Kyoto Animation,banal au premier coup d'oeil mais qui cache en fait le meilleur.

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52 séries

par Karios

L’histoire de Kyoto Animation démarre en 1981, sous l’impulsion de Hideaki et Yōko HATTA. Les jeunes mariés sont, à leurs débuts, affiliés à un rôle de sous-traitance et de coproduction pour des compagnies comme Pierrot et Sunrise. Colorisation, dessins intermédiaires et autres tâches secondaires formeront, pendant plusieurs années, leur quotidien.
L’opportunité de se faire un nom dans l’univers de l’animation arrive par le biais de Fuji TV et de sa série devenue culte : Full Metal Panic. Une touche d’action saupoudrée d’une comédie ingénieusement introduite et le tour est joué : le spin-off Full Metal Panic? Fumoffu est acclamé par le public. Un tournant dans le parcours de KyoAni qui commence à réaliser ses propres œuvres, d’abord timidement,ensuite avec plus d’assurance. À l’avenir, la compagnie continuera de surfer sur la vague à succès des Visual Novels.
Son apogée tire cependant ses origines, non pas d’un VN, mais bien d’un Light Novel hautement populaire, véritable OVNI à l’héroïne complètement barge.La sortie de La Mélancolie de Haruhi Suzumiya permet au studio kyotoïte de prouver l’étendue de son talent cinématographique et d’exposer sans honte son côté spécial et décalé.
Kyoto Animation, c’est ainsi une trentaine d’animes réalisés sur… une trentaine d’années. Un ratio pour le moins surprenant quand on parle d’un studio aussi « vieux ». Et la recette fonctionne ! La plupart de ces séries sont d’ailleurs élevées au rang de « hit ».Pour expliquer ce succès, deux mots d’ordre : une politique interne efficace et surtout, une vision de l’animation particulièrement originale.

Conditions de travail déplorables, faibles revenus… Aujourd’hui, le métier d’animateur ne fait plus forcément rêver. À l’inverse, l’animation japonaise connaît un véritable « boom » depuis plusieurs années.
Pour combler ce paradoxe, les studios misent sur des freelances, payés à la prestation. Un moyen simple d’avoir plus de bras tout en diminuant les coûts. Sauf que ces nouvelles recrues se font de plus en plus rares et ont parfois bien du mal à tenir le rythme.Bien entendu,Kyoto Animation a connu ses hauts et ses bas, mais le modèle unique sur lequel il se base le différencie de ses concurrents et lui évite bon nombre de complications.
Chez Kyoto Animation, tout est fait en interne. Les membres du studio se connaissent bien, se font confiance et travaillent ensemble tout en partageant une philosophie commune. Ici, pas question de contracter des freelances en les payant le strict minimum : les employés bénéficient de revenus salariaux fixes et sont là pour le long terme. Pour accentuer ce côté « familial », KyoAni a même fondé sa propre école d’animation. La compagnie est ainsi sûre d’avoir une main d’œuvre régulière et d’engager des diplômés connaissant déjà la politique interne.
Le fonctionnement de Kyoto Animation a énormément évolué au fil du temps. À l’origine simple sous-traitant, puis producteur, le studio gagne de plus en plus d’influence au sein des différents comités de direction dont il fait partie. À la fin des années 2000, il décidera même de lancer son propre canal d’édition. Une belle pirouette qui garantit des gains supplémentaires, ainsi qu’une liberté artistique et un contrôle quasi total sur ses propres œuvres. Misant à l’origine sur de gros succès commerciaux, le studio peut désormais se focaliser sur davantage de projets originaux. Grâce aux revenus accumulés par les belles recettes d’autrefois, Kyoto Animation se positionne aujourd’hui comme une compagnie 100% indépendante, qui produit ses propres titres et fait ce qui lui plait. 

Arrières plans détaillés, mouvements fluides, séquences à la fois subtiles et spectaculaires… Personne ne peut nier la qualité d’animation de KyoAni. En revanche, beaucoup crient au potentiel gâché.Il est vrai que le studio sort rarement de sa zone de confort, préférant surfer sur des recettes qui ont déjà fonctionné par le passé. Les scènes d’action rocambolesques, les histoires violentes ou complexes sont, par ailleurs, bien loin du style de la maison. Avec ses budgets conséquents et l’expérience acquise par ses employés, le studio pourrait facilement animer des titres “plus osés”. Mais son choix de positionnement reste pour le moins original : il adapte majoritairement des séries de type Slices of Life.
En soi, ce n’est pas vraiment le format qui dérange, mais certaines de ses séries partagent des caractéristiques trop similaires entres-elles et sont, au premier regard, banales. L’exemple le plus parlant est sans aucun doute K-ON, le projet le plus populaire de KyoAni. Mais doit-on forcément réduire cette série et les autres à des « tranches de vie sans ambition » ? Non, car ce serait complètement réducteur pour un studio aussi clairvoyant.
En vérité, Kyoto Animation a l’art de faire paraître les choses comme étant simples, de manière astucieuse et réfléchie. La compagnie est la preuve flagrante qu’un anime sans prétention ni grand spectacle peut devenir une œuvre culte. La raison de ce succès ? Une mise en scène hors normes et un souci des détails frôlant le perfectionnisme (avec en supplément un fan-service qui fonctionne, il faut bien l’avouer). Kyoto Animation, ce n’est pas en mettre plein la vue pour faire oublier des scénarios creux, c’est utiliser la forme pour mettre en lumière le fond. Les animateurs n’usent pas de dialogues palpitants pour raconter une histoire, ils la montrent à travers des scènes travaillées dans les moindres détails et des protagonistes criants de réalisme dans leur manière d’agir et d’interagir.

Angles et mouvements de caméra, éclairages, effets sonores, silences… Tout le langage cinématographique est passé au crible pour dépeindre l’atmosphère du moment et impliquer davantage le spectateur.
Kyoto Animation porte également une attention particulière à ses personnages et aux relations qu’ils entretiennent. Tout est mis en œuvre pour les rendre réalistes grâce à de petits détails qui font toute la différence. Une mèche de cheveux remise derrière l’oreille, des mains tremblantes, un regard brillant d’excitation… les expressions du visage et le langage corporel permettent de communiquer au public les sentiments ressentis par les protagonistes. Le spectateur peut ainsi se sentir émotionnellement connecté et plus intimement lié à un personnage.

Une identité visuelle unique et un modèle de fonctionnement d’exception : voilà comment Kyoto Animation a su se hisser parmi les plus grands et gagner la sympathie de nombreux fans. Conformiste dans ses choix scénaristiques, mais non conventionnel dans sa manière de les mettre en lumière, le studio ne manque pas d’atouts, n’en déplaise à ses détracteurs. Avec son travail magistral sur des titres récents comme A Silent Voice ou Violet Evergarden et l’annonce de ses prochaines adaptations cinématographiques, c’est sûr, KyoAni a encore de beaux jours devant lui…

Sources:

https://www.journaldujapon.com/2018/04/28/studio-japanime-kyoto-animation/

https://www.nautiljon.com/

https://myanimelist.net/

https://www.animenewsnetwork.com/

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