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  • « La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens. » Mes lectures en 2015

« La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens. » Mes lectures en 2015

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24 livres

par evy_dence_

Avec de petites critiques pour vous donner envie (ou vous repousser, ça dépend) et de plus grandes pour pousser un peu plus loin le ressenti.

Je mets dans cette liste tous les romans et recueils lus. Pour les nouvelles, je ne mets que mes découvertes préférées.

(Citation de Daniel Pennac, photo de couverture Monet.)

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  • Le Joueur d'échecs (1943)

    Schachnovelle

    Sortie : 1943. Nouvelle.

    Livre de Stefan Zweig

    Janvier 2015

    Un grand classique maîtrisé de long en large et un des plus grands duels de la littérature. Un petit bijou de psychologie. Lecture obligatoire !

    http://www.senscritique.com/livre/Le_Joueur_d_echecs/critique/36272358
  • Le Carnaval des monstres (2007)

    Sortie : mars 2007. Roman.

    Livre de Anne-Sophie Brasme

    Janvier 2015

    Si vous aimez Amélie Nothomb, peut-être serez-vous tenté par cette femme hideuse qui retrouve un peu de sa fierté auprès d'un photographe obsédé par les "monstres" de laideur. Assez déstabilisante dans les premières pages, l'histoire s'essouffle un peu ensuite. L'auteur est jeune, vous avez aussi "Respire", son premier roman.

    http://www.senscritique.com/livre/Le_Carnaval_des_monstres/critique/44500182
  • Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part (1999)

    Sortie : . Recueil de nouvelles.

    Livre de Anna Gavalda

    Janvier 2015

    Plusieurs nouvelles à lire sur la plage pour sourire et se détendre. Des histoires de cœur, de filles, de richesse, de sexe, un style incisif et cynique.

    Pas une grande révélation pour moi, ça tourne en rond et ça reste beaucoup trop léger.

    http://www.senscritique.com/livre/Je_voudrais_que_quelqu_un_m_attende_quelque_part/critique/44662256
  • Le Meilleur des mondes (1931)

    Brave New World

    Sortie : 1931. Science-fiction et roman.

    Livre de Aldous Huxley

    Janvier 2015

    Un monde dans lequel le bonheur est le mot d'ordre. Mais attention, le bonheur contrôlé, limité, le bonheur au prix de votre liberté et de votre conscience. Un roman d'anticipation époustouflant car criant de réalisme. Peut-être qu'un jour, le monde ressemblera à ça ?...

    Comme d'habitude avec les romans de ce genre, on fait le parallèle avec notre propre société et on trouve plein de points communs.

    Je vous le conseille grandement.

    http://www.senscritique.com/livre/Le_Meilleur_des_mondes/critique/38919523
  • Mercure (1998)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Amélie Nothomb

    Janvier 2015

    Pas le meilleur des Nothomb mais pas le pire non plus.

    Une jeune femme défigurée vit avec un vieux croûton morbide sur une île. Il lui offre l'hospitalité... son amour aussi, son corps. Une infirmière pénètre sur les lieux et s'occupe de la jeune femme tous les jours. La sentant prise au piège, elle va nouer un lien particulier avec elle et tentera de la libérer...

    Le roman de Nothomb est court (pléonasme) et les personnages peu élaborés mais l'atmosphère anxiogène et la volonté de mélanger beauté intérieure et beauté extérieure font toujours un petit effet surtout quand les personnages sont désespérés.

    C'est touchant.


    http://www.senscritique.com/livre/Mercure/critique/45399070
  • Le Grand Meaulnes (1913)

    Sortie : 1913. Roman.

    Livre de Alain-Fournier

    Janvier 2015

    Un roman d'amitié entre deux adolescents qui poursuivent le même but : retrouver un domaine mystérieux qui semble être leur idéal. François et Augustin dit "Le Grand Meaulnes" vivront ensemble une adolescence inoubliable et très touchante jusqu'à devenir adultes.

    Ce livre de plus d'une centaine d'années, narré à la première personne du singulier par le personnage principal, met du temps à démarrer mais termine brillamment. C'est une aventure que je vous conseille malgré la platitude des premiers instants. Comme dans pas mal de bouquins, il faut persévérer !

    http://www.senscritique.com/livre/Le_Grand_Meaulnes/critique/45507298
  • Daisy Miller (1878)

    Sortie : 1878. Nouvelle.

    Livre de Henry James

    Janvier 2015

    Le portrait d'une jeune femme libre qui fait chavirer le cœur du personnage principal. Ne répondant à aucune contrainte, elle vit sa vie comme elle le souhaite au grand dam de sa famille et mène une existence faite de sorties et de beaux hommes qu'elle ne fait que côtoyer, apparemment. Son insouciance lui donne un charme hors du commun et Winterbourne aura bien du mal à cacher tout le bien qu'il pense d'elle, même quand elle dépassera toutes les limites...

    Une lecture en demi-teinte, une nouvelle bien écrite mais trop survolée et un peu "facile". Un portrait de femme bien rendu ceci dit.


    http://www.senscritique.com/livre/Daisy_Miller/critique/45759472
  • L'épouse de bois (1996)

    The Wood Wife

    Sortie : 1996. Roman.

    Livre de Terri Windling

    Février 2015

    Un superbe voyage dans la faune et la flore que je recommande à tous. Message à tous les rêveurs, c'est notre Madeleine de Proust !

    http://www.senscritique.com/livre/L_epouse_de_bois/critique/39855695
  • Une Rose pour Emily (1930)

    A Rose for Emily

    Sortie : 1930. Recueil de nouvelles.

    Livre de William Faulkner

    Février 2015

    La misère humaine dépeinte avec beaucoup de violence et de pudeur mélangées. Ce sont quatre nouvelles assez difficiles, on y parle de souvenirs, de rumeurs, de ségrégation, de lynchage, de déchéance affective ou sociale, des femmes. Une plume vive et engagée notamment lorsque le narrateur prend les traits d'un jeune enfant, qui ne tombe jamais dans un misérabilisme facile. La dernière nouvelle des quatre, Septembre ardent, est bouleversante. A titre personnel, elle me remue pas mal.

    Faulkner, une découverte pour moi.
  • Les Belles Endormies (1961)

    Nemureru Bijo

    Sortie : 1961. Roman.

    Livre de Yasunari Kawabata

    Février 2015

    Le vieil Eguchi fait la découverte d'un lieu où on passe la nuit avec des adolescentes, pour "coucher" dit-on, littéralement avec elles. Ces "belles endormies" sont droguées pour éviter la culpabilité aux vieillards et, surtout, pour un aspect pratique ! Quoi de plus revigorant qu'une belle nymphe lorsque le délabrement de notre corps nous prive de ces plaisirs appartenant au passé ?

    Kawabata aborde l'immoralité non pas avec cynisme mais avec mesure et envoûtement. On se laisse bercer par ce huis-clos où, successivement, le vieil homme va dormir avec différentes jeunes femmes et retrouver petit à petit des bribes de son passé. Si les parties de dialogues ne sont pas très pertinentes, les interrogations de Eguchi et les diverses confrontations nous poussent à réfléchir, comme lui, au temps qui court et qui ne s'arrête pas. La beauté et la laideur, la jeunesse et la vieillesse, le chaud et le froid, l'insensé et le rationnel, les rêves et la réalité, tout est prétexte à se questionner et à ressentir cette concomitance entre tous les aspects de cette seule et unique pièce, la chambre.

    C'est un peu redondant mais la fin rattrape les quelques errances. Elle est brutale, nette, elle déstabilise mais prend tout son sens et offre à Eguchi une certitude formelle : la jeunesse n'est pas éternelle...
  • Le Vieil Homme et la Mer (1952)

    The Old Man and the Sea

    Sortie : 1952. Roman.

    Livre de Ernest Hemingway

    Mars 2015

    Oui, cette mer est pour le vieil homme.

    Une belle leçon de hardiesse, de persévérance, et d'authenticité. Un style simple, épuré, pour un vieil homme qui n'a pas besoin d'une immense épopée pour nous charmer, juste d'une partie de pêche entre la mer et lui. Le style est familier ce qui rend les scènes plus ancrées dans le réel. Hemingway donne à son personnage une aura très forte et singulière qui rend le récit passionnant. La relation que l'homme entretient avec le petiot fait sourire tout le long, ils sont généreux et s'apportent autant à l'un qu'à l'autre, un lien très fort les unissant. Le fait que le rapport s'inverse parfois (lui ayant besoin du petit pour diverses tâches) est touchant.

    Le bonheur réside dans les plaisirs simples...
  • Ceux qui vont mourir te saluent (1994)

    Sortie : 1994. Roman.

    Livre de Fred Vargas

    Mars 2015

    Mon premier Fred Vargas. Un très bon roman policier avec beaucoup de rebondissements et des personnages intéressants et très charismatiques. L'histoire prend du temps à se mettre en forme mais une fois rentré dedans, c'est très prenant. Le roman a l'avantage d'être court, ce qui laisse place à une succession d’événements plus ou moins attendus. Le style de l'auteur est abordable sans être trop simple et l'aspect religieux se marie très bien avec l'enquête policière. Les dialogues sont savoureux, surtout entre les trois zigotos. Il y a un cynisme récurent bien maîtrisé. Je le conseille pour les amateurs de suspense.
  • La Cité sans nom (1921)

    The Nameless City

    Sortie : novembre 1921. Nouvelle.

    Livre de H. P. Lovecraft

    Avril 2015

    Troublant, mystique, immersif, inquiétant, haletant. Si vous aimez les cités perdues, les fouilles, l'aventure ou les reptiliens, foncez. Je connais très peu Lovecraft, mais comme il est un des précurseurs de la littérature fantastique, j'aimerais m'y intéresser.

    C'est une nouvelle qui multiplie les descriptions angoissantes et entretient sans cesse une atmosphère noire où la "lecture" des fresques se déroule quasiment devant nous. C'est très imagé, la plume de Lovecraft entraîne le spectateur et ce toujours avec une réelle beauté enflammée. La cité sans nom est une nouvelle bien trop courte malheureusement tant le champ des possibles est étendu. J'ai beaucoup d'admiration pour ces auteurs qui, en plus d'être des créateurs à l'imaginaire infini, ont un style qui permet à notre esprit de glisser sur les mots avec aisance, à l'aide de phrases simples mais néanmoins très riches et foisonnantes.
  • Sa majesté des mouches (1954)

    Lord of the Flies

    Sortie : 1954. Roman.

    Livre de William Golding

    Mai 2015

    Des enfants perdus sur une île, les prémices d'un Lost où une bande de marmots tous plus différents les uns que les autres vont tenter de survivre en singeant les codes des adultes. Entre autorité fleurissante, lâcheté de masse, initiatives puériles et coups fourrés, Sa Majesté des Mouches promet au lecteur une montée en puissance magistrale de sa tension, où la situation va vite dégénérer face à cette toute nouvelle société dirigée par quelques leaders encore en couche-culotte.

    Le génie de cette oeuvre est d'avoir su, grâce à une maîtrise totale de son sujet et à une retranscription très fidèle des aspirations des adultes chez les enfants, créer la version miniature de notre monde. Juste après la seconde guerre mondiale, c'est d'une maturité folle de la part de William Golding. Deux camps radicalement opposés vont vite s'imposer sur l'île, celui de Jack et celui de Ralph, qui se tireront la bourre jusque dans les dernières pages, glaçantes de cruauté...

    (Pour ceux qui voudraient acheter le livre, je déconseille fortement la version Gallimard traduite par Lola Tranec. Il y a des fautes de frappe, de français, parfois la ponctuation est même inexistante. Le livre se termine sans point ; ce sont des petits riens qui font sortir du livre, un amateurisme peu commun.)
  • Le Procès (1925)

    Der Prozess

    Sortie : 1925. Roman.

    Livre de Franz Kafka

    Juillet 2015

    Un livre richissime, et beaucoup de regrets quand on sait que ce n'est sûrement pas du tout la version que Kafka aurait aimé donner au public - si volonté il y avait de publier "Le procès" dans son intégralité. Malgré une préface qui noie le poisson, c'est décevant. Cette dernière a tout de même le mérite de nous donner les clés, avant lecture, pour mieux appréhender le style qui pourrait paraître austère de Kafka et nous suggérer un humour subtil disséminé un peu partout.

    Je conseille cette incroyable théorie fataliste dans les rouages-broyeurs de la justice (injuste pour un individu, juste dans sa globalité ?), où l'adjectif kafkaïen prend tout son sens avec notre héros K. désabusé, au départ confiant puis totalement enseveli sous le ridicule d'un procès qu'il ne gagnera jamais. Un destin incohérent mais irrévocable, une tromperie universelle écrite avec beaucoup de nuances et une précision chirurgicale. Kafka tire de ses années de bureau et de paperasse un cynisme critique.

    Un peu rebuté au départ par le style très terre à terre et les nombreuses émanations philosophiques des personnages, c'est finalement avec mélancolie et le cœur serré (quelle fin...) que j'ai terminé le roman.
  • Construire un feu (1908)

    To Build a Fire

    Sortie : 1908. Nouvelle.

    Livre de Jack London

    Septembre 2015

    Un recueil de nouvelles que je vous conseille, "Construire un feu" est magistral dans sa manière d'aborder la fatalité avec cynisme, presque désinvolture de la part de Jack London, qui place l'homme devant ses propres échecs. Une belle plume, surtout lorsqu'il humanise nos amis les bêtes (lire l'Appel de la forêt si ce n'est déjà fait, incroyable Buck) et qu'il insuffle une âme en toute chose. Sa dernière nouvelle sur cette pauvre mais digne El-Sou, squaw par la force des choses, protégeant les valeurs de son défunt père au péril de son honneur et de sa vie, faisant péter les plombs et dépenser de l'or à foison au plus grand avare de l'humanité, qui sans cesse tente de s'en sortir mais rattrapée par sa destinée, est absolument génial à lire. Il aime martyriser nos semblables ce Jack !
  • La Métamorphose (1915)

    Die Verwandlung

    Sortie : 1915. Roman.

    Livre de Franz Kafka

    Octobre 2015

    "On ne s'intègre pas dans le rejet".
  • Gatsby le magnifique (1925)

    The Great Gatsby

    Sortie : 1925. Roman.

    Livre de F. Scott Fitzgerald

    Novembre 2015

    "Gatsby avait foi en cette lumière verte, en cet avenir orgastique qui chaque année recule devant nous. Pour le moment, il nous échappe. Mais c'est sans importance. Demain, nous courrons plus vite, nous tendrons les bras plus avant... Et, un beau matin... Et nous luttons, ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé."

    Oscar Wilde faisait état du désespoir des corps, Fitzgerald se joue du temps qui cristallise nos sens pour révéler le désespoir de l'âme humaine. Un livre à lire, comme une blessure au cœur, les plus meurtrières et la quintessence de notre existence.

    "Il m'adressa un sourire. Un de ces sourires rare, source d'éternel réconfort, comme on n'en rencontre que quatre ou cinq fois dans sa vie. Un sourire qui défiait -ou semblait défier - brièvement le monde entier, puis se focalisait sur vous comme s'il vous accordait un préjugé irrésistiblement favorable. Qui vous comprenait dans la mesure exacte où vous souhaitiez être compris. Qui croyait en vous comme vous auriez voulu croire en vous même."