"Vous êtes des élèves de cinéma ; vous cessez d'être des potaches !"

Avatar Mr_Carnby Liste de

47 films

par Mr_Carnby

Petit récapitulatif des films vus dans le cadre de l'enseignement obligatoire de cinéma proposé par mon lycée.

(Le titre est la retranscription d'une des saillies les plus mémorables de mon prof de cinéma (a.k.a. Indianna Jones), à laquelle vient s'ajouter la désormais légendaire et hebdomadaire (!) : "Les épreuves de bac, c'est du bachotage ! Et moi, je vous apprend à faire du cinéma ! Parce que tout ça, le bac là, c'est des littéraires qui font ça, ils y connaissent rien ; nous les cinéastes, on est beaucoup plus humbles, donc on note moins durement. Alors, moi je vous entraîne pas à faire du bachotage, je vous apprends à faire du cinéma !")

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    Rio Bravo (1959)

    2 h 21 min. Sortie : . Western.

    Film de Howard Hawks avec John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson

    ANNEE 2013-2014


    Dans la salle de cours de ciné.
    Film vu en deux fois, j'ai droit à la fin aux commentaires d'un des mecs de ma classe, la joue marquée par le bouton de manchette de sa veste informe, à côté de moi : "Putain, j'me suis endormi, c'est pas du super western, ça se sent... T'as vu comment c'est réalisé, j'trouve que ça manque de rythme et puis je sais pas, la musique ça allait pas... Ah non non vraiment, moi j'aime les vrais bons westerns, des années 60 de Leone, pas ceux-là, ils ont vieillis, ils ont pas de rythme."
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    La Fille du 14 juillet (2013)

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie et road movie.

    Film de Antonin Peretjatko avec Vimala Pons, Grégoire Tachnakian, Vincent Macaigne

    Au Ciné Truffaut, Chilly-Mazarin.
    Beaucoup d'assoupissements durant la séance, pourtant en plein après-midi. Le fait que la moitié de la classe soit défoncée y fut sans doute pour quelque chose. Au moins, excepté mes rires, ceux d'un pote et d'une dizaine de terminales, y avait pas de bruits dans la salle, et c'était fort sympathique.
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    Rashômon (1950)

    1 h 28 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de Akira Kurosawa avec Toshirō Mifune, Machiko Kyô, Masayuki Mori

    Au Ciné Truffaut, Chilly-Mazarin.
    Beaucoup d'assoupissements une fois de plus - la raison étant cette fois, de l'aveu des fautifs, l'horaire tardif du film : 20h30 ; fin à 22h55.
    Néanmoins, je crois que le procès de Toshirô Mifune et les séquences forestières ont emmerdé pas mal de gens. Je les comprends, cela dit. Mais cette fin, bon Dieu !
    A la sortie, nous fûmes deux à en parler avec entrain, sûr d'avoir vu quelque chose d'important dans notre vie de cinéphile ; à nos côtés, un qu'avait pioncé allègrement nous jettent sans que nous y fassions attention sur l'instant : "Hé, c'est vraiment gigantesque, super, c'est géant ! En même temps, c'est Kurosawa, c'est une valeur sûre !". J'ai beaucoup rit dans la voiture.
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    La Folle ingénue (1946)

    Cluny Brown

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie romantique.

    Film de Ernst Lubitsch avec Charles Boyer, Jennifer Jones, Peter Lawford

    Au Ciné Truffaut, Chilly-Mazarin.
    Plaisir absolu puisque ceux qui s'en foutent dorment ou jouent silencieusement sur leur portables ; ceux qui apprécient jubilent, devant cette délicieuse comédie qui a ce qu'il faut de sous-entendus grivois et de finesse de language - c'est du Lubitsch, l'inverse décevrait. Et tout cela dans une communion silencieuse laissant, quand le rire ne se contenait plus, quelques éclats faire échos dans la salle - particulièrement froide par ailleurs -, ricochant sur un(e) hilare qui se laissait aller à un ou deux gloussements avant de rentrer dans son allégresse contenue ; on allait pas faire de vagues, par rapport à la norme d'ennui qui me semblait alors régir les autres.
    Néanmoins, à la sortie, ce fut, me semble-t-il, avec plaisir que les gens avaient vu le film.
  • Claudiu et le Poisson (2013)

    Claudiu și crapii

    16 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Court-métrage de Andrei Tănase avec Paul Ipate, Dan Lupu et Andrei Mateiu

    Dans la Grande Salle des Cinoches, Ris-Orangis.
    Vu comme les 9 qui suivront dans le cadre du festival Cin'Essonne où nous étions conviés, ma classe et moi, comme jurés. L'expérience semblait alléchante.
  • Bashk (Ensemble) (2013)

    Bashk

    10 min. Sortie : 2013.

    Court-métrage de Daniel Mulloy

    D'abords, j'attends mon RER vingt minutes dans le froid, problèmes obligent. Je retrouve un ami à une gare plus lointaine et nous quittons alors le C pour le D. Une fois à Grigny-Centre, nous errons, sans savoir où aller. J'appelle et reçois nombre de coups de fils alors ; nous n'étions pas les seuls à nous être paumés : l'un des nôtres, par ailleurs remarquable à sa capacité à s'endormir devant un film, alors que je lui demande où il se trouve me dit être en direction de Rungis.
  • Le Fils (2012)

    Sin

    Sortie : 2012.

    Film de Ivan Sikavica

    Il avait entendu Choizy-Le-Roi au lieu Chilly-Mazarin, et ce alors que nous allions pour une fois à Ris-Orangis. Cela égailla nos déambulations à moi et mon ami.
    Nous trouvons finalement le cinéma tant recherché.
  • Déshabille-moi (2012)

    Ta av mig

    15 min. Sortie : . Drame.

    Court-métrage de Victor Lindgren avec Jana Bringlöv Ekspong et Björn Elgerd

    Là nous attendent trois ou quatre (je ne sais plus) sympathiques camarades ; le grand absent reste le professeur chapeauté aux maximes définitives. Il arrive cinq minutes après le début des films, se pose dans la salle, et à la fin de la première salve de courts nous réuni, pestant contre les hurleurs et déplorant l'érotisme poussif du dernier court projeté, "Déshabille-moi", que j'ai le plus aimé des cinq, étrangement. Je ne dis rien et retourne m’asseoir pour la seconde salve.
  • Miruna (2013)

    20 min. Sortie : 2013. Drame.

    Court-métrage de Piotr Sulkowski avec Andrzej Chyra, Anna Gorajska, Henryk Niebudek

    Malgré un premier film oscillant entre le fantastique, le glauque et le thriller classique - et qui est, de fait, l'un des courts les plus intéressant que j'ai eu à voir ce jour-là - c'est encore plus ennuyeux.
  • La strada di Raffael (2013)

    25 min. Drame.

    Documentaire de Alessandro Falco avec Anna Capasso, Adama Doumbia et Raffael Essobti

    Les courts sont plus longs, et quand ils quittent le terreau du réalisme - qui a dit misérabilisme ? - à flou envahissant, ils se veulent loufoques : de fait, lorsqu'ils souhaitent m'arracher un sourire par l'incongruité de leurs situations, je me rappelle avec émotion le souvenir de la séance de La Folle Ingénue, vieille d'une semaine ou deux, et je m'attriste un peu plus.
  • Bande-annonce

    Le Rendez-vous (2012)

    Treffit

    7 min. Comédie et drame.

    Court-métrage de Jenni Toivoniemi avec Oskari Joutsen, Päivi Mäkinen et Anna Paavilainen

    Seul le dernier film, oeuvre expérimentale de onze minutes montrant simplement des ouvriers sortant d'une usine, me fascine par son jeu de réécriture autour du "premier film de l'histoire du cinéma". Il m'intrigue, et je le fait savoir à mes amis qui m'entourent. Aucun n'en prends réellement note, car il est midi et on a faim.
  • Boles (2013)

    12 min. Sortie : .

    Court-métrage de Špela Čadež

    Finalement, armé d'un ticket spécial et de notre carte de jury, nous allons manger un falafel dégueulasse.
    Le prof a alors disparu, et une amie aux cheveux bruns me fait savoir qu'il ne restait pas après 12h30.
  • La Vie sans truc (2013)

    26 min.

    Court-métrage de Anne-Laure Daffis et Léo Marchand

    Nous nous décidons de nous en aller, et de rentrer chez nous le plus vite possible. C'était sans compter sur les problèmes de train.
  • Bande-annonce

    Workers Leaving The Factory (Again) (2012)

    Die ArbeiterInnen verlassen die Fabrik

    11 min. Sortie : 2012.

    Documentaire de Katharina Gruzei

    Néanmoins, je passai une sympathique fin d'après-midi.

    N.B. : Tous les courts vus ce jour-là me semblent un peu surnotés.
  • Mora (2011)

    8 min. Sortie : 2011.

    Court-métrage de Tomasz Jeziorski

    Au Ciné Truffaut, Chilly-Mazarin.
    Ces courts-ci nous furent présentés une mâtinée dans le cadre du cycle Vent d'Est, consistant en la projection de courts métrages d'élèves issu de l'Ecole Nationale de Łódź en Pologne et d'anciens élèves de la Femis. Étaient par ailleurs présent pour parler de leurs films les réalisateur desdits courts-métrages.
    Autant vous dire que c'était sympa et que y avait de l'idée pour sûr, mais rien de transcendant pour autant. Notons tout de même que les courts-métrages polonais étaient moins auto-centrés sur leurs personnages que les courts-métrages français, relativement nombrilistes.
    A noter également les attaques répétées du prof de ciné lors des cours précédant la rencontre, au sujet des élèves sortant de Femis, et "de leur petit cinéma qui ne parlent que d'eux-mêmes".
    Je dois avouer avoir souri à chaque fois qu'il se lançait dans un de ces discours-là.
  • Smolarze (2010)

    15 min. Sortie : 2010. Comédie et drame.

    Documentaire de Piotr Zlotorowicz

  • Prawdziwy Miód (2013)

    18 min. Sortie : 2013.

    Court-métrage de Slawomir Witek

  • What's Up Girls ? (2011)

    What's Up Girls

    27 min. Sortie : 2011. Comédie et sport.

    Documentaire de Alice Douard

  • Shopping (2013)

    8 min. Sortie : 2013.

    Court-métrage de Vladilen Vierny

  • Le Sens de l'Orientation (2012)

    35 min. Comédie.

    Court-métrage de Fabien Gorgeart avec Fabrizio Rongione, Thomas Suire, Lalao Phan Van Xua

  • Train de nuit (1959)

    Pociag

    1 h 42 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Jerzy Kawalerowicz avec Teresa Szmigielowna, Lucyna Winnicka, Zbigniew Cybulski

    Dans la salle de cours de ciné.
    Une fois n'est pas coutume, la moitié de la classe dort. Le cours de muscu qui précédait n'aidait pas, cela dit. Moi et mon camarade d'infortune lors de notre recherche du cinéma de Ris-Orangis nous extasiions devant la musique et la composition des plans.
    Assis sur des tables accolées au mur, quelques autres se laissaient bercer la musicalité du polonais et la beauté du noir et blanc.
    Une bien belle matinée.
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    Sueurs froides (1958)

    Vertigo

    2 h 08 min. Sortie : . Romance et thriller.

    Film de Alfred Hitchcock avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes

    Revu au Ciné Truffaut, Chilly-Mazarin.
    Ça paraît fou ce que voir un film sur grand écran peut changer à l'expérience.
    Notre ensommeillé officiel dormait encore, mais chose exceptionnelle ! car excepté ce philistin assoupi, tout le monde - tout le monde, bon sang ! - à aimé ! Ou du moins ressenti quelque chose par rapport au film : "Hey nan mais ouais mais j'suis trop frustré du film là ! Moi j'voulais qu'il finisse par le baiser là hey ! P'tain, c'est trop triste, ça saoule !" dit une jeune fille au cheveux bruns, allumant sa cigarette sur le quai de la gare. Quelques rires et sourires dans l'assistances, puis le silence pesant de la gêne et de l'abasourdissement - pas devant les propos de la fille, mais devant le film évidemment. Pour ma part, j’acquiesce poliment et retourne à mes anagogismes expliquant la génie du Loup de Wall Street, à moins que je ne débatte sur le statut de meilleur film qui soit du Parrain avec une belle et douce hérétique aux cheveux roux disant ne l'avoir jamais aimé - je ne me souviens plus.
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    L'Étrange Affaire Angelica (2010)

    O Estranho Caso de Angélica

    1 h 34 min. Sortie : . Drame.

    Film de Manoel de Oliveira avec Pilar López de Ayala, Filipe Vargas, Leonor Silveira

    Au Ciné Truffaut, Chilly-Mazarin.
    En présence des Terminales L et d'un spécialiste du cinéma de Manoel de Oliveira, nous luttons contre le sommeil face à ce film tout aussi singulier que soporifique et fascinant.
    Sinon, une journée assez merdique dans l'ensemble, avec écriture de note d'intention - le papier à envoyer au producteur pour se faire produire un film - surprise par Indianna Jones, noté bien évidemment, puis le film, puis les explications ponctuées par les engueulades assez violentes d'un couple à mes côtés, à coups de feuilles déchirées et de chemises en carton dans la gueule.
    Sinon, à part ça, un retard de vingt minute, de la pluie sur le chemin du retour, des insultes au sujet de mon TPE, et pas grand chose de rocambolesque à se mettre sous la dent.
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    Les Vacances de M. Hulot (1953)

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Jacques Tati avec Jacques Tati, Louis Perrault, André Dubois

    Au Ciné Truffaut, Chilly-Mazarin.
    Ce lundi fut une journée assez mouvementée, qu'on se le dise.
    Dans un premier temps, problèmes de signalisation pour les trains, attentes, mouvements incontrôlés et précipités, mauvaises gares, puis finalement départ à pied pour le lycée - à peu près une heure trente de perdue - se succédèrent durant la mâtinée.
    Au final, j'arrive au lycée, la mâtinée se passe, je m'endors un peu en histoire, comme de coutume, j'insupporte ma voisine en français, un autre de mes plaisirs quotidien ; la routine, quoi.
    Passé le midi et la bouffe, me voilà dans le bus en direction du cinoche. (Il faut maintenant que vous sachiez que nous étions censé assister à une conférence sur la mise en scène de Lubitsch à travers des exemples tirés de ses films, soit un programme plaisant.)
    La conférence n'eût évidemment pas lieu. La raison était fort simple : l'intervenant qui devait s'en occuper retrouvait le matin même aux urgences pour une raison qui nous resta inconnue. Peut-être par le poids du mystère qui entourait son absence, moi et quelques amis imaginèrent des hypothèses navigant entre le glauque, le farfelu et le ridicule tandis que le vent déposait les cendres de la clope d'une fumeuse blonde sur mon manteau. Dans un de mes instants d'égarement, la professeure de cinéma demanda à quelques uns de mes camarades - pas les plus habités par l'amour de l'art - quels films leur plairait parmi une liste que je n'entendis pas. J’eus à peine de la temps de proposer mon avis que 12 Year A Slave était choisi haut la main par le groupe. J'accepte ma défaite et ne conteste pas ; et puis, un des nôtres, qui n'était pas venu le matin des suites de sa flemmingite aiguë, arriva ; je le saluai chaudement. Arrivé dans la salle et bien entouré, on nous annonce au bout de quarante minutes d'attente que le film projeté sera Les Vacances de Monsieur Hulot ; je souris largement, d'autant plus que mes voisines commencent ce qu'elle feront tout au long du film, à savoir massage, caresse - tout à fait chastes, sachez le ! - et bisous amicaux. Tel un pacha, je m'enfonce dans mon fauteuil et profite de cette délicieuse heure et demie.
  • Maine Océan (1986)

    2 h 11 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Jacques Rozier avec Bernard Menez, Luis Régo, Lydia Feld

    Dans la salle de cours de ciné.
    Vu en sept fois. C'est beaucoup, et ça n'aide pas à avoir une vision d'ensemble. En plus, c'est un peu chiant.
  • Brève Histoire d'amour (1988)

    Krotki film o milosci

    1 h 27 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Krzysztof Kieslowski avec Piotr Machalica, Grazyna Szapolowska, Olaf Lubaszenko

    Dans la salle de cours de ciné.
    Dernier cours de cinéma de l'année ; nous y voyons un des films préférés d'Indiana Jones, qui, par ses yeux rouges et ses multiples reniflements, me sembla pris par l'émotion. Un vague travail d'analyse en trois questions suivra, je n'en fait qu'une, je suis fatigué, je suis las, le film m'a déçu, Indy l'a bien vu.
    Ce qui marque cette fin d'année reste tout de même une sorte de résignation triste dans la classe : plus personne ne s'affaire au cinéma. On joue, on discute, on mange et boit un peu, l'ambiance est tranquille, sympathique entre nous, et bien qu'une détestation d'Indy commune à la majorité d'entre nous (mais pas moi étrangement) pèse sur l'ambiance, nous sommes joyeux, car les vacances arrive, et il fait beau, et c'est l'été, et le soleil traverse les persiennes (faisant qu'on voit mal l'écran ; la vie est une pute).
    Moi qui aime ce cours, et qui m'y sens un peu chez moi, j'étais dans un drôle d'état, entre une jovialité candide et une certaine tristesse.
    M'enfin, j'n'ai que trois mois à attendre.
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    Les Combattants (2014)

    1 h 38 min. Sortie : . Romance et comédie romantique.

    Film de Thomas Cailley avec Adèle Haenel, Kevin Azaïs, Antoine Laurent

    ANNEE 2014 - 2015

    Au Ciné Truffaut, Chilly-Mazarin.
    Et nous voilà reparti comme en 40.
    On retrouve Indy, la salle de projection, les vieux Cahiers du Cinéma qui traîne sur les étagères, les caméras et ce plaisir assez indescriptible, cette détente mêlée d'inquiétude, sous la chape de la procrastination.
    Aujourd'hui, nous avons vu les films de Bac des élèves de Terminale de l'année dernière, un exercice intéressant, remarquer les erreurs, s'inspirer du travail des autres pour le sien, etc... Je rencontre deux des réals avant la projection : l'un est un garçon charmant, élégant, réalisateur d'un documentaire ; l'autre plus mystérieux, au regard torturé, qui prouva dans son film une maîtrise technique irréprochable. Ce dernier entonne un court discours sur sa détestation du cinéma muet, et de Murnau, qui l'ennuie. Il ajoutera plus tard, à demi-mots, devant une salle cherchant ses influences, qu'il préfère "le cinéma américain", citant Burton, et Big Fish. Son invective sur le muet ne pouvant que m'agacer, je sors écouter Bodies (Sex Pistols, 1977), entre trois cigarettes qui grillent sur l'escalier et l'arrivée massive des Premières facultative à ma gauche.
    Pour le reste, ce fut Les Combattants de Thomas Cailley, film sympathique, techniquement bien tenu, bien joué, et qui sût fasciner en grande partie la salle, des jeunes arrivants aux vieux briscards. On note quand même l'entrée dans notre groupe (remplaçant des jean-foutres de l'année dernière qui se sont envolés vers des cieux plus clairsemés en terme d'emploi du temps) d'un garçon étrange, taiseux, provocateur et relativement prétentieux. Le genre de gars qui fait entendre ses discussion foireuses sur les vertus de "Scarface" de DePalma a une salle qui n'en a cure - elle qui suit bon gré mal gré les tâtonnements du "Renouveau du cinéma français", comme aiment à titrer les Inrocks, les Cahiers, Télérama, etc... Un garçon agaçant en somme, sûr de positions très discutables telles que la toute-puissance du critique ou de la technique sur le fond...
    Mais un bon buffet nous accueille à la sortie de la salle, mêlé au rayons clairs d'un soleil auquel nous n'étions plus habitués ; les Secondes (ces bâtards !) se ruent sur le pâté, je souffre ma faim et me rabat sur le mini-cake (mazette ! oncques ne vit si bon cake) et la crème de thon. La fin du repas c'est macaron et M'n'Ms, je sors léger alors que l'air frais se lève ; nous revoilà parti pour une année de cinéma ; ma vie est joie, ma vie est fête.
  • Carnet de notes sur vêtements et villes (1989)

    Aufzeichnungen zu Kleidern und Städten

    1 h 19 min. Sortie : .

    Documentaire de Wim Wenders avec Wim Wenders et Yohji Yamamoto

    Dans la salle de cours de ciné.

    ((((EN COURS D'ECRITURE))))


    Ce film de commande pour le Musée Georges Pompidou, sur le couturier Yohji Yamamoto devait, par son origine, son thème et son réalisateur, me désintéresser au plus haut point.
    Mais, mais, trois fois mais...

    "Carnet de notes..." est une réflexion vieillie mais brillante sur la mort du cinéma. Loin du pessimisme en vogue à l'époque (1989 - les "Histoire(s) du Cinéma" de Godard débutèrent l'année précédente), Wenders évite, utilise parcimonieusement puis se fascine, un peu candide, pour la caméra numérique. Invisible ("plus petite que nos têtes..." comme dirait l'autre) et pourtant présente, elle filme l'intimité sans s'imposer - Cavalier l'avait déjà démontré dans ses portraits.

    Et ce qui importe Wenders dans ce film-voyage, c'est avant tout de "filmer l'intime" d'un artiste moderne, contemporain.
    J'entends décomposer "filmer l'intime" en deux idées :

    Wenders filme l'intime comme le terreau créatif de Yamamoto ; Nombreuses sont les références à la culture japonaise (bien que l'intéressé réfute représenter "la mode japonaise"), à sa mère, à la mort de son père, aux femmes qui l'entourait et auxquelles il rend hommage continuellement. De fait, il réalise un réel documentaire sur ce point, réfléchissant dans un mouvement interne à son sujet aux actions de ce dernier dans son domaine. On cherche ici à faire entrer le spectateur dans le monde et les silences de Yamamoto, silence pensifs, réfléchis, qui traduisent une pensée réelle de son art - pensée qui sera la porte d'entrée dans le film.
    Car dès le début, Wenders

    Mais Wenders

    et sa renaissance, dans les mains d'une couturière filmée en DV. L'original, l'unique, ce qui fait du cinéma, ou de la couture un art tient dans les mains et la patience et la passion des gens qui le font


    Le meilleur Wenders que j'ai pu voir, bien plus agréable, rythmé et intelligent que ce que je connais de ses fictions. Et ces écrans minuscules disséminés dans l'image, quelle magnifique idée de cinéma !
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    Citizen Kane (1941)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame.

    Film de Orson Welles avec Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore

    Y'a pas à dire, quand on te mets en face des globes les deux heures les plus importantes du cinéma ricain d'avant '45, ça te calme une classe. C'est important la ligne de rupture entre classicisme et modernité.
    Beaucoup ici l'avait déjà vu, cela dit.
    Mais bon sang, quelle intelligence, quel style, quelle beauté, quelle profondeur ! Et ce trop-plein visuel, sonore, intellectuel est si puissant. Trop de tout, qui te fait écarquiller les yeux grandioses; certains avait mal aux globes en sortant, paraît-il...
    L'un d'entre eux me dit, une fois le métrage fini : "Ma douleur est égale au génie renversant du film." J'étais heureux, et j'avais le sourire béat de celui qui (enfin !) n'était plus seul à aimer "une certaine idée du cinéma".
    (La semaine suivante, nous avons vu la moitié du Mépris de Jean-Luc Godard ; j'étais bien seul cette fois. D'ailleurs, je me suis enfuis sous les invectives haineuses de mon voisin de droite. Il répétait à loisir que le film était "prétentieux", "mégalomane", "masturbatoire", "idiot", "laid" et "simpliste, avec le méchant producteur, et tout ça". J'ai préféré fuir plutôt que m'engueuler avec lui. Puis lui expliquer que j'ai dû le voir trois fois avant d'en tirer quelque chose de vraiment excitant n'aurait fait qu'aggraver les choses. Mais passons, je ne lui en veux même pas ; je comprends son raisonnement.)

    Ah oui, et y en a un ou deux qui ont trouvé Citizen Kane moche et vieilli. Malgré mon bouillonnement intérieur, j'ai laissé ces mots s'envoler d'eux-mêmes, l'évidence se fera toute seule pour ces gens-là, plus tard. Et comme je ne suis pas patient, j'ai décidé d'oublier cet incident.
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    Le Mépris (1963)

    1 h 43 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Jean-Luc Godard avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Jack Palance

    Nous l'avons revu en entier cette fois.
    Beaucoup ont détesté mais je tremblais ; je m'en foutais. Lorsque Indy nous demandât d'expliquer quels étaient nos ressentis, nos sentiments, notre compréhension même du film, ceux qui avaient vu le film pour la première fois avouèrent leur incompréhension du jeu de Bardot, du deus ex machina final, mais ils trouvaient ça beau Capri et les canapés rouges. L'ami Sans Critique a beaucoup aimé (et n'a même pas dormi), c'était drôle, ça me rappelais moi la deuxième ou troisième fois que je l'avais vu : bouche béante.
    Moi, je m'en foutais, je fixais mes mains.
    Il est repassé une semaine après à la télé et je l'ai regardé. Je n'étais pas dans le même état mais qu'importe, c'était comme un regard tendre après l'amour fou ; j'étais heureux.
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