Top 10 Films

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10 films

par Greenbat85

Ce top 10 diffère quelque peu de ma liste "mes films préférés des quinze dernières années", réalisée vers les débuts de mon profil; d'une part parce que ma culture cinématographique était moindre à l'époque, mais encore parce que, comme le titre l'indiquait, il était avant tout question de gouts personnels, dans des circonstances précises, et avec une définition de "gouts personnels" très générale et superficielle.
La liste ci dessous est nettement plus ambitieuse, repose sur une expérience plus poussée et consciencieuse du cinéma et de ses techniques, qui a brassé une quantité de films improbable.
Aussi, mon barème pour cette liste suggère une prise en compte de critères objectifs ("sur les plans esthétiques, techniques, et thématique") jusqu'à 8/10, mais ne peut qu'admettre à nouveau la subjectivité des gouts, de l'attirance et de l'affect, à partir de 9/10.
J'ai deux manières de noter :

-une qui privilégie le fond (ce que je fais d'habitude), et là je soustrais à la note maximale ce que je perçois de négatif dans le film. Cela peut faire descendre la note de plusieurs points.

-une qui privilégie d'avantage la forme, ce qui est inspirant pour le travail de l'image, et là j'additionne les points à partir de 0, faisant monter la note plus ou moins dans le barème.

Bien-sûr, un film où fond et forme de nourrissent mutuellement c'est un point en plus.
Si j'estime que la note descend trop à cause du traitement thématique, le reste étant en tout point marquant, j'équilibre en cherchant la médiane entre les deux.
Si les deux processus de notation ne se croisent pas, je prends le milieu de la dichotomie formée par les notes.

Pour l'heure, je n'ai encore jamais noté une oeuvre au dessus de cette note, 9/10, le maximum possible symbolisant pour moi non plus seulement un chef d'oeuvre équilibré synthétisant virtuosité des techniques, crédibilité thématique, et mon affection globale pour le sujet et le traitement qui en est fait, mais un "chef-d'oeuvre ultime", peut-être introuvable, qui reste pour moi à l'état de fantasme dans mon esprit probablement trop exigeant.
J'ai rédigé un texte détaillé sur ce que j'entendais par un tel "chef-d'oeuvre ultime" et je me servirai de quelques extraits de celui-ci pour préciser certaines tendances dans mon top 10.

Ceci acquis, passons à quelques commentaires sur le contenu (et sur ce que la liste ne contient pas).
Globalement, je m'en rends compte, la science fiction prend une place importante dans ce top 10, avec pas moins de 5 films (6 en comptant Les Harmonies Werckmeister) qui rentrent dans cette catégorie. C'est presque plus de la moitié du top !
Cela tient certainement à ce que je peux attendre d'un film sur le plan thématique; une preuve supplémentaire que la subjectivité entre en jeu au delà d'une certaine note. Voilà ce que j'en dis dans mon texte sur le "chef-d'oeuvre ultime" :
"le propos peut se diviser en deux dimensions :
-descriptive (celle abordée au dessus), ou il est question d'être le plus objectif aussi bien envers le réel qu'envers la spéculation (et là on peut voir mon intérêt pour la science-fiction).
-créative, soit socialement parlant (et là le cinéma disons "utopique" est assez absent, la mode étant plutôt à la dystopie) soit d'un point de vue purement artistique. "
A ce titre, Alien, le 8ème Passager, de Ridley Scott, faisait initialement partie du top, pour son esthétique réussie parvenant à relier son thème (touchant pour moi) à un symbolisme marquant; mais je l'ai retiré, non pas seulement du fait qu'il faille faire des choix mais aussi parce que les effets spéciaux et le schéma narratif ont quelque peu vieilli, même au regard d'autres films de SF des années 70.
L'autre récurrence dans ce top 10, c'est le genre du réalisme magique (ou fantastique), bien qu'il soit finalement atténué depuis que j'ai retiré Le Temps des Gitans de Emir Kusturica pour cause de la qualité de l'image et du son qui ont également un peu vieilli. C'est effectivement un genre dont je veux tout de même parler car il est important pour moi. Je cite encore une fois le texte :
"-S'il s'agit de thème(s) relatifs à un contexte, la forme la plus libre du film est aussi la plus amplement consciente (proche du naturalisme dirons nous). Elle n'isole pas dans l'absolu un sujet, ou pas de bout en bout, et l'aborde en relation à ce qui fait ce contexte.
Le dit contexte a potentiellement plusieurs dimensions : psychologique, social, culturel, politique, environnemental, scientifique, artistique. Plus le film aborde de dimensions, plus il est riche thématiquement parlant.
(…)
-S'il s'agit de thème(s) universaux ou métaphysiques, la forme la plus libre du film est la plus épurée de contexte, la plus stylisée, potentiellement la plus éloignée de la réalité.
Elle peut se nourrir de toutes sortes de récits : mythiques, fantastiques, philosophiques.
De ce fait, pour moi, la thématique ultime essaye de se composer des deux : l'historique et l'universel, le réel et le fictif, le psycho-social-eco-politico-scientifico-artistique et le mythico-fantastico-philosophique. "
Le Labyrinthe de Pan correspond assez à cet archétype de réalisme magique et fantastique-merveilleux, délivrant une histoire qui s'inscrit complètement dans un contexte historique, décrit un quotidien dans un certain milieu social, avec une psychologie précise de ses personnages, de leurs aspirations politiques, philosophiques, mais aussi un travail particulier sur l'art, et avec l'intervention d'éléments magiques et fantastiques (la frontière est constante), qui empruntent à la mythologie et au merveilleux, le tout sans gratuité mais bien relié, au contraire, au contexte et au propos du film.
Godzilla, de Ishiro Honda (le premier du nom sorti en 1954, pas les suites interminables et de plus en plus burlesques) aborde aussi, mais avec la SF, une diversité de domaines, bien que moins riche que chez Guillermo del Torro, les dimensions historique et scientifique (dont écologique) venant s'ajouter au mythologique et au fantastique (quoique frôlant la SF) pour exorciser, en quelque sorte, le traumatisme du tout récent bombardement atomique d'Hiroshima et Nagasaki.

(Suite de la présentation en commentaire)

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  • 1
    Bande-annonce

    M le maudit (1931)

    M

    1 h 57 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Fritz Lang avec Peter Lorre, Ellen Widmann, Inge Landgut

    Film policier interrogeant les limites de la justice dans l'Allemagne des années 30. Porté par une mise en scène efficace et un expressionisme de bout en bout maîtrisé, le film nous plonge dans une traque aletante où technique policière et arbitraire se succèdent, questionnant la notion de meurtrier, et préfigurant le totalitarisme. Jusqu'au climax, illustrant des débats toujours d'actualité sur le crime et la responsabilité.
  • 2
    Bande-annonce

    Le Labyrinthe de Pan (2006)

    El Laberinto del Fauno

    1 h 58 min. Sortie : . Drame, fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Guillermo del Toro avec Ivana Baquero, Sergi Lopez, Maribel Verdú

    Film de réalisme magique et fantastique empruntant aux genres historique, merveilleux, et horreur, pour traiter du rapport au temps, à la mort, à l'enfance dans la guerre, au franquisme et à la liberté. Un symbolisme à travers l'art, le mythe, et la philosophie qui s'inscrit dans une page de l'histoire de l'Espagne moderne.
  • 3
    Bande-annonce

    Solaris (1972)

    Solyaris

    2 h 47 min. Sortie : . Drame et science-fiction.

    Film de Andreï Tarkovski avec Donatas Banionis, Natalia Bondartchouk, Jüri Järvet

    Film de SF philosophique traitant de la science, de la connaissance, des relations, de l'identité et de la nature humaine face à la mémoire et à l'inconnu. Un travail esthétique, sonore, et photographique, remarquable, au service d'une caméra patiente. Un final qui dépasse la mystique habituelle du cinéaste.
  • 4
    Bande-annonce

    La Montagne sacrée (1973)

    La montaña sagrada

    1 h 49 min. Sortie : . Aventure, fantastique et expérimental.

    Film de Alejandro Jodorowsky avec Alejandro Jodorowsky, Horacio Salinas, Ramona Saunders

    Film surréaliste explorant les thèmes de la spiritualité et de l'aliénation, de la reproductibilité, de la consommation, de l'art, de la propagande, de la force brute, dans un long métrage empruntant tour à tour à la satire sociale et politique, à la performance, et préfigurant la dictature.
  • 5
    Bande-annonce

    Les Harmonies Werckmeister (2000)

    Werckmeister harmóniák

    2 h 25 min. Sortie : mai 2000. Drame.

    Film de Béla Tarr et Agnes Hranitzky avec Lars Rudolph, Peter Fitz, Hanna Schygulla

    Un film postmoderne sur la destruction, le marché, l'idéalisme, l'idéologie, le chaos, l'ordre, le regard, la dignité, laissant place à une caméra curieuse et impartiale via l'usage de plans séquence.
  • 6
    Bande-annonce

    Le Congrès (2013)

    The Congress

    2 h 02 min. Sortie : . Science-fiction, drame et animation.

    Film de Ari Folman avec Robin Wright, Harvey Keitel, Jon Hamm

    Film de SF et d'animation explorant via un commentaire piquant sur les concepts de carrière, de philanthropie, l'évolution de l'industrie cinématographique (petit ou gros budget) et de la technologie en parallèle de celle, éventuelle, de la société capitaliste libérale, du travail, des disparités sociales. Une dimension poétique, personnelle, un style cartoon élaboré soulignant la culture d'un pays et ses idoles.
  • 7
    Bande-annonce

    Matrix (1999)

    The Matrix

    2 h 16 min. Sortie : . Action, science-fiction et arts martiaux.

    Film de Lilly Wachowski et Lana Wachowski avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss

    Film générationnel d'action et de SF qui a popularisé des techniques de cinéma méconnues en Occident et retourné le cerveau de millions de spectateurs avec la simple question : qu'est-ce que la matrice? Une mythologie propre et une philosophie vertigineuse sur le rapport au réel, aux normes sociales-économiques, aux produits de la conscience et de l'activité humaine, parsemée de références à des philosophes modernes et postmodernes tels que Jean Baudrillard, Robert Nozick, et à une théologie prophétique de l'émancipation inscrite dans l'histoire afro-américaine. Une esthétique originale adaptée à un univers musical qui marquent encore aujourd'hui.
    (Note : Matrix pourrait toutefois être candidat n1 pour sauter du top 10 à la faveur d'un film que je noterais 9/10 sans hésitation. Même s'il est esthétiquement, techniquement, et narrativement marquant, il est en effet assez verbeux et abscons à la fois, et, mis à part la réf deux fois explicite au travail de Jean Baudrillard dans Simulacres et Simulation, les autres thèmes sont abordées de façon trop vague, ce qui a pu inspirer n'importe qui, parfois des visions du monde et des valeurs parfaitement antagonistes sinon combattues par les auteurs de Matrix (ce qui me gêne assez). Idem pour le parti pris de décrire un "contrôle absolu" et un "voile placé sur ton regard", ce qui a inspiré tout un tas de thèses conspirationnistes ou de courants violents se référant aux concepts de pillule bleue/rouge (voir la blackpill des incels)).
  • 8
    Bande-annonce

    Godzilla (1954)

    Gojira

    1 h 36 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et science-fiction.

    Film de Ishirô Honda avec Akira Takarada, Momoko Kôchi, Akihiko Hirata

    L'homme face à son oeuvre, à sa propre mythologie, remodelant l'écologie de ses territoires, donnant à l'éthique une dimension nouvelle, dans un Japon fraîchement traumatisé par Hiroshima et Nagasaki. Du cinéma de gigantisme rendu crédible par de simples techniques de montage, de photographie et de costume, auxquelles s'ajoute un grain appuyant l'aspect apocalyptique de l'image.
  • 9
    Bande-annonce

    Brazil (1985)

    2 h 12 min. Sortie : . Drame, fantastique et science-fiction.

    Film de Terry Gilliam avec Jonathan Pryce, Kim Greist, Michael Palin

    Les avantages et inconvénients de l'imaginaire, de l'idéalisme, de l'optimisme bruyant, en régime totalitaire. Un film comique de science fiction à la délicieuse ironie qui joue avec l'esprit, le rêve, la romance, la satire, pour délivrer une quasi-ode à la naïveté. Fourmillant d'idées.
  • 10
    Bande-annonce

    Edvard Munch, la danse de la vie (1974)

    Edvard Munch

    3 h 30 min. Sortie : . Biopic.

    Film de Peter Watkins avec Geir Westby, Gro Fraas, Kerstii Allum

    Documentaire multidimensionnel sur la vie d'un peintre norvégien célèbre. Expérience sociale et de cinéma portant l'ambition d'être au plus près de l'authenticité dans l'interprétation, dans l'expression des divers points de vue. Travail esthétique et de montage plongeant le spectateur dans l'esprit du peintre, ses obsessions, sa subjectivité.