Liste ordonnée de films de 2013 (date de sortie en salle en France)

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98 films

par cinelolo

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    La Vie d'Adèle : Chapitres 1 et 2 (2013)

    2 h 59 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Abdellatif Kechiche avec Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Salim Kechiouche

    Beaucoup ont écrit qu'il s'agissait d'un film sur la passion. Oui, mais ce n'est pas exactement un film incandescent, et c'est surtout un film beaucoup plus riche que ça. Cela commence comme dans "L'Esquive" avec un cours de français autour de Marivaux. Adèle (Adèle Exarchopoulos, LA révélation de l'année) est une élève de première issue d'une famille modeste de la banlieue lilloise, qui adore les livres. Cela pourrait être un film de lycée, du style "Entre les murs", mais il ne s'arrête pas là. En suivant Adèle pendant une petite dizaine d'années, on assiste avec empathie à toutes ses premières fois : premiers flirts avec des garçons, première rencontre avec Emma, jeune femme aux cheveux bleus, étudiante aux Beaux-Arts (Léa Seydoux), premiers ébats, plus tard premiers pas professionnels... Un film sur l'éducation sentimentale, mais aussi sur l'éducation tout court. Sur l'art, sa création, comme sa réception et sa transmission. Et, oui, sur la passion amoureuse et son évolution dans le temps... Formellement le montage est extrêmement fluide, on ne voit pas le temps passer (on en redemanderait), l'impression d'immersion est renforcée par la mise en scène et le nombre incroyable de gros plans (au moins deux heures sur les trois), en particulier sur le visage des interprètes.
  • 2
    Bande-annonce

    Blue Jasmine (2013)

    1 h 38 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Woody Allen avec Cate Blanchett, Alec Baldwin, Sally Hawkins

    Une nouvelle pièce dans l'oeuvre si variée et si cohérente de Woody Allen. L'argument scénaristique est une sorte d'inverse de celui d'"Escrocs mais pas trop" (2000) : Jasmine (Cate Blanchett), mariée à un grand escroc à la Madoff (Alec Baldwin), quitte sa vie de grande bourgeoise new-yorkaise et, ruinée, est hébergée chez sa soeur caissière à San Francisco (Sally Hawkins, découverte chez Mike Leigh). Cela aurait pu être un portrait de femme rongée par le doute, comme l'était "Une autre femme" (1989). Mais Woody Allen adore mettre du noir dans la comédie et de l'humour dans la tragédie, comme il l'assumait dans le film-manifeste "Melinda et Melinda" (2005). Ainsi, le cinéaste est loin d'accompagner avec empathie la trajectoire descendante de son héroïne, il la regarde avec une cruauté très drôle. Le film partage deux caractéristiques avec "Match Point" (2005) : la satire sociale sous-jacente, et une construction narrative qui permet des coups de théâtre d'une grande férocité. Après le catastrophique "To Rome with love", seul échec artistique de sa carrière, Woody Allen revient au sommet.
  • 3
    Bande-annonce

    La Maison de la Radio (2013)

    1 h 39 min. Sortie : .

    Documentaire de Nicolas Philibert avec Jean-François Achilli, Evelyne Adam, Jean-Claude Ameisen

    Nicolas Philibert s'est toujours intéressé aux mondes qui, sans être forcément clos, forment un univers à part. Il était donc logique qu'il finisse par réaliser un documentaire sur la Maison ronde. On retrouve sa force d'observation qui repose sur une immersion totale et un sens aigu du montage. Ici il observe donc un média dans lequel tous les efforts se conjuguent pour fabriquer du son. Pour arriver à une certaine épure, le choix de Radio France est judicieux dans le sens où le poids de la publicité est beaucoup plus faible et les animateurs vedettes ne sont pas choisis selon le critère du "vu à la télé". Si on sourit devant le physique (pas toujours conforme à notre imagination) des voix célèbres des stations, Nicolas Philibert s'intéresse à tous les métiers de la radio. Le plus émouvant est la passion qui semble réunir tout ce petit monde, et dans le cas des animateurs, leur capacité d'écoute active pour que leurs invités puissent s'exprimer le plus facilement : la différence avec le monde télévisuel est flagrante. Hormis les émissions politiques (où les journalistes s'efforcent au contraire de ne pas laisser s'exprimer au mieux les invités qui ont quelque chose d'intéressant à dire), le cinéaste s'est intéressé à tous les types d'émission, y compris les fictions radiophoniques (peu célébrées). Un régal.
  • 4
    Bande-annonce

    La Danza de la Realidad (2013)

    2 h 10 min. Sortie : . Biopic.

    Film de Alejandro Jodorowsky avec Brontis Jodorowsky, Pamela Flores, Jeremias Herskovits

    Après 23 ans d'absence, Alejandro Jodorowski (dont je n'ai pas vu les films précédents) revient avec un film plus ou moins autobiographique sur son enfance au Chili dans les années 1930, entre un père macho et admirateur de Staline, et une mère mystique et fellinienne qui n'arrête pas de vocaliser, le tout sur fond de dictature fascisante de Carlos Ibanez. Mais on pourrait caractériser les personnages tout autrement : chaque nouvelle séquence finit par démentir, en partie, ce qu'on croyait savoir des protagonistes. L'autre atout du film, tourné en grande partie dans son village natal de Tocopilla, c'est sa stylisation extrême (on en prend plein les yeux) : son chromatisme flamboyant, ses fantasmagories surréalistes qui sont autant de visions de cinéma.
  • 5
    Bande-annonce

    Blancanieves (2012)

    1 h 44 min. Sortie : . Drame, fantastique et muet.

    Film de Pablo Berger avec Daniel Gimenez Cacho, Ramon Barea, Inma Cuesta

    Le muet est l'enfance de l'art cinématographique, mais parfois c'est aussi l'art de l'enfance, du conte. En témoigne ce deuxième film de Pablo Berger, après le déjà excellent "Torremolinos 73" (2005). Carmencitta naquit il y a un siècle d'un père toréador et d'une mère diva qui meurt en accouchant. Son père étant devenu paralysé suite à un accident lors d'une corrida, elle est élevée par sa grand-mère... Pablo Berger transpose librement Blanche-Neige : il y aura une marâtre et une ribambelle de nains. Formellement beau (photo, musique, interprétations), le film bénéficie d'une mise en scène extrêmement inventive : par exemple, pour suggérer la mort d'un personnage, un tourne-disque s'arrête, et une robe blanche est trempée dans une bassine d'encre pour prendre la couleur noire du deuil... Contrairement à "The Artist", qui était davantage dans le clin d'oeil cinéphile, cette inventivité visuelle est mise au service d'une narration touffue. Une très belle réussite.
  • 6
    Bande-annonce

    5 Caméras Brisées (2013)

    5 Broken Cameras

    1 h 34 min. Sortie : .

    Documentaire de Emad Burnat et Guy Davidi avec Emad Burnat, Soraya Burnat, Mohammed Burnat

    Les cinq caméras brisées du titre sont celles utilisées successivement par Emad Burnat, petit paysan de Cisjordanie, pour filmer sa famille et la lutte pacifique de son village contre l'édification du mur de séparation par les Israéliens. Le mur spolie surtout Bil'in, le village, de la moitié de ses terres. Grâce à son dispositif, les caméras successives captent ce qu'on sait (quand on s'intéresse à la question) mais qu'on n'a pas l'habitude de voir, ce qui se passe en toute impunité quand les journalistes sont partis. La totale immersion permet de mesurer l'oppression de la colonisation israélienne, leurs méthodes, alors qu'on s'attache aux personnages clés de la résistance du village, tout comme à la famille d'Emad Burnat, et à leur sort pendant les 5 années de tournage. Un document implacable et indispensable.
  • 7
    Bande-annonce

    A Touch of Sin (2013)

    Tian Zhu Ding

    2 h 13 min. Sortie : . Drame et sketches.

    Film de Jia Zhang-ke avec Jiang Wu, Lanshan Luo, Zhao Tao

    Après des films intéressants mais qu'on croirait taillés pour les festivals internationaux, Jia Zhang-Ke change de style et passe à l'action, pourrait-on dire. Quatre histoires aux quatre coins de la Chine contemporaine. Un ouvrier révolté par la privatisation de sa mine et la corruption, un travailleur itinérant exalté par son arme à feu, une employée de sauna humiliée par un riche client, un jeune homme passant d'un petit boulot à un autre... Sans être en rien nostalgique du maoïsme, le cinéaste montre comment la violence du système capitaliste déteint sur les individus (lorsque tout autre choix est étouffé). Du coup, son film est malheureusement autant universel que chinois. Cinématographiquement c'est une leçon de mise en scène (plans admirablement composés) qui aurait mérité au festival de Cannes un prix plus important que celui, obtenu, du scénario.
  • 8
    Bande-annonce

    La Fille du 14 juillet (2013)

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie et road movie.

    Film de Antonin Peretjatko avec Vimala Pons, Grégoire Tachnakian, Vincent Macaigne

    Après "Queen of Montreuil" il y a quelque temps, une nouvelle illustration que les films à (tout) petit budget peuvent être d'une liberté folle, voire jouissive. Hector, vague gardien de musée, tombe en pâmoison devant Truquette, qui propose à la criée, en marge du défilé militaire, pavés en mousse et mini-guillotines. Ils partent en vacances avec un pote d'Hector (Vincent Macaigne, seul acteur connu du film), une copine de Truquette et son frère. Vu l'âge de la troupe, on pourrait y voir une comédie générationnelle. Or Antonin Peretjatko, pour son premier long métrage, frappe plus fort. Il réalise un vrai film burlesque irrésistible (qui fait parfois penser à Blake Edwards), aux couleurs pimpantes (qui renvoient au cinéma pop des années 60-70) et très inventif. Et, sous l'esprit en apparence potache, on perçoit une satire politique : face à la crise, le gouvernement avance la rentrée au 1er août, au grand dam des aoutiens... Comme le titre joliment Politis, une comédie libertaire, égalitaire, fraternitaire...
  • 9
    Bande-annonce

    La Jalousie (2013)

    1 h 17 min. Sortie : . Drame.

    Film de Philippe Garrel avec Louis Garrel, Anna Mouglalis, Esther Garrel

    Louis (Louis Garrel) quitte Clotilde, la mère de sa fille, pour s'installer dans un petit meublé avec Claudia (Anna Mouglalis), comédienne comme lui mais qui n'a pas beaucoup de propositions de travail. Philippe Garrel revient avec un film épuré, court mais assez profond sur une fragile relation amoureuse. Ses détracteurs pourraient parler d'un film bobo, or la précarité de ces personnages montre qu'il n'en est rien. Pour le cinéaste, l'ennemi n'est pas les saltimbanques, mais les banques... Mais l'essentiel est ailleurs. A l'époque des feel good movies insipides et des romances frileuses, Philippe Garrel oppose sa romantique radicalité, grâce à une forme très travaillée : un somptueux noir et blanc digne du cinéma muet et une attention émue aux moindres gestes délicats de ses personnages/interprètes.
  • 10
    Bande-annonce

    Passion (2013)

    1 h 42 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Brian De Palma avec Rachel McAdams, Noomi Rapace, Karoline Herfurth

    En faisant un remake très brillant de "Crime d'amour", le dernier film d'Alain Corneau, qui m'avait laissé sur ma faim, Brian de Palma démontre que la force de la mise en scène est essentielle dans la réussite d'un film. On y suit les rapports ambivalents (admiration, sensualité, jalousie/arrivisme, humiliation, partage d'un même mec pas très net) de deux jeunes femmes cadres supérieures dans une succursale berlinoise de leur agence internationale de publicité (l'une est la supérieure hiérarchique directe de l'autre). Cela va mal finir pour l'une d'entre elles... Brian de Palma emprunte deux choses à Woody Allen : Raquel McAdams, l'interprète de "Minuit à Paris", et l'amoralité des hautes sphères de la société capitaliste de "Match Point". Il fait d'autres emprunts : Hitchcock (blonde/brune, douche, escaliers), Almodovar (écrin vif de la photo, masques)... Il fait surtout une utilisation extrêmement habile d'images aux statuts différents, pas à des fins théoriques mais au service d'un thriller haletant qui se regarde comme tel.
  • 11
    Bande-annonce

    Heimat : Chronique d'un rêve / L'Exode (2013)

    Die Andere Heimat - Chronik Eeiner Sehnsucht

    3 h 45 min. Sortie : . Drame et historique.

    Film de Edgar Reitz avec Jan Dieter Schneider, Antonia Bill, Maximilian Scheidt

    Edgar Reitz poursuit son travail commencé à la télévision dans les années 80 (et que je n'ai pas vu). Toujours situés dans le village imaginaire de Schabbach, en Rhénanie, ces deux nouveaux épisodes (Chronique d'un rêve et L'Exode) nous font remonter aux années 1842 à 1844, à une époque où l'Allemagne était une terre d'émigration. Cette nouvelle oeuvre est essentiellement tournée en noir et blanc, même si d'expressives touches de couleurs surgissent parfois. La mise en scène est très classique, à part là aussi quelques mouvements de caméra virtuoses. Mais la vie dure de ce village et d'un jeune homme rêvant d'ailleurs et passionné par la science (il a la chance d'être instruit) passionne surtout grâce à la narration feuilletonesque et à l'interprétation très incarnée.
  • 12
    Bande-annonce

    Robert sans Robert (2013)

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Bernard Sasia et Clémentine Yelnik avec Bernard Sasia

    Après 30 ans de bons, loyaux et fidèles services, Bernard Sasia, chef-monteur de tous les films de Guédiguian (sauf un), obtient la permission de réaliser son propre film sur l'univers du cinéaste. Mais au lieu de faire un best-of scolaire des meilleures séquences, il propose un voyage subjectif, à travers ses propres souvenirs, intuitions, re-découvertes. De façon ludique il s'amuse à multiplier les faux raccords entre les films dont Gérard Meylan, Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin sont les figures récurrentes et changeantes. Bernard Sasia et Clémentine Yelnik jouent avec les images et avec le spectateur, et multiplient les observations décalées. Hommage au cinéma de Guédiguian donc, mais aussi à l'armée de l'ombre de tous les corps de métiers du cinéma qui le rendent possible.
  • 13
    Bande-annonce

    Queen of Montreuil (2013)

    1 h 27 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Solveig Anspach avec Florence Loiret-Caille, Didda Jonsdottir, Úlfur Ægisson

    J'avais perdu de vue Solveig Anspach depuis son premier film "Haut les coeurs !" (1999). Ce cinquième long-métrage en salle est très différent, loin des chemins tout tracés, et ça fait du bien. L'histoire est celle d'Agathe, une jeune réalisatrice qui rentre en France au début de l'été avec dans une urne les cendres de son mari. Dans sa maison de Montreuil, elle se retrouve à devoir faire son deuil, finir un scénario, et héberger provisoirement un couple d'Islandais (une mère et son jeune homme de fils) rencontré à l'aéroport. Dans la suite, on croisera entre autres un voisin énamouré, des grues de chantier à escalader ou encore une otarie dépressive. Pas de bonne humeur forcée dans ce film, le deuil et les fins de mois difficiles sont bel et bien là. Mais le monde se poétise avec la fantaisie de l'excellente Florence Loiret-Caille (une des meilleures jeunes actrices françaises, toujours inventive) et de la très délurée Didda Jonsdottir (déjà à l'affiche de "Back soon", le précédent film de la cinéaste, que je n'ai pas vu).
  • 14
    Bande-annonce

    Enfance clandestine (2013)

    Infancia clandestina

    1 h 52 min. Sortie : . Drame et historique.

    Film de Benjamin Ávila avec Natalia Oreiro, Ernesto Alterio, César Troncoso

    Après des années d'exil, Juan, 12 ans, et sa famille reviennent dans le Buenos Aires de 1979, sous une fausse identité. Désormais Juan sera au collège Ernesto, un élève vif qui cherche comme les autres à se faire des copains et est intriguée par la belle Maria. Le soir, il redevient Juan, fils de péronistes de gauche et résistants actifs contre la dictature militaire, toujours en état d'alerte maximal. Dans cette première oeuvre de fiction (qui aurait pu avoir la Caméra d'or au festival de Cannes), Benjamin Avila nous livre un double récit initiatique, entre première éducation sentimentale et perte d'innocence devant les oppressions politiques dont sont capables les adultes. Avec une mise en scène au diapason du scénario et une interprétation très incarnée, le film est un classique instantané
  • 15
    Bande-annonce

    La Vie domestique (2013)

    1 h 33 min. Sortie : . Drame.

    Film de Isabelle Czajka avec Emmanuelle Devos, Julie Ferrier, Natacha Régnier

    Juliette habite près du parc de Marly, en région parisienne, comme quelques-unes de ses amies, quadragénaires comme elle. Elles ont des enfants à éduquer, la maison à entretenir et des maris qui rentrent tard le soir. Le film les suit pendant 24h. Le résultat est grinçant (mention spéciale à la scène d'ouverture, dîner redoutable chez des "amis" plutôt de droite). De film en film, Isabelle Czajka réussit, par une mise en scène acérée, à faire des films politiques (ici féministe) mais insérés dans le quotidien et jamais démonstratifs. Elle bénéficie également des interprétations d'Emmanuelle Devos, Natacha Régnier, et Julie Ferrier, toutes dans des registres différents
  • 16
    Bande-annonce

    Grand Central (2013)

    1 h 34 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Rebecca Zlotowski avec Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet

    Il s'agit d'une histoire d'amour compliquée dans le milieu des sous-traitants du nucléaire. La fiction est bien documentée (cela fait un certain effet de lire l'excellent rapport du Parti de Gauche à ce sujet après avoir vu le film), et les scènes d'intérieur ont été tournées dans une centrale autrichienne qui n'a jamais été mise en service (suite à un referendum). Dans ce film de tous les dangers (sanitaires et sentimentaux), la mise en scène de Rebecca Zlotowski est solide et efficace. Et Tahar Rahim et Léa Seydoux irradient de leur classe, comme les nombreux seconds rôles : Olivier Gourmet, Denis Menochet, Johan Libéreau...
  • 17
    Bande-annonce

    Les Jours heureux (2013)

    1 h 37 min. Sortie : .

    Documentaire de Gilles Perret avec Raymond Aubrac, Robert Chambeiron, Daniel Cordier

    Pendant une heure, le documentaire retrace, grâce aux témoignages de Raymond Aubrac, Léon Landini ou Stéphane Hessel notamment, l'histoire pas si connue du Conseil National de la Résistance, qui se réunit entre mai 1943 et mars 1944. En particulier ils vont rédiger un programme intitulé "Les Jours heureux", matrice des conquêtes sociales de l'après-guerre (sécurité sociale, retraites par répartition, comités d'entreprise, presse libérée des forces de l'argent...). La deuxième partie brise l'apparent consensus en interrogeant de manière opiniâtre des hommes politiques d'aujourd'hui. Salutaire à l'heure où les médias sont pour l'essentiel la propriété de grands groupes capitalistes et où le néolibéralisme de gauche comme de droite défait méthodiquement toutes ces conquêtes.
  • 18
    Bande-annonce

    Miele (2013)

    1 h 36 min. Sortie : . Drame.

    Film de Valeria Golino avec Jasmine Trinca, Carlo Cecchi, Libero De Rienzo

    Cela commence comme finissait "Quelques heures de printemps" de Stéphane Brizé : on y voit un protocole de suicide assisté. Mais on est en Italie, pas en Suisse, et l'organisation qui le propose est clandestine. Irène, qui opère sous le pseudonyme de Miele, va être confrontée à un homme âgé parfaitement bien portant mais qui désire mourir. Où commence le droit à mourir dans la dignité ? Contrairement à Marco Bellocchio dans "La Belle endormie" qui traite le sujet de l'euthanasie de façon politique, Valeria Golino, pour son premier film en tant que réalisatrice, en fait surtout un fascinant portrait de jeune femme. Dans le rôle-titre excelle Jasmine Trinca ("Le Caïman", "Le Rêve italien", "L'Apollonide"), moins souriante et juvénile qu'à l'accoutumée, visage plus fermé, opaque et mystérieuse...
  • 19
    Bande-annonce

    Chez nous, c'est trois ! (2013)

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Claude Duty avec Noémie Lvovsky, Marie Kremer, Stéphane De Groodt

    Comment surprendre agréablement au cinéma ? Soit en agissant en cinéaste démiurge pour révolutionner le cinéma (mais tout le monde n'est pas Orson Welles ou Kubrick) ? Soit en prenant les chemins de traverse. C'est la deuxième option qui est brillamment choisie ici. Claude Duty raconte la tournée promotionnelle et estivale, dans une Bretagne rurale, d'une cinéaste quadra (Noémie Lvovsky) en pleine déprime sentimentale et peinant à continuer son exigeant métier. Claude Duty montre les difficultés des films d'auteur à être vus en dehors des mégapoles régionales. Mais en bon humaniste sortant des rails tout tracés, il remplit, surtout, son film de plein de détails savoureux (dont la tectonique des bises) et de seconds rôles lumineux (mention à Marie Krémer).
  • 20
    Bande-annonce

    Shokuzai : Celles qui voulaient se souvenir (2013)

    Shokuzai

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kiyoshi Kurosawa avec Kyoko Koizumi, Hazuki Kimura, Yû Aoi

    Quatre fillettes sont témoins de l'enlèvement conduisant au meurtre d'une camarade de classe mais, sous le choc, elles sont incapables de se souvenir du visage du tueur. La mère de cette camarade les réunit et les menace d'une pénitence éternelle. Après ce prologue, cette saga de l'auteur de "Kaïro", diffusée en 5 épisodes à la télé japonaise, et sortie chez nous en deux parties (Celles qui voulaient se souvenir et Celles qui voulaient oublier), montre ce qu'elles sont devenues 15 ans après. Chacun des 4 premiers chapitres est le portrait de l'une d'entre elles, le dernier est celui de la mère, le personnage relié à tous les autres... Polar réaliste, thriller psychologique à la limite du fantastique (autour du thème de la culpabilité), peinture de la société japonaise : malgré une résolution un poil alambiquée, l'exercice de style, grâce à la mise en scène, est une réussite.
  • 21

    Shokuzai : Celles qui voulaient oublier (2013)

    Shokuzai

    2 h 31 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kiyoshi Kurosawa avec Yû Aoi, Asumi Kikuchi, Hazuki Kimura

    Voir ci-dessus.
  • 22
    Bande-annonce

    Ma meilleure amie, sa sœur et moi (2012)

    Your Sister's Sister

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Lynn Shelton avec Emily Blunt, Rosemarie DeWitt, Mark Duplass

    Encore sous le choc du décès de son frère, Jack (Mark Duplass) accepte la proposition de sa meilleure amie Iris (Emily Blunt, comédienne britannique remarquée dans "My summer of love" et "Petits meurtres à l'anglaise") d'aller s'isoler dans le chalet familial. Il a la surprise de trouver le lieu déjà occupé par Hannah (Rosemarie DeWitt, vue récemment dans "Promised land"), soeur d'Iris et lesbienne, venue y soigner un chagrin d'amour. Les situations délicates et inattendues se succèdent, surtout qu'Iris les rejoint rapidement. Sur des thèmes de toujours (amour, sexe, amitié), la réalisatrice brode, telle une disciple de Jacques Doillon, une comédie psychodramatique où tout repose sur les interactions multiples entre les trois personnages. Une vraie réussite-surprise.
  • 23
    Bande-annonce

    La Tête en l'air (2013)

    Arrugas

    1 h 23 min. Sortie : . Drame et animation.

    Long-métrage d'animation de Ignacio Ferreras avec Tacho Gonzalez, Álvaro Guevara, Mabel Rivera

    Placé en maison de retraite par son fils pour pallier à sa mémoire qui flanche, le vieil Emilio découvre la routine de l'endroit mais se fait aussi de nouvelles amitiés. Le film s'inscrit dans les films d'animation à destination des adultes (comme "Persépolis", "Valse avec Bachir" ou plus récemment "Aloïs Nebel"). Tout en étant très réaliste factuellement sur le quotidien des personnes atteintes d'Alzheimer, comme le serait un documentaire, la forme animée, paradoxalement, donne à cette histoire une authenticité émotionnelle forte. Alors que la même histoire racontée en chair et en os aurait pu sentir la naphtaline (tout dépend de la mise en scène), ce film-ci, stylisé en animation 2D traditionnelle avec des traits épurés, est une petite merveille d'humour et de délicatesse.
  • 24
    Bande-annonce

    Stories We Tell (2013)

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Documentaire de Sarah Polley avec Sarah Polley, Rebecca Jenkins, Peter Evans

    Sarah Polley est la jeune actrice canadienne qui avait un rôle bouleversant dans le film "Des beaux lendemains" d'Atom Egoyan, mais elle est aussi réalisatrice. Le point de départ de ce documentaire est son projet de tirer le portrait de sa mère défunte, actrice elle-même et femme libre et mystérieuse. Puis elle se demande si son père est bien son père biologique. Elle fait appel à des membres de sa famille et des proches, dont elle croise les interviews. En même temps, des scènes reconstituées en super-8 illustrent les propos. Et petit à petit, le projet du film se dévoile, très personnel et en même temps assez universel sur le genre humain. Elle demande à chacun d'exprimer sa version, sa vérité, partielle et partiale, même en toute sincérité. Si chacun collabore, le tout, par un excellent travail de montage, est son résultat à elle. Emouvant.
  • 25
    Bande-annonce

    Foxfire, confessions d'un gang de filles (2013)

    Foxfire

    2 h 23 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Laurent Cantet avec Raven Adamson, Katie Coseni, Madeleine Bisson

    Après "Entre les murs" (2008), Laurent Cantet tourne au Canada son premier film en langue anglaise. Il raconte, dans l'Amérique des fifties, l'histoire du gang appelé "Foxfire", créé par une bande d'adolescentes, unies à la vie à la mort pour se venger des hommes et des humiliations dues à la domination masculine comme aux injustices sociales. Elles louent ensemble une petite baraque propice à leur idéal de vie communautaire, et se débrouillent comme elles peuvent pour gagner l'argent nécessaire. Comme dans son précédent film, on retrouve le goût du cinéaste pour l'observation d'un groupe et ses individualités, avec en particulier le charisme de la meneuse (Raven Adamson). La mise en scène est fluide, en perpétuel mouvement, au diapason de ses personnages, et concourt à la réussite de ce film poignant aux accents féministes.
  • 26
    Bande-annonce

    Dans la brume (2013)

    V tumane

    2 h 07 min. Sortie : . Drame, historique et guerre.

    Film de Sergeï Loznitsa avec Vladimir Svirskiy, Vladislav Abashin, Sergey Kolesov

    Le film se passe en 1942, en Biélorussie, alors sous le joug de l'occupation nazie. Trois prisonniers sont exécutés pour l'exemple, pendus pour actes de "terrorisme". Un autre, Sushenya, a été relâché et vit retiré avec sa femme, dans un refuge au coeur de la forêt. Deux résistants, qui le soupçonnent de collaboration, viennent le voir, dans le but de l'éliminer. Mais ça ne va pas se passer comme ça... On devine assez vite que Sushenya n'est pas un traître, alors pourquoi a-t-il été épargné par les allemands ? Et comment vont se résoudre les rapports de tension entre les trois personnages (dont un blessé), contraints d'errer en pleine forêt ? Il s'agit d'un thriller psychologique haletant, dans un instant historique où tuer quelqu'un n'est pas forcément faire le mal. Les dialogues sont réduits au minimum, l'atmosphère tendue étant créée par la rigueur des plans-séquences et par une grande richesse sonore.
  • 27
    Bande-annonce

    Mud : Sur les rives du Mississippi (2012)

    Mud

    2 h 10 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jeff Nichols avec Matthew McConaughey, Reese Witherspoon, Sam Shepard

    Le nouveau film de Jeff Nichols a pour point commun avec le précédent, "Take shelter", de s'intéresser à une Amérique qu'on voit peu (ici les modestes habitations aux alentours du Mississipi) et de faire monter une menace qui se rapproche. Au cours d'une de leurs embardées, Ellis et Neck, deux ados inséparables, découvrent une île étrange, avec un bateau perché dans les arbres. Et un homme sorti de nulle part, avec un serpent tatoué sur le bras, qui se fait appeler Mud et leur demande du ravitaillement (il est recherché par la police). C'est un grand récit initiatique d'un classicisme sans faille, où Ellis, qui a le courage de tendre la main à cet homme, découvrira, entre autres, que les adultes ne sont pas nécessairement divisés en bons et méchants, qu'ils peuvent mentir (y compris sur des choses importantes) et se mentir, et que la vengeance ou l'escalade de la violence ne résout rien.
  • 28
    Bande-annonce

    Wadjda (2012)

    وجدة

    1 h 37 min. Sortie : 2012. Comédie dramatique et drame.

    Film de Haifaa Al-Mansour avec Waad Mohammed, Reem Abdullah, Abdullrahman Al Gohani

    Le film fait événement, c'est le premier exporté d'Arabie Saoudite (alors que le pays ne comporte aucune salle de cinéma), et qui plus est réalisé par une femme. Et cinématographiquement ? C'est une fable qui rappelle par sa simplicité et sa discrète insolence certains films iraniens (régimes politiques assez semblables, même si l'un est ami des Etats-Unis et pas l'autre, non ?). Wadjda est le prénom d'une fille d'une douzaine d'années, qui écoute par la bande du rock occidental, porte des baskets, et voudrait avoir un vélo pour faire la course avec Abdallah, un garçon de son âge. Mais il est interdit à une fille vertueuse de faire du vélo... La domination masculine (et la religion, enseignée à l'école et omniprésente) est au coeur du film qui raconte un désir d'émancipation. Mais, paradoxalement, seuls deux hommes apparaissent à l'écran : le père, souvent absent (il convoite une seconde épouse), et Abdallah.
  • 29
    Bande-annonce

    Notre Monde (2013)

    1 h 59 min. Sortie : .

    Documentaire de Thomas Lacoste

    Editeur de la revue Le Passant ordinaire, Thomas Lacoste a réuni devant la caméra d'Irina Lubtchansky (et Marianne Denicourt) les témoignages d'une trentaine d'intellectuels critiques de toutes disciplines. Chacun met en lumière les problèmes qui apparaissent dans son champ d'étude, et propose des pistes de solution... Si l'écologie est en grande partie absente des analyses (Geneviève Azam était prévue au programme mais pour des raisons techniques son intervention n'a pu avoir lieu), c'est néanmoins un fameux réservoir à idées pour la vraie gauche (celle qui veut à raison passer à la VIè République) et pour tous les citoyen-ne-s engagé-e-s ou en tout cas non résigné-e-s. Les propos sont aérés par des images des coulisses de l'enregistrement, ainsi que par la lecture d'extraits de "Trois femmes puissantes" de Marie Ndiaye.
  • 30
    Bande-annonce

    Le Temps de l'aventure (2013)

    1 h 44 min. Sortie : . Comédie dramatique et romance.

    Film de Jérôme Bonnell avec Emmanuelle Devos, Gabriel Byrne, Gilles Privat

    Inconditionnel du cinéma de Jérôme Bonnell, je vais voir son cinquième film... et ne suis toujours pas déçu. Pourtant, les films qu'ils réalisent pourraient être qualifiés de fragiles : pas de très grand sujet, pas de scénario convenu résumable ou non à un pitch. Mais du cinéma, du vrai, un cinéma de mise en scène et simultanément un cinéma en empathie avec ses personnages. Alix est une comédienne qui quitte pendant une journée le Nord pour passer une audition à Paris et tenter de joindre sans succès son fiancé. Privée de béquilles technologiques, elle va céder à l'inconnu et à ce qui va peut-être se révéler être une aventure... Le reste est une histoire de gares et de trains (comme dans "Brève rencontre" de David Lean), mais surtout un univers singulier et sensible dans lequel Emmanuel Devos et Gabriel Byrne ("Miller's crossing" !) excellent.