TV shows (du meilleur au pire)

Avatar Scaar_Alexander Liste de

151 séries

par Scaar_Alexander

Comme le dit le titre... la liste ci-dessous est un fourre-tout de tout ce que j'ai pu voir/commencé à voir avant d'arrêter sur le plan de la fiction télévisuelle, à l'exception des trucs que j'ai oubliés parce que j'ai arrêté de regarder trop tôt. Cheers. (Fun fact : la série Cheers n'est pas incluse.)

Note : attention, spoilers !

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  • 1
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    The Shield (2002)

    45 min. Première diffusion : . 7 saisons. Thriller, policier et drame.

    Série de Shawn Ryan avec Michael Chiklis, Catherine Dent, Walton Goggins

    Adhésion immédiate à l'énergie d'une première saison hargneuse. Excitation de gamin face à la vitesse supérieure qu'opère la deuxième. Tension impitoyable au tournant de la cinquième. Orgasmicisation improbable (tellement on n'y est pas habitué) lors de son monumental series finale, soit le SEUL jamais réussi à 100% dans l'histoire des shows télé. Et au milieu ? Au pire, de l'entertainment solide et souvent inspiré. En gros, The Shield bute sa race de chez la mère au maire.
  • 2
    Bande-annonce

    Mad Men (2007)

    50 min. Première diffusion : . 7 saisons. Drame.

    Série de Matthew Weiner avec Jon Hamm, Elisabeth Moss, Vincent Kartheiser

    Après trois premières saisons d'une perfection sidérante, et une quatrième saison un chouilla plus bancale mais pas moins glorieuse, les errements des saisons 5 et 6 avaient marqué une baisse de qualité mineure, mais notable dans un show d'une telle qualité (il se passait toujours quelque chose d'intéressant et d'amusant, les dialogues étaient toujours aussi racés, mais les scénaristes semblaient avoir perdu le fil). La première partie de la saison 7, sans pour autant gommer notre inquiétude quant à la direction finale, a à la fois rassuré par le brio de ses situations, et... continué d'inquiéter, parce que rien n'a vraiment avancé entre l'épisode 7x01 et le 7x07. MM avait plutôt intérêt à se faire pardonner avec la suivante. Malgré quelques sérieux cafouillages, c'est chose faite. On pense, pêle-mêle, à la fusion des deux agences de pub à mi-saison (excellente idée pour relancer la machine), à l'obsession funeste de Don pour sa belle voisine italienne, à la succession douloureuse mais cohérente d'échecs amoureux de Peggy, à la lente désagrégation du couple Draper, voué depuis le départ à l'échec, à l'étonnant Kevin Rahm dans le rôle de Ted Chaough, à l'excellente idée de redonner à January Jones sa plastique originale, à la lumineuse Kiernan Shipka et son alchimie toujours intacte avec Jon Hamm, à Jon Hamm himself et quelques unes de ses performances égalant le brio de The Suitcase, au toujours génial Vincent Kartheiser dévergondant son Pete Campbell, à l'épisode sous influence de produits illicites... etc. Les cafouillages sont parfois sérieux : les parallèles avec l'Histoire ont moins de panache qu'auparavant (voir les morts de MLK et RFK), et certains personnages se caricaturent avec le temps (voir Roger Sterling), mais on pardonne, considérant l'effort. Les sentiments qu'inspirent le season finale résument bien la situation : pendant quarante minutes, on ne peut s'empêcher de regretter l'expédition de certaines storylines dans une narration bien trop ramassée...
  • 3
    Bande-annonce

    Dark (2017)

    51 min. Première diffusion : . 3 saisons. Science-fiction, policier et drame.

    Série de Baran bo Odar et Jantje Friese avec Louis Hofmann, Lisa Vicari, Andreas Pietschmann

    Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux. Vertigineux.
  • 4
    Bande-annonce

    The Leftovers (2014)

    55 min. Première diffusion : . 3 saisons. Drame et fantastique.

    Série de Damon Lindelof et Tom Perrotta avec Justin Theroux, Amy Brenneman, Carrie Coon

    Faisons simple. Première saison, sixième épisode, vers la fin, plus précisément lorsque Nora se retrouve dans la même pièce que le gourou en cavale, et qu'elle lui demande de "prendre" sa douleur : une des plus grandes scènes de l'histoire de la fiction télé. The Leftovers a des défauts indéniables. Mais ce genre de fulgurances tétanisantes, plus la musique de Max Richter, plus la distribution, plus le fait que ça ne ressemble à RIEN qui a été fait jusqu'à présent = rien à foutre. Ça tue. Update été 2017 : pas encore vu la saison 3, mais ça ne saurait tarder.
  • 5
    Bande-annonce

    Sur écoute (2002)

    The Wire

    55 min. Première diffusion : . 5 saisons. Policier et drame.

    Série de David Simon avec Dominic West, John Doman, Idris Elba

    Fulgurante radioscopie de l'échec annoncé des sociétés modernes gangrénées par le libéralisme (ou libéral-libertarisme si l'on veut pousser le bouchon un peu plus loin), qui ne tombe pour autant pas dans l'écueil du pamphlet politiquement engagé (alors que son créateur est une vermine bolchévique). Complexe, exigeant, tendu et arride, mais très, très précieux. Une saison 4 un peu moins désespérante et une saison 5 mieux structurée (difficile, avec tant d'épisodes en moins, je sais) auraient fait passer The Wire à la tête de ma liste. Elle est déjà pas mal à sa place.
  • 6
    Bande-annonce

    Better Call Saul (2014)

    47 min. Première diffusion : . 5 saisons. Judiciaire, policier et drame.

    Série de Vince Gilligan et Peter Gould avec Bob Odenkirk, Jonathan Banks, Rhea Seehorn

    [Saison 5] Chef-d'oeuvre so far, et un show, bien, bien supérieur à tonton BrBa, dont je reconnaîtrai toujours l'excellence mais qui est juste moins ma came.
  • 7
    Bande-annonce

    X-Files : Aux frontières du réel (1993)

    The X Files

    45 min. Première diffusion : . 11 saisons. Science-fiction.

    Série de Chris Carter avec Gillian Anderson, David Duchovny, Mitch Pileggi

    Unique, avant-gardiste, indémmodable, souvent grandiose, et, dans son registre, indépassable. Pratiquement tout dans les X-Files est iconique : la foi et la quête de vérité avec Mulder, le scepticisme et l'attachement au rationnel avec Scully, le fantasme moderne d'un apparatus militaro-politico-financier impassible et tout-puissant avec le Smoker, etc. La photographie remplie d'ombres, et la lumière terne et pluvieuse des extérieurs à Vancouver. La musique de Mark Snow. La performance tout aussi originale de David Duchovny (pas un grand acteur, mais doté d'un joli charisme pleinement exploité ici), et celle, sous la forme d'une irrésistible montée en puissance de la saison 1 au milieu de série, de Gillian Anderson (une grande actrice mésestimée). Même le dernier quart du show, totalement casse-gueule, un peu paumé narrativement et flanqué d'un Robert Patrick pas totalement à son aise, s'apprécie sans mal. Tout dans ce show est tellement monolithique qu'on oublie sans mal son series finale totalement foiré, et ses médiocres adaptations ciné. Ouais, à ce point.
  • 8
    Bande-annonce

    BOSS (2011)

    1 h. Première diffusion : . 2 saisons. Policier et drame.

    Série de Farhad Safinia avec Kelsey Grammer, Connie Nielsen, Hannah Ware

    Avoir annulé cette série intense et baroque (aux côtés de laquelle des shows politiques pourtant bien troussés comme House of Cards font bien pale figure) après sa seconde saison relève du crime contre l'humanité. Il y a la Shoah, et juste derrière, il y a ça. Ma tentative d'ouverture d'une récolte de fonds en ligne pour envoyer des tueurs à gage moldaves chez les exécutifs de cette chaîne de larves putrides qu'est Starz a échoué. C'est un échec, un terrible échec. Je n'ai plus qu'à noyer dans le martini mon irrépressible chagrin de ne plus voir Kitty O'Neil, même avec des habits, hein (enfin, quelques uns).
  • 9
    Bande-annonce

    Le Bureau des Légendes (2015)

    55 min. Première diffusion : . 5 saisons. Thriller et drame.

    Série de Eric Rochant avec Mathieu Kassovitz, Sara Giraudeau, Florence Loiret-Caille

    --Saison 4--
    Et oui, une série française dans le tiers supérieur de cette liste. Pourquoi se refuser un tel plaisir, surtout quand on voit le travail de titan que cela a demandé à Rochant et à Studio Canal, de nous pondre, pour la télévision française, un spectacle à la fois a) convaincant à l'écran, b) interprété solidement, c) réalisé sans effets à deux balles (n'oublions pas le culte du réalisateur caractériel, qui a fait de gros dégâts dans bien des séries comme Mafiosa...), et d) produit à la cadence américaine d'une saison de douze épisodes par an ? En gros, aux antipodes de la fiction télé française (même celle produite par Canal) ? On n'a pas mentionné la qualité de l'écriture car c'est LE point où l'on n'a pas à rougir, mais avec le Bureau, des saisons 1 à 3, c'est du grand art, digne du grand Les Patriotes, de Rochant (déjà sur les espions). C'est bien simple : la série est ce qu'on a vu de mieux au rayon espionnage, même par rapport aux Amerloques, parvenant à proposer un récit et un univers réaliste/crédible sans se rendre austère ou soporifique (en gros, à rappeler que la réalité peut être aussi passionnante...), se plaçant aux antipodes des très romantiques 24 et Homeland, avec leurs Pakistanais parlant anglais entre eux pour le confort du public. C'est exigeant, et ça se mérite. La qualité de production est là, que ce soit dans les bureaux parisiens, dans le bruyant Maghreb, ou dans l'angoissant Proche-Orient, on vibre aux aventures de personnages authentiques, et l'interprétation est de grande qualité, de Kasso (fait pour un tel rôle) à la très belle Zineb Triki dans le rôle complexe de Nadia, en passant par Darroussin, et même la fille Giraudeau (tant qu'on supporte sa voix)... Bref, du haut niveau qui mérite son acquisition en BR. La saison 4 est un brin inférieur aux précédentes, avec son personnage de JJA dont il ne fait pas grand-chose et son Malotru qui tourne un peu en rond (même si la chienlit qu'est sa vie continue de captiver), et la toute fin n'est pas DU TOUT convaincante, donc attendons de voir la saison 5.
  • 10
    Bande-annonce

    Succession (2018)

    1 h. Première diffusion : . 1 saison. Drame.

    Série de Jesse Armstrong avec Brian Cox, Jeremy Strong, Kieran Culkin

    Si peu de séries parviennent à briller au-delà de leur première saison, ces dernières années, que quand une d'entre elles tient la route ne serait-ce que sur deux, RIEN que sur DEUX, c'est un accomplissement. Et quand "tenir la route" signifie "être constamment à deux doigts du chef-d'oeuvre", bah, ça intègre le top, direct.
  • 11
    Bande-annonce

    BoJack Horseman (2014)

    25 min. Première diffusion : . 6 saisons. Animation, comédie et drame.

    Dessin animé de Raphael Bob-Waksberg avec Will Arnett, Aaron Paul, Amy Sedaris

    Culte instantané. Qui l'aurait cru.
  • 12
    Bande-annonce

    Fringe (2008)

    43 min. Première diffusion : . 5 saisons. Science-fiction, thriller, policier et drame.

    Série de Alex Kurtzman, Roberto Orci et J.J. Abrams avec Anna Torv, Joshua Jackson, John Noble

    Il n'a pas fallu plus d'une saison au show pour se trouver, et se démarquer définitivement des indéboulonnables X-Files, auxquelles l'auront pourtant associé jusqu'au bout les puristes nostalgiques et les paresseux médisants : à l'inconnu glacé et à l'atmosphère crépusculaire du premier, qui puisait davantage sa force dans ses stand-alone que dans sa mythologie relativement faible, succède l'épopée familiale du second, qui vire au feuilleton à mesure qu'il progresse au cours de sa deuxième saison, se construisant une mythologie qui, pour le coup, a une sacrée gueule. Si Fringe ne propose rien d'iconique à la hauteur de l'indépassable duo Mulder/Scully (comment peut-on faire plus catchy qu'un "Fox" ?), il peut au moins se féliciter des uniques Olivia Dunham (brillante Anna Torv - que l'on puisse s'arrêter à sa blondeur restera pour moi un mystère) et surtout Walter Bishop, effet spécial de la série tantôt hilarant, tantôt désopilant en figure de génie brisé, dont la composition par le grand John Noble aurait dû valoir à ce dernier mille Emmy awards (et ne soyons pas chiens avec le charismatique Joshua Jackson, loin d'être aussi faible en Peter que l'affirmaient même les fans du show à l'époque de sa diffusion !). Les atouts de Fringe sont donc d'abord son tissu de relations personnelles (à commencer par celle, tumultueuse, qui unit les Bishop père et fils), ensuite la trame des Bishop, magnifique tragédie exploitant au mieux les ressources de la science-fiction, et enfin, son exploration aussi poussée que ludique du concept de multiverse avec l'univers "rouge", en dépit du joyeux n'importe quoi de son développement (les différences entre les événement et les versions des mêmes personnages manquent généralement de cohérence). Saluons la prise de risque de la saison 4, reboot assez sombre. Après, la question est de savoir si l'on pardonne au show son basculement dans la dystopie foireuse en saison 5, qui ruine un peu au passage les "Observers". J'ai envie de dire : oui. Pour Olivia, Walter et Peter. Et Astrid.
  • 13
    Bande-annonce

    Chernobyl (2019)

    1 h 05 min. Première diffusion : . 1 saison. Drame, historique et mini-série.

    Série de Craig Mazin avec Jared Harris, Stellan Skarsgård, Emily Watson

    Mai 2019. En quelques heures, la glorieuse série-étendard d'HBO Game of Thrones se coule par le fond. Le sériephile se demande ce qu'il se passe, note que la saison 2 de Westworld avait elle-même fini sur une note bien pourrie, et se demande s'il peut toujours compter sur la chaîne à qui il doit The Sopranos et The Wire. Soudain, une rumeur se fait entendre, au loin. "Chernobyl... Chernobyl...". Chernobyl ? Ah, c'est vrai qu'il y a ça qui passe, à la télé. C'est quoi, une série-docu sur la catastrophe ? Une énième du genre, sans doute, c'est-à-dire pleine de bonne volonté et de belles performances sans aucun doute, mais aussi terriblement linéaire, hagiographique, et esthétiquement conventionnelle ? Ah bon, c'est bien, ça ? Bon, bah on peut tenter ça avant de se décider, hein. Et puis paf le chien, ou flip-flap la girafe : la (mini-)série qui traite d'une explosion atomique t'explose à la gueule. Dès le premier quart-d'heure - une fois passé un prologue très bien fait mais de facture classique. Chernobyl est un chef-d'oeuvre à 95%, brillamment mis en images et interprété (un des plus grands rôles de Stellan Skarsgård), porté par une musique capable d'hanter des nuits entières car on peut parler d'une série d'épouvante totale, d'une exigence intellectuelle et d'une intelligence dramatique sidérants, et se permettant même un carton plein côté effets spéciaux (ce plan du cœur en fusion...) et maquillage (ce pompier en fin de décomposition...) alors que ce n'était pas vital pour un show avant tout cérébral. Mais en fait, il est avant tout terriblement humain (l'épisode 3 est émotionnellement épuisant). Ses trois premiers épisodes sont la définition audiovisuelle d'un cauchemar éveillé : tu penses avoir atteint le fond, mais non, tu continues de tomber, et de comprendre combien tu ne savais rien sur Tchernobyl. Son cinquième et final, un modèle d'écriture. Son épilogue, un hommage bouleversant sur fond de chant liturgique orthodoxe. Et ainsi se fit pardonner HBO.
  • 14
    Bande-annonce

    The Good Wife (2009)

    45 min. Première diffusion : . 7 saisons. Policier et drame.

    Série de Michelle King et Robert King avec Julianna Margulies, Archie Panjabi, Christine Baranski

    Spectaculaire surprise. TGW démarre comme un "procedural" de qualité doté d'une réalisation élégante et d'un bon niveau de production (les décors sont tout aussi élégants), et porté par une interprétation solide comme seuls les Américains sont capables d'en proposer sans avoir l'air de faire trop d'efforts. Très vite, on voit l'intérêt d l'arc narratif avec la good wife, le mari baladeur, etc., mais on se dit que ça n'ira pas bien loin, cause CBS. Et en fait, si. Au-delà des "cases of the week" généralement bien fichus, et du caractère TRÈS divertissant des dialogues aussi brillants dans l'humour que dans le drama-choc, on se trouve rapidement et totalement accroché par les intrigues politiques qui traversent la série, et ne cesseront de prendre de l'ampleur au fil des saisons. On réalise alors que TGW n'est pas vraiment une série judiciaire classique. Elle s'intéresse davantage aux négociations inter-avocats qu'aux envolées théâtrales de prétoire. Mais ça va plus loin : TGW est un show sur les intrigues, dans un univers dont l'âme risque à tout moment d'être corrompue par l'ambition, la gloire, la paranoïa du sommet, la politique, et qui offre au public une galerie de personnages aussi brillants que leurs acteurs (l'intense Josh Charles - qui l'eût cru ? -, la sensationnelle Baranski, Archie Panjabi et Alan Cumming en "effets spéciaux", Chris Noth et sa parfaite gueule de politicien... et bien sûr, la good wife, personnage des plus ambigus joué par une Julianna Margulies transfigurée). Et la formidable constance de l'écriture impressionne d'année en année : en dehors d'un égarement regrettable en saison 4 (avec le mari-petite frappe de Kalinda), on ne subira aucun personnage caricatural (chacun a son heure de gloire, et plus si affinité), aucune sous-intrigue bidon, tout sera fluide et séduira l'intelligence. Enfin, vient la saison 5, fulgurant bond en avant formel (la caméra s'emballe parfois comme dans un Scorsese, cf. le season premiere) et musical (David Buckley passe de la musique d'ambiance classieuse inoffensive à l'orchestral exaltant), générateur de deux énormes coups de boost narratifs et d'une des meilleures heures de télévision de l'histoire (le furieux 5x05). Une série qui se bonifie avec le temps, qui dit mieux ? C'est à elle que le show doit sa place dans ce top 10.
  • 15
    Bande-annonce

    Battlestar Galactica (2005)

    45 min. Première diffusion : . 4 saisons. Science-fiction.

    Série de Ronald D. Moore avec Edward James Olmos, Mary McDonnell, Katee Sackhoff

    BSG, space opera pur jus, est une épopée assez grandiose à l'image (les effets spéciaux étaient phénoménaux pour la TV de l'époque, et leur mise en scène incroyablement "réaliste") et au son (merci à la BO de Bear McCreary), viewer-friendly au possible, composée d'un bestiaire de personnages réussis (Adama père, son second Tigh, l'inénarrable Baltar...) campés par des acteurs charismatiques (l'impressionnant Olmos, Katee Sackhoff...) et de gimmicks légendaires (so say we all !), et accompagné d'une confortable dose d'intrigues politiques et de considérations métaphysiques en arrière-plan pour satisfaire un minimum les nostalgiques de l'hideux mais très intéressant Babylon 5... et ce en dépit d'un series finale malheureusement raté. Maintenant, passons de ce com de 2013 à une petite update de 2019 après second visionnage : BSG est toujours recommandé, mais plombé par pas mal de défauts : le dénouement foireux susmentionné n'est que la culmination d'une barrage en sucette mystique qui a commencé à endommager le show en saison 3 alors qu'il n'était jusque là pas TROP envahissant ; les "cylons" à forme humaine, quoiqu'une idée catchy et charismatique, me laisseront perplexe jusqu'au bout d'un point de vue logique (ne parlons pas de leurs motivations inconsistantes) ; le Baltar de Callis pleurniche trop ; la saison 3, encore elle, massacre le personnage de Starbuck, notamment via son idylle nullissime avec Apollo ; le format 24 épisodes conduit à un bon nombre de "fillers" médiocres ; et le show pâlit un peu aujourd'hui de la comparaison avec The Expanse. C'est un peu ça, le truc : BSG, c'est le Lost du space opera, inégal, sans plan d'ensemble (malgré un téléfilm intitulé The Plan...), mais dont les arguments pour (comme toute la partie avec l'amiral Cain !) sont SI BONS qu'on se laisse emballer.
  • 16
    Bande-annonce

    Twin Peaks (1990)

    45 min. Première diffusion : . 3 saisons. Policier, drame et thriller.

    Série de David Lynch et Mark Frost avec Kyle MacLachlan, Michael Ontkean, Mädchen Amick

    "Harry... you are all right !" (avec le pouce levé)

    Lynch champêtre, ou quelque chose qu'on ne retrouverait plus par la suite. Le thème principal de Badalamenti, kitschissime dans ses arrangement et sa répétition incessante, mais aussi, contre toute attente, incroyablement émouvant dans les moments clefs. MacLachlan, inconcevable dans un rôle de méchant, après avoir composé l'agent du FBI le plus sympa (et space) de l'univers. Son amitié étrangement spontanée avec le shériff Truman. Le nain précurseur faisant des claquettes, et Ray Wise chantant des classiques des fifties. Last but not leaest, les femmes de Twin Peaks, et plus précisément le trio Lara Flynn Boyle / Sherylin Fenn / Mädchen Amick, à côté duquel l'écrasante majorité du reste de la population féminine mondiale a le sex-appeal d'un cochon d'Inde. Lynch version télé, c'est Lynch au top.
  • 17
    Bande-annonce

    The Boys (2019)

    1 h. Première diffusion : . 1 saison. Fantastique et action.

    Série de Eric Kripke avec Karl Urban, Jack Quaid, Antony Starr

    Meilleure série de 2019 après le Chernobyl d'HBO, qui aurait été un monument de son très spécifique genre sans quelques gros défauts. J'espérais qu'il explore davantage son univers qu'il ne l'a fait : il survole un peu tout ses thèmes. On présente les "supes" comme des demi-dieux, et en même temps, on les voit parfois se balader au milieu du public sans que ça n'excite grand-monde. Il semble opter pour une approche un peu réaliste, salissante, de son sujet, mais le fait que ses "supes" ne sortent jamais de leurs costumes fait très cartoon (Maeve). J'espérais que les Seven soient développés en tant qu'équipe, mais on ne voit quasiment rien d'eux en tant que groupe. En fait, The Boys est PILE le genre de show dont les créateurs ont "choisi" le mauvais nombre d'épisodes. Dix auraient permis un meilleur développement ET des personnages ET du monde. Le pire est que malgré ça, la série parvient à perdre son élan dans sa dernière ligne droite : on s'attend à deux épisodes en forme de festival, il ne se passe au bout du compte pas grand-chose, et seules les géniales dix dernières minutes rendent le final mémorable. C'était quoi, le plan de Butcher, au juste ? Un peu limite. Enfin, Karl Urban étant Karl Urban, il a tout fait passer sans trop d'efforts. Le pire, bis, est que la série trouve le moyen de perdre un peu de temps en nous jouant un couplet féministe heureusement pas trop envahissant. J'en profite donc pour finir sur le positif : tout le reste. Le standard de production stratosphérique, des scènes d'action généralement sensationnelles (seul foirage, quand Maeve bastonne un terroriste au début, affreusement filmé et monté), le dosage de violence brute et d'humour grinçant, le gore jamais complaisant, les dialogues qui crépitent, des morceaux déjà cultes (la scène du long courrier... what else ?), et un casting dans l'ensemble très réussi............ à commencer par Anthony Starr. Je savais déjà de quoi il était capable grâce à Banshee, mais... dans le rôle de Homelander, il est juste monstrueux. Comme son personnage, en fait. La série pourrait être un naufrage complet à l'exception de ses scènes, il justifierait à lui seul qu'on la mate. Pour lui seul, j'attends la saison 2 avec une grande impatience. En espérant que l'écriture sera plus maîtrisée.
  • 18
    Bande-annonce

    Rome (2005)

    1 h. Première diffusion : . 2 saisons. Action, aventure, drame et historique.

    Série de Bruno Heller avec Kevin McKidd, Ray Stevenson, Ciarán Hinds

    J'ai du mal à considérer ce chef-d'oeuvre sans concession comme une série télé, plutôt que comme une sorte de film-fleuve pantagruélique (non, même pas un téléfilm de luxe)... d'où son absence dans mon Top 10. Mais bon, dans quelque chose d'aussi confortable qu'un top 20, il serait idiot de s'en priver. Et puis le Marc-Antoine de James Purefoy le vaut bien.
  • 19
    Bande-annonce

    Fargo (2014)

    50 min. Première diffusion : . 3 saisons. Comédie, policier, drame, thriller et anthologique.

    Série de Noah Hawley avec Ewan McGregor, Billy Bob Thornton, Martin Freeman

    Du très haut niveau, porté par un créateur et showrunner de talent (qui transformera l'essai rapidement après avec la série Marvel la plus réussie, Legion). La première saison, la plus proche du film, est littéralement sensationnelle, ce dès le pilote, essentiellement grâce à l'abattage d'un Martin Freeman parfait en médiocre dépassé et à l'antagoniste Lorne Malvo, un des plus beaux méchants que la télévision ET le cinéma aient proposés de mémoire récente (du niveau d'un Anton Chirugh... même nom culturellement non identifiable), et interprété par un Billy Bob qui prend clairement son pied (voir la fameuse réplique "there be dragons" à la fin du pilote). La deuxième saison a essuyé un lot de critiques prévisibles dans toute série anthologique (quoique bien moins virulentes que celle de True Detective !), généralement en raison de l'absence de Billy Bob et de son identité très différente (exit les touches quasi-mystiques de la saison 1), mais apporte quelque chose de différent mais d'aussi intéressant avec son récit plus réaliste de clan de rednecks mafieux (qui rappelle un peu la saison 2 de Justified) et sa BO 70s tonitruante, sans oublier la prestation magnifique de Kirsten Dunst. Hélas, l'inégale troisième saison entache un peu le tableau (un Ewan McGregor en maillon faible, un méchant caricatural, un scénario par moment faiblard et pas très concentré...), mais le tout est rattrapé par le casting féminin (qu'espérer de mieux que Carrie Coon et la toujours délicieuse MEW, surtout lorsqu'elle montre ses fesses de non-anorexique ?) et quelques fulgurances (l'épisode à Vegas, l'évasion avec le tueur sourd-muet...). Pas parfait, donc, mais quelle série l'est ?
  • 20
    Bande-annonce

    American Crime Story (2016)

    52 min. Première diffusion : . 2 saisons. Policier, drame, judiciaire et anthologique.

    Série de Scott Alexander et Larry Karaszewski avec Sarah Paulson, Sterling K. Brown, Courtney B. Vance

    Si l'affaire OJ Simpson, magnifiquement immortalisée l'année dernière par la série-docu-fleuve OJ Made in America, ne me passionnait pas depuis longtemps, j'aurais sans doute zappé cette série, n'étant pas DU TOUT fan de Ryan Murphy (Nip/Tuck, Glee, Scream Queen, au secours... la plus présentable American Horror Story ayant fini par me saouler en cours de saison 2). Grand bien m'a fait d'être d'humeur... c'est exceptionnel. Exceptionnel à tel point qu'on ne trouve qu'UNE critique à faire : celle de l'étrange décision d'avoir confié le rôle-titre à Cuba Gooding Jr, acteur pas mauvais du tout qui livre une performance solide, mais physiquement trop éloigné du "Juice". C'est certes considérable, mais d'une, on le répète, "c'est tout" (même John Travolta en Shapiro est génial !) ; de deux, le personnage est loin d'être de toutes les scènes. Au contraire, à la limite. Non, si l'on doit placer deux personnages au centre, ce serait plutôt Clark et Darden, les deux avocats de l'accusation, interprété MAGNIFIQUEMENT par Sarah Paulson et la révélation Sterling K. Brown (qui méritaient tous deux leurs prix). Mais bien sûr, avec un tel sujet, garni de caractères aussi excentriques que bien trempés, difficile d'isoler qui que ce soit. Difficile d'ignorer Courtney B. Vance, impérial dans le rôle de l'ignoble Johnnie Cochran. C'est de ce dernier, et de l'opposition quasi- philosophique entre lui et les deux personnages précités, que vient toute la force dramatique de la série, et de l'affaire, aurais-je envie de dire, en ce qu'ils cristallisent le meilleur et le pire, la substance morale et la politique, d'une histoire qui aura très, très vite dépassé le simple sort de Simpson. La série a saisi tout ce qu'il fallait de ce sinistre spectacle, tout le cynisme, toute la veulerie, toute l'idiotie, toute la naïveté, aussi (faisant au passage une belle critique des "identity politics", étonnante venant de créateurs "liberals"). On sort du spectacle comme il se doit : lessivé et enragé (car que l'on soit d'accord, OJ était coupable...), mais aussi, cette fois-ci, impressionné par la qualité de la reconstitution.
    PS : on recommandera le docu monumental de National Geographic LA 92 à quiconque veut en savoir plus sur ce qui a rendu possible l'affaire OJ Simpson.
  • 21
    Bande-annonce

    Community (2009)

    25 min. Première diffusion : . 6 saisons. Comédie.

    Série de Dan Harmon avec Joel McHale, Danny Pudi, Alison Brie

    Oooooh le délicat sujet à aborder de la sitcom trop talentueuse pour être qualifiée de sitcom, qui aurait été bombardée au top de cette liste à la fin de sa prodigieuse 2ème saison, puis au médiocre milieu à la fin de sa catastrophique 4ème, pour finalement revenir à une bonne note en fin de course, notamment grâce au retour de son créateur ! Enfin, même si elle avait été mal branlée du début à la fin, lui coller moins de 5 aurait été humainement impossible parce qu'Alison Brie. Mais c'est une affaire un peu à part. On promet de développer un peu un de ces quatre.
  • 22
    Bande-annonce

    Breaking Bad (2008)

    47 min. Première diffusion : . 5 saisons. Policier, drame et thriller.

    Série de Vince Gilligan avec Bryan Cranston, Aaron Paul, Anna Gunn

    Jadis en sixième position de cette liste, le sardonique BrBa a chuté de quatre places depuis sa quatrième saison, où la pesanteur du show et la lenteur d'exécution de son intrigue sont passées du statut de "marques de fabrique" à celui moins enviable d'excuses au remplissage, à l'apathie, et parfois à la répétition. Alors que l'on s'entendent bien, BrBa en petite forme reste supérieur à la majorité de la fiction télé US. Mais autant la saison 4 avait le génialissime dénouement du duel White/Fring, autant la cinquième (ou cinquième, partie 1... *rires*) n'a pas grand chose de mémorable à offrir, et assure à peine le quota minimum de fulgurances BrBadesques. Par ailleurs, l'entourloupe grotesque de la division en deux de la dernière saison n'aura pas joué en sa faveur. Après ces légers cafouillages permettant de prendre un peu de recul et de voir combien la série n'est pas le monument de perfection tant loué par la critique et les fan-atiques (cf. certaines facilités scénaristiques, et un traitement assez limité des personnages secondaires), on était en droit d'attendre une deuxième partie monumentale, qui aurait fait oublier tout le reste, et hissé BrBa dans le top 5 de cette liste. Ce n'est, hélas, qu'à moitié réussi : on tient encore un spectacle techniquement et esthétiquement impressionnant, magistralement interprété, mais également obsédé par sa démesure, bouffi d'autoréférences, et suffisamment égocentrique pour devenir tout à fait prévisible (d'avance, on sait que BrBa "va faire du BrBa"). C'est dommage. On n'est cependant pas suffisamment dégouté pour virer la série de cette liste.
  • 23
    Bande-annonce

    Ashes to Ashes (2008)

    55 min. Première diffusion : . 3 saisons. Action, aventure et drame.

    Série de Matthew Graham et Ashley Pharoah avec Daniel Mays, Philip Glenister, Keeley Hawes

    A2A est le méconnu spin-off (jamais édité, ni même diffusé en France) du génial show britannique Life on Mars, qui contait les aventures glucoses d'un flic du XXIème siècle renvoyé dans les années 70 après un accident de voiture (est-ce un rêve, ou est-ce la réalité ? etc.). Remplacez les déglinguées seventies par les criardes eighties, le personnage principal halluciné par une psy de la police londonienne un peu aristo, et le rock par le synthé de la décennie suivante dans une BO tonitruante ; parallèlement, gardez le boss de la première série, joué par le génial Phil Glenister ; et ça donne... quelque chose d'encore plus réussi et abouti. L'alchimie entre le "gov" joué par Glenister, caricature établie de flic misogygne et xénophobe (représentant un peu l'ancien monde), et la très libérale et raffinée Alex Drake (magnifique et appropriée Keeley Hawes) agit comme un moteur prodigieux. A la fois cop show, polar psychologique, thriller fantastique, et comédie dramatique à l'humour souvent irrésistible (notamment via le duo guignolesque de deux flics souvent nuls à leur job), Ashes to Ashes est à la hauteur du hit de Bowie.
  • 24
    Bande-annonce

    Dr House (2004)

    House M.D.

    45 min. Première diffusion : . 8 saisons. Drame et médical.

    Série de David Shore avec Hugh Laurie, Robert Sean Leonard, Omar Epps

    Si quelqu'un ne s'attendait pas à tomber en arrêt devant une pareille série, c'était bien moi : d'abord, c'était un show hospitalier, soit pas exactement le genre le plus intellectuellement émoustillant, et esthétiquement terne, entraperçu sur TF1 ; ensuite, c'était de la bonne formule épisodique bien grasse, avec un patient par semaine, parsemé de . Mais après six mois de brimades et de sévice de la part d'un ami accro hardcore se tuant à m'expliquer que ça n'avait rien à voir avec Urgences, j'ai fini par céder, et y jeter un oeil. Et en effet, House MD est tout ça : esthétiquement pas bien folichon et irrécupérablement épisodique, MAIS... en foutrement bien écrit (tout passe avec du talent), et foutrement amusant, et flanqué par-ci, par-là, de gros morceaux de bravoure scénaristiques. Que dis-je, aux alentours des saisons 4 et 5, soit l'acmée du show, le public a droit à quelques épisodes diablement impressionnants, comme le double-season finale de la quatrième. J'avais sous-estimé le brio du personnage-titre, et l'épaisseur des personnages secondaires. Tout fonctionne à merveille (sinon dans un dernier quart en petite baisse de régime). En d'autres termes, à l'adresse de ceux qui, comme moi auparavant, confondraient les deux, ce n'est pas Grey's Anatomy.
  • 25
    Bande-annonce

    Justified (2010)

    45 min. Première diffusion : . 6 saisons. Policier, drame et action.

    Série de Graham Yost avec Timothy Olyphant, Nick Searcy, Natalie Zea

    De prime abord, Justified ne paie pas de mine : un cop show au format épisodique standard se distinguant juste par un louable effort de coolitude, avec son charismatique lead-cowboy et ses piques bien senties. Puis, lentement mais sûrement, le personnage de Boyd Crowder (joué par le sensationnel Walton Goggins, qui avait déjà douloureusement brillé en Shane dans The Shield) prend de l'importance, et une double-dynamique s'installe, bien plus intéressante. L'écriture se complexifie. Les relations entre les différents personnages se révèlent plus complexes que ne laissaient paraître la coolitude et les piques bien senties. Et en plus de tout ça, cette fameuse foutue coolitude ne perd rien de son pouvoir d'excitation, au contraire. Puis en saison 2, l'épisodique cède peu à peu la place au serial, avec l'arc du clan Bennett, qui permet à Justified de tutoyer des poids lourds comme la famille Sobotka de The Wire (Emmy bien mérité pour Margo Martindale). Puis en saison 3, l'inénarrable Quarles fait son apparition, confirmant la capacité du show à se renouveler sans perdre sa voie initiale, et à garder en état de tension son petit microcosme poussérieux de citadins désabusés et de rednecks hargneux. Diablement divertissant, Justified est un spectacle trois étoiles qui mérite d'être découvert.
  • 26
    Bande-annonce

    The Expanse (2015)

    44 min. Première diffusion : . 4 saisons. Drame, science-fiction et thriller.

    Série de Hawk Ostby et Mark Fergus avec Steven Strait, Cas Anvar, Dominique Tipper

    À l'amateur de SF et de "space opéras" se demandant si cette série vaut le coup parce qu'elle ne fait pas beaucoup de bruit : oui, elle vaut le coup. Au blasé qui a jeté un œil au premier épisode, a trouvé ça cheap et générique, et est passé à autre chose : fallait pas. Je sais : j'en ai été. Oui, The Expanse démarre mal. On ne s'attache pas aux personnages (le détective privé de Thomas Jane ressemble parfois à une parodie dépressive du genre, et le charisme des acteurs qui composent l'équipage de l'espace ne saute pas aux yeux), l'univers (ce qu'on voit des diverses sociétés) manque de caractère et d'identité, le budget fait légèrement défaut, le créole intergalactique saoule. Puis ça prend forme, aux alentours de l'épisode 4, dans le vaisseau de guerre. Il y a une ambiance. Puis plus encore, vers la fin, quand on voit que la partie géopolitique a finalement quelque chose d'intéressant à offrir. Puis plus encore en saison 2, dont le climax (le destin du détective) est tout bonnement éblouissant. Puis plus encore en saison 3, où certaines scènes d'action sidèrent par leur beauté et leur efficacité. Et à l'heure actuelle, on tient tout bonnement a) le meilleur successeur de Battlestar Galactica (pour le mix action-drama spatial), b) le meilleur successeur de Babylon 5 (pour la partie géopolitique), et c) un des postulats de SF les plus enthousiasmants jamais vus à l'écran une fois le champ des possibles radicalement élargi à la fin (hallucinante) de la s03, le tout dans un écrin plus scientifiquement rigoureux. Tout ne fonctionne pas, que ce soit du côté de l'interprétation (ça fait parfois "télé", et l'actrice qui joue la guerrière martienne ne ressemble hélas pas à grand-chose) ou de l'écriture (certaines sous-intrigues font plouf), mais mon dieu que le positif est positif !
  • 27
    Bande-annonce

    Narcos (2015)

    50 min. Première diffusion : . 3 saisons. Policier, drame et action.

    Série de José Padilha, Doug Miro et Carlo Bernard avec Wagner Moura, Boyd Holbrook, Pedro Pascal

    Une seule chose à dire : Wagner Moura. Royal dans la peau d'Escobar, alors qu'il ne parlait même pas la putain de langue six mois plus tôt (je sais, WTF). Bon, allez, quelques unes en plus : les deux premières saisons, sur le fascinant trafiquant, sont un modèle de divertissement basé sur des faits réels en ce qu'elles suscitent, à chaque épisode, la perplexité d'un spectateur se demandant "si ça s'est bien passé comme ça, dans la réalité" (avant de réaliser, Google aidant, que oui). Par leur association intime au personnage, pour le meilleur only, ces deux saisons, construites la première sous la forme d'une success story improbable, la seconde sous une forme crépusculaire aussi douloureuse qu'intense (le sentiment de déchéance aura rarement été aussi clair...), constituent quelque chose d'unique, dont on se demande si la saison 3, expurgée d'Escobar, parviendra à rivaliser. Surtout que les deux flics au "centre" de la série ne forment pas le duo le plus efficace de la télévision (la faute aux scénaristes, qui ont sacrifié le personnage de l'Amerloque, interprété par Boyd Holbrook, pour se consacrer à Escobar et faire du topissime Pedro Pascal le seul "vrai" protagoniste). Edit : succès. Exit Holbrook, ne reste plus que le bien plus solide Pedro Pascal face à un nouveau cartel qui, s'il n'est pas porté par un bigger-than-life hijo de puta, ne manque pas de caractères bien trempés et solidement interprétés. Le niveau est maintenu, la brutalité n'a pas fini son règne, je continue d'en être.
  • 28
    Bande-annonce

    Rectify (2013)

    45 min. Première diffusion : . 2 saisons. Drame.

    Série de Ray McKinnon avec Aden Young, Abigail Spencer, J. Smith-Cameron

    On attend la fin de la saison 2 avant de se prononcer, et, si la qualité se maintient, monter cette série dans le classement... Mais ce qu'on a vu jusque là (03/07/2014), sous des dehors aussi faussement placides que le bouleversant personnage central, est d'une puissance dramatique et d'une intensité émotionnelle impressionnantes. L'interprétation a beau tutoyer les firmaments (on pense, en plus de la révélation Aden Young, à la sublime Abigail Spencer - et sa chevelure d'un autre monde - dans le rôle de la soeur casse-cou et à J.Cameron-Smith dans le rôle de la mère blessée), et l'idée de base générer une quantité de situations forcément intéressantes, c'est l'écriture de Rectify qui met K.-O. : rarement aura-t-on vu drama si avare en loupés et fautes de goût. Tout est juste, tout est dur, tout est beau. La meilleure preuve : le personnage de Tawney, jeune épouse au foyer born again ne loupant pas une occasion pour parler de Dieu, qui passe rapidement de pot-de-fleur très probablement insupportable à... femme trop aimante et naïve, sans doute, mais surtout bonne, et douce (la beauté discrète de la mini-blonde Adelaide Clemens mue en quelque chose d'étrangement moins discret par la suite) ; tout, sauf une de ces caricatures de dévots qui pullulent dans les dramas US urbains et libéraux. Il fallait au moins ça pour faire apprécier (encore plus adorer !) un tel personnage à l'auteur de ces lignes, agnostique généralement irrité par le moindre débordement prosélyte. Il fallait au moins Rectify.
  • 29
    Bande-annonce

    The Sinner (2017)

    45 min. Première diffusion : . 3 saisons. Thriller et anthologique.

    Série de Derek Simonds avec Bill Pullman, Jessica Biel, Christopher Abbott

    Première saison absolument géniale. On est trop souvent habitué à des révélation finales décevantes (super montée en puissance parce que les Américains sont bons à ça, puis plouf)... mais celle de la s01 de The Sinner parvient, miracle, à ne pas. Tout fait tellement sens, tout est si bien ficelé, et les acteurs font un si bon boulot (Pullman, of course, et Jessica Biel, qui aurait cru ?!) qu'il est carrément recommandé de voir cette saison DEUX fois, le revisionnage étant une expérience très intéressante.
    Deuxième saison : tient la route, mais au bout du compte, tient surtout à l'attachement du spectateur au protagoniste (toujours génial Pullman, dont le personnage continue son développement), à la présence toujours stellaire de l'über-charismatique Carrie Coon, et à la performance du "coupable" (excellent gamin) ; parce que si le dénouement de la s01 était exemplaire, au bout de la s02, on se dit un peu "tout ça pour ça ?", ce qui n'est jamais très bon... Disons que la télévision américaine devrait commencer à se méfier des histoires de secte : peut-être ne sont-elles pas un terreau à intrigues aussi génial que ça... Enfin, ça reste de bonne qualité. Et ne ternit en rien (ou si peu) l'image de la série.
  • 30
    Bande-annonce

    True Detective (2014)

    59 min. Première diffusion : . 3 saisons. Policier, drame et anthologique.

    Série de Nic Pizzolatto avec Matthew McConaughey, Woody Harrelson, Colin Farrell

    --Vu les deux premières saisons--
    À moins d'être totalement réfractaire au genre ou de tenir absolument à se distinguer de la majorité, Il est difficile résister, en toute bonne foi, aux arguments d'acier de TD. Dès le générique, peut-être le plus beau jamais conçu dans l'histoire des séries, on se dit que ça va avoir de la gueule (écouter Far From Any Road et mourir !). Et en un échange, survenant très tôt dans le pilote, entre Hart, pragmatique et jovial M. Tout-le-monde simplement équipé d'un flingue, et Cohle, fusion intimidante de l'obsession maladive et du nihilisme dépressif, donnant au show des airs de buddy-movie des ténèbres, on est sûr que ça va être grand. Ça l'est, dans les grandes lignes. Harrelson est impeccable, McConaughey fait son show. On est en plein cinéma. L'atmosphère est pesante et hypnotique, incarnation filmique du lyrisme chagrin des Doors (à faire passer BrBa pour Space Mountain !), mais le cadre est rempi à ras-bord, les dialogues sophistiqués, le théâtre humain impitoyable (voir les relations entre Hart et son épouse, interprétée par une Michelle Monaghan transfigurée), et la mécanique narrative unique, entretenant un suspense brillant jusqu'au dernier épisode. Alors, un mot concernant ledit dénouement, qui prive TD d'au moins point : comme souvent, il n'aura pas été à la hauteur de ce qui a précédé, décevant les attentes (filière de criminels à grande échelle ?) avec un final réducteur rappelant les films de tueurs en série post-Se7en du genre Kiss The Girls. Mais bon, ça n'entame pas la brillance de ce qui a précédé. Ni le souvenir des fesses de déesse d'Alexandra Daddario. Fallait pas les oublier, celles-là.
    Update saison 2 : Je ne partage pas vraiment le virulent retour de bâton dont cette dernière a été victime, souvent de la part de fans à l'émotivité d'adolescente, aussi prompts à encenser démesurément qu'à enterrer impitoyablement. En fait, cette saison est un peu le négatif photo de la première : ça commence plutôt mal, l'intrigue ne captive pas, les personnages ne convainquent pas, et ça dure, un, deux, trois épisodes... puis vient un impressionnant morceau de bravoure qui change la donne, qui étoffe chaque personnage, et le show monte en puissance jusqu'à une conclusion aussi noire (on insiste bien là-dessus...) que satisfaisante (tout est bouclé, les personnages ont évolué, le pot-aux-roses ne déçoit même pas !). Au passage, Vince Vaughn est étonnamment génial en gangster qui ne s'assume pas.