La dépression au cinéma

Avatar H. Mattias Liste de

20 films

par H. Mattias

Du plus récent au plus ancien. Films vus uniquement, mais conseils bienvenus!

Les troubles mentaux au cinéma: https://www.senscritique.com/liste/Les_troubles_mentaux_au_cinema/2194022
La descente aux enfers au cinéma: https://www.senscritique.com/liste/La_descente_aux_enfers_au_cinema/1800664
La marginalité au cinéma: https://www.senscritique.com/liste/La_marginalite_au_cinema/2199696
La violence aveugle au cinéma: https://www.senscritique.com/liste/La_violence_aveugle_au_cinema/533450

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    Ad Astra (2019)

    2 h 04 min. Sortie : . Aventure, drame, science-fiction et thriller.

    Film de James Gray avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga

    Séances de cinéma (527 salles)
    Un drôle de film, toujours dans un entre-deux et qui séduit justement par son équilibre précaire. A la fois nourri de références (Apocalypse Now, 2001, Orphée...) et infiniment personnel, inscrit dans les obsessions habituelles de Gray. A la fois spectaculaire grâce à ses morceaux de bravoure et résolument sobre et lancinant par son rythme. A la fois très impressionnant par sa mise en scène, par l’identification presque sensorielle aux expériences vécues par le personnage, et légèrement décevant à cause d’un scénario très impressionniste, qui ne permet pas d’ancrer la mélancolie ambiante dans une backstory tangible capable de créer l'émotion. Tout reste donc un peu évanescent, ramené artificiellement à un semblant de dramaturgie et de linéarité par une voix off trop présente à mon goût. On attendrait soit plus d’abstraction, soit un plus grand classicisme. James gray confirme quand même qu’il est un grand réalisateur, mais je continue de préférer ses premiers films.
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    Deux moi (2019)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Cédric Klapisch avec François Civil, Ana Girardot, Camille Cottin

    Séances de cinéma (329 salles)
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    Midsommar (2019)

    2 h 27 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de Ari Aster avec Florence Pugh, Jack Reynor, Vilhelm Blomgren

    Séances de cinéma (1 salle)
    Une fable horrifique qui s’inscrit dans une sorte de nouveau gothique, comme Get Out avant elle (ou même Under The Skin). On pourrait d’ailleurs comparer le film à une version très étendue (2h30) de la scène du bingo de Get Out. Cette durée est le principal défaut du film et donne une ampleur excessive à un scénario qui assume par ailleurs une modestie très série B (démesure et humour sont omniprésents). La fin, surtout, tombe dans une emphase moins drôle que ridicule. Ça reste un film intéressant, avec un sens du cadre et de la distance assez impressionnants, une vraie modernité, des personnages volontairement caricaturaux mais qui gardent une part d’opacité, et un talent pour provoquer le malaise, qui malheureusement s’essouffle un peu dans la dernière partie.
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    Le Grand Bain (2018)

    1 h 58 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Gilles Lellouche avec Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde

    Séances de cinéma (2 salles)
    La recette très américaine du feel-good movie (personnages humiliés puis réhabilités) est respectée avec un certain savoir-faire. Les dialogues sont plutôt bien écrits et les acteurs, excellents, constituent le principal atout du film. Pour le reste, on nage en pleine caricature, ce qui ne poserait pas de problème si le scénario n’avait pas ce vernis réaliste consistant à aller chercher toute la misère du monde comme unique caractérisation de ses personnages (alcoolisme, endettement, dépression, handicap, précarité, tout y passe). Ce melting pot m’a paru contreproductif et finalement plus condescendant (ou au mieux naïf) que bienveillant. Philippe Katerine, par sa fantaisie d’acteur, réussit à s’abstraire de l’étiquette « misère sexuelle » qu’on a voulu coller à son personnage. Quant à Alban Ivanov et Balasingham Thamilchelvan, les deux inconnus du casting, ils n’ont carrément droit, pour le premier, qu’à une caractérisation minimaliste et, pour le second, à une réplique sous-titrée et un running gag douteux sur ses origines.
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    Dans la cour (2014)

    1 h 37 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Pierre Salvadori avec Catherine Deneuve, Gustave Kervern, Féodor Atkine

    Ça commence comme un petit feel-good movie réaliste, un gentil film à thèse (le dépressif ne serait qu’un hypersensible en mal de compagnie) qui déroule sa démonstration de manière plaisante mais parfois un peu lourde et prévisible. Salvadori, qui est tout sauf naïf, redresse la barre avant de sombrer dans l’optimisme béat façon Anna Gavalda et choisit d’aller jusqu’au bout de son sujet, quitte à en embrasser la noirceur irréversible. Malheureusement, on y perd l’identité première du film, qui de toute façon ne démarrait pas sur des bases assez solides pour supporter ce genre de sortie de piste. Avec en plus une réalisation moyenne et un montage qui pose des problèmes de rythme, Dans la cour laisse un petit sentiment de raté, malgré des qualités certaines et un personnage principal touchant et bien interprété. On appréciera l’écho avec le rôle de Deneuve dans Répulsion, où elle était déjà fascinée par les fissures.
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    Blue Jasmine (2013)

    1 h 38 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Woody Allen avec Cate Blanchett, Alec Baldwin, Sally Hawkins

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    Damsels in Distress (2012)

    1 h 39 min. Sortie : . Drame, romance et comédie.

    Film de Whit Stillman avec Greta Gerwig, Adam Brody, Hugo Becker

    En plaçant ses habituels héros bourgeois dans un milieu universitaire en complet décalage avec leur vision du monde, Stillman s’offre quelques effets comiques très efficaces, mais son film pèche parfois par un soupçon de condescendance (les « frat-boys » sont moqués de manière un peu gênante à mon goût) et surtout par un rythme qui s’étiole progressivement. Tout le style de Whitman réside dans ses dialogues aussi verbeux que brillants et, si on y est sensible (c’est mon cas), Damsels In Distress reste un objet agréable, à la fois pop et mélancolique, assez proche du cinéma de James L. Brooks. Greta Gerwig s’en tire très bien, mais je ne peux m’empêcher de regretter le débit et le flegme de Beckinsale, seule capable d’électriser le texte particulièrement dense de Whitman.
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    Habemus Papam (2011)

    1 h 42 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Nanni Moretti avec Michel Piccoli, Jerzy Stuhr, Renato Scarpa

    Quel plus gros cliché que de dire d’un film qu’il est « débordant d’humanité » ? Et pourtant c’est bien le cas ici, de manière plus criante encore que dans le reste de l’œuvre de Moretti puisque l’humanité (derrière la pesanteur de la fonction) est le sujet même du film, dont la belle scène finale est le pur fantasme d’un geste d’humanité ultime. Jamais la manière qu’a Moretti de moquer et d’aimer ses personnages dans un même geste ne m’a paru aussi évidente et belle que dans cette histoire simple comme une fable. Malgré un enrobage dramatique, Habemus Papam est aussi une comédie irrésistible, qui exploite avec finesse et sans l’user le filon d’un burlesque discret, sur le mode « le pape chez le psy », « le pape dans le bus », « le pape au centre commercial ». L’indolence inquiète de Piccoli se prête d’ailleurs particulièrement bien à cette forme d’humour, toujours prête à se retourner en mélodrame. Ce n’est pas le plus grand film de Moretti, il y a quelque chose de trop modeste pour ça, mais c’est l’un des plus aboutis et des plus beaux, notamment sur deux de ses thèmes de prédilection: la religion et la psychanalyse.
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    Le Bannissement (2008)

    Изгнание (Izgnanie)

    2 h 37 min. Sortie : . Drame.

    Film de Andrei Zvyagintsev avec Konstantin Lavronenko, Maria Bonnevie, Aleksandr Baluev

    Une déception. Là où le magnifique Retour avait quelque chose de purement cinématographique, tout en mouvement et en tension, ce film m’a paru austère, statique et empesé, comme l’idée que je me fais d’une pièce d’Ibsen ou de Strindberg. La réalisation est toujours somptueuse, mais cette façon de fouiller la nature humaine avec un pessimisme morose ne me parle pas et la complaisance avec laquelle le scénario manipule les souffrances de ses personnages et l'empathie du spectateur m'a paru un peu douteuse.
  • Bande-annonce

    Très bien, merci (2007)

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Emmanuelle Cuau avec Christophe Odent, Nathalie Akoun-Cruveiller, Frédéric Pierrot

  • Après vous... (2003)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie et romance.

    Film de Pierre Salvadori avec Daniel Auteuil, José Garcia, Sandrine Kiberlain

    L’un des Salvadori les plus faibles selon moi, l’un des plus mal réalisés aussi, mais qui peut comme toujours compter sur une belle écriture et un casting parfait. Ça marivaude un peu trop longuement, comme dans De vrais mensonges, alors que le point de départ était prometteur. Dommage que le scénario se concentre sur les romances croisées. Le côté buddy movie s’en trouve un peu sacrifié, alors que l’alchimie du duo Auteuil-Garcia est ce qui fonctionne le mieux. Un moment agréable quand même.
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    The Hours (2002)

    1 h 54 min. Sortie : . Drame.

    Film de Stephen Daldry avec Meryl Streep, Julianne Moore, Nicole Kidman

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    On connaît la chanson (1997)

    2 h. Sortie : . Comédie, drame, musique et romance.

    Film de Alain Resnais avec Sabine Azéma, André Dussollier, Agnès Jaoui

  • Bande-annonce

    Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) (1996)

    2 h 58 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Arnaud Desplechin avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Devos, Emmanuel Salinger

    Un film (et peut-être aussi un cinéaste , il faudrait que j’en revoie un ou deux) qui me laisse froid et vaguement agacé. Le montage, fluide, original dans sa façon de naviguer dans le temps, est ce qu’il y a de plus intéressant et réussi. La réalisation est prometteuse, surtout pour un deuxième film. Mais alors ce scénario... Les histoires de couples bourgeois ne sont pas celles que je préfère, mais tout dépend de la manière. Ici, c’est pédant, recroquevillé sur soi, TRÈS long et surtout saturé d’un imaginaire catho et d’une fascination complètement anti-romanesque pour les grilles de lecture psychanalytiques. Les comédiens sont dans le cabotinage, (quand ils ne sont pas franchement mauvais pour quelques uns) et tout est trop écrit et sur-signifiant. Je retiens quelques jolis moments, surtout avec Emmanuelle Devos, toujours merveilleuse, et une vision du couple qui aurait pu être interessante si elle s’était exprimée avec plus de simplicité. Il y a aussi un regard original sur la dépression et les affaissements/paralysies du corps qu'elle peut provoquer, mais c'est à la marge.
  • Les Apprentis (1995)

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Pierre Salvadori avec François Cluzet, Guillaume Depardieu, Judith Henry

    Deux ans après Cible émouvante, Salvadori retrouve un Guillaume Depardieu bien meilleur, qui forme avec Cluzet un duo irrésistible, dans la plus pure tradition du buddy movie à la française. On s’éloigne de l’univers habituel du réalisateur, dont on ne retrouve vraiment la patte qu’à travers les dialogues (brillants) et certains thèmes comme la dépression et la marginalité. Le scénario en lui-même est beaucoup moins vaudevillesque que ses autres films, plutôt dans la chronique façon Un Monde sans pitié de Rochant, avec un petit passage à vide quand la mélancolie prend le dessus sur l’humour, et un peu de lourdeur parfois (le karaté, le mari voyeur). Dans l’ensemble un très bon moment, qui capte un certain air du temps avec beaucoup de vérité. Tellement de vérité qu’au début, on peut apercevoir une passante se retourner vers les comédiens et articuler « c’est Depardieu » en se tournant vers son amie.
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    La Femme d'à côté (1981)

    1 h 46 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de François Truffaut avec Gérard Depardieu, Fanny Ardant, Henri Garcin

  • Préparez vos mouchoirs (1978)

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Bertrand Blier avec Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Carole Laure

    Solange ne sourit plus et passe son temps à tricoter des pulls à Raoul. Raoul s’inquiète et demande à Stéphane de coucher avec elle pour la guérir. Solange ne guérit pas. Elle tricote maintenant des pulls pour Raoul et Stéphane, qui en concluent que seule une grossesse pourrait la guérir. Solange rencontre un enfant malheureux comme elle et semble guérir à son contact. Mais l’enfant veut plus: il veut faire un enfant à Solange. Solange accepte et tricote maintenant des pulls à l’enfant. Tout le cinéma de Blier est là : absurde, machiste, antisystème, iconoclaste. Comme toujours, il ne raconte pas d’histoire, mais regarde évoluer son point de départ, pour le pire comme pour le meilleur. Ici, c’est le meilleur qui domine, du casting exceptionnel au rythme plein de naturel, en passant par cette furieuse poésie dont les dialogues et les situations sont saturés. Mon préféré de ce réalisateur à ce jour, après les Valseuses quand même.
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    Network, main basse sur la TV (1976)

    Network

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Sidney Lumet avec Faye Dunaway, William Holden, Peter Finch

    Network, c’est un peu La Source vive d’Ayn Rand qui rencontrerait l’univers ultra-cynique de la télévision et de ses appuis financiers. Sans Howard Roark, donc, puisque l’individu ne fait plus le poids face à un système qui n’a plus ni principes ni idéologie et peut avaler tout type de contestation avant de le recracher en un format divertissant. La démonstration est magistrale, appuyée sur un scénario implacable, qui ne résiste pas toujours à enchaîner les morceaux de bravoure et d’hystérie (le plus mémorable restera l’incroyable tirade de Ned Beatty) ni à la tentation de la surenchère finale (trop de noirceur tue la vraisemblance à mon avis), mais qui a le mérite de donner à ses personnages de la chair, indépendamment de la charge satirique qu’ils sont censés porter. Le tout parfaitement filmé, interprété, monté et restauré en édition blu-ray.
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    Persona (1966)

    1 h 24 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ingmar Bergman avec Bibi Andersson, Liv Ullmann, Margaretha Krook

    L’austérité morbide du cinéma de Bergman (ou ce que j’en connais) me laisse froid, malgré l’indéniable beauté des images et la précision des plans. Ici s’y ajoute avec plus de force qu’ailleurs une aura de mystère qui donne au film une étrange modernité. Sans doute même un certain avant-gardisme. En même temps, le film est bien de son époque, obsédé par l’indicible et travaillé par des grilles de lecture psychanalytiques qui irriguent cette plongée quasi-expérimentale dans l’inconscient d’une relation torturée entre deux femmes. J’admire la confiance finalement assez rare qui est placée dans les moyens propres au cinéma, mais le résultat ne me parle pas vraiment.
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    La Fièvre dans le sang (1961)

    Splendor in the Grass

    2 h 04 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Elia Kazan avec Natalie Wood, Warren Beatty, Pat Hingle

    Le genre de film qui laisse un peu étourdi tellement il dépasse sa promesse initiale. En tant que film sur le désir, il est d’une vérité et d’une audace étonnantes pour l’époque, parfait symbole des dernières heures vacillantes du code Hays. Comme film sur l’adolescence, il est d’une finesse rare, porté par deux acteurs au charisme immense (je n’avais jamais réalisé que Natalie Wood était une grande actrice jusqu’à ce film). Sur le thème des rapports filiaux, il est d’abord un peu caricatural, mais s’achève sur une émotion d’une justesse imparable. Mais ce qu’on voit moins venir, c’est cette transition de la simple chronique adolescente à une sorte d’épopée amoureuse étalée sur plusieurs années, jusqu’à un final bouleversant. Je me suis par moments surpris à fantasmer ce qu’aurait pu faire un Douglas Sirk avec ce matériau, mais la dernière partie du film m’a rappelé que les leçons les plus universelles ont parfois besoin d’un certain académisme pour être délivrées dans toute leur pureté, comme c’est le cas ici.