Top 10 Livres selon Marius Jouanny

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10 livres

par Marius Jouanny contribuant au Top 100 livres des Tops 10

Bien qu'aimant lire depuis l'enfance, j'en lis trop peu à mon goût. D'où le fait qu'une bonne partie de ce top 10 soit consacré à des chocs de l'enfance et de l'adolescence, sauf les essais qui s'y sont ajoutés plus récemment. La faute aux 7ème et 9ème arts qui occupent l'essentiel de mon attention, entre autres. Je ne perdrais néanmoins jamais cet intérêt pour la lecture, qui s'est vu récemment agrandie par les essais de philosophie. Et je compterais toujours sur l'été, propice à la lecture en plein air, pour m'y plonger davantage.

Livres ayant quittés ce top depuis sa création :
- Dracula
- Alice aux pays des merveilles
- L'Ile au Trésor
- Les fleurs du mal
- Bilbo Le Hobbit

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  • 1

    Les Trois Mousquetaires

    Sortie : 1844. Roman.

    Livre de Alexandre Dumas

    Le nirvana du roman. Historique, romantique, trépidant, l'imposant pavé de Dumas développe de très nombreuses intrigues et portraits avec justesse, sens du détail et de la dramaturgie. Son écriture théâtrale est un bonheur tellement dialogues et rebondissements s'enchaînent avec fluidité.
  • 2

    Cyrano de Bergerac (1897)

    Sortie : . Théâtre.

    Livre de Edmond Rostand

    Vertigineux de flamboyance verbale.
  • 3

    Au cœur des ténèbres (1899)

    Heart of Darkness

    Sortie : 1899. Nouvelle.

    Livre de Joseph Conrad

    Etant absolument admiratif de l'adaptation (très libre) au cinéma "Apocalyspe Now", il fallait que je m'attaque au livre un jour ou l'autre. Il m'a autant mis sur le cul, pour des raisons radicalement différentes. Les deux ont toutefois en communs de décrire une descente aux enfers hallucinée et profondément évocatrice.
  • 4

    Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale

    Sortie : 1934. Essai et politique & économie.

    Livre de Simone Weil

    Quelle claque ! Je ne sais pas par où commencer, tellement Simone Weil propose à seulement 25 ans une proposition de théorie politique définitive et d'une densité inouïe, en seulement 150 pages. Son but n'est pas de rentrer dans les détails, mais de définir de grands principes novateurs à un usage pratique : que faire pour combattre les oppressions sociales ? L'essai s'articule d'abord comme une synthèse critique sur les différentes formes de domination et la possibilité (remise en question avec une grande lucidité) d'une révolution pour les abolir. C'est pourquoi tout le premier chapitre s'efforce de faire une critique cohérente du marxisme : en prouvant à quel point Marx croyait trop en l'incapacité du capitalisme de survivre à ses propres contradictions, elle démontre le caractère messianique de sa pensée, qui se retrouve logiquement dans la rhétorique stalinienne.

    Elle développe ensuite sa propre analyse du pouvoir, qui ne cessant jamais de transformer ses conditions d'existence échappe à toute caractérisation définitive. Là est la grande force de sa thèse : plutôt que de se cantonner à une analyse des oppressions telles qu'elles sont à son époque et à en conclure des solutions toutes faites, elle en détermine les principes généraux avec l'aveu de l'insuffisance de sa réflexion. Le principal trait qui rend sa thèse quelque peu fataliste, c'est que la hiérarchisation des tâches de notre société est très difficilement réversible, tant elle revient au galop à la moindre occasion. Elle touche ainsi du doigt le caractère infernale de la technocratie et la bureaucratie, bien avant les analyses sur les régimes totalitaires.

    Sa réflexion se porte ensuite sur le machinisme et l'aliénation que constitue le travail à la chaîne, qu'elle a pu connaître d'elle-même en travaillant dans une usine de métallurgie. En découle une définition originale de la liberté, comme utopie théorique où les hommes pourraient s’atteler à un ouvrage pratique imprévisible qui solliciterait en permanence leur capacité de raisonner. En cela, elle réhabilite la réflexion utopique pour mieux mesurer à quel point notre propre condition est éloigner de l'idéal théorique sciemment inatteignable.

    Je ne saurais rassembler ici tous les traits de génies de la seule pensée à ma connaissance qui réconcilie More et Machiavel, Rousseau et Marx. En invitant à renoncer à la croyance que le moindre parti, quel qu'il soit, serait à même de diriger une révolution, son exhortation est finalement la même
  • 5

    La Société contre l'État

    Sortie : octobre 1974. Essai et culture & société.

    Livre de Pierre Clastres

    Pierre Clastres, avec ce recueil d'articles anthropologique décrivant le fonctionnement et la culture des sociétés primitives des Amériques, porte la plus cinglante des claques qu'on pouvait asséner à la pensée occidentale pseudo-universaliste. Au fil des chapitres qui explorent chacun des thèmes différents (allant de la place du chef aux récits humoristiques que se racontent les indiens, en passant par leur pensée religieuse et leurs rituels initiatiques de torture physique) il tisse un raisonnement empirique passionnant prouvant que, dans les sociétés primitive, la culture politique est celle de se prémunir contre toute forme de pouvoir et de domination. Il faut évidemment mettre en perspective la thèse du livre avec les engagements libertaires de l'auteur, mais force est constater que celui-ci cherche autant à discréditer l'anthropo-centrisme et l'étroitesse d'esprit de tout un pan du regard occidental sur les sociétés primitives et sur les sciences politiques en général (même Marx en prend pour son grade) qu'à relater la singularité d'une culture sans l'idéaliser. Voilà de quoi effectuer un décentrement intellectuel qui semble miraculeux alors que la sociologie voit inlassablement l'Etat comme la finalité d'un processus historique déterminé.
  • 6

    1984 (1949)

    Nineteen Eighty-Four

    Sortie : . Roman et science-fiction.

    Livre de George Orwell

    Difficile de parler de 1984 tellement l'oeuvre est culte et déterminante dans la littérature de science-fiction. Le fait que ce roman soit le plus adulé du site n'aide pas non plus. L'écriture est en tout cas parfaitement imagée et captivante, même si je regrette que la traduction semble faire perdre à certaines métaphores de leur richesse poétique.

    Orwell, en 400 pages, dépeint un univers distopique terrifiant, riche et profond. Décrivant la dérive totalitaire d'une société, il dénonce l’oppression de la classe dirigeante sur le reste du peuple, donnant à son roman un certain goût d'authenticité (terrifiant, vous dis-je !) et amenant le lecteur à se poser des questions sur son propre monde, qui pourrait avoir quelques similitudes avec celui de "1984".

    L'auteur s'attaque aussi au désir humain, primitif et unique, irrésistible et immuable, mais pourtant destructible, contre toute attente.

    Mais ce qui fait du livre un chef-d'oeuvre, c'est aussi pour sa réflexion sur l'individualisme, l'engourdissement des consciences, qui fait encore plus écho à notre société actuelle. Il prône l'importance du passé pour construire le futur, dans un monde qui n'a ni passé, ni présent, ni futur. Son propos s'étoffe en court de route par le chapitre d'un essai critique sur le fonctionnement de l'Océania dirigée par Big Brother. Et il nuance enfin sa réflexion avec une fin bouleversante et inattendue, qui pour le coup se démarque de la plupart des histoires distopiques qui se sont inspirés de "1984" (je n'en dirais pas plus, je ne veux pas spoiler).
  • 7

    Ubik

    Sortie : 1969. Science-fiction et roman.

    Livre de Philip K. Dick

  • 8

    La Zone du dehors

    Sortie : 2001. Roman.

    Livre de Alain Damasio

    Damasio propose dès son premier roman de la très grande SF, parfaitement en phase avec son époque. Imaginer une distopie basée sur les idéaux et les méthodes de nos démocraties libérales, il fallait bien que quelqu'un le fasse ! Le livre va d'ailleurs bien plus loin que ce postulat de départ : les 500 pages sont très denses, au risque de perdre en lisibilité, au point que la lecture se révèle assez exigeante et souvent aride.

    Outre le développement d'un univers très cohérent, avec son propre vocabulaire, références, etc. (au point qu'un chapitre entier est consacré à un cours de philo que le personnage principal professe à ses étudiants en citant Foucault, Deleuze et des auteurs fictifs), l'auteur développe des personnages très attachants. Il explore pour chacun d'entre eux leurs subjectivités (d'un paragraphe à l'autre, le livre écrit à la première personne change de narrateur) atteignant pour certains passages des sommets de sensualité.

    Surtout, il ne fait pas que décrire une distopie mais construit un dispositif utopique qui vient la combattre, avec une idéologie et des méthodes de luttes qui lui sont propres. Ainsi, il fait de son livre un formidable récit politique, qui pose avec le sens de la dialectique des questions aussi essentielles que celle de la violence, ou des possibles alternatives au mode de vie capitaliste. Certes, il n'hésite pas à tomber dans un certain culte de l'ego qu'il dénonce par ailleurs. Mais indéniablement, l'exercice imaginatif et philosophique qu'il propose sort vraiment des tripes, et m'a complètement emporté avec lui.
  • 9

    L'Établi (1978)

    Sortie : 1978. Récit.

    Livre de Robert Linhart

    En partant de son expérience d'étudiant militant infiltré dans une usine pour y développer la subversion gauchiste, Linhart aborde des questionnements essentielles, qui touchent aussi bien à l'anthropologie qu'aux problèmes très concrets de l'auto-organisation des classes dominées. En même pas 200 pages, son témoignage est aussi édifiant pour savoir comment déclencher une grève sur un lieu de travail que pour connaître la violence qu'exerce le travail à l'usine sur le corps des ouvriers. Enfin, il s'agit d'une confession d'une sincérité désarmante sur un militant défait, mais loin d'être défaitiste.
  • 10

    Le Banquet

    Sumpósion

    Essai et philosophie.

    Livre de Platon

    Voir critique.