Une anthologie du Cinéma Fantastique

Avatar Yann H Liste de

235 films

par Yann H

Le cinéma fantastique est né quasiment en même temps que le cinéma lui même. Lors d'un tournage d’une simple scène de rue, la caméra de Méliès s’est coincée et il lui a fallu quelques secondes pour rectifier le problème. Oubliant l’incident, Méliès visionna le film et fut frappé par l’effet qu’un tel incident avait eu sur la scène. Des objets ont apparu soudainement, puis ont disparu ou ont été transformés en d’autres objets. Le début de l'art de l’ellipse et surtout des effets spéciaux propre au cinéma fantastique.

Cette "anthologie" n'a pour but que de tisser des liens entres toutes ces époques, ces films et leurs réalisateurs.

Trier par : Tri par défaut
  • Tri par défaut
  • Note globale
  • Ordre alphabétique
  • Date de sortie
  • Notes de mes éclaireurs
  • Note de l'auteur de la liste
  • Derniers ajouts
  • Bande-annonce

    Le Manoir du Diable (1896)

    3 min. Sortie : 1896. Épouvante-Horreur et fantastique.

    Court-métrage de Georges Méliès avec Jeanne d'Alcy, Jules-Eugène Legris et Georges Méliès

    À l’automne 1896, un événement est survenu qui depuis fait partie du folklore du cinéma, qui a changé la façon dont Méliès voyait le cinéma. Lors du tournage d’une simple scène de rue, la caméra de Méliès s’est coincée et il lui a fallu quelques secondes pour rectifier le problème. Oubliant l’incident, Méliès visionna le film et fut frappé par l’effet qu’un tel incident avait eu sur la scène. Des objets ont apparu soudainement, puis ont disparu ou ont été transformés en d’autres objets.

    Ainsi est né Le Manoir du Diable, techniquement, le premier film d’horreur, et l’un des premiers films, probablement le premier à utiliser délibérément des effets spéciaux pour effrayer ses téléspectateurs. Il a été dévoilé pour la première foi, la veille de Noël 1896, au Théâtre Robert Houdin, 8 boulevard des Italiens, Paris.

    https://youtu.be/tE4Cy8tq1h4
  • Bande-annonce

    L'Auberge ensorcelée (1897)

    2 min. Sortie : 1897.

    Court-métrage de Georges Méliès

    Melies s'amuse de la technique dite de "disparition" ... faire peur, ou faire rire .. en tout cas provoquer de l'émotion.

    https://youtu.be/0Rdjuj9vNLw
  • Bande-annonce

    Frankenstein (1910)

    13 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Court-métrage de J. Searle Dawley avec Mary Fuller, Charles Ogle et Augustus Phillips

    La première adaptation du roman de Mary Shelley au cinéma est une production Edison de 1910. Le négatif original a hélas brulé dans un incendie quelques années plus tard. Il n’existe aujourd’hui qu’une seule copie de ce Frankenstein connue au monde ; elle fut découverte dans les années soixante-dix par Al Dettlaff, collectionneur du Wisconsin (décédé en 2005), dans un lot qu’il avait acheté vingt ans plus tôt. Il a tenté, en vain, de le revendre à l’AFI (American Film Institute) pour 1 million de dollars. Les copies de cette copie que l’on peut voir aujourd’hui sont en très mauvais état mais elles nous permettent de réaliser à quel point le film était assez élaboré pour son époque. Le film est fidèle au roman, avec une fin assez mystique. Contrairement aux versions suivantes, le monstre de Frankenstein est ici un être créé de toutes pièces, dans un chaudron (1). James Dawley utilise des plans d’un mannequin en train de brûler et de se décomposer sous l’effet de la chaleur et passe le film à l’envers, ce qui est assez convaincant. Le monstre est assez réussi, d’un aspect grotesque et terrifiant. Le film ne comporte hélas aucun gros plan, ni de plan rapproché (absence habituelle pour un film de cette époque). Le maquillage très élaboré du monstre était l’œuvre de l’acteur lui-même, Charles Ogle, acteur de théâtre. Le film est volontairement dénué de toute scène trop choquante et de tout meurtre pour permettre une distribution la plus large possible. Frankenstein eut ainsi un grand succès populaire, ce fut l’un des plus grands succès des studios Edison. Plus que tout autre, il marque la naissance d’un genre : le film d’horreur.

    https://youtu.be/9qBmZW7QNEs
  • Cauchemars et Hallucinations (1919)

    Unheimliche Geschichten

    1 h 52 min. Sortie : . Fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Richard Oswald avec Anita Berber, Conrad Veidt, Reinhold Schunzel

    Ancêtre du film à sketchs fantastique à la Dead of night - Au coeur de la nuit (1945) ou I tre volti della paura - les trois visages de la peur (Mario Bava, 1963), réunit, en 1919, une équipe qui a déjà fait ses preuves.

    En effet le cinéaste et producteur allemand Richard Oswald, connu pour son goût des thèmes sulfureux et des succès de scandale, y faisait appel à trois acteurs à forte personnalité qu’il avait révélés au cinéma dans ses films précédents : Conrad Veidt, génial cabotin au visage anguleux bientôt promis à une carrière international ; Reinhold Schünzel, acteur chez Lubitsch, Lang ou Hitchcock (Notorious) et la danseuse Anita Berber (1899 - 1928), figure légendaire de la vie nocturne berlinoise de ces folles années.

    Brillante démonstration d’un métier consommé, tant au niveau de la mise en scène que des décors, de l’éclairage et du jeu des acteurs, cette suite d’exercices de style parvient pourtant par moments à tenir les promesses, c’est à dire à susciter l’inquiétude en révélant l’étrangeté d’un univers qui cesse soudain d’être familier.
    Le premier épisode est, de ce point de vue, le plus réussi parce que le plus réaliste. Le malaise, présent dès la première scène (une rencontre dans un parc), y nait d’un sentiment de décalage tenant à presque rien (un détail du décor, le jeu comme halluciné des acteurs).

    http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=2757
  • Bande-annonce

    Le Cabinet du docteur Caligari (1920)

    Das Cabinet des Dr. Caligari

    1 h 16 min. Sortie : . Muet, drame, thriller et Épouvante-horreur.

    Film de Robert Wiene avec Friedrich Feher, Hans Heinrich von Twardowski, Rudolf Lettinger

    Le Cabinet du Dr Caligari fit grand bruit à sa sortie en Allemagne, en février 1920 — et rebelote en France deux ans plus tard. « Allez voir Caligari, écrit alors Maurice Ravel... Le cinéma est enfin créé. » Il ajoute, pour rappeler que l'armistice n'est pas si vieux : « D'autres regretteront que cette création soit due aux boches, qui n'ont jamais rien inventé, ainsi que nous le savons tous. » Ça y est, le cinéma est « expressionniste ». Ou plutôt l'« expressionnisme » — la réalité déformée par l'expression d'une subjectivité —, qui triomphe alors outre-Rhin en peinture, en littérature, un peu sur les scènes de théâtre, gagne enfin le septième art.

    Le film de Wiene — ses producteurs l'avaient proposé à Fritz Lang, qui le refusa — marqua le point de départ d'une décennie magique pour le cinéma allemand. Pourtant, il est aujourd'hui reconnu que le style si particulier du film est d'abord dû au décorateur Hermann Warm. Ce mystère digne des feuilletons de l'époque n'a-t-il pas juste été rhabillé d'oripeaux visuels décalés ? Cocteau le pressentait dès la sortie : « Caligari est le premier pas vers une faute qui consiste à photographier platement des décors excentriques, au lieu d'obtenir des surprises par l'appareil de prise de vues. »

    https://youtu.be/FercSdXHLr0
  • Bande-annonce

    Le Golem (1920)

    Der Golem

    1 h 26 min. Sortie : . Muet et comédie dramatique.

    Film de Paul Wegener et Carl Boese avec Ernst Deutsch, Hans Sturm, Paul Wegener

    La gestuelle pataude du « monstre », joué par Wegener lui-même, est devenue célèbre, et fut abondamment scrutée par les cadres d'Universal songeant, quelques années plus tard, à adapter Frankenstein, de Mary Shelley... Le film fut aussi considéré comme un sommet de l'expressionnisme à cause des décors tortueux signés de l'architecte Hans Poelzig. C'est sa partie centrale qui frappe davantage aujourd'hui : le rabbin montre à la cour de Rodolphe II une vision de l'exil à Babylone, qui paraît une préfiguration du cinématographe, et ces images moquées déclenchent le châtiment divin, faisant du Golem un descendant de Samson !

    https://youtu.be/UYk0y9HlTdc
  • Les Trois Lumières (1921)

    Der müde Tod

    1 h 34 min. Sortie : . Muet, drame et sketches.

    Film de Fritz Lang avec Lil Dagover, Walter Janssen, Bernhard Goetzke

    C'est le « blockbuster » du jeune Fritz Lang. A 30 ans à peine, avec l'aide de sa complice scénariste (et maîtresse) Thea von Harbou, il met en scène cette fresque spectaculaire qui traque une certaine idée de l'âme allemande en voyageant de la Chine millénaire à l'Arabie des Mille et Une Nuits, via le carnaval de Venise... Dans une ville allemande, un homme à la longue silhouette ­sinistre, au visage dur et émacié, a acquis un terrain en bordure du cimetière. De hauts murs -- sans porte ? -- empêchent qu'on y pénètre... C'est la Mort, qui s'invite plus tard à la table de l'auberge pour enlever à l'amoureuse son fiancé. La jeune femme est prête à tout pour le ressusciter ; la Mort lui offre un marché : sauver au moins l'un des trois hommes, à trois époques différentes, qui, ont pour point commun d'avoir été victimes de l'amour.

    https://youtu.be/dbF5EsoZTEs
  • Bande-annonce

    La Sorcellerie à travers les âges (1922)

    Häxan

    1 h 31 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et muet.

    Film de Benjamin Christensen avec Maren Pedersen, Clara Pontoppidan, Elith Pio

    l’extrême singularité du film du cinéaste danois Benjamin Christensen, toujours aussi vive presque quatre-vingt-dix ans après sa réalisation, ne tient en réalité pas tant à son sujet - la sorcellerie - qu’au mode narratif avec lequel celui-ci est évoqué. C’est en effet une forme, osons le mot, éminemment bizarre qu’adopte Benjamin Christensen avec Häxan. Profitant sans doute de la liberté esthétique offerte par un médium artistique alors débutant, le réalisateur élabore ainsi un film combinant des régimes esthétiques profondément hétérogènes. Les sept tableaux composant Häxan prennent tantôt la forme de séquences documentaires d’inspiration scientifique, tantôt celle de moments fictifs déployant alors une spectaculaire imagerie fantastique. Impur car mêlant allègrement réel et imaginaire, Häxan l’est aussi par son égale capacité à solliciter chez le spectateur sa part la plus noble - notamment réflexive - comme son versant le plus trivial - plus particulièrement sa pulsion voyeuriste.

    http://www.cinetrafic.fr/video/bande-annonce/126445/la-sorcellerie-a-travers-les-ages-ba
  • Bande-annonce

    Nosferatu le vampire (1922)

    Nosferatu, eine Symphonie des Grauens

    1 h 22 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et muet.

    Film de Friedrich-Wilhelm Murnau avec Max Schreck, Gustav von Wangenheim, Greta Schröder

    Ce chef-d'oeuvre du cinéma muet est typique du courant expressionniste allemand des années 1920, manifestant un attrait morbide pour le ténébreux. Le film est l'histoire de la métamorphose d'un univers provincial bourgeois déliquescent en un chaos dominé par l'irrationnel. Sa science du cadrage, de l'image stylisée, saccadée, a fait de Murnau l'un des plus grands cinéastes au monde. Voyez comme il suggère la présence du surnaturel dans l'univers animal, végétal, minéral et humain. Quel impact il donne à des chevaux galopant au crépuscule, au vacillement monotone d'une lampe. Ou à la lenteur exaspérante avec laquelle le vampire hideux avance de la profondeur extrême d'un plan. Là encore, Murnau a une idée de génie : il interrompt brutalement le trajet du monstre par une porte qui se ferme et décuple l'angoisse, en forçant le spectateur à imaginer l'invisible.

    http://www.cinetrafic.fr/video/bande-annonce/61098/nosferatu-le-vampire-bande-annonce-vo
  • Les Mains d'Orlac (1924)

    Orlacs Hände

    1 h 39 min. Sortie : . Muet et Épouvante-horreur.

    Film de Robert Wiene avec Conrad Veidt, Alexandra Sorina, Fritz Kortner

    https://youtu.be/ip5hylezdz0

    L'expressionnisme s'est fondu dans le réel, pour se faire dix fois plus efficace. L'accident de train qui ouvre le film dans la nuit noire et les fumées éblouissantes est d'un onirisme bien plus frappant que n'importe quel décor explicitement tarabiscoté, et tout aussi propre à transmettre un sentiment de désastre humain. Plus généralement, le film est beaucoup plus proche d'un Nosferatu, dans le sens où sa veine expressionniste confine à la mélancolie, à un vague à l'âme plus proche du romantisme
  • Bande-annonce

    Le Cabinet des figures de cire (1924)

    Das Wachsfigurenkabinett

    1 h 24 min. Sortie : . Muet, sketches et fantastique.

    Film de Paul Leni et Leo Birinsky avec Werner Krauss, Olga von Belajeff, John Gottowt

    Si Le Cabinet des figures de cire n’est pas révolutionnaire quant à son genre, il n’en reste pas moins magnifiquement exécuté. Mêlant l’esthétique picturale de l’expressionnisme et l’Histoire comme prétexte à un imaginaire foisonnant, le film déploie pléthore d’artifices pour conquérir les yeux de ceux qui le regardent. Le cabinet est le lieu idéal pour ouvrir les portes de la fiction. Chaque figure est comme une page blanche qui n’attend que d’être tachée par l’encre noire. Si nous devions réécrire les vies des grandes figures historiques, du Calife au Tsar de Russie en passant par un célèbre assassin, quelle vie leur donnerions-nous ? L’expressionnisme dépasse les frontières entre réalité et rêve, alors pourquoi ne pas offrir aux protagonistes de nos livres d’Histoire de nouveaux traits ?

    Le Cabinet des figures de cire, sorti en 1924 et réalisé par Paul Leni, est, selon certains théoriciens du cinéma, l’un des deux films clôturant le caligarisme, un pan très précis de l’expressionnisme

    https://youtu.be/G_bD8KmNnAQ
  • Les Nibelungen (1924)

    Die Nibelungen

    4 h 53 min. Sortie : . Muet, fantasy, drame et aventure.

    Film de Fritz Lang avec Hanna Ralph, Hans Adalbert Schlettow, Paul Richter

    Selon l’analyse du critique Siegfried Kracauer, Lang ambitionnait avec Les Nibelungen de construire un document national pour populariser la culture allemande. Par national, on ne doit pas entendre nationaliste. Pour comprendre ce terme, il faut en fait se remémorer ce que disait Henrich Heine en 1833 à propos de la psychologie allemande : Laissez à nous autres Allemands les horreurs du délire, les rêves de la fièvre et le royaume des fantômes, l’Allemagne est un pays qui convient aux vieilles sorcières, aux peaux d’ours morts, aux golems de tout sexe. Ce n’est que de l’autre côté du Rhin que de tels spectres peuvent réussir ; la France ne sera jamais un pays pour eux...

    Malheureusement, les Allemands des années 20 se méprirent sur les intentions du réalisateur, ne voyant dans son film que l’aspect héroïque teutonique, pour reprendre l’expression de Lotte Eisner. En témoignent les critiques de l’époque : Que cette grande œuvre exceptionnelle soit une arme rayonnante de la foi allemande, qui plane au-dessus du monde, indomptée et invaincue, chant glorieux d’une humanité pure et libre. Si l’on ajoute à cela que ce film était le préféré d’Hitler et de Goebbels, on pourra légitimement nourrir de la méfiance à l’égard de son message. Pourtant, l’on doit se rappeler ici que Lang fit partie des cinéastes qui quittèrent l’Allemagne peu de temps après l’arrivée des Nazis au pouvoir. Ce qui devrait lever tout soupçon le concernant. Quant au personnage de Siegfried (celui de la légende), on se souviendra qu'Engels le considérait non pas comme un héros national guerrier, mais comme l'incarnation de la jeunesse contestaire. Rien à voir avec le national-socialisme par conséquent.

    https://www.guide-rapide.com/film-4930-sorties-vod-130s10aaaaa1a.html
  • Bande-annonce

    Le Fantôme de l'opéra (1925)

    The Phantom of the Opera

    1 h 41 min. Sortie : . Muet et fantastique.

    Film de Rupert Julian avec Lon Chaney, Mary Philbin, Norman Kerry

    Le Fantôme de l’Opéra comporte quelques scènes assez spectaculaires de foule et l’atmosphère des souterrains est lourde à souhait. Le couple forcé formé par Lon Chaney et la très belle Mary Philbin fonctionne particulièrement bien, une certaine connivence s’étant créée entre les deux acteurs. Le Fantôme de l’Opéra fut un énorme succès et se révéla être la plus belle réussite financière des années 20 pour les Studios Universal.

    https://youtu.be/7PYdnJJyX2w
  • Bande-annonce

    Les Cheveux d'or (1927)

    The Lodger: A Story of the London Fog

    1 h 30 min. Sortie : . Muet, policier, drame et thriller.

    Film de Alfred Hitchcock avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen

    Au delà d’une esthétique et d’un sens aigu du montage, LES CHEVEUX D’OR, à la colorimétrie codifiée (du noir au sépia, en passant par le bleu) présente les caractéristiques de ce qui deviendra un thème récurrent, si ce n’est omniprésent, de la filmographie du maitre du suspense : la fausse culpabilité dans le crime, mais aussi dans le plaisir amoureux. Alfred Hitchcock est très conscient et attentif à la situation du spectateur. Pour lui, il est primordial que l’audience puisse s’identifier aux personnages, sans pour autant renier les actes clandestins et criminels. A partir de ce moment, l’innocence emportée par le tourbillon de la culpabilité traversera l’entièreté de son oeuvre. François Truffaut résumera ainsi cette obsession : « l’homme ordinaire plongé dans des aventures extraordinaires ».

    https://youtu.be/2qFiw5VtmyI
  • La Volonté du mort (1927)

    The Cat and the canary

    1 h 22 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Paul Leni avec Forrest Stanley, Arthur Edmund Carewe, Flora Finch

    Dès le générique d'ouverture, lorsqu'une main écarte des toiles d'araignées afin de révéler les acteurs du film, LA VOLONTE DU MORT se révèle être une tentative créative complète. Le film a été tourné pour « Universal Pictures » (Etats-Unis) par le réalisateur allemand Paul Leni. Du point de vue cinématographique, le métrage est remarquablement imaginatif, faisant usage d'une série d'images montées, de gros plans et de fondus au noir générateurs d'effets stupéfiants.

    https://youtu.be/63EyhoaDbWo
  • Bande-annonce

    La Chute de la maison Usher (1928)

    1 h 03 min. Sortie : . Drame et muet.

    Film de Jean Epstein avec Jean Debucourt, Marguerite Gance, Charles Lamy

    Ce film somme qui va venir clore le cycle des Films Jean Epstein. Un film où il va reprendre et amplifier l'ensemble de ses recherches formelles. Un film pictural où il va utiliser la palette la plus élargie possible du langage cinématographique (surimpressions, transparences, ralentis, mouvements de caméra...) en la mettant constamment au service de la psychologie du récit. Mais aussi un film où il va viser à l'épure, envie à priori contradictoire avec ses ambitions esthétiques et qui pourtant est bien au cœur de ce projet qui annonce finalement, malgré le gouffre qui semble les séparer, ses futures réalisations.

    https://youtu.be/_-U6N-3lWX8
  • Bande-annonce

    Dracula (1931)

    1 h 15 min. Sortie : . Fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Tod Browning avec Bela Lugosi, Helen Chandler, David Manners

    Dracula est un très grand classique et une date capitale dans l’histoire du cinéma fantastique mais aussi mondial. En effet, ce long métrage réalisé par Tod Browning est le tout premier film fantastique de l’ère du parlant. En 1930, la Universal prend la décision d’adapter le roman de Bram Stoker, ou plus précisément la pièce de théâtre qui en est tirée et qui triomphe encore à Broadway, avec un certain Bela Lugosi dans le rôle titre. Carl Laemmle Jr., fondateur de la Universal, commence à mettre en chantier cet ambitieux projet. Lon Chaney, acteur mythique du cinéma muet, de son surnom "l’homme aux mille visages", est prévu pour interpréter le comte Dracula. Mais il décède d’un cancer du poumon peu avant le tournage. Laemmle mise alors tout sur un acteur chevronné qui connait le personnage sur le bout des doigts, plus que quiconque, et qui l’a joué des centaines de fois sur les planches. Bela Lugosi entre ainsi dans la légende.

    http://www.cinetrafic.fr/video/bande-annonce/42404/trailer-de-dracula-1931

    https://youtu.be/jf2IhYToDY4
  • Bande-annonce

    Frankenstein (1931)

    1 h 10 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur et science-fiction.

    Film de James Whale avec Colin Clive, Mae Clarke, John Boles

    Plus de 80 ans nous séparent la sortie de Frankenstein, 80 ans pendant lesquels la créature impie et tragique façonnée par le scientifique fou a profondément marqué autant l’imagerie du fantastique que l’imaginaire collectif. Mais si le maquillage éternellement reconnaissable dû à Jack Pierce a traversé un siècle de cinéma sans prendre une ride, redécouvrir Frankenstein aujourd’hui permet de se rendre compte à quel point, par l’utilisation qu’il a fait de ses références le réalisateur James Whale a profondément codifié l’univers du fantastique à venir.

    https://youtu.be/1qNeGSJaQ9Q
  • Bande-annonce

    M le maudit (1931)

    M

    1 h 57 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Fritz Lang avec Peter Lorre, Ellen Widmann, Inge Landgut

    Il paraît qu'à la sortie de M le Maudit, Joseph Goebbels nota dans son journal : « Fantastique. Pour la peine de mort. Lang sera notre réalisateur, un jour. » Contresens total : poursuivi par la police comme par les criminels, le tueur sadique de petites filles a du mouron à se faire, mais c'est la loi qui, paradoxalement, peut le sauver — à l'image d'une dernière séquence libératrice, à disserter en cours de philo.

    De ce film stupéfiant, on retient la maîtrise immédiate qu'a Lang du parlant. Il réussit ici à ­inventer un mode d'illustration sonore qui lui est propre et ne le limite jamais : il dissocie ­fréquemment la bande-son de l'image, prolonge un dialogue pour le transformer en commentaire off, etc.

    La première séquence — l'assassinat d'Elsie Beckmann — est une leçon de mise en scène, un montage alterné qui fait monter l'angoisse. Le tueur n'est d'abord qu'une ombre sur l'affiche qui offre une prime pour sa capture, puis une voix d'une absolue douceur. Peter Lorre, génial, apparaît, qui sifflote un refrain (le thème est tiré des Suites pour Peer Gynt, de Grieg, et il est sifflé par Lang lui-même). L'horreur se passera hors champ. Le film a la curieuse prescience d'un « nouveau mal », un noir fléau qui pourrait être assimilé au nazisme. Et Lang, convoqué par Goebbels, préféra, in fine, rejoindre Paris en train, ne pas être « leur » réalisateur.

    https://youtu.be/ssdtn60srNc

    doc sur lang :
    https://youtu.be/zbCsqw6zvas
  • Dr. Jekyll et Mr. Hyde (1931)

    Dr. Jekyll and Mr. Hyde

    1 h 38 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et science-fiction.

    Film de Rouben Mamoulian avec Fredric March, Miriam Hopkins, Rose Hobart

    Le début des années 30 est une période riche en films d’horreur : le DRACULA de Tod Browning, FRANKENSTEIN de Whale (chez Universal)… les studios hollywoodiens ont bien compris les bénéfices que le genre engendrait. C’est donc dans cette dynamique que se place la Paramount, qui demande à Rouben Mamoulian de réaliser une nouvelle adaptation de l’œuvre de Robert Louis Stevenson. D’origine russe, Mamoulian a connu le succès à Broadway, ce qui lui ouvre les portes d’Hollywood. Il devient réalisateur pour la Paramount en 1929. Dr JEKYLL ET Mr HYDE est son troisième film.

    https://youtu.be/GynMi0E7B5g
  • Les Morts-vivants (1932)

    White Zombie

    1 h 09 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Victor Halperin avec Robert Frazer, John Harron, Brandon Hurst

    LES MORTS-VIVANTS est considéré comme le premier film à mettre en scène des "zombies". Mais cette notion doit être distinguée du simple statut de mort-vivant : en effet, selon le folklore des Antilles, le zombie est un être humain qui, par des moyens supposés magiques, est mis dans une état de transe tel qu'il semble physiquement mort. Cet état étant temporaire, la victime de cette malédiction revient ensuite à la vie et peut être, éventuellement, employée comme esclave par le sorcier.

    Des tambours lointains résonnent, comme les échos menaçants d'une terrible cérémonie, avant de céder la place à un silence pesant, déchiré par les hurlements d'un vautour, compagnon de magie noire de Legendre. Surtout, l'insupportable grincement de la broyeuse de cane à sucre, activée par des zombies aux regards exorbités, résonne longtemps aux oreilles du spectateur, traumatisé par cette séquence digne de figurer au sein d'une anthologie de l'horreur.

    https://youtu.be/xunam4ANcDQ
  • Les Chasses du comte Zaroff (1932)

    The Most Dangerous Game

    1 h 03 min. Sortie : . Aventure.

    Film de Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel avec Joel McCrea, Leslie Banks, Fay Wray

    Il est, dans l’histoire du cinéma, quelques très rares films qui peuvent être considérés comme des œuvres matricielles. Sans aucun doute, Les Chasses du comte Zaroff fait partie de ce cercle très fermé.

    Rien pourtant ne prédisposait cette petite production à accéder au rang de classique et l’on doit à Selznick, alors directeur de production à la RKO, d’avoir fortement soutenu ce projet. Le futur producteur d’Autant en emporte le vent a tout au long de sa carrière multiplié les preuves de sa sensibilité artistique, et on peut imaginer qu’il ait senti très tôt que quelque chose de très profond était en jeu dans l’histoire, sur le papier simplissime, de Richard Connell. The Most Dangerous Game est vendu par Selznick et Merian C. Cooper (producteur associé sur le projet) au conseil d’administration de la RKO comme un petit film économe devant servir de test au prestigieux projet de la maison mené par Schoedsack et Cooper : King Kong.

    L’idée est de tourner Zaroff en même temps que les intérieurs de King Kong, avec une équipe technique en grande partie commune. Schoedsack (qui s’est occupé, de son côté, des extérieurs de King Kong) dirige le tournage des Chasses du comte Zaroff dans la journée, utilisant les décors de marais et de jungle construits pour Skull Island dans le studio 11 de la RKO. Cooper prend la relève la nuit pour mettre en boîte King Kong, utilisant les informations laissées par les techniciens de la journée pour optimiser l’utilisation des décors et régler au mieux les scènes. Outre l’aspect technique, on retrouve également dans les deux films Fay Wray et Robert Armstrong

    https://youtu.be/dVy8ExtSAiM
  • Bande-annonce

    Freaks, la Monstrueuse Parade (1932)

    Freaks

    1 h 04 min. Sortie : . Drame et Épouvante-horreur.

    Film de Tod Browning avec Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova

    Films disparus, amputés, biographie remplie de zones d'ombres et de réinventions... Tod Browning, l’œuvre comme l'homme, restent encore assez mal connus. Mais un seul film suffit parfois pour transformer un réalisateur quasi inconnu en légende. Et dans le cas de Tod Browning, ce film c'est assurément Freaks.

    Freaks, malgré le fait qu'il se déroule dans un cirque, ne joue pas sur l'illusion et la représentation. Il n'en demeure pas moins que la question de la position du spectateur y est incontournable. Si le film consistait juste à évoquer la "beauté cachée des monstres" ou à montrer a contrario que la monstruosité se cache sous la beauté, bref que le physique ne reflète rien de l'intériorité, le film ne provoquerait pas le trouble qui en fait encore aujourd'hui l'une des œuvres les plus marquantes de l'histoire du cinéma. C'est que Browning propose quelque chose de bien plus ambigu, et c'est ce qui confère au film sa richesse et même une bonne dose de perversité.

    https://youtu.be/pv_zM8h8X_k
  • La Momie (1932)

    The Mummy

    1 h 13 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Karl Freund avec Boris Karloff, Zita Johann, David Manners

    Karl Freund, qui a travaillé comme chef opérateur auprès des plus grands réalisateurs expressionnistes en Allemagne, d'où il est originaire, et sur le Dracula de Tod Browning aux Etats-Unis, plonge son film dans des clairs-obscurs inquiétants et s'amuse avec le hors-champ : une main émaciée qui apparaît dans un coin de l'image, des bandelettes qui traînent sur le sol, cela suffit pour suggérer le réveil de la Momie. Pur produit du studio Universal et de son directeur, Carl Laemmle Jr, La Momie hante encore aujourd'hui notre imaginaire horrifique.

    https://youtu.be/1i6xNScZRP4
  • Bande-annonce

    Vampyr, ou l'étrange aventure de David Gray (1932)

    Vampyr

    1 h 23 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Carl Theodor Dreyer avec Julian West, Maurice Schutz, Sybille Schmitz

    Pour être capté par Vampyr, il faut oublier tous les films de vampires d'hier et d'aujourd'hui. Vampyr est une expérience surréaliste et subjective à laquelle le cinéaste danois conviait le spectateur en le plongeant dans le même cauchemar éveillé que celui de David Gray, son héros perdu, les yeux sans cesse écarquillés devant le mystère. Il décida même de filmer avec une caméra défectueuse, au vu de la première bobine dont l'image nébuleuse l'enthousiasma.

    Du moment où ce chasseur de malédictions prend une chambre à l'auberge du village de Courtempierre, ce n'est pas une histoire qui s'ouvre, mais une déambulation dans des paysages brumeux, où les réponses, si elles existent, restent hors champ. On passe de plans muets en plans à peine parlants comme David Gray : sans jamais deviner ce qui suit. Une poignée de porte qui tourne, un unijambiste dans un escalier, un homme avec une faux, une danse d'ombres d'enfants ou une fille pâle soi-disant atteinte de somnambulisme qui regarde soudain sa soeur avec un regard dément, autant de plans qui semblent sortir d'outre-tombe ou de nos angoisses les plus intimes.

    https://youtu.be/zjoXS8rbUEQ
  • Double Assassinat dans la rue Morgue (1932)

    Murders in the Rue Morgue

    1 h 01 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Robert Florey avec Sidney Fox, Bela Lugosi, Leon Ames

    Le gothique, qui n’est pas un genre à proprement parler, devient petit à petit une référence majeure -aussi bien esthétique que scénaristique- pour les cinéastes de l’époque, et plus particulièrement pour ceux qui s’adonnent au cinéma de genre. L’horreur et le fantastique se délectent des bizarreries, contradictions, tabous et ambiances malaisantes du cinéma gothique. Né en prenant appui sur l’expressionnisme allemand –Murnau et Lang en ont fait un grand et brillant usage-, il repose aussi sur des codes scénaristiques très clairs. C’est la raison pour laquelle, avec ses atmosphères étranges et ses imaginations fantastiques, Edgar Allan Poe devient la marotte des réalisateurs américains de l’époque. Robert Florey livre ainsi une adaptation très libre de Double assassinat dans la rue morgue en 1932, Edgar G. Ulmer monte Le chat Noir en 1934 et Lew Landers s’attaque au Corbeau en 1935. Double assassinat dans la rue morgue amorce donc le cycle « Allan Poe » dans le cinéma des années 30, empreint d’une réalisation très caractéristique de cette époque.

    https://youtu.be/Bbx60e2_ksg
  • L'Île du docteur Moreau (1932)

    Island of Lost Souls

    1 h 10 min. Sortie : décembre 1932. Fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Erle C. Kenton avec Charles Laughton, Richard Arlen, Leila Hyams

    Le départ, c’est le sauvetage d’un naufragé. L’arrivée, c’est le sombre dessein du Dr. Moreau. Entre les deux, un véritable récit d’aventure, entre-coupé de film fantastique, de romance, d’un film de torture psychologique. Le scénario adapté H.G. Wells (1896 tout de même) passe avec fluidité d’un genre à l’autre, par des transitions subtiles et amenées avec un dosage hallucinant de suspens et de révélations. Celles-ci dévoilent une vision avant-gardiste de la science, à base de manipulations génétiques et d’expériences sur la psyche ! Impressionnant.

    https://youtu.be/EDHt7rbQt0Q
  • Bande-annonce

    King Kong (1933)

    1 h 40 min. Sortie : . Aventure, Épouvante-horreur et fantastique.

    Film de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack avec Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot

    Aujourd'hui, on sait tout, ou presque, de ce premier King Kong, un des rares films d'aventures réalisé par des... aventuriers : Cooper et Schoedsack avaient écumé l'Afrique et l'Asie, et ils ont directement inspiré les personnages principaux. Le tournage du film constitua une prouesse technologique. Non seulement l'animation image par image du grand singe (et de quelques sympathiques dinosaures) par Willis O'Brien, mais aussi tout un système de rétroprojection, pour incorporer les créatures miniatures aux prises de vues réelles, et de plaques de verre peintes pour densifier le décor de la jungle.

    https://youtu.be/rnaCi4rBfqw
    https://youtu.be/SOMKnhN7ABs : The lost Spider Pit Scene
  • Le Fantôme vivant (1933)

    The Ghoul

    1 h 17 min. Sortie : . Action, drame, Épouvante-horreur et romance.

    Film de T. Hayes Hunter avec Boris Karloff, Cedric Hardwicke, Ernest Thesiger

    https://youtu.be/Q6D13xBFf1k

    Le Fantôme Vivant est un film ayant connu une histoire atypique. En effet, pendant de longues années nombreux sont ceux ayant cru le film perdu à jamais. Pourtant, et prêt de 30 ans plus tard, une copie sera retrouvée mais malheureusement en très mauvais état et tronqué de plusieurs minutes. Ce ne sera en fin de compte qu’au début des années 2000, qu’enfin, une version considérée comme intégrale, sera retrouvée en Angleterre, lieu du tournage de Le Fantôme Vivant ou, dans sa version originale, The Ghoul.

  • Masques de cire (1933)

    Mystery of the Wax Museum

    1 h 17 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Michael Curtiz avec Lionel Atwill, Fay Wray, Glenda Farrell

    MASQUES DE CIRE a pour particularité d'être un des tous derniers films tournés en Technicolor bichrome.cette technique propose un rendu limité des couleurs, avec des dominantes pourpres, brunes et roses. L'arrivée du Technicolor trichrome dans BECKY SHARP de 1935 permet, enfin, de composer une image aux teintes réalistes à partir des trois teintes rouge, bleue et verte. Le Technicolor bichrome est instantanément abandonné par le fameux laboratoire

    Michael Curtiz, de son côté, rencontre peu de temps après l'acteur Errol Flynn, et ils tourneront ensemble une prodigieuse série de chefs-d’œuvre du cinéma d'aventures, avec CAPITAINE BLOOD (1935), LES AVENTURES DE ROBIN DES BOIS (1937), L'AIGLE DES MERS (1940)... Curtiz filmera encore un film d'horreur : LE MORT QUI MARCHE, une histoire mêlant zombies et gangsters, interprétée par Boris Karloff en personne.