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7 films

par OVBC

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    Melancholia (2011)

    2 h 10 min. Sortie : . Drame et science-fiction.

    Film de Lars von Trier avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland

    Ophelia, Sir John Everett Millais (1851-1852) : http://www.tate.org.uk/art/images/work/N/N01/N01506_10.jpg

    "Ophélie avait quelque chose d'une révolution quand il a été exposé." (lien très recommandé à traduire : http://www.salon.com/2011/11/23/is_melancholia_a_feminist_film/)

    Ophélie est l’un des personnages principaux du Hamlet de Shakespeare. Elle devient folle de chagrin en apprenant que son père, Polonius, a été assassiné par Hamlet qu’elle aime passionnément. Ce dernier, croyant porter un coup fatal à un espion retranché derrière un rideau, engendrera sa propre tristesse et sa dérive. D'un côté comme de l'autre, cette situation est invivable. Alors elle se jette dans la rivière. Et pendant que l’eau imprègne lentement ses lourds vêtements de brocart, elle chante des cantiques pour passer le temps.

    John Everett Millais demanda à une jeune fille nommée Elizabeth Siddal de poser pour lui. Il l'installa dans une baignoire remplie d’eau chauffée par des lampes.

    Le modèle prit quand même froid et Millais dut s'acquitter des frais médicaux, exigés par le père de la jeune femme. La dette acquittée, Millais s'en alla chaudement vêtu sur les bords de la rivière Hogsmill, à vingt kilomètres au sud de Londres. Il y a fait ses croquis de pâquerettes, de pavots, de jacinthes, de lentilles d’eau, de pensées, etc. Ce fut le "plus ravissant paysage anglais hanté par le chagrin" selon John Ruskin, un poète et fervent soutien aux préraphaélites.

    "Il est un saule qui pousse en travers du ruisseau
    Et mire ses feuilles grises à la glace de l'onde.
    Elle en prit pour tresser de fantasques guirlandes
    D'oeillets des prés, d'orties,
    De pâquerettes et ces longues pourpres
    […]
    Là, quand, aux branches pendantes, ses couronnes fleuries
    Elle grimpa suspendre, un jet envieux céda
    Et ses trophées champêtres tombèrent avec elle
    Dans le ruisseau en pleurs. Sa robe s’est déployée,
    Et telle une sirène l’a portée un moment,
    […] Mais ce ne put être long,
    Et bientôt ses habits, lourds de ce qu’ils buvaient,
    Tirèrent la pauvresse de son chant mélodieux
    Vers une mort boueuse" (Hamlet, Shakespeare)

    Enfin, la référence post-ascétique du Dogme 95 à une peinture préraphaélite, une Ophélie debout, chez Von Trier provient de la vocation de l'auteur à aller contre tous les académismes. Profondément moral, ce mouvement avait pour dessein d'aller à contre-courant de la décadence instillée par la Révolution Industrielle.
  • Le Sacrifice (1986)

    Offret

    2 h 29 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Andreï Tarkovski avec Erland Josephson, Susan Fleetwood, Allan Edwall

    L'adoration des Mages, Leonard de Vinci, tableau inachevé (1482) : http://elchicofrances.eu/wp-content/uploads/2013/05/L%C3%A9onard-de-Vinci-LAdoration-des-Mages.jpg

    "Il me semble revenir en mémoire sur le tableau central du film,
    ce tableau de Vinci où un mage offre de l'encens à l'enfant jésus-christ.
    Il est un acte symbolique, une langue odorifère et baroque qui répand la grâce entre tous,
    l'espace et qui a le don de prendre nos cinq sens." (http://www.senscritique.com/film/Le_Sacrifice/critique/16887970)

    "La question que je pose dans ce film est à mon sens la plus aiguë : il s'agit de l'absence dans notre culture, d'un espace réservé à la vie spirituelle. Nous avons étendu l'espace des biens matériels, nous avons développé les expériences matérialistes sans nous rendre compte de la menace que cela faisait peser sur l'homme, en l'amputant de sa dimension spirituelles. Il en souffre et il ne sait pas de quoi il souffre. Il ressent un manque, une absence d'harmonie et il en cherche la cause.
    J'ai eu envie de montrer qu'on peut renouer avec la vie en restaurant l'alliance avec soi-même, en retrouvant une source spirituelle. Et pour acquérir cette espèce d'autonomie morale ou l'on cesse de considérer uniquement les valeurs matérielles, où l'on échappe au statut d'objet d'expérimentation entre les mains de la société, une voie parmi d'autres, est de s'offrir en sacrifice.

    Voilà donc un homme qui se sacrifie pour quelqu'un, qui comprend que pour se sauver, même physiquement, il doit absolument s'oublier lui-même, trouver un espace pour sa vie spirituelle, accéder à un autre règne. Même si dans le monde tel qu'il est, son acte parait absurde, même s'il est une épreuve pour son entourage, c'est en l'accomplissant qu'il prouve sa propre liberté.

    Ce film est une parabole poétique. (...) Est-il nécessaire de préciser que je suis croyant, que je m'étonne de ce suicide spirituel (et pas seulement spirituel) vers lequel nous courons, même lorsqu'un Etat ne nous y contraint pas" (Andreï Tarkovski)

    (http://unsognoitaliano.blogspot.fr/2011/07/le-sacrifice-andre-tarkovsky.html)
  • Bande-annonce

    À l'origine (2009)

    2 h 10 min. Sortie : . Drame.

    Film de Xavier Giannoli avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, SoKo

    Autoroute 28 :

    http://www.ouest-france.fr/sites/default/files/styles/image-article-detail/public/2013/09/27/en-sarthe-lautoroute-coupee-pour-abattre-un-cerf-dangereux.jpg

    C'est l'histoire d'un chantier et d'un contexte économique désespéré, manipulé par un escroc, du nom de Miller. Le chantier d'autoroute avait été abandonné sur décision administrative à cause de la présence, sur le tracé de la voie, d'une espèce de scarabée extrêmement rare et en voie d'extinction, le pique-prune.

    Miller, malgré l'escroquerie révélée au grand jour, poussa les ouvriers à achever les travaux et à n'en tirer aucun bénéfice.

    Si le film place l'intrigue, sur une imaginaire "A61bis", dans le Nord, près de Cambrai, la réalité se déroule en 1997 à Saint-Marceau dans la Sarthe. L'Histoire réelle est moins remarquable aussi.

    Philippe Berre, qui inspira grosso-merdo le personnage de Miller dans le film, écopera de 5 ans d'emprisonnement ferme. Son équipe n'est jamais intervenue sur le chantier. C'est important de le dire car il y a encore des rumeurs selon lesquelles un tronçon a été bel et bien réalisé, qu'il a été déclaré aux normes par la DDE et qu'il existe toujours.

    Le film et son personnage, véritable rival narcissique, inspirèrent à leur tour Berre pour accomplir certains abus et réquisition de carburant lors de la tempête Xynthia en mars 2010, en se présentant comme un fonctionnaire du ministère de l'agriculture et de la pêche.
  • Bande-annonce

    Crime Story (1993)

    Cheung ngon cho

    1 h 47 min. Sortie : . Action, policier et drame.

    Film de Kirk Wong et Jackie Chan avec Jackie Chan, Kent Cheng, Law Kar-ying

    La citadelle de Kowloon : http://3.bp.blogspot.com/-W_Qth_NcW4E/TxajlZZEqxI/AAAAAAAAAS8/NUlHVB-DsYk/s640/kowloon-walled-city-rubbish-alley.jpg

    http://swiftlifeachiever.files.wordpress.com/2012/01/interieur-koloon.jpg

    http://www.urbanity.biz/fotocubo/Kowloon_4.jpg

    Une petite citadelle résiste, encore et toujours à l'envahisseur... Lors de la partition conclue entre Chine et Royaume-Uni en 1898, une fois que tout le monde fut bien servi, il restait une petite enclave, aussi grande que deux grands stades de foot. Il était convenu, sans contrat toutefois, que la Chine pouvait y laisser des troupes et la population était alors de 700 habitants.

    Et ce fut ainsi jusqu'à la seconde guerre mondiale. Ensuite, la population était de 7000 habitants après la capitulation du Japon. Même détruite pendant la guerre, Kowloon est resté une cité qui n'a cessé d'abriter des habitants car elle échappait à toute juridiction. Kowloon est devenue à ce moment l'eldorado des pirates, des toxicomanes, des escrocs puis de la triade chinoise. Très vite, comme la police britannique ne pouvait pas entrer sur ce territoire sans créer un incident diplomatique, Royaume-Uni, Chine maoïste et autres seigneurs de guerre ont décrété une politique de laisser-faire.

    C'est un no man's land qui n'appartient et n'ait jamais appartenu à personne. C'était la propriété des gens qui y vivaient et qui y travaillaient dans d'obscures conditions. Tripots, usines clandestines, médecins radiés, restaurateurs de viandes de chien, maisons closes, salons d'opium et de cocaïne étaient les seuls maîtres à bord. La population s'est accrue pour atteindre 35 000 habitants. Sans qu'aucun n'architecte n'intervienne, l'ensemble ressemblait au début des années 80 à un unique bloc monolithique, parcouru d'un labyrinthe de couloir, éclairé en permanence par une lumière artificielle.

    Contrairement à ce qu'on peut penser, la criminalité était moins élevée à Kowloon que dans le reste de Hong Kong, alors devenue une ville riche et moderne. C'est surtout par son caractère insalubre que la cité faisait tâche. Alors en 1984, Chine et Royaume-Uni, suite au rachat (wtf ?), décidèrent d'un plan massif de relogement de 50 000 personnes, soit la densité de plus de 2 millions d'habitants au kilomètre carré. Le plan aura lieu à partir de 1991.

    En 1992, l'évacuation est achevée. C'est à cette période que Crime Story est tourné. En 1993, la démolition totale laissa la place à un parc zen et des vestiges en béton.
  • Bande-annonce

    La Bête humaine (1938)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jean Renoir avec Jean Gabin, Simone Simon, Fernand Ledoux

    La locomotive 021 231 - 1ère partie

    http://s3.e-monsite.com/2011/01/25/11/021-lison.jpg (1860)

    Dans le cadre de son roman "La bête humaine", Zola s'inspire d'une locomotive. Surnommée affectueusement "La Lison", la locomotive 021 a été construite vers 1880 par la Compagnie des Chemins ferrés de l'Ouest, en Haute-Normandie. Elle ne fut pas blasonnée mais porta le nom de sa localité d'affectation sise dans le Calvados. Certains normands comme moi voient dans cette "traçabilité" une certaine évocation corrélative de la folie congénitale chez Jacques Lantier. En effet, le Haut-Normand est plus respectable que le Bas-Normand. C'est d'ailleurs pourquoi lui est en haut et l'autre est en bas.

    Toujours est-il qu'en grand documentariste, Zola s'est appliqué à baser son roman sur cette locomotive. Plus personnellement encore, le mot même de locomotive m'interpelle : serait-elle le motif/ la motivation de la folie ? ( الواق ālwāq (« bête »), en arabe, a donné au vieil espagnol le mot "lauco", puis écrit aujourd'hui "loco" pour dire "fou").

    Il est indéniable de penser que Zola a mis de nombreux éléments symboliques dans cette locomotive.

    "C'était une de ces machines d'express, à deux essieux couplés, d'une élégance fine et géante, avec ses grandes roues légères réunies par des bras d'acier, son poitrail large, ses reins allongés et puissants, toute cette logique et toute cette certitude qui font la beauté souveraine des êtres de métal, la précision dans la force. Ainsi que les autres machines de la Compagnie de l'Ouest, en dehors du numéro qui la désignait, elle portait le nom d'une gare, celui de Lison, une station du Cotentin. Mais Jacques, par tendresse, en avait fait un nom de femme, la Lison, comme il disait, avec une douceur caressante.
    Et, c'était vrai, il l'aimait d'amour, sa machine, depuis quatre ans qu'il la conduisait."

    Donc "La Lison", à la fois abyme et miroir opaque, c'est une relation affective, une personnification de la machine, une machine qui a faim et que Jacques nourrit par des gestes machinaux et laborieux. C'est une machine qui est bonne avec lui et qui est passive, qui n'attend que lui pour vivre. C'est aussi une machine fantastique, aussi inquiétante que grotesque, dans la mesure où cette grosse Lison en veut toujours plus et qui a besoin d'être souvent graissée. Il y a, pour moi, l'idée que Jacques est bouffé de l'intérieur, sans s'en apercevoir, à force de lui donner sa vitalité. (...)
  • Bande-annonce

    Runaway Train (1985)

    1 h 51 min. Sortie : . Action, aventure et drame.

    Film de Andreï Kontchalovski avec Jon Voight, Eric Roberts, Rebecca De Mornay

    2ème partie

    http://wp.arte.tv/olivierpere/files/2013/09/picture-221.png

    Le train est autant un personnage qu'une force quasi autonome dans le livre. Il y a quelque inertie dans son fonctionnement interne qui concourt à la démesure, à sortir forcément des rails à un moment. La Lison peut s'avérer d'une puissance provoquant l'effroi et le désarroi des spectateurs qui la voit passer à vive allure. Ils deviennent alors passifs d'un spectacle où le progrès n'est plus maîtrisé. Dans ce goût pour l'incontrôlable, Zola tient alors un présage de la modernité à laquelle il faut veiller autant qu'il faut veiller à la société des hommes que la misère contraint à faire dérailler de génération en génération.

    Zola voit ce chemin faits de rails, de croisements dramatiques, d'aiguillages tragiques. Il nous montre le paradoxe du progrès : ce progrès améliore les conditions d'existence mais aussi peut démolir l'existence (on ne compte plus le nombre de fois où le sioniste d'avant-garde Zola associe le train à la mort).

    Dans Runaway Train, le chef de la centrale se questionne : "Comment est-il possible qu'avec toute cette technologie on ne puisse arrêter ce train ?"

    Certains accuseront la locomotive d'être la folie des humains, d'autres accuseront les humains tout court et encore d'autres percevront les intérêts qui ont conduit les humains à réagir comme tel.
    En tous cas, pour Jacques Lantier, si la "Lison" est une bête qu'il ne comprend pas tout à fait (les femmes, c'est du "made in china", on est au courant), il n'est nul hasard si ce roman repose sur une surenchère macabre, ajoutant ainsi à la consternation sociale de "L'assommoir". C'est la marche inéluctable du progrès : plus loin, plus beau, plus grand, plus puissant (cf. L'ange de l'Histoire de Walter Benjamin - liste nommée "INDUS").
    Jacques n'est pas que Jacques. Il n'est pas que le conducteur du train. La locomotive ne serait pas la vie si Jacques n'était point. Ces deux entités sont clairement le produit d'une volonté sociale qui dépasse, simplement le cadre du roman.

    Percevoir un grain de pessimisme, de technophobie ou d'accusation chez Zola envers les Lantier, c'est vraiment se méprendre sur la démarche de cet auteur plutôt dans "l'air du temps". Il exprime une volonté sociale qui va au détriment des humains mais qui paradoxalement va au profit d'immenses transformations sociales. C'est ce qu'il nous transmet au travers de cette bonne grosse femelle en chaleur à graisser qu'est "la Lison".
  • Bande-annonce

    Near Death Experience (2014)

    1 h 27 min. Sortie : . Drame.

    Film de Benoît Delépine et Gustave Kervern avec Michel Houellebecq, Marius Bertram, Benoît Delépine

    Une vieille caméra Panasonic et un maillot de cycliste.