L'être-enfermé : petite philosophie du confinement

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33 livres

par Syderen

Le confinement est une épreuve existentielle, difficile, pour tout un tas de raisons, souvent contradictoires entre elles :

-solitude ou bien lieu de vie surpeuplé ;
-personnes qui sortent alors qu'elles ne devraient pas, personnes qui ne sortent pas alors qu'elles devraient ;
-exacerbation des problèmes psychologiques ou de santé en général ;
-fragilisation de la condition des plus pauvres, des femmes, des précaires, et en même temps exacerbation des tensions sociales ;
-surcharge de travail scolaire, domestique et professionnel à la maison, ou au contraire vide et ennui abyssal ;

-obligation d'aller travailler sous la contrainte, malgré l'angoisse et le danger, surexploitation capitaliste des gens, ou au contraire mise au repos forcé, impossibilité de travailler pour celles et ceux qui en ont besoin ;
-surcharge des serveurs et d'internet, excès de connexion, de temps passé devant l'écran, ou au contraire, manque de matériel informatique, problèmes de connexion et de réseau, qui précarisent l'accès aux informations passant par internet.

Le confinement est un angle qui met en lumière les écrits de bien des philosophes. Les philosophes pourront tenter de nous aider dans cette situation éprouvante, de nous consoler et de nous conforter à la manière des sagesses antiques. Ils et elles nous permettent également de repenser la société et la politique, la gestion de la maladie : ce sont les approches plutôt épistémologiques et sociologiques. Enfin, les penseurs existentiels nous font prendre conscience de la fragilité de notre vie, de tout ce qui la mine de l'intérieur, et qui se manifeste durement dans le confinement.

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  • Criton (2008)

    Sortie : juin 2008. Essai et philosophie.

    Livre de Platon

    Dialogue de Socrate dans sa prison, avec son disciple Criton, à propos de la justice.
  • Phédon (1994)

    Sortie : septembre 1994. Philosophie et essai.

    Livre de Platon

    Dialogue de Socrate dans sa prison, juste avant son exécution, avec ses disciples, à propos de la vie après la mort.
  • De la providence - De la constance du sage - De la tranquillité de l'âme - Du loisir (2003)

    Sortie : . Essai et philosophie.

    Livre de Sénèque

    Surtout le traité De la tranquillité de l'âme, qui contient de très beaux textes sur l'ennui et la vie à l'étroit. Mais aussi le traité Du loisir, malheureusement incomplet, théorise la pratique de l'otium, de la vie retirée consacrée à l'étude.

    Extraits :

    De là cet ennui, ce mécontentement de soi-même, cette agitation d'une âme qui ne se repose sur rien, enfin la tristesse et cette inquiète impatience de l'inaction ; et comme on n'ose avouer la cause de son mal, la honte fait refluer ces angoisses dans l'intérieur de l'âme ; et les désirs, renfermés à l'étroit dans un lieu sans issue, se livrent d'affreux combats. De là la mélancolie, les langueurs et les mille fluctuations d'une âme indécise, toujours en doute de ce qu'elle va faire, et mécontente de ce qu'elle a fait ; de là cette malheureuse disposition à maudire son repos, à se plaindre de n'avoir rien à faire ; de là cette jalousie ennemie jurée des succès d'autrui. En effet, l'aliment le plus actif de l'envie est l'oisiveté mécontente; l'on voudrait voir tout le monde tomber parce qu'on n'a pu s'élever. (TA, II, 10)

    II faut donc nous faire à notre condition, nous en plaindre le moins possible, et profiter de tous les avantages qu'elle peut offrir. Il n'en est point de si dure en laquelle un esprit judicieux ne puisse trouver quelque soulagement. Souvent l'espace le plus étroit, grâce au talent de l'architecte, a pu s'étendre à plusieurs usages, et une habile ordonnance peut rendre le plus petit coin habitable. Opposez la raison à tous les obstacles : corps durs, espaces étroits, fardeaux pesants, l'industrie sait tout amollir, étendre, allégir. (TA, X, 4)
  • Pensées pour moi-même (1964)

    Ta eis heauton

    Sortie : . Aphorismes & pensées et philosophie.

    Livre de Marc-Aurèle et Epictète

    Voir le beau texte en IV, 3, sur la nécessité de trouver asile en soi-même :

    "On va se chercher de lointaines retraites dans les champs, sur le bord de la mer, dans les montagnes ; et toi-même aussi tu ne laisses pas que de satisfaire volontiers les mêmes désirs. Mais que tout ce soin est singulier, puisque tu peux toujours, quand tu le veux, à ton heure, trouver un asile en toi-même ! Nulle part, en effet, l’homme ne peut goûter une retraite plus sereine ni moins troublée que celle qu’il porte au dedans de son âme, surtout quand on rencontre en soi ces ressources sur lesquelles il suffit de s’appuyer un instant, pour qu’aussitôt on se sente dans la parfaite quiétude."
  • Pensées (1670)

    Sortie : 1670. Essai et philosophie.

    Livre de Blaise Pascal

    Voir les fragment si profonds consacrés au divertissement :

    "Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent dans la Cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s’il savait demeurer chez soi avec plaisir, n’en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d’une place. On n’achète une charge à l’armée si cher, que parce qu’on trouverait insupportable de ne bouger de la ville. Et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu’on ne peut demeurer chez soi avec plaisir. Etc." (Le Guern 126 / Lafuma 136 / Sellier 168)

    De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement. De là vient que la prison est un supplice si horrible. De là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible. Et c’est enfin le plus grand sujet de félicité de la condition des rois de ce qu’on essaie sans cesse à les divertir et à leur procurer toutes sortes de plaisirs. (ibid.)
  • Voyage autour de ma chambre (1794)

    Sortie : août 1794. Roman.

    Livre de Xavier De Maistre

    Suggestion de Florensium
  • Ou bien... ou bien... (1843)

    Enten – Eller

    Sortie : 1843. Essai et philosophie.

    Livre de Søren Kierkegaard

    Un classique de la philosophie existentielle. On y trouve des analyses pénétrantes du travail et de l'oisiveté :

    "On a l'habitude de dire que l'oisiveté est la mère de tous les maux. On recommande le travail pour empêcher le mal. Mais aussi bien la cause redoutée que le moyen recommandé vous convaincront facilement que toute cette réflexion est d'origine plébéienne. L'oisiveté, en tant qu'oisiveté, n'est nullement la mère de tous les maux, au contraire, c'est une vie vraiment divine lorsqu'elle ne s'accompagne pas d'ennui. Elle peut faire, il est vrai, qu'on perde sa fortune, etc., toutefois, une nature patricienne ne craint pas ces choses, mais bien de s'ennuyer. Les dieux de l'Olympe ne s'ennuyaient pas, ils vivaient heureux en une oisiveté heureuse. Une beauté féminine qui ne coud pas, ne file pas, ne repasse pas, ne lit pas et ne fait pas de musique est heureuse dans son oisiveté ; car elle ne s'ennuie pas. L'oisiveté donc, loin d'être la mère du mal, est plutôt le vrai bien. L'ennui est la mère de tous les vices, c'est lui qui doit être tenu à l'écart. L'oisiveté n'est pas le mal et on peut dire que quiconque ne le sent pas prouve, par cela même, qu'il ne s'est pas élevé jusqu'aux humanités. Il existe une activité intarissable qui exclut l'homme du monde spirituel et le met au rang des animaux qui, instinctivement, doivent toujours être en mouvement. Il y a des gens qui possèdent le don extraordinaire de transformer tout en affaire, dont toute la vie est affaire, qui tombent amoureux et se marient, écoutent une facétie et admirent un tour d'adresse, et tout avec le même zèle affairé qu'ils portent à leur travail de bureau."
  • Salaires, prix et profits (1865)

    Sortie : 1865. Essai et politique & économie.

    Livre de Karl Marx

    L'exploitation capitaliste des travailleurs et travailleuses. La lutte des classes ne s'est pas arrêtée pendant le confinement, au contraire : elle s'est exacerbée dans certains milieux comme le bâtiment, la livraison, les télécoms, les supermarchés, les usines et bien sûr les hôpitaux.
  • Être et Temps (1927)

    Sein und Zeit

    Sortie : 1927. Essai et philosophie.

    Livre de Martin Heidegger

    Pour les analyses de l'ennui.
  • Une chambre à soi (1929)

    A Room of One's Own

    Sortie : 1929. Essai et roman.

    Livre de Virginia Woolf

    Un essai féministe qui part du fait que les femmes n'ont même pas une chambre à elles, pour écrire ou pour d'autres activités.
  • Qu'est-ce que la métaphysique ? (1929)

    Was ist Metaphysik ?

    Sortie : 1929. Essai et philosophie.

    Livre de Martin Heidegger

    Un extrait sur l'ennui :

    C’est alors même – et précisément alors – que nous ne sommes pas spécialement occupés des choses ni de nous-mêmes, que cet « ensemble » nous survient, par exemple dans l’ennui véritable. Ennui encore lointain, dans le cas où c’est simplement tel livre, tel spectacle, tel travail ou telle distraction qui nous ennuie ; mais ennui qui éclot lorsque « l’on s’ennuie ». L’ennui profond, essaimant comme un brouillard silencieux dans les abîmes du Dasein, rapproche les hommes et les choses, et vous-mêmes avec tous, dans une indifférenciation étonnante. Cet ennui révèle l’étant en son ensemble.
  • L'Étranger (1942)

    Sortie : 1942. Roman.

    Livre de Albert Camus

    Avec Camus et Zweig, c'est le confinement sous ses formes extrêmes : la prison pour l'étranger de Camus, et la cellule absolument coupée du monde de Zweig.
  • Le Joueur d'échecs (1943)

    Schachnovelle

    Sortie : 1943. Nouvelle.

    Livre de Stefan Zweig

    Le confinement imposé comme torture psychologique.
  • Huis clos (1945)

    Sortie : 1945. Théâtre.

    Livre de Jean-Paul Sartre

    Quand on est enfermé à plusieurs dans une même pièce... Le fameux "L'enfer, c'est les autres".
  • Exhortation aux médecins de la peste (1947)

    Sortie : avril 1947. Essai.

    Livre de Albert Camus

  • La Peste (1947)

    Sortie : 1947. Roman.

    Livre de Albert Camus

    "Les fléaux, en effet, sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu'ils vous tombent sur la tête."
  • La Poétique de l'espace (1957)

    Sortie : 1957. Essai et philosophie.

    Livre de Gaston Bachelard

    Belle méditation sur les intérieurs, les dispositions spatiales, l'habitation...
  • Condition de l'homme moderne (1958)

    The Human Condition

    Sortie : 1958. Essai et philosophie.

    Livre de Hannah Arendt

    Ce livre d'Arendt contient de nombreuses études de la différence entre sphère domestique privée, sphère du travail et sphère publique de la politique.
  • Histoire de la folie à l'âge classique (1961)

    Sortie : 1961. Essai et philosophie.

    Livre de Michel Foucault

    Foucault, évidemment une référence pour penser la maladie, sa gestion politique et sociale, l'enfermement, la mise à l'écart des "anormaux"...
  • Le Normal et le Pathologique (1966)

    Sortie : 1966. Essai et philosophie.

    Livre de Georges Canguilhem

    Réflexion sur la maladie
  • La Peur en Occident (1978)

    Sortie : . Culture & société et essai.

    Livre de Jean Delumeau

    "Voici maintenant la cité assiégée par la maladie, mise en quarantaine, au besoin ceinturée par la troupe, confrontée à l'angoisse quotidienne et contrainte à un style d'existence en rupture avec celui auquel elle était habituée. Les cadres familiers sont abolis. L'insécurité ne naît pas seulement de la présence de la maladie, mais aussi d'une destructuration des éléments qui construisaient l'environnement quotidien. Tout est autre. Et d'abord la ville est anormalement déserte et silencieuse. Beaucoup de maisons sont désormais inhabitées."
  • Cahiers pour une morale (1983)

    Sortie : 1983. Essai et philosophie.

    Livre de Jean-Paul Sartre

    Sartre, qui voit bien que la maladie constitue une objection importante à ses thèses sur la liberté, essaie de s'en sortir tant bien que mal...

    "Autrement dit, la maladie est une condition à l'intérieur de laquelle l'homme est de nouveau libre et sans excuses. Il a à prendre la responsabilité de sa maladie. Sa maladie est une excuse pour ne pas réaliser ses possibilités de non-malade mais elle n'en est pas une pour ses possibilités de malade qui sont aussi nombreuses..."
  • Les Concepts fondamentaux de la métaphysique (1983)

    Sortie : 1983. Essai et philosophie.

    Livre de Martin Heidegger

    Cet ouvrage contient les analyses les plus longues et fouillées de Heidegger sur l'ennui.
    Il distingue trois sortes d'ennui :
    -« Être ennuyé par quelque chose » ;
    -« S’ennuyer à quelque chose » ;
    -« Cela vous ennuie ».
  • « Il faut défendre la société » (1997)

    Sortie : . Essai et culture & société.

    Livre de Michel Foucault

  • Naissance de la biopolitique (2004)

    Sortie : . Essai et culture & société.

    Livre de Michel Foucault

  • Philosophie des jeux vidéo (2011)

    Sortie : . Essai et philosophie.

    Livre de Mathieu Triclot

    Une touche un peu moins sombre avec cet ouvrage de Mathieu Triclot, qui explique comment le jeu vidéo est arrivé dans les salons familiaux. C'est l'intégration du jeu vidéo dans l'espace domestique, alors qu'auparavant il était dans les laboratoires d'informatique (Spacewar) puis dans les supermarchés et les bars (bornes d'arcade).
  • Le risque ou le care ? (2012)

    Sortie : . Culture & société et essai.

    Livre de Joan Tronto

    L'éthique du care, à redécouvrir d'urgence tant elle est appropriée à la situation :

    "Tous les êtres humains sont dépendants de soins. Parfois, le besoin de soins, qui nous constitue, est si puissant que d’autres doivent en assumer au moins une partie. Les soins à autrui supposent toujours que nous pensons l’être humain en termes relationnels et non individualistes. Fondamentalement, chaque personne doit se soucier d’autrui et trouver un sens à se comporter ainsi. Historiquement, la charge de ces soins reposait sur les femmes, en particulier celles des couches sociales inférieures. Par conséquent, apprécier la valeur du soin implique du même coup de réévaluer les préoccupations et les activités de gens tout à faire ordinaires." (Joan Tronto, entretien paru dans Philosophie magazine)
  • Chez soi (2015)

    Sortie : . Essai et culture & société.

    Livre de Mona Chollet

    Un ouvrage qui propose une réflexion très poussée sur le "Chez soi", dans toutes ses dimensions : habitation, domesticité, poésie, vie d'intérieur...
  • Libérées ! (2017)

    Sortie : . Essai et culture & société.

    Livre de Titiou Lecoq

    Une approche féministe du ménage, du travail domestique et de la vie à la maison.
  • Pathologies sociales (2020)

    Sortie : . Essai et histoire.

    Livre de Johann Chapoutot

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