Les jolis bouts.

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44 livres

par J. Z. D.

J'ai envie.

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    Belle du Seigneur (1968)

    Sortie : 1968. Roman.

    Livre de Albert Cohen

    Et n'oublie pas de parler de départ ivre vers la mer, retiens bien ces cinq mots. Leur effet est miraculeux. Tu verras alors frémir la pauvrette. Choisir pays chaud, luxuriances, soleil, bref association d'idées avec rapports physiques réussis et vie de luxe. Partir est le maître mot, partir est leur vice. Dès que tu lui parles de départ, elle ferme les yeux et elle ouvre la bouche. Elle est cuite et tu peux la manger à la sauce tristesse.
  • 2

    L'Étranger (1942)

    Sortie : 1942. Roman.

    Livre de Albert Camus

    La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.
  • 3

    Gilles (1939)

    Sortie : décembre 1939. Roman.

    Livre de Pierre Drieu La Rochelle

    Il se rappela ce corps parmi les vêtements saccagés. Corps charmant dont la maigreur ourlée et mouvante s'offrait si bien à composer des images de pillage et de défaite.
  • 4

    Les Confessions (1782)

    Sortie : 1782. Autobiographie & mémoires.

    Livre de Jean-Jacques Rousseau

    "J'oserai le dire, qui ne sent que l'amour ne sent pas ce qu'il y a de plus doux dans la vie. Je connais un autre sentiment, moins impétueux peut-être, mais plus délicieux mille fois, qui quelquefois est joint à l'amour, et qui souvent en est séparé. Ce sentiment n'est pas l'amitié seule ; il est plus voluptueux, plus tendre. Ceci n'est pas clair, mais il le deviendra dans la suite ; les sentiments ne se décrivent bien que par leurs effets."
  • 5

    À rebours (1884)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Joris-Karl Huysmans

    Jamais, sans que de nerveuses larmes lui montassent aux yeux, il n'avait pu se répéter "les Plaintes de la jeune fille", car il y avait dans ce lamento, quelque chose de plus que de navré, quelque chose d'arraché qui lui fouillait les entrailles, quelque chose comme une fin d'amour dans un paysage triste.
  • 6

    Le Roi Lear (1606)

    King Lear

    Sortie : 1606. Théâtre.

    Livre de William Shakespeare

    KENT
    Oh, fut-elle émue ?

    LE GENTILHOMME
    Mais sans perdre le sens ! Le sang froid, le chagrin
    Rivalisant pour dire ses grâces ! Vous auriez cru
    Pluies et soleil ensemble, car son sourire, et ses larmes,
    C'était cela, en mieux. Les heureux sourires
    Qui jouaient sur ses lèvres, ces fruits mûrs,
    Ne semblaient rien savoir des hôtes de l'oeil
    Qui, eux, perlaient du sein d'un diamant. Ah, bref,
    Si la souffrance allait aussi bien à tous,
    Elle serait précieuse, on l'adorerait.
  • 7

    D'un château l'autre (1957)

    Sortie : 1957. Roman et récit.

    Livre de Louis-Ferdinand Céline

    Elle est pas vilaine cette petite... je la regarde mieux... elle est habillée en vedette... vedette de l'époque, mi-Marlène, mi-Arletty... jupe très moulante... le sourire aussi... vedette ! attention !... sourire pas pour rire ! mi-mutin mi "je vais me suicider"...
  • 8

    Tortilla Flat (1935)

    Sortie : 1935. Roman.

    Livre de John Steinbeck

    L'après midi s'installa avec autant de discrétion que l'âge chez un homme heureux. Un peu d'or se mêla à la lumière du soleil. La baie prit une teinte bleue plus intense et se couvrit de courtes lames, soulevées par le vent de terre. Les pêcheurs solitaires, qui se figurent que le poisson mord à marée haut, abandonnèrent leurs rochers et furent remplacés par d'autres pêcheurs convaincus que le poisson mord à marée basse.
  • 9

    Les Jeunes Filles (1936)

    Sortie : 1936. Roman.

    Livre de Henry de Montherlant

    Elle dit, pour dire autre quelque chose :
    - Six pièces... Est ce que ce n'est pas un peu grand ?
    - Mais non. Salon, salle à manger, mon bureau, ma chambre, une chare-débarras, et puis l'autre chambre, le "tombeau de la femme inconnue"...
    - Le "tombeau" ? Seriez-vous Barbe-Bleue ?
    - Non, "tombeau" dans l'autre sens. Un double sens. La pièce où les femmes tombent. Et la pièce où tombent leurs illusions.
  • 10

    Du côté de chez Swann (1913)

    Sortie : 1913. Roman.

    Livre de Marcel Proust

    Il commençait à se rendre compte de tout ce qu'il y avait de douloureux, peut-être même de secrètement inapaisé au fond de la douceur de cette phrase, mais il ne pouvait pas en souffrir. Qu'importait qu'elle lui dît que l'amour est fragile, le sien était si fort! Il jouait avec la tristesse qu'elle répandait, il la sentait passer sur lui, mais comme une caresse qui rendait plus profond et plus doux le sentiment qu'il avait de son bonheur.
  • 11

    Jude l'obscur (1896)

    Jude the Obscure

    Sortie : 1896. Roman.

    Livre de Thomas Hardy

    "Non, dit Jude; c'était dans sa nature d'agir ainsi. Le docteur prétend qu'on voit surgir au milieu de nous des garçons comme lui - une espèce inconnue des générations précédentes et qui sont le résultats des manières de voir nouvelles. Ils sentent tout les terreurs de la vie avant d'être assez âgés pour avoir la force de leur résister. C'est peut être le commencement du désir universel de ne pas vivre."
  • 12

    La Femme et le Pantin (1898)

    Sortie : 1898. Roman.

    Livre de Pierre Louÿs

    Quiero est un verbe étonnant qui veut tout dire. C'est vouloir, désirer, aimer, c'est quérir et c'est chérir. Tour à tour et selon le ton qu'on lui donne, il exprime la passion la plus impérative ou le caprice le plus léger. C'est un ordre ou une prière, une déclaration ou une condescendance. Parfois, ce n'est qu'une ironie.

    Ou.

    "Ah ! Monsieur ! dit-il, prenez gardes aux femmes ! Je ne vous dirai pas de les fuir, car j'ai usé ma vie avec elles, et si ma vie était à refaire, les heures que j'ai passées ainsi sont parmi celles que je voudrais revivre. Mais gardez-vous, gardez-vous d'elles !"
    Et comme s'il avait trouvé une expression à sa pensée, Don Mateo ajouta plus lentement :
    "Il est deux sortes de femmes qu'il ne faut connaitre à aucun prix : d'abord celle qui ne vous aiment pas, et ensuite, celles qui vous aiment. Entre ceux deux extrémités, il y a des milliers de femmes charmantes, mais nous ne savons pas les apprécier."
  • 13

    Vente à la criée du lot 49 (1966)

    The Crying of Lot 49

    Sortie : 1966. Roman.

    Livre de Thomas Pynchon

    Peut être allait-elle continuer à faire joueur des muscles psychiques qui n'existaient plus ; un fantôme d'elle-même la trahirait en se moquant d'elle, la même sensation que celle de l'amputé qu'un membre disparu tracasse. Un jour peut être, elle remplacerait ce qu'elle avait perdu par une prothèse : une robe d'une certaine couleur, une phrase dans une lettre, ou un autre amant.
  • 14

    Victoire (1915)

    Victory

    Sortie : 1915. Roman.

    Livre de Joseph Conrad

    "Des stratagèmes de la vie le plus cruel est la consolation de l'amour ; le plus subtil aussi ; car le désir est le lit des rêves."
  • 15

    Psyché (1927)

    Sortie : 1927. Roman.

    Livre de Pierre Louÿs

    - La tristesse intime, c'est le doute, l'esprit critique, l'hésitation à sentir et à juger. Ayons quinze ans ! Tranchons nos opinions ! Disons : ceci est criminel, et cela est sublime ; cette statue est et celle là elle est admirable ; hier j'étais désespéré, aujourd'hui je suis fou de joie ! Voilà des phrases criées par des coeurs heureux !
    - Tu as raison. Je t'aime ainsi.
    - Pour rien au monde je ne voudrais avoir l'esprit critique ! Le visage de ceux qui le possèdent suffit à m'en dégoûter.
  • 16

    Aurélien (1944)

    Sortie : 1944. Roman.

    Livre de Louis Aragon

    Une rafale de jalousie le traversa : "Je voudrais tuer votre passé, - dit-il.
    - Pourquoi ça ? Je n'aurais plus rien à vous raconter... à vous sacrifier..."

    Amoureux, toi ? Depuis, quand ?
    - Je ne sais pas... huit heures du soir...

    Bérénice dit : "A quoi songiez-vous ? Dites... tout de suite... sans réfléchir..."
    Il répondit : "J'aimerai mieux me tuer que de vous répondre...."

    Nous avons passé ensemble près de trois mois, la fin de l'hiver, l'arrivée du beau temps. Ca y est maintenant, le beau temps est revenu. On se quitte. Je penserai toujours très doucement à ces trois mois-là.

    "Enfin, ce n'est pas à moi de faire la morale, mais ce pays est devenu tellement dissolu ! Ce n'est plus un plaisir d'avoir des vices..."

    Au fond, sans se l'avouer, il avait très bien pris la tentative de suicide de Blanchette, qui avait redonné sens et parfum à leurs rapports.
  • 17

    Aveux et anathèmes (1987)

    Sortie : 1987. Essai.

    Livre de Emil-Michel Cioran

    Au milieu de ces centaines phrases merveilleuses, la plus jolie doit être :

    "La grande, la seule originalité de l'amour est de rendre le bonheur indistinct du malheur."

    J'ai aimé aussi, juste là :

    "Entre l'épicurisme et le stoïcisme, pour lequel opter ? Je passe de l'un à l'autre, et, le plus souvent, je suis fidèle aux deux à la fois, - ce qui est ma manière d'épouser les maximes qu'affectionna l'Antiquité avant le déferlement des dogmes."
  • 18

    Journal d'un raté (2011)

    Sortie : 2011. Journal & carnet et récit.

    Livre de Edouard Veniaminovitch Limonov

    "J'ai toujours été pauvre. J'aime être pauvre, ça fait artiste, bohème. Être pauvre, c'est beau. Et comme vous savez, je suis un esthète. Il y a une forme d'esthétisme dans la pauvreté.
    Parfois, j'ai l'impression de manger des natures mortes hollandaises. Pas toutes bien sûr : les plus pauvres. Une pomme de terre froide en robe de chambre reposant solitaire et exquise sur un plat ovale pâle, à côté d'un quignon de pain gris plus un oignon drôlement, horriblement vert, et du sel pétillant.
    [...]
    J'aime beaucoup être pauvre. Me demander une matinée entière si je vais aller au cinéma. [...] Ou bien si je vais promener ma faim dans le Village dont chaque porte te submerge d'effluves nouvelles et originales. J'aime tant être pauvre... Un pauvre de trente-quatre ans, strict, propre, soignée, totalement seul en vérité. Et j'aime ma quiète tristesse à ce sujet. Et mon mouchoir blanc dans la poche."

    On retrouvera ça dans la critique, si elle existe !
  • 19

    Au-dessus de l'abysse (1927)

    Blue Voyage

    Sortie : 1927. Roman.

    Livre de Conrad Aiken

    L'amour (lui avait-on appris) était la sensualité, la sensualité était mauvaise, et le mal était interdit mais délicieux : le catéchisme du terrain vague. Mais alors, comment la beauté avait-elle était introduite ? Et comment en était-elle venue à se compliquer ainsi avec le mal, les plaisirs des sens, les marécages et les ténèbres de la sexualité ?
  • 20

    Ainsi parlait Zarathoustra (1885)

    Also sprach Zarathustra : Ein Buch für Alle und Keinen

    Sortie : 1885. Essai, philosophie et poésie.

    Livre de Friedrich Nietzsche

    « Avez-vous maintenant appris ma chanson, avez-vous deviné ce qu'elle veut? Allons! eh bien, debout! Vous, hommes supérieurs, chantez-la donc, ma chanson, ma ronde!
    Chantez donc vous-mêmes la chanson dont le nom est « encore une fois», dont le sens est « en toute éternité», - chantez, vous, les hommes supérieurs, chantez la ronde de Zarathoustra!

    "Être heureux dans la contemplation, avec la volonté morte, sans rapacité et sans désir égoiste, - froid et couleur de cendre sur tout le corps, mais les yeux enivrés de lune."
    "Ce serait pour moi la bonne part - ainsi s'égare celui qui a été égaré - d'aimer la terre comme l'aime la lune et de n'effleurer sa beauté que des yeux."
    [...]
    Ô hypocrites sensibles et lascifs ! Il vous manque l'innocence dans le désir : et c'est pourquoi vous calomniez le désir.

    Hélas ! mer triste et noire au-dessus de moi ! Oh ! sombre et nocturne mécontentement ! Oh ! destiné, océan ! C'est vers vous qu'il faut que je descende !
    Je suis devant ma plus haute montagne et devant mon plus long voyage : c'est pourquoi il faut que je descende plus que je ne suis jamais monté : plus bas dans la douleur que je ne suis jamais descendu, jusque dans son onde la plus noire ! Ainsi le veut ma destinée. Soit ! Je suis prêt.
  • 21

    Les Choses (1965)

    Sortie : 1965. Roman.

    Livre de Georges Perec

    Ce qu'il y avait de nouveau était tellement insidieux, tellement flou, tellement lié à leur unique histoire, à leurs rêves. Ils étaient las. Ils avaient vieilli, oui. Ils avaient l'impression, certains jours, qu'ils n'avaient pas commencé à vivre. Mais, de plus en plus, la vie qu'ils menaient leur semblaient fragile, éphémère, et ils se sentaient sans force, comme si l'attente, la gêne, l'étroitesse les avaient usés, comme si tout avait été naturel : les désirs inassouvis, les joies imparfaites, le temps perdu.
  • 22

    Un barrage contre le Pacifique (1950)

    Sortie : 1950. Roman.

    Livre de Marguerite Duras

    La lumière s'éteignit. Suzanne se sentit désormais invisible, invincible et se mit à pleurer de bonheur. C'était l'oasis, la salle noire de l'après-midi, la nuit des solitaires, la nuit artificielle et démocratique, la grande nuit égalitaire du cinéma, plus vraie que la vraie nuit, plus ravissante, plus consolante que toutes les vraies nuits, la nuit choisie, ouverte à tous, offerte à tous, plus généreuse, plus dispensatrice de bienfaits que toutes les institutions de charité et que toutes les églises, la nuit où se consolent toutes les hontes, où vont se perdre tous les désespoirs, et où se lave toute la jeunesse de l'affreuse crasse d'adolescence
  • 23

    Le Comte de Monte-Cristo (1844)

    Sortie : 1844. Roman.

    Livre de Alexandre Dumas

    Comme c'est un peu long, hélas, vous le lirez vous-même :
    http://www.dumaspere.com/pages/bibliotheque/chapitre.php?lid=r14&cid=31
    Mais cette apologie du haschisch m'a totalement emerveillé !
  • 24

    Le Coran

    Al Qur'ân

    Culture & société.

    Livre

    Dieu veut vous mettre à votre aise, il ne veut point de choses difficiles.
  • 25

    Les Trachiniennes

    Trakhíniai

    Théâtre.

    Livre de Sophocle

    Le choeur : La pauvre victime ! et de quelle façon nous dis-tu qu'elle est morte ?
    La nourrice : De la plus lamentable, à voir le résultat.
    Le choeur : Ah ! Parle. Quelle mort a-t-elle donc trouvé ?
    La nourrice : Elle s'est détruite elle-même.
    Le choeur : Mais quelle fureur, ou quelle folie, l'a donc abattue sous la pointe d'un dard cruel ? Comment, après un premier meurtre, a-t-elle imaginé un autre meurtre encore et l'a-t-elle consommé seule ?
    La nourrice : Elle a pris le fer douloureux qui va taillant dans la chair.
    Le choeur : Et tu as, pauvre sotte, contemplé cette frénésie ?
    La nourrice : Je l'ai contemplée. J'étais près d'elle, à ses côtés. [...] C'est elle-même, de ses mains, qui s'est traitée de telle sorte.
  • 26

    Ajax

    Théâtre.

    Livre de Sophocle

    Ah ! que ne s'est il donc plutôt enfoncé dans l'immense Ether, ou dans l'Enfer ouvert à tous, l'homme qui a un jour révélé aux Grecs la fureur collective des armes exécrables !
    Ah ! douleurs, mère de douleurs ! C'est lui qui a perdu les hommes.
    C'est lui qui m'a refusé le contact charmant des couronnes, des coupes profondes, et le bruit suaves des flûtes - le misérable ! - et les plaisirs de la nuit et du lit.
    Pour moi, il a mis un termes aux amours - aux amours, hélas ! - et me voilà, couchant à la dure, les cheveux toujours par les rosées incessantes.
    Ah ! je n'oublierai pas l'inclémente Troade.
  • 27

    Au-dessous du volcan (1947)

    Under the Volcano

    Sortie : 1947. Roman.

    Livre de Malcolm Lowry

    "Et puis, pour la seconde fois ce jour là, les yeux. En un long, long regard de nostalgie."

    Et un peu avant :

    "Le consul se souvint de la carte qu'il avait dans la poche et il fit un geste vers Yvonne avec le désir de lui en parler, de lui un mot gentil à ce sujet, de se tourner vers elle, de l'embrasser. Puis il se rendit compte que , s'il ne buvait pas un autre verre, sa honte du matin l'empêcherait de la regarder dans les yeux.
    [...]
    Ne te reste-il donc plus de tendresse ou d'amour pour moi ? demanda soudain Yvonne, presque piteusement en se tournant vers lui, et il pensa : Si, je t'aime, il me reste pour toi tout l'amour du monde, mais cet amour me parait si loin de moi, et si étrange aussi, je pourrais prétendre l'entendre, un bruit sourd et un sanglot, mais loin, très loin, un son triste, perdu, et qu'il s'approche ou s'éloigne, je ne saurais le dire."

    Mais le chapitre IX était spécialement chouette d'amour. Et le X d'alcool !
  • 28

    Mangeclous (1938)

    Sortie : 1938. Roman.

    Livre de Albert Cohen

    - [...] mon idée politique c'est que tout le monde soit content et qu'on invente quelque chose pour ne plus manger de viande.
    - Et les tigres ?
    - Peut être qu'on pourrait donne aux légumes cuits la forme d'une chèvre, dit Salomom, puis petit à petit on enlève la forme de chèvre et le tigre ne s'en aperçoit pas et on lui dit : "Tu vois tu as mangé des choux-fleurs. O tigre, ne trouves-tu pas que c'est meilleur ?"
  • 29

    Pitié pour les femmes (1936)

    Sortie : 1936. Roman.

    Livre de Henry de Montherlant

    "Par ailleurs, un mystique change souvent de femmes, puisque l'attachement à une créature est ce qu'il y a de plus contraire à la vie spirituelle."
  • 30

    À l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919)

    Sortie : 1919. Roman.

    Livre de Marcel Proust

    "Je venais d'écrire à Gilberte une lettre où je laissais tonner ma fureur, non sans pourtant jeter la bouée, de quelques mots placés comme au hasard, et où mon amie pourrait accrocher une réconciliation ; un instant après le vent ayant tourné, c'était des phrases tendres que je lui adressais pour la douceur de certaines expressions désolées, de tels « jamais plus », si attendrissants pour ceux qui les emploient, si fastidieux pour celle qui les lira, soit qu'elle les croit mensongers et traduise « jamais plus » par « ce soir-même, si vous voulez bien de moi » ou qu'elle les croit vrais et lui annonçant alors une de ces séparations définitives qui nous sont si parfaitement égales dans la vie quand il s'agit d'êtres dont nous ne sommes pas épris. "

    "Je tâchais même d'être « objectif » et pour cela de bien tenir compte de la disproportion qui existait entre l'importance qu'avait pour moi Gilberte et celle non seulement que j'avais pour elle, mais qu'elle-même avait pour les autres êtres que moi, disproportion qui, si je l'eusse omise, eût risqué de me faire prendre une simple amabilité de mon amie pour un aveu passionné, une démarche grotesque et avilissante de ma part pour le simple et gracieux mouvement qui vous dirige vers de beaux yeux. "

    Elle pouvait imaginer ce que je désirais, mais n'en étant pas sûre, supposer que je ne tendais qu'à des relations sans but précis auxquelles mon amie devait trouver ce vague délicieux, riche de surprises attendues, qui est le romanesque.
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