Mon Top 10 de l'année 2018

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10 films

par Scaar_Alexander

Top 10 de l'année précédente :
https://www.senscritique.com/liste/Mon_top_10_de_l_annee_2017/1951394

Ont failli intégrer ce top : Amanda, En liberté ! (deux films qu'il m'a été difficile de laisser sur le carreau), The Disaster Artist, Upgrade, Phantom Thread, The Spy Gone North, et la sucrerie L'Ombre d'Emily, tout en reconnaissant volontiers qu'elle ne l'aurait pas mérité.

Pas une mauvaise année, ni pour le cinéma français (Gaspard va au mariage, Amanda, En liberté !, Guy, En guerre, et même le Nicloux !), ni pour le cinéma en général, dans mes registres tout du moins, puisque j'ai trouvé quatre films auxquels coller un 9/10, ce qui n'arrive pas tous les ans. Et l'hétéroclisme de ce quatuor me plait bien : une comédie d'animation canine loufoque (L'Île aux chiens, meilleur film de Wes Anderson ?), un film d'épouvante psychologique aux airs de cauchemar éveillé (Hérédité, plus spectaculaire film du genre depuis un sacré bail), la quatrième déclinaison d'une romance musicale culte du cinéma amerloque (A Star is Born, à son tour un culte instantané), et un comédie dramatique sociale japonaise (Une affaire de famille, plus beau Koreeda avec Tel père tel fils et Nobody Knows)... qui fait mieux ? Le thriller en huis-clos danois The Guilty, le flamboyant biopic contestataire russe Leto, et deux des films français précités (Gaspard et Guy) complètent la belle diversité culturelle de ce top. Et Tom Cruise, toujours aussi taré, l'intègre en remplissant haut la main la case action avec Fallout, comme il l'avait fait en 2015 avec le précédent (et supérieur) Mission impossible, Rogue Nation.

En quelques mots comme en cent : nonobstant les arguments pertinents des déclinistes et le comportement toujours moins civilisé du public français (aux heures de pointe), aller au cinéma est plus que jamais un plaisir.

À côté de ça, je ne partage l'enthousiasme de la critique ni pour le médiocre Les Veuves (mais féministe, c'est ce qui compte !), ni pour la clownerie sous-lynchienne Under the Silver Lake, ni pour l'affreusement incomplet Jusqu'à la garde, ni pour le bel objet superficiel First Man, ni pour l'à la fois virtuose et oubliable Ready Player One de Spielberg, ni le pas si profond qu'on le dit Burning, ni dans une moindre mesure pour Phantom Thread, que la presse canonise (de la même manière qu'elle accourt dès que PTA lui donne un susucre), puisqu'il ne se prend qu'une mention honorable. Et Abdellatif Kechiche peut aller se faire cuir un œuf d'autruche, comme dirait Gotlieb.

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  • 1
    Bande-annonce

    L'Île aux chiens (2018)

    Isle of Dogs

    1 h 41 min. Sortie : . Aventure, comédie et science-fiction.

    Long-métrage d'animation de Wes Anderson avec Bryan Cranston, Edward Norton, Bill Murray

    Séances de cinéma (2 salles)
    Parce que sans aucun doute LE film de Wes Anderson le plus important depuis The Royal Tenenbaums. Le plus important ET réussi à la fois, car The Grand Budapest Hotel est une pierre importante dans sa filmo, mais ses qualités intrinsèques ne m'ont pas plus convaincu que ça. L'Île aux chiens, pourtant un film d'animation réalisé par un cinéaste qui n'en avait jusqu'ici fait qu'un (Mr Fox), est la somme de tout ce qui rend son cinéma génial : un enchantement esthétique de tous les instants, un travail d'orfèvre géométrique, une profusion de gags visuels et de traits d'esprit aussi discrets ("low-key", diraient les Amerloques) que désopilants, la douce amertume d'une balade rock des seventies, et une mosaïque de performances géniales de la part d'un casting d'habitués.
  • 2
    Bande-annonce

    Hérédité (2018)

    Hereditary

    2 h 06 min. Sortie : . Drame et Épouvante-horreur.

    Film de Ari Aster avec Toni Collette, Gabriel Byrne, Alex Wolff

    Hérédité, c'est brutal. J'évite généralement d'étiqueter les gens qui ne partagent pas mon avis sur un film, fut-ce radicalement ; chacun ses trips. Hérédité fait donc figure d'exception, mais c'est pour la bonne cause : sur tous les détracteurs du film avec qui j'ai eu l'occasion de parler, aucun n'avait vraiment saisi où le film voulait en venir, ce qu'il racontait (pourtant, c'est pas compliqué, avec un titre pareil), le prenant tantôt pour une resucée de Rosemary's Baby (alors que ça va bieeen plus loin), tantôt pour un film de possession basique s'attardant trop sur la famille (alors que la famille est le sujet), tantôt pour un drame aux personnages pas assez attachant (alors que c'est l'idée)... Hérédité, c'est tout bonnement un des meilleurs films d'épouvante de ces dix dernières années. Attendez... non, de ces vingt. Pourquoi vingt, au juste ? Pourquoi pas trente ? Allez, disons trente. Et Toni Collette mérite son Oscar.
  • 3
    Bande-annonce

    Une affaire de famille (2018)

    Manbiki Kazoku

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hirokazu Kore-eda avec Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka

    Séances de cinéma (1 salle)
    S'il existe aujourd'hui UN cinéaste consistant sur le plan thématique, c'est bien Koreeda : d'ici la fin de sa carrière, le prolifique cinéaste aura peut-être fait le tour de ce sujet ô combien fascinant, et ô combien casse-gueule qu'est la filiation, avec un succès incontestable. Incontestable, mais inévitablement inégal : tous ses films ne se valent pas. Alors, quid de celui-ci ? Il vaut de l'or. Une affaire de famille, c'est le meilleur du réalisme social. De la très haute volée, entre De Sica et Bresson. Alors, la Palme d'Or, on s'en fout un peu : perso, mon préféré du gars reste Tel père tel fils ; mais après trois films de moindre intensité, Une affaire de famille est un retour en forme des plus vibrants, pour une forme qui, de toute façon, n'a jamais non plus VRAIMENT pris de vacances (parlons juste d'une plus ou moins grande inspiration !). Un chef-d'oeuvre sur la marginalité (au-delà de la filiation), explorant cet autre sujet sans tabou (cf. l'enterrement de la grand-mère), dans le plus pur style koreedien, moral sans être moralisateur, magnifiquement nuancé (zéro personnage caricatural, même les secondaires), impeccable dans sa direction d'acteurs (QUI dirige mieux des gamins que lui ?), à infusion lente, ménageant ses effets, préparant méticuleusement ses bombes émotionnelles, et dévastant le spectateur au moment où il ne s'y attend pas forcément.
  • 4
    Bande-annonce

    A Star Is Born (2018)

    2 h 15 min. Sortie : . Drame, comédie musicale et romance.

    Film de Bradley Cooper avec Lady Gaga, Bradley Cooper, Andrew Dice Clay

    Séances de cinéma (4 salles)
    Sensationnel. Si je devais me limiter à UN argument, plus encore que la performance habitée de Cooper dans le rôle de sa vie (encore plus qu'on ne le pense peut-être, vu ses problèmes passés), plus encore que la supermassive révélation de Lady Gaga en actrice, d'un charisme dingue, et qui DOIT absolument faire carrière (et ça vient de quelqu'un qui ne s'est JAMAIS intéressé à elle), plus encore que la qualité de la bande originale écrite et composée par une bande de gens trèèèès talentueux (une des meilleures du genre, point), plus encore que la sincérité presque absurde de la démarche et la justesse des sentiments dépeints, qui compensent largement la prévisibilité d'un récit plein de figures connues (difficile de faire autrement), plus encore que la mise en scène de Cooper, autre révélation (la caméra rivée aux corps et aux visages) (meilleures scènes de live depuis Almost Famous)... ce serait le duo vedette. Ce qui se passe entre Gaga et Cooper se passe rarement, au cinéma.
  • 5
    Bande-annonce

    Leto (2018)

    2 h 06 min. Sortie : . Biopic, drame et musique.

    Film de Kirill Serebrennikov avec Roman Bilyk, Irina Starshenbaum, Teo Yoo

    Séances de cinéma (2 salles)
    Flamboyant. Il faut une sacrée combinaison de panache et de talent, de nos jours, pour faire un film en noir et blanc sans que ce parti pris ne pue la prétention d'auteur tête de nœud (ce dernier fut-il talentueux). Kirill Serebrennikov a cette combinaison. Et son noir et blanc est flamboyant. Son Lego est un de ces rares films où l'on comprend sans mal l'absence de notes inférieures à trois étoiles dans la revue de presse Allociné. On pense surtout à son exaltante et imposante reconstitution de la scène musicale underground de la Russie pré-perestroïka, qui compose la majorité du film, et où ce dernier est dans un état de grâce et d'apesanteur constant, source d'extase pour les amateurs tant du rock alternatif de l'époque (BO exceptionnelle) que de films réussis sur la musique, sur sa force émancipatrice. Note : ce n'est en revanche PAS un film punk. Fort heureusement.
  • 6
    Bande-annonce

    The Guilty (2018)

    Den Skyldige

    1 h 25 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Gustav Möller avec Jakob Cedergren, Jessica Dinnage, Omar Shargawi

    Séances de cinéma (1 salle)
    Wow. Ce qui a imposé The Guilty dans ce top, face à des concurrents méritants, c'est le véritable tour de force qu'il constitue en matière de réalisation, d'autant plus frappant qu'il s'agit d'une première : là où un autre film traitant du même sujet aurait bien fini par sortir du bureau à un moment ou à un autre, par exemple dans le dernier acte, celui-ci y reste jusqu'au bout, lui, limitant TOUTE son action à ce que le protagoniste entend, au son, sur lequel un travail énorme a été fait, de l'artisanat cinq étoiles grâce auquel le spectateur comprendra, ou du moins devinera à tout moment ce qui se trame à l'autre bout du fil, jamais largué... le tout bien aidé par la performance douloureusement impliquée de Jakob Cedergren, bien sûr, dont les yeux sont l'autre bout de l'action . Mais ce qui est bluffant, c'est que l'histoire de The Guilty parvient à marquer encore PLUS, diablement imprévisible (même si l'on se doute à mi-chemin que les choses vont s'avérer plus complexes qu'il n'y parait...), et surtout violemment complexe sur le plan dramatique. Très, très fort.
  • 7
    Bande-annonce

    Gaspard va au mariage (2018)

    1 h 43 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Antony Cordier avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Theret

    Qui aurait deviné, il y a un an, qu'Antony Cordier signerait le film français de l'année 2018, une année qui plus est pas avare dans ce domaine (Amanda, Guy, En liberté !, En guerre, etc.) ? Pas grand monde. Et pourtant, il l'a fait, le con. Gaspard, au-delà de son humour tantôt absurde, tantôt barge, est un régal de comédie de mœurs douce-amère bourré de caractère et de liberté, qui rappelle par moments le meilleur du film de la Nouvelle vague (pour sa peinture de moeurs à la fois détendue du gland et assez... radicale) et de film indie US (pour son emballage très soigné et certaines pirouettes de montage). L'authenticité du lieu (on n'avait pas vu baraque aussi "vraie" depuis longtemps), des personnages en dépit de leur excentricité, et des performances d'acteur dirigés par un cinéaste touché par l'inspiration, est avant tout ce qui frappe, plus encore que l'humour décalé. Mention au portrait génial de petite sœur sauvageonne un poil trop fusionnelle avec son grand-frère, et une performance très colorée de la très, très mignonne Christa Theret dans ce rôle (merci, cinéma français, de déshabiller tes actrices dans chacun de tes films). La nudité, au passage, voilà qui était un peu le seul vrai mérite de Happy Few (ah, cette gauchiste de Marina, quand même). Mais Gaspard, lui, des mérites, il en a plein.
  • 8
    Bande-annonce

    3 Billboards, les panneaux de la vengeance (2018)

    Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

    1 h 56 min. Sortie : . Comédie, policier et drame.

    Film de Martin McDonagh avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell

    Rares sont les films sanctifiés par la presse qui méritent pleinement leurs éloges. En 2018, il en sera sorti quelques uns, comme Leto, Hérédité, le Koreeda... et celui-ci. Un "chef-d'oeuvre révolutionnaire", suggère je ne sais quel critique ? N'allons pas jusque là. Mais on ne peut nier son humanité débordante, mélancolique, parfois carrément douloureuse, une déclaration d'amour à l'homme pour le meilleur et pour le pire qui se ressent dans le soin apporté à quasiment TOUS les personnages, jusqu'à bien des secondaires qui ont leur scène, leur moment qui les extrait de la vignette archétypale (le nain, la mère de Dixon, le sergent blasé, l'épouse de Willoughby...). Sa critique de la flicaille trumpiste est un minimum contrebalancée par ce qu'il fait au final de Willboughby (impeccable Harrelson) et surtout Dixon (Rockwell dans un rôle qui devrait lui valoir un Oscar), eux aussi touchés par cette humanité qui conchie tout manichéisme. Son refus de donner des leçons de morale impressionne. Son mélange de drame et d'humour est remarquablement dosé (comme l'était In Bruges...). McDormand est évidemment superbe. Et quand la fin arrive, peut-être la plus belle que le cinéma américain nous a offert depuis un bail, aussi absurde qu'évidente, pleine de sens, ouverte dans le meilleur sens du terme, c'est-à-dire au point d'exalter, il est trop tard pour ne pas être emballé.
  • 9
    Bande-annonce

    Guy (2018)

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie, drame et comédie musicale.

    Film de Alex Lutz avec Alex Lutz, Tom Dingler, Pascale Arbillot

    Si l'on m'avait dit qu'un jour, a) j'irais voir un film réalisé et interprété par Alex Lutz, b) que je le ferais avec mon consentement, et c) je le considérerais comme un des meilleurs films que j'ai vus au ciné cette année (sur à peu près quatre-vingt so far), je me serais bien marré. J'aurais eu tort.
  • 10
    Bande-annonce

    Mission : Impossible - Fallout (2018)

    2 h 27 min. Sortie : . Action, aventure et thriller.

    Film de Christopher McQuarrie avec Tom Cruise, Henry Cavill, Rebecca Ferguson

    Ok, alors, soyons tout de suite clairs : Fallout n'est PAS aussi réussi que Rogue Nation. Rogue Nation reste le MEILLEUR Mission impossible (au passage, la bonne écriture du titre, contrairement au bâtard "Mission : Impossible" choisi sur ce site). Plus sophistiqué, plus inspiré, plus tout. Enfin, tout, sauf une chose : dingue. Fallout est plus dingue. D'une dinguerie qui en fait un des meilleurs films d'action de ces dix dernières années, et le meilleur que j'ai vu depuis soit Mad Max Fury Road, soit The Raid. C'est phénoménal. Donc oui, il manque des trucs qui permettraient à Fallout d'être un chef-d'oeuvre, mais quand on passe la moitié d'une projection la bouche ouverte sans toucher à ses Pringles, c'est que quelque chose a fonctionné. Le spectacle est total, bien aidé par la musique, peut-être la meilleure de toute la saga. Tom Cruise est increvable. C'est peut-être pour ça qu'il est dingue. Le prix de l'immortalité.