Un an dans la vie d'un cinéphile : 2020

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193 films

par Tonto

L'image d'en-tête n'est plus d'actualité, mais bon, on va la garder pour rappeler que ce film devait initialement sortir en 2020...

2019 : https://www.senscritique.com/liste/Un_an_dans_la_vie_d_un_cinephile_2019/2302263

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    Un jour sans fin (1993)

    Groundhog Day

    1 h 43 min. Sortie : . Comédie, fantastique et romance.

    Film de Harold Ramis avec Bill Murray, Andie MacDowell, Chris Elliott

    Vu le 5 janvier :

    Bon, l'année commence bien...
    Une jolie pépite pour ouvrir le bal ! Portée par un Bill Murray en très grande forme, et une Andie MacDowell plus que charmante, la comédie d'Harold Ramis fonctionne à merveille, grâce à son concept malin parfaitement exploité.
    Alors il manque peut-être quelques trucs : notamment, au bout d'un moment, je trouve qu'on a l'impression que tous les gens connaissent bien Phil, alors que ça reste tous les jours la 1re fois qu'ils le rencontrent. En ce sens, j'aurais davantage creusé les réactions de Rita, qui est aussi surprise la dernière que la 1re fois de voir Phil se transformer en mec bien en 24h à chaque fois. J'aurais aussi approfondi certains thèmes (par exemple le poids de la mort, avec l'histoire du vieux clochard), mais ça reste intéressant.
    Mais bon, sans chercher la petite bête, ce film est tout-à-fait prodigieux ! On rit beaucoup, on réfléchit aussi pas mal, et on est un peu ému, même si on aurait aimé l'être un peu plus. Evidemment, Harold Ramis ne peut prétendre égaler Frank Capra, et La Vie est belle reste indétrônable, mais il réussit pourtant à se rapprocher de manière étonnante de son lointain modèle. Chapeau !
  • The one and only, genuine, original family band (1968)

    The One and Only, Genuine, Original, Familly Band

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie musicale.

    Film de Michael O'Herlihy avec Walter Brennan, Buddy Ebsen, Lesley Ann Warren

    Vu le 7 janvier :

    Les frères Sherman sont sans nul doute ce qui est arrivé de mieux aux studios Disney, et s'il en fallait une preuve supplémentaire, ce film est parfait !
    Film très atypique car très politisé, The One and only, genuine, original family band (titre assez mal choisi au vu du vrai sujet du film) nous propose une plongée dans les débats politiques entre Républicains et Démocrates en 1888. Sujet très américain qui peut rendre la vision du film un peu dure pour un (jeune) spectateur non averti, tant le film ose prendre le sujet à bras le corps et nous exposer toute la complexité du débat.
    On pourra trouver que cela se fait au détriment du développement des personnages : vrai et faux. Les personnages principaux se définissent avant tout par leurs opinions politiques, donc cela a du sens, et surtout on imagine non sans regret la version initiale du film prévue pour durer 2h30, et réduite à 1h50. Apparemment, cette version développait bien plus les personnages, particulièrement les secondaires, mais les producteurs ont semble-t-il été frileux. Vu l'échec du film, ça n'a pas payé, et cela l'a privé de sortie internationale. Dommage...

    Dommage, parce que franchement, ce film a toutes les caractéristiques d'un excellent Disney live ! Les chansons des frères Sherman sont prodigieuses (pléonasme). Toutes ont une mélodie simple mais pas simpliste, qui leur permet d'être mémorable (Dakota, une merveille). Même si toutes les chansons ne sont pas chorégraphiées, celles qui le sont le sont admirablement, notamment West o' the wide Missouri, formidable séquence dansée qui nous fait du pur Stanley Donen.
    Avec ça, il y a de l'humour et de l'émotion à n'en plus savoir quoi faire ! Tous les gags sont très réussis, et le personnage incarné par le géant Walter Brennan réussit à toujours faire rire grâce à son caractère bien trempé. Pour autant, il sait aussi nous amener du côté de l'émotion, et sa relation avec son fils, le père de la famille musicienne, est très bien explorée, notamment au travers de 2 ou 3 scènes extrêmement matures. Ce refus du simplisme, c'est vraiment la grande caractéristique de ce film étonnant, excellente comédie musicale, excellente comédie tout court, mais aussi excellent drame et excellent film familial.
    Bref, un film à voir, qui constitue le meilleur hommage posthume au génie de Walt Disney, malheureusement décédé l'année précédente... A découvrir et redécouvrir sans modération.
  • Bande-annonce

    Watchmen : Les Gardiens (2009)

    Watchmen

    2 h 42 min. Sortie : . Action, drame et science-fiction.

    Film de Zack Snyder avec Malin Åkerman, Billy Crudup, Matthew Goode

    Revu l'Ultimate Cut le 8 janvier :

    J'avais un peu peur que le film perde de sa saveur en ayant lu le comics, ben non, c'est l'inverse... Au contraire, la lecture du comics permet de mieux faire ressortir toutes les subtilités de ce film prodigieux.

    Ne nous le cachons pas, le génie du film vient du comics, Zack Snyder s'est "contenté" d'en faire une adaptation littérale. Cela dit, il fallait quand même réussir à bien capter toute l'essence du comics de base pour pouvoir la restituer, et à ce niveau-là, Snyder accomplit tout de même un beau tour de force ! Evidemment, il ne peut tout-à-fait égaler Moore, mais en ayant la modestie de s'effacer devant le génie de l'écrivain, Snyder réalise paradoxalement son meilleur film et un des plus grands films de super-héros qui existe.
    Tout le comics est contenu dans ces 3h30, donc. Quelques petites impasses (dommage de garder le New Frontiersman uniquement pour la scène finale, et le discours sur le miracle de la vie est un peu réduit par rapport à la BD) mais que des trucs mineurs, le film réussit sinon à condenser tout ce que le comics avait à proposer, et il fait ma foi de manière fort intelligente.
    Larry Fong effectue un travail hallucinant à la photographie. Il sait comment donner du relief à chaque plan, chacun d'entre eux se révélant une belle composition où le plus infime détail a été réfléchi de manière à dire quelque chose. N'abusant jamais trop des ralentis ou des effets tape-à-l'oeil qui sont malheureusement la marque de son cinéma, Snyder réussit à se débarrasser de son pesant maniérisme pour atteindre un équilibre absolument inattendu. Watchmen est un beau film, mais pas un film kitsch, c'est peut-être le seul Snyder qui peut s'en vanter...
    Les acteurs sont tous incroyables dans leurs rôles, malgré un Matthew Goode assez déconcertant dans le rôle d'Ozymandias. Tous s'investissent de la plus belle des manières dans la peau de leur personnage, et font sortir directement du comics ces créatures d'encre et de papier sous nos yeux ébahis. Mention spéciale à Patrick Wilson et Jackie Earle Haley particulièrement, absolument géniaux.
    Bref, on pourra trouver que c'est une adaptation impersonnelle ou sans inventivité, mais en même temps, ça ne rimerait pas à grand-chose, puisqu'elle permet au comics de développer une nouvelle fois tout son génie, mais cette fois-ci à l'écran, jusque dans ses ramifications philosophiques et même métaphysiques. Un vrai tour de force.
  • Bande-annonce

    Klaus (2019)

    1 h 36 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie, jeunesse et comédie dramatique.

    Long-métrage d'animation de Sergio Pablos avec Jason Schwartzman, J.K. Simmons, Rashida Jones

    Vu le 9 janvier :

    Et ben ! Je ne savais pas Netflix capable de tels miracles... Je n'ai pas du tout suivi les écueils qu'a rencontré le film de Sergio Pablos pendant sa production, mais le fait est que Netflix a fait une très bonne action en le sauvant du naufrage !

    Klaus est tout ce que doit être un bon film de Noël, un bon film d'animation et un bon film familial.
    Déjà, visuellement, il envoie du très lourd. Son mélange 2D/3D est joli mais déconcerte un peu, mais il est parfaitement exploité, rendant un bel hommage à l'animation traditionnelle sans s'interdire les nouvelles techniques d'animation. Sans parler de la composition des plans, des jeux sur les formes et les éclairages. Non, vraiment, Klaus est un beau film, magnifique.
    Mais le plus grand point fort du film reste sans nul doute son scénario. Scénario relativement classique, on ne va pas se le cacher, mais qui aborde plusieurs problématiques captivantes et les développe bien. Le plus fort est que, malgré son statut de film Netflix de Noël, Klaus réussit à déjouer tous les pièges du divertissement de Noël trop sirupeux et sucré. Ici, jamais il ne bascule dans la mièvrerie, tout est en retenue, ce qui laisse la place à une véritable émotion. Le personnage de la petite fille étrangère est un des plus beaux attachants personnages de petite fille que j'ai vus dans un dessin animé, et Klaus lui-même est évidemment une réussite indéniable, de par son background, juste assez esquissé pour le rendre pleinement émouvant, mais pas trop tire-larmes non plus. Non, on est sincèrement ému devant une histoire d'une telle beauté, qui sait aborder avec autant d'intelligence des thèmes matures mais pas trop sombres.
    Si on ajoute à ça une jolie BO, un casting vocal au top (J.K. Simmons en Père Noël, c'est presque dommage que ce ne soit que de l'animation) et un humour de bon aloi, qui ne bascule à peu près jamais dans le mauvais goût, on en concluera que Netflix vient de nous offrir un divertissement intelligent qui évite tous les pièges du dessin animé pour enfants à budget limité.
    Oui, la magie de Noël existe bel et bien ! Sergio Pablos vient de nous faire pour le compte de Netflix du Disney sans Disney, s'offrant même le luxe de quelques touches de Pixar. Moi, j'appelle ça un miracle.
  • Bande-annonce

    Once Upon a Time... in Hollywood (2019)

    2 h 35 min. Sortie : . Drame et comédie.

    Film de Quentin Tarantino avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie

    Vu le 12 janvier :

    Tarantino a toujours réalisé des films chiants et ça, ça n'a pas changé. Pourtant, je crois qu'il n'a jamais réalisé de films aussi fades que ce Once upon a time... in Hollywood. Même Kill Bill avait plus de choses à raconter que ce dernier. Ici, c'est le néant. En fait, je ne comprends même pas comment on a pu avoir l'idée de réaliser ce film, pas plus que je ne comprends comment on peut y voir un bon film... Je crois juste que Tarantino teste son public : il réalise le film le plus oubliable du monde et il regarde si ses fans habituels continuent à le suivre les yeux fermés (parce que c'est la seule manière d'apprécier ce film). Le plus atterrant, c'est que ça marche.
    Alors non, je suis désolé, mais à un moment, faut arrêter. Je vais pas dire que c'est un bon film juste parce que c'est du Tarantino, que ça parle de cinéma, et que si je dis que c'est nul, je vais passer pour un imbécile.
    Je sais pas comment parler de ce film, tant il n'a RIEN à proposer. Les personnages sont insipides et n'évoluent pas, les répliques sont inintéressantes au possible, le scénario est pire qu'inexistant... Rien.

    Deux personnes ont fait leur boulot sur ce film : Robert Richardson et Leonardo DiCaprio. L'un réussit à donner un semblant d'identité visuelle au film, et l'autre réussit à faire quelque chose alors même que la politique du film est précisément de ne rien lui faire faire, ce qui prouve quand même toute l'étendue de son talent.
    Pour le reste, je peux rien dire de plus, à part que la réputation de ce film m'est bien plus incompréhensible que celle de son réalisateur. Jusque-là, quand je regardais du Tarantino, ça suscitait plein de choses chez moi : l'énervement de la violence gratuite et de l'étirement des scènes, mais aussi le plaisir de voir un réalisateur qui prend son métier au sérieux et avec sincérité. A défaut d'être des bons films, les Tarantino sont au moins de beaux films et des films pleins. Là, c'est absolument vide.

    Bref, que Tarantino revoie Boulevard du crépuscule et qu'il en tire des leçons. Moi, demain, j'aurais déjà tout oublié de ce que j'ai vu ce soir, et personne ne s'en tirera plus mal. Il y a pas mort d'homme.
    Juste un triste constat : Tarantino n'a jamais réalisé de chef-d'oeuvre, et tant qu'il sera persuadé d'en faire un, il n'y arrivera jamais. Qu'il apprenne l'humilité, et on verra. En attendant, si OUATIH n'est pas le plus mauvais film de Tarantino, il en est très certainement le plus insignifiant.
  • Oui ou non avant le mariage ? (1963)

    Under the Yum Yum Tree

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie romantique.

    Film de David Swift avec Jack Lemmon, Carol Lynley, Dean Jones

    Vu le 13 janvier :

    Dean Jones et Jack Lemmon, c'est quand même un plutôt joli cachet, qui tranche un peu avec le côté sex-comedy. Et pourtant, au-delà de ses airs de téléfilm Disney, le film de David Swift (précisément réalisateur de Pollyanna et La Fiancée de Papa pour les studios Disney) est pourtant à réserver à un public strictement adulte. Comédie de moeurs, sur le mariage, sur l'homme, sur la femme, et sur leurs rapports (dans tous les sens du terme), on a en fait là du Wilder sans Wilder. La recette est là : Jack Lemmon, quiproquos à tout va sur "la chose", une morale mise à mal afin d'être mieux redressée... Là où Wilder est absent, en revanche, c'est dans la finesse.
    Le personnage d'hypersexuel que compose Lemmon lui offre l'occasion d'un cabotinage en or, comme lui seul sait le faire, mais il devient malheureusement vite insupportable par la manière dont il s'immisce dans la vie des autres sans aucune mesure. Et au bout d'un moment, ça finit par user même les nerfs du spectateur... Avec ça, l'aspect théâtral du film a tendance à le desservir un peu, tant tout cela est très statique, malgré le jeu survolté d'acteurs convaincants.
    Mais bon, il y a aussi un capital sympathie indéniable, grâce, donc, à la présence du géant Lemmon, et de l'excellent Dean Jones. Ces derniers nous offrent quelques piques toujours bien senties, leur investissement permet de s'attacher dès l'abord aux personnages et même si on ne rit pas beaucoup, on se prend à souvent sourire. Evidemment, encore faut-il, pour cela, être prêt à supporter un humour assez grivois et plutôt facile, mais non dénué d'une certaine élégance encore. Au moins, il y a un scénario et un rythme global suffisamment soutenu pour qu'on ne s'ennuie pas, et l'atmosphère générale est tout-à-fait plaisante.
    Cela ne suffit guère à faire un film mémorable, mais pour les fans de Lemmon, ça reste une curiosité à voir.
  • Bande-annonce

    Victor, Victoria (1982)

    2 h 12 min. Sortie : . Comédie, comédie musicale et romance.

    Film de Blake Edwards avec Julie Andrews, James Garner, Robert Preston

    Vu le 14 janvier :

    Quel film étonnant ! Blake Edwards se situe là sur le fil du rasoir, et non content de réussir à s'y maintenir en équilibre, il y danse la java !
    En abordant un sujet aussi délicat que l'homosexualité et le travestissement, Edwards ne tombe dans aucun cliché (sauf volontairement, comédie oblige). Sans juger ses personnages, Blake Edwards réussit à exploiter leurs failles et atouts, et à les dévoiler avec une pudeur et une élégance qui force le respect. Sans tomber dans le débat stérile pour ou contre l'homosexualité, Edwards a l'intelligence de partir simplement du constat qu'elle existe et qu'elle fait débat, mais garde le recul nécessaire au traitement du sujet. Il bâtit donc ce film sur un simple constat plutôt que sur une idéologie quelconque, et c'est très réussi ! Surtout qu'il n'oublie rien, et pas de nous montrer que s'il est difficile d'assumer son homosexualité dans un monde d'hétérosexuels, il l’est tout autant d'assumer son hétérosexualité dans un monde d'homosexuels. Ainsi, le réalisateur maintient la balance toujours au même niveau, grâce à la délicatesse de son écriture.

    Mais Victor Victoria n'est pas qu’un film sur l'homosexualité. Car Edwards, s'il n'oublie jamais ses sujets de fond, sait les effacer pour faire exister son film en tant que comédie ou en tant que drame pur. Les personnages sont donc très attachants et leur finesse d'écriture offre quelques belles scènes d'émotion, mais en tant que comédie, ce film frôle le chef-d’œuvre ! Le réalisateur fait crée une mécanique parfaitement rôdée, basée sur le plus vieux stratagème du monde (ça fait depuis Aristophane que le travestissement fait rire), merveilleusement développé ici. Comique de dialogues (répliques cultes !), de situation, de caractère, de répétition... Tout y est, et c'est craquant !
    Sans compter que les acteurs s'en donnent à cœur joie ! Julie Andrews est incroyable, mais ses partenaires masculins le sont tout autant, tandis que la photographie est à tomber par terre, tant elle exploite tous les avantages du décor avec un génie inconcevable.
    Enfin, puisque Victor Victoria est un film musical, on se doit de mentionner des numéros musicaux exceptionnels, qui emportent forcément l'adhésion.

    Bref, drame touchant, comédie hilarante, film musical envoûtant... Victor Victoria est une belle oeuvre très complète, dans laquelle Blake Edwards réussit à égaler le pourtant inégalable Billy Wilder, et à réaliser ainsi son propre Certains l'aiment chaud. Bravo !
  • Diamants sur canapé (1961)

    Breakfast at Tiffany's

    1 h 55 min. Sortie : . Comédie romantique.

    Film de Blake Edwards avec Audrey Hepburn, George Peppard, Buddy Ebsen

    Vu le 15 janvier :

    Du Blake Edwards sérieux, c'est pas souvent, tiens. Alors, certes, l'humour, ou plutôt la légèreté refait fréquemment surface, se logeant dans un tas de détails pittoresques qui donnent au film un certain relief, mais même quand on sourit, c'est toujours un sourire amer, dû à la gravité de son sujet.
    En effet, Edwards brosse là un magnifique et tragique portrait de femme. Magnifique, parce qu'il arrive à en capter toute l'essence vital et à la restituer (presque) parfaitement à l'écran. Tragique, parce qu'au-delà de la superficialité revendiquée de sa vie, cette femme révèle derrière la façade un être qui souffre profondément. Comme toujours absolument parfaite, la plus grande actrice du monde, l'immense Audrey, nous offre une prestation hallucinante. Aussi à l'aise dans la légèreté que dans l'émotion, Audrey Hepburn n'occupe pas là son meilleur rôle (de toute façon, déjà pris par le sublime chef-d'oeuvre Au risque de se perdre), mais touche tout de même des sommets, comme elle nous y a habitué tout au long de sa carrière. Et la caméra d'Edwards sait comme toujours très bien se placer, étudiant ses cadrages avec une minutie qui force le respect, pour nous faire entrer dans l'intimité de cette femme qui essaye de vivre ses rêves, mais qui n'arrive qu'à rêver sa vie...
    Dommage que le scénario nous fasse passer par littéralement toutes les étapes du film romantique, à tel point qu'on est toujours capable de prédire 10 mn à l'avance ce qui va se passer.
    Mais hormis ce côté ultra-balisé et les quelques (parfois grosses) longueurs qu'il induit, Diamants sur canapé reste un beau bijou cinématographique, qui constitue une belle leçon de cinéma, et même d'écriture des personnages (ces derniers sont attachants malgré les péripéties convenues). Rythmée par la belle musique d'Henry Mancini, on suit donc cette histoire avec un certain intérêt, et on s'émeut lors d'un final d'une grande richesse.
    Ca n'en fait pas le film du siècle, mais un film romantique élégant et intelligent, et c'est déjà beaucoup.
  • Bande-annonce

    1917 (2019)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Sam Mendes avec George MacKay, Dean-Charles Chapman, Colin Firth

    Vu le 17 janvier :

    un film de guerre d'une puissance rare ! Au-delà de l'exercice technique qu'on aurait pu croire tape-à-l'oeil, 1917 est une expérience inratable au cinéma. La photographie de Roger Deakins est à tomber par terre : le plan-séquence sait se faire oublier quand il n'est pas essentiel à l'intrigue et se rappeler à nous lorsqu'il redevient l'outil de narration exceptionnel que Sam Mendes utilise comme aucun de ses confrères ne sait le faire.
    Porté par la crème de la crème des acteurs britanniques, 1917 nous propose une expérience inoubliable, plongée exténuante dans l'enfer de la guerre. Tantôt montrée crûment dans toute son horreur, tantôt magnifiée par la caméra de Deakins, la guerre nous révèle toutes ses facettes dans ce film prodigieux.
    Quand on a vu ce que devient un homme courant dans des ruines la nuit, sous l'oeil affûté de la caméra de Sam Mendes, on ne peut plus douter que ce film est un chef-d'oeuvre. Et la scène en question, sans doute la plus belle chose qui ait été filmée depuis le début du XXIe siècle... Un miracle.
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    Underwater (2020)

    1 h 35 min. Sortie : . Action, thriller, catastrophe et science-fiction.

    Film de William Eubank avec Kristen Stewart, Vincent Cassel, T. J. Miller

    Vu le 19 janvier :

    Puissamment immersif, bien filmé, bien raconté, bien joué, on ne pourra pas dire qu'Underwater est le film du siècle, ni même qu'il est un film incroyablement original. Pourtant, s'il n'apporte pas grand-chose au genre, il tire merveilleusement son épingle du jeu, grâce à un usage intelligent de chaque dollar de son budget. Chapeau !
    A réserver en priorité aux fans de Lovecraft et de créatures tentaculaires...

    Ma critique : https://www.senscritique.com/film/Underwater/critique/139566261
  • Bande-annonce

    La Party (1968)

    The Party

    1 h 39 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Blake Edwards avec Peter Sellers, Claudine Longet, Natalia Borisova

    Vu le 20 janvier :

    Il était temps que je découvre vraiment Blake Edwards... Même si je n'ai pas vu de films majeurs de lui pour l'instant, je n'ai vu que des films très solides. Son génie de la mise en scène éclate à chaque instant de ses films, et tout particulièrement, ici, de cette party délirante à laquelle il nous convie.
    Maniant à merveille le crescendo narratif, tout son film n'est qu'une longue escalade vers le grand n'importe quoi. Pourtant, la rigueur d'Edwards, elle, reste toujours de mise. Au contraire, la mise en scène millimétrée se resserre au fur et à mesure qu'on arrive vers une apothéose qu'on sait par avance craquante, et qui, de fait, l'est. Loufoque mais toujours maîtrisé, ridicule mais toujours élégant, léger mais jamais vulgaire, La Party est un de ces films d'équilibristes qui témoigne d'une mécanique incroyablement bien rôdée. Même si certains effets comiques sont éventés avant leur chute, on se prend à rire de tout. Le plus beau étant qu'où que l'on regarde dans le plan, on trouvera toujours un détail comique propre à nous faire rire ou sourire. Et honnêtement, je pense avoir loupé pas mal de ces détails de second plan, faudra que je me refasse ce film vite fait !

    Mais le vrai tour de force du film, ne réside pas dans son timing comique, aussi bon soit-il. Non, le plus réussi, c'est cette manière qu'a Edwards de nous réserver quelques jolis moments de délicatesse et de poésie au milieu de cette avalanche d'absurdités en tous genres. Incarnant un gaffeur mais non un idiot, Peter Sellers a là un rôle particulièrement délicat, du fait qu'il doit être drôle à ses dépens mais aussi attachant, si on veut que l'alchimie fonctionne bien. Et de fait, Bakshi devient touchant au fur et à mesure qu'il se fait artisan d'un chaos ordonné où les gens retrouveront le sourire. Et l'on finit par ne plus rire de Bakshi, mais par rire avec lui, dans un final aussi riche en rires qu'en émotion.

    Pour autant, La Party aurait peut-être pu aller un peu plus loin, tant dans sa logique comique que dans sa logique dramatique, et finalement, lorsqu'on en sort, on se dit quand même que le film a trop longtemps été sage avant d'atteindre enfin l'exubérance qu'on attendait. Mais bon, le quota de rires a été atteint, et même si, parfois, La Party a légèrement tendance à trop prendre son temps, on ne lui en veut guère. Difficile d'y voir un film véritablement majeur, mais ça reste un divertissement léger, drôle et intelligent, qui fait un bien fou.
  • Bande-annonce

    La Panthère rose (1963)

    The Pink Panther

    1 h 55 min. Sortie : . Comédie et policier.

    Film de Blake Edwards avec David Niven, Peter Sellers, Robert Wagner

    Vu le 22 janvier :

    Qu'est-ce que c'est sympa, mais qu'est-ce que c'est lent, comme film ! Beaucoup de situations craquantes, et de gags réussis, mais qui s'enchaînent à un rythme de mollusque trépané... C'est vrai que ça a toujours été un petit reproche que j'ai fait à Edwards, cette lenteur, mais là, je trouve que c'est le film où c'est le plus poussé. Après, ça ne veut pas dire que c'est un mauvais film, loin de là !
    La mécanique comique est toujours bien rôdée, et même si la 1re moitié du film est laborieuse et un peu avare en éclats de rire, la 2e moitié, quoique toujours lente, fonctionne bien mieux, grâce à des situations merveilleusement exploitées, fonctionnant toujours sur le jeu de passe-passe : le vaudeville classique, avec deux pseudo-amants qui se cachent dans une pièce que ne veut pas quitter le mari, le déguisement de gorille qui mélange les identités, les voitures qui passent et repassent. On peut trouver ce type d'humour un peu rudimentaire, mais il n'empêche que ça fonctionne, et plutôt bien. On rit facilement face au loufoque des situations qui nous sont présentées, d'autant que les acteurs sont très classes, sans parler de la célébrissime BO de Mancini.
    La mise en scène est d'ailleurs parfaitement efficace. Edwards maîtrise toujours la profondeur de champ, et sait exploiter au mieux les éléments du décor, ce qui donne des moments hilarants. Dommage qu'il se refuse à raccourcir ses scènes, l'allongement jusqu'à l'excès de son procédé comique fonctionnant par moments, mais pas tout le temps.
    Bref, rien de vraiment ennuyeux dans ce film, mais un manque de dynamisme global qui l'empêche d'être le chef-d'oeuvre qu'il aurait pu être. Ou alors, il aurait fallu étoffer le scénario avec davantage de faux-semblants (quand on parle de diamants volés, c'est facile.

    Quoiqu'il en soit, ça reste une comédie très agréable, culte à juste titre, où Peter Sellers excelle encore une fois, dans une composition mémorable. J'ai tout de même tendance à trouver que c'est un peu dommage que Clouseau s'en prenne toujours plein la gueule sans contrepartie, notamment à travers une fin assez discutable qui met les nerfs en boule. Mais l'ensemble est toujours très amusant, léger, élégant et bon enfant. Un amateur de bonne comédie peut y trouver largement sa came.
  • Bande-annonce

    Quand l'inspecteur s'emmêle (1964)

    A Shot in the Dark

    1 h 42 min. Sortie : . Comédie et policier.

    Film de Blake Edwards avec Peter Sellers, Elke Sommer, George Sanders

    Vu le 23 janvier :

    Après un premier épisode sympathique, mais un peu paresseux en termes de rythme et de scénario, Blake Edwards resserre les boulons en s'inspirant d'une pièce de théâtre déjà existante, et en s'adjoignant les services d'un certain William Peter Blatty... Oui, oui, celui de L'Exorciste. XD
    C'est dire que, cette fois, le scénario nous mène vraiment quelque part. Et de fait, contrairement au premier, où la digression prenait le pas sur la trame générale, ici, les digressions sont mieux maîtrisées et le récit mené tambour battant. Plus trop le temps de s'ennuyer, on cherche un vrai coupable, et l'intrigue policière est plutôt bien gérée, même si elle se finit dans une confusion générale assez ahurissante, mais volontaire (et donc hilarante).
    La mise en scène d'Edwards est évidemment toujours aux petits oignons et domine notamment dans une scène d'introduction phénoménale, pantomime tragicomique où la photographie du (très) grand Christopher Challis nous immisce dans le fouillis chaotique auquel se retrouvera confronté l'inspecteur Clouseau avec un génie indescriptible. En quelques plans prodigieux, à la limite du plan-séquence, la caméra nous fait suivre les évolutions des personnages clés de l'intrigue, sans qu'on n'y comprenne évidemment rien, mais résumant tout ce qui éclatera dans le final. Franchement, cette scène est immense.
    Le reste du film est forcément en-deçà de cette spectaculaire exposition, mais s'en montre toutefois digne, grâce à un Peter Sellers toujours aussi génial, qui sait brider son génie burlesque pour faire rire sans jamais basculer dans l'excès, tandis que les autres acteurs se mettent à son diapason, particulièrement un Herbert Lom jouissif, qui fait face à un George Sanders toujours aussi impérial.
    Bref, bénéficiant d'un casting aux petits oignons et d'une mise en scène très soignée, Quand l'inspecteur s'emmêle nous offre une comédie policière loufoque et riche en scènes cultes, qui titille dur les zygomatiques. On ne s'en lasse pas.
  • Bande-annonce

    Jojo Rabbit (2019)

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie, drame et guerre.

    Film de Taika Waititi avec Roman Griffin Davis, Taika Waititi, Scarlett Johansson

    Vu le 24 janvier :

    Assez compliqué de parler de ce film, tant il brasse un nombre impressionnant de thèmes ! Indéniablement, il en parle avec intelligence, et Taika Waititi signe là un film très mature, qui se révèle à la fois drôle et émouvant. Pourtant, je dois dire que je n'arrive pas à me départir de cette légère impression que le réalisateur aurait pu creuser certains points. Par exemple, la figure maternelle composée par la prodigieuse Scarlett Johansson aurait, à mon avis, mérité une plus grande place dans le film, tandis que le Hitler fantasmé par Jojo, s'il est parfois hilarant, finit par tourner un peu à vide. Dommage que la promo du film se soit à ce point concentré dessus, alors qu'en fait, il est carrément secondaire...
    En même temps, ça permet au spectateur qui a vu les bandes-annonces de découvrir un film totalement neuf et différent de ce qu'on lui avait promis (ce qui peut marcher à double sens, mais a priori, surtout dans le bon), et ça, c'est pas si mal. On a bien des scènes de comédies, mais on est loin de la comédie loufoque et délirante annoncée, non, c'est clairement une vraie comédie dramatique, avec autant de scènes émouvantes que de scènes humoristiques.
    Les personnages sont plutôt bien écrits et bénéficient de trajectoires intéressantes, notamment Sam Rockwell, qui nous refait le coup qui nous avait éblouis la dernière fois, et s'octroie par là clairement la meilleure scène du film. La relation entre les deux enfants, qui est pour le coup le véritable centre du film, est un peu plus convenue, mais le contexte dans lequel elle s'inscrit lui donne toutefois quelques moments d'une belle puissance.
    Du côté formel, la mise en scène de Waititi est vraiment excellente : son côté lisse type "conte de fées" est en contradiction totale avec le récit, et dégage quelque chose d'unique. Mention spéciale à la scène de découverte de la gamine juive, réalisée en mode film d'horreur. Waititi peut prendre la relève de Wan... x)
    Enfin, on n'est pas au niveau du Dictateur, mais ça reste une vraie réussite.
  • Bande-annonce

    Le Retour de la Panthère Rose (1975)

    The Return of the Pink Panther

    1 h 59 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Blake Edwards avec Peter Sellers, Christopher Plummer, Herbert Lom

    Vu le 27 janvier :

    Une suite très sympa, dans la droite lignée des deux volets précédents, malgré le fait qu'elle arrive plus de 10 ans après le deuxième épisode. On perd David Niven, mais on gagne Christopher Plummer, donc rien de grave (en revanche, pas compris le retour de Graham Stark dans un autre rôle), et l'élégance est toujours de mise. Peter Sellers est évidemment craquant, avec sa naïveté à toute épreuve, ses déguisements loufoques et ses gaffes à répétition. Alors ça menace parfois de tourner un peu en rond, et le rythme aurait comme toujours être plus soutenu, mais on prend largement son plaisir devant une comédie burlesque bien rôdée, qui ne nous épargne pas quelques petites lourdeurs, mais qui nous ménage tout de même quelques vrais bons moments d'hilarité. Ca manque un peu d'un vrai climax, mais c'est toujours aussi léger, bon enfant et tout-à-fait plaisant.
    Curieux de voir ce que sera l'épisode suivant.
  • Quand la Panthère Rose s'emmêle (1976)

    The Pink Panther Strikes Again

    1 h 43 min. Sortie : . Comédie et policier.

    Film de Blake Edwards avec Peter Sellers, Herbert Lom, Lesley-Anne Down

    Vu le 28 janvier :

    Bon, il n'y a pas à dire, la saga s'essoufle. Le tempo comique n'est plus toujours très bien rôdé, on voit les gags venir, on a le temps de s'ennuyer entre deux scènes marrantes, et les effets spéciaux sont cheap à un point inimaginable... Je ne dis pas que le talent d'Edwards et Sellers s'émousse, mais si ça n'est pas le cas, c'est qu'on s'habitue trop à la forme d'esprit "Panthère rose", et le problème de l'humour burlesque, c'est que si l'effet de surprise ou le rythme est absent, tout s'effondre.

    Alors ça n'est pas mauvais non plus, hein : on sourit beaucoup, et quelques moments provoquent un peu le rire, mais tout ça est bien trop loufoque. L'élégance et le dosage des débuts de la saga a disparu, on est passé des années 60 à 70 et le charme, comme le sens de la mesure, n'est plus là. Donc la mécanique fonctionne globalement, mais quelque chose retient le rire. L'unité des premiers films s'est envolée, et l'éclectisme de l'ensemble menace à chaque instant de pousser la comédie du côté des films à sketches.
    Le scénario ne ressemble plus à rien, et mine de rien, le scénario, c'est précisément ce qui permettait aux 3 volets précédents d'être plus qu'une bête comédie. Sans compter qu'Edwards commence à moins reculer devant la sexualisation de son humour (parodie de James Bond oblige) et que, franchement, c'est pas fin. La scène de strip-tease qui clôt le film est même désolante, tant elle ne parvient pas à susciter qu'un embarras non dissimulé (car non dissimulable)...

    Heureusement, quelques scènes dominent l'ensemble (l'enquête de Clouseau chez les Fassbender, le faux dentiste et le gaz hilarant), mais ça ne suffit pas à dynamiser un film mou du genou, qui aimerait nous refaire La Grande Course autour du monde sans en retrouver le sens du mélange. Donc je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, mais c'est une déception. Espérons que le scénario sera de retour dans le prochain volet...
  • La Malédiction de la Panthère Rose (1978)

    Revenge of the Pink Panther

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie et policier.

    Film de Blake Edwards avec Peter Sellers, Herbert Lom, Dyan Cannon

    Vu le 29 janvier :

    Et ben voilà ! Après le petit coup de mou qu'était Quand la Panthère rose s'emmêle, Blake Edwards revient sur un terrain plus sécurisé, en renouant avec le côté strictement policier des épisodes précédents.
    Bon, la première moitié du film est un peu inégale, et l'humour va du très bon (hilarant éloge funèbre de Dreyfus à Clouseau) au lourdingue (l'appartement de Clouseau transformé en bordel : la blague est marrante en soi, mais beaucoup trop étirée). Mais plus on avance dans le film, plus la magie opère une dernière fois. C'est une lente mais certaine montée en puissance, qui culmine dans la dernière demi-heure à Hong Kong, parfaite en tous points. Là, on retrouve intacte la science du mouvement de Sellers, le génie des situations rocambolesques, les jeux de passe-passe fous propres à Edwards et les poursuites délirantes. A nouveau, on retrouve ce qui faisait le charme de la saga et qu'on craignait de voir disparaître peu à peu... Mais non, tout cela constitue un très beau bouquet final à une saga qui, si j'en crois mes éclaireurs, aurait dû s'arrêter là (je jugerais sur pièce, mais pas tout de suite).
    En attendant, on goûte la perpétuation des traditions (les déguisements de Clouseau, l'obsession de Dreyfus, l'incompréhension des personnages qui entourent Clouseau) mais aussi le renouvellement qui empêche ce film de ressasser toujours les mêmes poncifs (Cato qui gagne un rôle plus conséquent, l'exotisme de Hong Kong, le scénario lié au trafic de drogue). Ainsi, La Malédiction de la Panthère rose réussit à se réinventer constamment, tout en restant fidèle à son héritage. Le grand vainqueur de cette nouvelle manche est d'ailleurs Henry Mancini qui, comme toujours, nous propose une partition d'exception, qui s'amuse à varier autour du thème de la saga, en innovant toujours plus - et toujours de manière heureuse.
    Bref, après un début trop sage, La Malédiction de la Panthère rose prend donc son envol, pour devenir finalement le 2e meilleur épisode de la saga selon moi (après Quand l'inspecteur s'emmêle). Un bel adieu à Sellers.
  • Bande-annonce

    Taken 3 (2015)

    1 h 49 min. Sortie : . Action, policier et thriller.

    Film de Olivier Megaton avec Liam Neeson, Forest Whitaker, Famke Janssen

    Vu le 1er février :

    Oui, je sais, c'est bizarre de commencer Taken par la fin, mais comme souvent dans ce cas, c'est pas moi qui ai choisi le film...
    Bon, en vrai, c'est moins pire que ce que je pensais sur le scénario. Je m'attendais à un max d'incohérences et d'idioties de la part des personnages, et franchement, à ce niveau, le quota n'est pas dépassé, loin de là. Par rapport au cinéma de Besson, c'est même très intelligent... x)
    Non, le problème de ce film, c'est l'incompétence absolue du monteur. Ce film contient sans doute les scènes d'action les plus pitoyables de toute l'histoire du cinéma d'action, c'est hallucinant ! Les règles les plus élémentaires du montage ne sont absolument pas respectées, on balance 105 plans à la seconde, agrémentés d'immondes zoom/dézoom, décadrages et autres horreurs que même un gamin de 5 ans aurait le bon sens d'éviter. Je ne comprends pas ce qui a pu se passer dans la tête des gens qui ont fait ce film...
    Après, les personnages sont suffisamment solides pour qu'on s'y attache juste assez pour avoir envie de finir le film, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard mais n'est pas d'une imbécillité flagrante, et puis il y a Forest Withaker.
    Donc bon, c'est moche et pas très intelligent, mais c'est pas non plus absolument détestable. Juste insipide et très oubliable.
  • Vacances à Paris (1958)

    The Perfect Furlough

    1 h 33 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Blake Edwards avec Linda Cristal, Elaine Stritch, Marcel Dalio

    Vu le 2 février :

    Un an avant Opération Jupons, Blake Edwards s'était déjà intéressé à la question des femmes et de l'armée, avec déjà Tony Curtis dans le rôle titre. Et pour un résultat non moins réussi !
    Bon, je commence à le connaître, Edwards est incapable de réaliser un mauvais film (au moins jusqu'au milieu des années 80), et Vacances à Paris contient tout ce que j'adore dans la comédie américaine des années 60, se situant dans la droite lignée de ses meilleurs représentants : Stanley Donen et Billy Wilder. Digne troisième larron de cette sorte de Sainte Trinité cinématographique, Blake Edwards s'y entend à merveille pour créer des situations hilarantes et mettre en scène un marivaudage élégant et bien mené.
    Porté par un duo plus sexy que jamais, Vacances à Paris multiplie les quiproquos géniaux et les gags qui frôlent le burlesque sans jamais y "basculer" vraiment (on n'est pas encore dans La Panthère rose). Grâce à des dialogues craquants et des situations jubilatoires, Vacances à Paris tire largement son épingle du jeu, et respecte largement son quota de rires.
    Mais Edwards ne serait pas Edwars s'il ne savait faire que de la comédie, et lorsqu'à de rares reprises, il est vrai, il essaie de quitter un peu les terres du loufoque pour s'aventurer sur celles du romantisme pur, c'est toujours aussi réussi. Ainsi, malgré sa vision de la campagne française très cliché (mais sûrement volontaire), les quelques scènes champêtres sont d'un charme intemporel, nous offrant même un Marcel Dalio qui mérite qu'on privilégie la VF pour l'entendre parler provençal (c'est du français normal en VO).
    Tour à tour, on rit et on rêve (mais on rit surtout) devant un film qui réussit à mener une intrigue un peu tarabiscotée (les quiproquos qui pleuvent dans un final parfait en tous points) jusqu'à son terme sans jamais qu'on ait lâché l'affaire. A noter quand même qu'Edwards développe déjà certains éléments qu'il mûrira plus tard : les portes qui claquent au nez des gens, la profondeur des plans qui nous montrent plusieurs actions simultanées, ou le quasi plan-séquence nous montrant une farandole de personnages (qui n'est pas sans rappeler la géniale ouverture de Quand l'inspecteur s'emmêle).
    Bref, une vraie réussite qui montre qu'Edwards n'a pas attendu La Panthère rose pour déployer toute l'étendue de son génie et de sa douce folie.
  • Bande-annonce

    La Grande Course autour du monde (1965)

    The Great Race

    2 h 40 min. Sortie : . Aventure et comédie.

    Film de Blake Edwards avec Jack Lemmon, Tony Curtis, Natalie Wood

    Vu le 3 février :

    Wow, c'est encore meilleur que dans mes souvenirs !
    S'il fallait résumer Blake Edwards en un film, celui-ci conviendrait sans doute mieux que toutes les Panthère rose du monde. Bien sûr, il manquerait pour une synthèse complète l'aspect dramatique de Victor, Victoria, mais à part ça, tout y est !
    En voulant rendre hommage au cinéma dans sa globalité, du western au film de capes et d'épée, sans oublier l'épouvante, le film romantique et la comédie débridée (c'est joliment dédié à Laurel et Hardy), Blake Edwards touche ici à un sommet de cinéma burlesque !

    C'est tout simplement parfait : la comédie fonctionne à tous les niveaux. Les acteurs s'en donnent à coeur joie, s'appuyant sur la logique du duo perturbé par un électron libre (charmante Natalie Wood), avec d'un côté un Tony Curtis séduisant à souhait, héros trop parfait, et d'un autre côté, son ancien compère Jack Lemmon, machiavélique à souhait, dont le délicieux cabotinage le fait régulièrement ressembler à son parfait successeur Johnny Depp (ça m'est vraiment paru évident dans ce film). Les situations comiques s'enchaînent à un rythme fou, culminant dans le savoureux climax à base de tartes à la crème (sur la polka préférée d'Ugly, à raison ;), sans jamais qu'on ait le temps de s'ennuyer malgré les 2h30 du film, tandis que le slapstick alterne avec un comique de dialogue non moins réussi, qui n'hésite même pas à titiller légèrement le politiquement correct (la satire du féminisme est tellement géniale).
    En pastichant Le Tour du monde en 80 jours, Blake Edwards mélange les genres et réussit son coup dans chacun, signe qu'il maîtrise mieux que quiconque l'art du pastiche. La Grande Course est ainsi plus qu'une des meilleures comédies du monde, c'est aussi un des meilleurs films d'aventures qui soit !

    Au gré d'une des plus belles partitions qu'Henry Mancini ait composées, on se plaît donc à goûter toutes les subtilités de cette comédie enlevée, joyeusement délirante, mais toujours d'une élégance et d'un raffinement que son outrance ne parvient à entamer. Il fallait être Blake Edwards pour toucher à ce point au coeur de sa cible. Et ainsi réaliser le meilleur film de sa pourtant riche filmographie.
  • S.O.B. (1981)

    2 h 02 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Blake Edwards avec Julie Andrews, William Holden, Marisa Berenson

    Vu le 4 février :

    Voir ça juste après La Grande Course autour du monde est assez déconcertant. Entre la séquence de rêve érotique qui se clôt sur les seins apparents de Julie Andrews ou William Holden égaré dans une scène de pipi/caca/prout pendant l'enlèvement d'un cadavre aux pompes funèbres, on n'a vraiment pas l'impression de voir du Blake Edwards...

    Et pourtant, malgré ses fréquentes percées dans le mauvais goût, S.O.B. est un film qui fonctionne à merveille ! Au début, la mécanique comique du réalisateur semble rouillée. Mais en fait, c'est voulu : Edwards n'est plus juste là pour nous faire rire, mais aussi et surtout pour nous dépeindre une vision noirissime d'un Hollywood sur le déclin, que rien ne semble plus pouvoir racheter... C'est (très) grinçant, mais on rit quand même beaucoup, grâce à des répliques comme toujours parfaitement écrites et des situations plutôt bien trouvées.
    En s'appuyant sur le scénario loufoque d'un réalisateur qui essaye de transformer son dernier échec, comédie musicale pour enfants, en film porno à succès, Blake Edwards décrit Hollywood sous son jour le plus terne : c'est une industrie en déclin, déshumanisée, basse et vulgaire, se complaisant dans la fange, qui prend vie sous l'oeil affûté de la caméra du grand réalisateur. Constat d'une cruelle justesse, qui nous donne à voir la perversion en action, allant jusqu'à rabaisser l'incarnation de la pureté enfantine au rang de prostituée cinématographique, magnifique Julie Andrews perdue dans sa détresse dont rien ne viendra la tirer.

    Comme toujours, chez Edwards, la forme est magnifique : un casting absolument génial (William Holden, Robert Preston et Robert Webber sont au sommet !), à l'entrain particulièrement communicatif, nous entraîne dans cette spirale infernale, qui commencer comme une comédie gentiment déprimante, pour virer peu à peu au Very Bad Things avant l'heure. Cynique, grinçant et subversif, le film d'Edwards l'est, mais jamais pour glorifier la vulgarité du Nouvel Hollywood. Non, en filigrane de cette terrible satire, on voit se dessiner un hommage à une forme de cinéma à l'ancienne, un paradis perdu en quête duquel Edwards s'est lancé, et qu'il ne parviendra plus jamais à retrouver...
  • Bande-annonce

    Meurtre à Hollywood (1988)

    Sunset

    1 h 42 min. Sortie : . Policier, thriller et western.

    Film de Blake Edwards avec Bruce Willis, James Garner, Malcolm McDowell

    Vu le 5 février :

    Blake Edwards, Bruce Willis, James Garner, une reconstitution de l'Hollywood des années 20 (et de la 1re cérémonie des Oscars), la rencontre entre un vieux monde fini et un nouveau monde qui commence, une enquête policière dans le milieu du cinéma... Tout était là pour faire un film prodigieux ! Et pourtant, Meurtre à Hollywood ne parvient au mieux qu'à être un film correct, mais si anecdotique.

    Déjà, le rythme n'est plus là. Tout ça est beaucoup trop lent pour que l'immersion soit réussie. On a un peu de mal à situer les personnages, et surtout à s'intéresser à eux, tant leur exposition manque d'inventivité et de souffle, malgré un casting brillant. L'idée de faire se rencontrer un véritable cow-boy sur la fin et un jeune cow-boy de cinéma est géniale et aurait pu donner lieu à tout plein de réflexion sur la collision et la transmission entre l'ancien et le nouveau, entre l'illusion et le réel, tout autant qu'entre le réel et le réalisme... Si Edwards avait réalisé ce film 10 ou 20 ans plus tôt, quel chef-d'oeuvre ça aurait été ! Mais voilà, Edwards réalise ce film trop tard, et il a perdu l'étincelle de son génie. Tout ça est mou, pas très mystérieux, pas très drôle, pas très envoûtant.
    Heureusement, Edwards n'est en rien un mauvais réalisateur, et même vieilli, sans génie, il conserve son talent. Meurtre à Hollywood reste un film pro, bien réalisé et élégant. La reconstitution d'époque est soignée, toutes les allusions à la réalité de l'époque sont souvent savoureuses, et certaines scènes sont même assez brillantes, notamment une scène de danse endiablée où Bruce Willis et sa partenaire en remontreraient à Antonio Banderas et Catherine Zeta-Jones, ou encore la reconstitution de la toute 1re Cérémonie des Oscars, avec un formidable hommage de Malcolm McDowell à Charlie Chaplin. Enfin, le plan final est magnifique, cette superposition du vieux cow-boy en train qui regarde par la fenêtre son jeune homologue cinématographique faire tout plein de pirouettes à cheval. Il y a là matière à une très belle réflexion sur l'art, la réalité, l'illusion, etc...

    Malheureusement, Edwards a rangé ses crocs, et Meurtre à Hollywood est dénué de tout le mordant qui rendait S.O.B. si savoureux. Ici, c'est trop sage. Franchement, si un bon réalisateur s'occupait d'en faire un remake aujourd'hui (avec Bruce Willis dans le rôle du vieux Wyatt Earp, tant qu'à faire), je serais le premier à signer ! Parce qu'honnêtement, il y a matière à...
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    Deux hommes dans l'Ouest (1971)

    The Wild Rovers

    2 h 16 min. Sortie : . Western.

    Film de Blake Edwards avec William Holden, Ryan O'Neal, Karl Malden

    Vu le 7 février :

    Tentative intéressante de la part de Blake Edwards, mais malheureusement assez décevante. Bien sûr, c'est loin d'être mauvais, et c'est assez sympa de voir un réalisateur burlesque comme Edwards s'essayer à un cinéma sérieux comme le western, mais on a un peu du mal à comprendre où il essaye de nous emmener.
    Les acteurs sont prodigieux, William Holden en tête, et son duo avec Ryan O'Neal fonctionne très bien. Le problème, c'est qu'en ne voulant se concentrer que sur la relation entre le vieux et le jeune cow-boy, le film s'apesantit complètement et témoigne d'un rythme d'une lenteur que ne renierait pas un bigorneau cancéreux en phase terminale. C'est mille fois trop lent pour ce que ça a à raconter, et on s'ennuie bien plus souvent qu'on ne l'aurait voulu. Heureusement que le réalisateur n'a pas pu faire son montage initial de 3h... (enfin, cela dit, peut-être qu'il y aurait mis plus d'action)
    En l'état, on récupère un western qui a ses bons moments malgré tout, avec tous les ingrédients du western classique (sauf le rythme, donc) : rivalités d'éleveurs, bagarres de saloons, braquage de banque, vengeance familiale, prostituées à gogo, parties de poker endiablées, chevauchées dans l'aride Far West... Le tout parfaitement mis en scène, puisqu'on est chez Edwards, notamment lors de la scène clé du domptage d'un cheval sauvage par William Holden, qui magnifie l'usage du ralenti au cinéma.
    Loin de ses (savoureux) délires burlesques, Blake Edwards tente donc une incursion honorable dans le western et dans le drame, en nous intéressant au quotidien de ce touchant duo de deux marginalisés, qui, tout comme la Tiffany de Diamants sur canapé, en ont assez de rêver leur vie et cherchent à vivre leurs rêves. Seulement, ce que nous montre ici Edwards, c'est la cruelle désillusion, impressionnante et déprimante.
    Par conséquent, la conclusion du film témoigne d'une noirceur intéressante, mais finalement, en l'absence d'un récit plus fourni, tout ça est un peu trop nihiliste et vain.
  • Bande-annonce

    La Huitième Femme de Barbe Bleue (1938)

    Bluebeard's Eighth Wife

    1 h 25 min. Sortie : . Comédie romantique.

    Film de Ernst Lubitsch avec Claudette Colbert, Gary Cooper, Edward Everett Horton

    Revu le 9 février :

    Ecrite par Billy Wilder et Charles Brackett et réalisée par Ernst Lubitch, cette comédie s'appuie sur leur talent conjoint, ainsi que sur le charme sans failles de son couple Gary Cooper/Claudette Colbert pour faire mouche à presque chaque instant. Malgré sa courte durée, on peut certes dénoter quelques longueurs ici et là, mais l'ensemble reste toujours efficace, grâce au génie du détail croustillant, propre à Wilder comme à Lubitsch, qui se développe ici et touche presque toujours à son but. Sans être un incontournable chef-d'oeuvre du genre, La Huitième Femme de Barbe-Bleue est donc un bel exemplaire de cette comédie romantique frôlant le burlesque sans jamais s'y enfermer, dont Lubitsch et Wilder sont les meilleurs représentants.
  • Qu'as-tu fait à la guerre, Papa ? (1966)

    What Did You Do in the War, Daddy?

    1 h 56 min. Sortie : . Comédie et guerre.

    Film de Blake Edwards avec Aldo Ray, Giovanna Ralli, Harry Morgan

    Vu le 12 février :

    Pendant un (long) moment, j'ai eu peur : Blake Edwards avait-il perdu tout son humour ? En effet, pendant 30-40 minutes, le film est long. Le prologue militaire est justifié et ne nécessite pas spécialement d'humour (quelques répliques sont déjà typiquement "edwardsiennes"), mais la scène de la fête au village est bien trop longue, lourde et peu drôle. J'ai craint le pire pour la suite, j'avoue...
    Mais tout de suite après, ça décolle ! L'arrivée du major Pott déclenche une cascade de situations toutes plus drôles les unes que les autres, qui s'enchaînent à un très bon rythme. Dès que les Américains et les Italiens sont contraints de faire semblant de se battre, la comédie devient hilarante, et nous propose des scènes qu'on croirait écrites par Franquin ou Goscinny, tant on pleure de rire devant certaines. Joyeusement antimilitariste (ou plutôt anti-guerre), "Qu'as-tu fait à la guerre, Papa ?" n'a pourtant rien de bête, s'amusant simplement d'une situation où il n'y a pas d'ennemis, et où les combattants sont alors contraints d'en créer des fictifs. Seulement, vient le moment où les ennemis réels arrivent, et c'est la pagaille...
    "Pagaille" est sans doute le mot qui convient le mieux à la comédie edwardsienne dans sa dimension burlesque, et ici, on touche un de ses sommets dans le domaine. Les scènes cultes s'enchaînent (la bataille avec des balles à blanc pendant que les habitants continuent leur vie, le capitaine déguisé en prostituée, les jeux de passe-passe avec les corps des Allemands...) portées par un casting génialissime (James Coburn, Dick Shawn et Aldo Ray sont absolument craquants) tandis qu'on rit, on rit à n'en plus finir en se demandant jusqu'où ça va aller.
    Alors, certes, "Qu'as-tu fait à la guerre, papa ?" n'est ni la comédie la plus subtile, ni la plus intelligente de Blake Edwards, mais hormis un prologue trop long, elle incarne assez bien le génie comique du réalisateur et nous propose un divertissement parfait en tous points.
  • Bande-annonce

    Le Fils d'un Roi (2020)

    2 h. Sortie : . Drame.

    Film de Cheyenne Carron avec Arnaud Jouan, Aïmen Derriachi, Yann-Joël Collin

    Vu le 12 février :

    Commentaire en attente.
  • Un sacré bordel !

    A Fine Mess

    1 h 30 min. Comédie.

    Film de Blake Edwards avec Ted Danson, Howie Mandel, Richard Mulligan

    Vu le 14 février :

    Bon, bah ça va, je craignais bien pire. Ca ne correspond sans doute pas à la vision qu'Edwards avait de ce film (je crois qu'il voulait quelque chose de semi-improvisé, type "La Party", mais les producteurs voulaient pas), mais ça reste quelque chose de plutôt sympathique. Evidemment, on est loin des grandes heures du réalisateur, mais il réalise là une comédie délirante qui pourrait certes être plus drôle, mais fait quand même le travail minimum.
    Si ça manque un peu d'humour par moments, ça ne manque en tous cas jamais de folie, et c'est bien ce qui sauve ce film : c'est complètement foutraque, ça part dans tous les sens, le rythme va à 200 à l'heure... Aucun temps morts dans ce film assez court, ce qui lui permet d'être vraiment trs efficace. Le casting cabotine à souhait (Richard Mulligan à nouveau complètement barré, mais pas que lui, j'avais jamais vu Stuart Margolin dans cet état x), et le scénario multiplie les situations rocambolesques, assez craquantes quoi que pas toujours parfaitement exploitées.
    Alors c'est un humour assez basique, hein, très slapstick (le film se veut plus ou moins un hommage à Laurel et Hardy), donc faut apprécier ce genre-là, mais ça fonctionne à peu près. Certaines scènes hilarantes, d'autres moins bonnes, aucune vraiment catastrophique. Rien d'incontournable, mais pour un film raté (selon les dires d'Edwards), c'est en fait plutôt réussi. En revanche, Henry Mancini est quasiment absent, un peu dommage...
  • Top Secret (1974)

    The Tamarind Seed

    1 h 59 min. Sortie : . Drame, thriller et romance.

    Film de Blake Edwards avec Julie Andrews, Omar Sharif, Anthony Quayle

    Vu le 17 février :

    Générique de Maurice Binder, musique de John Barry, film d'espionnage... Non, non, ce n'est pas James Bond ! C'est quelque chose de beaucoup plus réaliste et moins héroïque (encore que).
    Blake Edwards n'aimant pas s'enfermer dans un seul genre, il ne se contente pas ici de faire un bon thriller d'espionnage ou un bon film romantique. Il fait les deux en même temps... Et l'un et l'autre sont réussis !
    Alors il faut aimer les films qui vont lentement, mais pourtant, "Top Secret" n'a rien d'ennuyeux. En s'appuyant sur le couple Julie Andrews/Omar Sharif, le film a un double atout majeur, tant les deux dégagent une belle alchimie et sont tout aussi touchants l'un que l'autre. Certes, cette histoire d'espion voulant passer de l'autre côté de la barrière en pleine Guerre Froide n'a rien de très original, mais pourtant, on se prend bien au jeu, car Edwards a l'intelligence de maintenir l'ambiguïté pendant une grande partie du film : souhaite-t-il réellement traverser le rideau de fer, ou ne joue-t-il ce jeu que pour attirer son amante du côté russe ?
    Ainsi, la relation entre les deux personnages principaux est vraiment bien développée, et gagne beaucoup de relief du fait de son ambiguïté. Les personnages secondaires sont également très intéressants et bien écrits, et la mise en parallèle des différents couples, tous partagés par l'implication de l'homme dans les renseignements secrets, offre une réflexion intéressante, puisque nécessairement, un homme qui a des choses à cacher pousse presque obligatoirement sa femme à se poser tout un tas de questions.
    Bref, rien d'absolument incontournable, mais un film à la fois romantique et d'espionnage, tour-à-tour émouvant et haletant. A défaut d'un chef-d'oeuvre, une réussite.
  • Darling Lili (1970)

    2 h 16 min. Sortie : . Comédie musicale et guerre.

    Film de Blake Edwards avec Julie Andrews, Rock Hudson, Jeremy Kemp

    Vu le 17 février :

    Ben ça passe beaucoup mieux à la seconde vision ! La 1re fois, j'avais trouvé ce film plat et décousu. Je me trompais gravement : Darling Lili est effectivement légèrement décousu, mais c'est du pur Blake Edwards, et pas des moindres !
    Il porte là le mélange des genres à son apogée, en mêlant le film de guerre, la comédie, le film romantique, le film d'espionnage et le film musical. Si Rock Hudson n'a pas une présence incroyable, Julie Andrews est évidemement incroyable, en plus magnifiée par la caméra de Blake Edwards, qui n'a jamais dû être aussi amoureux d'elle que sur le tournage de ce film qui lui a permis de rencontrer sa future femme. Jeremy Kemp n'est d'ailleurs pas en reste, touchant dans le rôle de l'ex-amant dégradé par le nouveau. Enfin, l'humour est très bien assuré par l'hilarante duo Jacques Marin/André Maranne.
    Comme toujours chez Edwards, la mise en scène est fignolée à souhait. La photographie de Russell Harlan est somptueuse, avec ses mouvements de caméra toujours plus fluides et ses cadrages millimétrés, tandis que la reconstitution des années 1910 est vraiment jolie, élégant, et parfois légèrement kitsch mais juste ce qu'il faut, en tous cas extrêmement vivante. Qu'il s'agisse des séquences aériennes ou des numéros musicaux de Julie Andrews, Blake Edwards s'y entend à merveille pour filmer chacune de ses scènes, comme il se doit, en ayant recours aux canons de chaque genre cinématographique auquel il fait référence. Certes, on passe parfois un peu du coq-à-l'âne, mais plus on avance dans le film, plus le lien se crée, rendant le film plus uni et plus cohérent.
    Tour-à-tour émouvant, hilarant, stressant, "Darling Lili" est en tous cas toujours très enthousiasmant, et offre aux amateurs du cinéma d'Edwards une nouvelle pépite de légèreté et de divertissement.
  • Bande-annonce

    Dans la peau d'une blonde (1991)

    Switch

    1 h 43 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Blake Edwards avec Ellen Barkin, Jimmy Smits, JoBeth Williams

    Vu le 17 février :

    Bon, c'est pas catastrophique, mais ça reste assez pauvre, pour du Blake Edwards. Le concept de l'homme soudainement transformé en femme est décliné de manière très classique. Certains gags fonctionnent bien, comme le scénario global, mais ça reste trop sage. 15 ou 20 ans plus tôt, Blake Edwards aurait fait un scénario prodigieux d'inventivité, là, c'est franchement bateau. Dommage parce que la fin, pour le coup, prend un virage moins attendu, vachement intéressant et même profond. C'est d'ailleurs tout le problème de cette comédie : jamais hilarante quoique souvent amusante, c'est quand elle faut dans le dramatique qu'elle devient vraiment bonne. Donc bon, il y a d'excellentes idées, mais qui restent à l'état de pistes mal ou peu exploitées. Dommage, vu le gros potentiel...
    Bref, rien de honteux, mais on voit quand même qu'on a affaire à un génie comique sur le déclin.