L'impressionnisme au cinéma, des pionniers aux maîtres et à Terrence Malick. Ou comment les buts et les techniques de la peinture peuvent être transposés au cinéma, art de l'image en mouvement...

Avatar pphf Liste de

20 films

par pphf

L'impressionnisme s'intéresse à la lumière, bien plus qu'à la couleur. Et à la fusion subtile des couleurs bien plus qu'à leur explosion.

L'impressionnisme est un réalisme - mais un réalisme très particulier, un réalisme de l'instant. Le temps de capturer l'instant, celui-ci est perdu : un changement même imperceptible, de la lumière, une saute de vent à la surface de l'eau, dans les hautes herbes, sur l'étoffe des vêtements, ou encore un changement d'humeur dans l'expression du visage - et un second tableau s'impose. Les impressionnistes jouent souvent des séries - Monet et la cathédrale de Rouen, ou la série des Meules, Sisley et l'Eglise d'Auvers. Inversement l'expressionnisme est tout sauf réaliste : il juxtapose par grandes plages des couleurs faussées et saturées, oppose de la façon la plus tranchée les blancs et les noirs, tourne souvent au très sombre, au noir le plus opaque et au tragique, sollicite l'excès, l'outrance, le sur-jeu. Rien de plus évident que le passage de l'expressionnisme au cinéma.

C'est bien moins évident pour l'impressionnisme - si l'on ne veut pas se borner à en faire une esthétique assez gratuite, à base d'effets et de vent.

La transposition au cinéma est évidemment bien plus fine et touche à la conception même du récit filmique :
Au cinéma, l'impressionnisme ne se limite pas à des jeux sur la lumière ni à une invitation à la contemplation - mais aussi, surtout, à des choix de récit : une histoire non linéaire, sans événements pré-écrits ni prévisibles, épousant le temps de celui qui raconte, avec de longues plages étirées, des évolutions lentes et subtiles, ou au contraire des ellipses, des changements non programmés, mais pas forcément improvisés, une succession d'impressions ...

A signaler : "l'impressionnisme français", évoqué dans les histoires du cinéma (Marcel L'Herbier, Jean Epstein, Germaine Dulac, Louis Delluc ...) n'a rien à voir avec l'impressionnisme précédemment évoqué et renverrait plutôt à une déclinaison hexagonale de ... l'expressionnisme allemand. Il n'en sera que très incidemment question dans cette liste.

La liste proposée par Bilouaustria, dans un esprit très voisin de celle-ci, mérite également le détour.
http://www.senscritique.com/liste/Peinture_impressionniste_et_cinema/39656

Trier par : Tri par défaut
  • Tri par défaut
  • Note globale
  • Ordre alphabétique
  • Date de sortie
  • Notes de mes éclaireurs
  • Note de l'auteur de la liste
  • Derniers ajouts