Le grotesque

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115 films

par OVBC

Cette liste a pour but de définir et de montrer ce que peut être le grotesque au cinéma.

Il est (devenu) un art comique déviant ayant pour but de montrer un personnage ou un objet invraisemblable, excentrique ou extravagant situé dans un contexte qu'on peut qualifier de normal. Etrange, bizarre, le grotesque contraste, se distingue en sa qualité d'irréalité, ou du moins de fantastique. Souvent outrancier et absurde, il dépasse l'entendement pour tourner au mauvais goût, parfois extrêmement macabre.
Quand je dis comique, ce n'est pas sa qualité principale. Le grotesque ne fait pas toujours rire au contraire. En revanche, il amène une réalité toujours surprenante et ambigu. Le grotesque inquiète le spectateur, assez pour le mettre en état de moquerie risible et de malaise effroyable.

Je reprends un passage de Wikipédia : " Le grotesque est devenu un élément majeur de la création désabusée ou délirante au XXe siècle. (...)
Le grotesque, dont le repérage dans les textes est rarement certain, est surtout reconnaissable à un effet de vertige produit par les œuvres."

Je reprends aussi un passage de Tom_A : " Le grotesque chez Victor Hugo en parle comme de l'envers du sublime (à ce titre il faut lire sa Préface de Cromwell) : le grotesque aujourd'hui, c'est l'irruption, au sein d'un univers préalablement établi dans ses règles, d'un élément (objet, personnage, voir situation) "monstrueux" suscitant un effet de grincement, de décalage ou de bizarrerie.
Ce n'est sûrement pas parfait, mais ça me permet de différencier le grotesque comme élément de création de son utilisation abusive comme adjectif péjoratif, synonyme de ridicule, comme on le lit souvent."

D'abord une notion architecturale, et même un style issu de la Renaissance unissant des motifs disparates - le meilleur exemple du grotesque étant la gargouille, le grotesque est une notion souvent péjorative, qualifiant par là une situation abusive, démesurée, souvent illégitime et injustifiable. Le grotesque est aussi un style très prisé dans certaines communautés comme la mouvance gothique. Cette liste se propose donc avant tout de réhabiliter ce que je considère comme étant un art comique bizarre, avec à la clé des personnages inoubliables.

Synonyme : Grand-guignol. Le terme davantage consacré au macabre, le meilleur exemple qui me vient à l'esprit sont "Les contes de la crypte".

Etymologiquement, Grotesque vient de Crotesque, "ornement capricieux" (XVIème siècle).

La petite histoire voudrait qu'un jeune Romain à la fin du XVème tombât dans un trou pour se retrouver dans une grotte aux peintures surprenantes. Ce fut une découverte archéologique inopinée qui cachait en fait la Domus Aurea (la Maison de l'Âge d'Or) construite par Néron : http://tendimag.files.wordpress.com/2012/04/f27-domus-aurea.jpg
Attention : si vous tapez "maison de l'âge d'or" dans votre moteur de recherche, il est fort probable qu'on vous oriente vers une maison de retraite.

Il ne reste plus qu'à vous souhaiter la bienvenue dans le cabinet de curiosité du cinéma !

Les axes dégagés par la liste (un petit signe est accolé pour mieux repérer) :

▲ Les personnages grotesques : le monde du spectacle est une cible privilégiée, puis la bourgeoisie, puis les personnages zélés qui deviennent cyniques et, enfin, les crapules (+ une sous-catégorie ▲▲ pour les personnages grotesques dans les films d'horreur). Quoique tout cela se recoupe suffisamment...
► Le grotesque gore ou grand-guignol : un cran au-dessus dans le macabre : monstres en tous genre, profusion sanguine... ou au contraire le glissement vers le malaise et l'étrange, voire vers des sociétés secrètes, médicales (+ une sous-catégorie ► ► concernant Tim Burton)
▬ Le grotesque absurde : quand le nonsense côtoie le malaise.
◄ Une situation grotesque

(si vous souhaitez que cette liste se développe, apprécier ou commenter de sorte que j'y repasse de temps en temps : un clic, un commentaire = une avancée. C'est comme ça que ça marche.)

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    Boulevard du crépuscule (1950)

    Sunset Boulevard

    1 h 50 min. Sortie : . Film noir.

    Film de Billy Wilder avec William Holden, Gloria Swanson, Erich von Stroheim

    ▲ LES PERSONNAGES GROTESQUES

    ◘ Le monde du spectacle.

    Le personnage et l'environnement de Norma Desmond, un des plus beaux personnages qu'il m'ait été donné de voir, correspond au versant macabre de cette liste. En effet, actrice de renommée internationale, oui mais d'une renommée disparue il y a près de 20 ans, Norma Desmond a gardé tout le faste de sa vie, tout en reposant sur une illusion. Son monde est un mensonge pour éviter qu'elle périsse. En témoigne alors ce pourrissement d'équilibriste, entre l'extravagance surannée et la bête asociale des étoiles internationales, le monde disparu se dérobe sous nos yeux inquiets.
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    Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? (1962)

    What Ever Happened to Baby Jane?

    2 h 14 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Robert Aldrich avec Bette Davis, Joan Crawford, Victor Buono

    Proposé et commenté par Aurea :

    "J'avais presque oublié à quel point la face morbide de Bette Davis, magistrale, pouvait être terrifiante, revêtant un masque de folie digne des plus grands muets.
    Face à elle, Joan Crawford, saisissante Blanche, nous paraît démunie, vulnérable et fragile, aux prises avec un personnage qui n'a plus rien d'humain.

    Un film mené de main de maître, où la violence psychologique nous évoque un autre très beau film, Sunset Boulevard, ou les affres d'une star déchue.
    Un duel inoubliable."

    Extrait : http://www.youtube.com/watch?v=--RI7tlWuaM
  • L'Antisémite (2012)

    1 h 35 min. Sortie : 2012. Comédie.

    Film de Dieudonné avec Dieudonné, Jacky Sigaux, Olivier Girard

    ▲ C'est un cas un peu particulier que Dieudonné car son caractère grotesque, mélange de je-m'en-foutisme, d'idéaux réactionnaires et de cynisme, me rappelle aisément le prophète de Network. D'une moralité supposément ambivalente, Dieudonné n'est cependant pas si paradoxal ou si complexe. En témoigne, par exemple, son film : multiple, contradictoire, chaotique, une fange d'où n'émerge que la résignation et l'aigreur et dont il n'est pas possible de penser quoi que ce soit de raisonnable.

    Anarchiste de droite ? Il y a comme ça des étiquettes qui reviennent pour qualifier sa ligne de conduite mais le propre de l'anarchiste de droite est d'envoyer valser toutes les étiquettes tout en en collant un paquet sur le dos des autres.

    C'est une personne et un personnage profondément individualiste et excédé qui, moi, me fascine... en tant qu'artiste, d'un point de vue purement formaliste, mais certainement pas d'un point de vue politique, alliant la solidarité patriotique, la réconciliation nationale à la défiance sarcastique.

    On est très loin des Nabe et des Edern-Hallier.
  • Hitler, la naissance du mal (2003)

    Hitler : The Rise of Evil

    3 h 05 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et guerre.

    Téléfilm de Christian Duguay avec Robert Carlyle, Stockard Channing, Jena Malone

    Ce n'est pas que le film raconte beaucoup de bêtises mais presque. En fait, c'est sa conception complètement idéalisée - voire fantasmée - d'Adolf Hitler en monstre sanguinaire et psychotique qui, à mon sens, révèle une facette que je n'avais encore point vue du personnage. Faut dire aussi que le burlesque humaniste de Chaplin était passé totalement à côté.

    C'est encore Trotsky qui en parle le mieux dans "Qu'est-ce que le national socialisme ?" :

    "Au début de sa carrière politique, Hitler ne se distinguait, peut-être, que par un tempérament plus énergique, une voix plus forte, une étroitesse d'esprit plus sûre d'elle-même. Il n'apportait au mouvement aucun programme tout prêt, si ce n'est la soif de vengeance du soldat humilié. Hitler commença par des injures et des récriminations contre les conditions de Versailles, la vie chère, le manque de respect pour le sous-officier méritant, les intrigues des banquiers et des journalistes de la foi de Moïse. On trouvait dans le pays suffisamment de gens qui se ruinaient, qui se noyaient, qui étaient couverts de cicatrices et d'ecchymoses encore toutes fraîches. Chacun d'eux voulait frapper du poing sur la table. Hitler le faisait mieux que les autres. Il est vrai qu'il ne savait pas comment remédier à tous ces malheurs. Mais ses accusations résonnaient tantôt comme un ordre, tantôt comme une prière adressée à un destin inflexible. Les classes condamnées, semblables à des malades incurables, ne se lassent pas de moduler leurs plaintes, ni d'écouter des consolations. Tous les discours d'Hitler étaient accordés sur ce diapason. Une sentimentalité informe, une absence totale de rigueur dans le raisonnement, une ignorance doublée d'une érudition désordonnée : tous ces moins se transformaient en plus. Cela lui donnait la possibilité de rassembler toutes les formes de mécontentement dans la besace de mendiant du national-socialisme, et de mener la masse là où elle le poussait. De ces premières improvisations, l'agitateur ne conservait dans sa mémoire que ce qui rencontrait l'approbation. Ses idées politiques étaient le fruit d'une acoustique oratoire. C'est ainsi qu'il choisissait ses mots d'ordre. C'est ainsi que son programme s'étoffait."

    Quel beau portrait, de sorte qu'on puisse voir au travers de ces gestes nerveux et emphatiques le sommet du ridicule... qui se retrouve assez bien dans la bd "Quai d'Orsay" au travers de la caricature de Dominique de Villepin, alors sinistre des Affaires Etrangères.
  • Bande-annonce

    Snowpiercer – le Transperceneige (2013)

    Seolgungnyeolcha

    2 h 06 min. Sortie : . Action, drame et science-fiction.

    Film de Bong Joon-ho avec Chris Evans, Song Kang-ho, Ed Harris

    Ménagère et dictatrice.
    L'histoire en elle-même dont le concept est fou mais suscite l'empathie.
  • Bande-annonce

    Network - Main basse sur la TV (1976)

    Network

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Sidney Lumet avec Faye Dunaway, William Holden, Peter Finch

  • Bande-annonce

    À l'origine (2009)

    2 h 10 min. Sortie : . Drame.

    Film de Xavier Giannoli avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, SoKo

    A bien y songer, dans "A l'origine", il y a un peu de grotesque aussi dans le protagoniste principal, surtout quand il s'agite de tous ses membres dans la boue alors que son projet d'autoroute, c'est du vent. Ce n'est pas que ça mais disons que l'escroc/imposteur sincère a quelque chose d'intéressant dans cette liste.

    Aurea : "Oui, le personnage de Cluzet a aussi quelque chose de grotesque, c'est vrai, et il croit à ce projet dur comme fer, de même que Marguerite est sincère dans sa passion jusqu'au bout et en devient suprêmement émouvante."
  • Bande-annonce

    Le Cinquième Élément (1997)

    The Fifth Element

    2 h 06 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Luc Besson avec Bruce Willis, Gary Oldman, Ian Holm

    Exemple-type du grotesque mainstream - comme quoi c'est possible. Le méchant, vraiment méchant, est aussi con que dangereux. Les autres méchants aussi. Et...
    Le présentateur, Don Juan effeminée, mégalomane et extravagant, est remarquable dans sa dualité, à la fois sans distance et produit du système.
  • Bande-annonce

    Hunger Games (2012)

    The Hunger Games

    2 h 22 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Gary Ross avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth

    présentateur et certains protagonistes
  • Bande-annonce

    La Valse des pantins (1982)

    The King of Comedy

    1 h 49 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Jerry Lewis, Diahnne Abbott

  • Bande-annonce

    Balada Triste (2010)

    Balada Triste de Trompeta

    1 h 47 min. Sortie : . Comédie, drame et Épouvante-horreur.

    Film de Àlex de la Iglesia avec Carlos Areces, Antonio de la Torre, Carolina Bang

  • Bande-annonce

    Delicatessen (1991)

    1 h 39 min. Sortie : . Comédie et fantastique.

    Film de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro avec Dominique Pinon, Marie-Laure Dougnac, Jean-Claude Dreyfus

    Proposé et commenté par guillaumeDecory :

    "Sur ce film, les personnages sont clairement de l'ordre du grotesque et de l'absurde. L'image du boucher en particulier, filmé en gros plan (un peu façon fisheye), nous donne vraiment cette impression de personnage grotesque (visage bouffi et peu attrayant)."
  • Bande-annonce

    Le Créateur (1999)

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Albert Dupontel avec Claude Perron, Albert Dupontel, Philippe Uchan

  • Bande-annonce

    Cowboy (2007)

    1 h 36 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Benoît Mariage avec Benoît Poelvoorde, Gilbert Melki, François Damiens

    ▲ Proposition et commentaire de Shamanlemiaou :

    Premièrement, le personnage Daniel Piron, révolutionnaire isolé, désabusé glissant fréquemment vers des élans de mauvais goût se lance dans un projet aussi insensé que glauque.

    Rappel de l'intro : "Le grotesque ne fait pas toujours rire au contraire. En revanche, il amène une réalité toujours surprenante et ambigu. Le grotesque inquiète le spectateur, assez pour le mettre en état de moquerie risible et de malaise effroyable."

    C'est un des films, voire le film par excellence, qui m'a procuré ces sensations. Le rire jaune, la pitié et le malaise sont ce que récolte Daniel de notre part. Grotesque il le devient à mesure qu'il s'enfonce dans son délire, qu'il s'éloigne de la réalité en refusant l'évidence.
  • Renatus, prof et obsédé sexuel (1997)

    Der Busenfreund

    1 h. Sortie : 1997.

    Documentaire de Ulrich Seidl

  • L'Esprit de Caïn (1992)

    Raising Cain

    1 h 31 min. Sortie : . Policier, drame, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de Brian De Palma avec John Lithgow, Lolita Davidovich, Steven Bauer

    ▲ Proposé et commenté par Bobododo :

    "Dans L'esprit de Caïn, De Palma y va cash, et assume totalement ses délires, en sortant un film vraiment aux portes du nanar. Le grotesque est présent partout, que ce soit dans le surjeu de Lithgow, jouant près de 4 personnages aux caractères différents voire opposés, dans ses multiples autoréférences qui ne cessent de se croiser et qui passent pour des parodies des scènes marquantes de ses films précédents, dans l'histoire complètement débile et tordue de A à Z, dans la musique de Donaggio, qui fait limite porno à des moments ou bien évidemment la réalisation totalement outrancière, parfois digne d'un téléfilm, gros pied de nez au détracteurs de Brian ... Je pense qu'on pourrait en dire encore plus, mais la base est là."
  • Bande-annonce

    Carambolages (1963)

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Marcel Bluwal avec Jean‐Claude Brialy, Louis de Funès, Michel Serrault

    ▲ ◘ La bourgeoisie ou les riches par extension

    De Funès divise aujourd'hui comme il a divisé hier. Pourquoi ce surjeu ? Ces mimiques qui ont fait de lui, de sa représentation dans la mémoire collective un pantin aux longs bras et au nez pointu ? C'est en relisant la bande dessinée "Quai d'Orsay" que m'est revenu l'image de De Funès.

    http://storage.canalblog.com/33/66/297633/61310800.jpg

    Oh bien sûr, il n'a pas la taille menaçante d'un terroriste villepiniste mais... jusqu'à un certain point quand même. D'ailleurs je suis étonné qu'il n'est pas joué davantage le rôle d'homme politique parmi toute sa panoplie de rôles bourgeois ou petits-bourgeois (homme d'affaire, directeur, restaurateur, gendarme, commissaire, rentier, industriel, compositeur, maître de ballet mais aussi des rôles d'imposteurs empruntant les travers et les allures de ces mêmes métiers).
    On le dit voleur de rôles car il emportait tout avec lui et l'on ne voyait plus que lui. Une sorte de siphon pour les talents... Pour ma part, ce sont ses airs démesurés et sa préférence pour l'humour querelleur qui m'amène à me questionner sur l'oeuvre de Funès dans l'histoire de la comédie. Plus personne n'ose jouer comme il jouait et De Funès n'a eu aucun enfant spirituel (Poelvoorde ?). Même au travers de sa mort, il continue d'aspirer les rôles. Et si quelqu'un faisait dans la démesure, les onomatopées grognées et le bizarre répétitif, on dirait de lui qu'il a voulu imiter De Funès.
    Je m'interroge sur le côté bariolé du personnage, pas vulgaire mais saturé et égocentrique. Carambolages m'a semblé parfait pour symboliser cette bataille d'ego qui tourne à la débandade industrieuse où le PDG n'est qu'un paranoïaque averti. Dans un certain sens, je trouve que toute l'oeuvre perfectionniste de Funès amène à s'interroger sur le côté outrancier et grotesque dans le sens où il dépasse les limites de l'entendement et d'une communication normale. Il a l'air normal mais, guidé par l'enquête, l'ambition ou la névrose, il est redoutable, une espèce de Don Quichotte gesticulatoire... et si immobile que c'en est désolant ou bien désopilant.

    Bien sûr, je ne limite pas De Funès au grotesque car il a utilisé, je pense, toutes les ficelles genrées de la comédie au travers de sa façon de faire. Personnellement, De Funès m'a toujours inquiété au point de ne jamais rire...
  • Bande-annonce

    Le Dîner de cons (1998)

    1 h 20 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Francis Veber avec Thierry Lhermitte, Jacques Villeret, Francis Huster

    Séances de cinéma (1 salle)
  • Bande-annonce

    Gatsby le magnifique (2013)

    The Great Gatsby

    2 h 23 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan

  • Bande-annonce

    Marguerite (2015)

    2 h 07 min. Sortie : . Comédie, drame et comédie musicale.

    Film de Xavier Giannoli avec Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau

    Proposé par Aurea

    Sublime aveugle applaudie de tous et moquée de tous. L'idiote médiatique.
  • Bande-annonce

    Le Loup de Wall Street (2013)

    The Wolf of Wall Street

    3 h. Sortie : . Biopic, comédie dramatique et policier.

    Film de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Margot Robbie

    Proposé et commenté par Youli

    ▲ "J'ai pensé très fort à Las Vegas Parano pendant tout le film avant d'apprendre que... Jordan Belfort s'était inspiré de Hunter S. Thompson pour écrire son livre). La bande-annonce décrit très bien le film : extrême de grotesque et de cynisme. C'est pas inintéressant mais ça a ses limites je trouve...
    En fait, je crois que le cynisme (avec lequel j'ai du mal) annihile la force du grotesque (que j'apprécie beaucoup plus). Mais le film a au moins le mérite de ne pas y aller avec le dos de la cuillère.."
  • Bande-annonce

    Toute la vie devant soi (2008)

    Tutta la vita davanti

    1 h 57 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Paolo Virzì avec Isabella Ragonese, Micaela Ramazzotti, Massimo Ghini

    ▲ ◘ Les personnages zélés

    Daniela, Emilio

    Cette scène aussi est pas mal dans le genre : http://www.youtube.com/watch?v=i_hSN-EGovk

    C'est tout le paradoxe d'appartenir à un groupe et d'être conditionné jusqu'à l'effroi par lui.
  • La classe ouvrière va au paradis (1971)

    La classe operaia va in paradiso

    2 h 05 min. Sortie : . Drame.

    Film de Elio Petri avec Gian Maria Volontè, Mariangela Melato, Gino Pernice

  • Bande-annonce

    Judge Dredd (1995)

    1 h 36 min. Sortie : . Action, policier, science-fiction et thriller.

    Film de Danny Cannon avec Sylvester Stallone, Armand Assante, Rob Schneider

    Sans doute que le personnage ne trouve pas toute la dimension grotesque qu'il devrait avoir, sans doute que le film se complaît dans son approche frontale mais toujours est-il que Judge Dredd, comme officier et juge immédiat, est un sérieux concurrent avec son humour noir et ses répliques dignes de slogans fascistes.
  • Bande-annonce

    RoboCop (1987)

    1 h 42 min. Sortie : . Action, policier et science-fiction.

    Film de Paul Verhoeven avec Peter Weller, Nancy Allen, Dan O'Herlihy

    ▲ Le robot patrouilleur Enforcement Droid Series 209 ou ED209 est un des protagonistes que je trouve étrangement attachant.

    Objet robotique de répression issu de la recherche scientifique que OCP a hypocritement chargée pour mettre un terme à l'insécurité, son développement a coûté de nombreux millions pour des résultats.... disons exagérément catastrophiques, à tel point qu'il est assujetti à des dysfonctionnements maladroits, des comportements incohérents par rapport à sa technologie supposée à la pointe du développement. C'est aussi un objet de gaspillages, un tas de ferraille de plus qui affame la population. Il intervient dans deux scènes principales :

    La première est celle-ci : http://www.metacafe.com/watch/2195975/robocop_the_unrated_demonstration_of_ed_209_in_action/

    J'adore le mélange de cette scène : la taille inadaptée de l'engin, les nombreux savants qui s'affolent, le chacun pour soi, la violence démesurée, le bruit final que fait ED209 à la fin de son action, la fumée qu'il dégage et la tête dépitée du dirigeant Dick Jones.

    La seconde, là voici : http://vimeo.com/69804770

    ED209 ne sait pas descendre un escalier malgré sa technologie et finit par brailler comme un bébé capricieux.

    On le retrouve dans Robocop 2 où il finit aussi de manière ridicule par rapport à la menace brutale initiale que ED209 représente (cet abruti ne sait faire que des sommations, citer des lois et est lourdement armé pour faire face à des délits mineurs).
    Sa fonction grotesque, on peut le dire, suscite le malaise mais ED209 a surtout une autre fonction pour Verhoeven : il accentue la satire qui occupe une place prépondérante dans Robocop et sans laquelle Robocop ne serait qu'un film d'action anodin. Et quand ça tire, Verhoeven ne fait pas semblant.

    D'autres éléments bizarres viennent s'insérer ponctuellement dans le premier film : un méchant déformé par des produits chimiques explose lorsqu'il est renversé par une voiture, un clip-leitmotiv ultra-populaire et débilitant montre un pépé entouré de nanas siliconées "J'en prendrais pour un dollar", les scènes où Robocop fait la leçon aux enfants ou encore la scène où, pour arrêter un viol, Robocop vise l'entre-jambe de l'agresseur.
    Tous ces éléments mis bout à bout ont pour but de distinguer et d'accentuer par un humour particulier le côté épique, christique, le côté héros intègre de Robocop, ainsi que de ses amis.

    Dernier point, Robocop est issu de l'échec du projet ED209.

    I ♥ U ED209 !
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    OSS 117 : Rio ne répond plus (2009)

    1 h 39 min. Sortie : . Aventure et comédie.

    Film de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Louise Monot, Rüdiger Vogler

    Toujours mi-figue mi-raisin, l'expression du visage sert beaucoup pour donner le ton de la scène, quitte à être caricatural. Le but, aura-t-on remarqué, ce sera de toujours se regarder jouer (comme chez les Monty Python) tout en jouant, tout en passant d'un registre à l'autre.

    Pour nous, spectateurs, nous regardons alors deux films en même temps. Non seulement, on se moque des codes qui font les film d'espionnage : costumes toujours impeccables, mises en scène machiste, cascades téléphonées, manichéismes et autres éléments outrageants pour tout cinéphile. Mais OSS 117 est également un vrai film où les scènes sont à chaque fois une surprise : soit elles sont sérieuses, soit elles sont à vocation comique, soit elles glissent du sérieux au comique - l'inverse étant assez plombant si on veut garder le ton dynamique de la comédie.

    Toujours est-il qu'il est ouvert un monde nouveau et toute une palette émotionnelle pour la comédie française. C'est pourquoi je qualifie OSS117 de néo-parodie, de parodie nouvelle qui veut offrir un spectacle de qualité. Ce n'est pas parce qu'on veut se moquer des genres qu'il faut tomber systématiquement dans leurs indigences présupposées.

    Pour moi, OSS 117 fait parti de l'histoire du cinéma pour toutes ces raisons savantes. Derrière OSS 117, il y a Jean-François Halin : auteur des Guignols de l'info et de 7 jours au Groland, il a travaillé sur Rire et Châtiment puis sur les deux volets d'OSS 117 avant de travailler sur Philibert. Ce monsieur est un fin gourmet de l'humour qui joue tantôt sur les codes, même ceux de la parodie elle-même, pour les détourner vers d'autres tonalités, d'autres compositions. Il a franchi à mes yeux une étape supérieure sur le long chemin de la conscience humaine qui se fout de sa propre gueule.

    ▲ Il y a une scène que j'adore à m'en faire rire aux éclats de cacahuète, c'est la scène du dîner à l'improviste dans OSS 117 Rio ne répond plus. Mis à part les outrages naturels propres au personnage, sa suffisance, son zèle, poussés à l'extrême parvienne à un comble. L'absurdité de la situation le met assez bien en relief : il prend conscience de ce qu'il fait mais en même temps... son orgueil est plus fort que lui.

    http://www.wat.tv/video/oss117-rio-ne-repond-plus-19u4r_2g4oh_.html

    Je prends cette scène pour l'exemple mais c'est tout le personnage qui est grotesque, ainsi que l'administration qui l'envoie en mission.

    ▲ Une autre scène : http://www.youtube.com/watch?v=z4TUYCFKyZ4
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    Las Vegas Parano (1998)

    Fear and Loathing in Las Vegas

    1 h 58 min. Sortie : . Comédie et road movie.

    Film de Terry Gilliam avec Johnny Depp, Benicio Del Toro, Tobey Maguire

  • Bande-annonce

    The Big Lebowski (1998)

    1 h 57 min. Sortie : . Comédie et policier.

    Film de Joel Coen avec Jeff Bridges, John Goodman, Julianne Moore

  • Bande-annonce

    Precious (2009)

    1 h 50 min. Sortie : . Drame.

    Film de Lee Daniels avec Gabourey Sidibe, Mo'Nique, Paula Patton

    ▲ Dans Precious, pas d'intention d'humour grotesque et ... pourtant, moi ça me fait sourire.

    Il paraît que les canaux du plaisir emprunte les mêmes chemins que pour la douleur. Precious est l'exemple parfait du ridicule qui ne tue pas... mais fait plutôt rire.

    Et puis, il faut bien l'avouer, mettre "Precious" entre Scarface et le Joker, ça a de la gueule... Désolé, hum. Reprenons.
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    Monty Python : Le Sens de la vie (1983)

    Monty Python's the Meaning of Life

    1 h 47 min. Sortie : . Comédie et sketches.

    Film de Terry Gilliam et Terry Jones avec Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam

    En 2013, les Monty Python reviennent après 30 ans d'absence. C'est l'occasion pour toute une nouvelle génération de les découvrir et, surtout, de découvrir leur humour si particulier, parfois dada, un peu nonsense, un peu cadavre exquis, voire macchabée gouleyant, parfois un humour distancié en chapeau-melon, chefs-d'oeuvre du second degré permanent, burlesque distingué, parfois perdant tous nos repères depuis l'enfance. Oh, bien sûr, il y a eu des moutures recomposées avec plus ou moins les membres des Monty mais cet humour n'a jamais été totalement recréé depuis "Le sens de la vie", ce film qui montre, par sketch, les principales phases de l'absurdité de l'existence.
    Démesurés, les Monty Python le sont assurément. Inquiétant, beaucoup moins car leur jeu consiste avant tout à ne jamais croire ou s'intéresser à ce qu'ils font.
    La seule fois où ils étaient impliqués, c'était dans le cadre de la quête du Graal et cela a donné lieu à un humour plus burlesque et absurde.

    Nous l'aurons compris, c'est l'absurdité qui est le fil d'Ariane des Monty. L'absurdité sous toutes les coutures... Le "nonsense", plus précisément. Il est caractérisé par une mise en situation soignée, voulue réaliste, mais un ou plusieurs éléments sont volontairement singulier, voire incohérent par rapport à cette situation (ex : un match de football dont les joueurs sont des philosophes).

    L'absurdité... Et notamment en passant par le grotesque. Oh bien sûr, ce n'est pas la marque de fabrique la plus explicite de la troupe (ils évitent à vrai dire tout ce qui peut installer un malaise ou une inquiétude) mais quelques exemples valent bien d'être cités.

    Si vous en connaissez d'autres, je suis preneur. Pour l'instant, j'en observe un.

    ▲ Le très célèbre Mr. Creosote du Sens de la vie est un homme obèse qui commande dans son restaurant habituel tout ce que son estomac peut avaler... Voire un peu plus. Puisqu'il est habitué à régurgiter de manière exponentielle puis explose. Dans ce sketch, les Monty y vont sans détour - une fois n'est pas coutume. Creosote, démesuré dans son pantalon, est le fabricant de malaise mais il n'est pas le seul. C'est davantage le fonctionnement normal du restaurant qui entretient cette orgie gastronomique - un décalage du mauvais goût qui dépasse l'entendement, ne serait-ce le film de Ferreri, "La Grande Bouffe", scandale de 1973.

    http://www.youtube.com/watch?v=0fqOlq_KM98