Terrence Malick - Commentaires

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8 films

par Thaddeus

Un ermite génial, le grand sorcier du cinéma mondial, qui n'en finit pas d'éblouir, de bouleverser et d'émerveiller avec ses splendeurs filmiques ciselées avec amour, pendant des années, et qui tombent du ciel comme des cadeaux bénis. Jamais sans doute depuis Kubrick un cinéaste n'avait atteint une telle aura, dans l'attente qu'il génère, dans la fébrilité qui accompagne chacun de ses chefs-d’œuvre. Il est un immense plasticien, le grand poète actuel du septième art, perpétuant une tradition à la fois follement romanesque et éperdument lyrique, et dressant l'un des plus beaux portraits que le cinéma ait offert de la destinée humaine, envisagée au cœur de la marche du monde. Ses derniers films, qui ont sabré sa réputation de rareté, accusent cependant une crise d’inspiration qui pourra très vite s’avérer dangereuse.

Mon top :

1. La ligne rouge (1998)
2. Les moissons du ciel (1978)
3. Le nouveau monde (2005)
4. The tree of life (2011)
5. La balade sauvage (1973)

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    La Balade sauvage (1973)

    Badlands

    1 h 34 min. Sortie : . Policier, drame et road movie.

    Film de Terrence Malick avec Martin Sheen, Sissy Spacek, Warren Oates

    Séances de cinéma (1 salle)
    Ode à l’Amérique campagnarde, romance désenchantée entre deux adolescents asociaux, poème mélancolique tiré d’un fait divers dont le cinéaste ne retient que la folie panthéiste, ce premier film magistral prend à rebours l’angélisme hollywoodien et instaure un malaise assez indéchiffrable en filmant le trajet sanglant de son couple maudit comme une robinsonnade idyllique, faite du goût de l’instant et de la jouissance de sa propre autonomie. L’odyssée meurtrière est vécue tel un conte de fées, la nature perçue comme un refuge à la fois chéri et malmené, tandis que la voix off naïve et sereine de son héroïne confère au parcours le parfum doux et élégiaque d’un rêve inexprimé, d’un paradis perdu. C’est ce qui s’appelle un coup d’éclat, et l’affirmation d’un style à nul autre pareil.
    Top 10 Année 1973 : http://lc.cx/AUH
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    Les Moissons du ciel (1978)

    Days of Heaven

    1 h 34 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Terrence Malick avec Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard

    Séances de cinéma (1 salle)
    Magnifique mélodrame rural où la splendeur de la faune et de la flore s’oppose aux aspirations dérisoires des migrants, où la prairie perdue, saccagée par la folie des hommes, figure l’Eden mythique, et où l’éblouissante symphonie des images restitue le processus des mutations culturelles et sociales tant comme principe mythique que comme cycle évolutif. Quelques part entre Murnau, "La Nuit du Chasseur" et les toiles de Hopper ou Wyeth, Malick laisse éclater une sensibilité de poète sans aucun équivalent dans le cinéma américain : le prosaïque s’y mesure constamment avec le cosmique, le réalisme avec le romantisme, l’apocalypse (invasion de sauterelles, lanternes feu follet, ténèbres) s’oppose aux lignes douces d’un demi-jour magique, le long d’une tragédie intemporelle où se jouent l’amour, la jalousie, la mort et les passions qui embrasent les hommes.
    Top 10 Année 1978 : http://lc.cx/Awk
  • Bande-annonce

    La Ligne rouge (1998)

    The Thin Red Line

    2 h 50 min. Sortie : . Guerre et drame.

    Film de Terrence Malick avec Jim Caviezel, Sean Penn, Elias Koteas

    Séances de cinéma (1 salle)
    Un gouffre de vingt ans, et le plus extraordinaire retour que le cinéma ait connu. Face à l’aube rosée, un colonel cite Homère avant de donner l’assaut ; le visage d’un cadavre enseveli sous l’humus retourne à la poussière originelle ; un oisillon tombe mort-né au milieu des explosions ; un palétuvier naissant, racines apparentes, se confond entre le ciel et la terre… Mélopée envoûtante, magnifiant un éden mélanésien aux grâces de paradis perdu, cet immense poème élégiaque semble puiser sa splendeur éthérée de quelque espace-temps éloigné, inventer le cinéma à chaque plan, exprimer l’indicible en une symphonie animiste, d’un lyrisme cosmique et torrentiel. L’artiste y chante et exalte l’expérience universelle de l’homme dans le cycle de l’univers, à travers un oratorio panthéiste qui fonde êtres et nature en une unité organique, et où tout – corps, paysages et voix – paraît résonner et briller pour la dernière fois. Sublime et bouleversant.
    Top 10 Année 1998 : http://lc.cx/UPA
  • Bande-annonce

    Le Nouveau Monde (2005)

    The New World

    2 h 12 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et romance.

    Film de Terrence Malick avec Colin Farrell, Q'orianka Kilcher, Christopher Plummer

    Séances de cinéma (1 salle)
    Une fois de plus, les mots sont peu de choses face à cet opéra cosmogonique où le souffle du vent répond au questionnement existentiel et aux affects des personnages. Malick filme les vibrations de l'amour avec la délicatesse d'un papillon, suggère la naissance malade de l’Amérique, la permanence d’une civilisation massacrée, la capture et la précarité d’un rêve transporté d’une rive à l’autre, saisit ce moment où l'Ouest cesse d'être un mythe ou une utopie pour entrer dans l'histoire, exalte le jardin de la création en composant un réseau de métaphores, de songes et de fantasmagories qui associe tous les éléments en une unité virginale et panthéiste – jusqu’à un final proprement extatique. Ça pourrait durer six heures, six jours, six mois, c'est l'éternité qui passe le temps d'un film symphonique, céleste et infinitésimal, dont chaque image, chaque plan, chaque seconde tient du miracle.
    Top 10 Année 2005 : http://lc.cx/UPn
  • Bande-annonce

    The Tree of Life, l'Arbre de vie (2011)

    The Tree of Life

    2 h 19 min. Sortie : . Drame et fantastique.

    Film de Terrence Malick avec Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain

    Jamais Malick ne s’était mis autant en danger. Sa marqueterie émotionnelle réverbère un faisceau de souvenirs, de réminiscences, d’impressions amplifiées en une procession d’images purement expressives : le Tarkovski américain réalise ici son "Miroir", une œuvre avant-gardiste actualisant la variation universelle et les systèmes d'interaction théorisés par Vertov. Elle suit une ligne de crête extrêmement fragile, son sublime frise la parodie (le final n’est pas loin de sombrer dans le gagatisme illuminé), mais sa flamme vacillante offre surtout l’extraordinaire ballet cosmique sur "Lacrimosa", les premiers pas de l’enfant, un labyrinthe de sens, de signes, d’échos, de résonances recelant merveilles et richesses infinies. La mini-bataille d’Hernani rappelle qu’à son époque, "2001" aussi avait dû affronter les quolibets.
    Top 10 Année 2011 : http://lc.cx/qET
  • Bande-annonce

    À la merveille (2013)

    To the Wonder

    1 h 52 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Terrence Malick avec Ben Affleck, Olga Kurylenko, Javier Bardem

    Séances de cinéma (1 salle)
    Le cinéaste poursuit une quête éminemment personnelle, systématise un langage délesté de toute caractérisation psychologique et se replie à l’échelle intimiste du sentiment amoureux, ses variations, sa fragilité. Régulièrement il franchit la frontière démarquant l’inspiration de l’auto-caricature. Mais la pureté cristalline de ses images, leur faculté à produire sens et émotion en captant des instants volés à la beauté du monde, dépassent la naïveté du propos. Si tout le film n’est pas à la hauteur de la superbe première heure, si les limites de ce cinéma mystique n’ont jamais parues aussi flagrantes, la dimension déceptive de l’ensemble, à laquelle Olga Kurylenko apporte sa sublime présence, s’accorde au voile du doute et du regret qui traverse toute l’œuvre de l’auteur – le voile de la mélancolie.
  • Bande-annonce

    Knight of Cups (2015)

    1 h 58 min. Sortie : . Drame.

    Film de Terrence Malick avec Christian Bale, Cate Blanchett, Natalie Portman

    Pas une seconde on ne doute que le Texan soit derrière la caméra, ce qui constitue ici un sérieux problème. Car ce que l’on pouvait redouter s’est produit : la centrifugeuse malickienne est devenue une machine à générer de splendides images, qui tourne sur elle-même comme un derviche cinglé sans jamais avoir vraiment de prise sur quoi que ce soit, et qui finit par exploser en plein vol. Larguant définitivement les amarres de toute accroche narrative ou dramatique au profit d’une épuisante hémorragie visuelle, parfois saisissante dans sa capacité à saisir une effervescence, une frénésie, un morcellement très contemporains, l’œuvre s’offre comme un long flux ectoplasmique de visions-clichés, de silhouettes vides, de ruminations absconses, dont les préoccupations existentielles flirtent avec l’ego-trip.
  • Bande-annonce

    Song to Song (2017)

    2 h 09 min. Sortie : . Drame, comédie musicale et romance.

    Film de Terrence Malick avec Ryan Gosling, Rooney Mara, Michael Fassbender

    En s’aventurant dans un ésotérisme liturgique affranchi de la moindre pesanteur affective, le précédent long-métrage marquait une crise dangereuse. Ce film-ci la résout en grande partie, fondé sur l’élément crucial à toute entreprise cinématographique accomplie : un centre de gravité émotionnel. L’expression de Malick tient plus que jamais de la fragmentation poétique et de la polyphonie intérieure, pensées intimes et sensations fugaces fondues en un même flux spiritualiste, une même mélodie obsessionnelle du toucher, du murmure, de l’évanescence, de la béatitude contrariée. Mais la clarté émanant de cette initiation sentimentale répond d’une nécessité beaucoup plus sensible, pleinement en accord avec la fragilité d’êtres amoureux mais inquiets et fébriles, bien revenus parmi les hommes.