L'ordre spielbergien

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31 films

par darthurc

Non, il ne s'agit pas d'une récompense inédite dans l'ordre des Chevaliers des Arts et Lettres, ni d'une secte (quoique...), mais juste de mon classement personnel - donc totalement subjectif - des films de Steven Spielberg.

Un truc de fan invétéré, quoique raisonnable (autant que possible) et capable de reconnaître que certaines des oeuvres du maître américain sont bien meilleures que d'autres, tandis que d'autres ne sont vraiment, mais alors vraiment pas terribles...

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    E.T. l'extra-terrestre (1982)

    E.T. The Extra-Terrestrial

    1 h 55 min. Sortie : . Aventure, fantastique et science-fiction.

    Film de Steven Spielberg avec Henry Thomas, Drew Barrymore, Dee Wallace

    Séances de cinéma (8 salles)
    E.T., premier de la liste ? Certains doivent déjà grincer des dents et s'interroger sur mon âge mental (ce qui est d'ailleurs une bonne question). Mais n'oublions pas qu'il s'agit d'une liste personnelle, pas d'une tentative objective - si tant est que ce soit possible - de décréter quel est le meilleur film de tous les temps de Steven Spielberg.

    Autant j'ai pu avoir du mal pour la suite du classement, autant pour le premier, ça a été facile et évident, comme ça l'a toujours été pour moi. Et la raison en est simple : E.T. est le premier film de Spielberg que j'ai vu - et pas tout petit, mais à quinze ans, à un âge donc où l'on comprend très bien (normalement) ce qui se passe sur l'écran, tout en étant très réceptif d'un point de vue émotionnel.
    Pour moi, ça a été une claque énorme. J'ai expérimenté le cinéma et son pouvoir unique en découvrant ce film, et je ne m'en suis jamais remis, d'où mon affection toute particulière pour tonton Steven, en dépit du fait que son oeuvre est complexe et imparfaite. Spielberg est un fabuleux raconteur d'histoires, et son talent est à l'apogée dans E.T., film simple et en même temps très personnel, tout en offrant une résonance à bien des émotions intimes qui renvoient à l'enfance et au rêve.

    La fin, que certaines personnes détestent en criant à la manipulation émotionnelle (difficile, en effet, de ne pas lâcher sa petite larme), est emblématique de l'ensemble du film tout en lui offrant une conclusion parfaite : vingt minutes de suspense et d'émotion, pratiquement sans dialogue, où tout passe par la maîtrise insensée de la mise en scène, par le talent des acteurs, des plus jeunes aux adultes (Peter Coyote, d'une profondeur inouïe), et surtout par la musique exceptionnelle de John Williams.

    La petite histoire musicale du film est assez connue : Williams butait sur la complexité de la tâche que représentait la composition de quinze minutes de musique non-stop, d'autant plus capitale qu'elle devait porter l'essentiel de la force du final. Tandis que les images du montage initial défilaient sur l'écran dans la salle d'enregistrement, Williams n'arrivait pas à caler l'ensemble de sa composition sur le rythme du film. Spielberg a fini par couper l'écran et par demander à Williams d'enregistrer comme bon lui semblait, en véritable musicien et non plus en simple technicien. Puis le cinéaste a remonté la fin du film en calant le montage sur la musique, et non pas l'inverse.

    Le résultat est à l'écran : bouleversant !
  • 2
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    Les Dents de la mer (1975)

    Jaws

    2 h 04 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss

    Comment un film sorti il y a presque quarante ans, avec des effets spéciaux en bois et un sujet qui tient en une phrase (un requin gigantesque sème la terreur dans les eaux d'une petite ville américaine), peut-il être encore aussi impressionnant et efficace aujourd'hui, avec tous les progrès techniques réalisés depuis lors ?

    Réponses à choix multiples, cochez toutes les cases :
    - Un scénario en béton armé du début à la fin
    - Des dialogues brillants, voire inoubliables ("On va avoir besoin d'un plus gros bateau...", le récit de l'Indianapolis)
    - Des acteurs pas forcément célèbres, même à l'époque, mais tous au top et tous au diapason les uns des autres, chacun dans son style propre
    - Une musique exceptionnelle, dont un thème de deux notes qui arrache des frissons de terreur pure à chaque fois qu'il retentit
    - Une mise en scène dont l'intelligence sidérante compense l'absence de moyens et les déficiences de la technique par un art de la suggestion confondant de subtilité...

    ...et je pourrais sûrement continuer longtemps comme cela, si un certain sens de la retenue, et l'heure déjà avancée de la nuit tandis que je rédige cette note, ne me poussaient à m'arrêter là.

    Que dire de plus ? Je ne suis pas un amateur de films d'horreur, du reste "Les Dents de la Mer" est bien plus que cela. D'effets gore, il y en a finalement assez peu, et toujours à bon escient (bon, la fin tache un peu, certes).
    Spielberg, qui n'avait pas encore trente ans, avait déjà compris l'essentiel : le plus important dans un film, c'est l'histoire, pas les moyens avec lesquels on la raconte, et surtout pas les artifices derrière lesquelles on risque parfois de la faire disparaître. Une leçon qu'il oubliera parfois ("1941", "Le Monde Perdu") mais dont il se souviendra toujours quand il le faudra, pour signer ses meilleurs films. Pas la peine de chercher bien loin, qu'ils aient ou non des gros budgets, ils sont tous dans les premières places de ce classement !
  • 3
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    La Liste de Schindler (1993)

    Schindler's List

    3 h 15 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et guerre.

    Film de Steven Spielberg avec Liam Neeson, Ben Kingsley, Ralph Fiennes

    Ayant trop à dire sur ce film, je vous renvoie à la critique que j'en ai faite sur sa fiche...
    Quelques extraits :

    Certains reprochent à ce film d'être trop spielbergien, en ce qu'il prend un drame historique majeur (la Shoah) pour en tirer une anecdote positive (un industriel allemand, membre du parti nazi, sauve 1100 Juifs de la déportation) ; preuve que Spielberg, indécrottable optimiste et cinéaste reconnu de l'enfance (donc puéril), est incapable d'assumer un sujet sérieux, au point de friser le négationnisme.

    Tout ceci est évidemment absurde. D'abord parce qu'Oskar Schindler a bel et bien existé, et que les Juifs eux-mêmes, après la guerre, l'ont reconnu comme Juste, saluant ainsi son action envers leur peuple.
    Ensuite parce que "La Liste de Schindler" est un film d'une maturité et d'une dignité confondantes. Les choix narratifs de Spielberg (noir et blanc, prédominance de la caméra à l'épaule) sont une première preuve de son engagement total et de son refus de la facilité. Le traitement du sujet en est une autre. (...)

    Spielberg affronte l'horreur des exactions nazies, n'occultant jamais les scènes les plus dures - dont l'épuration du ghetto de Cracovie, très éprouvante - tout en maintenant un équilibre de haut vol entre volonté documentaire (filmage au plus près, refus des effets de style cinématographiques) et injections fictionnelles (la fameuse petite fille au manteau rouge, qui sert de point de focalisation à Schindler assistant de loin au massacre). A aucun moment, la réalité historique n'est remise en cause, pas plus que l'insondable horreur de la Shoah, toujours présente dans le film. (...)

    C'est avec autorité et sincérité que le réalisateur, partant à l'encontre des tenants d'une Shoah impossible à représenter autrement que par le biais du documentaire, assume son projet : maintenir vivante la mémoire d'un acte incomparable, d'un moment d'histoire fondamental et bouleversant pour l'humanité toute entière, et surtout sensibiliser les plus jeunes, ou les moins avertis, à ce sujet. Et quel plus beau média qu'un film de fiction, où l'attention est retenue par un récit, signé par le réalisateur le plus célèbre du monde, pour toucher le plus large public possible ? (...)

    Paradoxalement, "La Liste de Schindler" n'est peut-être pas le meilleur film de Spielberg. Mais c'est sûrement son film le plus important, dans sa filmographie comme dans sa vie. Tout ce qu'il a fait avant et après doit être mesuré à l'aune de ce joyau noir et blanc (...)
  • 4
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    Rencontres du troisième type (1977)

    Close Encounters of the Third Kind

    2 h 12 min. Sortie : . Drame et science-fiction.

    Film de Steven Spielberg avec Richard Dreyfuss, François Truffaut, Teri Garr

    Rencontres... est le seul de ses films dont Spielberg a signé seul le scénario (à l'exception d'A.I., mais d'après des notes détaillées de Stanley Kubrick). Rien que pour cela, c'est une curiosité, car il s'avère que le réalisateur, quand il s'en donne la peine - et le temps - est aussi un excellent scénariste. L'histoire avance avec une lenteur étudiée qui donne toute sa force au final (j'y reviendrai) tout en permettant aux différents personnages de s'affirmer, et au spectateur d'accepter le fantastique auquel il va être confronté.

    Sorti en 1977, soit deux ans après le blockbuster horrifique des Dents de la Mer, Rencontres... est un film aux antipodes de ce dernier. Avec une sincérité absolue, non exempte d'une naïveté plus rafraîchissante que puérile, Spielberg y met en scène le ciel et ses mystères pour la première fois. L'idée n'est pas d'obliger les spectateurs à croire aux extra-terrestres, en revanche ils doivent croire sans réserve en leur existence à l'écran, parce que cette dernière véhicule le véritable sujet du film : comment une foi totale dans le rêve et le merveilleux peut amener les gens à changer, à s'éveiller, à faire quelque chose de leur vie. De la même manière que Spielberg, par sa croyance indéfectible dans la magie du cinéma, est devenu ce qu'il est aujourd'hui.

    Outre Richard Dreyfuss, déjà au générique des Dents de la Mer et que Spielberg considère à l'époque comme son alter ego acteur, le casting comporte lui aussi une curiosité en la personne de François Truffaut. Le réalisateur français, très admiré par celui qui le met cette fois en scène, y brille autant par son accent anglais catastrophique que par sa fragilité, l'émotion qu'il dégage. Il offre un contrepoint parfait au rôle de M. Tout-Le-Monde incarné par Dreyfuss.

    Bourré de signes et de symboles, Rencontres... est touchant, très poétique - ce qui ne l'empêche pas d'être d'une grande maestria technique. Les deux aspects convergent lors de la séquence finale, sommet (dans tous les sens du terme) du film, où la fusion presque surnaturelle entre Spielberg et John Williams fait encore des merveilles. En trouvant une combinaison inoubliable de cinq notes (ça a l'air facile, hein ?), le compositeur crée une nouvelle mythologie musicale qui entre directement au Panthéon des grandes partitions du cinéma. Ces cinq notes deviennent au final plus éloquentes que les dialogues, ce qui permet à Spielberg de tout faire passer par l'image et la mise en scène.
    Là où il est le meilleur.
  • 5
    Bande-annonce

    Jurassic Park (1993)

    2 h 07 min. Sortie : . Aventure et science-fiction.

    Film de Steven Spielberg avec Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum

    Bon, vos interrogations sur mon âge mental reprennent de plus belle, j'imagine...

    Alors, oui, j'avoue : j'adore Jurassic Park. Pourtant, il n'est pas exempt de défauts, loin de là : des dialogues parfois approximatifs, des personnages caricaturaux (le méchant traître, l'avocat cupide...), des caractères féminins sabordés, un scénario si simple qu'il en frôle le simplisme...

    Tout ceci est - plus ou moins - vrai, et Jurassic Park se limiterait à un réjouissant nanar s'il ne pouvait compter sur d'autres arguments pour se défendre. A commencer, bien sûr, par les effets spéciaux tout simplement sidérants, qui redonnent vie aux dinosaures comme jamais auparavant - et, bizarrement, comme peu après. Il y a dans ce film une magie unique, qui doit beaucoup encore une fois à l'intelligence économe de Spielberg : pour impressionner, mieux vaut ne pas trop montrer.
    Ainsi doit-on attendre la fin du premier quart du film avant de découvrir enfin un animal en entier - après pourtant un prologue typiquement spielbergien, en ce sens qu'il fonctionne à 100% sans rien dévoiler du monstre en pleine action, comme dans les Dents de la Mer.
    Et, après cette première apparition, il doit bien s'écouler encore une vingtaine de minutes avant de revoir une bestiole - le Triceratops, l'un des chouchous des enfants (le choix n'est pas innocent) -, puis encore quelques minutes avant la suivante : le T-Rex himself. Et là, forcément, tout le monde est à genoux - surtout que la scène est exceptionnelle, d'intensité et de sauvagerie.

    A part ça, il y a tout ce qu'il faut pour que le film fonctionne : des acteurs peu connus du grand public mais qui tiennent leur rôle (Jeff Goldblum est épatant, Richard Attenborough majestueux, Sam Neill complice, et même Laura Dern se sort plutôt bien de son rôle pourtant à fort potentiel potichiste), beaucoup de rythme, un peu d'humour, du suspense, des décors superbes, un John Williams hyper inspiré pour l'une de ses meilleures B.O...

    Et surtout, contrairement à ce que prédisaient ses détracteurs, Jurassic Park est un film qui vieillit bien. Parce que Spielberg a su utiliser la technologie de l'époque à son maximum, mais surtout parce qu'il a avant tout pensé à raconter une histoire. Aussi classique soit-elle, c'est toujours l'histoire qui emporte l'adhésion du public et qui l'embarque dans un film, même vingt ans et des avancées technologiques hallucinantes plus tard.
  • 6
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    Empire du soleil (1987)

    Empire of the Sun

    2 h 33 min. Sortie : . Drame, historique et guerre.

    Film de Steven Spielberg avec Christian Bale, John Malkovich, Miranda Richardson

    C'est sans doute le grand film méconnu de Steven Spielberg. Et pourtant, quelle réussite !

    Pour commencer, il est servi par une interprétation magistrale, à la tête de laquelle on découvre un certain Christian Bale, alors âgé de treize ans. C'est le film qui le révèle, et rien que pour réaliser à quel point ce garçon a le métier d'acteur dans le sang, il faut voir "Empire du Soleil" : il y est vertigineux, tour à tour tête-à-claque, virevoltant, excessif, sobre, émouvant, drôle, inquiétant... Avec Henry Thomas et Drew Barrymore (E.T.), Cary Guffey (Rencontres du Troisième Type), Joseph Mazzello (Jurassic Park), Ke Huy Quan (Indiana Jones et le Temple Maudit) ou Haley Joel Osment (A.I.), il tient une place d'honneur dans la galerie des excellents jeunes acteurs que Spielberg, l'un des meilleurs directeurs d'enfants qui soit, a dirigés.
    Outre Bale, on retrouve ici un John Malkovich des grands jours, et une pléaide d'interprètes moins connus (dont Ben Stiller, tout jeune) mais tous parfaits. Mention spéciale à Joe Pantoliano, second rôle régulier, gueule de cinoche, génial en sous-fifre de Malkovich.

    Côté mise en scène, rien à dire, c'est du grand Steven. "Empire du Soleil" oscille entre très grand spectacle (des scènes de foule hallucinantes dans Shanghai) et un intimisme beaucoup plus subtil, notamment dans la deuxième partie du film, qui se déroule dans un camp de prisonniers. Les plans époustouflants sont de sortie, la caméra fait preuve d'une légèreté et d'une inventivité de tous les instants, les dialogues brillent - à retenir quelques moments vifs et pétillants entre Bale et Malkovich, très complices.

    Adapté d'un roman autobiographique de J.G. Ballard ("Crash"), "Empire du Soleil" permet également à Spielberg d'aborder un type de cinéma plus grave, moins résolument optimiste, comme le suggère le final doux-amer, pas vraiment happy end en dépit des apparences.
    Après "La Couleur pourpre", ce fut une marche indispensable au cinéaste pour s'élever vers le Graal de "La Liste de Schindler", déjà en gestation à l'époque mais que Spielberg s'estimait indigne de mettre en scène à ce moment-là.

    Bref, c'est un film à découvrir !
  • 7
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    Minority Report (2002)

    2 h 25 min. Sortie : . Action, science-fiction et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Tom Cruise, Max von Sydow, Steve Harris

    Côté mise en scène, le réalisateur est à son top, avec de nombreuses scènes d'action ébouriffantes. Mais si la caméra virvevolte ou trouve des angles invraisemblables, c'est toujours au service du récit, jamais pour l'esbroufe, si bien que pour admirer la virtuosité de la réalisation, il faut prendre le temps de s'y arrêter. Sinon, on est juste emporté par l'histoire, au fil d'un suspense haletant, qui ménage temps forts et temps faibles à la perfection.

    Spielberg utilise les ingrédients futuristes de l'intrigue pour questionner, soit notre présent, soit ce qui constitue l'homme d'une manière fondamentale - la marque des meilleurs films du genre. Adapter une nouvelle de Philip K. Dick n'est évidemment pas un choix anodin de ce point de vue, puisque le romancier usait de la S.F. comme d'un outil de réflexion philosophique, souvent subversif.
    Le film est tendu sur une interrogation majeure : qui de l'humain ou de la machine doit l'emporter ? Les deux ne sont-ils pas indéfectiblement liés, le premier mettant du coup en doute la perfection supposée de la seconde ? La réponse de Spielberg à la fin est sans appel.

    Mais il va aussi plus loin en développant une réflexion sur ce qui fait le fondement de son art même : l'image. Doit-on croire aveuglément ce que les images nous racontent ? Un questionnement brûlant, puisque, plus que jamais, les caméras sont partout, au plus près de l'actualité, connectée à celle-ci au point de pouvoir la modifier, la pervertir ou la mettre en doute (voir les polémiques autour du 11 septembre, par exemple).
    Dans cette perspective, les scènes de "montage" d'Anderton sont essentielles, puisqu'on le voit manipuler des images brutes, jetées en vrac devant lui, pour y trouver un sens ; lequel sens est le résultat des choix d'Anderton, non pas d'une vérité absolue.

    Pour incarner ces réflexions, le casting est à l'unisson, de Tom Cruise, impeccable en "Action Man" (c'est la moindre des choses puisque c'est son fond de commerce), mais aussi assez crédible en père blessé.
    A ses côtés, Colin Farrell joue les têtes à claque avec un plaisir manifeste ; Peter Stormare offre des scènes de comédie macabre réjouissantes ; Max Von Sydow a la classe, comme d'habitude ; et Samantha Morton, en Precog, est touchante de fragilité et de détermination.

    Une réserve : le happy end, d'une nunucherie béate et exaspérante, qui contrecarre la noirceur globale du film. Un tic spielbergien qui coûte à "Minority Report" quelques places dans mon classement.
  • 8
    Bande-annonce

    Les Aventuriers de l'arche perdue (1981)

    Raiders of the Lost Ark

    1 h 55 min. Sortie : . Action et aventure.

    Film de Steven Spielberg avec Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman

    Dans la série, difficile pour moi de départager le premier et le troisième opus, c'est pourquoi ils se suivent dans ce classement.

    Honneur néanmoins au premier, parce qu'il lance la série à la perfection, avec tous les ingrédients qui feront son succès : un héros emblématique, aventurier tête brûlée et universitaire, séducteur et goujat, ici présenté d'une manière magistrale (le prologue, époustouflant) ; d'excellents personnages secondaires, gentils (Marcus Brody, Sallah) ou méchants (Belloq, Toht), sans oublier Marion Ravenwood, la meilleure des Indy Girls ; des voyages à travers le monde ; des bestioles aussi répugnantes que dangereuses ; un objet mythique (l'Arche d'Alliance) et un fond historique prédominant (avec les Nazis comme grands méchants) ; beaucoup d'humour et énormément d'action.

    Que dire d'autre ? C'est du bonheur en celluloïd, dont il est impossible de se lasser. Détente et rire assurés !
  • 9
    Bande-annonce

    Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989)

    Indiana Jones and the Last Crusade

    2 h 07 min. Sortie : . Action et aventure.

    Film de Steven Spielberg avec Harrison Ford, Sean Connery, Denholm Elliott

    Pour le troisième film de la série, reprenez ce que j'ai écrit ci-dessus, remplacez l'Arche d'Alliance par le Graal, ajoutez l'épatant Sean Connery en Jones Senior, saupoudrez le tout d'encore plus d'humour, et vous avez tout bon !

    Suivant les moments, c'est d'ailleurs souvent mon préféré de la série, parce que l'alchimie entre Harrison Ford et Sean Connery atteint des sommets de drôlerie et de complicité. Cependant, certains effets spéciaux laissent à désirer (la chute du tank depuis la falaise), et la Indy Girl est plus prévisible, moins intéressante que Marion. Mais ce sont des réserves mineures, qui ne gâchent en rien l'efficacité du film.
  • 10
    Bande-annonce

    Duel (1971)

    1 h 30 min. Sortie : . Action, thriller et road movie.

    Téléfilm de Steven Spielberg avec Dennis Weaver, Jacqueline Scott, Eddie Firestone

    Séances de cinéma (1 salle)
    Bien qu'il ait été tourné pour la télévision, comme tout ce que faisait le très jeune Steven à l'époque, "Duel" doit être considéré comme son premier "vrai" film. D'abord parce qu'il a fini par sortir au cinéma (et par aller rafler le Grand Prix de la première édition du festival du film fantastique d'Avoriaz). Ensuite et surtout pour ses qualités cinématographiques évidentes, bien loin des canons du petit écran, surtout pour l'époque.
    Alors âgé d'à peine 25 ans, Spielberg y fait étalage de son sens inné du rythme et de la mise en scène - une démonstration qui ne doit alors rien à l'expérience, encore moins à un coup de hasard, mais bien à un véritable génie de la réalisation.

    Sur une ligne scénaristique extrêmement mince (un camion fou poursuit une voiture dans le désert californien), Spielberg accroche le spectateur dès la première rencontre entre les deux protagonistes mécaniques pour ne plus le lâcher jusqu'à la fin. Ménageant quelques moments de pause sur la route, il glisse avec habileté des temps plus faibles (encore que, même pendant ces arrêts, la tension ne faiblit pas) pour mieux nous scotcher avec des temps forts implacables, comme autant de pics d'angoisse qui convoquent notamment un bus scolaire, un train, une cabine téléphonique et quelques autres conducteurs...

    La réussite du film doit aussi beaucoup à son interprète principal, Dennis Weaver, premier dans la longue série des "Monsieur-Tout-le-monde" chers à Spielberg. Jamais héroïque, il joue à merveille l'incompréhension, la peur, l'angoisse, la colère, les sentiments contrastés d'un type lambda qui dialogue avec sa radio, se dispute avec sa femme au téléphone, et n'est donc pas du tout préparé à affronter la furie mécanique d'un camion dont le chauffeur restera sans visage (et sans motivation explicite) jusqu'au dénouement.

    Gourmandise de mise en scène virtuose et suspense époustouflant, "Duel" est incontestablement un film à voir !
  • 11
    Bande-annonce

    Il faut sauver le soldat Ryan (1998)

    Saving Private Ryan

    2 h 49 min. Sortie : . Guerre.

    Film de Steven Spielberg avec Tom Hanks, Tom Sizemore, Edward Burns

    Depuis sa sortie, il est convenu de réduire ce film à sa scène d'ouverture ; pas à son prologue - on y reviendra -, mais à l'énorme morceau de bravoure qui suit, à savoir la reconstitution sidérante du débarquement des Alliés sur Omaha Beach, le 6 juin 1944. Et il est tout aussi convenu d'ajouter que passée cette séquence, le film tire en longueur et ne présente plus aucun intérêt.
    Je ne suis évidemment pas d'accord avec cette assertion, qui reflète plus une paresse intellectuelle généralisée qu'une analyse approfondie de "Ryan". Oui, la scène du débarquement est magistrale, monstrueuse, effarante de réalisme et de violence ; pensée, filmée et montée avec une maestria qui justifiait à elle l'Oscar de meilleur réalisateur glané par Spielberg grâce à ce long métrage.

    Rien à ajouter à ce sujet ; mais la suite du film, un long ennui ? Oh que non. Outre qu'il développe avec empathie et profondeur la question de l'absurdité de la guerre et des ordres militaires, le reste de l'histoire ne manque pas de rebondissements ni de morceaux de bravoure. Je trouve même la bataille finale encore plus rude et impressionnante que celle du Débarquement, parce qu'elle est plus inattendue, et aussi parce que Spielberg y fait montre d'une sauvagerie et d'une cruauté bien supérieures, sans pitié pour ses héros - car ainsi va la guerre, qui ne saurait épargner ses acteurs simplement parce que nous avons eu le temps de nous attacher à eux.
    Héros d'ailleurs fort bien incarnés par un casting d'une sobriété et d'une puissance exemplaires, en particulier Tom Sizemore, génial en second hâbleur d'un Tom Hanks très solide, fidèle à son image de Monsieur-Tout-Le-Monde capable de se sublimer lorsqu'il est confronté à une situation hors du commun.

    Des restrictions, j'en ai néanmoins, à commencer par le prologue et l'épilogue, qui se répondent et n'étaient franchement pas indispensables, sinon pour envoyer un message balourd sur la force du sacrifice de ces milliers d'inconnus venus mourir sur les plages ou dans les campagnes françaises par pure dévotion pour la grande idée de Liberté.
    Dépourvu de ce double artifice en miroir, le film aurait encore gagné en puissance et par conséquent perdu en sentimentalisme spielbergien. Dommage, car on reste un peu sur cette dernière impression dégoulinante. Mais "Ryan" reste un film à voir, jalon essentiel dans l'histoire du film de guerre, ainsi que dans celle du réalisme au cinéma.
  • 12
    Bande-annonce

    A.I. Intelligence Artificielle (2001)

    A.I. Artificial Intelligence

    2 h 26 min. Sortie : . Science-fiction.

    Film de Steven Spielberg avec Haley Joel Osment, Jude Law, Frances O'Connor

  • 13
    Bande-annonce

    La Guerre des mondes (2005)

    War of the Worlds

    1 h 56 min. Sortie : . Aventure, science-fiction, thriller et catastrophe.

    Film de Steven Spielberg avec Tom Cruise, Dakota Fanning, Miranda Otto

  • 14
    Bande-annonce

    Ready Player One (2018)

    2 h 20 min. Sortie : . Science-fiction, action et aventure.

    Film de Steven Spielberg avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn

  • 15
    Bande-annonce

    Arrête-moi si tu peux (2002)

    Catch Me if You Can

    2 h 21 min. Sortie : . Biopic, comédie, policier, drame et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Leonardo DiCaprio, Tom Hanks, Christopher Walken

  • 16
    Bande-annonce

    Munich (2005)

    2 h 44 min. Sortie : . Drame, historique et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Eric Bana, Daniel Craig, Ciarán Hinds

  • 17
    Bande-annonce

    Pentagon Papers (2018)

    The Post

    1 h 56 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Meryl Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson

    Séances de cinéma (1 salle)
  • 18
    Bande-annonce

    Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (2011)

    The Adventures of Tintin : The Secret of the Unicorn

    1 h 47 min. Sortie : . Aventure et animation.

    Long-métrage d'animation de Steven Spielberg avec Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig

  • 19
    Bande-annonce

    Lincoln (2012)

    2 h 30 min. Sortie : . Biopic.

    Film de Steven Spielberg avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn

  • 20
    Bande-annonce

    Le Pont des espions (2015)

    Bridge of Spies

    2 h 21 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Tom Hanks, Mark Rylance, Scott Shepherd

  • 21
    Bande-annonce

    Le Monde Perdu : Jurassic Park (1997)

    The Lost World: Jurassic Park

    2 h 09 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Steven Spielberg avec Jeff Goldblum, Julianne Moore, Pete Postlethwaite

    Le retour des grosses quenottes du Crétacé (oui, parce que la plupart des bébêtes qui hantent la série sont de cette époque et non du Jurassique... mais on s'en fout, parce que franchement, "Crétacé Park", ça ne le fait pas pareil) a quelques belles qualités, plombées par de vilains défauts qui le rendent moins réussi et moins attachant que le premier opus.

    Commençons par les scories, ce sera fait. Première catastrophe : le personnage de la fille de Ian Malcolm (Jeff Goldblum), qui s'inscruste dans l'histoire comme un bouton d'acné purulent sur le visage d'un adolescent. Bon, elle est noire, lui est blanc, c'est un bel éloge de l'adoption multiraciale, très bien ; mais à part ça ? Tonton Steven ressasse sa thématique marronnière de la relation parent-enfant - rien d'original -, avec une surcouche écœurante d'instinct parental - Papa fera tout pour protéger Fifille, tiens, regarde, comme les tyrannosaures adultes, s'ils attaquent les humains c'est parce qu'ils ont kidnappé leur bébé... eurk -, qui constitue l'une des deux lignes dramatiques majeures de la première partie du film.
    Ah, oui, j'oubliais le meilleur : la gamine est aussi une gymnaste experte, ce qui nous vaut la scène la plus grotesque du long métrage : une cabriole digne d'une médaille d'or aux J.O. pour... assommer un Vélociraptor. Hmpfff...

    Autre point faible : un scénario réduit à sa plus simple expression, et surtout une histoire déséquilibrée. Après une introduction qui nous permet de revoir Richard "John Hammond" Attenborough (ça fait plaisir), la première partie du film se limite à une double opération de sauvetage, celle de la compagne de Malcolm (Julianne Moore, quelconque) puis de sa fille - et par extension, de tous les humains qui, à la suite d'un sabotage, se retrouvent piégés sur l'île, qu'ils doivent traverser pour gagner un ancien centre de contrôle d'où ils pourront appeler des secours. Voilà, l'intrigue, c'est réglé - et à partir de là, Spielberg s'amuse avec les codes du film d'horreur, rythmant la longue marche du "festin ambulant" de scènes aussi cruelles que "fun". (...)
  • 22
    Bande-annonce

    Indiana Jones et le Temple maudit (1984)

    Indiana Jones and the Temple of Doom

    1 h 58 min. Sortie : . Action et aventure.

    Film de Steven Spielberg avec Harrison Ford, Kate Capshaw, Jonathan Ke Quan

  • 23
    Bande-annonce

    1941 (1979)

    1 h 58 min. Sortie : . Action, comédie, drame, romance et guerre.

    Film de Steven Spielberg avec Dan Aykroyd, Ned Beatty, John Belushi

  • 24
    Bande-annonce

    Sugarland Express (1974)

    The Sugarland Express

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie, policier, drame et road movie.

    Film de Steven Spielberg avec Goldie Hawn, Ben Johnson, Michael Sacks

  • 25
    Bande-annonce

    Le Terminal (2004)

    The Terminal

    2 h 08 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Steven Spielberg avec Tom Hanks, Catherine Zeta-Jones, Stanley Tucci

  • 26

    Always - Pour toujours (1989)

    Always

    2 h 02 min. Sortie : . Fantastique et romance.

    Film de Steven Spielberg avec Richard Dreyfuss, Holly Hunter, Brad Johnson

  • 27
    Bande-annonce

    La Couleur pourpre (1985)

    The Color Purple

    2 h 34 min. Sortie : . Drame.

    Film de Steven Spielberg avec Danny Glover, Whoopi Goldberg, Margaret Avery

  • 28
    Bande-annonce

    Amistad (1997)

    2 h 35 min. Sortie : . Historique.

    Film de Steven Spielberg avec Morgan Freeman, Nigel Hawthorne, Anthony Hopkins

  • 29
    Bande-annonce

    Hook ou la Revanche du capitaine Crochet (1991)

    Hook

    2 h 24 min. Sortie : . Aventure, fantastique et comédie.

    Film de Steven Spielberg avec Robin Williams, Dustin Hoffman, Julia Roberts

  • 30
    Bande-annonce

    Cheval de guerre (2011)

    War Horse

    2 h 26 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Steven Spielberg avec Jeremy Irvine, Peter Mullan, Emily Watson

    J'ai un peu de mal à comprendre l'emphase critique qui a salué la sortie de ce film pompier, caricatural et globalement antipathique. Oui, antipathique - parce que s'y accumulent un bon nombre des clichés que les critiques ont reproché à Spielberg, parfois injustement, au fil de sa carrière, et qu'ils considèrent aujourd'hui comme autant de merveilles : mise en scène grandiloquente aux effets appuyés (les couchers de soleil flamboyants sur fond de campagne anglaise... eurk !!!), bons sentiments dégoulinant tous les cinq minutes de séquences prévisibles et souvent interminables, happy ending à la limite du grotesque...

    Certes, et comme souvent chez Spielberg, il y a d'autres moments impressionnants qui, sans sauver l'ensemble, permettent de sortir de la salle sans avoir trop l'impression d'avoir perdu son temps. Citée par tout le monde, la séquence de fuite du cheval dans les tranchées, son enfermement dans les barbelés et sa libération par deux soldats ennemis fraternisant pour l'occasion, est effectivement magnifique.

    Mais pour le reste, quel ennui, et que c'est lourd ! Voir par exemple les passages avec Niels Arestrup en paysan français (parlant anglais avec l'accent français... va comprendre) qui assène à sa petite-fille des leçons de vie d'une mièvrerie indigne de son talent... Ou la plupart des scènes du début, où Peter Mullan et David Thewlis sauvent l'honneur tandis que le jeune Jeremy Irvine s'embourbe dans du gnangnan indigeste...

    Bizarrement, "Cheval de guerre" est aussi un film assez pessimiste, où tous les hommes qui approchent Joey, le héros chevalin, ont une fâcheuse tendance à avoir des ennuis, voire à finir mal.
    Seul héros présent tout au long de l'histoire, le canasson n'a pas suscité chez moi autant d'empathie qu'aurait pu le faire un héros humain bien campé. Mon manque de passion pour les chevaux y est sûrement pour quelque chose - mais pas que...

    Bref, cet opus lourdingue ne m'a ni marqué, ni séduit, et s'il n'y avait pas l'infect Indiana Jones IV, ce serait pour moi son moins bon film, et de loin.
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