Les plus beaux décollages philosophiques

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8 livres

par yahia_ibn_arazam

En collaboration avec @NathanTrombati. Ces passages où, portés par l'intensité de leurs concepts, les philosophes affolent les compteurs de la pensée...ou disent tout simplement n'importe quoi. Petite compilation des "décollages" les plus réussis (les plus foireux ?) comme on dit dans le jargon : " Houston, ici philosophe, paré au décollage ! " Toute contribution est bien évidemment la bienvenue.

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  • Marges de la philosophie (1972)

    Sortie : 1972. Essai.

    Livre de Jacques Derrida

    En réalité c'est dans son livre "Limited Inc" publié en 1990 et non répertorié sur sc : " Comme celui de "différance" et quelque autres, [le concept d'itérabilité]] est un concept sans concept ou une autre sorte de concept, hétérogène au concept philosophique de concept, un "concept" qui marque à la fois la possibilité et la limite de toute idéalisation et de toute conceptualisation."
  • Nietzsche par Gilles Deleuze (1965)

    Sortie : 1965. Philosophie.

    Livre de Gilles Deleuze

    En réalité dans l'abécédaire, à propos de la lettre z : "...Le z c'est une lettre formidable, et puis ça nous fait rejoindre a, la mouche, le zen de la mouche, le zig-zag de la mouche, c'est le zig-zag quoi le z. C'est le dernier mot[...] Alors qu'est-ce qui se passe en effet dans le z ? Le zen c'est l'inverse du nez, qui lui aussi est un zig-zag hein...c'est le mouvement, la mouche...C'est peut-être le mouvement élémentaire, c'est peut-être le mouvement qui a présidé à la création du monde."
  • Les Miettes philosophiques (1844)

    Sortie : 1844. Essai.

    Livre de Søren Kierkegaard

    Non pas dans les miettes philosophiques mais dans le Post-scriptum aux miettes philosophiques, pour son sous-titre exceptionnel, décollage absolu : " Composition mimico-pathético-dialectique, Apport existentiel "
  • Phénoménologie de l'esprit (1807)

    Phänomenologie des Geistes

    Sortie : 1807.

    Livre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel

    Dans la préface à la phénoménologie de l'esprit, un des textes les plus difficiles qui soient. Extrait : " Que le vrai soit effectivement réel seulement comme système, ou que la substance soit essentiellement sujet, cela est exprimé dans la représentation qui énonce l'Absolu comme Esprit - le concept le plus élevé, appartenant au temps moderne et à sa religion [le christianisme]. Le spirituel seul est l'effectivement réel ; il est : l'essence ou ce qui est en soi - ce qui se relie et est déterminé, l'être-autre et l'être-pour-soi, - et ce qui, dans cette déterminabilité ou dans son être-à-l'extérieur-de-soi, reste en soi-même ; - ou il est en soi et pour soi. Mais cet être en soi et pour soi est d'abord pour nous ou en soi, il est la substance spirituelle. Or il doit être nécessairement cela aussi pour soi-même, il doit être le savoir du spirituel et le savoir de soi-même comme esprit, c'est-à-dire qu'il doit être objet de soi-même et en même temps doit être immédiatement aussi comme objet supprimé et réfléchi en soi-même. Cet objet est pour soi seulement pour nous, en tant que son contenu spirituel est engendré par lui-même ; mais en tant que l'objet même est pour soi aussi pour soi-même, c'est que cet engendrement de soi, le pur concept, est en même temps l'élément objectif dans lequel il a son être-là, il est pour soi-même objet réfléchi en soi-même. - L'esprit qui se sait ainsi développé comme esprit est la Science. Elle est sa réalité effective et le royaume qu'il se construit dans son propre élément." Si t'as pas compris, tu devrais retourner en primaire, revoir un peu les bases.
  • Prof de philo à la folie (2010)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Philippe Granarolo

    Manière pour nous de rendre hommage à une de nos profs de philo, qui a lâché, dans un élan lyrique incroyable, une véritable envolée conceptuelle digne des plus grands décollages de l'histoire de ce sport.

    "... non, je parle là du corps en tant qu'il est ma chair, dans le plaisir et dans la douleur, en tant qu'il est un sentir - un se sentir. C'est le corps dans son historicité, voire même dans son 'hy-sté-ri-ci-té' ! "
  • Ecce Homo (1888)

    Sortie : 1888.

    Livre de Friedrich Nietzsche

    Petit pétage de plomb mégalomaniaque de friedrich dans la préface d'Ecce Homo : " mon Zarathoustra tient une place à part. Avec lui j’ai fait à l’humanité le plus beau présent qui lui fut jamais fait. Ce livre, avec l’accent de sa voix qui domine des milliers d’années, n’est pas seulement le livre le plus haut qu’il y ait, le véritable livre des hauteurs — l’ensemble des faits qui constitue « l’homme » se trouve au-dessous de lui, à une distance énorme —, il est aussi le livre le plus profond, né de la plus secrète abondance de la vérité, puits inépuisable où nul seau ne descend sans remonter à la surface débordant d’or et de bonté. " Moué.
  • Être et Temps (1927)

    Sein und Zeit

    Sortie : 1927. Essai.

    Livre de Martin Heidegger

    Quelques extraits de haute voltige ( attention ! à cette altitude, l'oxygène conceptuel se fait rare, les symptômes sont multiples : étourdissements, suffocation, nausées, voire syncope ) :

    - “Mais la quotidienneté médiocre du Dasein ne doit pas être prise pour un simple « aspect ». Même en elle, et même dans le mode de l’inauthenticité, se trouve a priori la structure de l’existentialité. Même en elle il y va pour le Dasein, selon une guise déterminée, de son être, auquel il se rapporte sur le mode de la quotidienneté médiocre, fût-ce seulement sur le mode de la fuite devant et de l’oubli de cet être”

    - “Le On décharge ainsi à chaque fois le Dasein en sa quotidienneté. Mais il y a plus encore : avec cette décharge d’être, le On complaît au Dasein pour autant qu’il y a en lui la tendance à la légèreté et à la facilité, et c’est précisément parce que le On complaît ainsi constamment au Dasein qu’il maintient et consolide sa domination têtue. Chacun est l’autre et nul n’est lui-même. Le On qui répond à la question du qui du Dasein est le personne auquel tout Dasein, dans son être-les-uns-parmi-les-autres, s’est à chaque fois déjà livré.”

    - ” L’angoisse manifeste dans le Dasein l’être-pour le pouvoir-être le plus propre, c’est-à-dire l’être-libre pour la liberté du se-choisir-et-se-saisir-soi-même. L’angoisse place le Dasein devant son être-libre-pour (propensio in…) l’authenticité de son être en tant que possibilité qu’il est toujours déjà. Or c’est en même temps à cet être que le Dasein comme être-au-monde est remis.”

    - ” Dans le Dasein, aussi longtemps qu’il est, quelque chose qu’il peut être et qu’il sera est à chaque fois encore en excédent. Or à cet excédent appartient la «fin » elle-même. La « fin » de l’être-au-monde est la mort. Cette fin appartenant au pouvoir-être, c’est-à-dire à l’existence, délimite et détermine la totalité à chaque fois possible du Dasein. Cependant, l’être-en-fin du Dasein dans la mort et, avec lui, l’être-tout de cet étant ne pourra être inclus de manière phénoménalement adéquate dans l’élucidation de son être-tout possible que si est conquis un concept ontologiquement suffisant, c’est-à-dire existential, de la mort.”

    ( Merci à @ Tago Margouille pour cette contribution )
  • Ecrits (2007)

    Sortie : 2007.

    Livre de Jacques Lacan

    Dans le numéro 3 de la revue Littérature, 1971 : "Entre centre et absence, entre savoir et jouissance, il y a littoral qui ne vire au littéral qu'à ce que ce virage, vous puissiez le prendre le même à tout instant. C'est de ça seulement que vous pouvez vous tenir pour agent qui le soutienne.
    Ce qui se révèle de ma vision du ruissellement, à ce qu'y domine la rature, c'est qu'à se produire d'entre les nuages, elle se conjugue à sa source, que c'est bien aux nuées qu'Aristophane me hèle de trouver ce qu'il en est du signifiant: soit le semblant, par excellence, si c'est de sa rupture qu'en pleut, effet à ce qu'il s'en précipite, ce qui y était matière en suspension."

    Merci à @pripri pour cette contribution.