout aussi réels et attachants que les gens de Tokyo dans les films d'Ozu. Comme chez le maître japonais souffle ici un vent de nos­talgie, celle d'un monde en train de disparaître... avec pourtant l'espoir de s'adapter, de lui survivre.
    Et si la ­petite musique nous poursuit tant, c'est que le cinéaste a su lui faire ­correspondre un florilège, impro­bable et jamais illustratif, de chansons de son pays. Cette curieuse ­osmose donne au mélodrame social la grâce intemporelle d'une comédie mu­sicale.
    François Gorin

    Un Kaurismäki pur jus : humanité, humour et dérision, tout ce qui rend le cinéaste unique.
  • Monika (1953)

    Sommaren med Monika

    1 h 36 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Ingmar Bergman avec Harriet Andersson, Lars Ekborg, Dagmar Ebbesen


    Monika c’est la légèreté, l’invention, l’éloge de la révolte, la bienveillance à l’égard d’une jeunesse écrasée par une génération installée, un regard admiratif, bienveillant et lucide sur un couple en cavale.
    L’histoire, pourtant, est la plus vieille qui soit : lui, dix-neuf ans, gauche et enthousiaste, elle, dix-sept, rouée, trop belle pour lui. Ils sont jeunes, ils sont amoureux, ils s’enfuient.
    Très vite, le dénuement leur pèse. Les exigences érotiques de la jeune fille ne sont probablement pas satisfaites par le jeune homme inexpérimenté... Ils mettent fin à leur cavale, rentrent à Stockholm. Elle est enceinte. Jeunes parents, la vie les a à l’usure. Elle le quitte dans les bras d’un autre. Il garde le bébé. Sur ce canevas archétypal - et sans même jouer contre l’intrigue -, Bergman crée dans un geste instinctif le canevas formel de la modernité."

    Un film intemporel qui n'a pas pris une ride, d'une incroyable modernité !
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    Les Lumières du faubourg (2006)

    Laitakaupungin valot

    1 h 18 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de Aki Kaurismäki avec Janne Hyytiäinen, Maria Järvenhelmi, Maria Heiskanen

    Genre : le loser et la garce.

    Quatre ans après L'Homme sans passé, son succès populaire, le Finlandais renoue avec le dépouillement de ses débuts. L'antihéros mélancolique qui a traversé tout son cinéma se réincarne cette fois en un vrai champion de l'hermétisme. Il n'a qu'un rêve : ne plus être vigile, monter sa petite affaire. L'espoir est modeste. La déroute sera implacable, quasi grandiose.

    S'il dépouille son héros de tout, Kaurismäki, avec la pudeur et la bonté foncières qui caractérisent son regard, fait de lui autre chose qu'une victime : une figure de cinéma. Il a choisi pour ce rôle un acteur qui a un physique de beau dur à cuire buté et dont le mutisme accentue le mystère. Et celle qui va ruiner ses rêves est une pépée blonde sortie d'un repaire de gangsters.

    Les lumières du faubourg, les lueurs dans la nuit, ce sont peut-être celles du cinéma pour Kaurismäki, qui compare son loser aux personnages de vagabonds que jouait Chaplin.
    Entre lui, si impassible, et la dureté du monde, si mordante, le décalage provoque plus d'une fois des effets comiques qui flirtent avec le tragique. Le film est noir, vraiment.
    Heureusement, on y retrouve aussi ce qui est si beau chez le Finlandais, qui a toujours soigné ses décors : des lieux collectifs où la vie s'est réfugiée. Même si c'est un café où Koistinen se fait tabasser, même si c'est une prison, un lien s'y raconte encore. Les lumières qui brillent sur le faubourg sont aussi celles d'une baraque à frites où l'on peut avoir rendez-vous avec l'amour.
    Frédéric Strauss

    Comique et tragique indissociables, surtout dans ce film noir : un loser auquel on s'attache, malgré lui.
  • Ella Cinders (1926)

    55 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Alfred E. Green avec Vera Lewis, Doris Baker, Emily Gerdes

    "Ella Cinders est une jeune fille exploitée par sa belle-famille qui lui fait faire tous les travaux de la maison. À l’annonce d’un concours pour le casting d’un film, elle décide de tenter sa chance…

    « Colleen Moore apparaît en 1916 dans Intolérance de Griffith, mais ce n’est qu’au début des années 1920 qu’elle devient une des actrices les plus populaires d’Hollywood. Les cheveux à la garçonne, plaqués sur la nuque, symbole de la “flapper” insouciante chère à Francis Scott Fitzgerald, ce fut Colleen Moore qui les imposa, avant même Clara Bow ou Louise Brooks. On l’a oubliée, et c’est une grande injustice, car il y a peu de comédies aussi brillamment interprétées qu’Ella Cinders.»

    Un charme fou !

  • La Prison (1949)

    Fängelse

    1 h 19 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ingmar Bergman avec Doris Svedlund, Birger Malmsten, Eva Henning

    "Bergman tourne pour la première fois un scénario qu'il a écrit. Le couple apparait comme la seule alternative possible à l'enfer de la solitude. Autres oppositions qui vont irriguer son cinéma : la réalité de la vie et sa brutalité face à la pulsion créatrice, la foi que la mort met en doute."

    Pas vraiment séduite par ce film que j'ai trouvé assez pesant.
  • Le Lieutenant souriant (1931)

    The Smiling Lieutenant

    1 h 33 min. Sortie : . Comédie musicale et romance.

    Film de Ernst Lubitsch avec Maurice Chevalier, Claudette Colbert, Miriam Hopkins

    "Le lieutenant viennois Niki est amoureux d’une violoniste, Franzi, à qui il envoie un clin d’œil en pleine parade. La peu attrayante princesse Anna le prend pour elle et s’enflamme pour le lieutenant souriant. Niki est pris au piège d’une intrigue diplomatique délicate : pour sauver le pays et ne pas compromettre la princesse, la seule solution honorable est qu’il l'épouse…

    « C’est la moins connue des opérettes de Lubitsch. C’est aussi, sinon, la plus brillante, peut-être la plus délicieuse. Il s’agit d’une rencontre de styles et d’influences. L’intrigue se souvient de La Parade d’amour, le ton mélancolique évoque Le Prince étudiant et l’importance du détail vestimentaire annonce délicatement La Veuve joyeuse. Le sacrifice de Franzi laisse poindre une goutte d’acidité. Le charme conjugué de Claudette Colbert et Miriam Hopkins, ici pour la première fois dirigées par Lubitsch, achève de nous transporter. »
    N.T. Binh et Christian Viviani : Lubitsch

    Joli film même si je ne suis guère sensible au "charme" de Maurice Chevalier !
  • Le Coup de foudre (1927)

    It

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Clarence G. Badger avec Clara Bow, Antonio Moreno, William Austin

    "Clara Bow, comme Olive Thomas dans le film éponyme, est une "flapper". Mais cela va plus loin. Il y a, dans le personnage de Betty, une assurance et une force que ne connaît pas obligatoirement la flapper.L'innocence voire la naïveté que l'on trouvait chez Olive Thomas ou Colleen Moore, n'existe plus chez Clara Bow.
    La scène dans laquelle elle protège son amie menacée de se voir retirer son fils par les dames patronnesses, est caractéristique de cette assurance et de cette force. Elle prend sur elle d’affirmer que cet enfant est sien et qu’il n’a pas de père (un scandale en 1927 !).

    Cyrus, dès qu’il pose les yeux sur Betty, tombe sous son charme. De là vient le titre français. Encore un titre malheureux…Car un coup de foudre ne dure pas, alors que Cyrus tombe de façon irrémédiable sous le charme de Betty : il ne peut se résoudre à la réprimander après qu'elle a éconduit une cliente acariâtre ; sur son bateau, il ne parvient pas à détourner le regard de cette femme moitié nature, moitié lascive qui se prélasse sur le bastingage.

    Et il faut dire que Clara Bow est irrésistible. Même aujourd’hui, on ne peut rester insensible à cette façon qu’elle avait de se tenir, de lancer des regards… Bref, elle était "It" et même plus encore !

    [En prime, un jeune acteur au regard de velours, bourré lui aussi de "it", qui s’épanouira dans la décennie suivante : Gary Cooper !"

    Irrésistible!
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    Leto (2018)

    2 h 06 min. Sortie : . Biopic, drame et musique.

    Film de Kirill Serebrennikov avec Roman Bilyk, Irina Starshenbaum, Yoo Teo

    "Une communauté joyeuse est regroupée autour de Mike, LE rocker.
    Lorsque Viktor y débarque, il est clair que ce type a la grâce, dès qu’il prend sa guitare pour chanter son folk.
    Mike le sent, il voit aussi l’effet qu’il produit aussitôt sur Natasha. Et plutôt que de le rejeter, il l’accepte, l’encourage et se démène pour qu’il enregistre un album au plus vite, mettant sa propre carrière entre parenthèses.
    La beauté du film tient beaucoup à la pureté, à la douceur prévenante des échanges, qui circule entre les deux rockers et Natasha, triangle amoureux à la Jules et Jim. Pas de « sex & drugs & rock’n’roll ici » mais du romantisme, de l’ivresse et de la musique bien sûr. Celle qui est jouée dans toutes sortes de sessions, sur la plage, dans la cuisine ou au fond d’appartements, chez des amis. Celle qui est écoutée, pieusement, avec un émerveillement d’enfant. Car les disques de Bowie, de T. Rex ou du Velvet Underground sont ici des trésors rares."

    Une mise en scène inventive qui magnifie la musique et une interprétation au diapason dans un Noir & Blanc d'une grande expressivité.
  • Juha (1999)

    1 h 18 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Aki Kaurismäki avec Sakari Kuosmanen, Markku Peltola, Ona Kamu

    "Si la vision existentielle du cinéaste est un tunnel, sa filmographie est alors son point de lumière, son horizon possible.

    Juha est la dernière manifestation en date de ce désespoir fécond et fonctionne sur la même dialectique paradoxale que la vie et l'oeuvre du cinéaste : car si Juha raconte des choses plutôt sombres, le film lui-même est un objet de cinéma lumineux et euphorisant, un véritable acte de foi dans le septième art. Juha est la seconde version filmée d'un classique de la littérature finlandaise dont l'histoire s'inspire des grands mythes originels, remontant à la source archétypale des fictions primitives.

    Il s'agit donc d'un couple d'humbles fermiers, Juha et Marja, qui vivent heureux dans leur petit village et vendent le produit de leur travail sur les marchés de la région. Tout roucoule dans le meilleur des mondes idylliques lorsque la voiture de sport d'un élégant homme de la ville, Shemeikka, tombe en panne dans le voisinage. Juha propose de réparer le véhicule, Shemeikka reste quelques jours et courtise Marja. Il lui propose de quitter Juha, lui fait miroiter toutes les séductions de la grande ville, tout l'attrait d'une passion violente, et finit par la convaincre..."

    Un muet "moderne", captivant
  • Bande-annonce

    Une affaire de famille (2018)

    Manbiki Kazoku

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hirokazu Kore-eda avec Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka

    "L'histoire d'une drôle de famille qui n'en est pas une. Il y a l'homme qui fait ses courses sans rien payer grâce à la complicité d'un jeune garçon qu'il a recueilli il y a des années, la femme qui travaille, la grande fille (qui n'est pas la leur) qui bosse dans un peep-show, la grand-mère qui les héberge, et une petite fille que tous adoptent, battue par ses parents qui habitent à côté.

    Kore-eda brode et enrichit son récit avec une réjouissante simplicité, démontant au passage les idées reçues sur la fameuse "famille normale" -qui, comme chacun sait, n'existe pas. Les deux enfants sont à croquer, bonbons de mignonnerie. Les grands sont bouleversants de gentillesse. Le film, limpide et sans bavures, est une réussite."
  • Battling Sisters (1929)

    17 min. Sortie : .

    Court-métrage de Henry W. George

    "En 1980, les femmes ont pris la place des hommes. Lupino est obligé de se travestir."
  • Teddy at the Throttle (1917)

    Sortie : . Comédie.

    Court-métrage de Clarence G. Badger avec Bobby Vernon, Gloria Swanson, Wallace Beery

    "En deux bobines, Badger semble résumer d'une façon très pertinente tout le mélodrame contemporain: un méchant hors-concours (Wallace Beery) est le tuteur à la fois d'une jeune et jolie femme (Gloria Swanson) et de son prétendant (Bobby Vernon, le héros en titre). Il s'acharne à éloigner le garçon pour épouser la fille et mettre la main sur la fortune de la damoiselle...

    Puis il va tout faire pour se débarrasser d'elle lorsqu'il s'avèrera qu'elle en sait décidément trop. Attachée à des rails, avec un train qui s'apprète à la scier en deux, Gloria sera-telle sauvée par son bon ami ou par le chien Teddy?"
  • Madame Cent-kilos a chaud (1910)

    La signora Cannone ha caldo

    5 min. Sortie : 1910. Comédie, muet et expérimental.

    Court-métrage

    "Par temps de grosse chaleur, Mme Cent-Kilos a besoin d’un éventail géant, proportionnel à son embonpoint. Son passage déchaîne bientôt un véritable ouragan."
  • Bande-annonce

    Le Septième Sceau (1957)

    Det sjunde inseglet

    1 h 36 min. Sortie : . Drame et fantastique.

    Film de Ingmar Bergman avec Max von Sydow, Gunnar Björnstrand, Bengt Ekerot

    "Si le cinéaste s’identifie au chevalier torturé, sa sympathie n’en va pas moins à Joseph et Mia, les deux comédiens ambulants, indifférents à sa quête mais soucieux d’offrir leur soutien à un semblable, prenant avec humour et émerveillement leur quotidien, désarmés devant la haine et la barbarie.

    Une épouse, un pied dans la sensualité, l’autre dans l’enfance, un mari fabulateur croyant lui-même à ses visions fantastiques (que la caméra, prenant en charge, fait siennes pour le spectateur), un nourrisson à tête blonde bouclée qui a la vie devant lui. C’est par eux que la pulsion de vie triomphe, là où le dur réalisme virant à l’amertume (mais non la sécheresse de cœur, comme en témoigne l’aide qu’il apporte au forgeron cocu) de l’écuyer et le désir de mort de la servante malmenée quand elle sourit à celle-ci dans un agenouillement dévoué, ne leur promet ni échappatoire ni traitement de faveur à l’instant fatal.

    A chacun son heure, comme le découvre ironiquement l’acteur feignant son propre poignardage pour éviter celui, bien réel lui, dont le forgeron le menaçait...
    Pour, quelques minutes à peine après avoir survécu, voir le tronc où il s’était caché se faire scier par la Faucheuse (dans une manière dérisoire annonçant le slasher burlesque de Scream). La partie est perdue d’avance...

    Le Septième Sceau, à l'image de ses personnages, est tiraillé entre le sacré et le trivial, entre les pulsions de mort (le défilé des pénitents redoutant l'Apocalypse) et l'appel de la vie. On ne sait ce qui bou­leverse le plus : l'épouvante qui s'exprime dans les yeux d'une jeune sorcière condamnée au bûcher, le visage enfin apaisé de Gunnel Lindblom acceptant son destin, ou le sourire radieux de Bibi Andersson après l'orage..."

    Une oeuvre très représentative de l'univers bergmanien.


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