Mes sorties ciné 2016

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107 films

par Scaar_Alexander

Suite de la liste de 2015 => http://www.senscritique.com/liste/Mes_sorties_cine_2015/743658#page-3/

Mon top 10 de l'année 2016 => http://www.senscritique.com/liste/Mon_top_10_de_l_annee_2016/1565238

Mon flop 10 de l'année 2016 : The Assassin, Ghostbusters, American Nightmare 3, Bastille Day, Independence Day : Resurgence, Suicide Squad, High Rise, Le Chasseur et la Reine des glaces, La Chute de Londres, et X-Men : Apocalypse.

2016 aura été une année de cinéma en demi-teinte. Jusqu'au mois de novembre, on aura même associé à une petite déception, les énormes surprises qu'ont été 10CL et Dernier train pour Busan n'ayant pu entièrement compenser les échecs de l'aphasique Sully d'Eastwood, de l'indolore Alliés de Zemeckis, du neuneu BFG de Spielberg, du foiré Jason Bourne de Greengrass, de quasiment TOUS les blockbusters de l'été, et des films de DC comics allant du décevant au catastrophique... puis le virtuose Mademoiselle de PCW est arrivé. Puis le sidérant Arrival de Denis Villeneuve (son chef-d'oeuvre, à l'heure actuelle) a suivi. Puis en toute fin, coup sur coup, l'immense drame Manchester by the sea a traumatisé durablement, et le phénomène Your Name. de Makoto Shinkai nous a emporté dans sa danse, comme pour ajouter une touche de couleur adolescente à ces récits tantôt sombres, tantôt pâles. Si notre top 10 a quatre 9, c'est bien grâce à eux. Du coup, 2016 n'a plus une si mauvaise gueule que ça. Espérons juste que nous n'aurons pas à attendre jusqu'au deuxième semestre de 2017 !

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    Bande-annonce

    Les 8 Salopards (2015)

    The Hateful Eight

    2 h 47 min. Sortie : . Thriller et western.

    Film de Quentin Tarantino avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh

    Un peu inégal dans ses dialogues et trop long d'un bon quart d'heure, mais aussi, SURTOUT sensationnel dans sa forme (entre autres, la représentation du blizzard comme une sorte de monstre et le travail de découpage dans un décor unique avec tant de personnages sont remarquables), la radicalité de son écriture (le dernier quart est hallucinant), ses performances d'acteur (mention au grand Walton Goggins, qui mérite ce rôle plus important qu'espéré !), et son portrait sauvage d'une Amérique dont la guerre de Sécession est effectivement la génèse (plus encore que celle d'Indépendance, dirait-on), et qui n'a pas vraiment évolué depuis. Django était le premier grand film de Tarantino depuis Pulp Fiction ; THE est la confirmation que lui et le western, genre qu'il célèbre volontiers, forment un couple plein d'avenir.
  • 2
    Bande-annonce

    Mistress America (2016)

    1 h 24 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Noah Baumbach avec Greta Gerwig, Lola Kirke, Matthew Shear

    Modérément sympatoche et parfaitement insignifiant. La muse indé Gerwig est excellente en adulescente aussi fantasque qu'irresponsable (donc, paumée), la jeune Lola Kirke a du potentiel doux-amer à condition qu'elle perde son ventre de bière, et, en étant très ouvert, on peut apprécier les petits détails truculents du personnage de Booke en tant qu'incarnation du refus de grandir propre à nos sociétés en dériliction. Le problème est que c'est atrocement prévisible (on sait d'entrée que la jeunette terre-à-terre va être impressionnée par la flamboyance de son ainée avant de réaliser qu'elle masque un vide terrorisé), et que comme toujours avec Noah Baumbach, on a l'impression d'avoir déjà vu à peu près la même chose dans son film précédent (en l'occurence, While we're young, lui aussi sympatoche only, malgré son casting !). C'est bien, d'avoir des thèmes récurrents (comme la peur de vieillir), un univers à soi (celui des bobo new-yorkais), etc., mais parfois, faut se remettre un peu en question. Or, ces dix dernières années, depuis son excellent Les Berkrman se séparent, ce cinéaste n'a rien fait de tout ça. Du coup, c'est plutôt normal qu'il se loupe deux fois sur trois. Alors face à ce constat, soit on laisse béton pour quelque chose de plus dynamique, soit on cède à son goût pour les sous-Allenneries et apprécie le petit spectacle, qui passera malgré tout sans difficulté grâce à une Greta Gerwig en mode one-woman-show, à un climax théâtral assez fun dans une baraque de parvenus, et à une durée très courte (1h24 !).
  • 3
    Bande-annonce

    Carol (2015)

    1 h 58 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Todd Haynes avec Rooney Mara, Cate Blanchett, Kyle Chandler

    Comme prévu chez Todd Haynes, on tient là un objet plastiquement enchanteur, travaillé avec une précision du détail fétichiste, et conçu par une équipe d'esthètes du meilleur goût ; c'est très, très beau à voir, ou plutôt : exquis, des décors aux costumes, en passant bien entendu par le soin apporté aux acteurs et... actrices. On pouvait s'attendre à une telle qualité, Carol ayant de sérieux airs de petit frère de Loin du Paradis, précédent film du réalisateur avec lequel il a de nombreux points communs. Le problème est le trop-plein d'élégance du fond, tellement obsédé par le respect des canons et la dignité de son propos qu'il en livre une histoire manquant de mordant, d'originalité, d'aventure, d'imprévus. Il y avait matière à chef-d'oeuvre, on n'a "que" du solidement charpenté sous la forme d'un beau portrait de bourgeoise écrasée par les conventions (ironie !), qui, heureusement, se décoince un peu sur la fin, où pointent de réels sentiments, notamment via le speech du personnage de Carol pour la garde de sa fille. Pour cette pudeur un peu rébarbative au regard d'un tel sujet, et malgré la forme de grande qualité précitée (mention au travail de l'excellent compositeur Carter Burwell, qui livre une BO rappelant celle du Truman Show), on pourrait filer un solide 6 à Carol. Sauf que Rooney Mara - plus encore que la toujours parfaite Cate Blanchett. Rooney Mara, définitive héritière d'Audrey Hepburn dans sa grace gracile comme dans son attitude, tantôt magnifique poupée de porcelaine traitée avec une attention amoureuse par Haynes qui rappelle du WKW, tantôt dépenaillée et en larmes dans les moments les moins "guindés" du film. Pour elle, et le couple qu'elle forme avec Blanchett, le film vaut largement un 7.
  • 4
    Bande-annonce

    Legend (2015)

    2 h 11 min. Sortie : . Thriller, gangster et biopic.

    Film de Brian Helgeland avec Tom Hardy, Emily Browning, Paul Anderson

    Grosse déception. Grosse parce qu'il restait encore à Brian Hegleland quelques gouttes du prestige tiré de ses grandes heures en tant que scénariste (L.A. Confidential, Complots, Mystic River !) et qu'on voulait voir ce qu'il donne comme metteur en scène sur un film qui ne soit pas charcuté par le studio (contrairement à son Payback). Grosse également parce que le monstre de charisme Tom Hardy nous avait habitués à mieux. Grosse parce qu'Emily Browning garde du tissu sur elle pendant tout le film. Bref. Avec son récit décousu à l'extrême, ses personnages secondaires catastrophiquement inexistants, ses clichés qu'il ne sait pas transcender, ses sous-intrigues sans saveur, et sa réalisation tout juste capable de profiter des belles images du chef op mais infoutue de transformer l'eau en vin, Legend se rétame en-dessous de la moyenne malgré la double-performance de Hardy (étrangement meilleur dans le rôle du bourrin sanguinaire Ron que dans celui du flegmatique Reggie !), et la présence toujours aussi craquante de Browning. Ça s'emballe, ça se castagne, ça se dragouille, ça pleure parce que ça manque d'amour dans ce monde de brutes, mais ça ne reste que de la pose, de la jolie surface, rien ne prend vraiment vie, y compris, hélas, le couple central, à l'histoire très inconsistante. C'est anecdotique. Autant dire que titrer son film "Legend" revient dès lors à tendre le bâton pour se faire battre... Enfin, on avait presque oublié que le Brian Helgeland de la grande époque avait AUSSI écrit Postman...
  • 5
    Bande-annonce

    Jane Got a Gun (2015)

    1 h 37 min. Sortie : novembre 2015. Action, drame et western.

    Film de Gavin O'Connor avec Natalie Portman, Joel Edgerton, Noah Emmerich

    Depuis trois ans, on entendait parler de ce truc. De ses déboires de production, de son changement de réalisateur, puis d'acteur(s), de la pagaille qui en a résulté. Généralement, quand ça démarre comme ça, ça ne donne au final pas grand chose. Et JGAG le confirme en proposant un spectacle éventuellement sympatoche... mais surtout archi-mineur. Trop. Ça ne casse pas trois pattes à un canard, ni sur le plan esthétique (c'est joli, mais à partir d'un certain budget, n'importe quel film hollywoodien a les moyens d'être "joli"), ni dans l'écriture (voir le dernier quart absolument nullissime), c'est mélo à 80% et action à 20 alors que le ratio aurait dû se rapprocher d'un 60/40 au max, Natalie Portman ne convainc pas suffisamment en flingueuse à cache-poussière, la performance d'Ewan McGregor en bad guy méconnaissable est gaspillée dans un rôle ingrat, et Gavin O'Connor, pourtant un réalisateur compétent, n'a pas su donner assez de gueule à ses joutes poudreuses pour faire pardonner toutes ces tares : autant dire qu'en tant que western-western, c'est assez pauvre. Alors certes, le film s'en sort mieux dans sa partie mélo, totalement portée par une chtite Portman très impliquée dans les scènes dramatiques, à la fois ravissante et super-classe en cowgirl, et il faut dire bien appuyée par le toujours impeccable Joel Edgerton. Mais c'est trop peu. On ne demandait pas qu'elle incarne une bad-ass fétichisée à l'extrême comme la Sharon Stone de Mort ou vif, mais il aurait fallu que ça ait plus de gueule de ce côté pour compenser la pauvreté de ce qui aurait pu être un grand récit de femme dans l'Ouest américain. Pourquoi les critiques tiennent à voir du féminisme dès qu'un film met en scène une héroïne qui a du chien ? En fait, au contraire, tout ce que JGAG inspire comme réflexion, c'est qu'avec un héros masculin, ça aurait bieeeeen moins blablaté...
  • 6
    Bande-annonce

    Les Délices de Tokyo (2015)

    An

    1 h 53 min. Sortie : . Drame.

    Film de Naomi Kawase avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida

    Sans doute le meilleur film de sa réalisatrice depuis l'électrico-buccolique Shara, sorti il y a douze ans. Magnifique film sur l'amour de l'artisanat et du travail bien fait et sur l'épanouissement personnel et les plus petites mais pas moins nobles ambitions, fort du déjà maint fois prouvé savoir-faire de Kawase (notamment à travers une mémorable scène de préparation de haricots rouges, longue et pourtant passionnante), et de l'énième performance à oscar de Kirin Kiki. La composante mélodramatique est bieeeen plus importante que prévu au regard d'un dernier tiers habilement zappé dans la bande-annonce (pour une fois !) et d'un sujet annexe des plus sérieux, la condition des lépreux au Japon (qui rappellent un peu, par la royale ignorance dont ils font l'objet, les burakumin) ; de fait, ceux qui vont voir le film la fleur au fusil en espérant une comédie primesautière vont bien la sentir passer (a fortiori avec l'approche "conscientisée" des lépreux que propose le film, résolument engagé). Un peu trop, dira-t-on : si An (oublions le titre français débile, d'autant plus qu'à aucun moment on ne sait où ça se passe au Japon) est une belle comédie dramatique par instants profondément émouvante (cette scène où Sentarô revoit Tokue dans son centre et ne peut retenir ses larmes !), elle pâtit dans son dernier quart d'une main un peu lourde (l'enregistrement audio, un poil too much... après Sekachû, on peut dire que les Nippons aiment bien ça !). On aurait aimé quelque chose d'aussi sophistiqué et pudique que Tel Père, Tel Fils de Kore-eda. Mais bon... ça ne gâche certainement pas le plaisir que l'on tire de la première partie aussi succulente que cocasse, ni n'efface la profonde impression que nous laisse le personnage de Tokue, dont la vie à la fois tragique et pleine de sagesse finit par illuminer le film. PS : en revanche, la belle Mizuno Miki (aaah, Koibumi !) apparaissant trente secondes en mère irresponsable et négligée, WTF, Naomi ?
  • 7
    Bande-annonce

    The Boy (2016)

    1 h 37 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de William Brent Bell avec Lauren Cohan, Rupert Evans, James Russell

    Le Garçon... LE GARÇOOOOON !!!! Ouais, ben... non. Pétard mouillé incorporated j'écoute ? Rien. Enfin, si, deux-trois trucs : une jolie maison de film d'épouvante, parfaitement cliché mais pas moins élégante... une poupée de porcelaine assez glauque et la sensation parfois bien tendue qu'elle va prendre vie dans la seconde (un bon point !)... la toujours ravissante Lauren Cohan, qui a les épaules d'un premier rôle (plus sa scène en serviette de bain ! Classique ! Good job, réalisateur)... et l'espoir, pendant la première heure et quart, que le tâcheron à la caméra va faire quelque chose de cette idée de base un peu ridicule. Pour pas grand chose. Si, donc, ces deux-trois trucs. Mais si peu. On gardera presque davantage en mémoire le très amusant malaise du tout début (avec la découverte de Brahms) que le manque d'efficacité horrifique d'un film qui ne fera jamais vraiment peur, et recourera même à plusieurs reprises aux déséspérés "jump scares"...et on oubliera carrément le dernier quart d'heure crétin, catastrophique twist "rationnel" faisant basculer le film dans le thriller à slasher, ruinant tout ce qui avait été péniblement construit au rayon glauque-paranormal. Sans compter qu'au final, pas grand chose ne sera expliqué (d'où ? Pourquoi ? Quand ? Gné ?)... et ça, c'est impardonnable. Pour faire simple, la scène du premier film Chucky où la mère découvre qu'elle n'a pas encore mis les piles dans la poupée causante, fout infiniment plus les jetons que tout ce qu'on voit dans TB. Si les gars n'avaient pas eu le bon sens de faire un film court, TB se prendrait un 3. Mais avec à peine plus de 90mn pré-générique, on va être magnanime et lui filer 4.
  • 8
    Bande-annonce

    Creed : L'héritage de Rocky Balboa (2015)

    Creed

    2 h 12 min. Sortie : . Drame et sport.

    Film de Ryan Coogler avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson

    De loin, Creed, avec ses airs de spin-off désespéré mû par le seul appât du gain (le fils d'Apollo Creed ? Pourquoi pas le fils d'Hans Grüber ?), n'avait pas grand chose pour plaire. De près... le film de Ryan Coogler a surpris son monde grâce à la performance nerveuse et à l'investissement de Michael B. Jordan (qui n'a RIEN à voir avec Michael Jordan, on précise au cas où...), à la jolie passation de flambeau entre un émouvant Stallone (qui aura mérité son Golden Globe !) et le jeune héros, et à une réalisation efficace à défaut d'être très caractérielle. Creed est un joli film. Mais c'est tout ce qu'il est. Les sentiments sont beaux et nobles mais l'enfilade de clichés carrément spectaculaire (tous y passent ou presque), les personnages sont bien croqués mais l'intrigue ne se bouclera même pas convenablement (quid du couple d'Adonis ? Quid du cancer de Rocky ?), on nous réserve à mi-métrage un hommage pathétique à la scène d'entrainement matinale (qui, ici, ressemble à une parodie ZAZ), et... par moments, on a l'impression de voir un remake du premier film, comme ça nous l'a fait récemment avec SWVII. Et à ce sujet... Ryan Coogler n'étant pas le réalisateur ni le coscénariste le plus subtil, il est préférable d'ignorer le chef-d'oeuvre d'Advilsen en regardant son film. Hélas ! Il est difficile de ne pas penser aux grandioses cuivres de Bill Conti lorsqu'on entend la soupe insipide de Ludwig Göransson, et le combat final de Creed a beau avoir une sacrée gueule (tant dans la forme, électrique, plus impressionnante que celle de Southpaw, que dans le fond), on ne peut s'empêcher de ressentir ce satané sentiment de déjà vu. Au final, Creed n'est qu'un énième récit d'accomplissement personnel à travers l'effort et le challenge, en mode just do it yourself. Rien de se qui s'y passe ne surprend (le seul élément d'originalité, la surdité de la fille, ne sert strictement à rien). Le concert philharmonique d'éloges qui entoure le film confine à l'irrationnel, et est probablement à mettre, comme Spotlight, sur le compte de l'effervescence pré-Oscars (il nous FAUT des chef-d'oeuvres, les gens, hopopop !). Creed contentera les fans de Rocky en jouant habilement avec la mythologie et en respectant le personnage comme une sorte de Yoda/maître Miyagi, et il satisfera un public avide de mélo/drame facile (facile parce qu'avec un personnage énervé...), mais c'est surtout comme un film de boxe plutôt bien troussé qu'on se souviendra de lui. Rien qui ne justifie un Creed 2 !
  • 9
    Bande-annonce

    Spotlight (2015)

    2 h 08 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Tom McCarthy avec Rachel McAdams, Mark Ruffalo, Michael Keaton

    Ou beaucoup de bruit pour pas grand chose à voir : on se rangera cette fois-ci dans "the infamous" camp des anti. Oui, l'histoire a le mérite d'être vrai (être catho et exaspéré par l'agenda libéral-progressiste n'empêche pas de reconnaître les faits), et dit/rappelle certaines choses qui méritaient d'être dites/rappelées (comment le cardinal s'en est sorti à la fin est, par exemple, un scandale). Oui, sa narration est limpide, et a le mérite de ne pas avoir tricoté de mélo par-dessus. Oui, les acteurs sont tous impeccables (notamment le Keaton et des acteurs impeccables, dans le cinéma américain, quel scoop). Oui, ça propose des pistes de réflexion intéressantes sur la justification hautement débattable du célibat chez les prêtres catholiques. Enfin, on peut le qualifier de beau film de journalistes, qui s'en prennent plein la gueule à notre époque de Nightcrawlers, et ne méritent pas tous d'être traités comme les sangsues qu'ils sont en bonne partie. MAIS... ça, ça fait un bon film-dossier. Pas forcément du bon cinéma. Et c'est pourquoi Spotlight est fort respectable ET assez insipide, malgré tout le respect que l'on doit aux victimes. Pourtant, c'était assez flagrant dès le départ d'un point de vue cinématographique, avec le minimalisme chiant de la mise en scène, la photographie parfois un peu dégueulasse, et la bande-originale du film, à peu près aussi mémorable qu'une musique d'ascenseur. Mais bon, les gens veulent y croire, visiblement... parce que pour moi, ça ne fait pas un pli : le lamentable nombre de critiques qui ont crié aux Oscars n'aurait pas atteint son centième si le film n'avait pas eu l'estampille "faits réels", et si les gens n'étaient pas du genre à hurler avec les loups, le tout bien aidé par l'hystérie intrinsèque à la communauté Interweb (...).
  • 10
    Bande-annonce

    Steve Jobs (2015)

    2 h 02 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Danny Boyle avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen

    Et on a failli lui mettre un 8. Ce qui est certain, c'est qu'on tient là le premier film réussi de Danny Boyle depuis Sunshine (près de dix ans !) et peut-être son meilleur après Trainspotting. Pour être franc, SJ ressemblerait presque au premier film adulte d'un cinéaste qui a toujours fait du cinéma de genre un peu hystérique et jeuniste. Le choix de tourner le segment 1 en 16mm, le 2 en 35mm et le 3 en numérique rend merveilleusement à l'écran. Justement, l'idée de scinder la narration en trois blocs aussi distincts visuellement que remarquablement intriqués dramatiquement, aura payé au centuple. Dans le fond, le film, qui aurait limite pu s'appeler Lisa tant c'est la pierre tournante du drama, est un showcase de la virtuose électricité sorkinienne (voir la splendide engueulade entre John Sculley, la dernière avec Wozniak, et toutes les scènes avec Joanna), en plus d'être une étude de caractère de grande qualité (à aucun moment on ne juge le personnage, et sa complexité prédominera toujours sur le fait que c'était un peu un sale con). Au rayon performances, Fassbender y est génial (la ressemblance avec le vrai Jobs importe peu... cf. le précédent biopic avec Kutcher), mais zéro surprise, Kate Winslet méritait amplement son Golden Globe, et c'est cool, de voir Seth Rogen jouer... Seule ombre au tableau : le dernier quart, nettement plus mélo que la précédente, aurait dû être mieux amenée (via plus de scènes avec la gamine) pour produire son plein effet. Mais à la toute fin, les images de Boyle font quand même frissonner.
  • 11
    Bande-annonce

    El Clan (2015)

    1 h 48 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Pablo Trapero avec Antonia Bengoechea, Gastón Cocchiarale, Guillermo Francella

    El Clan ne laisse pas indifférent, ne serait-ce que par la performance glaçante de son acteur principal, Guillermo Francella, le sordide minable de son histoire, et la force des faits réels. C'est une approche intriguante du thème de la banalisation du mal (cher à Hannah Arendt) à l'intérieur d'une société sous perfusion de dictature et un intriguant aperçu de l'angoissant trouble qui règne durant la transition d'une dictature à une démocratie. Le problème est que Pablo Trapero, solide faiseur d'images dont on attend beaucoup depuis son excellent Carancho, se montre incapable de poser un regard sur cette histoire, hésitant constamment entre les dimensions familiale, criminelle, et politique sans traiter aucune des trois de façon satisfaisante. Avec le personnage d'Arquimedes Puccio, incarnation évidente de l'autorité indiscutée, et sa famille, il y avait matière à traiter le monstrueux thème de la banalité du mal ; au lieu de ça, le récit superficiel et anecdotique d'El Clan ne fera que survoler leurs vies (le comportement des nanas, WTF ?). Alors l'amateur de sordide appréciera la crudité de la violence, mais pour l'étude de caractères, la radioscopie sociologique (comme l'indécence du système qui a rendu cela possible), et la moindre piste de réflexion sur la fameuse banalité du mal, on repassera. El Clan est donc un thriller honnête et une reconstitution de qualité, mais un drame raté. C'est dommage.
  • 12
    Bande-annonce

    Deadpool (2016)

    1 h 48 min. Sortie : . Action, aventure et comédie.

    Film de Tim Miller avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein

    On va être clair : dans le contexte hollywoodien actuel, et pour une production Disney (parce que c'est ce qu'il est, techniquement), Deadpool est topissime, spectacle formidablement hargneux dont les blagues pourries font mouche huit fois sur dix et divertissement béton au budget malinement exploité jusqu'au dernier centime par des artisans compétents, fans de leur sujet, et capables de jouer la périlleuse carte de l'irréverence (ça va assez loin dans le gore et les blagues de cul) sous surveillance d'une major. Parce qu'il faut clarifier un point : Deadpool reste une production Marvel/Disney ; on n'est pas du tout dans le cas de figure Watchmen ; ceux qui reprochent au film de ne pas être aussi sanglant et noir et cruel qu'ils le voulaient ont cru au Père Noël, et leur argument ne tient pas la route une seconde. On juge un film à l'aune de ses prétentions. Bref. On parlait de film de la dernière chance pour Ryan Reynolds : vus sa performance, dont il a puisé la force dans le pied prodigieux qu'il a pris à faire le film, et le carton au BO du film, le petit gars est de retour à Hollywood. Ah, et la latina Morena Baccarin est toujours un plaisir pour les yeux.
  • 13
    Bande-annonce

    Ave, César ! (2016)

    Hail, Caesar!

    1 h 46 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Ethan Coen et Joel Coen avec Josh Brolin, George Clooney, Alden Ehrenreich

    Distrayant... et c'est tout, comme la moyenne des films des frères Coen depuis un moment maintenant. Décousu (le fil narratif est des plus ténus et les pseudo-intrigues secondaires ne servent qu'à surligner le sous-emploi d'acteurs prestigieux), dénué de réel enjeu (même pour une comédie !), et très pauvre en fantaisie (alors qu'on évoquait The Big Lebowski !!), Avé, César ! échoue là où Le Grand Saut a brillamment fonctionné il y a vingt ans (la reconstitution avait plus de gueule, l'hommage était plus complet, le divertissement BIEN supérieur). Bien sûr, Josh Brolin et George Clooney sont excellents (et hilarant dans le cas du second). Bien sûr, une telle troupe de gens talentueux ne pouvaient pas ne PAS accoucher d'au moins une poignée de scènes mémorables (de la géniale dispute entre membres des différents clergés à la première scène archiglucose avec les intellectuels communistes, en passant par l'introduction féérique du personnage de Scarlett Johansson, Ralph Fiennes en directeur d'acteur sur les nerfs, et l'apparition du sous-marin...). Sur un film d'1h46, le (strict) minimum est assuré. Et bien sûr, l'hommage à un Hollywood disparu n'est pas sans un certain panache (avec Roger Deakins à la photo, c'était difficile, en même temps...), ni pertinence dans ses bons moments (voir la confrontation entre ce temps où les studios étaient tout-puissants et gardaient les acteurs à leur place et notre époque de banalisation,voire vulgarisation du stardom... dont il n'est pas aussi aisé de tirer des conclusions). Mais trois fois hélas !, des morceaux de qualité ne font pas un bon film. Avé, César ! peut être vu comme un film de vacances de luxe pour les Coen, à l'occasion duquel ils se sont bien marrés avec leurs amis stars, leur reconstitution fastueuse et les détails de leur hommage, sans jamais être capables d'y insuffler de passion ni de l'habiter d'un propos substantiel. En ce sens, il fait un peu penser à ses stalinistes de salon...
  • 14
    Bande-annonce

    Zootopie (2016)

    Zootopia

    1 h 49 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et policier.

    Long-métrage d'animation de Byron Howard, Rich Moore et Jared Bush avec Jason Bateman, Ginnifer Goodwin, Idris Elba

    Séances de cinéma (1 salle)
    Zootopia est merveilleux. Pixar a beau s'être réveillé d'une longue période de plantages (Cars 2, Rebelle, Monstres Academy) avec l'excellent Vice-versa, il est intéressant de noter que l'année de la fin de sa deuxième grande période (Ratatouille, Wall-E, Là-haut, Toy Story 3), 2010, est également celle où Disney Animation Studio a surpris son monde avec le génial Raiponce. Depuis, Disney était tant bien que mal sorti de l'ombre du maître avec Les Mondes de Ralph, l'inévitable Reine des neiges et le sympa Big Hero 6, on était loin de la grande période précitée. Eh bien, Zootopia peut être vu comme la transformation de l'essai Raiponce ; et comme par hasard, de la même manière que la Reine des neiges était un retour parfaitement revendiqué aux histoires plus classiques de princesses, ce film-là est un retour, et un bien plus réussi, à la fastueuse ère des animaux anthropomorphisés (tels Le Livre de la jungle, Robin des Bois, ou encore Bernard & Bianca...). Ce n'est pas seulement un film d'animation plaisant à l'oeil et marrant comme le laissait penser la bande-annonce avec le paresseux ; c'est un solide buddy-movie (on attend déjà la suite !) porté par une enquête bien fichue (alors qu'elles servent généralement de prétexte dans les films de ce genre), une étude de caractère subtile, une lecture adulte et plutôt maline du monde des hommes (les enfants ne profiteront pas autant du film que les adultes)... et un travail esthétique d'EXCELLENTE qualité qui rivalise avec celui dont a bénéficié un Némo ou un Wall-E - rien que l'architecture de la ville est à tomber. On entre très vite dans l'action, le rythme est enlevé, le dosage humour/émotion est impeccable, l'action fluide, et le character-design, préféré de l'auteur de ces lignes depuis Raiponce, sert parfaitement les deux personnages principaux, de l'über-cuteness de la lapine à la roublardise du renard. Bien qu'il vaille un point au film, le seul reproche qu'on lui fera (en plus de la chanson de Shakira...), c'est-à-dire le message libéralo-progressiste neuneu et gay-friendly jusqu'à la nausée, pourra même être éludé en ne gardant que le constat de départ, qui est le bordel royal du multiculturalisme. Manière de dire qu'il serait très dommage, même pour les plus politisés et moins demeurés d'entre nous, de bouder notre plaisir ! Nota bene : la VF est plutôt réussie, et c'est un réfractaire qui l'écrit...
  • 15
    Bande-annonce

    The Revenant (2015)

    2 h 36 min. Sortie : . Aventure, drame et fantastique.

    Film de Alejandro González Inárritu avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Will Poulter

    TRÈS beau... mais aussi un peu vain. Disons que dans la forme, Inarritu semble un peu trop compter sur le monumental de ses paysages naturels et sur la virtuosité de son chef opérateur Emmanuel Lubezki (le meilleur en activité à côté de Roger Deakins ?), et fait un peu trop son Terrence Malick (cf. entre mille autres les contre-plongées sur les cimes mouvantes d'une forêt)/Tarkovski pour provoquer l'effet "dans ta face" sans doute recherché, du moins auprès des cinéphiles aguerris ; et que dans le fond, pour un récit de vengeance censément définitif, on en a un peu rien à foutre de la mort du fils à DiCapr' et ne se sent à aucun moment VRAIMENT impliqué émotionnellement, ce qui est un peu problématique, vous en conviendrez. Bien sûr, Inarritu n'en reste pas moins un faiseur hors-pair, l'attaque du campement sur laquelle ouvre le film envoie la patée (parfaite maîtrise de l'espace et de ses effets), celle de l'ours mérite sa brutale réputation, et moult scènes sont malgré tout d'une beauté à couper le souffle, mais la pesanteur mégalomaniaque qui transparait derrière l'entreprise entière amoindrit les effets d'un film qui aurait gagné à être moins pontifiant et un peu plus spontané (l'affreuse musique de Sakamoto Ryuichi renforce cette impression). Si l'on est un peu honnête, on reconnaitra que Leonardo méritait davantage un oscar pour sa performance dans The Wolf of Wall ; il est ici un peu éclipsé par Tom Hardy ; mais The Revenant fait plus "PERFORMANCE", et c'est un peu le problème avec la réception critique dont a bénéficié un film indéniablement bon, mais certainement pas autant qu'on le prétend. En gros, on est loin de la virtuosité multi-couches de Birdman. Rien que pour ça, et pour sa longueur excessive, on lui retirerait presque un point. On se tâte encore.
  • 16
    Bande-annonce

    La Chute de Londres (2016)

    London Has Fallen

    1 h 39 min. Sortie : . Action, policier et thriller.

    Film de Babak Najafi avec Gerard Butler, Morgan Freeman, Aaron Eckhart

    Non. Non, non, et non. Il y a des limites au "mindless entertainment". On SAIT qu'on ne va pas voir du Bergman ou du Polanski, on SAIT que ça va être du gros ouvrage, du divertissement de masse pour pop-corneurs avides d'action bien salissante et en quête d'un show-défouloir dont le héros bourrin dégomme impitoyablement une horde de terroristes débiles, de préférence en faisant gicler le sang et péter la réplique. Qu'on ne vienne pas me faire la leçon : j'ai aimé La Chute de la Maison Blanche. Enfin, dans une certaine mesure. Disons que je lui ai donné la moyenne, ce qui est déjà pas mal. Pourquoi ? Parce que si la seconde moitié du film était du sous-Die Hard, la première était portée par une longue scène d'assaut certes assez improbable, mais en contrepartie très jubilatoire... parce que bien branlée. Cette suite sans inspiration aucune, elle, ne l'est pas (bien branlée). Elle n'est qu'une enfilade cinématographiquement insipide (Babak Najafi n'est pas Antoine Fuqua, mais en même temps, il s'appelle Babak) de fusillades et de castagnes si nombreuses et répétitives qu'elles finissent par ne plus faire d'effet, plombée par des effets spéciaux souvent hideux, entrecoupée de scènes archi-génériques d'État-majors et de cabinets accablés face à leurs écrans (c'est saoulant depuis Air Force One, les gars)(et comme souvent de nos jours, Morgan Freeman ne sert à rien), le tout monté sur un scénario non pas "assez improbable", mais cette fois-ci juste débile, même dans ses tentatives de se montrer ingénieux, et dont pas une seule réplique ne reste en mémoire. En gros, il y a le bon boum-boum, il y a le mauvais boum-boum, et Londres appartient à la seconde catégorie. Face à ce n'importe quoi qui laisse de marbre à deux ou trois exceptions un minimum bad-ass (justement), seul Gerard Butler, à qui l'on doit ces exceptions, est là pour nous sauver de la prostration : le gars est toujours aussi crédible en héros d'action et impeccable en version hardcore de John McLane. Puisque le show est foiré, on ne peut pas dire à proprement parler qu'il l'ASSURE... mais disons qu'il assure au moins dans ce rôle, qui lui permet de faire une plutôt bonne équipe avec Aaron Eckhart. Espérons qu'il choisisse mieux ses rôles, à l'avenir.
  • 17
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    Célibataire, mode d'emploi (2016)

    How to Be Single

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie romantique.

    Film de Christian Ditter avec Dakota Johnson, Rebel Wilson, Leslie Mann

    HTBS est une romcom américaine comme on en a vu 40000 au ciné ricain : petite grosse bien vulgaire en guise d'effet spécial (Rebel Wilson, pourquoi pas puisque pas si insupportable que prévu, mais surtout : pourquoi ?), touches de scato parce que c'est visiblement comme ça que s'impose l'humour au féminin (LOL), et échanges H/F pleins de blabla mais un peu ternes sur les bords. On peut dire que la seule plus-value de cette romcom est de ne pas tomber dans tous les panneaux du genre puisque le célibat n'y est pas présenté comme un purgatoire et parce que tout le monde n'a pas droit à son happy ending... mais ça reste archi-convenu, car à la fin, justement, tout le monde a appris la pseudo-leçon qui fera de lui quelqu'un de meilleur au sens amerloque du terme. Bon, peut-être un tiers des gags fait mouche et assure le minimum grâce auquel on ne s'emmerde pas. Mais la concurrence est trop rude pour que ce simple élément vale au film une bonne note. S'il était supérieurement interprété, à la limite, pourquoi pas, mais la mimi Dakota Johnson manque cruellement de charisme (comme tous les acteurs mecs en dehors du toujours excellent Damon Wayans Jr), son duo de soeurs avec la trop âgée Leslie Mann n'est pas crédible pour un rond, et la génialo-canonissime Alison Brie est sous-employée (en plus de jouer un perso-cheveu sur la soupe dans un récit bordélique parce qu'il n'est qu'à moitié choral). HTBS marque une légère amélioration dans la carrière du réalisateur Christian Ditter par rapport à son interminable Love, Rosie... mais c'est toujours pas ça. Pour finir, et là, on va totalement assumer le caractère subjectif d'une critique : la célébration de l'adoption monoparentale prive le film de la moyenne. Que les "liberals" outre-atlantique gardent leur mode de vie dégénéré. Vivement des comédies plus inspirées où Ali Brie aura plus de temps d'antenne, comme Sleeping With Other People...
  • 18
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    The Assassin (2015)

    Nie Yinniang

    1 h 45 min. Sortie : . Arts martiaux et drame.

    Film de Hou Hsiao-Hsien avec Shu Qi, Chang Chen, Nikki Hsieh Hsin-Ying

    Ce film est une vaste blague. Côté critique, je n'avais pas vu un cas de démence masturbatoire collective aussi grave depuis un moment, mais bon, c'est la doxa germanopratine qui impose ce genre d'infatuation grotesques, donc pourquoi pas. En revanche, côté public, c'est moins aisément compréhensible. En fait, plus qu'une blague, ce film est un gigantesque malentendu entre lui et l'humanité. Je l'ai vu hier dans la plus grande salle du Mk2 Bibliothèque (!!), qui était quasi-remplie alors que peut-être que mille personnes en France connaissent le nom du réalisateur. J'ai donc été surpris, mais espérais que ce soit positif, c'est-à-dire que le film soit bon. Il s'est très tôt avéré que NON (systématisation autiste des plans interminables et ce dès le titre qui reste à l'écran peut-être une bonne foutue minute, récit oscillant entre l'obscur et l'abscons, rares scènes de wu xia pian atrocement fichues et mixées, moments de WTF intégral lui donnant des airs de parodie), et là, les réactions du public (moitié incrédule, moitié hilare) m'ont un peu rassuré (ainsi que les applaudissement nourris à la fin). Puis c'est à la sortie du ciné que j'ai vu la moyenne public sur Allo (et certains commentaires qui n'ont pas à rougir de la comparaison avec les critiques "pros", cf. quelqu'un parlant de "lenteur sublime" ci-dessous...). Et là, je ne comprends pas. The Assassin ressemble à un film expérimental qu'HHH aurait pondu dans le cadre d'un cours de réalisation pour dire à ses élèves : "vous voyez, les petits gars, si vous voulez faire des bons films, c'est simple, faite L'INVERSE de ça !". Bien sûr, les décors sont somptueux et la photographie impeccable (une bonne batterie de plans sont ce qui lui valent deux points), mais ça ne fait pas un film. C'est comme Inarritu comptant un peu trop sur Lubezki pour faire son Revenant... mais toutes proportions gardées, parce qu'Inarritu, lui, n'oubliait pas son public. J'avais déjà trouvé exaspérants les plans de huit minutes de Hsu Chi fumant une cigarette dans Millennium Mambo, mais Three Times ne m'avait pas déplu, et je m'étais dit qu'avec le temps, on apprend. Mais HHH, lui, il n'a pas appris. En fait, j'ai l'impression qu'il n'a juste pas compris. Mais comme le monde n'est, hélas, pas encore en rupture d'amateurs d'art contemporain dégénérés pour voir du génie dans ce genre de fumisteries, il continue d'être produit, et c'est reparti pour un tour. Pour le plus grand malheur du septième art.
  • 19
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    Triple 9 (2016)

    1 h 55 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de John Hillcoat avec Casey Affleck, Chiwetel Ejiofor, Anthony Mackie

    Difficile à appréhender, comme film. C'est pas nul, mais certainement pas bon non plus. C'est pas chiant parce qu'il se passe des trucs, mais certainement pas captivant non plus. Pas la faute au casting, qui n'a juste aucune occasion de briller, ni à Hillcoat, même si on l'a vu bieeen plus inspiré. Toute l'inanité de T9 tient dans son écriture bordélique et sans caractère, dénué de personnages incarnés et intéressants, dénué d'enjeux captivants, et dont l'intrigue ferait tout juste un épisode décent de The Shield, série dont le pilote de 43 minute est, soit dit en passant, dix fois plus nourrissant que ce film. Selon un critique cité sur l'affiche française, T9 serait le meilleur film de braquage depuis Heat. Au-delà des rires enregistrés, on évoquera The Town, de Ben Affleck, qui avait été comparé à Heat, lui aussi, à l'époque de sa sortie... en le méritant, lui ; et qu'on n'aura pu s'empêcher de penser, durant tout le visionnage de T9, que c'est exactement ce que ce dernier aurait dû être. On lui avait mis 5 au départ, mais tiens, rien que pour le casting gaspillé dans ce bazar insipide qui utilise son nihilisme urbain comme cache-sexe, un point en moins.
  • 20
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    Les filles au Moyen Âge (2016)

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie et historique.

    Film de Hubert Viel avec Michael Lonsdale, Chann Aglat, Léana Doucet

    Une bien jolie surprise que ce petit film vu dans l'intimité solitaire du vieux cinéma de quartier Reflet-Médicis, à deux pas du boulevard Saint-Michel, et qui a sans doute fait trois-cents entrées Paris-périphérie. C'est à mi-chemin entre un film expérimental joliment brinquebalant (parce qu'une troupe de six gamins rejouent des scènes historiques) et un cours d'histoire diablement didactique (on y apprend pas mal de choses, mine de rien), entre Ghibli (pour la candeur printanière) et les Monty Python (pour l'absurdité)... et dans les grandes lignes, ça marche. Les performances des gamins (six garçons, six filles) ne se valent pas toutes, mais comme le film cultive le côté ultra-amateur de leur jeu à des fins comiques, on n'y voit (presque) que du feu. Tout à fait charmant et souvent très amusant, le film d'Hubert Viel est un divertissement d'une originalité réjouissante doublé d'une belle ode au Christianisme et à la femme, rendu carrément nécessaire en sa qualité de réhabilitation du Moyen-âge, loin d'être l'ère obscurantiste que la propagande républicaine veut nous faire croire (mention au focus sur l'étape Jeanne d'Arc). On regrettera, à la limite, la baisse de régime du dernier quart et sa critique de la modernité très juste mais aussi archi-convenue... mais on la pardonnera sans mal pour le reste. C'est dit : tout prof d'histoire de collège qui se respecte devrait emmener ses classes le voir, mais bon, la plupart d'entre eux préfèrent sans doute abrutir leurs élèves avec les films de Rachid Bouchareb après un petit coup d'Entre les murs pour l'éducation civique...
  • 21
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    Midnight Special (2016)

    1 h 51 min. Sortie : . Drame et science-fiction.

    Film de Jeff Nichols avec Michael Shannon, Joel Edgerton, Kirsten Dunst

    Ok, ça va faire mal, mais il faut affronter la vérité en face : MS est un bon film, excellemment mis en scène par un Jeff Nichols au sommet de sa forme, porté par une approche intelligente et une parfaite assimilation des codes de la SF qui touche du doigt la connexion pourtant complexe entre le fantastique et le divin dans l'esprit de l'homme (magnifique scène du motel où le gamin se "révèle" au personnage du pote flic joué par Edgerton), et impeccablement interprété, à commencer par un Michael Shannon toujours sensationnel... MAIS bien trop faible scénaristiquement pour constituer le chef-d'oeuvre légendaire que les fans de Nichols et les critiques en chaleur crient sur tous les toits depuis des semaines. Désolé, mais on attend un minimum de surprise, dans un putain de film, même un film-hommage, et MS est bien trop pompé sur le Starman de John Carpenter (par exemple, le perso de Sevier = celui de Mark Shermin) et rempli de trucs laissés en plan pour convaincre entièrement (zéro retour sur la secte du début, et explication du pourquoi de tout ce bordel... il y a une différence entre ne pas tenir le spectateur par la main et... ça). En fait, le climax dit tout ce qu'il faut à ce sujet : très bien amené (en termes de timing dramatique), impeccablement filmé (ce crash de voiture !), et intéressant dans l'idée (notre dimension se confondant un court instant avec celle du monde du gamin), il se mange les dents d'abord sur un point pratique (quid du cas de figure où un édifice de notre monde et un du leur se trouveraient au même endroit ? Explosion atomique ?) et sur le plan esthétique (en plus d'être fait de pixels tout moches, le monde de ces êtres de lumières est quand même très bétonné... on a confié la direction artistique à un élève de l'architecture soviétique, ou quoi ?), donnant l'impression que Nichols n'a simplement pas assez bûché sur son film. Peut-être aurait-il dû prendre plus de temps sur cet hommage à un genre de film auquel bien des cinéphiles sont attachés (la SF des 80s, à commencer par la spielberguienne), plutôt que de pondre deux films en 2016 ? Peut-être aurait-on été plus touchés, avec un récit plus consistant, par cette histoire de père acceptant de se séparer de son fils pour une meilleure cause (à la fin de Starman, on retenait ses larmes...) ? Au final, on est trèèèès loin de ce qui reste le chef-d'oeuvre du cinéaste, Take Shelter. Et pourtant... on lui donne 7. Parce que comme tout film de Nichols, il mérite d'être vu.
  • 22
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    10 Cloverfield Lane (2016)

    1 h 45 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur, science-fiction et thriller.

    Film de Dan Trachtenberg avec John Goodman, Mary Elizabeth Winstead, John Gallagher Jr.

    Avertissement à l'égard du lecteur qui n'a pas vu le présent (et formidable) film : 10CL n'a (donc) quasiment RIEN à voir avec Cloverfield, d'où les guillemets autour du mot "suite". C'est un petit thriller en huis-clos interprété par deux gars et une fille. Pour tout dire, le fossé qui le sépare du film de Matt Reeves rappelle celui qui sépare Aliens d'Alien, en bieeeen plus accentué puisque ces derniers partageaient au moins la même espèce de créature et la même protagoniste : Cloverfield est un tour de montagnes russes entièrement dédié à l'effet immédiat, alors que 10CL est un thriller sans grande prétention entièrement consacré à son suspense et à ses personnages. Les fans les plus attentifs, lorsqu'ils entendront le personnage de Howard dire qu'il a travaillé sur des satellites pour l'armée, se souviendront peut-être que le monstre de Cloverfield a probablement été réveillé par la chute d'un satellite dans l'océan, et seront libres d'y voir une connexion. Mais ça s'arrêtera là. Hé, le script original n'avait même pas le moindre rapport avec Cloverfield, à la base. Il devait s'intituler The Cellar. L'histoire d'une fille kidnappée et enfermée dans un bunker par un gars qui affirme lui avoir sauvé la vie, puisqu'une attaque chimique d'envergure a rendu l'air irrespirable à la surface. Vous voyez un rapport avec Manhattan attaquée par une salamandre géante, vous ? Pas besoin. Même aujourd'hui, 10CL ne peut vraiment être considéré comme la suite de Cloverfield. Abrams a évoqué une "connexion spirituelle" entre eux, et un hypothétique "cloververse" du bout des lèvres. De notre côté, et jusqu'à preuve du contraire, nous y verrons plutôt du bon vieil opportunisme… mais ce n'est pas grave. Au bout du compte, c'est justement le très faible rapport de 10CL avec Cloverfield qui lui a permis de réitérer l'effet de surprise du premier. Et puis, le film est bon. Ça joue un peu. C'est pourquoi nous vous recommanderons de ne pas trop vous formaliser pour cet opportunisme. Il y a le film 10CL, et il y a ce qu'on en a fait, côté marketing. 10CL n'est pas exempt de défauts, mais qu'il ne nous ressorte pas la créature géante du premier n'en est certainement pas un. (...)
  • 23
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    Batman v Superman : L'Aube de la Justice (2016)

    Batman v Superman: Dawn of Justice

    2 h 33 min. Sortie : . Action, aventure, fantastique et science-fiction.

    Film de Zack Snyder avec Ben Affleck, Henry Cavill, Amy Adams

    Ce film est une immense, amère déception pour qui en attendait quelque chose de grand (je plaide coupable !). Attention, c'est très beau à voir (du moins pendant les deux premières heures), comme souvent chez Snyder tant qu'on accepte les partis pris de son chef op, bien interprété dans l'ensemble (Irons excellent en Alfred, bien que cet Alfred ne sonne pas vraiment "Alfred"), on a une grosse surprise avec un Batfleck grisonnant et brutal, limite plus convaincant que Batbale, Gal Gadot est canonissime, Eisenberg amuse (un peu) en totale roue libre, et le premier tiers est très réussi avec son exploration très adulte des enjeux humains, sociétaux et moraux d'une telle situation, quelques gros morceaux (comme l'attentat), et sa mise en scène d'un Superman en figure déique. Puis... à mi-parcours, tout part en chupa-chups sur le plan scénaristique. David S. Goyer, à qui l'on devait déjà en partie le naufrage de MoS, nous refait le coup en une poignée d'idées catastrophiques (l'implication de la mère Martha, l'implication obligée du boulet Lois Lane, les actions de Luthor dans le vaisseau alien -sic-, l'introduction bien subtile des autres personnages de DC)... et le dernier tiers/quart, avec son gros monstre WTF, antagoniste nullissime sorti de nulle part, est un interminable epic fail, du combat boum-boum tiré du cahier des charges de studios réclamant leur quota de destruction pour faire jouir leur public, visuellement hideux et dramatiquement bâclé (la proto-justice league se forme en trois secondes) à la "mort" de Superman avec laquelle on nous saoule bien pendant dix minutes sans que personne n'y croit... en gros, quelqu'un doit vite virer Goyer d'Hollywood, et Snyder doit se ressaisir brutalement. Heureusement que ces deux-là ne sont pas derrière Suicide Squad : rien n'est perdu avec celui-là.
    MAJ du 18/09/2016 après visionnage de la version Director's cut : déjà, Suicide Squad est passé, et... s'est monstrueusement planté (= c'est une merde), ce qui veut dire Snyder et Goyer n'était pas forcément le problème principal de BvS mais... Warner/DC Comics. Du coup, deux mots sur la director's cut : nous partageons l'opinion générale, qui est qu'elle est bien supérieure à la version ciné, principalement car sa demi-heure, dépourvue de boum-boum, apporte aux personnages tout le développement qui leur manquait dans la version ciné. Allez, un bon 6/10 ! Plus pour la mimi Jenna Malone et sa minute à l'écran !
  • 24
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    Batman (1966)

    Batman: The Movie

    1 h 45 min. Sortie : . Aventure, comédie et policier.

    Film de Leslie H. Martinson avec Adam West, Burt Ward, Lee Meriwether

    Vu le lendemain de la sortie de l'énorme déception Batman v Superman pour satisfaire les caprices d'une compagne aussi nerd que polissonne, mais aussi faire passer l'amer goût laissé par le blockbuster de Zack Snyder. Résultat : au risque de surprendre, ça valait le coup. Exactement, ce monument de kitsch, avec ses costumes ridicules, ses performances hystériques (du "duo dynamique" tellement investi qu'il chante chaque putain de mot au quatuor de méchants hystérique), son psychédélisme de sous-préfecture (alors que la couleur faisait son boom), ses onomatopées de comic-strip (ZAM !), son Robin demeuré ("holy nightmare !" "holy sardine !"), son utilisation du "bat-" à toutes les bat-sauces (de la bat-échelle au bat-téléphone en passant par le bat-stylo), ses devinettes complètement débiles dont seuls Batman et Robin trouvent les réponses logiques, ses jeux de mot à deux balles (cf. Catwoman et son "puuurrrr-fect"), son requin en mousse cultissime, sa bombe qui n'explose jamais, son Batman-chimiste tellement coquet qu'il porte sa cape sur sa blouse blanche, et tout un tas d'autres joyeusetés. En fait, le Batman (juste "Batman", appréciez la fraîcheur !) de 1966 peut être vu comme un divertissement fort décent en ce qu'il amuse beaucoup, mais surtout bien moins à ses dépends qu'il n'y parait : il devient très vite clair que le délire est en bonne partie assumé, que ce soit dans son kitsch comme dans sa crétinerie (à la OSS 117), et le film entier barbotte dans un flou artistique ("et là, ils avaient conscience ? Et là ?") peut-être un peu déconcertant, mais finalement assez ludique. On regrettera d'autant plus le coup de mou du dernier tiers car si Batman avait été raccourci d'un bon quart d'heure, peut-être aurait-il même mérité un 7 !
  • 25
    Bande-annonce

    A Perfect Day (Un jour comme un autre) (2015)

    A Perfect Day

    1 h 46 min. Sortie : . Drame et comédie.

    Film de Fernando León de Aranoa avec Benicio Del Toro, Tim Robbins, Olga Kurylenko

    Une très agréable surprise que ce film à la promo inexistante, et dont le casting international n'augurait pas forcément du meilleur. Une surprise grâce à son humour truculent qui prend un peu de court au début, révèle en Aranoa un très bon dialoguiste, et ne parasite pas pour autant le sérieux des scènes dramatiques (comme la mort des parents) dans un film doté d'un VRAI propos sur la douloureuse absurdité des échecs que rencontrent régulièrement les ONG en temps de guerre. Une surprise parce que ses acteurs y sont finalement dans leur meilleure forme, du follement charismatique Del Toro, qu'on ne voit pas assez en premier rôle, à Robbins en génial électron libre sur lequel repose une bonne partie de l'humour, en passant par notre nationale Mélanie Thierry, impeccable en petite bleue idéaliste, et même Olga, dont la plastique historique n'éclipse cette fois pas le personnage. Aranoa, en plus d'être un conteur de talent (son récit ne connait que deux ou trois coups de mou, localisés dans sa seconde moitié, ce qui n'est pas mal pour une histoire résumable à une quête de... corde), s'impose ici comme un faiseur d'images solide : sa mise en scène punchy s'aménage de très belles pauses contemplatives (en même temps, difficile de résister face à un tel panorama). Intelligent et divertissant, APD est un peu trop sage pour reproduire l'effet MASH et n'a rien de MAJEUR, en cela, on le rapprochera plus du serbe No Man's Land... mais ce n'est certainement pas une mauvaise chose. On s'étonnera juste qu'Aranoa n'ait pas pensé à y mettre le tube de Lou Reed alors qu'on trouve dans son film d'autres tubes du chanteur...
  • 26
    Bande-annonce

    Rosalie Blum (2016)

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Julien Rappeneau avec Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz

    Sympatoche comédie dramatique très française dans son agencement, assez originale et par instants délicate, portée par une Noémie Lvovsky pas insupportable pour changer... mais juste très, très télévisuelle (c'est bien, d'être fils de, mais ça peut aussi être, euh, tout). En parallèle, Alice Isaaz, qui compense l'insipidité de Kyan Khojandi, continue de s'imposer comme une future grande, en plus d'être littéralement à croquer. Ah, et on a quand même droit à une reprise pas mal du tout d'une des meilleures chansons de Stuart Murdoch. Ça rend tolérant.
  • 27
    Bande-annonce

    13 Hours (2016)

    13 Hours : The Secret Soldiers of Benghazi

    2 h 24 min. Sortie : . Action, drame, historique, thriller et guerre.

    Film de Michael Bay avec John Krasinski, James Badge Dale, Pablo Schreiber

    4... et en étant VRAIMENT sympa. Ça commence moyennement, avec une overdose d'images d'archive posant l'action de manière archi-scolaire, un casting pas super charismatique (en dehors peut-être de John Krasinski, qui a du potentiel), et des grossiers clichés de dialogues virils déservant des personnages écrits à la truelle (mention aux scènes "familiales" où les bourrins bavardent avec leurs enfants forcément ADORABLES sur Skype, à rendre les films d'Emmerich subtils). La reconstitution des heures qui ont précédé l'attaque n'est pas dénuée d'une atmosphère un poil inquiétante... mais ça reprend avec la réalisation d'un Michael Bay visiblement même pas fichu de trousser des scènes d'action réussies (!!!), cette fois-ci : l'attaque de l'enceinte diplomatique américaine est modèle de gestion catastrophique de l'espace où l'on ne sait pas vraiment qui est où et où est qui. C'est simple : on a l'impression de suivre une partie de Battlefield 3 joué par un mongolien épileptique. À partir de là, on apprend par un ami déjà blasé que le film dure 2h30 parce que vous comprenez, quand Michael Bay est sérieux, il aime prendre son temps, et on prend son mal en patience. En dehors d'une course-poursuite à mi-métrage, dont l'efficacité rappellera quand même qu'on a affaire au gars qui a égayé notre adolescence avec de grands films de boum-boum comme The Rock et Armageddon (films qui passent pour du Kubrick en comparaison), le reste ne sera pas plus stimulant. La médiocrité des dialogues atteindra des sommets lors d'une discussion interminable entre les deux vieux potes sur la famille et la patrie et tout le tremblement, et l'action est aux abonnés absents jusqu'aux dix dernières minutes, réduite à du tir au pigeon pas du tout effrayant (c'est peut-être comme ça que ça s'est passé, on n'en est pas moins ennuyés). DONC, en tant que film de boum-boum, 13Hrs est plutôt raté (on lui préfèrera de loin, par exemple, Du sang et des larmes ou Le Royaume), et un peu chiant parce que trop long (avec 1h30-45, il aurait eu la moyenne). Pour ajouter à la médiocrité, le personnage féminin est un boulet intégral qui se cogne partout. Et le problème est que le fond n'arrange rien à l'affaire, entre les aperçus en coulisses bieeen trop maigres et l'ode un peu exagérée aux sociétés militaires privées du genre Halliburton (ouais, y a des gars bien dedans, mais dans l'idée... non, non, non). Fans de boum-boum intelligent, matez plutôt une deuxième fois Black Hawk Down.
  • 28
    Bande-annonce

    Mise à l'épreuve 2 (2016)

    Ride Along 2

    1 h 42 min. Sortie : . Action, comédie et policier.

    Film de Tim Story avec Ice Cube, Kevin Hart, Tika Sumpter

    Bon, sans surprise, c'est mauvais. En dehors d'une improbable scène de course-poursuite à la GTA et d'un moment assez amusant où Ice Cube utilise Kevin Hart comme un gilet pareballes (chose qu'on a soi-même un peu envie de faire), l'histoire de RA2 est du même acabit que celle du premier opus : une ressucée poussive et prévisible du buddy-movie des 80s (même le méchant arrive à décevoir, alors qu'on sait quel film on est en train de mater !). Comme le tâcheron Tim Story (New York Taxi, quand même !) n'en fait absolument rien, tout repose sur le cabotinage du casting, à commencer par le duo Cube/Hart. Or, le sympa-mais-bon-voilà-quoi Ice Cube n'est pas exactement Nick Nolte... quant à Kevin Hart, s'il a la bonne idée d'en faire moins sur ce film que dans ses précédents (voir Get Hard), il n'en reste pas moins un sous-sous-Eddie Murphy (pire, un sous-Chris Tucker). Après, RA est-il un supplice à suivre ? Du tout. L'énergie et l'alchimie de ses deux acteurs vedettes, le quart ou le tiers de gags faisant mouche, l'apport de l'électron libre Ken Jeong et la présence de la splendidissime Olivia Munn (bientôt, Psylocke !) lui épargnent les flammes éternelles de l'enfer. C'est donc plutôt mauvais, mais somme toute honnêtement fun... à condition d'être vraiment tolérant envers le genre, naturellement.
  • 29
    Bande-annonce

    High-Rise (2016)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame et science-fiction.

    Film de Ben Wheatley avec Tom Hiddleston, Jeremy Irons, Sienna Miller

    Si vous cherchez l'enfer, pas besoin d'aller voir ailleurs : il est à Hipsterland. Vaste blague pas drôle puisqu'elle n'en est pas une pondue par une bande de marioles en vestes de velours côtelé qui ont sérieusement crû nous pondre un chef-d'oeuvre d'OVNI cérébral et polychromo-avant-gardiste bouleversant nos conceptions de la démocratie de marché à chaque coin de plan, alors que seule subsiste une bonne grosse masturbation rappelant les heures les plus sombres du cinéma auteurisant/expérimental des 70s. Tout n'est qu'artifice, rien ne vit, rien n'a de couilles, trop occupé à poser les toutes petites qu'il a en plein milieu de sa soupe à allégories bidons et scènes de n'importe quoi essayant de faire passer ce n'importe quoi pour du génie subversif. Rien. En gros, à éviter impérativement, à moins de faire partie de cette petite clique de bourgeois concupiscents... qui est elle-même à éviter impérativement.
  • 30
    Bande-annonce

    Sky (2016)

    1 h 42 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Fabienne Berthaud avec Diane Kruger, Norman Reedus, Gilles Lellouche

    Un bon gros mouais. Rien ne marche vraiment, dans ce drame bordélique qui tangue constamment entre le road movie (pseudo), le mélodrame (naturaliste), et la peinture sociale (super random), sans jamais embrasser pleinement aucun des genres, comme son héroïne est totalement à côté de ses pompes 90% du temps. Peut-être est-ce pour ça qu'un personnage archi-caricatural de vieille Indienne mystique la nomme "Sky", puisqu'elle est toujours changeante ? La toujours craquante et juste Diane Kruger peut faire figure de soleil dans ce ciel, mais ce dernier lui donne rarement l'occasion de pointer derrière la grisaille d'un récit jamais crétin, mais jamais malin non plus (trop de clichés pour ça), ni habité par un quelconque propos. C'est peut-être parce que Fabienne Berthaud n'a rien à y dire qu'on ne croit pas à ce qu'il s'y passe, à commencer par le premier quart d'heure avec Gilles Lellouche, douloureusement laborieux. Tout s'enchaîne avec une simplicité tellement artificielle (Sky a un coup dur, elle trouve un ami qui l'aide, Sky a un nouveau coup dur, elle trouve un nouvel ami...) qu'il ne nous reste que l'idylle avec Norman Reedus, partie la moins bâclée du film, mais pas forcément passionnante pour autant - un grand merci aux deux acteurs d'avoir rendu ça un minimum vivant ! Et un salut attendri aux autres jolis noms qui passent par là sans vraiment faire grand chose (Joshua Jackson juste parce que c'est le mari à la boche, Lou Diamond Philips en mode je ne fais que passer, la grosse Lena Dunham même si elle est insupportable comme d'habitude...). L'image numérique, terne, sans profondeur aucune, presque une insulte aux grandes étendues du Midwest (en clair, les routes américaines méritent mieux que ça), accentue cette platitude. Un film sur le besoin et la soif de liberté qui n'inspire à aucun moment le moindre sentiment de liberté ? Fail, comme dirait l'Interweb.