Manifeste du parfait cinéphile

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15 films

par OVBC

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un néophyte passionné de cinéma pour qu'il puisse se forger une bonne expérience et une bonne connaissance ?
La cinéphilie est-elle une maladie ?

Je me suis posé beaucoup de questions dans ma manière d'appréhender le cinéma et je ne voulais pas que cela demeure sans acte de ma part. Il y a une logique qui unit tous les cinéphiles et j'ai essayé d'en tirer des conclusions le plus sérieusement possible - et avec humour aussi.

Considérations premières :

1° Convenons que la passion est moins personnelle si l'on suit une ligne de conduite, une charte du cinéphile. Toutefois une lecture frontale est contraire au comportement typique du cinéphile.

2° Convenons que la cinéphilie est un sport de maturation et de rencontres, qu'elles soient cordiales ou idolâtres. C'est donc plus qu'un vice de solitaire ou de sociophobe. Il y a, d'un côté effectivement, ce narcisse sur un drap blanc qui se meut, à la fois parcellaire et morcelé ; il y a ce projecteur qui renvoie la lumière d'un moi projeté ; il y a le fait qu'on vit seul le film le temps du visionnage et que tous les corps, étriqués et individuels, sont tournés vers cet office messiaque, tout de blanc immaculé quand il n'est pas halluciné. Non. Un film existe aussi en amont et en aval. N'est-ce pas un cheminement qui nous conduit en salle ? N'est-ce pas un cheminement d'expérience qui nous conduit à choisir un film à voir plutôt qu'un autre ? Il serait vraiment vaniteux de penser qu'un film n'existe entre deux génériques et qu'il ne vit qu'en soi. "C'est une rencontre avec cet autre chose..." où on choisit le film et le siège, où l'on se perd, où on s'oublie. "Ouf, je ne suis plus avec moi-même pendant une heure et demi...". Mais on peut se demander aussi, à l'apogée de la société individualiste, pourquoi le cinéma continue-t-il de faire recette ? Pourquoi surtout les gens sont-ils prêts à payer des sommes folles pour vivre un film parmi ses congénères ? Est-ce seulement pour la technique ? Parce que le son est excellent et l'écran est grand ? Possible mais cet argument ne sert que pour les films-spectacles. Pourquoi donc un film est-il fédérateur ?... A part peut-être d'accepter que l'être est social et a un besoin de partage, même dans le silence. La communication est étrange parfois...

3° Convenons que l'établissement de ce manifeste est un encadrement et non une somme d'injonctions destinée à réglementer une conduite.

Essai de définition : Le cinéphile est un ensemble de savoirs amoureux et curieux qui s'articulent autour de trois axes : S'informer, regarder et critiquer.

I) S'INFORMER

Art.1 Quand on aime un réalisateur, on s'informe sur ses débuts. D'ailleurs, le cinéphile est avant tout une somme de savoirs et d'anecdotes, de la presse jusqu'aux encyclopédies spécifiques. Choisis bien tes sources, elles définissent ton type de cinéphilie.

Art.2 Quand on aime le cinéma, on voit plus loin que le bout de son nez. Cela veut aussi dire regarder ce qui se faisait avant qu'il ne te vienne cette passion, même s'il est naturel que tu sois plus au fait de ton temps. De fil en aiguilles, un cinéphile est un curieux et un indépendant.

Art.3 Quand tu regardes un film, regarde qui l'a réalisé, qui l'a produit, quel est le scénariste, quels sont les acteurs, quel est le budget, quel est le musicien. Prends conscience de chaque composante pour les apprécier lors du visionnage car tu t'apercevras que rien n'est laissé au hasard. Recoupe tes informations et approfondis-les. Rien n'est laissé au hasard. Internet est ton ami.

Art.4 Regarde les classiques mais saches t'en détacher. Tu peux les regarder d'un oeil pour garder la tête froide. Si tu commences à considérer le chef-d'oeuvre avant même d'avoir vu, ce n'est pas la peine d'aller plus loin. Le cinéphile reconnaît ce qui est de bon et de mauvais goût mais ne devrait en principe pas s'employer à considérer un Panthéon cinématographique. C'est la pire sclérose que le cinéma peut subir. Les classiques, c'est comme la culture générale et il n'est guère possible de concevoir que la culture général soit essentielle ou soit perçue comme l'entièreté de la culture cinématographique en soi.

Art.5 Use et ruse de tout ce qui est à ta portée : médiathèque, expositions, festival, émissions culturelles à la télévision ou à la radio. Bref, multiplie les supports de ta passion. Et si tu aimes le cinéma asiatique, il est aussi très bien vu de chiner.

Art.6 La cinéphilie est une passion et, comme toutes les passions, elle est addictive et illusoire. C'est grâce à elle que les autres te distinguent parce que, comme toutes les passions, la cinéphilie est quelque peu débordante et prend de la place. Tu sais, par conséquent, emmagasiner et tu as aménagé un coin très organisé pour que cette passion puisse paître et brouter sans concession. Cela signifie deux choses : le ou la petit(e) ami(e) qui veut jeter tes films par la fenêtre mérite qu'on la défenestre ; tu ne connais pas les horaires de fermeture parce que tu trouves dans la cinéphilie le moyen de te réaliser.

II) REGARDER

Art.1 Essayer, aussi souvent qu'il est permis, de regarder un film sans le dénaturer. Un cinéphile, confronté aux barrières du langage, visionnera prioritairement une oeuvre cinématographique dans la langue d'origine (VO) ou dans sa propre langue (VOST). Ainsi, il pourra pleinement savourer tant les images et le mouvement (VO) que la composition des personnages et les dialogues interprétés par les acteurs/trices (VOST).

Art.2 La nationalité est une des questions fondamentales dans la manière d'appréhender un film. Il existe un paradoxe avec l'idée que la cinématographie veut s'affranchir des frontières et rendre universelle certaines émotions. Toutefois, le cinéma est un produit déterminé, calibré en un point donné du temps et en un lieu donné.

Art.3 Il est normal que tu confondes les différents protagonistes d'un film hong-kongais. Sache que, de son côté, le Hong-Kongais ne fait pas la différence entre ton visage et celui d'un suédois. Regarder est un effort.

Art.4 Sache que si tu t'endors devant un film "Perceval le Gallois", c'est normal. Il te faudra t'y reprendre à plusieurs reprises car ta conscience n'est pas comme le lapin DURACEL. Regarder est à nouveau un effort conscient.

III) SE POSITIONNER

Art.1 Tu seras le spectateur et l'observateur. Tu sais distancier. Ce qui signifie que face aux conseils et recommandations d'autres cinéphiles que tu sais prendre note mais que tu n'en fais pas une priorité. Rien n'est meilleur pour le moral du cinéphile que de tomber sur une perle rare qu'il a exploré lui-même. A ce titre, tu devras prendre connaissance de l'article 5 des commandements afin de trouver cet équilibre précieux pour la continuité de cette passion.

Art.2 Tu compareras les bons avec les mauvais côtés des films et n'en négligeras aucun. Ainsi, tu pèseras, tu décrypteras, tu décortiqueras, tu jugeras, tu démasqueras, tu aiguiseras et tu t'emploieras à aiguiser ton sens critique en laissant de côté tes a priori. Nul besoin d'être cinéaste pour apprécier un film, sache-le.

Art.3 Le cinéphile a ses affres. A force d'encaisser les films cultes et autres circonvolutions cinématographiques emplies de superlatifs, tu te lasseras, tu deviendras aussi cynique que exigeant. Aussi considère cette exigence comme un bienfait qui peut nuire à ta passion mais qui peut aussi aider à voir plus loin car le cinéphile ne peut jamais être rassasié. Il est normal qu'une passion se transforme avec le temps.

Art.4 La critique est subjective. Considère-la autant comme un vice que comme un point d'appui. Mais toujours, tu devras repartir de zéro pour faire ton avis. Quoi qu'il en soit, cet avis ne sera jamais absolu.

Art.4 bis La critique approche de l'objectivité dans la mesure où le "je" est interdit. La critique ressemble alors à Icare aux alentours de thermostat 7... Mais la quête est souvent belle et appréciée si elle n'a pas préjugé au cours de son cheminement.

Art.5 Tu dois être le moins possible sous influence. La réputation d'un film n'est pas un gage d'honnêteté et de création cinématographique. Mais... Si tu es cinéphile, tu sais déjà que l'animal que tu abhorres le plus est le mouton.

Art.6 La cinéphilie allie d'autres activités qui requièrent la solitude comme écrire des critiques, animer un blog... avec plus ou moins de talent.

Art.6bis L'effort de la critique est représentative de l'effort du visionnage et de la qualité de ta cinéphilie. Il est important que tu sois pertinent et clair.

Art.7 Aux goûts des autres, tu ne t'imposeras point. Un cinéphile juge les films, pas ceux qui les regardent... Même si ça démange !

Art.8 Le cinéphile distingue la cinéphagie de la cinéphilie, tout comme il y a cinéma et cinéma de foire.

Art.9 : le cinéphile est un critique scientifique. Il n'abuse pas des interprétations de ce qu'il voit ou de ce qu'il a vu.

IV) COMMANDEMENTS

Art.1 Tu dois cracher sur la médiocrité. Aies certaines idoles et hais en d'autres... que certains adorent. Aimes les limites et les barrières : c'est par les goûts que tu t'identifies. Tu as d'ailleurs ta tête de turc favorite. Si tu n'as pas d'ennemi juré, utilise le joker puching-ball "Luc Besson". Luc Besson, c'est le point Godwin de la cinéphilie. Luc Besson, c'est le René La Taupe du cinéma. Luc Besson est ton ami. Nous pouvons aussi te mettre à disposition une liste de réalisateurs et d'acteurs qui font du tort au cinéma.

Art.2 Adopte un mode de vie schizoïde : ne dors pas, ne range pas ta chambre, reste à l'écart, néglige tes études, sois froid, sois indifférent aux critiques autant qu'aux éloges, sois introverti : bref, sois supérieur et narcissique. D'ailleurs, c'est uniquement pour cela que tous tes amis ont les mêmes goûts que toi.

Art.2bis Si tu fais exception à l'art.IV-2, par exemple si tu as su faire de ta passion tes études et ton métier, il se peut que tu sois plus intelligent que névrosé et maniaque.

Art.3 Comme dans tous les milieux socio-culturels, la cinéphilie accepte un noyau dur, une élite. L'élite est un élément essentiel de la culture mais il faut que tu saches en démêler l'orgueil et la pédance. La seule prétention que tu dois observer est l'état de tes connaissances et de ton expérience au moment présent. Dieu sait que tu rencontreras des histrions, des usurpateurs et des mythomanes sur ton chemin ! On aime tous, plus ou moins, éxagérer le sens de notre réalité. Donc, le seul rôle que le cinéphile ne sait pas jouer est de l'ordre de l'imposture.

Art.4 "La connerie est la décontraction de l'intelligence" (S.Gainsbourg)

Art.5 Aux goûts des autres, tu ne t'imposeras point. Un cinéphile juge les films, pas ceux qui les regardent... Même si ça démange !

Art.6 Tu n'oublieras pas le contexte dans lequel le film a été fait, contexte politique, contexte social, contexte historique, contexte technique. Regarder un film muet avec les yeux de son époque et de sa technologie, c'est faire preuve d'anachronisme et d'égocentrisme. Certes il y a des oeuvres qui paraîtront franchement marquées d'une époque voire obsolète mais alors il convient d'en distinguer l'intention et le propos de sorte à considérer l'oeuvre pour ce qu'elle est, sans préjuger et sans rapporter tout tout tout à soi.

DEBAT

Un cinéphile prend conscience des nombreuses barrières arrangées qui s'accumulent pendant la production, la post-production, la distribution et pendant l'effort qu'il produit au visionnage-lecture du film.
Si l'image est spontanée, universelle, la communication verbale est davantage problématique et empêche de faire corps avec le film sitôt passé la frontière de son pays. Il prend conscience que, par exemple, la VOST est une traduction, donc un obstacle, et que la VF en est encore une autre. VOST ou VF : telle est la question !

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    Bad Taste (1987)

    1 h 31 min. Sortie : . Comédie, Épouvante-horreur et science-fiction.

    Film de Peter Jackson avec Terry Potter, Pete O'Herne, Craig Smith

    Mes parents sont divorcés. Un week-end sur deux, je vais chez ma mère. Elle n'a pas beaucoup d'argent, et même pas de voiture alors... on a des loisirs de pauvres : on fait la galerie marchande, je joue avec les caddies en essayant d'éviter les bagnoles mais surtout, je vais au vidéoclub. Là-bas (je dois avoir 9-10 ans), y'a une dame (éternelle pour moi) qui tient la caisse et elle était un peu sèche au début. Puis, voyant le genre de film que je choisissais (le prix c'était trois films, 20 francs pour le week-end), elle a commencé à faire des commentaires. Et je me souviens avoir vu des films à partir de ce moment-là pour savoir quel genre de commentaire cette femme allait faire et si elle n'en faisait pas c'est qu'il y avait quelque chose qui n'irait pas dans mon visionnage, un truc du genre. Et puis, progressivement, elle m'a demandé si ce que j'avais vu était bien ou quoi. Suivant ce que j'en disais, elle me mettait de côté des nouveautés et c'est ainsi que la dame du vidéoclub était devenue une sorte de pygmalion(ne). Il y a une chose caractéristique chez elle, c'est qu'elle a toujours veillé à ce que je ne voie pas forcément des films de mon âge.

    Je me souviens qu'un jour ma mère me disait non. Moi, je voulais prendre Bad Taste et elle disait non. Et là, c'est la dame du vidéoclub qui est intervenu en disant peut-être que je n'avais pas 12 ans mais ça allait me faire rire... J'ai une histoire énorme avec la cassette de bad taste... mais ce sera pour le prochain coup.

    Il y a quelques années je l'ai retrouvée par "hasard" et pour que je te donne le contexte de cette rencontre, il faut que j'en passe par Bad Taste. Donc la dame du vidéoclub impose à ma mère que je puisse voir un film gore avant l'âge légal. Quand je suis arrivé à la maison, j'ai regardé Bad taste... Mais à peine la cassette dans le magnéto, j'observe que le film "saute". Je ne sais pas si tu connais les problèmes de bande VHS mais c'est comme ça qu'on appelle. Le film "sautait" et donc il était illisible. Mais genre il "sautait" bien. Un autre que moi n'aurait pas regardé deux fois, aurait sorti la cassette et aurait exigé le remboursement. ou un truc du genre. Ben non, le petit Olivier, c'est un grand romantique qui s'ignore et il voit tout le film avec les images qui sautent. Mieux ! Parce que les images sont imparfaites, je trouve ça terriblement attachant pour ne pas dire humanisant. Je me suis attaché à la VHS à partir de ce moment.
    (à suivre...)
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    Braindead (1992)

    1 h 37 min. Sortie : . Comédie et Épouvante-horreur.

    Film de Peter Jackson avec Timothy Balme, Diana Penalver, Elizabeth Moody

    (...suite) J'ai aimé le film, je me suis poilé et elle avait raison sur toute la ligne. Ma mère n'a pas tout compris pourquoi je regardais un film illisible et elle a pris ça comme un affront (limite s'inquiétait).
    Je "saute" moi-même dix ans, quinze. De 93 on passe à l'année 2010. J'adore chiner et dans ma ville natale, y'a une foire-à-tout. A l'endroit du vidéoclub, c'est une agence immobilière qui trône. ça me rappelle la fois où l'endroit où il y avait un arbre, j'avais fait mon premier baiser. Et là où il y avait un arbre figure un petit parking devant une maison de retraite. Qu'importe ! Je chine.
    Et là je croise la dame qui ne me remet, mais alors pas du tout au début. Discussion froide, genre je me prends un vent... et puis Miracle ! Je trouve dans son étal, la cassette suprême. Je n'en crois pas mes yeux... Elle vend la cassette de Bad Taste et je n'ai aucun moyen de savoir si c'est la bonne... Mais ce n'est pas grave. Je raconte à la dame de l'ancien vidéoclub tout ce que je viens de te raconter. Et elle me remet, elle se remet en mémoire ce qui était un détail insignifiant de sa vie de commerçante. je crois qu'elle a bien aimé écouter cette histoire. Quand on est commerçant, on a une fonction sociale et culturelle notamment et là, dans la discussion, ça prenait tout son sens. Elle avait contribué à faire vivre quelque chose en moi que je ne connaissais pas.

    On papote, on papote. Et elle me donne, elle m'offre LA cassette qui aujourd'hui se trouve sur un autel avec des bougies.
    Je l'ai mise dans le magnéto. Quelle ne fut pas mon émotion en découvrant à nouveau que le film "sautait" comme dix-sept ans auparavant !

    J'ai depuis un attachement tendre et nostalgique pour les vidéoclub, les magnétoscopes et les VHS. C'est d'ailleurs un format dans lequel je regarde encore beaucoup de films. Souvent des madeleines en bas de laine maintenant.
  • Salo ou les 120 journées de Sodome (1975)

    Salò o le 120 giornate di Sodoma

    1 h 57 min. Sortie : . Drame, guerre et Épouvante-horreur.

    Film de Pier Paolo Pasolini avec Paolo Bonacelli, Giorgio Cataldi, Umberto Paolo Quintavalle

    Je me souviens très bien de ma séance de Salo.

    J'avais... 18 ans.
    J'étais avec un ami dans l'unique salle de quartier, et il y avait quelqu'un d'autre qu'on ne voyait pas derrière nous. Déjà, ça installe l'ambiance. L'oppression par le vide. L'angoisse. J'ai eu le sentiment d'avoir encaissé le film, que je n'ai pas sourcillé une seconde. Pas un geste ou un pet de travers pour faire marrer mon pote. Même pas un commentaire.

    Quand je suis sorti. Non. Quand je me suis levé de siège, je me suis avancé vers l'écran. Quand je me suis avancé vers l'écran, je me souviens que c'était bien à la fin du générique, toutes lumières allumées. C'était la première fois que je voyais un écran de près. Que j'avais toujours voulu voir ça. Puis je suis sorti avec mon ami. Et mon ami me demande :

    - "Alors ?
    - Bien, bien... Bien.
    - Bien, bienbienbienbien.
    - Ouais (expiration)"

    Et pendant les trois jours qui avaient suivi, je n'ai pas dit grand chose. Il y avait cette ambiance toujours aussi vide qui parlait à ma place, moi le mutique.
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    Le Dernier Plongeon (1992)

    O Ultimo mergulho

    1 h 34 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Joao César Monteiro avec Canto e Castro, Fabienne Babe, Francesca Prandi

    Franchement, je ne sais plus très bien comment j'ai découvert Joao César Monteiro mais je crois que c'était sur Arte, un soir, une nuit. Peu importe. Je regarde une scène en plein milieu du film, j'imagine, et mon oeil est titillé car ce n'est ni du théâtre ni du cinéma que j'observe, ni une peinture liquide ni un musée de cire. Je vois pour la première fois un Monteiro. C'est un peu comme si je disais : "Au musée d'Orsay, j'ai vu un Van Gogh". Là, c'était un Monteiro... Et je le regarde par une semi-inadvertance mais très vite par curiosité. Je le regarde pousser ses scènes, les étirer, leur donner tout le poids de la nature tout en restant cinématographique. Je regarde un cinéma non falsifié, je regarde autre chose.
    Monteiro, c'est l'histoire rare des coups de foudre, de cet érotisme tremblant - c'est moi qui me trouble au milieu d'un champ de tournesol, d'habitude où la beauté est si fugace.
    Partout où j'irai, j'irai à la recherche de Monteiro.

    Par exemple, pour donner un exemple de destination, il y a chez moi une VHS du "Bassin de J.W." C'est juste... L'un des biens les plus précieux que je possède et je ne l'ai jamais vu.

    C'est à la fois amoureux, passionnel et tellement étrange ce Rapport avec Monteiro. J'ai du voir, de cet auteur, trois ou quatre films - ce qui sera toujours plus que la moyenne des cinéphiles... Je n'ai pas besoin de voir absolument toute la filmographie de Monteiro pour savoir quel est mon film préféré ou je ne sais quelle idiotie cinéphile. Par contre, j'ai besoin de préserver cet amour sur toute une vie, d’égrainer les films... Comme ils viendront et au moment opportun.
  • Bande-annonce

    Des monstres et des hommes (1999)

    Pro Ourodov i Lioudiei

    1 h 33 min. Sortie : . Comédie, drame et historique.

    Film de Alekseï Balabanov avec Sergey Makovetskiy, Dinara Drukarova, Anzhelika Nevolina

    Exemple typique d'une cinéphilie curieuse. Je m'explique ; je m'intéresse au cinéma russe depuis longtemps, le monde de la pornographie m'intéresse parce que je voudrais le comprendre.

    Et puis le cinéma russe, c'est un combat en soi. S'il paraît un peu bêta et fade de s'intéresser au cinéma par pays, il reste que chaque cinéma national possède des caractéristiques propres. Les caractéristiques du cinéma russe ont littéralement disparu de la scène internationale avec la chute du bloc soviétique, tout ça pour que le cinéma américain trouve le champ libre pour de nouvelles exploitations.

    C'est dommage, les gens se foutent de l'Histoire et pas moi. Une spécificité de la cinéphilie qui a fait que ce jour-là, sans broncher, je sors le porte-monnaie comme je le fais rarement et je prends sans aucun regret ce film inconnu, de nulle part et que je ne reverrais plus si je ne franchissais pas le pas immédiatement.

  • Bande-annonce

    Villa Paranoia (2005)

    1 h 46 min. Sortie : . Drame.

    Film de Erik Clausen avec Sidse Babett Knudsen, Laerke Winther Andersen, Carsten Bang

    Chaque oeuvre est une histoire. Les oeuvres de cinéphilie se distinguent en ce sens qu'elles sont une épopée ordinaire. Parce que par ses oeuvres notre culture a le luxe de se distinguer de toutes les autres cultures cinéphiles. Villa Paranoïa, c'est d'abord l'histoire de l'ancien festival nordique de Rouen. C'est un film que j'ai récompensé du temps où j'écumais les festivals, du temps où je croyais au cinéma. Il a reçu deux prix et il le méritait. Et je savais que dès que tout le cérémonial fini, je n'entendrai plus jamais parler de ce film. Plus jamais.

    Six ans plus tard, j'accompagne une ... une "quoi" d'abord ? On était juste sorti la veille, elle a dormi chez moi et le lendemain on s'est donné rendez-vous à cette médiathèque. Donc, six ans plus tard, à la médiathèque, je tombe sur ce film - que j'emprunte du coup. Ayant fait ce choix, ma connaissance toute fraîche de la veille me fait remarquer que, petit un, elle connaît ce film, petit deux, elle a rêvé d'un poussin la nuit passée, un poussin qui savait monter dans les arbres, difficile à attraper.

    Sur ce, j'emprunte le film, je lui dis : "On va chercher un poulet rôti et on va l'exorciser dans son jus, qu'en penses-tu ?"

    Elle a re-dormi chez moi, puis elle est partie je ne sais plus où mais c'était dans le sud de l'Europe.

    La rencontre avec ce film enjoint un souvenir entremêlé.
  • Themroc (1973)

    1 h 50 min. Sortie : . Drame et fantastique.

    Film de Claude Faraldo avec Michel Piccoli, Béatrice Romand, Marilù Tolo

    Je ne sais plus comment j'en suis venu à Themroc. S'il m'a été conseillé par un ami, par un éclaireur ou bien si c'est une découverte inopinée mais toujours est-il que ce film a toujours fait parti de mon champ cinéphile. Il est de ces films que je n'ai pas à chercher, pas d'effort à fournir parce qu'ils me viennent tôt ou tard. C'est le fruit d'une immédiateté.
    Parfois, ces films sont tellement situé dans mon champ que c'en est prévisible et alors, paradoxalement, je marche vers lui à reculons.
    Rappelons qu'à ce titre, ma cinéphilie se destine en premier vers ce que je ne connais pas, vers la découverte. Et, de ce point de vue, Themroc c'était du tout cuit, de la becquée toute cuite que j'allais forcément apprécier.

    J'ai mis dix ans avant de voir Themroc et ce fut un délice.

    Et puis, Themroc, c'est le fruit d'un cinéma qui a complètement disparu, débité à la tronçonneuse. Il est l'idée d'un scandale regroupant un casting flamboyant de plus ou moins jeunes talents, d'acteurs pleins de convictions. Et si les scandales sont toujours d'actualité, ils ne sont plus de cette qualité, ils ne sont plus ouvrier du moins.
  • Five Obstructions (2003)

    De Fem Benspænd

    1 h 30 min. Sortie : . Expérimental et sketches.

    Documentaire de Lars von Trier et Jorgen Leth avec Claus Nissen, Majken Algren Nielsen, Daniel Hernandez Rodriguez

    En commençant à tourner en 1984 - en ce qui concerne les longs-métrages, Lars Von Trier fait partis de ces auteurs qui sont nés avec moi et qui vont m'accompagner un sacré bout de temps. C'est un copain que je retrouve dans la cour de récréation.
    Evidemment, c'est un peu... inapproprié de faire part d'autant d'enthousiasme et de sympathie chaleureuse pour ce cinéaste infiniment aussi romantique que noir anthracite. Et pourtant, c'est ce que je ressens : plus il est sérieux, plus je jubile.
    Et, à ce titre de jubilation profonde, il y a Five Obstructions qui, au-delà d'être un exercice de style pour cinéaste qui veut tuer le père, a le don de parfaitement représenter par ce que j'entends en disant que Von Trier est un copain de récré.
  • Bande-annonce

    RoboCop (1987)

    1 h 42 min. Sortie : . Action, policier et science-fiction.

    Film de Paul Verhoeven avec Peter Weller, Nancy Allen, Dan O'Herlihy

    Cher ami-camarade cinéphile,
    J'ai espoir de faire entendre quelque chose.
    J'ai une petite bibliothèque à la maison : tu n'as pas bien vu, elle est dans l'entrée, mais dans cette bibliothèque, le rangement est méticuleux. Il y a tous mes "bons" films, ma vision du cinéma, et donc, dans ma bibliothèque, ma petite et modeste bibliothèque, il y a une place pour le dvd de Robocop.
    J'ai espoir de te faire entendre cela avant que ça ne passe aux oubliettes du snobisme antipopcorn.
    Tu touches pas à Robocop, tu touches pas à Starship Troopers, tu touches pas à Rambo. Je peux mordre tu sais ?

    Maintenant, les choses sont simples. Si tu veux comprendre, défaire tes doutes et savoir pourquoi je défends Robocop et pas... euh... Un film de Steven Seagal ou un film interprété par Clovis Cornillac qui veut faire, dans un rôle de composition long de six mois de travail, comme Steven Seagal, je t'attends de pied ferme, pied sur l'accélérateur.

    Parce que Robocop, c'est toujours plus que Robocop, et il sera défendu comme tel contre des petits voyous intellectualisants et à l'oeil torve, contre ces mafrats de la cinéphilie qui lorgnent sur le divertissement comme un reproche, une tâche sur un linge propre. Robocop, s'il n'était que Robocop, je n'en parlerai pas : il représente l'alliance d'un travail intellectuel avec une pensée formelle, plus ou moins maniérée et suggestive ; c'est aussi une satire appuyée par un double discours judéo-chrétien et un humour grotesque contre les marchands de temple ! ; c'est aussi un film sur l'âme humaine dans un monde qui nous force à nous en déposséder. Ah tu vois bien qu'il y a des choses à dire sur Robocop... Un film de 1987 ! Et j'en parle encore comme de la Bible.

    Pour les autres qui ne comprennent rien à rien, qui minorent complètement le propos intentionnel de la vision de Verhoeven sur Robocop :

    Vous êtes des vendus ! Des pourris ! (ah ça, on peut pas vous reprocher d'être des pornographes, là, je suis d'accord, chat perché... Pourriture quand même !)
    C'est donc, avec un respect qui confine à la profonde désobligeance, à la non-allégeance, que je cite Yolande Moreau : "C'est des gens, il faut les décapiter vivants, les lapider à coups de hache et j'en fais du pâté !
    Du pâté !!"
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    Le voyageur du temps (1960)

    Beyond the Time Barrier

    1 h 15 min. Sortie : juillet 1960. Science-fiction.

    Film de Edgar G. Ulmer avec Robert Clarke, Darlene Tompkins, Vladimir Sokoloff

  • Bouge pas, meurs, ressuscite (1990)

    Замри, умри, воскресни!

    1 h 45 min. Sortie : août 1990. Comédie dramatique.

    Film de Vitali Kanevski avec Dinara Drukarova, Pavel Nazarov, Elena Popova

  • Bande-annonce

    Class of 1999 (1990)

    1 h 39 min. Sortie : . Science-fiction.

    Film de Mark L. Lester avec Malcolm McDowell, Pam Grier, Bradley Gregg

  • Bande-annonce

    Je ne vois pas ce qu'on me trouve (1997)

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Christian Vincent avec Zinedine Soualem, Estelle Larrivaz, Daniel Duval

  • Bande-annonce

    Schizophrenia (1983)

    Angst

    1 h 19 min. Sortie : 1983. Drame, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de Gerald Kargl avec Erwin Leder, Silvia Ryder, Edith Rosset

  • Bande-annonce

    À l'origine (2009)

    2 h 10 min. Sortie : . Drame.

    Film de Xavier Giannoli avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, SoKo

    0.90