Top 10 - 1955

Avatar Thaddeus Liste de

10 films

par Thaddeus

Ils auraient pu figurer ici mais ils restent sur le banc (films notés 8/10 minimum) :

"À l’Est d’Eden" d'Elia Kazan
"Les Contrebandiers de Moonfleet" de Fritz Lang
"La Fureur de Vivre" de Nicholas Ray
"Le Grand Couteau" de Robert Aldrich
"Lola Montès" de Max Ophüls

Et d'autres…

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  • 1
    Bande-annonce

    La Nuit du chasseur (1955)

    The Night of the Hunter

    1 h 32 min. Sortie : . Drame, thriller et film noir.

    Film de Charles Laughton avec Robert Mitchum, Shelley Winters, Lillian Gish

    S’il ne devait rester qu’un seul film pour résumer l’histoire du cinéma, de ses racines virginales à l’extrême richesse de ses niveaux de lecture, ce pourrait être l’étoile filante de Laughton. Aucun mot ne saurait rendre grâce à la féérie ensorcelante de ses images, à leur puissance de fulguration lyrique, à la magie sorcellaire avec laquelle ce poème de l’innocence et de la malédiction tutoie l’essence de nos peurs, de nos rêveries, de nos émerveillements. Le terme sublime a été inventé pour lui.
  • 2
    Bande-annonce

    La Parole (1955)

    Ordet

    2 h 06 min. Sortie : . Drame.

    Film de Carl Theodor Dreyer avec Henrik Malberg, Emil Hass Christensen, Birgitte Federspiel

    Il faut une extrême rigueur morale et esthétique pour parvenir à représenter un miracle à l’écran. En déployant toutes les forces de son cinéma pour atteindre cet instant de tension absolue, le gourou scandinave de l’ascèse transcende la vocation métaphysique d’un art qui ouvre l’austérité au frémissement et la cérébralité à l’approche tangible des différentes attitudes devant la foi. Taillée au plus près de l’âme, cette œuvre vive et fulgurante comme une révélation spirituelle laisse sans voix.
  • 3
    Bande-annonce

    Nuit et Brouillard (1956)

    32 min. Sortie : janvier 1956. Historique et guerre.

    Documentaire de Alain Resnais avec Michel Bouquet, Reinhard Heydrich, Heinrich Himmler

    Il est des films agréables, d’autres beaux, certains magnifiques. Celui-ci est nécessaire, calmement, sincèrement. Depuis qu’on n’y fait plus travailler les fours crématoires, l’herbe a poussé sur les temples du nazisme, des fleurs des champs ornent les sols fertilisés par les cadavres. Mais en rappel surgissent les marques indélébiles de l’actualité, tel ce bulldozer poussant dans un fossé des centaines de corps. Chaque homme vivant sur terre doit voir ce film. Après, peut-être, tout ira mieux.
  • 4
    Bande-annonce

    Tout ce que le ciel permet (1955)

    All That Heaven Allows

    1 h 29 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Douglas Sirk avec Jane Wyman, Rock Hudson, Agnes Moorehead

    Les années 50, une idyllique Amérique pavillonnaire, des voisins charmants et des enfants parfaits : le cauchemar climatisé d’une bourgeoise prisonnière de sa condition sociale et d’un jeune jardinier qui fera fleurir son arbre d’amour. Sirk livre le mélo ultime, infiniment cruel sous sa flamboyance iconographique, aussi implacable que la télévision renvoyant à l’héroïne son reflet d’enterrée vivante, aussi éclatant que le paysage hivernal contemplé de sa fenêtre – vue utopique d’un monde idéal.
  • 5
    Bande-annonce

    Dossier secret (1955)

    Mr. Arkadin

    1 h 36 min. Sortie : . Film noir.

    Film de Orson Welles avec Orson Welles, Michael Redgrave, Patricia Medina

    Film fou, aussi génial que désordonné, fait de bouts de ficelle et télescopant le récit d’espionnage, la comédie policière et la politique. Welles donne à voir une Europe en morceaux, fédérée par l’esperanto cinéma, comme s’il croisait les ruines de Rossellini avec la vision oblique et grotesque de la série B américaine. S’y déroule un feuilleton frénétique à la "Mabuse", dicté par la vitesse (d’information, de déplacement) et que traversent de part en part les obsessions insatiables de l’auteur.
  • 6
    Bande-annonce

    L'Homme de la plaine (1955)

    The Man from Laramie

    1 h 43 min. Sortie : . Drame et western.

    Film de Anthony Mann avec James Stewart, Arthur Kennedy, Donald Crisp

    Cet homme de Laramie est un étranger errant qui pénètre dans un territoire hostile pour y étouffer ses démons. À travers son aventure, Mann déploie un éventail d’échos, de contrastes et d’émotions complexes qui réfute toute lecture harmonieuse. Il introduit une dimension œdipienne dans un cadre tendu et dépouillé, où les cadrages audacieux, les nuages immenses et la nuit tombante semblent figurer l’âme même de personnages lancés au bord de précipices abrupts. Un grand western shakespearien.
  • 7
    Bande-annonce

    Les Diaboliques (1955)

    1 h 57 min. Sortie : . Drame, policier et thriller.

    Film de Henri-Georges Clouzot avec Simone Signoret, Vera Clouzot, Paul Meurisse

    Pour les hypocrites qui entendent défendre la morale en acceptant toutes les conventions et compromissions, Clouzot fait figure d’ange déchu, d’empêcheur d’abêtir en rond, de dangereux espiègle. Dangereux dans la mesure où son talent est incisif et ses desseins inquiétants. Tout en lignes d’ombres et twists affolants, flambées d’humour noir et visions de terreur, glissements étranges et ambigüités vénéneuses, son jeu sadique avec les nerfs brille d’une maîtrise et d’une unité sans reproches.
  • 8

    Sourires d'une nuit d'été (1955)

    Sommarnattens leende

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie et romance.

    Film de Ingmar Bergman avec Ulla Jacobsson, Eva Dahlbeck, Harriet Andersson

    Parce qu’il a compris le sens du mot libertinage, Bergman débarrasse le cinéma de sa ceinture de chasteté. Dans la lumière diffuse du solstice et de la Saint-Jean, ses quatre couples se défont et se refont, franchissent l’innocence et l’imbroglio pour atteindre finalement la clarté. Et ce sont les héroïnes qui offrent au monde leur féminité, la poésie, la légèreté, qui démêlent leurs écheveaux pour mettre à nu toutes les significations, tous les bonheurs, tous les cris libérateurs de l’amour.
  • 9
    Bande-annonce

    En quatrième vitesse (1955)

    Kiss Me Deadly

    1 h 46 min. Sortie : . Film noir.

    Film de Robert Aldrich avec Ralph Meeker, Albert Dekker, Paul Stewart

    Au monde de Spillane, Aldrich, qui se méfie des promiscuités douteuses, a préféré le sien. Grâce à la richesse de son inconscient il met ses angoisses en rêve et fait vrombir un cortège de nuit et de mort dont on sort hirsute. La brutalité d’un univers pestilentiel, la surenchère irraisonnée de la violence et de la peur dictent sa logique à ce film strident, où les ellipses ajoutent à l’horreur de ce qu’on voit celle qu’on devine, et qui éclaire de ses sunlights les abîmes de la chose infâme.
  • 10

    Nuages flottants (1955)

    Ukigumo

    2 h 03 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Mikio Naruse avec Hideko Takamine, Masayuki Mori, Mariko Okada

    Enserré entre deux flash-backs, ce superbe mélo fait le récit quasi immobile de l’après d’une passion, un après trébuchant, balbutiant, condamné à ne se mouvoir que sous le signe de la répétition. Son espace narratif se situe dans le temps suspendu de la douleur, entre le trop tard de l’amour et le trop tôt de la mort. Et s’il n’oublie pas la dimension sociale de son histoire, ce qui requiert avant tout Naruse sont les arcanes du cœur, la confusion des sentiments, la rigueur obstinée du désir.