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Tim Burton - Commentaires

Avatar Thaddeus Liste de

17 films

par Thaddeus

Il fut dans les années 90, avec Tarantino peut-être, le plus cinéaste américain le plus brillant et inspiré de sa génération. Sa personnalité très originale, d’une grande sensibilité, la puissance poétique et visuelle de son univers, en ont fait l’un de mes auteurs chéris. Depuis près de vingt ans, il n’est plus que l’ombre de lui-même, ressassant ses motifs en une litanie morose et sans vie. Comme Tarantino encore une fois (mais pour des raisons radicalement différentes), il constitue aujourd’hui le plus beau cimetière de mes espoirs déçus.

Mon top :

1. Batman, le défi (1992)
2. Edward aux mains d’argent (1990)
3. Batman (1989)
4. Ed Wood (1994)
5. Sleepy Hollow (1999)

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    Pee-Wee Big Adventure (1985)

    Pee Wee's Big Adventure

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Tim Burton avec Paul Reubens, Elizabeth Daily, Mark Holton

    Costume prince de Galles étroit et papillon rouge, visage lisse et pâleur sans doute congénitale, Pee Wee est, avec son masque maquillé du muet, ses mille traits empruntés à une tradition qui court de Buster Keaton à Tati en passant par Jerry Lewis, un anachronisme ambulant. Seul habitant de sa planète régressive, ce pierrot pas très gai passe son temps à bricoler sa vie et laisse émerger, entre deux bouffées de poésie, le délire excentrique d’un enfant attardé ne vivant que par la farce et attrape. Le vol de son rutilant vélo constitue le point de départ d’une odyssée délirante et frénétique qui le conduit à travers quelques lieux typiques de l’Amérique – jusqu’à Alamo et Hollywood. Une fantaisie burlesque, potache, colorée et gorgée d’inventions visuelles, portant déjà la marque d’un univers tout personnel.
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    Beetlejuice (1988)

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie et fantastique.

    Film de Tim Burton avec Alec Baldwin, Geena Davis, Michael Keaton

    Séances de cinéma (1 salle)
    Adam et Barbara passent de vie à trépas : ce sont des choses qui arrivent. Mais lorsqu’ils découvrent que le monde des morts a ses obligations, ses contraintes et sa paperasse, l’affaire se complique. Entre Wilder (pour la peinture de la société américaine) et Mélies (pour la poésie sommaire des trucages), Burton emprunte à l’expressionniste et au cartoon, lâche la bride à sa tendresse morbide et à son humour noir, et donne un bon coup de décapant, par un judicieux principe d’inversion, à l’approche traditionnelle des histoires de fantômes. Le film n’est pas avare en délire et en trouvailles, parfaitement aiguillé par les débordements déchaînés de Michael Keaton, mais on peut aussi le trouver trop foutraque, estimer qu’il ne canalise pas suffisamment son énergie et que sa cohésion en souffre quelque peu.
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    Batman (1989)

    2 h 06 min. Sortie : . Action et fantastique.

    Film de Tim Burton avec Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger

    Séances de cinéma (3 salles)
    L’un des films les plus chers et les plus vus de ma jeunesse, auquel je vous un amour immodéré. Beaucoup estiment qu’il s’est fait ringardisé par la franchise de Nolan ; pour ma part je suis toujours aussi dingue de ses figures de BD stylisées, du score galvanisant d’Elfman, de son esthétique entre expressionnisme et art contemporain. Nicholson fait des étincelles en Joker grimaçant, les chansons de Prince distordent le spectacle en kermesse très particulière, et Burton accouche d’authentiques fulgurances, particulièrement lorsqu’il transforme Gotham en carnaval baroque et décadent. La fascination jubilante qu’exerce cette fantaisie crépusculaire se résume ainsi par l’enthousiasme fou avec lequel il balaie et fond fondre la culture américaine du passé en réalisant l’imaginaire de tous les enfants en deuil que nous sommes.
    Top 10 Année 1989 : http://lc.cx/UVV
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    Edward aux mains d'argent (1990)

    Edward Scissorhands

    1 h 45 min. Sortie : . Drame, fantastique et romance.

    Film de Tim Burton avec Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest

    Séances de cinéma (1 salle)
    "Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur", Edward chuchote, avec la douceur d’un flocon, la beauté des laids, leur besoin d’affection, la noirceur des banlieues pastels. Fort d’une palette délicate et subtile, Burton nourrit le conte d’un merveilleux éperdu, mêlé d’une cruauté qui fend le cœur, et rejoint sans coup férir l’éternité des légendes – ce que suggère exemplairement la scène de gravure dans la glace, pur instant de féérie. Faisant aujourd’hui figure de classique, ce conte cruel et acidulé, drôle et mélancolique, est un ovni complet dans le paysage du cinéma américain, un poème sentimental, satirique, sublimé par l’imaginaire fécond et la sensibilité écorchée d’un artiste profondément antoconformiste qui, à trente ans, témoigne à la fois d’un univers esthétique et d’une vision de l’humanité, du monde et des choses qui n’appartiennent qu’à lui.
    Top 10 Année 1990 : http://lc.cx/UuE
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    Batman : Le Défi (1992)

    Batman Returns

    2 h 06 min. Sortie : . Action et fantastique.

    Film de Tim Burton avec Michael Keaton, Michelle Pfeiffer, Danny DeVito

    Séances de cinéma (3 salles)
    Deux ans plus tard, Burton est travaillé par des forces tourmentées, ravageant de l’intérieur le spectacle hollywoodien qu’il est censé servir et privilégiant l’art du portrait sur la narration linéaire, la rêverie funèbre sur l’unité dramatique, la morbidité joyeuse sur le discours majoritaire. Ses héros sont des êtres malades, poignants, sexués, son inspiration rend grâce aux humiliés et aux déviants, aux ombres baroques et aux divagations inquiétantes, creuse les fêlures et l’altérité d’une humanité souffrante, et porte à son zénith une poésie mélancolique sans équivalent. Ce second volet de la franchise est une splendeur gothique et sauvage qui réunit toutes les obsessions du réalisateur et porte à sa quintessence son génie visuel, sa poésie singulière, son exubérance fellinienne. Chef-d’œuvre subjectif – et Eros d’Or pour l’ensorcelante Michelle.
    Top 10 Année 1992 : http://lc.cx/UPx
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    L'Étrange Noël de Monsieur Jack (1993)

    The Nightmare Before Christmas

    1 h 16 min. Sortie : . Animation, fantastique, comédie musicale et musique.

    Long-métrage d'animation de Henry Selick avec Daniel Beretta, Richard Darbois, Chris Sarandon

    C’est un rêve vieux de dix ans que Burton porte ici à l’écran avec le très brillant concours technique et artistique de l’animateur Henry Selick. Dans un univers plastique aux milles merveilles qui tient de Chagall et du "Magicien d’Oz", il développe une fable poétique qui oppose, tels le monde de la lumière et le monde des ténèbres, deux Amériques : l’une, turbulente, sauvage, hirsute, hétérogène, celle d’Halloween ; l’autre, répétitive, monotone, fade, totalitaire, celle de Noël. Manière d’explorer au travers d’autres moyens, avec un humour satirique et une grâce burlesque rendue étonnante par le score de comédie musicale d’Elfman, cet univers féérico-macabre qui lui est propre, mélange doux-amer de mélancolie et d’humour, d’amertume et d’excentricité, de folie contrôlée et de démesure intime.
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    Ed Wood (1994)

    2 h 07 min. Sortie : . Biopic, comédie et drame.

    Film de Tim Burton avec Johnny Depp, Martin Landau, Bill Murray

    Dernier chapitre de l’ode consacrée par Burton à ses freaks magnifiques, marginaux et doux rêveurs que la différence exclut du monde normalisé. Dans un noir et blanc au grain somptueux, le cinéaste poétise et transfigure le réel en une exaltation de la persévérance et de la concrétisation des rêves. Tâcheron hurluberlu, Ed Wood rencontre Welles dans un bar, qui lui enseigne l’importance qu’il y a à rester intègre vis-à-vis de soi-même. Il est hypnotisé par son idole Bela Lugosi et par ses inimitables "Bivèèèrrre… bivèèèrrre…" : la magie opère, laissons-la durer. A la fin, il assiste à la projection triomphale de son film, un chef-d’œuvre forcément, puisqu’il y a mis toute son âme. Autant de scènes splendides, qui font de cette œuvre lumineuse le plus euphorisant des chants d’amour au cinéma.
    Top 10 Année 1994 : http://lc.cx/UPY
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    Mars Attacks ! (1996)

    1 h 46 min. Sortie : . Comédie et science-fiction.

    Film de Tim Burton avec Jack Nicholson, Glenn Close, Annette Bening

    C’est dans un régal de couleurs saturées, une superbe esthétique bariolée, que Burton transforme l’Amérique en cour de récré pour sales gosses et réactive tout un bric-à-brac de SF désuet. Si elle s’en prend aux travers et aux icônes d’un pays ivre de spectacle, la satire tient davantage de la farce, plus malicieuse que subversive, plus iconoclaste que féroce, et témoigne d’une tendresse pour les franges les moins défendables de la sous-culture qui la rapproche presque d’un John Waters pop art. De là naît la poésie incongrue du film, sa bouffonnerie impertinente, sa beauté singulière, avec ses soucoupes en ordre d’attaque qui avancent sur une musique guillerette, sa créature étrange ondulant dans les couloirs de la Maison Blanche, ou sa tête coupée qui embrasse une femme au corps de chien.
    Top 10 Année 1996 : http://lc.cx/cTf
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    Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête (1999)

    Sleepy Hollow

    1 h 45 min. Sortie : . Aventure, fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Tim Burton avec Johnny Depp, Christina Ricci, Miranda Richardson

    Séances de cinéma (1 salle)
    Avec ce superbe conte fantastique, le cinéaste prouve qu’il est notre dormeur du val. Le film procure un envoûtement permanent, construit une espace rationnel en ruines, comme en proie au sabbat d’une défiguration progressive de tout et de tous. Burton s’affirme une nouvelle fois comme un plasticien virtuose, un véritable poète de l’imaginaire : son univers gothique, brumeux et ensorcelant, qui ne sombre jamais dans la pose graphique, est incrusté à chaque instant d’une enivrante puissance évocatrice. Surtout, en plongeant dans les racines d’une Nouvelle-Angleterre puritaine mais hantée par ses fantômes, en suivant le périple initiatique d’un homme raisonnable et déductif qui se laisse fasciner par le merveilleux, il développe un propos d’une belle amplitude, à la fois politique et psychanalytique.
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    La Planète des singes (2001)

    Planet of the Apes

    1 h 59 min. Sortie : . Science-fiction.

    Film de Tim Burton avec Mark Wahlberg, Tim Roth, Helena Bonham Carter

    La fin de l’état de grâce. Pour la première fois phagocytée par les contraintes d’un énorme budget, la personnalité de Burton s’efface au profit d’une mécanique standardisée, un gros spectacle parfaitement huilé mais sans réelle plus-value. Peut-être lui-même convaincu qu’il lui faut réfréner ses ardeurs pour illustrer la fable simiesque sans la trahir, le cinéaste verse du Coca-Cola dans son nectar habituel, glissant quelques surprises, quelques notations vaguement originales dans un florilège de personnages et de situations convenus. On peut toujours cerner ça et là des enjeux réflexifs (encore que, malgré son sujet en or, le film ne dise rien sur le rapport entre humanité et animalité), mais il est difficile d’y voir autre chose qu’un blockbuster de série. Dans son genre, il est efficace et plutôt rondement mené.
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    Big Fish (2003)

    2 h 05 min. Sortie : . Aventure, drame et fantastique.

    Film de Tim Burton avec Ewan McGregor, Albert Finney, Billy Crudup

    Le cirque, l’enfance, les contes, le drame douloureux de la différence agglomérés le long d’un voyage fantasque, semé de terreurs et de merveilles. Peut-être Burton tente-t-il de se racheter après l’échec artistique du film précédent en revenant à un cadre plus identifiable : celui des "freaks" en pagaille, de la fuite dans l’imaginaire, de la doublure du monde réel par son reflet carrolien. La méditation sur le rapport filial, l’autoportrait de l’artiste en mythomane forcené et la perte d’innocence d’un jeune homme confronté à l’éternelle candeur de son père sont touchants, et même d’une franchise nouvelle dans sa façon d’aborder la maturité. Hélas, la poésie féérique du film semble étrangement fabriquée, comme si le cinéaste inventoriait son univers en oubliant d’y insuffler la magie nécessaire..
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    Charlie et la Chocolaterie (2005)

    Charlie and the Chocolate Factory

    1 h 55 min. Sortie : . Aventure, comédie et fantastique.

    Film de Tim Burton avec Johnny Depp, Freddie Highmore, David Kelly

    Évidemment il y a le personnage de Willy Wonka, asocial éternel et marginal rêveur qui agrandit la galerie des héros burtoniens. Certes l’enfance y est une fois de plus égratignée avec une joyeuse ironie, dans une logique de dynamitage du conte classique bien dans la lignée des opus précédents. Bien sûr le réalisateur fait dérailler l’univers acidulé attendu et tire vite à boulets rouges sur la famille et les caprices de petits monstres tout de possession, de gourmandise, de destruction ou d’ego. Mais voilà : lorsque, débutant entre Dickens et les Monty Python, le film prend le virage du numérique, qu’il souscrit à une esthétique gamine d’un goût douteux proche des "Teletubbies" et qu’il se ponctue d’interludes musicaux dignes d’un mauvais dessin animé, l’amertume ne naît pas seulement du propos.
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    Les Noces funèbres (2005)

    Corpse Bride

    1 h 17 min. Sortie : . Animation, fantastique, comédie musicale et romance.

    Long-métrage d'animation de Tim Burton et Mike Johnson avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Emily Watson

    Séances de cinéma (1 salle)
    Douze ans après "L’Étrange Noël de Monsieur Jack", Burton revient à l’animation et adapte un conte victorien qui en est quasiment le décalque et lui permet de laisser libre cours à toute son extravagance macabre : dans une tératologie complexe, les méchants arborent corps tordus, bosses, têtes énormes et nez en patate ; des squelettes borgnes font circuler leur œil unique d’une orbite à l’autre ; des cheveux bleus de laine s’étendent sur une poitrine siliconée mais cadavérique… Le goût du paradoxe cher à l’auteur, qui confronte le monde triste et monochrome des vivants à celui trépidant et coloré des morts, apportent sa singularité à un film techniquement sans défaut et d’une belle inventivité plastique, mais dont le côté best-of (poésie morbide, empilement de figures burtoniennes) nuit à la spontanéité.
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    Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (2007)

    Sweeney Todd - The Demon Barber of Fleet Street

    1 h 56 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur, comédie musicale et thriller.

    Film de Tim Burton avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman

    Séances de cinéma (1 salle)
    Cette fois-ci le verdict est sans appel : le cinéaste en est réduit à grossir le trait jusqu’à la caricature, à repomper les motifs d’un style déclinable à la manière d’un parc d’attractions ou d’un cd-rom, à survoler des créations devenues plages de chromos. Il n’est plus un artiste inspiré mais le prisonnier d’un univers totalement vidé de son âme et de sa substance. Véritable catalogue de stéréotypes (noirceur en toc, gothique artificiel, tourments décharnés), le film accumule les images numériques en une litanie laborieuse du petit Burton illustré, et plonge dans la sinistrose putride de ses situations jusqu’à l’écœurement, sans jamais insuffler à son intrigue la moindre étincelle de vie. Le dernier plan est certes d’une beauté terrible, mais il ne fait que souligner davantage l’inanité de tout ce qui le précède.
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    Frankenweenie (2012)

    1 h 27 min. Sortie : . Animation, comédie et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Tim Burton avec Henri Bungert, Pierre Tessier, Rafaèle Moutier

    Mes retrouvailles un peu craintives avec un auteur dont j’avais volontairement évité les précédents films. On le sent plutôt ragaillardi, sans doute dopé par les composantes d’un univers qui tient moins de la parodie que de la réactivation désuète des fondamentaux de l’artiste, quelque part entre le goût des poupées cassées à l’œuvre dans "Edward" et la tendresse pour le bricolage cahoteux d’un "Ed Wood". Rien ne dépasse ni ne déraille du programme, tout est sagement orchestré dans son imaginaire poétique et son bestiaire de créatures gentiment ténébreuses, les références frisent la surcharge par leur côté répétitif, et le conte s’achève même sur une note moralo-réconciliatrice au goût mielleux. Mais il est suffisamment inventif et soigné pour se hisser au-dessus des déceptions antérieures.
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    Miss Peregrine et les Enfants particuliers (2016)

    Miss Peregrine's Home for Peculiar Children

    2 h 07 min. Sortie : . Fantastique et aventure.

    Film de Tim Burton avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson

    L’univers burtonien ayant été édulcoré par son propre auteur au rang de formule manufacturée, on pourrait en être à se demander s’il n’est pas souhaitable de le voir se livrer à un produit aussi neutre et impersonnel. Encore faudrait-il que l’entreprise offre davantage qu’une énième aventure digitalisée au pays de l’enfance marginale, dont le terrain a été largement exploité par maints épisodes d’"X-Men" ou d’"Harry Potter", et qu’elle ne se plie pas docilement au cahier des charges narratif et esthétique d’une production hollywoodienne moyenne, réalisée avec un savoir-faire éprouvé. Quelques moments de terreur réussis (tout ce qui a trait aux Sépulcreux), la présence relevée d’Eva Green, un rythme soutenu qui préserve de l’ennui évitent toutefois à ce coup d’épée dans l’eau de sombrer dans la médiocrité.
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    Dumbo (2019)

    1 h 52 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Tim Burton avec Colin Farrell, Michael Keaton, Danny DeVito

    Séances de cinéma (195 salles)
    Une fois acceptée l’hypothèse opportuniste de l’entreprise consistant à relifter l’un des titres les plus populaires du catalogue Disney, il faut admettre la conviction dont témoigne cette fantaisie débridée où Méliès se conjugue avec le numérique, où l’artisanat du lavis épouse le lissé du digital, et où les exigences du budget n’entrent jamais en conflit avec l’efflorescence de l’émotion. Parce que Burton avait à cœur d’insuffler à la féérie ses figures imposées de la marginalité, que l’accumulation des péripéties et des personnages incarnés nourrissent la déclaration d’amour au spectacle vivant qui structure le propos, que la vertu de la fable est préservée sans excès de moralisation lénifiante, le film s’offre bel et bien comme la réussite modeste mais touchante que l’on n’attendait plus de la part de l’auteur.