Lumière de ma vie, feu de mes reins : films vus en 2020

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335 films

par oggy-at-the-movies

La rime est un peu facile, certes - cependant, entre la dispartion de Sue Lyon en toute fin d'année et Redek du Mock qui le place discrètement dans chaque épisode de Dimanche à dix heures, il y a de quoi avoir Nabokov en tête..!

Pour la quatrième année consécutive (déjà !), une liste de mes voyages dans le Royaume du Cinéma adjointe de mes petits commentaires (la plupart du temps)

2019 : https://www.senscritique.com/liste/Films_vus_en_2019/2344499
2018 : https://www.senscritique.com/liste/Films_vus_en_2018/1959240
2017 : https://www.senscritique.com/liste/Films_vus_en_2017/1555326

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    Les Filles du docteur March (2020)

    Little Women

    2 h 15 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Greta Gerwig avec Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh

    1er janvier, 13h. Comment mieux débuter l'année cinématographique que par un film de la meilleure réalisatrice du XXIème siècle ?

    Greta Gerwig dépoussière le mythe des quatres filles du docteur March (une traduction française un peu trop phallocentrée) et ses actrices (les fabuleuses Saoirse Ronan, Florence Pugh et Laura Dern) l’habitent. Sa lecture des thématiques du roman est résolument moderne, de même que la composition de ses personnages.
    Alexandre Desplat est à la bande son tandis que Timothée chalamuse ; Louis Garrel, lui, parle avec un accent allemand : tout cela est bien charmant.
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    La Vérité (2019)

    Shinjitsu

    1 h 46 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hirokazu Kore-eda avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke

    Pour sa première œuvre en dehors du Japon, Kore-eda livre un joli film dans ses thématiques, en y ajoutant celle de la place de l'artiste. Choisir Catherine Deneuve pour incarner une sorte de caricature de ce qu'elle aurait pu être est une idée malicieuse et délicieuse à observer. Les personnages secondaires sont légèrement vampirisés par cette dernière mais on n'a aucun mal à croire à cette jolie histoire de famille.
    Le "film dans le film" est un prétexte légèrement grossier ; on sent par instants que le scénario n'a pas été écrit en Français, mais cela demeure un très joli moment.
  • Bande-annonce

    Docteur ? (2019)

    1 h 29 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Tristan Séguéla avec Michel Blanc, Hakim Jemili, Solène Rigot

    Loin d'être aussi catastrophique que ce que la bande annonce laissait paraître, le film est certes incomplet mais plutôt réussi pour une comédie (un peu) noire de Noël. Un bon moment bien qu'un peu aseptisé.
    Le duo Michel Blanc/Hakim Jemili fonctionne ; on regrette simplement que l'étude de leurs personnages ne dépasse jamais la surface.
    Comme une impression que le film aurait pu dire beaucoup plus sur l'aspect "social" sans se perdre et gagner en pertinence
  • Bande-annonce

    Matrix (1999)

    The Matrix

    2 h 16 min. Sortie : . Action, science-fiction et arts martiaux.

    Film de Lilly Wachowski et Lana Wachowski avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss

    (re)vu au cinéma, séance UGC Culte.

    Matrix c'est en définitive un nanard de luxe (cf. les répliques tordantes de Néo) à travers lequel les Wachowski se font plaisir autour d'un scénario alambiqué.
    Il n'en demeure pas moins qu'il a TRÈS BIEN vieilli et n'accuse jamais ses vingt ans - en même temps, c'est vrai qu'en inventant un effet spécial (~le bullet time) on a de grandes chances de l'inscrire dans la durée.

    Une séance agréable, pas non plus un frisson existentiel, quoique : the spoon is a lie
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    Le Lac aux oies sauvages (2019)

    Nanfang chezhan de juhuì

    1 h 53 min. Sortie : . Thriller et drame.

    Film de Diao Yi'nan avec Hu Ge, Liao Fan, Gwei Lun-mei

    Le “thriller de la fin d’année” encensé par la critique n’est pas grand chose d’autre qu’un film qui souffre de son excès de mise en scène de plus. Trop de mise en scène ? C’est possible, et c’est dommageable. Le réalisateur se regarde filmer ; il y a effectivement une certaine atmosphère mais le scénario est confus et les personnages profondément antipathiques. Chez NWR ou Wong Kar-wai, au moins, on comprend ce qu'il se passe.
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    5x2 (2004)

    1 h 30 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de François Ozon avec Valéria Bruni-Tedeschi, Stéphane Freiss, Françoise Fabian

    Mubi.

    Il y a quelque chose d'extrêmement vulgaire et brutal dans les personnages que filme Ozon. Valeria Bruni Tedeschi et Stéphane Freiss ne le jouent pas à moitié.

    Le fait de présenter dans l'ordre anti-chronologique ces cinq moments dans la vie d'un couple permet sans doute à Ozon d'étudier cette violence sans forcer le trait - ou d'éclipser les conséquences de la séquence du viol en l'ayant placée tout au début, c'est selon.
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    L'Adieu (2020)

    The Farewell

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Lulu Wang avec Awkwafina, Shuzhen Zhao, Hong Lu

    Chronique douce-amère sur les différences culturelles (principalement quant aux différences de perception de la mort entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi sur la modernisation de la Chine et le conservatisme), The Farewell n'est pas nécessairement impressionnant par sa réalisation mais demeure un bon moment (ainsi qu'un pur film A24).
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    Notre dame (2019)

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Valérie Donzelli avec Valérie Donzelli, Pierre Deladonchamps, Thomas Scimeca

    De jolies intentions pour un film charmant.

    Le scénario autour de la rénovation du parvis de Notre Dame relève presque du prétexte pour pouvoir faire une gentille caricature de la société en suivant une héroïne toujours un peu à côté de la plaque mais toujours éclatante.
    Le couple Donzelli-Deladonchamps et le cinéma rêveur - ou fantaisiste, en tout cas, qui ose - de la réalisatrice (mais aussi les truculents seconds rôles) sont très agréable à observer pendant 1h30.
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    Séjour dans les monts Fuchun (2020)

    Chun jiang shui nuan

    2 h 24 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Gu Xiaogang avec Qian Youfa, Wang Fengjuan, Zhang Renliang

    Le premier film de Gu Xiaogang est une merveille balzacienne et, il faut bien le dire, exigeante. Grande fresque familiale qui partage son titre avec celui d’un rouleau peint de sept mètres du 14ème siècle, le film observe la vie de quatre frères au bord de la Rivière Yangtsé, sur deux ans - ce n’est d’ailleurs que le premier volet d’un triptyque.
    On y parle relations avec ses parents et mariage arrangé, argent évidemment mais aussi changement. “On a vécu ici pendant trente ans et ils ont mis trois jours à démolir” : ces frères ne sont pas franchement intégrés au mouvement de rénovations massives lancé par le gouvernement chinois. Un manoeuvre lit les lettres d’amants trouvées dans un immeuble en démolition ; les panoramiques s’enchaînent : les monts Fuchun sont sublimes.
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    La Cravate (2020)

    1 h 37 min. Sortie : .

    Documentaire de Mathias Théry et Etienne Chaillou

    Projo presse.

    Assez révélateur sur ce que peut être le fonctionnement interne du FN/RN (typiquement, confier sur ce qui semble être un coup de tête la direction de la communication YouTube de Florian Philippot a un militant qui déclare "connaître internet). La trajectoire (autant que sa personnalité, d'ailleurs) de militant de Bastien, le personnage central, reste assez spécifique...
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    Nekrotronic (2020)

    1 h 39 min. Sortie : . Comédie, Épouvante-horreur et science-fiction.

    Film de Kiah Roache-Turner avec Ben O'Toole, Monica Bellucci, Caroline Ford

    " C'est crade. " (x15) - vianney et augustin, effarés par un film trouvé au hasard d'un site de streaming dont le nom ne sera pas révélé.

    Au-delà d'être visuellement insupportable - vous n'avez jamais vu autant de textures dégoulinantes, c'est (très) bête et méchant. Et surtout, c'est une sorte de resucée de l'intégralité de la culture populaire. Entre les casques de Tron, la mystery machine et les éclairs Sith, je ne vous parle même pas de la ressemblance (volontaire) de Ben O'Toole avec un Tony Stark : moustache, logo lumineux sur le thorax et gant de pouvoir, les signes sont trop nombreux pour être accidentels.

    Ah, et il y a Monica Bellucci (?)
    Ah, et on n'a vraiment PAS COMPRIS les enjeux de l'intrigue
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    Les Enfants du temps (2020)

    Tenki no Ko

    1 h 54 min. Sortie : . Animation, drame, fantastique et romance.

    Long-métrage d'animation de Makoto Shinkai avec Kotaro Daigo, Nana Mori, Chieko Baisho

    Joli comme un film de Makoto Shinkai... Mièvre comme un film de Makoto Shinkai.

    Le réalisateur explore toujours les mêmes thèmes, le fait toujours de la même façon et avec un degré de niaiserie qui semble aller croissant. Il y a bien évidemment quelques épiphanies visuelles - notamment dans la représentation de la ville - qui sont toutefois souvent amoindrie par leur contexte ridicule.
    L'aspect "fantastique" est introduit n'importe comment - en fait n'est pas introduit du tout - si bien que l'on n'a pas le temps de s'attacher aux personnages avant de les voir contrôler la météo sans effort apparent.
    Enfin, la conclusion, si l'on y réfléchit trop, donne une morale extrêmement douteuse.
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    1917 (2020)

    1 h 58 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Sam Mendes avec George MacKay, Dean-Charles Chapman, Benedict Cumberbatch

    1917 est un acte de cinéma fort : pas tout à fait un plan séquence mais une suite de longs plans magistralement orchestrés - les cuts sont cela dit mille fois moins visibles que dans Birdman. L'incroyable photographie est de Roger Deakins dont le génie est une fois de plus confirmé. 
    1917 présente une quête insensée : traverser 14,5km de front pour sauver 1600 hommes. Georges MacKay et ses yeux bleu acier nous rappellent toute l’absurdité du conflit ; il ne s’agit même plus de survivre mais juste d’accomplir une mission 
    Un seul regret qu’on peut finalement trouver dans son intention de départ : 1917 est si bien exécuté que l’accidentel ne semble plus y avoir sa place. Le film se déroule avec tant de fluidité que les séquences les plus marquantes sont finalement celles où la caméra cesse de se mouvoir et s’intéresse à personnages.

    https://oggy-at-the-movies.blogspot.com/2020/02/1917.html
  • Bande-annonce

    Pasolini (2014)

    1 h 26 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Abel Ferrara avec Willem Dafoe, Riccardo Scamarcio, Ninetto Davoli

    Mubi.

    Le film n'a pas grand chose d'autre pour lui que son casting (notamment les seconds rôles italiens). Alors oui, effectivement, Dafoe est peut-être l'acteur du moment qui ressemblait le plus à Pasolini (Charlton Heston n'était, pour des raisons évidentes, pas disponibles).
    Est-ce qu'il y a autre chose dans le film de Ferrara ? Non. Et en plus, il ne parle même pas italien.
  • Les Producteurs (1967)

    The Producers

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie et comédie musicale.

    Film de Mel Brooks avec Zero Mostel, Gene Wilder, Dick Shawn

    Mubi.

    Un peu long à démarrer mais un côté grand-guignolesque plutôt séduisant.
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    Plaire, aimer et courir vite (2018)

    2 h 12 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Christophe Honoré avec Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès

    Constat terrible que celui-ci : il n'y a pas de film derrière le synopsis attirant.
  • Bande-annonce

    Play (2020)

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie et romance.

    Film de Anthony Marciano avec Max Boublil, Alice Isaaz, Malik Zidi

    Formellement réussi (ne rompt pas le contrat passé avec le spectateur : montage de séquences "found footage" sur plusieurs dizaines d'années de la vie du personnage principal) ; avoir casté Max Boublil place le film dans un entre-deux flou (à quel point le film se prend il au sérieux ?), mais on l'oublie vite.
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    À se brûler les ailes (2020)

    Scheme Birds

    1 h 26 min. Sortie : 2020.

    Documentaire de Ellinor Hallin et Ellen Fiske

    FIPADOC 2020

    Avec un souffle qui tient souvent plus du cinéma réaliste que du documentaire, Ellen Fiske et Ellinor Hallin, réalisatrices suédoises, posent leur caméra à Motherwell en Écosse. Les « schemes birds » du titre sont les jeunes habitants et habitantes des tours et lotissements de la ville, délaissés et désœuvrés.

    Autour des semi-detached houses et des briques typiquement britanniques, la violence semble être le mode d’expression principal. Gemma, la jeune fille point central du film établit la problématique dans les premiers instants : « Here, you get locked up or knocked up » — Soit t’es enfermé, soit t’es engrossé. Ce sont leurs deux uniques perspectives d’avenir – autant en profiter, se battre, boire et se sentir vivant avant que cela n’arrive.

    La réalisation a quelque chose d’organique dans son rapport aux espaces et à la violence : les tours occupent l’espace en permanence et semblent surveiller les personnages. Lorsque ceux-ci se battent, la caméra est au plus près des corps.

    Les schemes, ce sont les blocs où ils vivent ; les oiseaux, ce sont aussi les pigeons du grand-père de Gemma. Une métaphore sur leur élevage pouvant devenir une parabole sur la vie, celle d’ un homme fatigué qui a essayé de donner à sa petite fille de quoi se défendre.

    Scheme Birds est un film d’apprentissage résigné, qui en tout cas tendrait à présenter les événements comme cycliques.

    L’aciérie de Motherwell est démolie suite aux réformes de Thatcher, marquant ainsi le début du déclin de la ville. Vingt ans plus tard, les tours où nos birds habitent le sont aussi, comme un constat d’échec. Les parents de Gemma l’ont eu trop jeune. Sa mère, toxicomane, l’abandonne et elle est élevée par son grand père. Gemma elle-même tombe enceinte, se brouille avec sa famille et quitte le père de son fils.

    Les Scheme Birds aspirent à être adultes mais ne semblent pas être équipés pour. Éternels adolescents, « être adulte » signifie pour eux être libres, sans responsabilités. D’ailleurs, pas un seul d’entre eux n’a de travail ; leurs journées se résument souvent à traîner entre jeunes délaissés. Ils se font également rattraper par leur environnement : la violence sourde frappe souvent à l’aveugle.
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    The Feminister (2020)

    1 h 33 min. Sortie : 2020.

    Documentaire

    FIPADOC 2020

    The Feminister suit les quatre années du mandat de Margot Wallström, ministre des affaires étrangères de Suède. L’angle est tout trouvé : Wallström se réclame d’une pratique féministe des relations internationales ; elle est la première à l’appliquer à cette échelle. 
    Lors de la rencontre à l’issue de la projection, Wallström nous le rappelle dans un français quasi impeccable : « plus de femmes, plus de paix ». L’équation est simple. Selon la ministre, les femmes ont d’autres points de vue de par une expérience différente de la vie, ce qui en relation internationales signifie une autre expertise (… et plus de solutions). 
    Arriver à ce que le public puisse entrer dans la tête de Margot
    La personnalité de Margot Wallström en fait un sujet de documentaire idéal. Affable et énergique, elle semble ne jamais voir la caméra qui pourtant suit ses états d’âme de (très) près. Le réalisateur réaffirme sa volonté d’avoir voulu « arriver à ce que le public puisse entrer dans la tête de Margot et comprendre ce qu’elle voulait faire ». En effet, au cours de ses quatre ans de mandat, on est bien témoins de son point de vue sur chaque situation. Pas le point de vue officiel, celui qu’il faudra adopter pour respecter l’étiquette : son point de vue personnel. 
    On observe les succès de Margot, ses inquiétudes, ses rencontres avec la Corée du Nord… et sa répartie lorsqu'elle répond au Ministre des Affaires étrangères israéliens qui l'accuse de confondre le Moyen Orient avec un meuble en kit IKEA.

    I will be happy to send Israel Foreign Minister Lieberman an IKEA flat pack to assemble. He'll see it requires a partner, cooperation and a good manual.

    « Transparency is a good thing in democracy »

    Face aux spectateurs étonnés par une telle facilité à s’ouvrir, Margot Wallström avance comme hypothèse que le système politique suédois « est beaucoup moins hiérarchique ». Selon elle, les politiciens suédois ont « une relation beaucoup plus détendue et travaillent d’une façon beaucoup plus informelle » qu’en France par exemple.  
    Elle ajoute que « la transparence est une bonne chose en démocratie ». Impossible de lui donner tort. 
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    Les Plages d'Agnès (2008)

    1 h 50 min. Sortie : .

    Documentaire de Agnès Varda avec Stéphane Vilar, Andrée Vilar, Vincent Fournier

    FIPADOC 2020

    Qui n'a pas rêvé de passer deux heures avec Agnès ?
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    Funérailles d'État (2020)

    State Funeral

    2 h 15 min. Sortie : .

    Documentaire de Sergeï Loznitsa

    FIPADOC 2020

    Par son regard sur les funérailles de Joseph Vissarionovitch Staline, Sergueï Loznitsa, documentariste et réalisateur ukrainien, ne transige pas sur ses ambitions et lorgne du côté du réalisme socialiste.

    State Funeral est un documentaire composé uniquement d’images d’archives – superbement – restaurées. Pendant deux heures et quinze minutes, les citoyens d’URSS défilent pour venir rendre hommage à leur Vojd, leur guide. Ce qui frappe, c’est d’abord leur émotion ; elle est loin d’être feinte et on voit des femmes pleurer autant que des hauts dignitaires trembler. Ensuite, c’est l’absence de couleurs dans les rues de l’URSS de 1953 : seuls les drapeaux rouges et noirs viennent contraster avec les nuances de gris. Enfin, c’est l’ordre et le silence qui règnent lors de cette célébration. Les rangées de militaires alignés et immobiles semblent s’étirer à l’infini.

    143 minutes de recueillement extatique

    Le réalisateur de petits bijoux tels qu’Une Femme douce (sublime épopée de 2 h 45 à travers la Russie moderne) ou encore Donbass opte pour une représentation radicale de ce deuil national. Les discours hagiographique autour des autels à la gloire du premier secrétaire du PCUS résonnent ; à intervalles réguliers, le Requiem de Mozart vient occuper le champ sonore du film. Les visages éplorés succèdent à des scènes monumentales ; Loznista semble respecter le manifeste du réalisme socialiste soviétique et fait en sorte que rien d’autre n’émane de ces images.


    State Funeral est un documentaire absolu. Peut-être trop pour le spectateur non-averti. Autour de nous dans la salle, les têtes des spectateurs dodelinent. Lorsque les lumières se rallument après une dernière comptine en hommage au petit père des peuples, une spectatrice se fend d’un : « Ah ça, pour être mort il est mort, on a bien compris ».

    En guise de conclusion, Loznista, trublion, n’omet pas de préciser par le biais d’intertitres finaux que Joseph Staline est directement responsable de la mort d’environ 25 millions de personnes (ainsi qu’indirectement, de 15 millions de victimes de la famine) et que par ailleurs, la déstalinisation commence trois ans à peine après la mort du dictateur. De quoi repenser à ces 143 minutes de recueillement extatique.
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    Adoration (2020)

    1 h 38 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Fabrice Du Welz avec Thomas Gioria, Fantine Harduin, Benoît Poelvoorde

    Pas exempts de défauts, mais radical et bien mené.

    Mon itw du réal : https://oggy-at-the-movies.blogspot.com/2020/01/rencontre-fabrice-du-welz.html
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    Cuban Network (2020)

    Wasp Network

    2 h 03 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Olivier Assayas avec Penélope Cruz, Edgar Ramirez, Gael García Bernal

    Après le compliqué Personal Shoppers et le catastrophique Doubles Vies, Olivier Assayas revient à ce qu’il sait faire de mieux : la fiction documentaire (Après Mai, Carlos), dans laquelle il reconstitue une atmosphère avec minutie.

    Cuban Network scrute la vie des espions cubains envoyés par le régime de Fidel pour lutter contre le terrorisme anti-castriste ; c’est Carlos en beaucoup moins long et plus américain. La trame est parfois confuse mais il n’a rien perdu de son réel sens de l’écriture des personnages. Assayas s’intéresse beaucoup plus à l’humain derrière le masque si j’ose dire ; ces derniers sont par ailleurs brillamment interprétés par Ana de Armas, Penelope Cruz, Gabriel Garcia Bernal et Edgar Ramirez.
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    Jojo Rabbit (2020)

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie, drame et guerre.

    Film de Taika Waititi avec Roman Griffin Davis, Taika Waititi, Scarlett Johansson

    Jojo Rabbit souffre de la subversivité affichée sur laquelle il se construit : au bout de quelques blagues - dont certaines très bonnes - sur la bêtise des nazis, la formule ne fait plus recette.
    En réalité, le film est plus marquant dans ses moments les plus « sérieux », ceux-là même qui ne figurent pas dans la bande annonce. Derrière la comédie burlesque qui voit notamment Sam Rockwell créer un uniforme de « Nazi Mercury » (… ouais) se cache un vrai drame sur la guerre. Dommage que le film ne choisisse jamais vraiment.
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    Les Traducteurs (2020)

    1 h 45 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Régis Roinsard avec Lambert Wilson, Olga Kurylenko, Riccardo Scamarcio

    Quelques rares idées de réalisation dans un téléfilm grotesque : scénario ridicule, cabotinages fadasses et catastrophique Alex Lawther.

    Lambert Wilson est bon ; en même temps, être méchant, très méchant, il sait faire.
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    Goldman v Silverman (2020)

    7 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Court-métrage de Benny Safdie et Joshua Safdie avec Adam Sandler et Benny Safdie

    Vu sur Vimeo.
    https://vimeo.com/382811408

    Un film des Safdie : New York, une caméra qui tremble et des personnages qui se mettent sur la gueule pour une raison qu'on aura tôt fait d'oublier. Il n'empêche que ça fonctionne.
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    The Gentlemen (2020)

    1 h 53 min. Sortie : . Action, comédie et gangster.

    Film de Guy Ritchie avec Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Henry Golding

    On va pas se mentir, on avait perdu Guy Ritchie de vue depuis 2015 - et encore, pour ceux qui avaient pu voir CODE Uncle au cinéma. Sinon, on remonte à 2011 et au deuxième volet des aventures de son Sherlock Holmes. Excalibur et Aladin, brr, autant ne pas en parler.

    Guy Ritchie revient à ses origines (ses premiers films : Arnaques, crimes et botanique, Snatch), ce qu'il sait faire en fait. La prise de risques est faible, mais le pari est réussi : The Gentlemen est un BON film de Ritchie, qui lorgne parfois sur ce que peut proposer son ami Vaughn. En tous cas, les acteurs se font plaisir, le réal aussi et le scénariste... twiste.
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    Dark Waters (2020)

    2 h 06 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et thriller.

    Film de Todd Haynes avec Mark Ruffalo, Anne Hathaway, Tim Robbins

    Vu en AVP.

    Dark Waters est un beau projet. Un film sur un lanceur d’alerte, porté par Mark Ruffalo dont l’engagement n’est plus à prouver - un film à charge contre une multinationale que Ruffalo finance avec le salaire versé par une autre multinationale (Marvel, pour son interprétation de Bruce Banner). Un film sur le combat de Robert Bilott contre DuPont et le Teflon.

    Todd Haynes est chargé de la réalisation. Haynes est un réalisateur dont les velléités sont aussi intellectualisantes qu’hollywoodiennes : il ne fait jamais dans la finesse. Robert Bilott change de vocation en deux minutes montre en main. Les paysans sont très très plouc ; les malades sont très très malade ; les industriels sont très très méchants. Même le montage et le séquençage sont lourdingues. On est sur une hybridation de Zodiac et Spotlight : un genre d’enquête laborieux où le personnage principal souffre.
    Par ailleurs, une fois n’est pas coutume dans le cinéma américain (cf. First Man, par exemple), notre héros est affublée d’une épouse qui, résignée, le regard s’agiter dans tous les sens en s’occupant des gosses.

    Le meilleur moment du film reste le plus absurde : une autoroute, un panneau « Welcome to West Virginia » et John Denver à la radio. Évidemment, Bilott de Virginie Occidentale. Vous l’avez ?
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    Le Prince oublié (2020)

    1 h 41 min. Sortie : . Aventure, comédie et fantastique.

    Film de Michel Hazanavicius avec Omar Sy, Bérénice Bejo, François Damiens

    Hazanavicius est autant un réalisateur oscarisé qu’un genre d’historien-savant fou du cinéma. Il connaît les codes, il expérimente ; il les travaille, les mélange avec d’autres, et n’oublie jamais d’ajouter de subtiles touches de méta.
    Que cela soit réussi ou non - c'est à mon sens plutôt raté -, Le Prince Oublié prend la même direction que les grands succès de l'ami Michel. Le réalisateur joue avec la réalité vécue et la réalité imaginée - c’est un joyeux bordel - du personnage d’Omar Sy, qui découvre que sa jeune fille de 11 ans n’a plus besoin d’histoires avant d’aller dormir. Le réalisateur filme avec tendresse le récit d’émancipation du papa, et non plus de l’enfant ; cela dit, on ne sait pas bien à quel public il s’adresse.

    Deux problèmes principaux (et majeurs, oups) : l'esthétique "toc" du film - c'est voulu mais tout demeure très étrange - et Omar Sy dans son éternelle et cliché interprétation du good guy.

    Le résultat mérite le détour ; on regrette juste la présence d’un certains nombres de schémas qui semble tout droits sortis du script de Vice-Versa.
  • Bande-annonce

    La Fille au bracelet (2020)

    1 h 35 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de Stéphane Demoustier avec Melissa Guers, Roschdy Zem, Anaïs Demoustier

    Film de procès sec, peu bavard mais ultra intéressant. Le verdict n’est pas filmé et le spectateur se retrouve dans la position de jury : et vous, qu’est-ce que vous avez vu ?