Pérégrinations littéraires : été 2015

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8 livres

par Marius Jouanny

Je ne lis malheureusement pas assez de livres dans l'année (la BD et le cinéma dominent constamment) mais chaque été, je privilégie la littérature, plus facile à transporter, donc plus propice aux voyages et aux vacances...

Cette sélection est assez variée, j'espère pouvoir me targuer de tous les avoir lu d'ici septembre... Liste par ordre chronologique de lecture.

Version 2016 : http://www.senscritique.com/liste/Peregrinations_litteraire_ete_2016/1338991

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  • Le Banquet

    Sumpósion

    Essai et philosophie.

    Livre de Platon

    Voir critique.
  • Le Mythe de Sisyphe

    Sortie : 1942. Essai et philosophie.

    Livre de Albert Camus

    Certainement pas l'oeuvre idéal pour s'attaquer à Albert Camus. Je pensais que lire un essai explicite et personnel sur ses idées (qui plus est un des premiers qu'il a écrit) me permettrait de mieux comprendre par la suite des récits comme "L'Etranger" ou "La Peste". Il n'en est rien, sa réflexion sur l'absurdité est pour moi embrumée dés le premier chapitre. Notamment à cause de références qui me sont inconnus, et de raisonnements sûrement trop éparpillés. Il faudra que je m'y replonge après avoir lu d'autres livres plus accessibles de l'auteurs.

    Du coup, je me réserve "L'Etranger" à lire d'ici la fin de l'été...
  • Alcools (1913)

    Sortie : 1913. Poésie.

    Livre de Guillaume Apollinaire

    Voir critique.
  • 1984 (1949)

    Nineteen Eighty-Four

    Sortie : . Roman et science-fiction.

    Livre de George Orwell

    Difficile de parler de 1984 tellement l'oeuvre est culte et déterminante dans la littérature de science-fiction. Le fait que ce roman soit le plus adulé du site n'aide pas non plus. L'écriture est en tout cas parfaitement imagée et captivante, même si je regrette que la traduction semble faire perdre à certaines métaphores de leur richesse poétique.

    Orwell, en 400 pages, dépeint un univers distopique terrifiant, riche et profond. Décrivant la dérive totalitaire d'une société, il dénonce l’oppression de la classe dirigeante sur le reste du peuple, donnant à son roman un certain goût d'authenticité (terrifiant, vous dis-je !) et amenant le lecteur à se poser des questions sur son propre monde, qui pourrait avoir quelques similitudes avec celui de "1984".

    L'auteur s'attaque aussi au désir humain, primitif et unique, irrésistible et immuable, mais pourtant destructible, contre toute attente.

    Mais ce qui fait du livre un chef-d'oeuvre, c'est aussi pour sa réflexion sur l'individualisme, l'engourdissement des consciences, qui fait encore plus écho à notre société actuelle. Il prône l'importance du passé pour construire le futur, dans un monde qui n'a ni passé, ni présent, ni futur. Son propos s'étoffe en court de route par le chapitre d'un essai critique sur le fonctionnement de l'Océania dirigée par Big Brother. Et il nuance enfin sa réflexion avec une fin bouleversante et inattendue, qui pour le coup se démarque de la plupart des histoires distopiques qui se sont inspirés de "1984" (je n'en dirais pas plus, je ne veux pas spoiler).
  • Minority Report et autres récits (1956)

    The Minority Report

    Sortie : janvier 1956. Science-fiction et recueil de nouvelles.

    Livre de Philip K. Dick

    Si la réflexion de Phlilip K. Dick et son intrigue sont parfaitement développés, sa brièveté est presque frustrante. L'idée de la police Précrime est tellement forte qu'une nouvelle ne suffit clairement pas à en exploiter tout le potentiel. L'adaptation au cinéma de Spielberg n'en est que plus légitime et bienvenue. "Minority Report" se lit donc très vite, mais le récit, l'univers et les personnages n'en sont pas moins captivants. Le doute constant sur les véritables intentions des diffèrents protagonistes qui gravitent autour d'Anderton par exemple, rend la lecture passionnante. Les thèmes abordés enfin, font de cette nouvelle un segment important dans l'oeuvre de K. Dick : en montrant une police arrêtant les criminels avant qu'ils aient commis l'acte fatal, l'auteur questionne la légitimité de la justice, et dénonce ses dérives. La condamnation d'innocents est-elle nécessaire pour faire régner l'ordre ?
  • Souvenirs à vendre

    We can remember it for you wholesale

    Sortie : avril 1966. Recueil de nouvelles.

    Livre de Philip K. Dick

    L'implantation de faux souvenirs dans la tête de quelqu'un et la manipulation de la pensée en générale ne sont pas des thèmes de science-fiction particulièrement originaux, mais K. Dick arrive à en faire un récit prenant, sans toutefois être surprenant. D'"Eternal Sunshine of the spotless mind" à "Inception", le cinéma a repris cette idée avec nettement plus d'ambition, et on imagine mal que ce soit seulement la nouvelle de K. Dick à l'origine de cette inspiration collective.

    Si "Souvenirs à vendre" n'est pas un récit d'une grande subtilité, il n'en reste pas moins plaisant à lire, et regorge toujours des trouvailles de l'auteur pour étoffer la narration.
  • L'Étranger

    Sortie : 1942. Roman.

    Livre de Albert Camus

    Au -delà de montrer du doigt l'illégimité de la peine de mort, "l'Etranger" dresse un portrait effrayant et effarant, celui d'un homme indifférent du monde qui l'entoure. Pleinement conscient de la futilité de la vie, il la subit sans malheurs, sans bonheur, seulement avec une passivité complaisante et vide. Ce n'est que lors d'une nuit précédant son exécution qu'il se révolte de l'absurdité existentielle chère à Camus, et sort enfin de sa torpeur. On en vient alors à s'émouvoir d'un homme qui jusque-là ne pouvait inspirer qu'indifférence.

    Avec sa narration à la première personne et ses discours narrativisés, l'écriture aride de Camus est en adéquation à son sujet. Certains passages, comme l'enterrement, le meurtre de l'arabe, et la visite de l'aumonier notamment, sont d'une grande force littéraire, détaillés, sensuels et percutants. L'atout principal de ce livre est finalement de remuer les tripes du lecteur pour un homme qui parait franchement inhumain. On finit meme par comprendre ses réactions, sa manière de penser, sans en aucune manière la partager.
  • Madame Bovary (1857)

    Sortie : 1857. Roman.

    Livre de Gustave Flaubert

    Je ne m’étendrais pas outre mesure sur ce chef-d'oeuvre de la littérature française : tout a été dit dessus et je suis parti pour l'étudier jusqu'à janvier prochain, donc on va la faire court.

    Flaubert signe ici avant tout un roman psychologique d'une très grande subtilité, lucide à toutes épreuves. Aucune facilitée n'est usée ici, si ce n'est celle de la caricature (réussie) et de la moquerie pour certains personnages secondaires. C'est d'abord les tourments d'Emme qui passionnent tout au long du roman, et dressent une vision de l'amour torturée, jamais rassasiée. En ce sens, on peut dire qu'il y a du Flaubert dans le cinéma de Sofia Coppola, insufflant à ses films une atmosphère d'ennui et de déprime sans pour autant que le spectateur en sorte ennuyé ou déprimé.

    Même les longues descriptions de lieux emportent mon adhésion tellement le style de l'auteur est soigné, millimétré, sans être dépourvu d'émotion, bien au contraire. C'est cela aussi, "Madame Bovary" : un roman austère qui, par les détours enivrants de son récits et ses descriptions, ne manque jamais d'émouvoir le lecteur.