La Shoah : approches filmiques

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153 films

par PiotrAakoun

On s'est beaucoup interrogé sur la représentation de l'extermination des juifs dans les films. Chaque réalisateur apportant sa propre vision, le tout forme une gigantesque mosaïque nous obligeant à nous interroger sur les inévitables vides qu'elle peut contenir. J'introduirais également dans cette liste les rares films sur le génocide des roms (Porajmos), des handicapés mentaux (Aktion T4) et des homosexuels.

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  • Hitler, le règne de la terreur (1934)

    Hitler's Reign of Terror

    Sortie : 1934.

    Documentaire de Michael Mindlin avec Edwin C. Hill

    1934 - Documentaire

    L'unique copie de "Hitler, le règne de la terreur", qui montre des actions antisémites dès 1933, a été redécouverte et restaurée par la cinémathèque de Bruxelles en 2013. Ce film indépendant est considéré comme ayant été le premier film américain anti-nazi.

    Ce film documentaire réalisé par Cornelius Vanderbilt IV et Michael Mindlin nous montre au début des années 1930, l'apprenti journaliste Vanderbilt parcourant l'Europe et se retrouvant à Berlin le 5 mars 1933, le jour où le parti nazi remporte les élections législatives. Il filme la foule des partisans d'Adolf Hitler en liesse, les défilés des troupes, mais aussi la fuite de juifs pris à partie. On y voit les Juifs maltraités et leurs livres brulés par les nazis.
  • Hitler - Beast of Berlin (1939)

    1 h 27 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Sam Newfield avec Roland Drew, Steffi Duna, Greta Granstedt

    1939 - Documentaire

    À la fin des années 1930, Adolf Hitler avait de nombreux partisans aux États-Unis. Ainsi, lorsque des films comme celui-ci se sont affrontés contre Hitler, la controverse a été considérable. Il a été interdit pendant un certain temps. La force du film original pourrait ne jamais être connue car plusieurs scènes clés ont été piratées afin de le rendre moins offensant et donc prêt à être distribué. Depuis lors, le film original a été perdu.

    Bien qu’il s’agisse essentiellement d’une chronique de l’Allemagne nazie, l’histoire est centrée sur quelques courageux opposants clandestins du régime fasciste qui propagent discrètement la propagande antinazie et conspirent pour renverser le gouvernement. Les dernières parties du film traitent des terribles camps de concentration et de la terrible tentative du héros de s'enfuir en Suisse.
  • Bande-annonce

    La Tempête qui tue (1940)

    The Mortal Storm

    1 h 40 min. Sortie : . Drame.

    Film de Frank Borzage avec Margaret Sullavan, James Stewart, Robert Young

    1940 - Fiction

    C'est l'un des films les plus frontalement anti-nazis sortis avant l'entrée en guerre des États-Unis. Ce qui entraîna l'interdiction des films produits par la MGM en Allemagne.

    Frank Borzage est un cinéaste qui, s'il a dénoncé les horreurs de la guerre et décrit les conditions misérables de la classe populaire, n'en reste pas moins assez apolitique. C'est pourtant lui, le chantre de l'amour fou, qui réalise avec The Mortal Storm l'un des premiers films à dénoncer le nazisme et à évoquer les exactions commises contre le peuple juif et ceux qui, en Allemagne, essayent de lutter contre la barbarie.

    Le film raconte l'histoire d'une famille allemande, unie et heureuse, se trouvant divisée à l'avènement du national-socialisme. Le père, professeur de faculté et savant renommé, la mère, et Martin, un jeune paysan ami de la famille, sont pour la paix. Les deux fils et Fritz, le fiancé de Freyda, sont tentés par l'aventure hitlérienne.
  • The Man I Married (1940)

    1 h 17 min. Sortie : . Drame.

    Film de Irving Pichel avec Joan Bennett, Francis Lederer, Lloyd Nolan

    1940 - Fiction

    Peu avant la Seconde Guerre mondiale, une américaine se rend avec son mari d’origine allemande en vacances en Allemagne. Elle découvre un pays enflammé par la propagande nazie… Produit par Darryl Zanuck, The Man I Married est un film destiné à faire prendre conscience du risque que faisait peser l’Allemagne nazie sur le monde.

    Tourné au printemps 1940, soit peu après le début de la guerre, le film place son action en 1938 car il se concentre plus sur l’endoctrinement et la fanatisation d’un peuple que sur la guerre proprement-dite. On peut noter quelques images réelles de rassemblements nazis. Le film évoque en outre l’enrôlement de force des autrichiens dans les usines et les camps de concentration. Le film a visiblement été produit rapidement mais il est intelligemment construit et bien fait. L’histoire est simple mais efficace. Le film est facile d’abord et, donc, a du avoir une certaine efficacité. Le discours sous-jacent est étonnamment lucide et clairvoyant.
  • Train de nuit pour Munich (1940)

    Night Train to Munich

    1 h 30 min. Sortie : . Policier.

    Film de Carol Reed avec Margaret Lockwood, Rex Harrison, Paul Henreid

    1940 - Fiction

    Carol Reed alors connu pour ses comédies et quelques drames, fait ici un premier pas dans le film de guerre. Nous sommes en 1940, et les films de propagande britanniques commencent à affluer sur les écrans. Pourtant ici, on est dans un film hybride, un thriller en temps de guerre, mais avec beaucoup d’éléments de comédie.

    L’action se situe en fait juste avant la guerre à proprement parler, entre l’invasion de la Tchécoslovaquie et l’entrée en guerre du Royaume Uni (soit entre mars 1938 et le 3 septembre 1939).

    Il est douteux que “Night Train to Munich” ait été créé dans un souci de réalisme politique. Dans “Night Train to Munich” les Nazis ne font pas peur. Ils sont bernés sans trop de problème par un gentleman anglais, certes audacieux, mais également très désinvolte.

    “Mein Kampf” fait plusieurs apparitions, mais il est ici transformé en ustensile comique. Il trône dans les kiosques de journaux avec “Autant en emporte le vent”.

    Deux personnages Anglais voyageurs, fans de cricket et un peu benêts viennent perturber les plans des Nazis. Les deux personnages étaient déjà présents dans “The Lady Vanishes” d’Alfred Hitchcock sorti deux ans plus tôt. Film qui était scénarisé par Sidney Gilliat et Frank Launder comme celui-ci. La comparaison entre les deux films ne s’arrête pas là. Dans les deux cas thriller et comédie se mélangent. Une bonne partie de l’action se situe dans un train et enfin l’héroïne est interprétée par Margaret Lockwood.

    Ce film a aussi la particularité d'être le premier film à montrer un camp de concentration.
  • Bande-annonce

    Le Dictateur (1940)

    The Great Dictator

    2 h 05 min. Sortie : . Comédie dramatique et guerre.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Jack Oakie, Reginald Gardiner

    1940 - Fiction

    Le Dictateur est un film de type satirique, réalisé par Charlie Chaplin, dont c'est le premier film parlant.

    Ce film, conçu avant l'entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, fut le plus grand succès commercial de Charlie Chaplin et contribua à mobiliser l'opinion publique nord-américaine en faveur des démocraties européennes, à une époque où seul le Royaume-Uni résistait encore à l'Allemagne nazie. Il est ouvertement inspiré par le régime nazi mis en place par Hitler. Le gouvernement allemand de l'époque protesta d'ailleurs officiellement contre sa réalisation et demanda l'abandon du projet, que Chaplin tint à terminer malgré ces pressions.

    Le dictateur Adenoïd Hynkel incarné par Chaplin est largement inspiré par Hitler, et le personnage de Benzino Napoleoni (interprété par Jack Oakie) est inspiré de Benito Mussolini. Bien que réalisé au début de la Seconde Guerre mondiale, ce film anticipe la possibilité d'une nouvelle guerre en Europe, en même temps qu'il rappelle la brutalité du régime nazi.

    Le Dictateur présente le nazisme comme un danger mortel pour les communautés juives d'Europe, pour l'humanité entière et pour la démocratie. Cette première satire a marqué la satire anti-hitlérienne postérieure qui se réfère toujours, plus ou moins directement, au film de Chaplin, de Jeux dangereux d'Ernst Lubitsch en 1942 à La Vie est belle de Roberto Benigni en 1997.
  • Lune de miel mouvementée (1942)

    Once Upon a Honeymoon

    1 h 57 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Leo McCarey avec Cary Grant, Ginger Rogers, Walter Slezak

    1942 - Fiction

    "Lune de miel mouvementée" est un film comique qui joue la carte anti-nazie. Paru à l’origine en 1942, soit juste après que les Etats-Unis entrent dans la Seconde Guerre Mondiale, ce genre de film n’était plus guère prisé par le public marqué entre autres par Pearl Harbour un an plus tôt. Il faut dire également qu’à la différence de films comiques engagés eux aussi (Le Dictateur de Chaplin), Once upon a honeymoon met souvent la drôlerie avant la vraisemblance. C’est sans doute la raison pour laquelle ce périple à travers certains pays européens bientôt envahis par les hordes nazies et scandé par une horloge aux aiguilles en forme de croix gammée ne convainc pas vraiment.

    Dans le rôle des deux tourtereaux jouant aux agents doubles, Cary Grant, aux roulements d’yeux plus virevoltants que d’habitude et Ginger Rogers, dans une partition somme toute dramatique - on ne voit ses magnifiques jambes de près qu’une seule fois ! - sont pourtant très bien. Mais il manque à cette comédie ce grain de magie, entre revisitation historique et onirisme dégagé du réel, qui marque les grandes comédies américaines de l’époque. On nage d’un bout à l’autre dans une aura américano-patriotique primaire mais on n’interroge jamais les manoeuvres du matois Walter Slezak, épatant dans la démesure de ce baron autrichien acquis à la cause nazie. Malgré quelques réparties bien distribuées, le film patine et ces élucubrations des deux O’ auraient mérité un traitement de fond plus important au lieu de s’appuyer sur une Pologne et une Tchécoslovaquie valant surtout comme décorum.

    Le film comprend une séquence très réaliste sur les Juifs polonais dans le ghetto de Varsovie.
  • None Shall Escape (1944)

    1 h 25 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de André De Toth avec Marsha Hunt, Alexander Knox, Henry Travers

    1943 - Fiction

    Dans un tribunal installé à Varsovie, un officier du Reich, Wilhelm Grimm, est accusé de meurtres et d'exactions. Sont convoqués, comme témoins à charge : un prêtre catholique, le frère de l'accusé et son ex-épouse, l'institutrice Marja Pacierkowski. Leurs dépositions personnelles, inscrites dans l'histoire, permettent de mieux comprendre, mais non d'excuser, l'itinéraire particulier de Wilhelm Grimm. À l'issue du procès, le responsable nazi plaide non coupable et clame : "Nous nous relèverons toujours."

    Une scène montre des Juifs, obligés de monter dans un train pour aller dans des ghettos, se révoltant à l’appel de leur rabbin, ils meurent tous sous les balles nazies.

    L'action du film se situe en Pologne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le film relate le procès d'un dignitaire nazi qui doit répondre de ses agissements. De plus, par l'évocation de certaines scènes de massacres, None Shall Escape reflète l'expérience personnelle d'André de Toth. Celui-ci filma, en effet, pour une agence d'actualités, des phases de l'invasion nazie en Pologne. Dénué de tout sentimentalisme et pourvu d'une solide base historique, le scénario, dû à Lester Cole, essaie de remonter aux origines les plus lointaines du drame allemand et de la propagation de l'idéologie nazie. Le film met, néanmoins, en garde contre toute mansuétude à l'égard des responsables de crimes contre l'humanité. Avec une évidente clairvoyance (le copyright du film date de 1943), None Shall Escape indique, d'ailleurs, dans son titre, inspiré du livre de Jérémie (44, 14 - "Et il n'y aura ni fugitif ni survivant pour le reste de Juda...), que "nul n'échappera à la sentence."
  • Femme aimée est toujours jolie (1944)

    Mr. Skeffington

    2 h 26 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Vincent Sherman avec Bette Davis, Claude Rains, Walter Abel

    1944 - Fiction

    Cette adaptation de Mr Skeffington, roman d'Elizabeth von Arnim, est l'histoire étalée sur trente ans (1914-1944), de Fanny Trellis (Bette Davis), héritière ruinée de la haute société new-yorkaise, obsédée par sa jeunesse, sa beauté, volontairement coupée du monde extérieur puis, à la suite d'une maladie, rattrapée par le temps réel, la vieillesse, la décrépitude physique.

    En 1914, afin d'éviter à son frère Treppy (Richard Waring) un procès pour détournement de fonds, elle a épousé Job Skeffington (Claude Rains) l'agent financier qu'il avait spolié. Il est juif et plus âgé qu'elle, ce qui influe sur le cours des événements. Treppy, furieux, est allé se faire tuer à la guerre en France. Toujours entourée de soupirants, d'amants, jolie à jamais croit-elle, Fanny a divorcé et laissé sa fille, qui porte le même prénom qu'elle, partir avec son père en Allemagne.

    Par les décors, les costumes, les changements de comportements et beaucoup de détails psychologiques, Vincent Sherman a remarquablement reconstitué, autour de Bette Davis, la marche et les ravages du temps. Auprès de Fanny, son cousin George (Walter Abel) joue un peu le rôle de sa conscience.

    Bette Davis est prodigieuse dans la volonté de Fanny cherchant à préserver sa beauté éblouissante fixée par un peintre, puis pathétique dans la cruauté de la déchéance physique. C'est comme une autre version du Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde.

    On découvre dans le film son mari Job émigré en Europe et interné dans un camp de concentration, il y survit, aveugle et diminué.
  • La Septième Croix (1944)

    The Seventh Cross

    1 h 52 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Fred Zinnemann avec Spencer Tracy, Signe Hasso, Hume Cronyn

    1944

    Sept prisonniers parviennent, en 1936, à s’échapper d’un camp de concentration allemand. Ils ont pour objectif de retrouver un homme qui pourra leur fournir papiers et argent. Alors que l’un des prisonniers, Wallau, se fait capturer et torturer à mort, le reste de la troupe poursuit son évasion.

    La septième croix est une œuvre de propagande et, en tant que telle, pas très portée sur la nuance : on comprend qu’en 1944 ce type de propagande ait eu son utilité, et même sa nécessité. On peut même louer la sincérité et l’engagement du cinéaste et de l’équipe. La pilule est aujourd’hui plus difficile à avaler.

    Et pourtant, plus on avance dans le métrage, moins on fait attention à sa lourdeur, bien qu’elle reste présente ; d’abord parce que, même jeune, Zinnemann a un certain sens de l’image : les recherches dans la brume, la poursuite dans les rues, ou des plans plus simples mais bien composés comme dans les séquences d’interrogatoire, atteignent sans peine un bel équilibre classique. Mais ce qui retient surtout l’attention, c’est la description paranoïaque d’une Allemagne gangrenée par le nazisme : l’ancienne amie de George le renie (elle a épousé un autre homme), les enfants aident à traquer les fugitifs, les braves gens se distraient en suivant une poursuite sur les toits (dans une belle séquence dépouillée) et même l’ami qui l’héberge trouve qu’on vit mieux sous Hitler. Dans ces conditions, il est naturel que tout regard appuyé soit une menace potentielle, celui d’une serveuse ou celui d’un passant et, même si la morale est simpliste, cette atmosphère finit par conférer au film une tension certaine, voire, dans de rares moments, une belle émotion.

    Cela ne saurait dissiper la pesanteur de l’ensemble, appuyée encore par des séquences élégiaques du plus mauvais effet. Néanmoins, grâce à des comédiens éprouvés (Spencer Tracy n’est pas toujours très fin, mais les seconds rôles font le travail, impeccablement, à l’image de Hume Cronyn, Signe Hasso ou Felix Bressart), à la photo splendide de Karl Freund (qui collabora avec Murnau) et à ces moments forts qui ne cèdent pas au didactisme, La septième croix vaut mieux que son message.
  • Tarass l'indompté (1945)

    Nepokoryonnye

    1 h 34 min. Sortie : 1945.

    Film de Mark Donskoi

    1945 - Fiction

    Les Allemands entrent en Ukraine et requisitionnent la main-d'oeuvre pour faire tourner les usines. Le vieux Tarass refuse de reparer les chars allemands et doit partir sur les routes pour trouver de la nourriture pour sa famille. Il rencontre son second fils, Stepan, qui fait partie de la resistance

    Seul film soviétique à mentionner le génocide des juifs avant les années soixante.
  • Death Mills (1945)

    22 min. Sortie : 1945.

    Court-métrage de Billy Wilder

    1945 - Documentaire

    Death Mills signifie « Les Usines de la mort » ; le film est un documentaire sur la découverte des camps de concentration nazis par les Alliés en 1945.

    Le film fut à l’origine tourné avec une bande son en allemand pour être projeté dans l’Allemagne et l’Autriche occupées. Il s’agit du premier documentaire montrant ce que les Alliés découvrirent lorsqu’ils libérèrent les camps d’extermination nazi : les survivants, les conditions de vie, et la preuve d’un génocide. Le film fait état des aspects économiques de l’opération des camps. Des membres du personnel de ceux-ci, faits prisonniers, y sont interrogés. Et l’on y voit la visite forcée des habitants de villes voisines qui, de même que leurs compatriotes, sont accusés de complicité dans les crimes nazi – c’est l’une des rares condamnations de cette sorte enregistrées dans les archives alliées de la Seconde Guerre mondiale. Au même moment Samuel Fuller tournait son premier film amateur au camp de Falkenau, mais ces images ne seront visibles qu'en 1988, incluses dans Falkenau, vision de l’impossible, documentaire d’Emil Weiss.
  • Memory of the Camps (1945)

    56 min.

    Documentaire de Sidney Bernstein et Alfred Hitchcock avec Trevor Howard

  • Les camps de concentration nazis (1946)

    Nazi Concentration Camps

    59 min. Sortie : 1946. Historique.

    Documentaire de George Stevens avec Dwight D. Eisenhower, Omar N. Bradley, George S. Patton

    1946 - Documentaire

    En avril 1945, Eisenhower a visité en Allemagne les premiers camps de concentration. Il demande à Stevens de filmer tout ce qui pourra servir de preuve devant les tribunaux qui, après guerre, seront mis en place pour juger les responsables nazis. Beaucoup d’images prises par l’équipe de Stevens à Dachau vont servir au documentaire « les Camps de concentration », à titre de preuve des crimes nazis, film monté par Ford et Ray Kellog et destiné à préparer le procès de Nuremberg. Il dure une heure, prend le titre de « Nazi concentration camps » et il sera projeté dans l’enceinte du tribunal de Nuremberg, le 29 novembre 1945.

    Ce film ne fut pas vraiment montré au grand public. Les images étaient considérées comme trop dures et rapidement, avec le plan Marshall et le début de la guerre froide, les priorités changèrent. Ces images pourtant sont les principales archives qui existent du cauchemar concentrationnaire.
  • Le Criminel (1946)

    The Stranger

    1 h 35 min. Sortie : . Film noir, thriller et drame.

    Film de Orson Welles avec Edward G. Robinson, Loretta Young, Orson Welles

    1946 - Fiction

    Le Criminel est un drame de l'immédiat après-guerre, écrit par Victor Trivas, immigré russe qui a travaillé en Allemagne et en France avant de s'installer à Los Angeles.

    Le film met en scène un personnage, Franz Kindler, incarné par Orson Welles lui-même, présenté comme le concepteur de l'idée de génocide qui aurait trouvé refuge dans le Connecticut, où il est devenu enseignant. C'est là que le retrouve l'enquêteur Wilson de la Commission sur les crimes de guerre.

    Le tournage a lieu à l'automne 1945, au moment même où s'ouvre le procès de Nuremberg. L'une des séquences les plus saisissantes met en scène la projection de films tournés lors de la libération des camps nazis que l'enquêteur montre aux citoyens d'Harper. Malgré la banalité de l'intrigue et la pauvreté des dialogues (auxquels son contrat interdisait à Welles de toucher), Le Criminel est une tentative précoce et souvent magnifique de faire face à l'horreur qui vient d'ébranler le monde.
  • Bande-annonce

    Les assassins sont parmi nous (1946)

    Die Mörder sind unter uns

    1 h 25 min. Sortie : . Drame.

    Film de Wolfgang Staudte avec Hilde Adolphi, Arno Paulsen, Ernst Wilheim Borchert

    1946 - Fiction

    Premier film allemand produit dans l'Allemagne d'après guerre dans sa partie Est, sous le contrôle de l'Union soviétique, Staudte a d'abord tenté d'obtenir l'autorisation de réaliser son film à l'ouest mais il s'est finalement tourné vers les Soviétiques devant le peu d'entrain des officiels américains et britanniques. Le film est tourné dans les décombres de la guerre qui vient de s'achever.

    Premier film à lancer le genre du Trümmerfilm (films des décombres : c'est à dire films tournés dans l'immédiat après-guerre en Allemagne qui était alors un immense champs de ruines), il traite des thèmes tels que le désespoir, la survie physique et psychique, la faillite morale. Pour Heide Fehrenbach, « il s'avère être un mélange presque involontaire — et artistiquement fortuit — du néoréalisme italien et de l'expressionnisme de Weimar ». La noirceur du sujet est balancée par le personnage de Susanne, qui à l'image de la toute jeune Hildegard Knef, incarne cette nouvelle Allemagne à reconstruire.

    Les thèmes centraux sont la culpabilité individuelle et collective, le pardon et le désir de vengeance quand la justice fait défaut. En fin de compte pourtant, c'est un film sur une réconciliation nationale possible. À ce sujet, le bureau de contrôle soviétique exigea que le script s'écarte du récit original sur sa conclusion pour ne pas nourrir trop violemment certains ressentiments.
  • In jenen Tagen (1947)

    1 h 51 min. Sortie : 1947. Drame.

    Film de Helmut Käutner avec Gert Schäfer, Erich Schellow, Winnie Markus

    1947 - Fiction

    Dans les ruines de Berlin après la guerre, deux hommes font de la récupération. Une voiture qu'ils sont en train de démonter se met à parler et raconte qui furent ses sept propriétaires successifs, depuis sa construction en 1933 (arrivée au pouvoir d'Hitler) jusqu'en 1945 (fin de la guerre et du nazisme). Ce film appartient à la catégorie de films dits Trümmerfilme.

    "In jenen Tagen" s'attaque au passé récent de l'histoire allemande. Fait plutôt rare dans la cinématographie de RFA qui, en dehors des films de Helmut Käutner, attendra les années 60 pour véritablement interpeller le passé.
  • Entre hier et demain (1947)

    Zwischen gestern und morgen

    1 h 47 min. Sortie : . Drame.

    Film de Harald Braun avec Hildegard Knef, Sybille Schmitz, Erich Ponto

    1947

    L'un des premiers films allemands à être réalisés à Munich après la guerre et le premier à aborder ouvertement l'Holocauste.
  • La dernière étape (1948)

    Ostatni Etap

    1 h 21 min. Sortie : 1948. Drame.

    Film de Wanda Jakubowska avec Tatjana Gorecka, Antonina Gordon-Górecka, Barbara Drapinska

    1948 - Témoignage

    Rescapée d'Auschwitz, résistante polonaise, Wanda Jakubowska réalise peu après sa libération un film, tourné dans le camp, qui retrace la vie des femmes déportées.

    Dans le contexte de l'immédiat après-guerre, La dernière étape est un film remarquable. Malgré la naïveté de certains plans, la présence d'actrices trop maquillées ou de figurants trop en chair, elle a réussi à restituer l'atmosphère cauchemardesque, l'angoisse propre à ce camp qui fut la plus grande usine de mort nazie : les journées rythmées par le hurlements des kapos et les appels exténuants dans la boue ; les nuits déchirées par l'arrivée des convois sur la rampe de Birkenau. Et l'horizon barré par la fumée des cheminées. Certaines scènes ont même paru si authentiques que de grands cinéastes reprendront des plans, notamment Resnais dans Nuit et brouillard.

    Mais, sur le fond, le film est marqué par l'idéologie. Dans le droit fil de la propagande communiste, le film surestime, par exemple, le rôle de la «résistance antifasciste», notamment communiste. Et, figure obligée, l'une des héroïnes est une doctoresse russe qui périra sous la torture.
  • Mariage dans l'ombre (1947)

    Ehe im Schatten

    1 h 45 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kurt Maetzig avec Paul Klingler et Ilse Steppat

    1948

    Une des premières productions de DEFA. (studio d'État de la République démocratique allemande.)
  • Morituri (1948)

    1 h 28 min. Sortie : . Guerre et drame.

    Film de Eugen York avec Lotte Koch, Hilde Körber, Winnie Markus

    1948

    Quatrième film d'Artur Brauner, Juif polonais de Lodz dont il s'est enfui pour l'URSS puis après la guerre, l'Allemagne.
  • Les Anges marqués (1948)

    The Search

    1 h 44 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Fred Zinnemann avec Montgomery Clift, Aline MacMahon, Wendell Corey

    1948

    Après guerre, à Berlin, un Américain aide un garçon à retrouver sa mère.
  • Le Juif errant (1948)

    L'Ebreo errante

    1 h 40 min. Sortie : .

    Film de Goffredo Alessandrini avec Noelle Norman, Harry Feist, Pietro Sharoff

    1949

    Premier film italien à aborder ouvertement l'Holocauste.
  • Lang iz der weg (1949)

    1 h 17 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Herbert B. Fredersdorf et Marek Goldstein avec Israel Becker, Bettina Moissi, Berta Litwina

    1949

    Ayant survécu à Auschwitz, une famille juive polonaise se retrouve en l'Allemagne et espère émigrer dans un État juif qui n'existe pas encore.
  • Le Conseil des dieux (1950)

    Der Rat der Götter

    1 h 50 min. Historique.

    Film de Kurt Maetzig avec Paul Bildt, Fritz Tillmann, Willy A. Kleinau

    1950 - Fiction

    Il est l'un des premiers films traitant explicitement de la complicité d'une entreprise allemande dans les crimes du nazisme. Il retrace le parcours d'IG Farben entre 1930 et 1947.

    Le film s'appuie sur une documentation parue en 1947 et les pièces du procès de Nuremberg.

    Au centre de l'intrigue se trouvent le président d'une société secrète, Mauch - allusion à Carl Krauch, membre du directoire de supervision d'IG Farben et criminel de guerre - et un chimiste fictif, Dr. Scholz. Ils sont principalement responsables de la production des armements et de la production de gaz toxique d'IG Farben. La recherche du profit à tout prix les a amenés à prendre une part active dans les crimes du régime nazi. Scholz ferme les yeux afin de sauver son emploi et la famille jusqu'en 1948. Ce n'est qu'après l'utilisation d'un explosif interdit, quand il voit les dommages terribles qu'il provoque, qu'il se met à parler.
  • Bande-annonce

    Nuit et brouillard (1956)

    32 min. Sortie : janvier 1956. Historique et guerre.

    Documentaire de Alain Resnais avec Michel Bouquet, Reinhard Heydrich, Heinrich Himmler

  • Le Journal d'Anne Frank (1959)

    The Diary of Anne Frank

    3 h. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de George Stevens avec Millie Perkins, Joseph Schildkraut, Shelley Winters

    1959
  • Bande-annonce

    Jugement à Nuremberg (1961)

    Judgment at Nuremberg

    3 h 06 min. Sortie : . Drame, historique et guerre.

    Film de Stanley Kramer avec Spencer Tracy, Burt Lancaster, Richard Widmark

    1959
  • Kapo (1960)

    Kapò

    1 h 58 min. Sortie : . Drame.

    Film de Gillo Pontecorvo avec Didi Perego, Gianni Garko, Graziella Galvani

    1960 - Fiction

    Certains films ont le triste privilège de devoir toute leur réputation au commentaire qui les condamne. Kapo en est l'illustration par excellence en France, où deux textes plus célèbres que lui - De l'abjection de Jacques Rivette (Les Cahiers du cinéma, no 120, 1961) et Le Travelling de Kapo de Serge Daney (Trafic, no 4, 1992) - l'ont voué à une durable indignité, au nom d'un plan dans lequel le réalisateur recadrait en travelling le cadavre d'une déportée par pur souci d'esthétisme.

    Le texte de Rivette, violent, reste une borne, sorte de frontière symbolique séparant deux camps bien distincts et irréconciliables : Kapo et son travelling, on est pour, ou on est contre. De même que l’on est d’accord, ou non, avec les questions d’éthique soulevées par Rivette : même maîtrisé, le formalisme léché de Pontecorvo s’accommode-t-il d’un sujet aussi sensible ? L’efficacité est-elle conciliable avec une représentation de la Shoah ? Même armé des meilleures intentions (Pontecorvo est un progressiste convaincu, ancien Résistant, et son film est l’un des premiers témoignages de fiction sur la déportation), un cinéaste a-t-il tous les droits quand il dépeint la solution finale ? Ces questions soulevées par le critique sont primordiales et instaurent dès 1961 un débat capital, relayé 40 ans plus tard par Claude Lanzmann lors de la sortie de La liste de Schindler : comment filmer les camps de la mort ? Quel angle adopter ? En 1961, Pontecorvo est l’un des premiers à s’y risquer, et le retour de bâton va être violent …

    "Interprété par Susan Strasberg, Emmanuelle Riva et Laurent Terzieff, le film raconte l'histoire d'une jeune déportée juive, Edith, qui parvient à survivre dans un camp de concentration en se faisant passer pour une détenue de droit commun, vendant son corps et son âme aux nazis en se prostituant et en devenant kapo. La rencontre d'un prisonnier russe qui fomente une révolte va in fine lui permettre de se rédimer par un sacrifice consenti tant à son amant qu'aux détenus.

    Le résultat, censé s'inspirer du récit de Primo Levi Si c'est un homme, livre en vérité un spectacle qui, sous couvert de décrire l'abjection des camps et l'abaissement de l'être humain, ne recule devant aucune ficelle dramatique et romanesque pour rendre la monstruosité qu'il prétend dénoncer aussi pathétique, jouissive, et en un mot rentable que possible."

    Jacques Mandelbaum
  • La Conspiration (1960)

    Conspiracy of hearts

    1 h 53 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ralph Thomas avec Ronald Lewis, Albert Lieven, Peter Arne

    1960 - Fiction

    En Italie en 1943, des religieuses aident des enfants juifs à s'évader d'un camp de concentration situé près de leur couvent.