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49 livres

par Josh_Athanase
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  • Les Racines du ciel (1956)

    Sortie : 1956. Roman.

    Livre de Romain Gary (Émile Ajar)

    « Lorsque le courage baissait et qu'on ne voyait autour de soi que des nez tristes et des échines pliées, on se tournait vers lui et il trouvait toujours quelque chose pour nous regonfler. Un jour, par exemple, il était entré dans le block mimant l'attitude d'un homme qui donne le bras à une femme. (...) - Bon. Alors, je vous préviens : à partir d'aujourd'hui, ça va changer. Pour commencer, vous allez cesser de pleurnicher. Vous allez essayer de vous conduire devant elle comme si vous étiez des hommes. » (p.206)
  • Éloge du carburateur (2010)

    Shop Class as Soulcraft: An Inquiry Into the Value of Work

    Sortie : juin 2010. Essai.

    Livre de Matthew B. Crawford

    « En réalité, bien entendu, la véritable créativité est le sous-produit d'un type de maîtrise qui ne s'obtient qu'au terme de longues années de pratique. C'est à travers la soumission aux exigences du métier qu'elle est atteinte (qu'on songe à un musicien pratiquant ses gammes ou à Einstein apprenant l'algèbre tensorielle). L'identification entre créativité et liberté est typique du nouveau capitalisme ; dans cette culture, l'impératif de flexibilité exclut qu'on s'attarde sur une tâche spécifique suffisamment longtemps pour y acquérir une réelle compétence. Or, ce type de compétence est la condition non seulement de la créativité authentique, mais de l'indépendance dont jouit l'homme de métier. » (p.63)
  • Sur les falaises de marbre (1939)

    Auf den Marmorklippen

    Sortie : 1939.

    Livre de Ernst Jünger

    « Vous connaissez tous cette intraitable mélancolie qui s’empare de nous au souvenir des temps heureux. Ils se sont enfuis sans retour ; quelque chose de plus impitoyable que l’espace nous tient éloignés d’eux. Et les images de la vie, en ce lointain reflet qu’elles nous laissent, se font plus attirantes encore. Nous pensons à elles comme au corps d’un amour défunt qui repose au creux de la tombe, et désormais nous hante, splendeur plus haute et plus pure, pareil à quelque mirage devant quoi nous frissonnons. Et sans nous lasser, dans nos rêves enfiévrés de désir, nous reprenons la quête tâtonnante, explorant de ce passé chaque détail, chaque pli. Et le sentiment nous vient alors que nous n’avons pas eu notre pleine mesure de vie et d’amour, mais ce que nous laissâmes échapper, nul repentir ne peut nous le rendre. Ô puissions-nous, d’un tel sentiment, tirer une leçon dont nous nous souviendrions à chaque instant de notre joie ! Plus doux encore est le souvenir des années que nous versa le ciel, si ce fut une soudaine épouvante qui les termina. Nous comprenons alors quel bonheur c'est déjà pour nous autres hommes, que de vivre au fil des jours en nos petites sociétés, sous un toit paisible, parmi les bonnes conversations, salués d'un bonjour et d'un bonsoir également tendres. Hélas, nous reconnaissons toujours trop tard que la fortune qui nous donnait ces choses nous ouvrait déjà ses trésors. » (p.7)
  • Petit Pays (2016)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Gaël Faye

    « Au lieu-dit Gitaba se trouvait une petite maison en torchis au toit recouvert de feuilles de bananier. La hutte était au sommet d'une colline et, l'espace d'un instant, la vue nous a saisis. La pluie avait lavé le ciel, les rayons du soleil sur le sol trempé dessinaient des spirales de brume rosée au-dessus de l'immense plaine verte traversée par les eaux ocres du fleuve Rusizi » (p.59)
  • Mémoires de la marquise de la Rochejaquelein (2010)

    Sortie : . Biographie.

    Livre de Marie Louise Victoire marquise de La Rochejaquelein et Alain Gérard

    « Si je recule, tuez-moi. Si j'avance, suivez-moi. Si je meurs, vengez-moi ! » (p.27)

    « Alors, n'écoutant que son courage, il prend un fusil à baïonnette, crie aux soldats de le suivre et, descendant du rocher, il arrive jusque sur le pont. Là, il reçut toute la décharge de la mousqueterie et de la mitraille qui traversa tous ses habits et, s'apercevant qu'aucun paysan n'avait osé le suivre, il remonte, les appelle, redescend, retourne sur le pont, reçoit de nouveau la décharge et, se voyant encore absolument seul, il tourne, appelle les paysans et s'avance sur le pont pour la troisième fois. Alors, se voyant suivi d'un seul soldat, mais voyant arriver M. de La Rochejaquelein et Forest au grand galop pour le seconder, il franchit le pont le premier, le soldat le second (celui-ci fut blessé). Henri, descendu de cheval, passe le troisième, Forest le quatrième. Ils se jettent dans les retranchements. Les paysans, alors, accourent en foule, et tous les Bleus qui s'y trouvaient se rendent. » (p.169)
  • Les voix qui crient dans le désert (2008)

    Sortie : février 2008. Essai.

    Livre de Ernest Psichari

    « C'est là que j'ai connu mes premières heures de vraie solitude, là que j'ai, pour la première fois, écouté pieusement les heures tomber dans l'éternel silence du désert. Dans cette terre morte, où jamais un homme n'a fixé sa demeure, il me semblait sortir des limites ordinaires de la vie, m'avancer, tremblant de vertige, sur le rebord de l'éternité. Pendant l'écrasante chaleur des jours, tandis que les partisans dormaient sous leur soleil familier, je restais sous ma tente, les genoux au menton, ayant, avec un battement de cœur, comme le sentiment d'une mystérieuse attente. » (p.10)

    « Il n'est point de musique romantique, malgré les apparences. C'est par une extension qu'on dit Berlioz romantique. Simple association d'idées - à moins qu'un gilet rouge ne constitue le romantisme. Les règles de la musique sont immuables. Nul n'y saurait toucher. Au lieu que les autres arts sont libres à l'excès et que toutes les folies y sont permises. L'histoire de la musique n'offre pas ce désordre qui marque l'histoire des autres arts. C'est, si j'ose dire sans rire, l'art de la mesure. » (p.77)

    « Dans notre vie peineuse, soucieuse, nous sentons bien que nous ne pouvons pas nous en remettre uniquement à nous-mêmes. Nous savons ce que nous sommes. Nous connaissons la tâche qui nous a été mesurée. Nous sommes pénétrés de l'idée que la France, c'est nous. Nous savons qu'un seul homme représente, pour des milliers d'êtres, la France tout entière. » (p.92)

    « Mais qu'est-ce donc que le repos pour qui cherche à se fuir soi-même dans l'enivrement de l'espace, pour qui redoute par-dessus tout de se trouver face à face avec le bourbier de son âme, pour qui, enfin, ne s'arrêtera plus qu'il n'ait trouvé l'ordre parfait et la suave harmonie de la vérité. » (p.130)
  • Salammbô (1862)

    Sortie : 1862. Roman.

    Livre de Gustave Flaubert

    « C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar. » (p.57)
  • Le Grand Roman des maths (2016)

    Sortie : .

    Livre de Mickaël Launay

    « J'ai longtemps cru que le privilège d'être touché par l'élégance ou la poésie des objets mathématiques était une affaire de spécialistes, de privilégiés, que seuls les amateurs éclairés, ceux qui ont passé suffisamment de temps à étudier, à disséquer, à digérer les théories dans leurs détours les plus infimes, ceux qui ont développé avec les concepts abstraits une intimité mûre et profonde, pouvaient saisir. J'avais tort et j'ai eu depuis maintes occasions de constater que ce sentiment d'élégance peut apparaître aux parfaits néophytes et même aux tout jeunes enfants. » (p.183)

    « Quelle aubaine que la formule de Newton soit ce qu'elle est ! Et quel mystère que la nature parle si élégamment la langue des mathématiques. Il est fréquent que des modèles développés par des mathématiciens uniquement pour leur beauté trouvent des siècles après leur élaboration des applications en sciences physiques. Et ce mystère ne s'arrête pas à la gravitation. Les phénomènes électromagnétiques, le fonctionnement quantique des particules élémentaires, la déformation relativiste de l'espace-temps, tous ces phénomènes s'écrivent dans la langue mathématique avec une concision épatante. » (p.222)

    « Les sciences ont depuis amorcé un mouvement qui voit, siècle après siècle, se succéder chercheurs, enseignants et élèves dans un roulement quasi permanent des générations. Chose amusante, avec ce fonctionnement, il est possible de remonter l’ascendance académique des scientifiques. Si ma directrice de thèse est la mathématicienne Vlada Limic, elle même avait eu pour directeur le probabiliste britannique David Aldous quelques années auparavant. Et on peut continuer longtemps comme ça. En remontant, d'élève en maître, il est ainsi possible de retracer la "généalogie" complète d'un mathématicien. Voyez ma lignée qui remonte au XVIè siècle sur plus de vingt générations ! » (p. 258)
  • Dictionnaire amoureux de Mozart (2017)

    Sortie : .

    Livre de Ève Ruggieri

    « Gounod "rêve de bâtir un théâtre, d'y donner douze représentations de Don Juan et, l'acte artistique une fois accompli, de le raser ensuite." » (p.133)

    « Gluck avait soixante-treize ans quand il mourut, et lorsque j'entends son nom, j'ai toujours au coeur le souvenir de Luciano Pavarotti. C'était en 1984, à l'Opéra de Bari où il répétait avec son pianiste la très émouvante aria "Che farò senza Euridice", quand Orphée, accablé, réalise que désormais, sans Eurydice, sa vie n'a plus de raison d'être. Il était cinq heures de l'après-mindi, Luciano ne donnait pas toute la voix, il avait fermé les yeux, et dans la salle que l'on préparait pour le concert du soir, le silence s'était subitement installé. C'est alors que j'ai vu l'un après l'autre les techniciens se glisser entre les portants sur le côté de la scène, bouleversés, pour écouter Luciano et pleurer avec Gluck la perte d'Eurydice. » (p.365)

    « Écoutez-le, ce Requiem dont le mystère est "plus impénétrable que le plafond de la chapelle Sixtine, l'Apollon du Belvédère ou le sourire de la Joconde", nous dit avec humour Bertrand Dermoncourt, ne serait-ce que pour le Confutatis qui me transperce le coeur, tant Mozart est avec nous, dès le début, lorsque les barytons et les basses crient leur peur de mourir. Celle-là même que nous portons en nous, avant que n'apparaissent les sopranos, chantant l'espoir du pardon, de la sérénité si douloureusement acquise après tant de batailles menées et parfois perdues...» (p.681)

    « Je suis quelqu'un de vulgaire, mais ma musique ne l'est pas » (Mozart, p.709)
  • Le Vicomte de Bragelonne (1848)

    Sortie : 1848. Roman.

    Livre de Alexandre Dumas

    « — Comment, les jambes ? — Oui, elles ne veulent plus me porter. — Les ingrates ! Cependant, vous les nourissez bien, Mousqueton, à ce qu'il me paraît. — Hélas ! oui. Elles n'ont rien à me reprocher sous ce rapport-là, dit Mousqueton avec un soupir ; j'ai toujours fait tout ce que j'ai pu pour mon corps ; je ne suis pas égoïste. » (p.113)

    « — Oh ! sire, j’irai bien plus loin que lui, dit d’Artagnan, et ce sera votre faute. Je vous dirai, ce qu’il ne vous a pas dit, lui, l’homme de toutes les délicatesses ; je vous dirai : sire, vous avez sacrifié son fils, et il défendait son fils ; vous l’avez sacrifié lui-même ; il vous parlait au nom de l’honneur, de la religion et de la vertu, vous l’avez repoussé, chassé, emprisonné. Moi, je serai plus dur que lui, sire ; et je vous dirai : sire, choisissez ! Voulez-vous des amis ou des valets ? des soldats ou des danseurs à révérences ? des grands hommes ou des polichinelles ? Voulez-vous qu’on vous serve ou voulez-vous qu’on plie ! voulez-vous qu’on vous aime ou voulez-vous qu’on ait peur de vous ? Si vous préférez la bassesse, l’intrigue, la couardise, oh ! dites-le, sire ; nous partirons, nous autres, qui sommes les seuls restes, je dirai plus, les seuls modèles de la vaillance d’autrefois ; nous qui avons servi et dépassé peut-être en courage, en mérite, des hommes déjà grands dans la postérité. Choisissez, sire, et hâtez-vous. Ce qui vous reste de grands seigneurs, gardez-le ; vous aurez toujours assez de courtisans. Hâtez-vous, et envoyez-moi à la Bastille avec mon ami ; car, si vous n’avez pas su écouter le comte de La Fère, c’est-à-dire la voix la plus douce et la plus noble de l’honneur ; si vous ne savez pas entendre d’Artagnan, c’est-à-dire la plus franche et la plus rude voix de la sincérité, vous êtes un mauvais roi, et demain, vous serez un pauvre roi. Or, les mauvais rois, on les abhorre ; les pauvres rois, on les chasse. Voilà ce que j’avais à vous dire, sire ; vous avez eu tort de me pousser jusque-là. » (p.1250)
  • Le choc des civilisations (1996)

    The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order

    Sortie : 1996. Essai.

    Livre de Samuel P. Huntington

    « Les conflits à venir seront provoqués par des facteurs culturels plutôt qu'économiques ou idéologiques. » (Jacques Delors, p.23)

    « On se définit par ce qu'on n'est pas. Comme les communications, le commerce et les voyages multiplient les interactions entre civilisations ; on accorde en général de plus en plus d'attention à son indentité civilisationnelle. Deux Européens, un Allemand et un Français, qui interagissent ensemble s'identifieront comme allemand et français. Mais deux Européens, un Allemand et un Français, interagissant avec deux Arabes, un Saoudien et un Égyptien, se définiront les uns comme Européens et les autres comme Arabes. » (p.86)

    « Le terrorisme a historiquement été l'arme des faibles, c'est-à-dire de ceux qui ne possèdent pas de puissance militaire conventionnelle. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les armes nucléaires ont aussi servi aux faibles à compenser leur infériorité conventionnelle. Dans le passé, les terroristes ne pouvaient provoquer que des violences limitées, en tuant quelques personnes ici ou en détruisant un bâtiment là. La violence massive demandait des forces militaires massives. Un jour ou l'autre, cependant, certains terroristes seront capables de susciter des violences et des destructions massives. Isolément, le terrorisme et les armements nucléaires sont l'arme des faibles hors d'Occident. S'ils les combinent, les faibles non occidentaux deviendront forts. » (p.273)

    « Dans les guerres entre cultures, la culture est toujours perdante » (p.408)

    « L'idée partagée par les Occidentaux selon laquelle la diversité culturelle est une curiosité de l'histoire appelée à être rapidement éliminée par le développement d'une culture mondiale anglophone, occidentale et commune, fondement de nos valeurs fondamentales, est tout simplement fausse. » (p.468)
  • L'Insoutenable Légèreté de l'être (1984)

    Nesnesitelná lehkost bytí

    Sortie : 1984. Philosophie et roman.

    Livre de Milan Kundera

  • Le Testament français (1995)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Andreï Makine

    « La nuit, Charlotte s'endormit le temps d'un rêve rapide, mélange de sons et de couleurs d'autrefois... Quelqu'un, en glissant vers la sortie, la réveilla. Le train était arrêté au milieu des champs. L'air nocturne n'avait pas ici la même densité de noir que dans la ville dont ils s'étaient enfuis. La plaine qui s'étendait devant le rectangle pâle de la porte ouverte gardait le teint cendré des nuits du Nord. Quand ses yeux apprivoisèrent l'obscurité, elle distingua à côté de la voie, dans l'ombre d'un bosquet, les contours d'une isba assoupie. Et devant, dans un pré qui longeait le remblai, elle vit un cheval. Le silence était tel qu'on entendait le léger crissement des tiges arrachées et le piétinement mou des sabots sur la terre humide. Avec une sérénité amère qui l'étonna elle-même, Charlotte entendit naître et résonner dans son esprit cette pensée transparente : "Il y a eu cet enfer de villes brûlées et quelques heures plus tard - ce cheval qui broute l'herbe pleine de rosée, dans la fraîcheur de la nuit. Ce pays est trop grand pour qu'ils puissent le vaincre. Le silence de cette plaine infinie résistera à leurs bombes..." Jamais encore elle ne s'était sentie aussi proche de cette terre. (p.127)
  • Un été avec Homère (2018)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Sylvain Tesson

    « Comment expliquer que ce poème âgé de plus de deux millénaires paraît être né d'avant-hier ? Charles Péguy formulait ainsi ce miracle : "Homère est nouveau, ce matin, et rien n'est peut-être aussi vieux que le journal d'aujourd'hui." » (p.117)

    « Pourquoi cette grandeur dans le malheur ? Parce que les raisons de la guerre ne son pas idéologiques, ni politiques, religieuses ou morales. [...] Tous les impétrants rendent grâce aux mêmes dieux. Nulle volonté chez les Achéens ou les Troyens d'imposer un dogme, une idole ou de conquérir les âmes. Le temps n'est pas celui de la guerre de religion, où l'homme convaincu de sa propre fable voudra l'imposer. L'iliade n'est même pas une guerre territoriale. Seul règne l'impérieux devoir de réparer l'honneur. Et de se conduire héroïquement. » (p.198)
  • Bérénice (1670)

    Sortie : 1670. Théâtre.

    Livre de Jean Racine

  • En attendant Bojangles (2016)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Olivier Bourdeaut

    « - Mon petit, dans la vie, il y a deux catégories de personnes qu'il faut éviter à tout prix. Les végétariens et les cyclistes professionnels. Les premiers, parce qu'un homme qui refuse de manger une entrecôte a certainement dû être cannibale dans une autre vie. Et les seconds, parce qu'un homme chapeauté d'un suppositoire qui moule grossièrement ses bourses dans un collant fluorescent pour gravir une côte à bicyclette n'a certainement plus toute sa tête. Alors, si un jour tu croises un cycliste végétarien, un conseil mon bonhomme, pousse-le très fort pour gagner du temps et cours très vite et très longtemps ! » (p.47)
  • Les Diaboliques (1874)

    Sortie : novembre 1874. Recueil de nouvelles.

    Livre de Jules Barbey d'Aurevilly

    « Un des avantages de la causerie en voiture, c'est qu'elle peut cesser quand on n'a plus rien à se dire, et cela sans embarras pour personne. Dans un salon, on n'a point cette liberté. La politesse vous fait un devoir de parler quand même, et on est souvent puni de cette hypocrisie innocente par le vide et l'ennui de ces conversations où les sots, même nés silencieux (il y en a), se travaillent et se détirent pour dire quelque chose et être aimables. En voiture publique, tout le monde est chez soi autant que chez les autres, - et on peut sans inconvenance rentrer dans le silence qui plaît et faire succéder à la conversation la rêverie... » (p.36)

    « Seulement, quelques âmes vives - j'en pouvais compter trois ou quatre dans ce salon - se tenaient en silence, les unes le front baissé, les autres l’œil fixé rêveusement aux bagues d'une main étendue sur leurs genoux. Elles cherchaient peut-être à corporiser leurs rêveries, ce qui est aussi difficile que de spiritualiser ses sensations » (p.182)
  • Le Portrait de Dorian Gray (1890)

    The Picture of Dorian Gray

    Sortie : 1890. Philosophie et roman.

    Livre de Oscar Wilde

    « Un artiste est un créateur de beauté. Révéler l’art et cacher l’artiste, tel est le but de l’Art.» (p.13)

    « Si triste que soit cette pensée, il est hors de doute que le Génie dure plus longtemps que la Beauté. C'est du reste l'explication de notre effort à tous vers la haute culture. Dans la lutte féroce pour la vie, nous sentons le besoin d'une force qui demeure ; et nous nous remplissons l'esprit d'un tas de niaiseries, dans le vain espoir d'assurer notre prestige. Le monsieur qui sait tout à fond : voilà l'idéal d'aujourd'hui. Et pourtant, quelle horreur que l'esprit du monsieur qui sait tout à fond ! On dirait la boutique d'un marchand de bric-à-brac. Ce n'est que poussière et monstruosités, et tout y est coté au-dessus de sa valeur. » (p.27)

    « Mais les mots, les simples mots ! Qu'ils étaient redoutables ! Qu'ils étaient clairs, aigus et cruels ! On ne pouvait leur échapper. Et d'autre part, ils étaient pleins d'une subtile magie. Ils semblaient à leur gré donner même à l'informe une forme plastique, jouir en propre d'une musique aussi douce que celle de la viole ou du luth ! Les simples mots ! Était-il rien au monde d'aussi réel ? » (p.36)

    « Or la Beauté est une des formes du Génie. Que dis-je ? Elle surpasse même le Génie, n'ayant pas comme lui à se démontrer. Elle est une des réalités suprêmes de ce monde, comme l'éclat du soleil, comme l'éveil du printemps, comme le reflet dans une eau sombre de cette conque d'argent qu'on appelle la lune. La Beauté ne se discute pas. Elle règne de droit divin. Elle fait prince quiconque la possède. Vous souriez ? Ah ! Vous ne sourirez plus quand vous l'aurez perdue. On dit parfois que la Beauté est toute superficielle. Peut-être. Moins superficielle, en tout cas, que la Pensée. A mon sens, la Beauté est la merveille des merveilles. Il n'y a que les esprits légers pour ne pas juger sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, et non l'invisible... » (p.39)

    « L'Art n'a aucune influence sur l'action. Il annihile le désir d'agir. Il est superbement stérile. » (p.278)
  • Moineau, la petite libraire (1936)

    Sortie : 1936. Roman et jeunesse.

    Livre de T. Trilby

    « Aide-toi, le ciel t'aidera »
  • Article 353 du Code pénal (2017)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Tanguy Viel

    Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.
  • Au plaisir de Dieu (1974)

    Sortie : 1974. Roman.

    Livre de Jean d'Ormesson

    « Au fur et à mesure que les années s'écoulaient, nous étions de moins en moins convaincus que tout finirait par s'arranger. Nous l'avions cru longtemps. Nous n'en étions plus très sûrs. Mais nous savions de source certaine que les événements avaient tort quand ils nous faisaient de la peine et que c'étaient toujours nous qui avions raison. Dieu et le roi étaient de notre côté. Cette grande coalition était garante du passé. L'avenir, peut-être, lui échappait un peu. Eh bien ! qu'importe ! Nous vivions dans le passé » (p.32)

    « La devise de la famille, dont j'ai déjà parlé, disait tout en quatre mots. Les râteaux des jardiniers sur le gravier du petit matin, le soleil sur la pièce d'eau, sur la forêt, sur les parterres de fleurs, le passé toujours présent, la famille éternelle : au plaisir de Dieu. Le présent incertain : au plaisir de Dieu. L'avenir, dont nous nous lavions les mains : au plaisir de Dieu » (p.130)

    « Les étrangetés et les folies que nous dépeignent nos romans se déroulent sur un fond dont personne ne parle jamais parce qu'il est connu de tout le monde. Ce qu'on tait, ce qu'on laisse à l'histoire, qui est d'ailleurs tout à fait incapable de le reconstituer après coup, c'est le trésor tacite du climat général, de la température de la vie, des règles collectives acceptées par le groupe : ce fonds immémorial de la façon d'être et de penser, ces ancres de l'esprit du temps, jetées dans des eaux trop claires, et qui commandent les vagues superficielles de notre existence quotidienne. Découvreur d'évidence, dompteur de quotidien, montreur de banal, voilà les titres que j'ambitionne. Je raconte ma famille. » (p.154)

    « Je l'avais vue, cette famille, qui était la mienne et que j'aimais, se dissoudre et s'évanouir. Le plaisir de Dieu dont elle se réclamait s'était retourné contre elle et l'avait frappée à mort. A chacun de ces drames, d'une banalité écrasante, qui s'acharnaient sur elle, la même envie me reprenait que j'avais déjà, depuis plusieurs années, ressentie 2 ou 3 fois : non pas de raconter son histoire, ni de descendre aux anecdotes, ni de m'élever à la morale, à la métaphysique ou à l'économie politique, mais de fixer seulement à jamais, en des images qui ne bougeraient plus, des événements et des êtres qui nous échappent et s'éloignent chaque jour un peu davantage et dont personne, bientôt, ne serait plus capable de se souvenir. Des mœurs, des tics, des idées, des croyances, des façons d'être. Des voitures et des horloges... » (p.544)
  • Vieilles histoires du pays breton (1897)

    Sortie : 1897. Conte.

    Livre de Anatole Le Braz

    « Matic Corniguellou, de la paroisse des Penhars, près Quimper-Cotentin, est une petite vieille si vieille qu'elle ne sait plus son âge. Quand on lui demande, elle répond : - Voilà, par exemple, une chose dont je ne me suis jamais inquiétée, pas plus que de vérifier quelle l'heure il est à l'horloge, lorsque je me sens envie de dormir. » (p.141)

    « Et puis, il faut l'avouer, l'endroit était merveilleux. d'un côté, c'étaient de hautes et majestueuses avenues ou le regard se perdait, entre les troncs argentés des hêtres, dans la profondeur tranquille des ombrages. De l'autre nous jouissions d'une claire échappée sur les prés de Rozviliou et de la vue, à flanc de coteau, de la vieille gentilhommière de ce nom, dont les toits pointus, plantés d'élégantes cheminées, se dressaient sur le couchant comme autant de clochetons d'église. Moi, j'ai toujours aimé la beauté des choses. C'est un spectacle qui ne coûte rien et dont la contemplation ne lasse jamais » (p.149)
  • Le Feu (1916)

    Sortie : novembre 1916. Roman.

    Livre de Henri Barbusse

    « Ce ne sont pas des soldats : ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine - bouchers ou bétail. Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu'on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés. Ils sont prêts, mais on voit, en contemplant leurs figures entre les rayons verticaux des baïonnettes, que ce sont simplement des hommes. Chacun sait qu'il va apporter sa tête, sa poitrine, son ventre, son corps tout entier, tout nu, aux fusils braqués d'avance, aux obus, aux grenades accumulées et prêtes, et surtout à la méthodique et presque infaillible mitrailleuse - à tout ce qui attend et se tait effroyablement là-bas - avant de trouver les autres soldats qu'il faudra tuer. Ils ne sont pas insouciants de leur vie comme des bandits, aveuglés de colère comme des sauvages. Malgré la propagande dont on les travaille, ils ne sont pas excités. Ils sont au-dessus de tout emportement instinctif. Ils ne sont pas ivres, ni matériellement, ni moralement. C'est en pleine conscience, comme en pleine force et en pleine santé, qu'ils se massent là, pour se jeter une fois de plus dans cette espèce de rôle de fou imposé à tout homme par la folie du genre humain. On voit ce qu'il y a de songe et de peur, et d'adieu dans leur silence, leur immobilité, dans le masque de calme qui leur étreint surhumainement le visage. Ce ne sont pas le genre de héros qu'on croit, mais leur sacrifice a plus de valeur que ceux qui ne les ont pas vus ne seront jamais capables de comprendre. » (p.344)
  • Epouse-la et meurs pour elle (2015)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Constanza Miriano

    « C'est là pourtant LE problème de notre temps : la crise destructrice des identités masculine et féminine, avec pour conséquences le manque de vrais hommes, de vraies femmes et donc de mariages qui fonctionnent. » (p.16)

    « Disons d'emblée que, dès que je commence à lire ou à entendre une tirade sur "l'éducation aux valeurs", mon cerveau se ferme instantanément, un peu comme devant le tableau des éléments chimiques. Je ne comprends pas et je ne sais même pas ce que l'on entend par le mot "valeurs". En fait, c'est juste une mise en scène. La véritable éducation est vraiment un travail très difficile que seul Dieu peut accomplir avec nous dans la durée, avec sa grâce et notre collaboration : temps, fatigue, application, sacrifice et prière. » (p.191)
  • Les Vestiges du jour (1989)

    The Remains of the Day

    Sortie : 1989. Roman.

    Livre de Kazuo Ishiguro

    « Le paysage anglais dans son excellence - tel que j'ai pu le voir ce matin - possède une qualité qui manque inévitablement aux paysages des autres nations, si spectaculaire que soit leur apparence. C'est, je crois, une qualité qui fait du paysage anglais, aux yeux de tout observateur objectif, le plus profondément satisfaisant du monde, et la meilleure définition que l'on puisse donner de cette qualité est sans doute le terme "grandeur". Car en vérité, lorsque ce matin, debout sur la crête, j'ai regardé le pays qui s'étalait sous mes yeux, j'ai éprouvé distinctement cette impression rare mais impossible à confondre avec une autre : la sensation d'être en présence de la grandeur. » (p.44)

    « Je voulais vous poser une simple question, Mrs Benn. Ne répondez pas, je vous en prie, si vous sentez que vous n'avez pas à le faire. Mais ce qu'il y a, c'est que les lettres que j'ai reçues de vous au long des années, et en particulier votre dernière lettre, ont pu donner l'impression que vous êtes - comment dire ? - plutôt malheureuse. Je me demandais simplement si l'on vous traitait mal, d'une façon ou d'une autre. Pardonnez-moi, mais comme je vous le disais, cela me préoccupe depuis un certain temps. Je me sentirais idiot d'avoir fait tout ce chemin, de vous avoir vue, et de ne pas vous avoir au moins posé la question. » (p.327)
  • Les Caves du Vatican (1914)

    Sortie : 1914. Roman.

    Livre de André Gide

    « - Ah ! que j'étais heureux quand je ne savais rien, gémit Fleurissoire. Hélas ! jamais plus, à présent, je ne pourrai ne pas savoir !... » (p.164)
  • Les langages de l'amour (2002)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Gary Chapman

    Gary Chapman identifie cinq moyens d'expression principaux par lesquels chaque individu peut manifester son amour : les paroles valorisantes, les moments de qualité, les cadeaux, les services rendus, le toucher physique.
  • Destin Français (2018)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Eric Zemmour

    « Bérénice scelle définitivement le pacte entre Racine et le roi, entre la tragédie racinienne et la société née de la monarchie absolue. Louis XIV est Titus et le Titus de Racine parle pour le roi : "Mais il ne s'agit plus de vivre, il faut régner." Cet ultime vers, qui résumait l'impatience du jeune roi à gouverner par lui-même, notre époque ne le comprend plus. Elle ne comprend pas qu'au XVIIe siècle le personnage sympathique est Titus ; aujourd'hui, c'est Bérénice. Le romantisme est passé par là. A l'heure de la souveraineté limitée, partagée, ce n'est plus la souveraineté qui est absolue, mais l'hédonisme individualiste. L'homme de pouvoir veut vivre et aimer, et croit, le naïf, qu'il pourra régner aussi.
    [...]
    Lire et comprendre et aimer et s'imprégner de la langue de Racine, c'est lire et comprendre et aimer et s'imprégner de la France ; c'est devenir un Français de toujours et l'être à jamais. La langue de Racine, c'est la langue de la France. Racine, c'est le sang de la France. Racine est d'avantage qu'un papier d'identité, plus qu'un passeport ; il est une intronisation, un adoubement. Par la grâce de ses vers comme d'autre de leur épée, Racine nous fait chevalier français. Il nous fait français. Le maître mot de la France au Grand Siècle n'était pas la raison, mais la gloire. La France, ce n'est pas la mesure, mais la grandeur. La France, c'est Racine. » (p.200)

    « La noblesse européenne - noblesse du sentiment, du goût, des mœurs, bref, la noblesse de tous les sens élevés du mot - est l'oeuvre et l'invention de la France ; la vulgarité européenne et la bassesse plébéienne des idées modernes est l'oeuvre de l'Angleterre. » (p.229, citation de Nietzsche)

    « La revanche du féminisme se doit d'être éclatante afin d'édifier et d'intimider les générations suivantes. Le pilori médiatique précède la question judiciaire. "Le désir de pénal a remplacé le désir de pénis", selon la formule si pertinente de Philippe Muray » (p.496)
  • L'homme éternel (1925)

    The Everlasting Man

    Sortie : 1925. Roman et essai.

    Livre de Gilbert Keith Chesterton

    « S'il n'est pas facile de se représenter comment "rien" est devenu "quelque chose", il ne l'est guère plus de concevoir comment "quelque chose" a pu se muer en "quelque chose d'autre" ; autant vaut, du point de vue logique, dire d'emblée : "Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre", quand bien même on penserait à part soi : "Au commencement une force inexplicable procéda à des opérations invérifiables." Car Dieu est un nom essentiellement mystérieux, et l'homme sait qu'il aurait autant de peine à s'imaginer la création qu'à la provoquer ; tandis que le mot d'"évolution" a une fâcheuse tendance à se substituer à celui d'"explication", et beaucoup de gens considèrent qu'il les dispense de réfléchir plus avant, de même qu'ils vivent dans la vague illusion d'avoir lu l'Origine des espèces. » (p.8)

    « C'est proprement perdre son temps, du point de vue qui nous occupe, que de ratiociner outre mesure sur l'homme avant qu'il ne fût homme ; la matière de son corps serait tirée de celui des brutes, que cette explication laisserait intact le mystère de son âme telle que nous la révèle l'histoire. » (p.26)

    « L'Eglise, donc, n'a point tort de présenter aux hommes le visage du Christ miséricordieux, comme elle le fait toujours. Il importe de bien noter ici que cette présentation est beaucoup plus spécifiquement et exclusivement miséricordieuse que ce qu'une simple lecture du Nouveau Testament laisserait entendre à un homme non prévenu qui le lirait pour la première fois. Ce lecteur en retirerait même une impression tout à fait différente ; et les mots lus comme ils ont été écrits lui laisseraient un sentiment de mystère et peut-être de discordance, mais certainement pas de simple douceur. » (p.161)

    « L'anglais cultivé, pourquoi ne pas le dire, est passé de la mode qui consistait à n'admettre aucun miracle à moins qu'il ne fût ancien, à celle qui consiste à n'admettre aucun miracle à moins qu'il ne soit moderne » (p.162)
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