L'Hydre de papier : Lis en 1000 pages, 2000 repousseront (2019)

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20 livres

par Arkeniax

C'est bien de lire. Mais ce qu'il y a encore mieux que lire, c'est de pouvoir se la raconter en déclarant fièrement : "J'ai achevé ce livre de 1500 pages en une traite ! Qu'est-c'tu vas faire ?!".
C'est donc ce que je vais faire : Lire et compter les pages. Parce que c'est drôle.

Total actuel : 6951 pages

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  • Médée

    Théâtre.

    Livre de Euripide

    (163 pages)

    Seconde adaptation de la tragédie de Médée que je lis après celle de Corneille. Eeeeeet... je préfère celle de Corneille.
    Pour une raison simple : Dans la pièce d'Euripide, les personnages ne sont pas suffisamment bien construits pour les rendre vraiment complexes, en dehors de Médée (Jason est juste un gros con égoïste, Créon un tyran, Créuse n'apparait même pas). En plus, l'échange final entre Jason et Médée où ils se rejettent mutuellement la faute sur des pages entières, c'est juste risible...
    Corneille a fait mieux. Plus complexe, plus ambigu.
  • Médée

    Théâtre.

    Livre de Sénèque

    (96 pages)

    Moins bonne que la version d'Euripide, la pièce de Sénèque s'avère trop simpliste : Médée y est simplement folle, tout son dilemme moral se résume à une hésitation entre la raison et la folie, ce qui évidemment crée une distance immédiate avec le personnage auquel on ne peut plus vraiment s'attacher, là où les versions d'Euripide et Corneille nous font apprécier le personnage, brouillant nos repère moraux. Là non, simple folie,et c'est marre.
    La pièce est d'ailleurs entrecoupée de passages du chœur, qui ne sont qu'un étalage gratuit d'informations sur le lore de la Grèce Antique.
    Je comprends que Sénèque essaye de faire comprendre par là que l'histoire de Médée n'est que l'héritage de ce que les anciens ont déjà accompli, que la mythologie grecque est faite de sang, de trahisons, de châtiments divins et de poisons et que Médée n'est qu'un chapitre de plus dans cette grande fresque, mais c'est quand même gratuit...
  • Médée (1946)

    Sortie : 1946. Théâtre.

    Livre de Jean Anouilh

    (93 pages)

    Anouilh nous propose la dernière des 4 "grandes" pièces de Médée, après Euripide, Sénèque et Corneille.
    Chaque pièce ayant ses propres spécificités, celle de Anouilh met beaucoup plus l'emphase sur l'amour mort entre Médée et Jason, et ce dernier devient un personnage plus complexe que dans toutes les autres versions, fatigué du chaos du monde, ne recherchant que la paix loin de sa tempétueuse épouse. Médée elle-même passe par toutes les facettes qui lui ont été écrites : Parfois la folie pure, à d'autres moments la jalousie et enfin l'orgueil pur et simple.
    Je suis cependant moins convaincu par la fin, déjà parce que la mise à mort des enfants semble gratuite et sans aucune importance tant la pièce ne s'est pas du tout intéressée à eux, et surtout, cette idée qu'une fois Médée morte, tout le monde, y compris sa principale victime Jason, l'oubliera et passera à autre chose, ne me convainc pas vu que, de toute façon le personnage et son mythe sont entrés quand même dans la postérité. L'oubli est impossible, quoique puisse en penser Anouilh. Bien sûr, cette fin est à re-contextualiser dans la période d'après-guerre où elle a été écrite, l'auteur fait passer l'idée qu'il faut tenter de vivre malgré les épreuves les plus dures. Mais l'oubli pur et simple, je ne pense pas...
    Je pense que pour ces raisons, la pièce de Corneille reste ma préférée sur ce thème. Pas aussi complexe, plus longue et dense, mais qui, elle, nous offre une Médée mémorable.
  • Médée (2001)

    Sortie : 2001. Roman.

    Livre de Christa Wolf

    (291 pages)

    Si l'on devait comparer cette réinterprétation du mythe de Médée avec les pièces d'Euripide, Sénèque, Corneille et Anouilh, elle ne ferait pas le poids, car Médée y devient victime de la peur, du racisme et de la peur des femmes du monde grec. Elle n'est même responsable d'aucun réel crime, quand on regarde bien. Sur ce point, le livre échoue. Mais comme le but de Christa Wolf est justement de traiter de manière plus pathétique que tragique des personnages du mythe et de donner une valeur plus sociale et politique à son œuvre, c'est une bonne histoire, qui sert un discours acerbe sur l'hypocrisie d'une humanité en déliquescence qui cherche ses démon dans les actes des autres, des étrangers, ceux que l'on ne peut et que l'on ne veut pas comprendre. C'est pour moi la plus triste et pessimiste histoire sur Médée. Une bonne lecture
  • La Princesse de Clèves (1678)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Madame de La Fayette

    (380 pages)

    Je précise que j'ai lu une édition comportant le roman plus des nouvelles et extraits d'autres histoires de Mme de la Fayette. Une bonne édition qui permet de mieux cerner le point de vue de Madame, qui est tout simplement de dire que l'amour, c'est de la merde ! L'amour n'appelle que le trouble, la jalousie, la discorde, pervertit l'esprit et ignore la vertu et le devoir.
    Ses histoires se fondent sur le modèle du triangle amoureux dans un monde de Cour, où le devoir doit prévaloir sur les sentiments humains et la volonté de l'individu (Raison pour laquelle Madame insiste autant pour nous decrire tout le contexte politique de la Cour du roi), mais l'amour finit par obscurcir le jugement, et mène les personnages dans le malheur, et seule la mort d'un des acteurs du triangle pourra ramener les autres sur le chemin de la vertu.
    On peut bien sûr ne pas approuver la pensée de La Fayette, mais on ne peut nier qu'elle est quand même assez unique dans le petit monde de la littérature.
  • Le Roman de la Rose (1280)

    Sortie : 1280. Roman.

    Livre de Jean de Meun et Guillaume De Lorris

    (1150 pages)

    D'un point de vue strictement littéraire, je suis bien obligé de reconnaitre les qualités du Roman de la Rose : Guillaume de Lorris et Jean de Meun ont accouché d'un poème allégorique très complet, où les allégories se répondent les unes aux autres, créant une vaste réflexion sur l'art d'aimer. La partie de Jean de Meun ajoute d'ailleurs une dimension encyclopédique qui, si elle rend le rythme de l'histoire très laborieux, a le mérite de nous éclairer sur la culture et les mœurs du Moyen-Age, en plus de nous proposer plusieurs points de vue sur l'amour, la femme et l'art de la séduction.
    Multiplier les points de vue c'est une chose, mais en arriver à la conclusion que ça sert à rien de draguer la fille vu qu'au final, Nature et Venus elles-même disent que ce qui compte, c'est la reproduction et qu'en plus le livre se conclut par un viol métaphorique... J'ai vraiment eu du mal avec cette dernière partie. Jean de Meun semble jeter aux orties toute la subtilité du discours de de Lorris pour la remplacer par une quasi incitation au viol.
    Alors est-ce que le discours est satirique, vu que le roman ne manque pas de second degré, ou est-ce que Meun veut simplement nous dire que le plus important, ça n'est pas l'amour en tant que tel mais le sexe et la perpétuation de l’espèce ? Je sais pas, mais ça m'a vraiment perturbé.
    Ça et les très (trop) nombreuses digressions qui rendent la lecture assez étouffante.
  • Gargantua (1534)

    Sortie : 1534. Roman.

    Livre de François Rabelais

    (525 pages)

    (Édition bilingue Vieux français - Français moderne)

    J'étais curieux de découvrir le fameux Gargantua, je connaissais sa réputation.
    Et elle n'est pas déméritée. Œuvre de la débauche amusée et de la démesure invraisemblable, le livre de Rabelais étonne, amuse, questionne parfois. Sous sa coquille d'humour scatophile se cache en réalité une vraie réflexion sur les problématiques religieuse, politiques, sociales et pédagogiques de son temps.
    Puis bon, c'est pas tous les jours qu'on lit l'histoire d'un géant qui extermine les 3/4 de la population de Paris en pissant dans les rues !
  • L'Illusion comique (1636)

    Sortie : 1636. Théâtre.

    Livre de Pierre Corneille

    (188 pages)

    Avant Le Cid, Horace, Médée, et consorts, il fut un temps où Corneille n'avait pas peur d'expérimenter, de jouer avec les règles du théâtre classique pour mieux tromper son public. Une mise en abîme très bien pensée sur le théâtre et l'art en général, vecteur de mensonge par essence, mais apportant joie, peur, tristesse et rire au spectateur et ça... C'est beau !
  • Carbone modifié - Takeshi Kovacs, tome 1 (2002)

    Altered Carbon

    Sortie : 2002. Roman.

    Livre de Richard Morgan

    (575 pages)

    Quelque part entre Blade Runner (classique), Ghost in the Shell et Gunnm, Carbone modifié est un très très bon livre de SF, exploitant très bien son concept de base et l'univers qui l'entoure. L'enquête est passionnante, les personnages bien écrits (Takeshi est délicieusement badass !) et les questions sociales, politiques et philosophiques soulevées apportent une vraie identité à l'œuvre.
    La plume de Morgan est fine et agréable à lire.
    Que du bonheur !
  • Blame! and so on (2003)

    Blame! And so on

    Sortie : 2003. Beau livre.

    Livre de Tsutomu Nihei

    (152 pages)

    IIl n'est peut-être pas pertinent de placer un artbook dans une liste de lecture, mais peu importe : Blame! est une pièce maitresse, son créateur un génie, ils méritent tous 2 admiration, attention et louanges.
    Les commentaires de l'artiste, ses interviews avec Enki Bilal et Guillermo del Toro et ses petits approfondissements de l'univers de Blame! sont des plus-values bienvenues.
  • Anges déchus - Takeshi Kovacs, tome 2 (2003)

    Broken Angels

    Sortie : 2003. Roman.

    Livre de Richard Morgan

    (600 pages)

    Un nouveau tome qui permet d'approfondir Takeshi Kovacs.
    L'auteur a tellement bien installé son univers dans le premier tome que pour cette suite, il n'a pas grand chose de plus à ajouter.
    On nous montre certes la partie militaire, l'archéologie et le fonctionnement des autres planetes de l'univers de Kovacs, mais rien d'aussi touffu que dans le premier tome.
    Du coup, l'auteur se recentre sur Kovacs et sa forte personnalité, mis à mal aussi bien physiquement que psychologiquement par les évènements. Et il est toujours aussi badass !
    Mon dieu, comme ce mec est cool quand il défonce des mecs !
  • Furies déchaînées - Takeshi Kovacs, tome 3 (2005)

    Woken Furies

    Sortie : . Roman.

    Livre de Richard Morgan

    (670 pages)

    Superbe conclusion à la trilogie Takeshi Kovacs. Le tome qui déconstruit totalement son héros, certes toujours badass, mais brisé, usé par la vie et le reste de la société. Un personnage qui ne rentre dans aucune case, se met en marge de tout groupe et acquiert par là une vraie force, une aura quasi mythique.
    L'univers de Harlan est très bien pensé, les personnages toujours bien écrits et la quête du héros passionnante à suivre.
    Ça a été un plaisir à lire. On en viendrait presque à réclamer un quatrième tome !
  • La Chanson de Roland (1170)

    Sortie : 1170. Poésie et récit.

    Livre de Turold

    (437 pages)

    Édition bilingue.
    Un récit épique tres prenant, nous offrant des morceaux de bravoure, de la vaillance et du courage par paquets de 12.
    Même si le livre devient par moment involontairement drôle par la manière dont il glorifie Charlemagne, décrit comme le roi parfait en tout, son prosélytisme chrétien quasi obsessionnel, et la description des arabes qui prête à sourire. Mais bon, c'est le contexte de l'époque, il faut l'accepter.
  • Giger (2017)

    Sortie : . Album.

    Livre de Hans Ruedi Giger

    (96 pages)

    Petit tour d'horizon de l’œuvre de H.R Giger, artiste plasticien précurseur du style "biomécanique", entré dans la postérité pour avoir créé les décors et la créature du film Alien.
    Le livre est un peu court, mais a le double avantage d'être entièrement commenté par Giger lui-même qui va évoquer sa vie et sa carrière, et de nous offrir une très belle galerie de peintures représentatives de l'évolution de leur créateur.
    Pas un livre exhaustif qui va montrer absolument toutes les créations de H.R, mais une bonne introduction au personnage.
  • Mythology, l'art des comics par Alex Ross (2014)

    Sortie : . Beau livre.

    Livre de Alex Ross

    (336 pages)

    Si vous êtes fans de Alex Ross, foncez sur ce fantastique artbook. Si vous ne le connaissez pas, foncez quand même et découvrez un fantastique dessinateur de comics, passé maitre dans l'art de transformer les super-héros en véritables dieux aux pouvoirs infinis.
    Au programme : Des illustrations, des croquis, des photos, des produits dérivés et même une mini-histoire en 8 pages scénarisée par l'auteur de l'artbook et dessinée par Ross.
    Pour les amateurs de l'univers de DC Comics, Mythology est une véritable bible.
  • Rhinocéros (1959)

    Sortie : 1959. Théâtre.

    Livre de Eugène Ionesco

    (248 pages)

    J'ai enfin pu mettre la main sur le fameux Rhinocéros.
    C'est fou comment en si peu de pages, Ionesco parvient à proposer tant de niveaux de lecture de sa pièce métaphorique. On peut autant la voir comme une dénonciation du nazisme ou des dictatures en général, des effets néfastes de la masse qui écrase l'individualité ou même rester premier degré et la voir comme une proto-histoire de zombies.
    Et même le ton de la pièce peut varier. On pourrait autant la mettre en scène comme une comédie absurde, une tragédie ou pourquoi pas carrement un film d'horreur ! La scène de transformation de Jean s'adapterait très bien au genre.
  • Berserk (2019)

    Sortie : . Essai, beau livre et culture & société.

    Livre de ALT 236

    (240 pages)

    Pour notre plus grand plaisir, ALT236 écrit une analyse de Berserk. Si son épisode de Mythologics sur le manga constitue une analyse pertinente, elle m'a toujours semblé trop en surface. Le livre rectifie le titre. Par le format papier, notre vidéaste est libre de toute restriction de temps, de durée, de montage etc. Il développe à fond chaque aspect de l'univers, en y allant graduellement (personnages > univers > influences > auteur), ce qui rend la lecture plus agréable et témoigne d'un travail de recherche plus qu'admirable.

    A réserver à ceux ayant déjà lu les 40 tomes de Berserk actuellement sortis.
  • Faërie et autres textes (2003)

    Sortie : 2003. Essai et recueil de contes.

    Livre de J.R.R. Tolkien

    (218 pages)

    Un ouvrage très intéressant. Les 3 contes qui en composent la majeure partie sont tout à fait sympathiques, amusants, décalés et pleins de malice.
    L'essai "Du conte de fées" est sans doute la meilleure partie. Tolkien y développe une étude de ce sous-genre littéraire et en démontre la richesse, tant au niveau narratif, littéraire et culturel.
    Clairement, on préférera les ouvrages de la Terre du Milieu du bonhomme, mais ce serait bête de passer à coté de Faërie .
  • Caïn (1821)

    Sortie : 1821. Théâtre.

    Livre de George Gordon Byron

    (158 pages)

    Lecture romantique du mythe de Cain et Abel, cette pièce se montre particulièrement efficace. Son minimalisme lui octroie une grande fluidité de lecture, et renforce la dimension mythe fondateur de l'histoire.
    On y parle évidemment de religion, et surtout d'héritage. Celui que les pécheurs Adam et Eve léguèrent à leurs enfants ainsi que celui que Cain léguera à toutes les générations futures. On y aborde également la place de la mort dans le grand ordre de l'univers, et plus d'une fois, la bonté inhérente au Tout-Puissant est remise en question, autant par Cain que par Lucifer, ce dernier personnage nous offrant sans doute les meilleurs dialogues de la pièce.
    Simple, clair, efficace. Du théâtre comme j'aime.
  • Le Trompeur de Séville et l'Invité de pierre (1630)

    El Burlador de Sevilla y convidado de piedra

    Sortie : 1630. Théâtre.

    Livre de Tirso De Molina

    (335 pages)
    Édition bilingue.

    Tirso de Molina est le premier auteur classique à avoir mis en scène les scélérates aventures de Don Juan. Si le personnage de Molière peut autant plaire que rebuter par sa ruse et ses manigances autant que par son audace face aux préceptes religieux, celui de Molina, s'il ne manque pas lui-même de courage, s'avère plus fourbe, plus calculateur, prêt à trahir ses amis et à laisser l'injustice frapper les innocents du moment qu'il peut continuer à séduire toutes les femmes qu'il croise. Il en ressort un personnage immoral mais pas dénué de panache dans sa malice.
    On soulignera également les excellents jeux de mot de Tirso de Molina, des répliques cinglantes ponctuées de doubles sens savoureux, bien sûr assez difficiles à traduire en français, mais qui alimentent un comique très subtil.