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« Le cinéma substitue à nos regards un monde qui s’accorde à nos désirs. » Journal d’une cinéphile sur le septième art (2018)

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333 films

par Clara_Gamegie

314 films vus en 2017, sans compter les films vus plusieurs fois.
Pas mal des films visionnés au mois de Février concerneront des sorties salles 2017 qui n'ont pas beaucoup faits parlés d'elles, soit des films à petits budgets, des premiers films, des films mal distribués etc.

Janvier : 36 dont Les Vampires.
Février : 40. - Phantom Thread vu deux fois.
Mars : 35. - Annihilation vu deux fois.
Avril : 16.
Mai : 26.
Juin : 32.
Juillet : 29 dont Les Nibelungen.
Août : 24.
Septembre : 20.
Octobre : 15 - Jane Eyre vu 2 fois.
Novembre : 20.
Décembre : 29.
100ème film : Ready Player One.

Citation André Bazin.

Photo : The Tree of Life, Terrence Malick.
Vu deux fois : Mektoub, My Love, Jane Eyre, Split, Ready Player One, Annihilation.

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    Minority Report (2002)

    2 h 25 min. Sortie : . Science-fiction, action et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Tom Cruise, Colin Farrell, Max von Sydow

    01/01.

    Premier film de 2018. Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris un tel pied, et c’est parfait pour commencer l’année. L’œuvre est si incroyablement dense, ses niveaux de lecture si inépuisables que j’ai eu la sensation de le voir pour la première fois, alors que je le connaissais par cœur étant adolescente. Steven Spielberg possède ce talent rare qui est de toujours raconter des histoires de fond tout en maitrisant la forme. Bien souvent, si ce n’est toujours, ses films sont centrés autour de thématiques familiales, qui ici se déploient sous la forme d’une course virevoltante aux mouvements saccadés embrassant la caméra dans une interminable danse avec le spectateur. C’est si prenant qu’on a l’impression d’y être, et la photographie sublime, un peu crasse, surtout futuriste, azuré et froide retranscrit parfaitement la froideur d’une société de surveillance des masses. J’ai tellement hâte de voir Ready Player One à présent.

    Cette inlassable course poursuite présente un homme en quête de lui-même et de liberté, de remise en question éthiques et morales au sein d’un monde effroyable. C’est aussi un somptueux film sur le deuil et l’après. La société décrit dans Minority Report est peut-être la pire qu’il m’ait été donné de voir dans le genre sf, et le mode de fonctionnement des PreCrimes ce qu’il y a de plus dénaturé et inhumain. Mais c’est inévitablement brillant, en termes d’écriture, de sujet, chaque mouvement dramatique s’enchainant de façon fluide avec toujours quelque chose de surprenant, un retournement, quelque twist, ou un délicieux sous texte traçant une fine nuée d’humour noir. Tom Cruise incroyablement beau gosse et bon acteur et Max Von Sydow encore meilleur que chez Bergman.

    Un chef-d’œuvre.
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    Les Autres (2001)

    The Others

    1 h 45 min. Sortie : . Drame, fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Alejandro Amenábar avec Nicole Kidman, Alakina Mann, James Bentley

    02/01.

    Petit revisionnage et note inchangée. Ma foi un très bon thriller psychologique bien ficelé, qui détonne par le fait qu'il s'attarde plus sur la psyché des personnages, notamment celle de Nicole Kidman, véritablement centre névralgique de l'image et noyau de l'intrigue, que du côté de l'effroi. Alejandro Aménabar réarrange le cinéma d'épouvante à sa sauce, éparpillant de-ci de-là quelques clés des mécanismes du film d'horreur, mais c'est raffiné, avec la mise en place et la construction d'une ambiance gothique, de château hanté (on peut penser à Crimson Peak, qui vient après) tout en restant à la lisière du drame psychologique mêlé d'une vive satire de l'éducation chrétienne stricte et de ses dérapages, dimension qui m'avait échappé au premier visionnage.

    C'est même éreintant d'entendre Kidman tout le temps citer la bible et on a vraiment envie de plaindre ces beaux enfants vivant dans l'austérité de cet environnement sombre et de ces règles de conduite qui les empêchent de s'exprimer, d'être eux mêmes, finalement de vivre leur enfance. La fin est assez douce, avec un beau twist, puisque la thérapie se révèle concluante, finissant le film sur une touche de liberté et de paix retrouvée pour les membres de la famille.

    Bref un très bon film à suspense, pétri d'intentions cinématographiques étonnantes et de niveaux de lecture foisonnants.
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    Body Double (1984)

    1 h 54 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Brian De Palma avec Craig Wasson, Melanie Griffith, Gregg Henry

    03/01.

    C’est marrant parce que certains effets visuels me semblent empruntés directement au Voyeur de Michael Powell, mais utilisés façon Brian de Palma. Chez le cinéaste, il y a toujours cette touche de sensualité et de passion qui le rapproche de Verhoeven, sauf que j’ai toujours trouvé De Palma bien plus féministe, du moins sa vision de la femme me plait beaucoup, notamment dans Pulsions – la scène du musée et tout ce que le silence dit de la solitude de cette femme et de son statut de mère au foyer est magnifique. Bref, ne nous attardons pas sur Pulsions.

    Je suis un peu déçue de ce film ci, je m’attendais à l’adorer mais l’attrait a été moindre, la première heure est très très longue avec plein de temps morts, et la psychologie du personnage principal peu construite pour autant. Mais le dialogue autour de l’obsession, du désir de possession, notamment grâce aux effets visuels empruntés à Powell est certainement l’axe le plus riche et savoureux du film. Le cinéaste manie la mise en scène en mettant l’accent sur les corps, le travestissement, délivrant ainsi un long-métrage de chair dévorante possédant une atmosphère animale très palpable.

    Comme tous les films voyeurs, Body Double parle au spectateur de cinéma qui se retrouvera dans la position de Jake Scully et de cette soumission consentante au pouvoir de l’image et de la caméra. Un visionnage qui m’a peu captivé je l’avoue, mais somme toute pas mal de choses intéressantes.
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    Moulin Rouge (2001)

    Moulin Rouge!

    2 h 07 min. Sortie : . Drame, comédie musicale et romance.

    Film de Baz Luhrmann avec Nicole Kidman, Ewan McGregor, John Leguizamo

    03/01.

    +1 bien mérité, et je crois retour à la note initiale.

    Moulin Rouge est une merveilleuse histoire d’amour à la mise en scène déjantée. C’est bien un des films que j’ai visionné le plus de fois dans ma vie, parce que c’est le métrage favori de ma sœurette, et parce que malgré le ressort tragique de l’histoire, cette euphorie, cette caméra virevoltante, ce côté baroque me font un bien fou. Et aussi parce que ça réconforte un peu d’être spectatrice de telles intensités de sentiments, c’est juste beau à voir. Le cinéaste est connu pour mettre en scène les amours impossibles : Roméo Montaigu et Juliette Capulet dans Roméo + Juliette, Satine et Christian dans Moulin Rouge ainsi que Jay Gatsby et Daisy Buchanan dans Gatsby Le Magnifique.

    Je n’aime pas vraiment ses autres films, mais celui-ci me fascine par son côté naïf et volontairement pathétique, lourdement romantique à travers le personnage de Christian, par ces chansons que tout le monde connait et moi la première, par cette mise en scène sous lsd, ces effets sonores exagérés, ses personnages excentriques (l’incroyable performance de Jim Broadbent, des danseurs du Moulin Rouge et de leur dimension Freak Show), son côté carte postale Belle Epoque qui en font un visionnage mémorable et une expérience visuelle et émotionnelle sans précédent.
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    Le Grand Jeu (2018)

    Molly's Game

    2 h 20 min. Sortie : . Biopic, policier et drame.

    Film de Aaron Sorkin avec Jessica Chastain, Idris Elba, Kevin Costner

    04/01.

    Voilà un film un peu particulier et inutilement bavard. La séance fut néanmoins agréable et j’ai passé un bon moment au sein de ce métrage qui parle pour ne rien dire. Aaron Sorkin est incontestablement brillant, je l’avais étudié en cours comme un des maitres scénaristes contemporains, mais Le Grand Jeu reste un film indigeste dont on ressort en se disant « Et alors, quoi ? »

    Jessica Chastain, la Reine des femmes de poigne, l’archétype de la féministe luttant contre le patriarcat, campe son rôle à merveille et j’aurais presque envie de dire qu’elle sauve le film par sa prestance, sa capacité à tonner ses répliques, à les enchainer énergiquement et à nous embarquer dans une histoire dont le ressort dramatique est finalement faible et dispensable.

    Le personnage de Molly se suffit à lui-même, et sa backstory, son lien avec son père, ne fait que s’ajouter au reste et aux informations scénaristiques déjà chargées, pour finir dans une sorte de morale et de thérapie assez mièvre. Mais j’apprécie l’absence de romance, moi qui suis toujours la première à adorer les histoires d’amour, car pour le coup, c’est rafraichissant et audacieux de conter le destin d’une femme à travers autre chose que ses relations passées ou présentes et de la présenter, vraiment, comme une Circé envoutant et dirigeant l’âme des hommes, choix scénaristique qui colle vraiment au personnage. Idris Elba tire vraiment bien son épingle du jeu. Dans l’ensemble, une déception, mais une actrice incroyable et quelques belles idées.
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    Sugar Man (2012)

    Searching for Sugar Man

    1 h 26 min. Sortie : . Biopic.

    Documentaire de Malik Bendjelloul avec Stephen 'Sugar' Segerman, Dennis Coffey, Mike Theodore

    05/01.

    Bon, je ne vois pas trop le rapport avec mon cours d’info-communication et la théorie des blancs de Wolfgang Iser, mais c’est pas grave. D’un point de vue formel, le socle du documentaire, à base d’interviews et de paroles rapportées, me dérange un peu, et provoque des longueurs, mais peut-être n’est-ce que moi. Ce film m’a néanmoins permis de découvrir un artiste magnifique, et il y a, incontestablement, des choses sublimes. Je le conseille d’autant plus que c’est le seul métrage de Malik Bendjelloul qui s’est suicidé en 2014, et par bien des aspects, lorsqu’on visionne le film en connaissant ce fait, on a l’impression qu’il parle plus de lui que de Sugar Man, le message politique, les clés sur l’esseulement étant distillées de ci de là un peu partout.

    Mais le portrait de cet homme incroyable, à l’âme infinie, travailleur et honnête, est vraiment de ceux qui restent en mémoire. Le cinéaste construit toute une mythologie autour de lui – le film étant constitué de trois parties – afin que son arrivée soit un ravissement de l’ordre du phantasme, une apparition inespérée, comme s’il revenait d’entre les morts. Il est à plusieurs reprises filmé comme le Messie, en pèlerinage, par le biais de longs travellings horizontaux, et cette dimension-là est très intéressante sur le statut iconographique de la star en général. Bref, un beau métrage et un artiste que je ne manquerai pas d’écouter en révisant ce fameux partiel.
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    Fargo (1996)

    1 h 38 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Ethan Coen et Joel Coen avec Frances McDormand, William H. Macy, Steve Buscemi

    08/01.

    Je trouve ce film brillant et virtuose, c’est tellement, tellement drôle et mené de main de maitre, la mise en scène et les visuels sont magnifiés du nappage blanchâtre des étendues sauvages et hivernaux du Minnesota. Ça fait longtemps que je n’avais pas tant savouré ce type d’humour caustique, que j’adore mais qui se fait de plus en plus rare. C’est pour cela que le cinéma des Frères Coen, ce cinéma de loosers magnifiques, est si fascinant : parce qu’il allie les sujets les plus graves, la douleur la plus sourde, à ce regard désabusé, ironique et politiquement incorrect.

    Ce tableau impitoyable de l’Amérique profonde est d’autant plus impactant que les codes scénaristiques du polar sont sans cesse contournés et mis à mal de façon à mettre en exergue la maladresse des personnages, qui ne réagissent jamais comme on l’attend dans ce type de film là (genre quand ils arrivent pour kidnapper la femme, mais le gars se pose devant la baie vitrée en mode pépère et pas discret). Car ils ne le peuvent pas, ils semblent eux-mêmes spectateurs de leur mode de vie et de leur routine sans éclat. Ils sont à côté, jusqu’à la fin et les paroles de Marge qui prennent le contrepied de tout ce qui a été dit et montré avant, formant une parole d’espoir solennel. Maintenant je meurs d’envie d’entendre Frances Mc Dormand dire « Yeahhhhh, Oh yaaa » dans tous ses films, et de la découvrir dans ce fameux Three Bilboards Outside Ebbing, Missouri qui m’a l’air assez fou. Difficile de me prononcer mais je crois qu’il s’agit de leur meilleur film aux côtés d’Inside Llewyn Davis.

    Sublime. Un grand film.
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    Memories of Murder (2003)

    Salinui Chueok

    2 h 10 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Bong Joon-ho avec Song Kang-ho, Kim Sang-Kyung, Kim Roe-ha

    09/01.

    Critique.
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    Inland Empire (2006)

    3 h. Sortie : . Expérimental, drame, fantastique et thriller.

    Film de David Lynch avec Laura Dern, Jeremy Irons, Justin Theroux

    10/01.

    Rassurez-vous, j’ai pas bien compris non plus. Il faut dire que c’est difficilement lisible, pas inintéressant, mais un peu long pour ce que ça raconte. Certaines thématiques sont belles, notamment celle de la traite des femmes de l’est, et en termes de film féministe, de femmes en proie à l’aliénation dans un monde d’hommes, le discours est parlant. Tout, dans Inland Empire, à commencer par les hallucinations, prend une force menaçante. On se sent attaqué de part et d’autre par l’oppression environnante, tiraillé, et le conscient et l’inconscient sont difficilement discernables au sein du surréalisme constant. C’est à la fois beau parce que révélateur, et agaçant, car j’ai la sensation d’avoir rencontré ces thématiques dans les films qui précèdent, du coup, je ne sais s’il s’agit d’une redite ou du point culminant de son cinéma. Probablement les deux.

    Mais il y a de très belles choses : à commencer par le visuel, que je trouve tout bonnement somptueux. Ces effets de lumières, ces couleurs chaudes et marquées, entre le bleu et le rouge, font du visionnage une véritable expérience oculaire. Les jeux de clair-obscur sont aussi très marquants. Il y a du mystère, comme toujours chez Lynch, bien trop ici sans doute mais la rencontre du début avec cette voisine étrange, une Mystery Girl, reste délicieusement énigmatique.

    Je n’ai pas envie de taper sur le film car je n’ai pas trouvé ça inintéressant, graphiquement c’était très beau, et Laura Dern, que j’apprécie grandement, est fantastiquement abstruse et saisissante. Mais oui, c’est pas très lisible quand même et la dernière heure est éprouvante. C’est le problème de Lynch, il a tendance à oublier que le spectateur fait partie du film, lui aussi.
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    Le Tombeau des lucioles (1988)

    Hotaru no Haka

    1 h 29 min. Sortie : . Animation, drame et guerre.

    Long-métrage d'animation de Isao Takahata avec Tsutomu Tatsumi, Ayano Shiraishi, Yoshiko Shinohara

    11/01.

    Oui, bon, voilà je suis en pls. Comment rédiger un avis un tant soit peu élaboré après avoir vu un tel film ? J’ai toujours retardé mon visionnage du Tombeau des Lucioles, qu’on me décrivait souvent comme « trop triste », et j’avais peur de l’effet que pouvait me faire le film. J’ai effectivement trouvé cela infiniment triste, mais aussi infiniment beau, un mélodrame véritable aux allures de testament historique dénonçant l’horreur de la guerre. Les dessins, les tracés sont sublimes du début à la fin, un authentique ravissement pour les yeux, notamment dans les jeux de couleurs relatifs aux lucioles qui symbolisent à la fois la fragilité de leur existence chancelante, mais aussi les avions de chasse, qui leur ressemblent grandement. Les lucioles sont donc une forme de rappel de la précarité de leur vie enfantine sous la forme onirique d’une allégorie de la fuite. Donc oui, dans l’idée et la mise en scène, c’est franchement sublime.

    C’est si violent par moments que ça parait presque trop cruel, mais en fait non, car c’est juste une peinture de vérité, la représentation d’une époque à travers le mélodrame. L’œuvre est profondément habitée, que ce soit par ces enfants auxquels on s’attache très rapidement et pour qui on s’inquiète tout du long. Et même dans la plus vive malchance, il y a des moments gracieux de bonheur et de fraternité, qui honnêtement, m’ont comblé et déchiré le cœur. Et qui m’ont fait du bien, dans un sens. J’ai aussi beaucoup apprécié la représentation de la culture japonaise et ce soin apporté à la nourriture, l’alimentation, rappelant toujours ici et là combien elle est capitale à la survie de ces enfants.

    Un très, très beau film qui ne laisse pas indemne.
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    Le Trou (1960)

    2 h 12 min. Sortie : . Policier, drame, historique et thriller.

    Film de Jacques Becker avec Michel Constantin, Jean Keraudy, Philippe Leroy

    12/01.

    Alors attention parce que ça va spoiler de partout, et avec passion. Pour commencer, je prierai Gaspard d’aller gentiment décéder dans un coin, ce dernier ayant gagné la palme d’or du personnage de fiction que je déteste le plus de ma vie – du moins il est dans mon Top 10.

    Le Trou est un chef-d’œuvre, qui m’a absorbé tant l’action est nouée de tension et d’enjeux personnels inouïs. Du fait que c’est en partie un huis-clos, on se sent à proximité des personnages avec qui on construit une relation de confiance, en même temps qu’eux qui essaient de s’acclimater à ce satané Gaspard-de-mes-deux. On se sent proche d’eux, et à certains moments, la tension est véritablement insoutenable, aussi parce qu’ils ne sont jamais présentés comme des criminels, mais comme des gens « normaux » - et c'est là que le film est brillant et libertaire. Ils creusent, et creusent encore et on s’inquiète, on les observe, le souffle coupé, respirer hâtivement un air de liberté et on a la sensation de sentir l’air frais avec eux. La mise en scène est si méticuleuse et retransmet une impression de réalisme qu’on retrouve par moments chez Bresson dans Pickpocket, qui de même, est une peinture de vérité façonné avec beaucoup d’égards et de soin.

    Soin que l’on retrouve notamment dans les détails, avec la farandole d’inserts sur Roland le bricoleur et ses tours de passe-passe qui lui vaudrait d’être embauché direct chez Leroy Merlin, et sur les simples petits gestes du quotidien liant ces personnages incroyablement attachants dans la même galère, d’où ma forte empathie envers eux. Un monument de cinéma que je n’oublierai pas de sitôt – j’ai failli mettre la note maximale, qui sait peut-être un jour.
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    La Comtesse aux pieds nus (1954)

    The Barefoot Contessa

    2 h 08 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Joseph L. Mankiewicz avec Humphrey Bogart, Ava Gardner, Edmond O'Brien

    13/01.

    Vu hier matin au cinéma.
    Alors ce visionnage fut vraiment somptueux à bien des égards – mais, petit bémol, un peu ennuyeux. Déjà, découvrir le cinéma d’antan sur grand écran est un vrai délice, surtout en ce qui concerne Ava Gardner qui est vraiment magnifiée de bout en bout par Mankiewicz. Mais j’ai quand même trouvé ce film un peu long et inutilement bavard. Ça parle, ça parle et ça ne s’arrête jamais, il y a pas mal de temps morts où l’on décroche un peu et je pense que l’intrigue aurait mérité d’être resserrée – le film dure tout de même 2h11. Mais c’est beau, parce qu’il y a toute une réflexion autour de la star qui rejoint les thématiques de mon mémoire, dans la construction et l’incarnation d’un modèle et phantasme sociétal. Sauf que Mankiewicz s’attache à nous montrer « l’envers du décor » : c’est, véritablement, la personne privée derrière la star, la comtesse en apparence, mais en vérité, la femme simple, aimant marcher pieds nus, proche de ses racines et en quête de vérité dans un monde totalement artificiel.

    La satire sur l’industrie du cinéma, notamment sur les producteurs est incroyable et m’a fait penser à mon cours sur l’hégémonie des producteurs hollywoodiens que j’étais justement en train de réviser pour mes partiels la veille. Mais surtout, si le film se démarque, ce n’est pas tant grâce à Ava Gardner qui est indubitablement délicieuse et parée de beaux habits scintillants qui lui donnent l’air d’une véritable reine, mais grâce à la performance d’acteur folle de Humphrey Bogart : j’ai été complètement chamboulée par un tel charisme, une telle présence qui fait que je me languissais de le voir apparaitre à l’écran. Il est sublime, émouvant, et rejoint ainsi le panthéon des grands acteurs hollywoodiens. Le duo qui les unissait était magnifique.

    Une belle découverte.
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    Retour vers le futur (1985)

    Back to the Future

    1 h 56 min. Sortie : . Comédie et science-fiction.

    Film de Robert Zemeckis avec Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson

    Séances de cinéma (1 salle)
    14/01.

    Note inchangée.

    Je me souviens encore de mon premier visionnage. C’était il y a quelques années, je n’étais pas très cinéphile, c’était en tout cas avant que je fasse mon école de cinéma. Je me souviens de ce visionnage comme un des plus hilarants, j’étais morte de rire, pliée en deux du début à la fin et en même temps enchantée et comblée par la structure scénaristique du film, par tout ce que l’œuvre a à offrir outre son humour ravageur. Je n’ai pas vraiment d’analyse à faire dans cette annotation, car tout a déjà dit maintes fois par la critique, mais je garde en mémoire les purs moments de gaieté que Marty Mc Fly et le Doc Brown m’ont donné. Retour vers le Futur est un objet de culte et à raison, tout y est si brillant en termes de pop culture et de film générationnel, de vision adolescente, un véritable petit cocktail explosif et euphorique.

    L’humour de Retour vers le futur joue beaucoup sur l’identification, et à chaque fois que Marty effectue telle ou telle action, je ne peux m’empêcher de penser à ce que moi je ferais à sa place, et en fait je réagirais probablement de la même manière. Le duo principal me comble totalement, avec du recul j’ai du mal avec ce léger sexisme et la représentation de la femme à travers la mère de Marty dont le seul argument pour tomber amoureuse d’un homme est que celui-ci soit « fort » et l’épate physiquement, mais si on replace l’œuvre dans son contexte de 1955, ça fait plutôt sens et donc je passe outre aisément.

    Bref, le revoir à nouveau était vraiment savoureux et vu que j’ai mes partiels demain, c’était approprié, j’avais grand besoin de me détendre.
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    Black Mirror : Blanc comme neige (2014)

    Black Mirror : White Christmas

    1 h 13 min. Sortie : . Science-fiction et thriller.

    Téléfilm de Carl Tibbetts avec Jon Hamm, Rafe Spall, Oona Chaplin

    17/01.

    Peu d'annotation jusqu'en mars. En fonction de mes disponibilités par rapport au travail. A savoir que la plupart des films suivants, visionnés en janvier et février le sont dans le cas de mon stage aux Fiches du Cinéma justement.
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    La Princesse des Glaces (2018)

    Snezhnaya koroleva 3: Ogon i led

    1 h 20 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et science-fiction.

    Film de Aleksey Tsitsilin avec Dee Bradley Baker, Lori Gardner, Devin Bailey Griffin

    19/01.

    Projection presse à Universal Pictures dans le cadre de mon stage aux Fiches du Cinéma. La critique de ce film sera disponible dans la revue Les Fiches du Cinéma en février.
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    Cloud Atlas (2012)

    2 h 52 min. Sortie : . Aventure, drame et science-fiction.

    Film de Lilly Wachowski, Lana Wachowski et Tom Tykwer avec Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent

    21/01.

    Note inchangée.
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    3 Billboards, les panneaux de la vengeance (2018)

    Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

    1 h 56 min. Sortie : . Comédie, policier et drame.

    Film de Martin McDonagh avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell

    21/01.

    Je ne trouve pas que 3 Billboards soit tant un film de vengeance (à la manière d’un Tarantino par exemple, puisqu’il s’agit de sa thématique principale) plutôt qu’un film sur la justice pour pallier les carences du système. Il y a une différence notable entre « vengeance » et « justice », c’est d’ailleurs pour cela que le titre original ne comporte pas « Les Panneaux de la Vengeance », remercions donc les distributeurs français de raconter n’importe quoi.

    Par système, j’entends bien sûr le système policier mais pas seulement, puisque 3 Billboards est avant tout une peinture des minorités et de la façon dont on peut faire entendre sa voix lorsque celle-ci est ignorée, qui est plus lorsqu’on est perdu dans le Missouri. La beauté du film réside dans le fait que la gravité des évènements est sans cesse contrebalancée par le rire, un rire sombre, légèrement cynique, qui m’a plus d’une fois fait penser aux Frères Cohen et à Fargo, notamment par rapport à Frances McDormand – j’imagine que c’est pour cette raison qu’elle a été castée par Martin McDonagh.

    Mais je trouve le scénario assez déceptif, l’intrigue empreinte des voies qu’elle ne résout pas, balance des échos qui ne trouvent pas de réponses. Et même si au fond, il ne s’agit pas d’un simple « whodunit », je m’attendais à plus, et j’ai été assez déçue par cette fin si abrupte. Quant à Woody Harrelson, il est si type-casté que je fus peu charmée par ce rôle dans lequel j’ai l’impression de l’avoir vu mille fois. Frances McDormand est par contre très poignante et émouvante dans ce rôle de poigne plein de répartie et d’insolence. Un bon film quoi qu’il en soit.
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    Donnie Darko (2001)

    1 h 53 min. Sortie : . Drame et science-fiction.

    Film de Richard Kelly avec Jake Gyllenhaal, Jena Malone, Holmes Osborne

    21/01.

    Une critique viendra sans doute.
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    Skhizein (2008)

    13 min. Sortie : mai 2008. Animation.

    Court-métrage d'animation de Jérémy Clapin avec Julien Boisselier

    22/01.

    Très joli petit court métrage de douze min abordant avec délicatesse les troubles psychiques, de la personnalité (ici, il s'agit de schizophrénie). Je suis tout de même moins dithyrambique que la plupart des avis que j'ai lu, mais ça n'en reste pas moins poétique et impactant.
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    Dalida (2017)

    2 h 04 min. Sortie : . Biopic, drame et comédie musicale.

    Film de Lisa Azuelos avec Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve

    23/01.

    Comme je disais, j’ai dû visionner ce long métrage pour le travail, car je devais retoucher une critique précédemment écrite aux Fiches du Cinéma. A titre informatif, pour moi qui ne connaissais pas du tout Dalida, le film est intéressant, touchant dans un sens, la vie de la chanteuse étant marquée par bien des drames, surtout amoureux. Mais du coup c’est plus sa vie qui me touche que le film qui la raconte.

    D’un point de vue formel, c’est une petite catastrophe. Ce n’est pas du tout créatif narrativement ou stylistiquement, il y a peu de jeux de lumières – alors qu’il y aurait tout un travail à faire autour de l’aura de la star – ni de grande réflexion sur la mise en scène qui se borne à filmer des événements de manière linéaire. La structure scénaristique et le postulat de départ (les témoignages) n’est pas poussé jusqu’au bout et donc pas abouti. L’actrice principal est pas mal mais ce n’est pas Cotillard dans La Môme, clairement, et son jeu a bien moins d’éclat et de portée.

    Pas grand-chose à dire de plus, ce n’est pas un visionnage marquant, c’est pas un bon film, mais c’est moins « pire » que ce que je pensais (je pensais être encore plus sévère que cela). Disons que c’est un film de facture classique marqué par une certaine absence d’inventivité, dans la veine des biopics sur Yves Saint Laurent, qui plaira peut-être tout de même à certains fans de la star.
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    Jackie (2016)

    1 h 40 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Pablo Larraín avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig

    24/01.

    Note inchangée. + petit cœur.
    De même que pour mon visionnage de Dalida hier après-midi, je devais regarder Jackie afin de corriger le résumé d’une critique aux Fiches pour l’Annuel de cinéma. Je garde de ce nouveau visionnage un sentiment vraiment positif. Je n’ai jamais été profondément charmée par le film, ou bouleversée car je trouve qu’à bien des égards sa structure scénaristique est quelque peu artificielle, mais c’est, dans l’ensemble, une jolie réussite et un mini coup de cœur. Natalie Portman irradie la caméra de bout en bout, on reste accrochée à elle, et on se prend d’empathie pour cette femme qui n’apparait pas comme l’ex première dame, mais simplement comme une femme qui vient de perdre son mari.

    C’est ce sur quoi le film joue le plus : le président est vu à travers le prisme d’une femme ordinaire dont la seule « erreur » si je puis dire, a été d’épouser un Kennedy. La photographie est somptueuse et met d’autant plus en valeur l’actrice principale par des atours somptueux et flatteurs. Une grande émotion se dégage de ce film, qui est plus un film sur le deuil qu’un biopic sur un couple présidentiel. La musique, lyrique et omniprésente, dû au violon et à ses sonorités chagrinées, aide à mettre en lumière l’intériorité de Jackie. Je suis contente d’avoir revu Jackie, parce que j’ai passé un moment agréable, et je dirais même que je l’ai plus apprécié maintenant – ayant eu tant d’avis dessus en un an, dont celui des Fiches et de mon directeur de mon mémoire – que lors de sa sortie au cinéma.
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    Fences (2016)

    2 h 19 min. Sortie : . Drame.

    Film de Denzel Washington avec Denzel Washington, Viola Davis, Stephen Henderson

    25/01.

    Spoilers. Bon, au bout d’une demi-heure, j’ai commencé à décrocher. Pour reprendre les mots d’un de mes collègues, quel est l’intérêt de faire du « théâtre filmé sans envergure ? » Je m’explique. Où est la mise en scène ? Il n’y en a pas. Il y a des prestations d’acteurs et d’actrice incroyables, mais le film est éteint. Le personnage principal est insupportable, quand il fait son petit discours moralisateur à son fils comme quoi il n’a pas à l’aimer (il passe son temps à faire ça de toute façon, c’est le ciné de l’apitoiement – j’avais envie de le frapper). Et je ne vois pas l’intérêt de se contenter de filmer un scénario sans aucune prise de risque scénique et créative. Les deux heures et demi de visionnage sont abominablement longues, chiantes, et voilà ce qu’on en retient.

    Du coup, on ne prête plus attention au sujet du film qui est super beau en soi, révélateur d’une époque, d’une culture, et de bien des inégalités. Mais on s’en fout, parce que ça reste profondément moralisateur et chiant, qu’il n’y a aucune inventivité, qu’il s’agit d’un enchainement de dialogues et d’interactions sans saveur entre des personnages qui bavardent beaucoup trop. Difficile de voir plus loin que ça. Quelques passages émeuvent tout de même, notamment lorsque le couple Rose & Troy traversent une crise liée à l’adultère de celui-ci. La toute dernière scène, marquant la réunion de la famille – des enfants - pour la toute première fois, est assez belle aussi, puisque construite autour de l’absence du patriarche, centre névralgique du long métrage, comme s’il fallait que celui-ci disparaisse afin que la famille soit enfin épanouie.

    Dans l’ensemble, éprouvant.
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    Split (2016)

    1 h 57 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de M. Night Shyamalan avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley

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    Nuages épars (1967)

    Midaregumo

    1 h 48 min. Sortie : . Drame.

    Film de Mikio Naruse avec Yūzō Kayama, Yôko Tsukasa, Mitsuko Kusabue

    26/01.

    Je réserve mon avis car j'ai deja rédigé ma critique qui sera disponible dans l'Annuel du Cinéma 2018. https://livre.fnac.com/a10366676/Collectif-L-annuel-du-cinema-2017
    Quoi qu'il en soit, un très beau Naruse ! (et son dernier métrage sous forme de doux conte immoral)
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    Le Cercle - Rings (2017)

    Rings

    1 h 42 min. Sortie : . Drame et Épouvante-horreur.

    Film de F. Javier Gutiérrez avec Matilda Anna Ingrid Lutz, Vincent D'Onofrio, Alex Roe

    26/01.

    Rien à dire écoutez, ce film est une hérésie.
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    Pentagon Papers (2018)

    The Post

    1 h 56 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Meryl Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson

    27/01.

    Un film admirable. En effet, un beau tableau de la liberté de la presse, mais pas que. J’ai trouvé le film très parlant en tant que portrait et satire du monde du travail, de la chaine créatrice partant des hauts placés aux petites mains artisanales des usines. C’est formidable, car on voit tour à tour la PDG, le rédacteur en chef, le stagiaire qui se fait manœuvrer, le rédacteur « non assigné » et quelque peu transparent, et tous les entre-deux. Le film repose sur la mise en scène si travaillée et spielbergienne de son cinéaste, avec des cadres aux petits oignons, notamment lorsqu’il s’agit de plans d’ensemble. C’est juste une démonstration de mise en scène, c’est beau. Et bien sûr, porté par deux acteurs au sommet : qui mieux que Tom Hanks dans ce rôle énergique ? (Je l’ai même trouvé meilleur que Meryl Streep).

    C’est un film qui m’a rendu fière, à mon petit niveau donc, d’être stagiaire au sein d’une rédaction de presse et de critique de cinéma, justement parce que ma revue défend à de multiples niveaux cette liberté d’expression et d’opinion qui est si importante dans une démocratie, qu’on parle de cinéma ou de politique. Et bien sûr, le film ne manque pas de montrer les failles du système, avec une morale sublime desservie par la tout aussi belle Carrie Coon : « La presse défend les gouvernés, pas les gouvernants. »

    Et plutôt contente de voir trois membres du casting de Breaking Bad (Gale, le néo nazi blond-dont-je me-souviens-plus-le-nom-parce-que-voilà, et of course Saul ! – Spielberg doit être fan de la série).
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    Shutter Island (2010)

    2 h 18 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley

    27/01.

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    Gummo (1997)

    1 h 29 min. Sortie : . Drame et comédie dramatique.

    Film de Harmony Korine avec Jacob Sewell, Nick Sutton, Lara Tosh

    28/01.

    Bon, c’est tout de même très particulier, mais vraiment intéressant, en tout cas un visionnage mémorable avec une empreinte et une vision unique. Par contre, quand bien même vous n’aimeriez ne serait-ce qu’un tout petit peu les félins, c’est le genre de films qui va vous traumatiser. Le long métrage est innervé de tortures de chats du début à la fin, avec des plans ultras graphiques. Harmony Korine n’épargne rien, et dessine un tableau sans concession des communautés us livrées à elles-mêmes. En termes de constat social, il y a un bel engagement, et quelque chose de très très vrai. Moi qui déteste Spring Breakers, parce que c’est une ode au néant, là je trouve que le cinéaste a le mérite de s’intéresser à des personnes dont tout le monde se fout et de livrer un discours politique impactant sur les inégalités et le morcellement des populations.

    Malheureusement, on retrouve toujours cette veine de provoc’ gratuite, de sublimation du néant, qui fait que je ne suis pas tout à fait conquise. Korine fait plus que souligner l’horreur d’une communauté laissée à elle-même, il la vénère, la cultive et l’érige au rang de sacré. Et ça me dérange, parce que cette ambiguïté fait qu’on se demande s’il désire les voir rester dans ce mode de vie, ou en sortir. Et ayant vécu vingt ans en province et en partie dans un patelin perdu, je connais ce genre de communautés : et croyez-moi qu’il n’y a rien de sacré ou de branché dans ce qu’ils vivent. Il essaie de faire du dégueulasse quelque chose d’esthétisant, sauf que c’est impossible. Les plans sont recherchés, travaillés, mais ça reste laid. Puis la torture de chats, au bout d’une heure et demi, ça commence à lasser plus qu’autre chose, il y a d’autres aspects à la vie des Hillbillies.
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    À propos d'Elly (2009)

    Darbareye Elly

    1 h 56 min. Sortie : . Drame.

    Film de Asghar Farhadi avec Golshifteh Farahani, Shahab Hosseini, Taraneh Alidousti

    28/01.

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    Sailor & Lula (1990)

    Wild at Heart

    2 h 05 min. Sortie : . Road movie et romance.

    Film de David Lynch avec Nicolas Cage, Laura Dern, Willem Dafoe

    29/01.

    Voilà un petit bijou gorgé de sensualité, et un visionnage très agréable. On se prend d’amitié pour ce couple envoutant, pour ces scènes d’amour exquises et stylisées, le tout dans une sorte de road trip esthétisant et émancipateur autour d’une jeunesse désœuvrée. Je trouve Laura Dern magnifique et sexy à souhait, bon Nicolas Cage ressemble toujours autant à rien mais le rôle lui sied à merveille, vraiment, ce petit couple de Bonnie & Clyde est très réussi.

    David Lynch m’a surpris avec cette sensualité débridée, là où je ne l’attendais pas. Je suis rarement conquise par les scènes d’amour au cinéma, car je trouve ça souvent assez froid, austère ou même ridicule, mais ici ce n’est tellement pas le cas. La passion de Saïlor et Lula est palpable de bout en bout. On y sent, comme dans beaucoup des films du cinéaste, l’omniprésence constante et l’emprise de la famille puritaine face à ces jeunes qui rêvent d’autre chose, d’un ailleurs. On retrouve aussi la patte atmosphérique de ses longs métrages, ces apparitions inexpliquées et personnages ambigus en la personne de Willem Dafoe. Bref, ce fut un moment de cinéma très plaisant et ça me conforte dans l’idée que David Lynch est un de mes cinéastes favoris. Et l’apparition de Sheryl Lee à la fin est tellement kitsch et réjouissante.

    Sexy.