Ousmane Sembène - Commentaires

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4 films

par Thaddeus

Il est considéré comme le père fondateur du cinéma africain. Sa personnalité phare, sa conscience intransigeante, son passé d’homme de plume en ont fait un artiste central pour tout un continent. Ces quelques films témoignent de la force d’engagement et de l’esprit tantôt amer, tantôt virulent, tantôt caustique d’un réalisateur pour qui les films ont leurs propres lois, et dont la tolérance se fortifie d’ironie et d’humanisme.

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1. Moolaadé (2004)
2. La Noire de… (1966)
3. Le mandat (1968)
4. Xala (1975)

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  • La Noire de... (1966)

    1 h. Sortie : 1966. Drame.

    Film de Ousmane Sembène avec Therese M'Bissine Diop, Anne-Marie Jelinek, Robert Fontaine

    Premier long-métrage issu de l’Afrique noire francophone, le lauréat du Prix Jean-Vigo 1966 raconte l’écroulement des rêves d’une petite bonne "importée" avec leurs autres bagages par un couple de coopérants français et découvrant que l’esclavage existe toujours, simplement déguisé par la bonne conscience du néocolonialisme. L’anonymat de la vie moderne, la réification des rapports sociaux entre patrons et employée y sont dépeints avec une simplicité rigoureuse qui se refuse à copier les modèles occidentaux, Sembène tentant de retrouver par le récit visuel l’art des griots, d’assumer l’héritage d’une culture orale, de se faire l’inventeur d’une nouvelle mémoire. Pudique et révoltant à la fois, son film concrétise ainsi son souhait d’introduire à la compréhension d’un univers qu’il s’agit de transformer.
  • Le Mandat (1968)

    Mandabi

    1 h 30 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ousmane Sembène avec Makhouredia Gueye, Younos N'Diaye, Isseu Niang

    Il suffit d’un simple mandat pour que se révèlent l’envie, l’hypocrisie et l’opportunisme. Le héros de cette fable à la Maupassant en fait l’amère expérience, plumé, arnaqué, pigeonné par des combines et mendigoterioes multiples, des chantages déguisés et de menues filouteries. Sous le sourire du conte africain, la palabre d’une comédie sur les illusions et la passivité des bonnes gens, le cinéaste dénonce les nouveaux profiteurs apparus avec l’indépendance (cadres administratifs corrompus, souvent revenus de France) usant et abusant du pouvoir de l’argent aux dépens des pauvres naïfs et illettrés. Il met ainsi à nu le présent tragique de son pays et parie sur l’avenir, au nom du bon sens du peuple, sans toutefois pouvoir le définir. La verve picaresque est piquante, le constat politique assez implacable.
  • Xala (1975)

    2 h 08 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ousmane Sembène avec Dyella Toure, Miriam Niang, Douta Seck

    Mascarade à Dakar. Le soir de son mariage avec sa troisième épouse, un grand bourgeois se découvre subitement impuissant. Consultation de marabouts, déchéance et humiliations… Ce dont il souffre est bien sûr une métaphore du mal socio-économique qui ronge des élites corrompues trahissant les traditions qu’elles prétendent incarner. L’auteur ne s’embarrasse pas de finasseries, il jette les pavés dans la mare, avec l’espoir que les éclaboussures atteignent le plus grand nombre. Fable sur les différences, les rapports, les antagonismes de classes, sa satire décapante des milieux d’affaires et des mœurs politiques est sans doute un peu pesante. Elle n’en rend pas moins prégnantes les situations quotidiennes et renvoie une image fidèle, non seulement d’un pays africain, mais aussi du Tiers Monde.
  • Moolaadé (2005)

    2 h 04 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ousmane Sembène avec Fatoumata Coulibaly, Maîmouna Hélène Diarra, Salimata Traoré

    Pas de schématisme ni de fioritures, pas de démonstration forcée mais un langage simple, direct, immédiat, qui donne à comprendre un problème majeur en Afrique. Si Sembène se positionne sans ambigüité contre l’excision, son propos n’en est pas moins des plus subtils quant à l’état des sociétés où cette coutume archaïque sévit encore. Chacune des stations du martyre, chaque bataille de la guerre civile qui oppose tradition et modernité devient une tragédie dans la tragédie et exaspère la tension dramatique. Le soin des cadrages, la sensation des lumières, le chatoiement des couleurs, tout ici est lié dans un même chant vibrant à l’émancipation des femmes, jusqu’aux scènes conclusives de frénésie libératrice ajoutant aux registres de la ferveur, de la dignité, de la douleur, du combat, celui des larmes.