Oeuvres filmiques vues en 2019

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32 films

par Zoumion

Pas beaucoup de films vus en 2018 par manque de temps. 2019 ne s'annonce pas forcément meilleure sur ce point mais allons-y tout de même.

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    Green Book : Sur les routes du sud (2019)

    Green Book

    2 h 10 min. Sortie : . Drame, biopic et road movie.

    Film de Peter Farrelly avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini

    Découverte.

    "Green Book" est le premier métrage en solo de Peter Farrelly. Il est plaisant de le voir sur un projet plus sérieux et mature.
    Sous ses airs de feelgood movie calibré pour les Oscars, le film dresse un portrait humaniste et touchant de deux personnages que tout semble opposer, portrait magnifié par la grandiose interprétation de Viggo Mortensen et Mahershala Ali qui donne toute sa force à l’œuvre. A la manière d'un buddy movie, les deux hommes vont devoir travailler ensemble et apprendront l'un de l'autre.
    Justesse et légèreté pour Peter Farrelly qui évite soigneusement les pièges du trop politiquement correct et de la critique binaire du racisme qui ne sont malheureusement que trop récurrents aujourd'hui.
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    Dragons (2010)

    How to Train Your Dragon

    1 h 38 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie, fantasy et jeunesse.

    Long-métrage d'animation de Chris Sanders et Dean Deblois avec Jay Baruchel, America Ferrera, Gerard Butler

    Nouveau visionnage.

    "How to Train Your Dragon" est un excellent film d'animation, peut être le meilleur qui soit sorti des studios DreamWorks. Sans être d'une grande originalité dans les thèmes qu'il aborde ( relation père/fils, ouverture et acceptation des autres, ode à l'aventure ), l’œuvre a le mérite de traiter tout ceci avec un ton plus mature et intéressant qu'une bonne partie des productions de ce genre.
    La réalisation et l'animation sont incroyables tout comme la musique de John Powell qui confèrent au film une tonalité poétique indéniable.
    J'aime beaucoup le côté contemplatif et posé de ce premier opus qui est bien moins effréné que sa suite.

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    Dragons 2 (2014)

    How to Train Your Dragon 2

    1 h 45 min. Sortie : . Animation, action, aventure, fantasy et jeunesse.

    Long-métrage d'animation de Dean Deblois avec Jay Baruchel, America Ferrera, Gerard Butler

    Nouveau visionnage.

    Voici une suite faisant honneur au premier opus qui se suffisait pourtant à lui-même. La saga met ainsi en place un univers vraiment bien construit et cohérent.
    "How to Train Your Dragon 2" est une œuvre ambitieuse à bien des égards. C'est un vrai grand film d'aventures épique et spectaculaire, qui ne manque pas de faire référence à certains classiques ( "Les Vikings" de Richard Fleischer notamment ). Le rythme est à ce sens beaucoup plus soutenu par rapport à son prédécesseur et ne lésine pas sur l'action.
    Dean DeBlois, ici seul à la réalisation ne manque pas de teinter son film
    d'émotion, encore une fois une grande force de l'opus initial. Les personnages souffrent, sont marqués physiquement et le ton est relativement sombre, à l'image d'un climax émotionnellement très fort.
    Mention spéciale à cette scène de voltige aérienne entre Hiccup et Toothless que je ne me lasse pas de regarder. Un visuel impressionnant et une technique folle qui nous offrent un pur ballet aérien, une poésie éthérée et émouvante.
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    Get Out (2017)

    1 h 43 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de Jordan Peele avec Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener

    Nouveau visionnage.

    Jordan Peele réalise un premier film inégal mais qui vaut cependant le détour. A défaut de renouveler le genre du thriller à tendance horrifique comme j'ai pu le lire à droite et à gauche, il reste réjouissant. On ressent clairement les influences de Peele notamment "Shining". A travers la rencontre entre un jeune homme noir et sa belle-famille qui tourne peu à peu au cauchemar, le film aborde la thématique du racisme, celui de l'élite bourgeoise libérale où comme on se plait à le dire on aurait aimé voter Obama une fois de plus mais où on a malgré tout besoin d'esclaves pour faire le sale travail.
    La thématique du racisme reste avant tout pour moi un support à l'horreur et au fantastique et n'est pas pleinement exploitée même si je trouve la fin qui évoque "La nuit des morts-vivants" de Romero assez juste. Mais on sent que ce n'est pas ce qui intéresse le plus Jordan Peele.
    "Get out" c'est avant tout un petit thriller à l'ancienne disséminant la tension sans les artifices habituels de l'horreur contemporaine jusqu'à un twist assez renversant. Dans ce sens, la performance de Chris joué par Daniel Kaluuya est très crédible et symboliquement très forte.
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    Dragons 3 : Le Monde caché (2019)

    How to Train Your Dragon: The Hidden World

    1 h 44 min. Sortie : . Animation, action, aventure, fantasy et jeunesse.

    Long-métrage d'animation de Dean Deblois avec Jay Baruchel, America Ferrera, Gerard Butler

    Découverte.

    Le troisième et probablement dernier opus cinématographique de la franchise "Dragons". J'ai eu la malchance de découvrir le film en VF et en 3D incroyablement sombre ( merci les cinémas CGR... ) de plus dans une séance parsemée de problèmes techniques. Je le reverrai donc à l'avenir dans de meilleures conditions.
    "How to Train Your Dragon: The Hidden World" clôt donc à mon sens admirablement bien la trilogie, conservant la richesse de la formule diégétique qui a fait le succès de la saga. L'affrontement contre les ennemis, l'évolution psychologique de Hiccup, la romance entre les dragons... Tout est bien traité.
    A ce sujet le méchant du film est un gros point fort, plus intéressant et rusé que celui du 2ème opus.
    Le film adopte également un ton plus onirique et contemplatif qui le rapproche du 1er, je pense à la séquence de l'exploration du monde caché ou à la rencontre entre les deux dragons.
    Les personnages continuent de grandir et de murir et les valeurs abordées par la saga se cristallisent dans un beau dénouement.
    "Dragons" représente à mes yeux assurément une des plus grandes séries de films d'animation jamais créées.
  • Les Disparus de Saint-Agil (1938)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Christian-Jaque avec Erich von Stroheim, Michel Simon, Armand Bernard

    Découverte.

    "Les disparus de Saint-Agil" est une pure œuvre d'atmosphère, d'ambiance. Un espèce d'hybride entre film noir et film fantastique.
    Ce divertissement charmeur nous replonge dans l'enfance évoquant les histoires que chacun s'imaginait bambin, faites de mystères et d'aventures. Mais au-delà de cette simple lecture, cette adaptation d'un roman de Pierre Véry martèle comme un gag à répétition que la guerre est imminente et donne une idée du climat ambiant en 1938. Ainsi le conflit avec l'Allemagne est inévitable et exacerbe les tensions, réveillant le racisme et la xénophobie. Erich von Stroheim incarne parfaitement cet étranger que l'on regarde d'un air suspect. Michel Simon en personnage ambigu complète un casting qui fait de cette œuvre un véritable film choral qui comporte malgré tout quelques faiblesses, notamment une baisse de rythme et un intérêt qui s'estompe dans la durée.
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    Vendredi 13 (1980)

    Friday the 13th

    1 h 35 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Sean S. Cunningham avec Betsy Palmer, Adrienne King, Jeannine Taylor

    Nouveau visionnage.

    Un pur film d'exploitation de l'aveu même du réalisateur Sean S. Cunningham, dont la finalité était de surfer sur le succès de "Halloween" de Carpenter sorti en 1978 et sur le genre du slasher. C'est réalisé sans génie et sans grande inspiration.
    "Vendredi 13" embrasse donc les codes du genre et représente le serial killer post Charles Manson : un regard sans corps qui observe la nouvelle génération ayant traversé les années 1970 dans l’insouciance. Ici l'action se déroule dans un camp de vacances au cadre sylvestre plutôt bien exploité.
    On retiendra surtout de ce film les superbes maquillages de Tom Savini, quelques morts surprenantes et le fait que l’œuvre soit à l'origine de l'une des sagas d'horreur la plus prolifique qui est devenue un véritable phénomène de société.
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    Crimson Peak (2015)

    1 h 58 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Guillermo del Toro avec Mia Wasikowska, Jessica Chastain, Tom Hiddleston

    Nouveau visionnage.

    Guillermo del Toro a bien précisé que son "Crimson Peak" était une romance gothique et non un film d'horreur, c'est donc comme ça qu'il faut le prendre.
    Le réalisateur a une foi inébranlable en ce qu'il filme et ne cherche jamais à tromper le spectateur et c'est pour moi une grande force de son cinéma.
    L’œuvre impressionne par son ampleur et son foisonnement thématique et visuel. Ainsi la DA est monstrueuse et le décor un personnage à part entière comme dans tout bon film gothique qui se respecte. Del Toro brasse une quantité de genres, rendant notamment hommage au cinéma de la Hammer, avec une radicalité qui le caractérise.
    "Crimson Peak" est aussi un beau film de personnages. D'une part celui d'Edith qui vivra un véritable voyage initiatique. Effrayée par les fantômes du fait du traumatisme vécu avec sa mère, elle devra apprendre à les comprendre et à les aider. Comme souvent chez Del Toro les monstres sont plus humains que les hommes. L"œuvre est à ce sujet plus un film avec des fantômes qu'un véritable film de fantômes.
    Le personnage de Thomas Sharpe est quant à lui emprisonné entre son amour pour Edith et les plans machiavéliques de sa sœur.
    Émouvant et lyrique, "Crimson Peak" parvient à redonner vie à un genre que l'on pensait mort depuis une éternité.
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    La Forme de l'eau (2018)

    The Shape of Water

    2 h 03 min. Sortie : . Drame, fantastique et romance.

    Film de Guillermo del Toro avec Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins

    Nouveau visionnage.

    J'aime beaucoup le cinéma de del Toro et à mes yeux le bonhomme est un des rares cinéastes actuels de genre à posséder un univers et une patte aussi singulière. J'apprécie tout particulièrement l'amour et l'absence de cynisme de ses films, chez lui le fantastique n'est pas abordé avec une distanciation, quand il filme des monstres il y croit vraiment et il les aime !
    Ce "The Shape of Water" a été acclamé par la critique ( 4 Oscars notamment ) mais à mes yeux ce n'est pas son meilleur film. Je pense que ce succès critique provient surtout de l'ouverture dont del Toro a su faire part en abordant des thèmes plus variés et surtout en ciblant un public plus large.
    On ressent une maturité certaine dans le projet et dans la mise en scène, les plans sont exceptionnellement beaux. Le film matérialise comme toujours les obsessions de del Toro : la fascination pour les monstres, les vieux mécanismes mais aussi l'alliance entre la poésie et le macabre. Il filme explicitement des moments bien crades ( notamment à travers le personnage de Michael Shannon ) avant d'enchaîner avec des séquences d'une rare douceur, celles-ci étant malheureusement trop peu présentes et trop courtes. Je pense notamment à la relation entre la créature et le personnage de Sally Hawkins. Le choix a été fait de cristalliser leur romance en quelques séquences clés ( très belles ) mais qui auraient méritées d'être étoffées afin de susciter davantage d'émotions.
    C'est vraiment sur ce point que j'en attendais davantage, je n'ai pas autant été touché que dans certaines autres productions du cinéaste mexicain.
    De même le discours sur l'amour et l'acceptation de l'autre aurait mérité d'être étoffé à mon sens.
    Malgré tout cela reste un bon film et le fait de voir del Toro enfin récompensé et reconnu par ses pairs fait plaisir, cela offrira peut être au genre fantastique une visibilité plus large à l'avenir et la possibilité pour le réalisateur de s'attaquer enfin à son adaptation des "Montagnes hallucinées" qui lui tient tant à cœur.
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    Tron : L'Héritage (2010)

    Tron : Legacy

    2 h 07 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Joseph Kosinski avec Jeff Bridges, Garrett Hedlund, Olivia Wilde

    Nouveau visionnage.

    J'aime bien ce "Tron Legacy" qui est un film sympathique et une bonne suite de l'original réalisé par Steven Lisberger sorti en 1982, que je ne trouve d'ailleurs pas spécialement emblématique.
    Pour moi c'est une pure évasion et un voyage vers un univers empirique qui sollicite davantage les sens que la raison, je lui pardonne donc tous les défauts scénaristiques et autres deus ex machina qui il est vrai sont assez nombreux, tout comme les clins d'oeil à d'autres œuvres ( le premier "Tron" évidemment mais on peut aussi citer "2001" ou "Matrix").
    Pour beaucoup le film n'est qu'une banale et insipide production Disney mais c'est oublier que la firme n'a de loin pas eu la main mise sur celui-ci. Cela explique certainement son semi-échec : pas assez "Disney" pour que ça soit vendeur, trop "blockbuster" pour que ça soit un film excellent.
    "Tron Legacy" reste pour moi un divertissement visuel et auditif de très haute gamme.
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    Bullitt (1968)

    1 h 54 min. Sortie : . Action, policier et thriller.

    Film de Peter Yates avec Steve McQueen, Jacqueline Bisset, Robert Vaughn

    Découverte.

    "Bullitt" ou la matrice du film policier moderne, car c'est bien tout un genre que ce classique des années 1960 décape et remodèle. Cela se fait à travers la mise en scène de Peter Yates mais aussi par le personnage de Bullitt campé par Steve McQueen qui incarne les multiples facettes d’un individu à la fois complexe et solitaire. L'essentiel de son jeu passe ainsi par son visage, entre son regard bleu et ses faux battements de cils et plissements de visages.
    Une autre caractéristique du film et du polar moderne est la notion de réalisme visible ici à tous les échelons. Peter Yates investit ainsi un hôpital et filme de vraies infirmières, malgré les protestations des syndicats. On suit également le lieutenant Bullitt dans son quotidien et cela donne un aspect documentaire. Meme traitement pour la célèbre course poursuite qui est dénuée de musique ou même de dialogues, on entend juste le son des moteurs et le crissement des pneus. Elle se préoccupe ainsi de son essence, témoin d'un film dont le scénario est conçu pour la mise en scène. Et bordel elle met quand même en scène la Ford Mustang GT Fastback 68. Jouissif !!
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    Misery (1990)

    1 h 47 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de Rob Reiner avec James Caan, Kathy Bates, Richard Farnsworth

    Nouveau visionnage.

    Stephen King est un auteur prolifique et Dieu sait ou ne sait pas combien de fois il a été adapté au cinéma ou à la télévision. Son roman "Misery" passe au grand écran en 1990 sous la direction de Rob Reiner.
    James Caan incarne Paul Sheldon, un écrivain à succès qui est victime d'un accident de la route et recueilli par une infirmière ( Kathy Bates ) d'apparence joyeuse mais assez inquiétante.
    Le cœur du film, c'est le duel entre ces deux protagonistes dans un quasi huit-clos. Un duel dominé physiquement par l'infirmière Annie Wilkes aux formes assez masculines ( elle porte tout de même l'écrivain seule jusqu'à son domicile ) face à un Paul Sheldon diminué et affaibli. La mise en scène souligne admirablement ceci, notamment à travers l'usage de gros plans et de contreplongées symbolisant le point de vue du personnage de James Caan qui est véritablement écrasé. On ressent à travers son jeu toute son impuissance et sa rage contenue.
    Le point fort du métrage c'est son rythme. Ainsi le caractère instable de l'infirmière fait que l'on craint ses réactions de plus en plus violentes lorsqu'elle rentre dans la chambre, jusqu'à un climax absolument glaçant.
    De même lorsqu'elle quitte le domicile, une course contre la montre se produit où Paul Sheldon essaie en vain de s'enfuir.
    Kathy Bates, oscarisée pour le rôle d'Annie Wilkes signe un très grand antagoniste féminin. Ses crises de colère, son regard tétanisant et sa présence ont traumatisé un grand nombre de spectateurs.
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    The Thing (1982)

    1 h 44 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, science-fiction et thriller.

    Film de John Carpenter avec Kurt Russell, T.K. Carter, Wilford Brimley

    Nouveau visionnage.

    Quelle claque que ce "The Thing", considéré comme le meilleur métrage de son auteur. L'ambiance m'a totalement conquis, la station oppressante perdue au milieu de l'Antarctique, les couloirs mal éclairés, le bruit du vent glacial omniprésent... Au delà de ceci le film est incroyablement audacieux et couillu, peut être trop pour l'époque ce qui explique son mauvais résultat au box-office. Carpenter donne ses lettres de noblesse au huit-clos horrifique en filmant la progressive descente aux enfers de ses protagonistes. Le film est incroyablement nihiliste et cette paranoïa qui s'instaure peu à peu dans la station donne tout son côté horrifique au métrage qui fait réellement peur. J'aime beaucoup ce côté très série B qui allie efficacité et générosité.
    Le film brasse aussi une grande quantité de thématiques telles que le virus du SIDA ou la déshumanisation de l'espèce humaine. Le mal bien qu'il soit clairement identifié comme d'origine extraterrestre provient de l'intérieur de l'homme ( le seul défaut du film c'est peut être la première séquence, le film aurait gagné en mystère selon moi ) et de métaphores sous-jacentes. Ainsi la mise en scène présente clairement l'action sous le prisme d'une gigantesque partie d'échecs que ça soit au niveau des personnages, des mouvements de caméra ou du lieu en lui-même.
    Les effets spéciaux novateurs à l'époque restent très impressionnants et la musique minimaliste dans le bon sens du terme de Ennio Morricone illustre parfaitement l'ambiance. Un putain de chef d'oeuvre, clairement !
  • Les Fantastiques Supermen Chinois (1972)

    Super Riders

    1 h 20 min. Sortie : 1972. Action, aventure, fantastique et arts martiaux.

    Film de Lin Chen Wong avec Pleins de monstres du seigneur Satan, Lee Hing Ling, Hong Chang Ling

    Découverte.

    Alors là honnêtement c'est du costaud... Que dire face à une telle œuvre ? J'ai eu l'impression de me prendre une attaque de chevalier du zodiaque dans les gencives et de perdre mes cinq sens...
    "Super Riders" sorti en France en 1978 est un montage taïwanais de plusieurs épisodes et moyens métrages issus de la série japonaise de sentai "Kamen Riders". Les scènes de combat sont donc reprises et les scènes de liaison ont été tournées par des acteurs chinois comme on procède souvent dans les films "2 en 1" sauf que l'opération est ici semblerait-il parfaitement légale. On suit donc la lutte de deux humains modifiés déterminés à éradiquer la secte des disciples de Satan ( ça en dit long ).
    C'est incroyable de voir la constance du ridicule et du grand guignolesque dans le film. On commence in medias res avec une séquence calamiteuse de combat à motos et un générique parlé ( musique de Wong Chin Cheng, réalisé par Lin Chen Wong... ) et c'est comme ça jusqu'à la fin du film. Un wtf le plus total qui ne laisse aucune place à l'ennui si vous êtes réceptifs à ce genre de foutoir !
    Mention spéciale à la horde de monstres du seigneur Satan aux costumes absolument invraisemblables qui scandent leur nom en apparaissant tels des Pokemons avant l'heure. C'est du génie.
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    36 quai des Orfèvres (2004)

    1 h 51 min. Sortie : . Action, policier, drame et thriller.

    Film de Olivier Marchal avec Daniel Auteuil, Gérard Depardieu, André Dussollier

    Découverte.

    "36 quai des Orfèvres" est un film policier réalisé par Olivier Marchal, un ancien flic qui connaît donc bien le milieu. Il signe une œuvre noire et tendue qui s'inscrit dans une longue tradition du polar à la française : froid, direct et percutant. On ressent cependant indéniablement une influence lorgnant du côté des États-Unis et du cinéma de Michael Mann. Impossible de ne pas évoquer "Heat" que ça soit par le biais de la lutte entre Daniel Auteuil et Gérard Depardieu qui renvoie au duel Pacino/De Niro, la mise en scène d'une manière générale, les séquences de braquage, fusillade ou bien l'utilisation d'une photographie à la tonalité bleue/grise métallique. Alors on n'atteint évidemment pas la quintessence du cinéma de Mann mais il n'empêche que j'ai beaucoup de sympathie pour ce film qui a su marquer un certain renouveau du cinéma de genre policier français.
    On pourra cependant pester sur le pathos du film, que ça soit à travers l'utilisation d'une musique bien pompière ou bien des effets de style très discutables, au niveau du montage par exemple. Mais cela ne m'a pas dérangé bien au contraire et j'ai vraiment apprécié ce "36 quai des Orfèvres".
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    Les Lyonnais (2011)

    1 h 42 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Olivier Marchal avec Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Daniel Duval

    Découverte.

    Le moins que l'on puisse dire c'est que ce film était ambitieux. En effet le montage initial devait durer près de 3 heures et constituer une véritable fresque mafieuse, on sent clairement l'influence de films tels que "Le Parrain".
    Pour diverses raisons il en résulte un montage de 102 minutes donc beaucoup plus court. Évidemment cela se ressent et il serait intéressant un jour de pouvoir découvrir la première version.
    On a donc affaire en l'état à un polar bien tendu mais auquel il manque des moments de répit. Je trouve néanmoins le travail sur la temporalité vraiment intéressant, montages alternés se succédant aux montages parallèles et vice-versa. "Les Lyonnais" évoque tout un pan fascinant du cinéma de grand banditisme français.
    Les amateurs du cinéma de Oliver Marchal ne seront pas dépaysés. Se succèdent devant sa caméra des gueules plus burinées les unes que les autres et qui forment un casting très riche. Gérard Lanvin est incroyable dans ce rôle de truand repenti. On ressent à travers son jeu tout le respect qu'il dégage ainsi que l'importance des valeurs qui sont chères à son personnage et propres à sa culture gitane. Valeurs qui semblent avoir disparu chez ces nouveaux bandits qui n'hésitent pas par exemple à défourailler dans un hôpital. Les scènes d'action sont ainsi toujours aussi marquantes.
    On a donc affaire à une petite fresque qui ne glorifie pas ces truands mais se place juste au plus près d'eux et les filme à hauteur d'homme.
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    La Grève (1925)

    Stachka

    1 h 35 min. Sortie : . Muet et drame.

    Film de Sergueï Eisenstein avec Maxime Strauch, Yudif Glizer, I. Ivanov

    Découverte.

    "La Grève" faisait initialement parti d'un projet de sept films proposé par Eisenstein au Proletkult intitulé "Vers la dictature", celle du prolétariat. L'idée était de construire un cycle qui convergeait vers la révolution d'Octobre, celle-ci aurait du par ailleurs constituer l'ultime film de la série. Au final un seul épisode sera réalisé, "La Grève" en 1924.
    Qu'en est-il du film en lui-même ? Et bien c'est un fabuleux tour de force et un chef d’œuvre ( je me demande si je ne l'ai pas préféré à "Le Cuirassé Potemkine" ) qui marque non seulement le style d'Eisenstein mais également le cinéma soviétique dans son ensemble. Images surréalistes, rapidité et précision du montage, frontalité et violence des images... C'est bien l'apanage de ce cinéma.
    Eisenstein utilise un certain nombre de techniques et trucages, des fragmentations de l'écran ou surimpressions qu'il abandonne d'ailleurs pratiquement par la suite. En cela on peut rapprocher le film du Kino-pravda et du cinéma de Vertov. Ce-dernier détestait pourtant le cinéma d'Eisenstein et l'accusait de faire du cinéma irréaliste, fictionnel et spectaculaire. En effet il ne cherche pas à restituer le réel mais à labourer le psychisme du spectateur et à l'éduquer ou le rééduquer, d'où le concept de son cinéma le "ciné-poing" qui vient fracasser les crânes. Il n'y pas de héros excepté la masse qui est pris comme un personnage collectif.
    Une autre caractéristique est l'utilisation du "typage" héritée de la Commedia dell'Arte afin de créer des personnages immédiatement reconnaissables dans le montage rythmé ( le fier et bel ouvrier bras croisés symbolisant la valeureuse grève, le gros capitaliste solitaire et détestable...).
    Eisenstein dresse aussi ici une idée de résistance contre une oppression qui n'a pas de nom et qui est sociale. Il faut lutter contre la faim et les désastreuses conditions de travail là où ses prochains films seront plus orientés idéologiquement.
    En bref un film poignant, violent et frontal.

  • Le Journal de Gloumov (1923)

    Dnevnik Gloumova

    5 min. Sortie : 1923.

    Court-métrage de Sergueï Eisenstein avec Grigori Alexandrov, Aleksandr Antonov, Sergueï Eisenstein

    Découverte.

    Le court-métrage "Le journal de Gloumov" est la première œuvre filmique de Sergueï Eisenstein. Il s'insère dans la pièce de théâtre "Un homme sage" d'Alexandre Ostrovski et était donc diffusé avant la représentation. Le but était de représenter les pensées de Gloumov mais il semble notamment qu'Eisenstein évoque la Première Guerre mondiale et les spéculateurs ainsi que les prémices à cette époque du nazisme. C'est aussi la première manifestation de son approche de la théorie du cinéma, il publiera peu de temps après son texte "Le montage des attractions" dans la revue Lef.
    On a donc une petite esquisse du travail formel du cinéaste que ça soit au niveau du montage ou des diverses techniques.
  • Le cirque des vampires (1972)

    Vampire circus

    1 h 27 min. Sortie : .

    Film de Robert Young (II) avec Adrienne Corri, Thorley Walters, Anthony Higgins

    Découverte.

    "Le cirque des vampires" ne fait à mon sens clairement pas parti des meilleures productions de la Hammer même si le métrage a le mérite de posséder quelques qualités indéniables.
    Un des éléments les plus notoires est le caractère éminemment transgressif de l’œuvre tel que nous l'évoque Alain Schlockoff. Dans les années 1970 l'épouvante gothique n'est plus à la mode et la Hammer tente de se renouveler notamment par de la violence et de l'érotisme plus explicites.
    Il y a ainsi des séquences évoquant la pédophilie, les vampires toujours très érotisés ( les acteurs interprétant le comte Mitterhaus et son cousin Emil semblent tout droit sortir d'un obscur porno bulgare ) n'hésitent pas à s'attaquer à des enfants tandis que d'autres se livrent à des relations incestueuses. La séquence mettant en scène une femme félin ( elle semble d'ailleurs être entièrement nue ) s'inscrit dans le même registre bien qu'offrant une tonalité assez surréaliste au film puisqu'elle n'a pas de réelle utilité.
    C'est le principal reproche que j'adresserais au film, il est trop décousu. Ainsi il y a bon nombre de séquences intéressantes notamment lorsque les vampires voyagent à travers les miroirs ou les transformations de ceux-ci en animaux. Impossible alors de ne pas penser alors aux classiques fantastiques de Jacques Tourneur. Mais ces séquences manquent de réel liant et l'intérêt s'estompe au fil du visionnage.
    J'aime bien sinon le fait de mêler l'univers des vampires avec celui du cirque pour en dégager un mysticisme commun peuplé de vrais freaks.
    Esthétiquement le film s'inscrit dans la tradition de la Hammer et parvient même à masquer le relatif petit budget grâce au travail sur le montage et à la réalisation de Robert Young qui signe alors son premier vrai long-métrage.

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    Conversation secrète (1974)

    The Conversation

    1 h 53 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Francis Ford Coppola avec Gene Hackman, John Cazale, Allen Garfield

    Découverte.

    Le chef d'oeuvre et meilleur film de Francis Ford Coppola selon Jean-Baptiste Thoret. Tourné entre les deux premiers opus de la trilogie "Le Parrain", le métrage était un projet essentiel de Coppola qui voulait déjà le réaliser quelques années au préalable.
    Gene Hackman interprète Harry Caul un professionnel de l'écoute, un "plombier" chargé d'enregistrer et de restituer une conversation entre deux inconnus apparemment banale mais qui semble au fur et à mesure dévoiler des éléments bien plus intrigants.
    Le film est un sommet du thriller paranoïaque, dépeignant parfaitement l'ambiance de cette Amérique vacillante et qui semble avoir perdu ses valeurs à cette période. On songe évidemment au scandale du Watergate. On est vraiment dans cette partie du Nouvel Hollywood la plus sombre. Tout est gris et froid et les personnages semblent être plus morts que vifs, à l'image du névrosé Harry Caul. Cependant tout est retenu et d'une certaine manière refoulé jusqu'à la scène finale où le personnage pète littéralement les plombs en imaginant être sur écoute. Impossible donc de réellement apprécier les protagonistes.
    "Conversation secrète" est donc un film qui déroute par la représentation de cette Amérique décadente et du fait de son côté anti-spectaculaire mais qui m'a personnellement beaucoup plu. La mise en scène de Coppola très posée souligne parfaitement le propos de ce film, elle en est même contaminée par celui-ci et il en jaillit des séquences particulièrement impressionnantes. Je pense à l'ouverture et son plan large aérien qui se resserre, traduisant toute la précision et la méticulosité du travail de Harry Caul ou bien les travellings successifs emplis de mélancolie et de tristesse lorsque celui-ci se confie pour la première fois ou bien lorsqu'il joue du jazz dans son appartement dévasté.
    Le twist final est saisissant et suggère que tout était planifié depuis le début, Hackman devient donc victime d'une machination. Impossible alors de ne pas établir une filiation avec le cinéma d'Alfred Hitchcock.
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    L'Orphelinat (2007)

    El Orfanato

    1 h 46 min. Sortie : . Drame, fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de J. A. Bayona avec Belén Rueda, Fernando Cayo, Geraldine Chaplin

    Découverte.

    Récompensé lors du festival du film fantastique de Gérardmer en 2008, "L'Orphelinat" ne propose pourtant rien de bien transcendant.
    Guillermo Del Toro est cette fois ci à la production de ce film espagnol qui est la première réalisation de Juan Antonio Bayona. On ressent clairement la patte du réalisateur mexicain et l'influence qu'à pu avoir un film comme "L'Echine du Diable" dans la manière de mêler le fantastique au drame intimiste, le tout saupoudré d'épouvante.
    Il s'agit d'une histoire de fantômes somme toute assez banale qui croule sous les influences et sur laquelle Juan Antonio Bayona n'arrive pas à transposer une véritable identité et ne prend pas réellement de risques. Corseté dans les conventions du genre, il accumule les scènes déjà vues et dénuées d'originalité. J'ai eu ainsi l'impression de voir la copie d'un premier de classe studieux, c'est très propre mais trop formaté.
    A contrario il est bien plus efficace pour montrer la souffrance d'une mère en proie à la disparition de son fils notamment grâce à l'incroyable interprétation de Belén Rueda qui se donne corps et âme. La maternité dans tous ses excès qui ira jusqu'à faire appel à une médium dans une séquence intéressante ( travail sur le son et le montage ) et qui évoque ainsi la thématique convenue du conflit entre rationalité et croyance.
    Un film à mon sens pas désagréable mais qui manque clairement d'identité et ne justifie pas toutes les critiques dithyrambiques qu'il a reçues.
    Cela dit je ne connais pas du tout le genre du fantastique espagnol et il serait intéressant de l'étudier plus en détails afin de mieux contextualiser le film.
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    Blind Woman's Curse (1970)

    Kaidan nobori ryū

    1 h 25 min. Sortie : . Action, policier et Épouvante-horreur.

    Film de Teruo Ishii avec Meiko Kaji, Hoki Tokuda, Makoto Satô

    Découverte.

    Teruo Ishii, voilà un nom que je n'avais jamais ouï dire. C'est un réalisateur plutôt méconnu en Occident mais célèbre au Japon et spécialiste du genre ero guro (grotesque érotique).
    Il signe en 1970 "Blind Woman's Curse", un film resté longtemps invisible qui a alimenté les fantasmes des cinéphiles de tous horizons.
    Le générique très esthétisé ( magnifique au demeurant ) annonce un probable chanbara classique mais c'est mal connaître Ishii qui en bon iconoclaste qu'il est va mettre en scène un véritable maelstrom cinématographique orienté vers une recherche visuelle continue.
    Ainsi le film insère très tôt des éléments fantastiques dans son récit. L'évocation tout d'abord du mythe du kaibyo, la femme-chat vampire ou bien encore la séquence dans le théâtre, repère de transgressions en tout genre. Le scipt culmine ainsi en évoquant le fantastique et le glauque à travers le personnage de Tatsumi Hijikata qui incarne un bossu difforme. Il faut savoir que l'acteur est l'inventeur du buto : la "danse du corps obscur" et sa performance imprègne son personnage mais également le film tout entier qui mérite presque le visionnage rien que pour ça. On a donc tout un pan du folklore et de la mythologie nippone qui sont évoqués.
    Brassage des mythes mais également des genres, chanbara et film fantastique comme nous l'avons dit mais également film de yakuzas ( ninkyo eiga, où le monde des yakuzas est idéalisé et formaliste ) au féminin. Il y a clairement une influence de Sergio Leone dans la mise en scène et l'iconisation de ce microcosme. L'introduction et le duel final très esthétisé dans un décor somptueux en sont témoins. C'est sûrement une grosse inspiration pour le "Kill Bill" de Quentin Tarantino.
    La plus grande réussite du film réside justement dans ce duo de femmes qui s'affronteront dans le dit duel, le climax. Je connaissais Meiko Kaji pour sa performance de sabreuse vengeresse dans le diptyque "Lady Snowblood" mais elle a ici un rôle encore plus travaillé et en retenue, lui permettant d'utiliser toute l'étendue de son talent.
    Le personnage de la combattante aveugle est quant à lui badass à souhait et ne vit que pour se venger.
    Il y a tellement d'idées qui foisonnent et jaillissent dans ce film certes de façon chaotique mais le tout est tellement généreux qu'il serait vraiment dommage de s'en priver.
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    Le Pont des espions (2015)

    Bridge of Spies

    2 h 21 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Tom Hanks, Mark Rylance, Scott Shepherd

    Découverte.

    https://www.senscritique.com/film/Le_Pont_des_espions/critique/133027763

    Impossible de poster mon avis ici car il était trop long.

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    Kin : Le Commencement (2018)

    Kin

    1 h 43 min. Sortie : . Action, science-fiction et thriller.

    Film de Josh Baker et Jonathan Baker avec Myles Truitt, Jack Reynor, Dennis Quaid

    Découverte.

    Que c'est mauvais, j'ai eu l'impression de voir le pilote d'une piètre série Netflix. Vendu comme une œuvre de science-fiction, on décelait par ailleurs déjà le pompage de style de Lucas ou Spielberg, "Kin : le commencement" est en réalité un banal film de gangsters faussement sombre saupoudré d'un petit côté road movie qui pompe en réalité "Terminator 2" ( bon c'est Cameron mais ça revient au même ).
    On assiste simplement à une longue exposition où les séquences de dialogues inutiles se succèdent avant un sursaut final où les scénaristes ont quand même du se dire qu'il fallait raconter quelque chose. Manque de pot en plus d'être totalement prévisible, la fin est juste loupée et le climax décevant malgré l'apparition d'un guest.
    Le casting n'aide guère le film à se rattraper, pour la majeure partie en totale roue libre. Le jeune Myles Truitt est surtout là pour essayer de surfer sur la vague communautariste de notre société et le succès entre autre de "Black Panther".
    On est vraiment dans le degré zéro de l'ambition et de l'efficacité, malgré une mise en scène cinégénique mais finalement très maniérée des frères Baker. En somme un beau ratage et un blockbuster bien fainéant. D'ailleurs j'ai une question existentielle qui me hante depuis le visionnage messieurs les producteurs, bordel Kin c'est quoi ou qui dans le film ??
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    Bag Man (2014)

    12 min. Sortie : .

    Court-métrage de Jonathan Baker et Josh Baker

    Découverte.

    "Bag Man" est le court-métrage des frères Baker qui est à l'origine de "Kin : le commencement". On retrouve peu ou prou les mêmes ingrédients que dans ce-dernier : le gamin noir solitaire vivant dans un modeste cadre social, la famille monoparentale ( ici c'est la mère ), l'arme futuriste, la confrontation avec les gangsters... A ceci près qu'il semble y avoir un sous-texte religieux dans le court, du moins c'est comme ça que je l'ai perçu.
    Le gamin peut être ainsi vu comme une sorte d'inquisiteur qui abat froidement les truands ( dont un de dos ).
    Niveau réalisation on retrouve ce côté contemplatif et lancinant que les frères Baker développeront dans "Kin".
    C'est pas folichon mais on se dit que ça aurait pu ouvrir la porte à une toute autre adaptation qui aurait embrassé tout le potentiel mythologique de l'arme et accouché d'un vrai truc bien généreux. Mais non.
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    Mon inconnue (2019)

    1 h 58 min. Sortie : . Comédie romantique, comédie et fantastique.

    Film de Hugo Gélin avec François Civil, Joséphine Japy, Benjamin Lavernhe

    Découverte.

    "Mon inconnue" mêle intelligemment la romance et la comédie avec un brin de science-fiction, celle-ci est présente avec parcimonie mais illustre bien le film. Il est ainsi plaisant de voir un tel essai dans une production française.
    La romance s'établit sur une variation de "Un jour sans fin", François Civil incarne un jeune homme propulsé dans une sorte d'autre espace-temps, où il n'a pas connu de réussite sociale et financière et où surtout il n'a pas rencontré la femme de sa vie. Une brillante idée dont jaillit un potentiel comique parfaitement maîtrisé malgré un début peut être un peu poussif ( François Civil et Benjamin Lavernhe en lycéens c'est quand même peu crédible vu leur âge ).
    Reposant sur le duo François Civil/Joséphine Japy ( acteurs que je découvre personnellement ici ) dont l'alchimie et le parfait accord rayonnent. "Mon inconnue" parvient à être drôle et touchant à la fois et beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît, traitant notamment de la thématique du couple et des sacrifices inhérents à une certaine réussite sociale, sacrifices souvent opérés par la femme. Le jeu de l'amour et du hasard où on apprend à redécouvrir l'autre et à s'intéresser à nouveau à lui. C'est beau, subtil et délicatement mis en scène par Hugo Gélin.

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    Lukas (2018)

    1 h 22 min. Sortie : . Action.

    Film de Julien Leclercq avec Jean-Claude Van Damme, Sami Bouajila, Sveva Alviti

    Découverte.

    Le retour des Muscles from Brussels sur grand écran. La carrière de notre ami JCVD est souvent perçue comme un gros gâchis. Il fut un temps dans les années 1980-1990 où il était une superstar du cinéma d’action et remplissait les salles avant de s'enfermer dans d'obscurs DTV. En 2018 déboule ce "Lukas", coproduction franco-belge réalisée sans grande promotion médiatique. C'est pourtant un polar bien sympathique et somme toute exigeant. En effet, le film de Julien Leclercq est un long métrage sombre et réaliste où JCVD est emmené sur un nouveau terrain ( à l'instar de ce qu'il faisait avec Ringo Lam par exemple ). Il ne donne ici jamais de coups de pied sautés circulaires, ne fait pas de grands écarts et n'est jamais torse nu. Les scènes d’action sont rares et chaque coup a un impact indéniable qui laisse des marques. Il en est de même pour le personnage qui doit sans cesse s'entraîner pour préserver son corps fatigué qui décline. La réalisation de Julien Leclercq est tendue et s'insère dans cette optique. Ainsi la photographie est poisseuse, désaturée et le rythme lancinant.
    Jean-Claude Van Damme est quant à lui très bon et toujours juste dans ce rôle où il traine un passé trouble et un métier difficile l'exposant à l'univers de la nuit, à sa débauche et sa violence. Avec "Lukas", Julien Leclercq signe un polar classique mais honnête et porte un regard attendrissant sur l'acteur belge qu'on a trop souvent raillé à tort. En tant que fan, cela fait plaisir et donne envie de se replonger dans sa carrière. La démarche me rappelle "Blood Father" de Jean-François Richet avec Mel Gibson. Un bel hommage à la série B en tout cas.
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    Joker (2019)

    2 h 02 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Todd Phillips avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz

    Découverte.

    Dans une période où tous les films de super-héros sont formatés et se ressemblent, voila que débarque "Joker". Je dois dire que les univers étendus c'est pas trop mon truc, par conséquent un film qui se suffit à lui-même ça me plaisir !
    Le choix d'octroyer la réalisation à Todd Phillips était surprenant et me rendait sceptique, n'étant pas fan de ses comédies grasses et potaches.
    Le postulat met en scène Gotham City, qui n'a de fictif que son nom tant l’œuvre a vocation de s'inscrire dans une tonalité réaliste. La ville est misérable, crade. Le peuple est aux abois et inaudible dans les médias, les riches sont dans leur bulle. Bref la société est en totale décrépitude et au bord de l'implosion. L'esthétique générale nous renvoie au Nouvel Hollywood dont l'influence est revendiquée ainsi qu'à l'underground new-yorkais de Ferrara et compagnie. On a affaire à une véritable étude de caractère qui renvoie aux films typiques de cette période notamment "Taxi Driver" de Martin Scorsese tout en s'inscrivant dans un contexte contemporain en balayant nos questions sociétales telles que les disparités grandissantes entre classes pauvres et riches ainsi que le discours des politiques modernes, Thomas Wayne peut être perçu comme un croisement entre Donald Trump et Emmanuel Macron. Impossible lorsqu'on voit les émeutes de clowns de ne pas songer aux mouvements de masse qui ont frappé nos sociétés récemment.
    Le métrage est clair, en abandonnant ainsi une partie de la population dans la misère, on créé toute une génération de monstruosités. Le Joker ici n'est qu'une émanation et un catalyseur de la violence de la société. Mais comme nous le disions l’œuvre est davantage une étude d'un personnage qu'un pamphlet politique. Joaquin Phoenix est très bon dans ce rôle, il est atteint d'une pathologie neuronale qui lui déclenche des crises de fou-rires infernales. La force est de le rendre tour à tour émouvant puis terriblement inquiétant. On ressent de l'empathie pour lui puis du dégout et de l'indignation.
    "Joker" est donc un bon film même si je ne serais pas aussi dithyrambique que certaines critiques car il comporte des défauts notamment un gros manque de subtilité dans certaines séquences. Son succès fait néanmoins plaisir car on a une vraie proposition de cinéma et non juste un déferlement d'effets numériques. Malgré tout il souffre de la comparaison avec ses illustres modèles.
  • Laura (1944)

    1 h 28 min. Sortie : . Film noir.

    Film de Otto Preminger avec Gene Tierney, Dana Andrews, Clifton Webb

    Découverte.

    Un gros classique du film noir que je n'avais jamais vu, moi qui adore pourtant le genre. "Laura" est un fascinant chef-d'œuvre qui mêle aussi le mélodrame et le thriller. Le tout est assez atypique et marque la rencontre du polar hard boiled américain par excellence ( représenté par le personnage du détective ) avec le roman d'énigmes britannique type Agatha Christie ( le flegmatique Waldo Lydecker ).
    Malgré une production chaotique le film est un modèle d'accomplissement. L'écriture est réglée comme du papier à musique et chaque personnage important bénéficie d'un développement suffisant pour rendre l'intrigue riche et crédible ( mention spéciale à Vincent Price utilisé ici totalement à contre-courant mais avec une redoutable efficacité ). Tout coule de source et est ancré dans une remarquable cohérence d'ensemble. Une œuvre fascinante donc, fascinante dans ce que les personnages du film ressentent pour Laura, véritable pivot et centre de toutes les attentions. Elle déchaîne les passions et ne laisse personne indifférent, notamment le détective qui ne l'a jamais connue. Tous sont captés par le rayonnement et le magnétisme d'une Gene Tierney plus belle que jamais et vraie femme forte, libre et indépendante. Cette fascination nécrophile est d'ailleurs une des clés du film, parfaite métaphore du rapport entre un spectateur de cinéma et l’œuvre projetée. Quelle brillante idée de Preminger d'avoir construit ceci sous forme d'analepses et de représentations indirectes ( le portrait de Laura par exemple ).
    A ceci s'ajoute une vraie réflexion sur les théories freudiennes de éros et thanatos. Le personnage de Clifton Webb, faible physiquement et pas spécialement attirant jalouse la virilité des différents amants de Laura. Virilité qu'il ne semble trouver que momentanément dans la séquence finale lorsqu'il est armé d'un fusil qui est le substitut phallique.
    Tout cela est emballé dans une forme très léchée et un très beau noir et blanc signé Joseph LaShelle alors débutant.
    Rien à dire, un très grand film.
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    Le Septième Sceau (1957)

    Det sjunde inseglet

    1 h 36 min. Sortie : . Drame et fantastique.

    Film de Ingmar Bergman avec Max von Sydow, Gunnar Björnstrand, Bengt Ekerot

    Nouveau visionnage.

    Le premier Bergman que j'ai découvert à l'époque et qui ne m'avait pas pleinement convaincu malgré de vrais instants de grâce. Je dois dire que quelques années plus tard je l'ai bien plus apprécié.
    « Le septième sceau » s'ouvre sur la rencontre entre un chevalier nommé Antonius Block revenant des croisades (Max von Sydow ) et la Mort venue le chercher, cela aboutit sur cette fameuse partie d'échecs qui offre un sursis au croisé.
    Son retour au pays au cœur d'une Suède ravagée par la peste et la chasse aux sorcières est l'occasion de se confronter aux habitants, tous en proie à la peur et la folie. Évidemment cette juxtaposition de tous ces éléments est anachronique mais Bergman n'en a que faire. Comme disait Alexandre Dumas : « On peut violer l'histoire à condition de lui faire de beaux enfants ».
    Cette époque sombre et brutale est parfaitement retranscrite par une ambiance extrêmement pesante et l'utilisation d'un noir et blanc très contrasté. Chaque coup de la partie d'échecs est comme la manifestation d’une nouvelle attitude face au néant et les scènes traduisant la dureté du siècle se succèdent. Il subsiste malgré tout une fraîcheur de vivre et une candeur incarnée par ce couple de troubadours qui seront les seuls survivants.
    Antonius Block, dépassé par les événements et spectateur d'un monde qu'il ne reconnaît plus doit composer avec la venue de la Mort comme nous l'avons dit. La partie d'échecs est une allégorie de son combat pour préserver son existence. Désillusionné par la guerre qu'il vient de mener, il ne désire dans ses derniers instants plus qu'une chose, accéder au savoir. Dieu existe-t-il ? Si oui pourquoi ne se manifeste-t-il pas? Et le Diable, est-il présent dans les yeux de cette sorcière que l'on s'apprête à emmener au bûcher ? Questionnant les différents protagonistes du film, c’est finalement la Mort qui lui délivre la réponse ultime, à savoir qu'il n’y en a pas.
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