Top 10 - 1951

Avatar Thaddeus Liste de

10 films

par Thaddeus

Ils auraient pu figurer ici mais ils restent sur le banc (films notés 8/10 minimum) :

"Capitaine sans Peur" de Raoul Walsh
"Convoi de Femmes" de William A. Wellman
"La Flibustière des Antilles" de Jacques Tourneur
"L'Inconnu du Nord-Express" d'Alfred Hitchcock

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  • 1
    Bande-annonce

    Été précoce (1951)

    Bakushu

    2 h 04 min. Sortie : . Drame.

    Film de Yasujirô Ozu avec Setsuko Hara, Chishû Ryû, Chikage Awashima

    Pièce majeure, infiniment sensible et délicate, pour le chantre des mutations sociales japonaises et de cette époque moderne qui menace la famille de dissolution. Cinéaste à la fois spirituel et matérialiste, pour qui l’identité du moi dépend des rapports que l’on entretient avec les autres, Ozu s’affirme plus que jamais poète du sentiment infinitésimal, sismographe de la vie ordinaire et de cette quête d’équilibre qui permet à l’homme d’accepter sa place dans le cours irrémédiable des choses.
  • 2
    Bande-annonce

    Le Fleuve (1951)

    The River

    1 h 39 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Jean Renoir avec Nora Swinburne, Esmond Knight, Arthur Shields

    Renoir avait composé des fugues, des septuors, des concertos ; il offre cette fois la symphonie. Du manoir au jardin et à la jungle, la couleur apporte son éclat élémentaire : l’ocre et le rouge se combattent, le bleu et le vert disent une note plus sombre. Quant à l’arbre sacré, il témoigne de la persistance d’une sauvagerie obscure dans le monde civilisé. Autant que la communion cosmique et les beautés du paradis perdu, le film chante ainsi le consentement de la nature à l’humaine condition.
  • 3
    Bande-annonce

    Pandora (1951)

    Pandora and the Flying Dutchman

    2 h 02 min. Sortie : février 1951. Drame et romance.

    Film de Albert Lewin avec James Mason, Ava Gardner, Nigel Patrick

    Une goélette blanche au pied d’un ténébreux monolithe celte, une voiture de course qui fuse sur la plage, un orchestre de jazz jouant un charleston parmi des statues grecques, une corrida au clair de lune et des arcades ouvertes sur le large, un sablier foudroyé et un manuscrit trouvé dans des ruines… Images à la Chirico ou à la Dali, qui nourrissent de leur exotisme baroque ce poème nervalien où l’amour cesse d’être un jeu pour devenir une épreuve, une promesse par-delà le temps et l’espace.
  • 4
    Bande-annonce

    Une place au soleil (1951)

    A Place in the Sun

    2 h 02 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de George Stevens avec Montgomery Clift, Elizabeth Taylor, Shelley Winters

    Être séduisant, c’est bien. Ne pas être riche, ça plombe. Surtout dans un pays où l’on ne tolère pas qu’un roturier, si honnête soit-il, ait voulu conquérir le rêve défendu de la splendeur endiamantée. Du coup, la chronique de l’american dream se met à déconner bien fort, et s’achève dans une ironie amère : celle de se retrouver condamné pour un meurtre que l’on n'avait que songé à commettre. Un luxueux et implacable psychodrame sur la passion, la condition sociale et les rets de la fatalité.
  • 5

    Le Gouffre aux chimères (1951)

    Ace in the Hole

    1 h 51 min. Sortie : . Drame et film noir.

    Film de Billy Wilder avec Kirk Douglas, Jan Sterling, Robert Arthur

    En disant qu’il n’y a pas d’audience sans auditeurs, Wilder délivre la clé de ses intentions : dans ce film-démonstration où personne n’est aimable, le public participe, encourage, se déplace, acteur (ir)responsable d’une monstruosité. Sa place devient le lit de Procuste et c’est à son viol qu’il assiste. L’auteur anticipe ainsi l’émergence d’un cinéma capable d’être déceptif, voire agressif, fait spectacle de la crise du spectacle et laisse nu celui qui regarde. Sans réconciliation possible.
  • 6

    L'Odyssée de l'African Queen (1951)

    The African Queen

    1 h 48 min. Sortie : . Romance, aventure et guerre.

    Film de John Huston avec Humphrey Bogart, Katharine Hepburn, Robert Morley

    Huston montre le courage hors des salves, la victoire non héroïque sur les ennemis peu exaltés de la faune africaine (moustiques et sangsues), la boue, la chaleur et les marécages. Ici le grain de loufoquerie enlève les plans de bataille et force le destin. Que l’effort de Bogart et Hepburn puisse aboutir ou non importe peu : ayant fait ce qu’ils devaient faire pour pouvoir se regarder dans un miroir, ils découvrent que pour chacun d’eux le miroir c’est l’autre. On doit appeler cela l’amour.
  • 7

    La Charge victorieuse (1951)

    The Red Badge of Courage

    1 h 09 min. Sortie : . Guerre.

    Film de John Huston avec Audie Murphy, Bill Mauldin, Douglas Dick

    Des troupes qui marchent, avancent, reculent, repartent, croisent des colonnes de blessés avant de se heurter pour s’anéantir : l’éternelle et misérable réalité de la guerre, cernée de près avec une sorte de frange irréelle. Le soldat tente désespérément de retarder l’inévitable ; sa lâcheté n’est qu’une réaction organique de défense ; son courage un renoncement à toutes les valeurs, la peur devenue intolérable qui abolit jusqu’à la volonté de vivre. Un constat sec et sévère comme une rafale.
  • 8
    Bande-annonce

    La Chose d'un autre monde (1951)

    The Thing from Another World

    1 h 27 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Christian Nyby et Howard Hawks avec Robert Cornthwaite, Douglas Spencer, James R. Young

    La présence d’une jeune femme au milieu d’un groupe d’hommes, qui remet en question la répartition du rôle entre les sexes, c’est Hawks. Les protagonistes défendant des convictions contraires à celles que l’on attend d’eux, c’est encore Hawks. Le jeu subversif avec les stéréotypes de l’ennemi communiste, le commentaire ironique sur les machinations d’un pays pris de paranoïa, c’est toujours Hawks. Quant à la tension et à l’efficacité brute du récit, c’est la marque d’une SF de la meilleure eau.
  • 9

    Le Banni des îles (1951)

    Outcast of the Islands

    1 h 42 min. Sortie : . Aventure et drame.

    Film de Carol Reed avec Ralph Richardson, Trevor Howard, Robert Morley

    Lorsque l’homme s’exile au bout du monde, c’est généralement pour y trouver sa rédemption. Willems, chenapan méprisé par ses pairs, tombé sous le mainmise d’une beauté exotique et de ses propres démons, ne parviendra sur cette île à l’écart de la civilisation qu’à perdre son âme. Servi par une superbe photographie expressionniste, Reed raconte son parcours en une sinusoïde envoûtante qui ne fait aucun compromis avec la facilité et puise aux sources les plus irrationnelles des passions humaines.
  • 10

    La Femme à abattre (1951)

    The Enforcer

    1 h 30 min. Sortie : . Film noir et policier.

    Film de Raoul Walsh et Bretaigne Windust avec Humphrey Bogart, Zero Mostel, Ted de Corsia

    Séances de cinéma (1 salle)
    Pour la première fois dans le cinéma américain, on employait le mot "contrat" pour désigner la froide élimination d’un individu risquant de rompre l’omerta. Signe d’une violence qui s’insinue partout mais que l’on ne voit jamais, à l’image de la lanière de cuir sur laquelle un coiffeur affûte son rasoir et où la main du tueur vient le remplacer. Volontiers pervers, précis et redoutable comme un prédateur enserrant sa proie, ce thriller serré comme un expresso est le film d’une brute raffinée.