L'Huile de Palme d'Or

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32 films

par OVBC

Ooooh Admirez comme le "CK" sur le poing de Von Trier, un des derniers trublions en date, s'ajuste à la perfection au "C" de Cannes...

Parce que Cannes est aussi la représentation la plus cinglante de la bureaucratie petite-bourgeoise de la cinématographie en France. C'est aussi un voyage aux pays des sacrilèges et des tabous dans les oeillères de cette caste.

Il n'y a pas forcément de scandale obligatoire dans cette liste. C'est surtout la démonstration appuyée du conservatisme festivalier. C'est surtout une succession d'injustices et... d'injustesses qui sont propres à ces microcosmes qui se la pètent un max, physiquement et moralement.

Quand les journalistes, les artistes ou les délégués du Festival décident de faire la leçon pour tout l'amour de l'art, voici ce que ça donne... Attention, parfois ça tire de tous les côtés : couchez-vous (et ressemblez ainsi au cinéma à la papa...)

Certains commentaires, rares mais certains, ne sont pas de moi et sont de simples copier-coller.

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  • Filles sans joie (1954)

    The Weak and the Wicked

    1 h 28 min. Sortie : . Drame.

    Film de J. Lee Thompson avec Glynis Johns, Diana Dors, John Gregson

    Cannes, 1954. Le festival a du sang sur les mains et sur son beau tapis. Si ce film est présent dans cette liste, ce n'est pas du à sa présence ou à sa non-présence lors de la compétition. A vrai dire, je ne sais même pas s'il avait été sélectionné.
    Toujours est-il qu'une des actrices de ce film, un peu pin-up avant l'heure, Simone Silva, était à Cannes pour prendre des photos avec Robert Mitchum sur la plage. Les journalistes, tels des charognards, se nourrissent du moindre cliché quand, tout à coup, Simone enlève le haut. Robert, tout content, de porter les mamelles de "Miss festival 54". Bonjour Madame ! Le cliché fait le tour des presses et des dessous de manteaux. Cet écart, même pas trivial, a suscité l'émoi de la délégation américaine. Elle exige le renvoi de Simone Silva du Festival patriarcal et faussement puritain. Simone Silva verra les portes se fermer les unes après les autres à Hollywood. Personne ne veut de cette actrice olé-olé (alors qu'aujourd'hui une personne comme Kim Kardashian fait son beurre avec une sex-tape).
    Elle se suicide en 1957, conséquence d'un régime désastreux.

    Cette histoire est évidemment relative à l'histoire du bikini qui depuis 1949, sous l'impulsion de Réard, défraie la chronique, est interdit partout en Europe. Il est interdit en 1953 sur la côte Atlantique mais toléré sur la côte Méditerranéenne. En 1932, Jacques Heim avait déjà proposé un modèle inspiré de l'Antiquité... Mais sans succès.

    Quand on pense qu'en 1960, la Dolce Vita remporte le prix ultime.
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    Les Quatre Cents Coups (1959)

    1 h 39 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de François Truffaut avec Jean-Pierre Léaud, Claire Maurier, Albert Rémy

    A cause de ses "attaques" virulentes et répétées à l'égard du cinéma français et de ses institutions, comme le festival de Cannes, dans les colonnes des Cahiers du Cinéma, François Truffaut est persona non grata sur la Croisette en 1958. Il aurait signifié à maintes reprises que ce monde-là était sans horizon, corrompu, conservateur, truqué et manipulé. "Les Quatre Cents Coups" sont néanmoins sélectionnés en 1959 et remportent le Prix de la Mise en Scène. Ce curieux paradoxe de je-t'aime-moi-non-plus, sur fond de revanche, a néanmoins fait taire toutes les rumeurs.
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    Hiroshima mon amour (1959)

    1 h 30 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Alain Resnais avec Emmanuelle Riva, Eiji Okada, Stella Dassas

    Nuit et brouillard d'Alain Resnais, le documentaire d'archives qui traite de la déportation et des camps de concentration nazis, est retiré de la compétition officielle du Festival de Cannes en 1956, à la demande de l'Allemagne qui cherche à estomper sa responsabilité en matière de déportation. Cette forme de dénégation provoqua en retour de nombreuses protestations en Allemagne. En 1959, un autre film d'Alain Resnais qui participe au devoir de mémoire, Hiroshima mon amour, est écarté de la Compétition à Cannes, cette fois-ci pour ménager les Etats-Unis...
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    La Dolce Vita (1960)

    2 h 54 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Federico Fellini avec Marcello Mastroianni, Anita Ekberg, Anouk Aimée

    En 1960, un fait notable vient un chouya décharger la petite-bourgeoisie de la Croisette, dont une partie affronte les foudres du Vatican en décernant une sulfureuse Palme d'Or.
    Félicitations ! Pour une fois, c'est tout Cannes qui sonne le diapason !
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    L'avventura (1960)

    2 h 15 min. Sortie : . Road movie et comédie dramatique.

    Film de Michelangelo Antonioni avec Monica Vitti, Gabriele Ferzetti, Lea Massari

    En 1960 toujours, lancer de tomates sur le réalisateur de L'Avventura, Michelangelo Antonioni, et sur la productrice Monica Vitti lors de la remise du Prix du Jury. Subissant les quolibet, Antonioni s'expliquera en conférence au travers d'un texte salué par tous.
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    Viridiana (1961)

    1 h 30 min. Sortie : . Drame.

    Film de Luis Buñuel avec Silvia Pinal, Francisco Rabal, Fernando Rey

    Viridiana obtient la Palme d'or au Festival de Cannes 1961 mais provoque d'importants remous politiques, diplomatiques et religieux, notamment pour la représentation finale, parodiant la Cène, d'indigents qui s'emparent de la demeure de propriétaires terriens et se livrent à une orgie.
    Le régime de Franco, qui avait permis le tournage du film et accepté qu'il représente officiellement l'Espagne à Cannes, finit par l'interdire complètement.
    Les copies espagnoles sont saisies et détruites mais le film est distribué normalement en France.
    Le film n'est distribué en Espagne qu'en 1977, deux ans après la mort du caudillo.
    Buñuel tournera quand même Tristana en Espagne en 1970 malgré le scandale qui persiste.
  • Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages (1968)

    1 h 20 min. Sortie : . Comédie et policier.

    Film de Michel Audiard avec Françoise Rosay, Bernard Blier, Marlène Jobert

    En 1968, les manifestations étudiantes font rage en France. Le Festival débute tout de même tant bien que mal le 10 mai, mais François Truffaut et Jean-Luc Godard organisent bientôt la rébellion contre "l'Etat gaulliste". Orson Welles, Louis Malle, Monica Vitti et Roman Polanski, alors membres du jury, leur apportent leur soutien. Une manifestation est ainsi organisée le 18 mai pendant une des projections rendant impossible le bon déroulement de l'événement. Le Festival de Cannes de 1968 est officiellement annulé le 19 mai.

    ***

    En mai 1968, François Truffaut et Jean-Luc Godard mettent le feu en montant sur scène fermer le rideau par solidarité avec les ouvriers qui font grève. Le festival capote avant son terme, une première ! Un contre-festival, aujourd'hui devenu la Quinzaine des réalisateurs, est créé.
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    If.... (1968)

    1 h 51 min. Sortie : . Drame.

    Film de Lindsay Anderson avec Malcolm McDowell, David Wood, Richard Warwick

    En 1968, le film à peine sorti dans les salles crée la polémique. On dit de lui que c'est "une insulte à la nation" britannique. Paramount tentant de camoufler ne peut pas faire autrement que d'exploiter le film. Cependant, en 1969, dans une période bien trouble, le film est sélectionné et remporte la plus haute distinction... sans trop de chahut pour une fois.
  • Psaume rouge (1972)

    Még kér a nép

    1 h 27 min. Sortie : . Drame.

    Film de Miklós Jancsó avec Gyongyi Buros, Erzsi Cserhalmi, Elemér Ragalyi

    Juste une parenthèse pour dire qu'il est bien loin le temps où le festival se faisait le porte-parole camouflé de la classe ouvrière ! Prix de la mise en scène pour ce film et Palme d'Or pour le film Elio Petri, La Classe Ouvrière Va au Paradis.
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    La Grande Bouffe (1973)

    La grande abbuffata

    2 h 10 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Marco Ferreri avec Marcello Mastroianni, Michel Piccoli, Philippe Noiret

    Le public a du mal à digérer La Grande Bouffe, où Piccoli, Mastroianni, Noiret et Tognazzi sont réunis pour un banquet fatal. Jugé « scatologique, immonde et immoral » par les critiques, le film du réalisateur italien Marco Ferreri recevra cependant le Prix de la critique internationale de 1973, ex aequo avec un autre film à scandale, La Maman et la Putain de Jean Eustache.
    Ce palmarès donnera lieu à la création l'année suivante d'un Jury oecuménique, pour ne pas dire... chrétien tout court.
  • Histoires d'A (1973)

    1 h 29 min.

    Documentaire de Charles Belmont et Marielle Issartel

    "Les Histoires d'A." ont été au coeur d'une page de l'histoire, à l'insu de ce documentaire. En effet, c'est la censure apposée par le seul ministre des affaires culturelles et réactionnaires, Maurice Druon, qui a soulevé la question, et c'est vrai que ces "obstructions à la liberté des informations" étaient perçues comme salutaires car elles n'incitaient pas la population chaperonnée à avancer sur la question. Ce documentaire fut le fer de lance des groupes féministes et locaux au travers du Mouvement pour la Libération de l'Avortement et de la Contraception. Et au bout d'un an de séances plus ou moins confidentielles, notamment une séance au Sénat pour juger de la qualité de censure ou encore une séance du festival de Cannes en 1974, tenue en marge de la ville pour cause d'intervention de CRS ( http://www.ina.fr/video/CAF97519505 ), ce documentaire était devenu le symbole de la bataille des femmes opprimées dans leur rôle biologique, et donc dans leurs rôles économiques et sociaux.
    Personnellement, il m'est avis qu'il s'agit davantage d'une vague de prise de conscience et de manifestation populaires intervenue sur une base "contre la censure" plus que la pure et véritable revendication collective de la libéralisation de la pratique contraceptive. Cette censure et la manière dont elle a été assénée a été un véritable déclencheur pour ces consciences qui se sont penchées alors sur la raison qui poussaient le gouvernement à interdire l'accès à ces informations, que l'on soit pour ou contre l'avortement... et cette diffusion d'une scène à graver dans l'Histoire, celle d'un avortement par aspiration.
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    Monty Python : Sacré Graal ! (1975)

    Monty Python and the Holy Grail

    1 h 31 min. Sortie : . Aventure, comédie et fantastique.

    Film de Terry Gilliam et Terry Jones avec Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle

    Lors du Festival de Cannes de 1975, une bombe explose au Palais des Festivals produisant une légère déflagration et heureusement sans faire de victime. L'attentat est revendiqué par le Comité de lutte populaire contre la perversion du peuple. Même Cannes n'échappe pas à la tentation terroriste de cette époque de tension.
  • Molière (1978)

    4 h 20 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Ariane Mnouchkine avec Philippe Caubère, Marie-Françoise Audollent, Jonathan Sutton

    Le film Molière d'Ariane Mnouchkine, présenté à la sélection officielle du Festival de Cannes en 1978, est copieusement sifflé... Sans compter les jets de tomates d'une assemblée particulièrement en forme ! Le film sera pourtant l'un des plus grands triomphes de la télévision française et récompensé par deux César : celui de la Meilleure photographie et celui des Meilleurs décors.
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    Stalker (1979)

    Сталкер

    2 h 43 min. Sortie : . Drame et science-fiction.

    Film de Andreï Tarkovski avec Alexandre Kaidanovski, Anatoli Solonitsyne, Nikolai Grinko

    En 1980, Stalker d'Andrei Tarkovski ne devait pas être présenté à Cannes. Or il fait l'objet d'une projection surprise qui ne fut pas du goût des autorités soviétiques. A la vision des premières images, la délégation d'URSS sort de la salle, se précipite vers la cabine de projection préalablement fermée à clé, puis vers le bureau de Gilles Jacob, le délégué général du festival, qui voulait gagner du temps. On fait croire aux Russes que cette décision est du ressort du Président du Festival, lequel les invite à boire et à parler... pendant que le film est projeté tranquillement dans son intégralité !
  • L'Été meurtrier (1983)

    2 h 13 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jean Becker avec Isabelle Adjani, Alain Souchon, Suzanne Flon

    En 1983, Isabelle Adjani s'attire les foudres des photographes du Festival de Cannes. Ils considèrent en effet que la star a envers eux des attitudes de diva, refusant de travailler avec eux et n'apparaissant pas aux photo calls (réunion des professionnels qui shootent les stars le matin avant la montée des marches du soir). Ils décident donc de boycotter la montée des marches de L'Eté meurtrier, tournant le dos à la star et déposant par terre leurs appareils. Ambiance, ambiance...
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    Détective (1985)

    1 h 35 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de Jean-Luc Godard avec Nathalie Baye, Claude Brasseur, Johnny Hallyday

    En 1985, Jean-Luc Godard présente son long-métrage Détective en sélection officielle au Festival de Cannes... et il reçoit une tarte à la crème, lancée par l'entarteur belge Noël Godin. Ce ne sera pas évidemment le seul à être victime du facétieux personnage lors du Festival de Cannes, mais c'est toutefois l'un de ses premiers exploits, et par conséquent l'un des plus célèbres.
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    Sous le soleil de Satan (1987)

    1 h 33 min. Sortie : . Drame.

    Film de Maurice Pialat avec Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire, Maurice Pialat

    Quel est cette fracture sonore qui résonne dans la salle du festival en 1987 ? "Je ne vais pas faillir à ma réputation : je suis surtout content ce soir pour tous les cris et les sifflets que vous m'adressez. Et si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus", répondra Pialat à ces détracteurs. Il s'en fout, il a sa Palme et, à vrai dire, je ne l'aime pas non plus. Elle est snob, cette Palme d'Or. Mais ce n'est que partiellement le propos de cette huée massive. Mais alors où est la sclérose ? Où est le schmilblick ? Pourquoi ce tintamarre ?

    Le président du Jury, Yves Montand déclara : "Je me réjouis que ce film ait émergé à l'unanimité, même si deux ou trois membres du Jury ont regretté que, parfois, certains mots leur échappaient — c'est déjà difficile pour nous, imaginez pour les étrangers — mais l'unanimité s'est faite de manière très spontanée."

    Le décryptage du Kino-Komintern doit-il s'imposer ? Entre le snobisme, l'ethnocentrisme culturel, le festival montre un visage plus que conservateur, un visage qui a peur de sa propre image. C'est une augure bourgeoise et arrogante qui met sous le tapis les incompréhensions. Je suis navré d'apprendre qu'Yves Montand ait trempé au plus haut point dans cette mascarade.

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    En 1987, Souleymane Cissé, au moment de recevoir le prix du Jury pour son film Yeelen, se fait insulter par un membre du public qui le traite de « sale nègre ». Le réalisateur lui lance alors le micro à la figure. C'est finalement Pialat qui viendra s'interposer pour empêcher que la dispute ne dégénère. C'est la première fois que deux réalisateurs s'unissent contre un membre du public.
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    Le Grand Bleu (1988)

    2 h 48 min. Sortie : . Drame et sport.

    Film de Luc Besson avec Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette

    Attentat journaliste ! Suite à une joute en conférence de presse, un journaliste revanchard a décidé de tailler un costard à Besson en barrant l'affiche pour la projection d'un "N'y allez pas, ça dure trois heures !"
  • In Bed with Madonna (1991)

    Madonna : Truth or Dare

    2 h. Sortie : . Musique.

    Documentaire de Alek Keshishian avec Madonna, Donna DeLory, Niki Harris

    Tempête sur la Croisette : en 1991, Madonna débarque à Cannes pour y présenter In bed with Madonna, un documentaire sur les coulisses de sa tournée mondiale. La sécurité est décuplée pour permettre à la Madone de gravir les marches du Palais des festivals sans encombre. Habillée dans une tenue légère signée Jean-Paul Gaultier, Madonna peut se vanter d'être la star ayant ameuté le plus de monde autour des marches du Palais. Passage inoubliable de la chanteuse donc, ce qui fut loin d'être le cas du documentaire qu'elle venait défendre.
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    Pulp Fiction (1994)

    2 h 34 min. Sortie : . Gangster et comédie.

    Film de Quentin Tarantino avec John Travolta, Samuel L. Jackson, Ving Rhames

    Désaccord majeur entre le président et la vice-présidente sur la palme d'or. Eastwood en décidera contre Deneuve (pro-Moretti) tandis que le film est largement applaudi dans la salle. Tarantino saluera même... d'un seul doigt une spectatrice-journaliste-sniper isolée qui hurlait "Mais quelle daube ! Putain ça fait chier !" Echanges construits donc, ainsi qu'une attribution ambiguë.

    Je n'apprécie pas Eastwood mais là, il faut reconnaître qu'il est allé contre les conventions que Deneuve voulait lui glisser. Cette dernière passe par conséquent pour la figure de tous les conservatismes intrinsèques au Festival.
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    La Haine (1995)

    1 h 38 min. Sortie : . Drame.

    Film de Mathieu Kassovitz avec Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui

    Les films de l'année 1995 du Festival de Cannes pointent vers l'actualité. Parmi eux, La Haine de Mathieu Kassovitz met en scène la vie de jeunes de banlieues autour de leur haine pour les forces de l'ordre. Le soir de la projection, les policiers du service d'ordre tournent le dos à l'équipe du film qui monte les marches, voyant dans le long métrage un pamphlet anti-flics. La Haine est pourtant déjà devenu un phénomène générationnel.
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    Crash (1996)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de David Cronenberg avec James Spader, Holly Hunter, Elias Koteas

    David Cronenberg, le metteur en scène canadien de La Mouche et eXistenZ, présente son nouveau film Crash au Festival de Cannes. Le sujet brûlant du film (des personnes qui réalisent leurs fantasmes grâce à des accidents de voiture) provoque la colère des festivaliers, qui quittent la salle en huant le film. Pourtant, Crash se verra récompenser d'un Prix spécial du jury... relançant par là-même les huées du public !
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    Funny Games (1997)

    1 h 48 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Michael Haneke avec Susanne Lothar, Ulrich Mühe, Arno Frisch

    En 1997, les Sans-audaces prennent leurs jambes à leur cou lorsqu'ils voient débarquer un film qui bousculent les codes traditionnels du thriller psychologique. Au cinquantième festival, pas un coup de feu ne sera tiré au sein du palmarès. Pas un !
  • Assassin(s) (1997)

    2 h 08 min. Sortie : . Drame et policier.

    Film de Mathieu Kassovitz avec Michel Serrault, Mehdi Benoufa, Mathieu Kassovitz

    Toujours en 1997 et toujours autour de la frilosité des jurys face à la violence.
    Les journalistes les plus consensuels ont dénoncé la violence d'Assassin(s). Réponse de Kassovitz ? "Assassin(s) est une expérience qui doit être désagréable, car la violence n'est pas agréable !"... Ou comment s'abaisser à dire l'évidence. Laisse pisser Matthieu, laisse pisser l'ordre et la morale...
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    Rosetta (1999)

    1 h 35 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne avec Émilie Dequenne, Fabrizio Rongione, Anne Yernaux

    Symbole du snobisme cannois, les frères Dardenne ne sont pour rien de la présence d'un de leurs films dans cette liste. Ou presque.

    En concurrence avec le film de Bruno Dumont, "L'Humanité", Rosetta est loin de faire l'unanimité. On ne répétera jamais assez la nécessité de l'unanimité pour ce type de Festival rigide. Elle consiste à porter une proposition unique et à écarter toutes les discordes (ou les mettre sous le tapis) : Quoi de plus totalitaire ? Quoi de moins démocratique ? On se croit déjà en Chine avec la manière dont sont sélectionnés les films compétiteurs mais, au plus haut sommet, la proposition doit être claire. Quoi de plus douteux ? Quoi de plus débilitant ? Et surtout pourquoi éviter le rapport de force inéluctable ? Parce que c'est de gauche ?
    Quand Cronenberg annonce "Rosetta" Palme d'Or, la réaction des journalistes, surtout américains, a littéralement éclaté. Ils dénoncent surtout une tromperie sur la concurrence entre deux films similaires ("ultradocumentaires", "tristement naturalistes", "sociaux réalistes pessimistes"). Vous prendrez quoi ? La peste ou le choléra ?

    Il est vrai qu'il y a de quoi se gratter la tête quant à la variété des films sélectionnés.

    Mais ! Ce n'est pas tout !
    Je ne voudrais pas jeter de l'huile de Palme sur le feu mais...

    Sous la pression d'une journée mouvementée et du fait de remettre la Palme d'Or pour Rosetta, Sophie Marceau, en cette année 1999, fait le discours le plus spontané. Oui, on peut reprocher que Marceau se soit servie de cette tribune pour faire passer une vision personnelle au détriment des protocoles de la Cérémonie mortuaire. Mais si elle avait su poser son message, si elle avait su gérer son stress au profit de son émotion - paradoxe, paradoxe - c'était peut-être l'un des plus beaux discours que Scott Thomas a fait taire dans son parfait rôle de maîtresse-chien. En tous cas, elle a su jeter aux orties tous ces discours pompeux. J'imagine que par ailleurs que, dans les coulisses, régnait une atmosphère passablement décadente - ce qui a encouragé cette acte suicidaire.

    Marceau acceptera néanmoins de faire son mea pêche melba quelques jours plus tard. Pas du tout ridicule cette tentative, au contraire ! Par contre, que messieurs et mesdames les censeurs et les persifleurs se posent une question majeure : à quoi rime tout ce cirque ? Où est le risque ? Pourquoi taire ? Pourquoi tous ces filets ?

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    Irréversible (2002)

    1 h 37 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Gaspar Noé avec Monica Bellucci, Vincent Cassel, Albert Dupontel

    Belluci avait dit avant l'entrée en compétition : "A Cannes, ça va être l'amour et la haine : des gens vont crier au génie, d'autres vont hurler que des films pareils devraient être interdits".

    Au final, la passion était très mesurée. Certes, certaines personnes sont sorties de la salle, de dégoût (surtout des femmes) mais l'accueil s'est effectué dans une relative indifférence. Les critiques péjoratives ont normalement circulé. Sagement pour ainsi dire. Noé aurait-il fait un film trop frontal pour être véritablement subversif ?
    Un journaliste américain, David Ansen, donne une clé de cette apathie collective : le film semble être le reflet d'un "adolescent fier de sa propre laideur".

    Au-delà du jugement, le narcissisme est pointé du doigt comme si l'auteur payait son succès précédent, "Seul contre tous", qui avait été récompensé en 1998 avec un Prix de la Semaine de la Critique et une mention du Prix de la Jeunesse.

    Alors, certes le festival, dans ses chaussons habituelles, ferment presque automatiquement les portes à ce genre de film, audacieux sur le principe, très traditionnel sur le discours. Mais Noé n'est pas à décharger non plus de la qualité de la réception dans le métier.

    Bref, il en a trop fait, trop de formes, trop de gratuités, trop immature - ce qui entre en conflit avec la pleine maîtrise du projet soumis. Il repart bredouille. "Enter the void", indéniablement le projet le plus écrit de l'auteur ne séduira pas non plus : ni festival, ni en salle, ni à l'étranger... Et pourtant, Gaspard Noé est l'objet d'une attente toujours aussi grande.

    Jan Kounen - avec qui j'espère faire un parallèle juste - n'a pas eu cette opportunité.
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    The Brown Bunny (2004)

    1 h 30 min. Sortie : . Drame et road movie.

    Film de Vincent Gallo avec Vincent Gallo, Chloë Sevigny, Cheryl Tiegs

    Choqués, la Croisette et les mass-médias se relayèrent en 2003 pour dénoncer comme des benêts et des saintes-nitouches une fellation en dissociant le message et l'image, décrédibilisant au passage le film. Opération réussie !
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    Fahrenheit 9/11 (2004)

    2 h 02 min. Sortie : . Historique et guerre.

    Documentaire de Michael Moore avec Ben Affleck, Stevie Wonder, George W. Bush

    Alors que George W. Bush est en pleine campagne pour obtenir un second mandat, le jury cannois décerne la Palme d'or au brûlot Fahrenheit 9/11 de Michael Moore. Le documentaire n'épargne pas la politique du président, notamment sur ses décisions concernant la guerre en Irak. La polémique enfle immédiatement : Cannes, symbole du divertissement, est-il aussi l'endroit où doit résonner un tel écho politique ? A l'annonce de la remise de la Palme, George W. Bush a déclaré : "Cette récompense démontre que les Etats-Unis sont un pays libre où chacun a le droit de dire ce qu'il veut". Et il fut réélu peu après.
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    Le Bal des actrices (2009)

    1 h 45 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Maïwenn avec Jeanne Balibar, Romane Bohringer, Julie Depardieu

    La soirée des Hots d'or, la plus célèbre remise de prix aux films pour adultes, avait pris depuis une dizaine d'années ses quartiers à Cannes pendant la période du Festival. Après de nombreuses réclamations, la Mairie décide de chasser cette cérémonie qui, selon elle, nuit à l'image de la Croisette. Cannes perd ainsi l'un des éléments majeurs qui ont fait d'elle une vitrine de renommée internationale, tandis que l'industrie pornographique crie à l'hypocrisie. La décision restera toutefois inchangée.

    ***

    un homme perdu 2007

    Gros coup de chaud sur le tapis du Palais des Festivals en 2008. La faute à Yasmine lafitte, jeune femme devenue une star française du cinéma pornographique, qui défilait afin de faire la promotion de préservatifs. Etait-elle pressée avant de venir à Cannes ? Quoi qu'il en soit, il semble que la jeune femme ait oublié ses sous-vêtements... ce qui ne l'empêcha pas de soulever allègrement sa robe qui n'était déjà pas bien longue. Les photographes s'en sont donnés à coeur joie...
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    Antichrist (2009)

    1 h 48 min. Sortie : . Drame et Épouvante-horreur.

    Film de Lars von Trier avec Willem Dafoe, Charlotte Gainsbourg et Storm Acheche Sahlstrøm

    En 2009, le "meilleur réalisateur du monde", comme il se déclare lui-même, se voit décerner un anti-prix par le Jury oecuménique, une caste de cinéastes et de journalistes chrétiens qui sévit en milice depuis 1974 sur le festival.
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