Viens manger du cassoulet et visite la région tranquille

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17 livres

par TrynKa

La fastidieuse fabrique de romans au pays où on fait que bouffer et forcément le ventre plein on pense beaucoup moins bien. Voilà pourquoi il vaut mieux être (ou avoir été) Nougaro que Pascal Dessaint.

Allez, je vous mets un petit bout de la Dépêche :

"Ils déferlent. D'où sortent-ils? Par exemple: sur la bonne vingtaine d'écrivains invités à cette « Nuit du Polar », samedi, ils sont une bonne dizaine.

« Les Toulousains », va-t-on dire. Non pas un groupe, une école, une coterie. Mais c'est ainsi. Ils ne se cherchaient pas absolument, mais ils se sont trouvés. Quand, en 1982, Claude Mesplède publie « Voyage au bout de la Noire » (la Série, évidemment), il ne détecte pas, à son téléphone, beaucoup d'interlocuteurs qui roulent les « r ». C'est, plutôt, avec Reims ou Strasbourg qu'il communique et échange. Mais, c'est la première référence.
Un second vient, qui, d'inclination, aurait versé vers Jacques Chardonne ou Roger Nimier: Michel Naudy. C'est, à la Série Noire, en 1984, « Côte sanguine ». Qui est là, samedi, avec « Toulouse, rouge et passe ». Il explique: « Le polar, c'est retrouver l'esprit frondeur. La littérature officielle se fait à Paris; on réplique par un genre parallèle. Le polar, c'est peut-être, une façon commode de rester en province ».

Aujourd'hui - même génération - Francis Pornon. Enseignant retraité, il revient à Toulouse. Et, après la poésie, le théâtre, le roman « sérieux », c'est un polar (certes encore lyonnais!): « Saône interdite », un Poulpe. « Ce genre, dit-il, m'a fait voir, un peu tardivement, qu'il offrait des audaces d'écriture, des possibilités d'inventions, qu'on ne trouve peut-être pas ailleurs ».
MARCHEURS SOLITAIRES

Alors, Toulouse, ville inspiratrice? Pascal Dessaint, qui en est à son huitième titre, ne le croit pas. « Je n'aborde pas la ville de façon descriptive. Plutôt de façon pointilliste. Nommer des rues, des lieux, c'est une façon de ne pas me perdre. Ça offre un cadre rassurant ». Que dira, là-dessus, Mouloud Akkouche, arrivé de la Seine-Saint-Denis, avec, encore, sa banlieue (« Les ardoises de la mémoire », à la Série Noire)? Et puis, voici, les autres, ceux (celles) qui, comme Pornon, ont basculé dans le noir. Michèle Rozenfarb: un titre aux éditions de Minuit, puis « Chapeau!», à la Série Noire et « Junkie Boot », chez Zulma. Et Violaine Bérot, la Pyrénéenne, après deux romans-romans chez Denoël, c'est le remarquable « Tout pour Titou », chez Zulma, avant de se faire les dents, avec un Poulpe, sur Lourdes et ses miracles: « Notre père qui êtes odieux ».

Et chaque année, ainsi, voit arriver d'autres marcheurs solitaires. Pour ce coup-ci, ce sera Yves Belaubre et son « Haine puissance » (édité à Toulouse), Julia Bénech et ses contes de fées à l'envers, Gilles Corre, entre jazz et cinéma...

Et le mot de la fin (provisoire) est pour Pascal Dessaint: « Tant d'auteurs de polar, à Toulouse, c'est stimulant. On ne se fréquente pas, mais on est contents de se voir ».

L. D.

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