Tous les films français des années 70 ; tous ou presque ...

Avatar pphf Liste de

295 films

par pphf

En fait, environ 300 films, les plus importants (et d'autres ...) sur un total qui doit approcher les 1500 pour la décennie. Manquent notamment les coproductions internationales où la dimension française est parfois réduite au financement ("l'Empire des sens" ...)
Le classement retenu est double :
- les 28 premiers films sont ceux auxquels j'ai attribué au moins la note de 8 - un top personnel,
- les autres films sont classés par année et par note,
- une soixantaine de films (sans notice ni note) pourront être progressivement ajoutés à la liste après avoir été revus.

Quelques films de l'année 1969 figurent aussi la liste : il s'agit bien d'une année charnière, annonciatrice de changements profonds, même si ces modifications arrivent d'abord lentement ; ainsi les Etats-Unis proposent Easy Rider au moment où la France en reste à un cinéma et à des récits très classiques (Que la bête meure absolument contemporain d'Easy Rider). Cela dit, un nouvel état d'esprit, un nouveau rapport à la création cinématographique est en marche, illustré dès 1969 par le film de Nelly Kaplan, la Fiancée du pirate.

Les 70', "la parenthèse enchantée", se partagent en fait en deux grands moments, avec un grand hiatus :

* jusqu'en 1975, le défoulement, après les années gaullistes et pré-gaullistes, marquées par une censure et une morale sociale très présentes. Le début des 70' présentera ainsi des caractéristiques importantes :

- la libération des moeurs et de la société, sexuelle évidemment, mais également politique, avec des fictions de vulgarisation (Z, dès 1969) mais aussi des oeuvres documentées et ambitieuses (Guy Debord, Chris Marker) et sociale ;
- la provocation sans limites - les limites (que beaucoup ignorent encore) renvoyant à l'opposition entre discours (on pouvait dire et filmer n'importe quoi, de défoulements en fantasmes, jusqu'au plus énorme) et action (évidemment tout à fait normée) - les exemples sont multiples, de Ferreri à Arrabal, de Louis Malle (lui-même dans des genres très différents, du Souffle au coeur à Lacombe Lucien) à Bertrand Blier, de Faraldo à Makavejev ...Sweet movie, film OVNI, à regarder dans la "logique" de l'époque (avec innocence), plus que provocateur, me semble l'incarnation la plus emblématique de la période (d'où le choix du bateau à la proue Karl Marx comme image de la liste). En 1975, les cinéastes et les spectateurs commenceront à considérer que la provocation tourne un peu rond.
- l'expérimentation (et pas toujours pour le meilleur ...) Godard est quasi absent (le temps de l'engagement politique avec le groupe Dziga Vertov, mais il reviendra fort en 1980 avec Sauve qui peut - la vie), mais les expérimentations très diverses sont multiples - autour de quelques anciens (Resnais toujours, Rivette), avec des récits totalement déstructurés (auteurs découvrant le cinéma : Duras, Robbe-grillet, Stanojevic, Klossowski jusqu'à Georges Pérec), des essais surréalistes (Bunuel de retour mais aussi de jeunes auteurs et même Louis Malle pour un essai unique - Black moon) ou de poésie pure (Garrel) ...

* Après 1975, le temps est à un profond désenchantement - avec l'effondrement économique (déjà ...) et les impasses du tout individualisme. Cette évolution avait été anticipée dans un film important, long et profondément réactionnaire - la Mamman et la putain de Jean Eustache. Elle se poursuivra jusqu'au début des années 80', avec par exemple un film très révélateur - Extérieur nuit de Jacques Bral. L'année 80 aurait d'ailleurs presque pu être ajoutée à cette liste - pour signifier qu'on a bien là la fin d'une idéologie (et d'un espoir) et d'une esthétique, avec des films comme le J. Bral, mais aussi des oeuvres personnelles et importantes (dans des genres très différents le Roi et l'oiseau, le Dernier métro ou Sauve qui peut -la vie) et des oeuvres annonçant des tendances et des perspectives totalement opposées (rôle important de Diva dans cette transformation).

La Nouvelle vague, dont le renouvellement portait sur autre chose) disparaît de fait dès cette période, elle n'aura duré qu'une dizaine d'années même si des successeurs apparaissent régulièrement (Pialat, Doillon ...) : Godard passe à autre chose, Chabrol (avec des drames psychologiques, parfois politiques, en milieu bourgeois) et Truffaut (entre autobiographie de fiction, réflexion sur l'art et romantisme absolu) creusent des sillons très personnels, Rohmer reprend sa formule (des contes "moraux" très dialogués), Rivette seul poursuit une oeuvre vraiment expérimentale - durée des films, improvisation, implication des acteurs dans la création du récit).
De nouveaux metteurs en scène, nombreux apparaissent - et disparaissent rapidement pour la plupart, à côté d'exceptions notables (Tavernier, Blier, Doillon, Rappeneau ...) Côté comédiens, Michel Piccoli peut être tenu pour l'acteur de la décennie (comme Michel Simon pour les annés 30, Blier pour les 40', Gabin pour les 50', Belmondo pour les 60' et plus tard Depardieu pour les 80') - il est présent sur tous les fronts, pour les plus grands écarts de Sautet à Ferreri, de Bunuel à Faraldo, et prêt à toutes les provocations : mourir dans un torrent de merde, dissoudre Andrea Ferreol dans l'acide sulfurique, découvrir les plaisirs de la poupée gonflable, parler par grognements et manger des CRS ...

On aura compris que je reste très intéressé par cette période ...

Trier par : Tri par défaut
  • Tri par défaut
  • Note globale
  • Ordre alphabétique
  • Date de sortie
  • Notes de mes éclaireurs
  • Note de l'auteur de la liste
  • Derniers ajouts
  • 1
    Bande-annonce

    Le Dossier 51 (1978)

    1 h 48 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Michel Deville avec François Marthouret, Roger Planchon, Patrick Chesnais

    Chef d'oeuvre - d'une profonde originalité dans le propos comme dans la réalisation. Glaçant. Clinique. Terrifiant. Magistralement interprété (en particulier par Roger Planchon, tout en maîtrise froide).
  • 2
    Bande-annonce

    Monsieur Klein (1976)

    Mr Klein

    2 h 03 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de Joseph Losey avec Alain Delon, Jeanne Moreau, Francine Bergé

    Un très grand film - une interrogation sur l'identité à travers l'évolution aussi absurde qu'irréversible et finalement assumée d'un profiteur dans la quête, kafkaienne, de soi-même - avec un plan magnifique du héros se scrutant dans une glace. La mise en scène est magistrale - du travail sur l'image à la bande son, de la reconstitution de tous les décors à l'interprétation (Delon jamais meilleur).
  • 3

    Le Souffle au cœur (1971)

    1 h 58 min. Sortie : . Drame.

    Film de Louis Malle avec Léa Massari, Benoit Ferreux, Daniel Gélin

    L'aspect choquant du film (le tabou de l'inceste), auxquels certains se raccrochent encore, n'a pas lieu d'être. Il correspond sans doute aux excès des années 70 - mais s'inscrit ici dans un film magnifique, tout sauf malsain, rythmé par le jazz, à la fois profond, ludique et d'une grande pudeur ; les deux parties s'emboîtent avec fluidité, constituent même deux petits films presque autonomes. Les comédiens, les jeunes (réellement excellents) comme les anciens, premiers ou seconds rôles, sont tous en état de grâce.
  • 4
    Bande-annonce

    Sweet Movie (1974)

    1 h 38 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Dusan Makavejev avec Anna Prucnal, Marpessa Dawn, Sabine Haudepin

    Un OVNI : provocation et scandale. Mais aussi un film ludique et grave. Marquant.
  • 5
    Bande-annonce

    Les Valseuses (1974)

    1 h 55 min. Sortie : . Comédie dramatique et road movie.

    Film de Bertrand Blier avec Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Miou-Miou

    Un ton inédit (jusqu'au jeu, très novateur, des comédiens), un rythme (qui chute peut-être par instants, le long passage avec Jeanne Moreau), des dialogues décapants, une provocation constante et irrésistible, la musique de Stéphane Grappelli.
  • 6
    Bande-annonce

    Le Charme discret de la bourgeoisie (1972)

    1 h 40 min. Sortie : . Fantastique et comédie dramatique.

    Film de Luis Buñuel avec Bulle Ogier, Stéphane Audran, Jean-Pierre Cassel

    Un très grand Bunuel - avec quelques temps plus faibles (en particulier les rêves) , mais constamment iconoclaste, avec des trouvailles magistrales (le repas constamment interrompu et inachevé, les bourgeois sur la route pour aller où ... ), des péripéties totalement surréalistes, une interprétation de haute tenue et des dialogues inénarrables :
    "je conchie l'armée française dans sa totalité " (Fernando Rey à Claude Piéplu).
  • 7
    Bande-annonce

    La Grande Bouffe (1973)

    La grande abbuffata

    2 h 10 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Marco Ferreri avec Philippe Noiret, Andréa Ferréol, Solange Blondeau

    Marco Ferreri, dans son nouveau mode d'expression, adapté à la décennie : la provocation pure mais très abstraite - les personnages ne renvoient pas à une quelconque réalité psychologique, mais à des concepts, conception qu'il poussera encore plus loin avec la dernière femme ou Rêve de singe. Dans ce suicide d'une société par overdose de bouffe et de baise, porté par quatre comédiens à l'unisson et par un ange de la mort dodu, il y a sans doute des temps plus faibles, des moments inégaux, mais souvent géniaux - comme la fin scandaleuse, bruyante et déchirante, de Michel Piccoli (l'incarnation parfaite de ces années provocation) , à son piano, dans un concert de notes, de flatulences et dans une coulée de merde.
  • 8
    Bande-annonce

    Le Dernier Tango à Paris (1972)

    Ultimo Tango a Parigi

    2 h 09 min. Sortie : . Drame.

    Film de Bernardo Bertolucci avec Marlon Brando, Maria Schneider, Maria Michi

    Un sommet du cinéma expressionniste, tour à tour insupportable ou génial, grandiloquent ou désespéré, romantique ou pornographique - les excès de l'interprétation, la violence des couleurs, les stridences de la musique de Gato Barbieri.
  • 9

    Des enfants gâtés (1977)

    1 h 54 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Bertrand Tavernier avec Michel Piccoli, Christine Pascal, Michel Aumont

    Le moins connu des films de Bertrand Tavernier, et sans doute le meilleur. A ne pas voir surtout comme un film social de plus (du Ken Loach à la française) ni comme une interrogation du cinéaste sur son art - mais peut-être, surtout, comme un magnifique (et pas forcément euphorique, portrait de femme).
    Christine pascal est inoubliable.
    Tous les seconds rôles sont d'ailleurs très bons (notamment Jugnot, dans une soirée diapos qui parlera à tous ceux des générations précédentes).
  • 10
    Bande-annonce

    Domicile conjugal (1970)

    1 h 40 min. Sortie : avril 1970. Comédie et drame.

    Film de François Truffaut avec Jean-Pierre Léaud, Claude Jade, Hiroko Berghauer

    Drôle, aussi léger qu'intelligent, parfaitement interprété, avec un enchaînement dynamique de scènes souvent irrésistbles (le recrutement, la rencontre avec Mlle Hiroko ...), peut-être le meilleur film de la saga Doinel.
  • 11
    Bande-annonce

    L'Aveu (1970)

    2 h 19 min. Sortie : . Drame, historique et thriller.

    Film de Costa-Gavras avec Yves Montand, Simone Signoret, Gabriele Ferzetti

    Excellent, très supérieur à Z. Le récit est évidemment glaçant, mais pas seulement. Sa force est encore décuplée par les contrastes, entre les apparatchiks terrifiants et totalement crédibles (Gabriele Ferzetti, remarquable, Laszlo Szabo, Miche Vitold) et les temps d'explosion presque burlesques (le pantalon et le rire de Jacques Rispal lors du procès) qui renforcent encore l'impact de la terreur et de la pesanteur. c'est encore plus vrai pour la rencontre finale, totalement insensée et en même temps tellement vraisemblable, bien des années après, entre un des bourreaux (Ferzetti) et la victime (Montand/London), à qui il s'adresse comme à un vieux copain.
    L'interprétation d'Yves Montand est tout simplement magistrale.
  • 12

    Tristana (1970)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame.

    Film de Luis Buñuel avec Catherine Deneuve, Fernando Rey, Franco Nero

    Du grand Bunuel. Porté par des couleurs passées, par des interprètes inspirés et par le renversement de la dialectique du maître et de l'esclave et de malaise sourd, le filme révèle les contradictions, les convulsions de l'Espagne et celles de Luis Bunuel lui-même, entre exigence forcenée de libération et enfermement contraint, jusqu'au refoulement. La scène où Catherine Deneuve, à se fenêtre, se dénude devant l'infirme en contrebas, mais sans échapper à la censure de la caméra, témoigne avec force de ces contradictions.
  • 13

    Général Idi Amin Dada : Autoportrait (1974)

    1 h 32 min. Sortie : . Biopic et guerre.

    Documentaire de Barbet Schroeder avec Idi Amin, Fidel Castro et Golda Meir

    Un sommet du film documentaire - autour d'un personnage délirant, monstrueux, matois et glaçant, impossible à manipuler, contrairement aux apparences et gardant toujours la main sur la mise en scène (en réussissant même à en faire couper les scènes qui lui déplaisaient ...)
  • 14

    Lacombe Lucien (1974)

    2 h 15 min. Sortie : . Drame.

    Film de Louis Malle avec Pierre Blaise, Aurore Clément, Holger Löwenadler

    Ou comment le hasard détermine, bien plus que l'idéologie, le destin d'un individu, comment il peut déterminer héros et ordures. Les deux jeunes comédiens, totalement débutants (Pierre Blaise mort tragiquement peu après et Aurore Clément sont très bons - les crapules (Stéphane Bouy, René Bouloc, Jean Rougerie) également.
  • 15
    Bande-annonce

    Le Magnifique (1973)

    1 h 35 min. Sortie : . Action, comédie, fantastique et romance.

    Film de Philippe de Broca avec Jean-Paul Belmondo, Jacqueline Bisset, Vittorio Caprioli

    Une comédie jubilatoire, la meilleure parodie jamais réalisée de James Bond, autour de la double vie d'un écrivain un peu minable (Belmondo magistral), avec nombre de scènes cultes et irrésistibles - la machine à écrire sautant les R sur la page comme chez les comédiens, Jean Lefebvre en plombier liquidé au milieu de centaines de méchants, Cou-cou-rou-coucou Paloma ...
  • 16

    Que la fête commence... (1975)

    1 h 54 min. Sortie : . Drame, historique et guerre.

    Film de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle

    Même si les séquences sont inégales, le film développe une très belle idée (le regard d'un homme de pouvoir qui a tout compris, qui voit l'effondrement du monde - et laisse aller. Une très bonne intégration du contexte historique (Louisiane, banqueroute de Law, révolte des nobles bretons), une photo très soignée de P.W. Glenn, une bande musicale remarquable et une interprétation hors pair (Noiret, Rochefort, Marielle, Christine Pascal).
  • 17

    Dupont Lajoie (1975)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame.

    Film de Yves Boisset avec Jean Carmet, Pierre Tornade, Jean Bouise

    Du comportement ordinaire des beaufs (entre ridicule et immonde) quand l'environnement est porteur.
    Le meilleur film d'yves Boisset.
    Autour de Jean Carmet, en total contre-emploi et magistral, tous les comédiens (Pierre Tornade, Michel Peyrelon, Jean-Pierre Marielle, Ginette Garcin et Isabelle Huppert, quasi débutante) sont excellents.
  • 18

    Dites-lui que je l'aime (1977)

    1 h 47 min. Sortie : . Drame.

    Film de Claude Miller avec Jacques Denis, Dominique Laffin, Christian Clavier

    Le moins connu des films de Claude Miller, et sans doute le meilleur.
    Amour fou. Au-delà de la folie. Tragédie. Depardieu énorme.
  • 19

    Vincent, François, Paul et les autres... (1974)

    1 h 53 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Claude Sautet avec Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani

    Le meilleur film de Claude Sautet -du portrait de groupe aux destins individuels disséqués.
  • 20
    Bande-annonce

    Le Cercle rouge (1970)

    2 h 20 min. Sortie : . Policier et thriller.

    Film de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon, Bourvil, Gian Maria Volontè

    Même si le film peut sembler long, même si l'intrigue n'échappe pas toujours au convenu ou à l'invraisemblance, même si l'interprétation n'est pas aussi remarquable qu'on peut le lire à peu près partout, la mise en scène révèle avec force l'incroyable maîtrise de Melville, sa précision, sa minutie. On citera à la fois la magnifique photo bleutée et glacée de Henri Decae, le traitement du son, les costumes (le fétichisme des chapeaux), la musique. La longue scène du vol, de la préparation à l'exécution, constitue une véritable métaphore, évidemment volontaire, de l'art du film selon Melville.
  • 21
    Bande-annonce

    Tess (1979)

    3 h 10 min. Sortie : . Drame.

    Film de Roman Polanski avec John Collin, Arielle Dombasle, Nastassja Kinski

    Beau, lent et profond - une adaptation réussie (pour la puissance des thèmes comme pour la réalisation) du grand roman de Thomas Hardy.
  • 22
    Bande-annonce

    Série noire (1979)

    1 h 51 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de Alain Corneau avec Patrick Dewaere, Myriam Boyer, Marie Trintignant

    Patrick Dewaere, immense, joue, presque à en jouer sa vie.
    Avec Alain Corneau et Georges Pérec à la baguette, le film traduit bien les désillusions de cette fin de décennie, entre terrains vagues boueux et pavillons décrépits, entre misère noire et folie absolue, dans un univers bleu et blême, sans soleil, où tous viendront se fracasser derrière la folie Dewaere.
  • 23
    Bande-annonce

    Le Locataire (1976)

    2 h 06 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Roman Polanski avec Roman Polanski, Isabelle Adjani, Melvyn Douglas

    Un film définitivement marquant - pas seulement à cause de sa chute (sa double chute, avec barre franchie au second essai !), mais à cause de l'ambigüité qui demeure : démence absolue du personnage ou complot insidieux et effectif de tout son environnement ? Un seul bémol - le passage trop rapide d'un équilibre relatif à la folie.
  • 24

    Raphaël ou le débauché (1971)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame.

    Film de Michel Deville avec Maurice Ronet, Françoise Fabian, Jean Vilar

    Avec Raphaël, l'oeuvre de Michel Deville, toujours aussi soignée, évolue de la légèreté initiale vers la gravité, une certaine angoisse même, bien traduite dans ce nouveau jeu (dangereux) du chat et de la souris, entre la veuve vertueuse et le débauché, porté par une image très soignée, une intrigue à la fois raffinée et perverse avec délicatesse (la marque de Deville, par excellence), un découpage très habile, théâtral au sens premier, marqué par les changements d'espace, de temps et par les bifurcations de l'action. Dans les deux rôles qui portent l'action, Maurice Ronet, dans le personnage qui lui colle désormais à la peau, dont il devient l'emblème malgré lui, entre dandy et épave, sur fond de désespoir de plus en plus noir, et Fraçoise Fabian dont la classe illumine l'écran, sont excellents.
  • 25
    Bande-annonce

    Le Cinéma de papa (1971)

    1 h 35 min. Sortie : février 1971. Comédie.

    Film de Claude Berri avec Jacques Ramade, Alain Cohen, Marianne Sureau

    Claude Berri sur les traces de François Truffaut pour un magnifique hommage à son père, aussi drôle qu'émouvant, avec un immense Yves Robert.
  • 26

    Une belle fille comme moi (1972)

    1 h 38 min. Sortie : . Comédie, policier et drame.

    Film de François Truffaut avec Bernadette Lafont, André Dussollier, Philippe Léotard

    Truffaut dans un registre très inhabituel - cynique, drôle, tonique. Autour de Bernadette Lafont, tous les comédiens sont excellents. Film très injustement passé inaperçu.
  • 27

    La Dérobade (1979)

    1 h 55 min. Sortie : . Drame.

    Film de Daniel Duval avec Miou-Miou, Isabelle Mergault, Niels Arestrup

    Film noir, réaliste, bien réalisé(la grosse tache rouge de la grosse Ford du maquereau dans un univers uniformément gris) et remarquablement interprété par Miou-Miou et Daniel Duval en premier lieu, mais aussi par leurs comparses (Martine Ferrière, Maria Schneider, Marie Pillet) et par quelques silhouettes connues, croisées ici ou là dans un contexte constamment violent (Arestrup, Dreyfus, Benguigui).
    La peinture de ce monde-là, atroce, né dans un monde déjà sordide (où les gens savent à ;peine parler) traduit aussi la "chute", la descente qui marque la fin de la décennie. Au début des 70', sur un thème très semblable, jusque dans les détails, un (très mauvais) film, la Bonzesse, présentait la prostitution comme un moyen évident (et rose !) de libération de la femme ...
  • 28
    Bande-annonce

    La Fiancée du pirate (1969)

    1 h 47 min. Sortie : 1969. Drame.

    Film de Nelly Kaplan avec Julien Guiomar, Jean Parédès, Francis Lax

    Ce film n'est pas forcément le meilleur de l'année - mais d'évidence le plus nouveau, celui qui traduit le mieux les soubresauts, les incohérences et les espoirs de la période qui s'ouvre. La liberté du scénario, parfaitement incarnée par Bernadette Lafont, totalement libre dans sa tête et dans son corps, dans sa confrontation avec les notable (Parédès, Géret, Guiomar,Claire Maurier) est alors totalement inédite dans le cinéma français - et peut-être sans postérité.
  • 29
    Bande-annonce

    Z (1969)

    2 h 07 min. Sortie : . Drame et historique.

    Film de Costa-Gavras avec Yves Montand, Irene Papas, Jean-Louis Trintignant

    1969

    Novateur sans doute, à travers la revendication de premier film politique français, institutionnalisé par le festival de Cannes et qui sera la marque de fabrique de Costa-Gavras (mais l'Aveu qui suivra est bien meilleur. Mais le film demeure très traditionnel, avec son casting franco-français, pas toujours crédible dans un décor posé comme universel, dans son scénario très linéaire et sans surprise, d'un film d'aventures somme toute classique. La fin est percutante, rythmée par les interventions de jean-Louis Trintignant (excellent); Les méchants,certes un peu caricaturaux (Pierre Dux, Julien Guiomar) sont également réussis.
  • 30

    Que la bête meure (1969)

    1 h 50 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Claude Chabrol avec Michel Duchaussoy, Caroline Cellier, Jean Yanne

    1969

    Là encore la réalisation et le récit restent assez traditionnels (Easy Rider sort au même moment aux Etats-Unis ...) - mais il reste la composition incroyable de Jean Yanne (si remarquable dans l'abjection qu'elle pourrait presque en sembler douteuse) ...