La Femme à travers la littérature du XIXème siècle

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99 livres

par Aurea

Stendhal, Balzac, Zola, Flaubert, Hugo, Maupassant Charlotte Brontë, Barbey D'aurevilly, Lamartine Mérimée, Musset, Vigny, Baudelaire ou George Sand, tous nous donnent une image de la femme au travers de personnages issus de toutes les classes sociales, miroirs d'une société en pleine mutation reflétant la place et le rôle qu'y tiennent les femmes

Et merci pour leurs belles propositions à Nushku, Reno, JuDedalus, Ano, Sacha, Jackal, Kalimera, pripri, AttibaoulGounyo, Rawi, BlueMoon, Gaux-Mar, Surestimé, Theloma, BibliOrnitho, Elouan, OVBC, Plume231, OVBC, Sabri Collignon, Marthe_S, Plume231, siberiefleuveamour, fleurblanche, No_Hell, Mr-Fox (Ziran)

Image de couverture : Orgueil et Préjugés

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  • Les Misérables (1862)

    Sortie : 1862. Roman.

    Livre de Victor Hugo

    "Cosette était laide. Heureuse, elle eût peut-être été jolie. Nous avons déjà esquissé cette petite figure sombre. Cosette était maigre et blême. Elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peine six. Ses grands yeux enfoncés dans une sorte d'ombre profonde étaient presque éteints à force d'avoir pleuré. Les coins de sa bouche avaient cette courbe de l'angoisse habituelle, qu'on observe chez les condamnés et chez les malades désespérés."
  • Les confidences, Graziella (1852)

    Sortie : 1852. Roman.

    Livre de Alphonse De Lamartine

    "Pauvre Graziella ! Bien des jours ont passé depuis ces jours. J'ai aimé, j'ai été aimé. D'autres rayons de beauté et de tendresse ont illuminé ma sombre route. D'autres âmes se sont ouvertes à moi pour me révéler dans des cœurs de femmes les plus mystérieux trésors de beauté, de sainteté, de pureté, que Dieu ait animés sur cette terre, afin de nous faire comprendre, pressentir et désirer le ciel. Mais rien n'a terni ta première apparition dans mon cœur."
  • Carmen (1847)

    Sortie : 1847. Nouvelle.

    Livre de Prosper Mérimée

    "Le personnage de Carmen fascine, belle et surtout parfaitement libre elle mène sa vie uniquement selon ses désirs quel qu'en soit le prix à payer. La rencontre de ces deux personnalités fortes finit mal, mais qu'elle est bien écrite ! Accompagner Don José à la poursuite de l'insaisissable gitane fut un grand moment de bonheur, bonheur retrouvé à chaque relecture. La peinture de l'Espagne et de la communauté gitane du dix neuvième siècle donne un caractère documentaire et exotique à l'histoire."
  • Colomba (1840)

    Sortie : 1840. Nouvelle.

    Livre de Prosper Mérimée

    "« Elle paraissait avoir une vingtaine d’années. Elle était grande, blanche, les yeux bleu foncé, la bouche rose, les dents comme de l’émail. Dans son expression on lisait à la fois l’orgueil, l’inquiétude et la tristesse. »

    Elle est vêtue selon la coutume de sa région et arbore fièrement son identité corse. On peut d’ailleurs le constater lors des veillées funéraires, lorsqu’elle chante la ballata, en l’honneur des morts."
  • Adolphe (1816)

    Sortie : 1816. Roman.

    Livre de Benjamin Constant

    "Ellénore est amoureuse d'Adolphe. C'est une des plus belles figures féminines de la littérature. Elle est de noble extraction, d'origine polonaise. La critique constantienne a pu retrouver en elle la transposition littéraire d'Anna Lindsay, une belle anglaise avec laquelle Constant a eu une courte aventure. Nul doute que Madame de Staël a également inspiré la composition du personnage. On peut voir en Ellénore le personnage romantique d'une victime de la passion."
  • Il ne faut jurer de rien (1836)

    Sortie : 1836. Théâtre.

    Livre de Alfred de Musset

    Pièce de théâtre écrite en 1836

    "Cécile est la fille de La Baronne de Mantes, elle est promise à Valentin. "De la Cécile des Liaisons dangereuses de Laclos , elle a la fraîcheur sans la naïveté ni le goût pour les plaisirs libertins". À l'opposé du dandy qu'est Valentin, elle préfère le langage simple et la sincérité."
  • Les filles du feu (1854)

    Sortie : 1854. Roman et nouvelle.

    Livre de Gérard de Nerval

    "Sylvie : la construction de cette brève nouvelle est très habile, ménageant des ponts incessants entre le passé et le présent. Les thèmes chers à Nerval s'y déploient avec une étonnante concentration : le pouvoir rédempteur de la Femme, assimilée à la Mère trop tôt perdue; les charmes d'une province oubliée par le temps, parsemée de châteaux magiques et de bois profonds hantés du souvenir de Jean-Jacques Rousseau, qui passa là ses dernières années; les sortilèges du rêve enfin, et de la mémoire."
  • Chatterton (1835)

    Sortie : 1835. Théâtre.

    Livre de Alfred De Vigny

    "Il faut souligner le rôle de la femme dans cette œuvre. Le jeune poète est, en effet aimé par une créature angélique. C'est elle qui permet à Chatterton de devenir un vrai poète. La société l'emporte, et empêche le couple de s'unir. Il s'agit donc d'une pièce à la fois sentimentale et très intellectuelle" .
  • Le Spleen de Paris (1869)

    Sortie : 1869. Poésie.

    Livre de Charles Baudelaire

    "Cependant Dorothée, forte et fière comme le soleil, s'avance dans la rue déserte, seule vivante à cette heure sous l'immense azur, et faisant sur la lumière une tache éclatante et noire.
    Elle s'avance, balançant mollement son torse si mince sur ses hanches si larges. Sa robe de soie collante, d'un ton clair et rose, tranche vivement sur les ténèbres de sa peau et moule exactement sa taille longue, son dos creux et sa gorge pointue."

    "La belle Dorothée" inspiré par Jeanne Duval
  • Les Fleurs du mal (1857)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Charles Baudelaire

    Le Serpent

    Ses yeux polis sont faits de minéraux charmants,
    Et dans cette nature étrange et symbolique
    Où l'ange inviolé se mêle au sphinx antique,

    Où tout n'est qu'or, acier, lumière et diamants,
    Resplendit à jamais, comme un astre inutile,
    La froide majesté de la femme stérile.
  • Mademoiselle de Maupin (1835)

    Sortie : novembre 1835. Roman.

    Livre de Théophile Gautier

    "Je n'ai donc pas encore eu de maîtresse, et tout mon désir est d'en avoir une. – C'est une idée qui me tracasse singulièrement ; ce n'est pas effervescence de tempérament, bouillon du sang, premier épanouissement de puberté. Ce n'est pas la femme que je veux, c'est une femme, une maîtresse ; je la veux, je l'aurai, et d'ici à peu"
  • La morte amoureuse (1836)

    Sortie : 1836.

    Livre de Théophile Gautier

    "Oh ! comme elle était belle ! Les plus grands peintres, lorsque, poursuivant dans le ciel la beauté idéale, ils ont rapporté sur la terre le divin portrait de la Madone, n'approchent même pas de cette fabuleuse réalité. Ni les vers du poète ni la palette du peintre n'en peuvent donner une idée. Elle était assez grande, avec une taille et un port de déesse ; ses cheveux, d'un blond doux, se séparaient sur le haut de sa tête et coulaient sur ses tempes comme deux fleuves d'or ; on aurait dit une reine avec son diadème ; son front, dune blancheur bleuâtre et transparente, s'étendait large et serein sur les arcs de deux cils presque bruns, singularité qui ajoutait encore à l'effet de prunelles vert de mer d'une vivacité et d'un éclat insoutenables."
  • Emaux et Camées (1852)

    Sortie : 1852. Poésie.

    Livre de Théophile Gautier

    A son corps, en vain retenue,
    Sur l'aile de la passion,
    Mon âme vole à cette nue
    Et l'embrasse comme Ixion.

    La raison dit : " Vague fumée,
    Où l'on croit voir ce qu'on rêva,
    Ombre au gré du vent déformée,
    Bulle qui crève et qui s'en va ? "

    Le sentiment répond : " Qu'importe !
    Qu'est-ce après tout que la beauté,
    Spectre charmant qu'un souffle emporte
    Et qui n'est rien, ayant été !

    " A l'Idéal ouvre ton âme ;
    Mets dans ton coeur beaucoup de ciel,
    Aime une nue, aime une femme,
  • La Vénus à la fourrure (1870)

    Sortie : 1870. Roman.

    Livre de Leopold Von Sacher-Masoch

    1870
    "Je crois dit-elle que pour subjuguer à jamais un homme, on doit, avant tout, oser lui être infidèle. Quelle honnête femme est aussi adorée qu'une hétaïre ? voilà la première conclusion que tire Wanda, jeune femme rousse, rencontre fortuite de l'oncle du narrateur, Séverine, qui deviendra moins la maîtresse de celui-ci que ce dernier son esclave.
    "- Pour cela tu pourrais ... - elle sourit malicieusement - l'ai-je deviné ?
    - Être ton esclave, m'écriai-je, ta propriété absolue et sans volonté"
  • Poésies (1899)

    Sortie : 1899. Poésie.

    Livre de Stéphane Mallarmé

    Angoisse

    "Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
    En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
    Dans tes cheveux impurs une triste tempête
    Sous l'incurable ennui que verse mon baiser :

    Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
    Planant sous les rideaux inconnus du remords,
    Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
    Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.

    Car le Vice, rongeant ma native noblesse
    M'a comme toi marqué de sa stérilité.."
  • Les Hauts de Hurlevent (1847)

    Wuthering Heights

    Sortie : 1847. Roman.

    Livre de Emily Brontë

    Le personnage de Catherine, passionnée et torturée

    "Mes grandes souffrances dans ce monde ont été les souffrances de Heathcliff, je les ai toutes guettées et ressenties dès leur origine. Ma grande raison de vivre, c'est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d'exister ; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l'univers me deviendrait complètement étranger, je n'aurais plus l'air d'en faire partie.

    Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l'hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff ! Il est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être."
  • Orgueil et Préjugés (1813)

    Pride and Prejudice

    Sortie : 1813. Roman.

    Livre de Jane Austen

    Elizabeth Bennet

    "Deuxième d'une famille de cinq filles, affligée d'une mère sotte qui ne l'aime pas et d'un père qui l'apprécie mais se dérobe à ses responsabilités,

    Elizabeth Bennet est gaie, intelligente et spirituelle. Elle observe d'un œil ironique la société étriquée et conformiste dans laquelle elle vit, celle de la petite gentry campagnarde de l'Angleterre georgienne. Alors qu'à cette époque et dans son milieu le mariage de convenance est encore la norme pour une femme de la bonne société, elle ne peut envisager pour elle-même, malgré son manque de fortune, qu'un mariage d'amour."
  • Eugénie Grandet (1834)

    Sortie : 1834. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    "Eugénie Grandet, jeune héritière, est prisonnière d'un père avare et despotique capable de sacrifier sa vie, et celle de sa fille, à la soif de l'or.

    Les illusions se heurtent ici à un monde féroce où l'argent ruine tout. Récit de l'obsession d'un homme et de la fidélité d'une femme, ce roman est aussi le portrait d'une petite ville de province où les puissants règnent en maîtres. Eugénie et son père, décrits avec délicatesse et pénétration, sont parmi les personnages les plus frappants de La Comédie humaine."
  • Anna Karénine (1877)

    Анна Каренина

    Sortie : 1877. Roman.

    Livre de Léon Tolstoï

    "Anna est une belle femme brune aux formes amples, au visage frais et souriant, au regard animé. Simple et franche, elle est énergique et décidée et heureusement dotée par la nature d’une grâce, d’une élégance et d’un charme qui lui donnent une grande séduction. Mariée à un haut fonctionnaire carriériste, Alexis Alexandrovitch Karénine, avec qui elle a un fils de 8 ans nommé Serge, Anna appartient à la haute société péterbourgeoise. Mais on devine chez Anna une sorte de feu qui couve, une insatisfaction, comme si elle n’avait pas encore eu l’occasion de s’épanouir."
  • Le Comte de Monte-Cristo (1844)

    Sortie : 1844. Roman.

    Livre de Alexandre Dumas

    "-Mercédès, répéta Monte-Cristo, Mercédès ! Eh bien ! oui, vous avez raison, ce nom m'est doux encore à prononcer, et voilà la première fois, depuis bien longtemps, qu'il retentit si clairement au sortir de mes lèvres. O Mercédès, votre nom, je l'ai prononcé avec les soupirs de la mélancolie, avec les gémissements de la douleur, avec le râle du désespoir ; je l'ai prononcé, glacé par le froid, accroupi sur la paille de mon cachot ; je l'ai prononcé, dévoré par la chaleur, en me roulant sur les dalles de ma prison. Mercédès, il faut que je me venge, car quatorze ans j'ai souffert, quatorze ans j'ai pleuré, j'ai maudit ; maintenant, je vous le dis, Mercédès, il faut que je me venge. »
  • La Dame de Monsoreau (1846)

    Sortie : 1846. Roman.

    Livre de Alexandre Dumas

    "Tout à coup la femme du portrait sembla se détacher du cadre, et une adorable créature, vêtue d’une longue robe de laine blanche, comme celle que portent les anges, avec des cheveux blonds tombant sur ses épaules, avec des yeux noirs comme du jais, avec de longs cils veloutés, avec une peau sous laquelle il semblait qu’on pût voir circuler le sang qui la teintait de rose, s’avança vers lui.

    Cette femme était si prodigieusement belle, ses bras étendus étaient si attrayants, que Bussy fit un violent effort pour aller se jeter à ses pieds. Mais il semblait retenu à son lit par des liens pareils à ceux qui retiennent le cadavre au tombeau, tandis que, dédaigneuse de la terre, l’âme immatérielle monte au ciel."
  • La Dame aux camélias (1848)

    Sortie : 1848. Roman.

    Livre de Alexandre Dumas fils

    Marguerite Gautier ancienne lingère devenue une courtisane

    « .. aimez moi comme un bon ami, mais pas autrement. Venez me voir, nous rirons, nous causerons; mais ne vous exagérez pas ce que je vaux, car je ne vaux pas grand chose. Vous avez un bon cœur, vous avez besoin d'être aimé; vous êtes trop jeune et trop sensible pour vivre dans notre monde; aimez une autre femme ou mariez-vous…».
  • Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut (1753)

    Sortie : 1753. Roman.

    Livre de Antoine François Prévost

    "Au début du roman de L’Abbé Prévost, le personnage de Manon Lescaut est décrit d’une manière paradoxale. Il s’agit d’une « fille de joie », c’est à dire, une jeune prostituée. Néanmoins, le narrateur nous la présente à travers des yeux d’un aristocrate, le jeune Chevalier des Grieux, comme une belle demoiselle.

    D’après la première rencontre avec Manon, le lecteur s’informe de la puissance de la beauté de cette fille, celle-ci est si forte, que elle capture l’attention du Chevalier sur-le-champ. Malgré sa condition sociale, cette origine vile, son charme gagne l’aristocrate."
  • Aphrodite (1896)

    Aphrodite - Moeurs antiques

    Sortie : 1896. Roman.

    Livre de Pierre Louÿs

    Démétrios et Chrysis...

    "Leur première étreinte avant l'amour est immédiatement si parfaite, si harmonieuse, qu'ils la gardent immobile, pour en connaître pleinement la multiple volupté. Un des seins de Chrysis se moule sous le bras qui l'accole avec force. Une de ses cuisses est brûlante entre deux jambes resserrées, et l'autre, ramenée par-dessus, se fait pesante et s'élargit. Ils restent ainsi sans mouvement, liés ensemble mais non pénétrés, dans l'exaltation croissante d'un inflexible désir qu'ils ne veulent pas satisfaire. Leurs bouches seules, d'abord, se sont prises. Ils s'enivrent l'un de l'autre en affrontant sans les guérir leurs virginités douloureuses."
  • La Femme et le Pantin (1898)

    Sortie : 1898. Roman.

    Livre de Pierre Louÿs

    "On sentait que même en lui voilant le visage on pouvait deviner sa pensée et qu'elle souriait avec les jambes comme elle parlait avec le torse. Seules les femmes que les longs hivers du Nord n'immobilisent pas près du feu, ont cette grâce et cette liberté. - Ses cheveux n'étaient que châtain foncé ; mais à distance, ils brillaient presque noirs en recouvrant la nuque de leur conque épaisse. Ses joues, d'une extrême douceur de contour semblaient poudrées de cette fleur délicate qui embrume la peau des créoles. Le mince bord de ses paupières était naturellement sombre."
  • Une volupté nouvelle (1899)

    Sortie : 1899. Roman.

    Livre de Pierre Louÿs

    "Sa robe était de soie vert d’eau, ornée de gigantesques iris tissés avec la robe elle-même et dont les tiges montaient en fusées le long du corps jusqu’à un décolletage carré qui montrait nu le bout des seins. Elle portait à chaque bras un petit serpent d’or aux yeux d’émeraude. Un collier de grosses perles à deux rangs brillait sur sa peau foncée, en marquant la naissance du cou qui était mobile et arrondi."
  • Les Frères Karamazov (1880)

    Братья Карамазовы (Brat'ya Karamazovy)

    Sortie : 1880. Roman.

    Livre de Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski

    Portrait de Grouchenka

    "Il y avait encore en elle un je ne sais quoi dont il n’aurait pu ou su rendre compte, mais qu’il sentait peut-être inconsciemment, cette mollesse des mouvements, cette légèreté féline de son corps, pourtant puissant et gras. Son châle dessinait des épaules pleines, une ferme poitrine de toute jeune femme.
    Ce corps promettait peut-être les formes de la Vénus de Milo, mais dans des proportions que l’on devinait quelque peu outrées. En examinant Grouchegnka, des connaisseurs de la beauté russe auraient prédit avec certitude qu’à l’approche de la trentaine, cette beauté si fraîche encore perdrait son harmonie ; le visage s’empâterait ; des rides se formeraient rapidement sur le front et autour des yeux ; le teint se flétrirait, s’empourprerait peut-être ; bref, c’était la beauté du diable, beauté éphémère, si fréquente chez la femme russe."
  • La douce (1876)

    Кроткая (Krotkaïa)

    Sortie : 1876. Récit.

    Livre de Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski

    "Oh, je me rappelle, je me rappelle tout ! Et, je veux le dire, elle avait cette jeunesse, cette jeunesse charmante qui, lorsqu’elle exprime une idée intelligente, profonde, laisse transparaître sur le visage un éclair de conviction naïve et sincère, et semble dire : voyez comme je comprends et pénètre en ce moment.

    Et on ne peut pas dire que ce soit là de la fatuité, comme la nôtre, c’est le cas qu’elle fait elle-même de l’idée conçue, l’estime qu’elle a pour cette idée, la sincérité de la conviction, et elle pense que vous devez estimer cette idée au même degré. Oh la sincérité ! C’est par là qu’on subjugue. Et que c’était exquis chez elle !"
  • Agnès Grey (1847)

    Sortie : décembre 1847. Roman.

    Livre de Anne Brontë

    "Le roman raconte l'histoire d'Agnès Grey, fille du pasteur d'un village du nord de l'Angleterre. Ses parents ayant subi un revers de fortune, Agnès décide de les aider financièrement en occupant l'un des rares emplois permis aux femmes respectables au début de l'ère victorienne : elle devient gouvernante d'enfants de riches.

    Elle travaille dans deux familles, les Bloomfield et les Murray, et doit bientôt faire face à l'indiscipline des enfants gâtés. Elle s'aperçoit aussi que, dans cette riche bourgeoisie terrienne, l'argent et le statut détruisent les valeurs sociales et morales."
  • Poèmes saturniens (1866)

    Sortie : 1866. Poésie.

    Livre de Paul Verlaine

    Femme et chatte

    Elle jouait avec sa chatte,
    Et c'était merveille de voir
    La main blanche et la blanche patte
    S'ébattre dans l'ombre du soir.

    Elle cachait - la scélérate ! -
    Sous ces mitaines de fil noir
    Ses meurtriers ongles d'agate,
    Coupants et clairs comme un rasoir.

    L'autre aussi faisait la sucrée
    Et rentrait sa griffe acérée,
    Mais le diable n'y perdait rien...
    Et dans le boudoir où, sonore,
    Tintait son rire aérien,
    Brillaient quatre points de phosphore.