Ces êtres de l'ombre qui prennent si bien la lumière...

Des êtres sombres, mauvais, tourmentés ou marqués par la fatalité mais qui nous interpellent, nous intriguent, nous émeuvent et parfois nous envoûtent, bref nous font réagir : des personnages de l'ombre qui ont marqué leurs rôles d'une empreinte indélébile.

Une scène de Mademoiselle de ...

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192 films

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modifiée il y a 18 jours

Nosferatu le vampire
7.8

Nosferatu le vampire (1922)

Nosferatu, eine Symphonie des Grauens

1 h 34 min. Sortie : 4 mars 1922 (France). Épouvante-Horreur, Muet

film de Friedrich Wilhelm Murnau avec Max Schreck, Gustav von Wangenheim, Greta Schröder

Aurea a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

"Mysticisme et magie, forces obscures auxquelles de tout temps les Allemands se sont abandonnés avec complaisance, avaient fleuri devant la mort sur les champs de bataille. Les hécatombes de jeunes gens précocement fauchés semblaient nourrir la nostalgie farouche des survivants. Et les fantômes, qui avaient déjà hanté le romantisme allemand, se ravivaient tels les ombres de l'Hadès quand elles ont bu du sang.
Ainsi se trouve provoquée l'éternelle attirance vers ce qui est obscur et indéterminé, vers cette réflexion spéculative et ruminante appelé «Grübelei» qui aboutit à la doctrine apocalyptique de l'expressionnisme."

Le Dernier des hommes
7.7

Le Dernier des hommes (1924)

Der Letzte Mann

1 h 27 min. Sortie : 11 septembre 1925 (France). Drame, Muet

film de Friedrich Wilhelm Murnau avec Emil Jannings, Maly Delschaft, Max Hiller

Aurea a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Un film sur la vieillesse mais aussi sur les illusions du paraître, symbolisées par les deux livrées où l'on passe de l'orgueil à l'humiliation, de la gloire à la déchéance : l'homme rendu à son état de nature, faible et vulnérable, vampirisé par le regard de l'autre. Murnau nous livre une fois encore sa vision pessimiste du monde, soulignant le caractère pitoyable de la destinée humaine.

L'Aurore
8.4

L'Aurore (1927)

Sunrise: A Song of Two Humans

1 h 34 min. Sortie : 11 octobre 1928 (France). Drame, Romance, Muet

film de Friedrich Wilhelm Murnau avec George O'Brien, Janet Gaynor, Margaret Livingston

Aurea a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

"Tout en opposant sentiments purs et séduction vénéneuse, fidélité rassurante et dangers de la passion possessive, L'Aurore se garde d'être une fable moraliste. Ce qui intéresse Murnau, ce sont les forces qui dominent l'homme et peuvent le faire sombrer dans les ténèbres ou le ramener à la lumière. Il inscrit ses personnages dans des plans composés comme des tableaux, et parfois même inspirés directement de certains peintres, notamment Edvard Munch. Les décors du film furent construits en fonction des plans dans lesquels ils devaient apparaître, avec des perspectives calculées pour la caméra. Une technique qui ne sera plus utilisée par la suite, et qui rend ce film spectacu­laire définitivement unique en son genre."

La Foule
8.2

La Foule (1928)

The Crowd

1 h 38 min. Sortie : 18 février 1928 (États-Unis). Drame, Romance, Muet

film de King Vidor avec Eleanor Boardman, James Murray, Bert Roach

Aurea a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Une oeuvre qui est d'abord une fresque sociale, certes, mais surtout un film intimiste où Vidor évoque avec précision l'échec et le désenchantement du rêve américain, incarné par son héros, superbe James Murray, qui peu à peu s'enfonce dans un mal-être profond, perdant au fil du temps tout espoir d'un avenir meilleur, accablé par un drame tragique qui a annihilé chez lui toute envie de vivre.

Et comme le malheur, c'est bien connu, n'arrive jamais seul, travail, amour et joie le désertent, l'homme se retrouve face à lui-même et désemparé, n'ayant qu'un unique désir : fuir et surtout se fuir.

Le Journal d'une fille perdue
7.9

Le Journal d'une fille perdue (1929)

Tagebuch einer Verlorenen

1 h 44 min. Sortie : 11 avril 1930 (France). Drame, Muet

film de Georg Wilhelm Pabst avec Louise Brooks, André Roanne, Edith Meinhard

Aurea a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Une innocente pure et confiante perdue dans un monde de brutes : dès les premiers plans en effet, le cinéaste nous livre le portrait d'une bourgeoisie hypocrite, haïssable et rigide, la caméra s'attardant avec complaisance sur les visages goguenards, les sourires forcés et les regards en coin de ceux qui partagent les secrets peu avouables de leur caste.

M le maudit
8.2

M le maudit (1931)

M

1 h 57 min. Sortie : 8 avril 1932 (France). Policier, Drame, Thriller

film de Fritz Lang avec Peter Lorre, Ellen Widmann, Inge Landgut

Aurea a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

"De ce film stupéfiant, on retient la maîtrise immédiate qu'a Lang du parlant. Il réussit ici à inventer un mode d'illustration sonore qui lui est propre et ne le limite jamais : il dissocie ­fréquemment la bande-son de l'image, prolonge un dialogue pour le transformer en commentaire off, etc..
La première séquence — l'assassinat d'Elsie Beckmann — est une leçon de mise en scène, un montage alterné qui fait monter l'angoisse. Le tueur n'est d'abord qu'une ombre sur l'affiche qui offre une prime pour sa capture, puis une voix d'une absolue douceur.
Peter Lorre, génial, apparaît, qui sifflote un refrain (le thème est tiré des Suites pour Peer Gynt, de Grieg, et il est sifflé par Lang lui-même). L'horreur se passera hors champ.
Le film a la curieuse prescience d'un « nouveau mal », un noir fléau qui pourrait être assimilé au nazisme. Et Lang, convoqué par Goebbels, préféra, in fine, rejoindre Paris en train, ne pas être « leur » réalisateur." — Aurélien Ferenczi

L'Adieu aux armes
6.9

L'Adieu aux armes (1932)

A Farewell to Arms

1 h 29 min. Sortie : 27 octobre 1933 (France). Drame, Romance, Guerre

film de Frank Borzage avec Helen Hayes, Gary Cooper, Adolphe Menjou

Aurea a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

"Ernest Hemingway, auteur du roman,s'est paraît- il jugé trahi avant même d'avoir vu le film. Frank Borzage, quant à lui, le considérait comme son meilleur.
Ni trahison ni chef-d'oeuvre, c'est une adaptation charnelle et lyrique d'un roman froid et clinique. Un soldat et une infirmière tombent amoureux en pleine guerre de 14-18. Il ne la retrouvera que pour apprendre qu'elle a perdu leur enfant et la voir mourir, tandis que les cloches de l'Armistice sonnent à toute volée."

La Divine
7.6

La Divine (1934)

Shen nu

1 h 25 min. Sortie : 1934 (Chine). Drame, Muet

film de Wu Yonggang avec Ruan Lingyu, Zhang Zhizhi, Lai Hang

Aurea a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Jeux, tripôts, argent sale, c'est toute la noirceur de la société chinoise des années 30 qui est montrée du doigt, le réalisateur dénonçant en outre un problème majeur, la prostitution, sans toutefois la représenter réellement à l'image, ce qui lui donne une force d'évocation peu commune, qu'accroissent encore les expressions changeantes de l'héroïne, sa capacité à modeler son visage, enchaînant les sentiments contradictoires, tiraillée qu'elle est entre son personnage de mère aimante et "pure" et son métier de prostituée.

Peter Ibbetson
7.7

Peter Ibbetson (1935)

1 h 25 min. Sortie : 4 février 1936 (France). Drame, Romance

film de Henry Hathaway avec Gary Cooper, Ann Harding, John Halliday

Aurea a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

"Ce n’est pas un film gnangnan, mielleux, sirupeux, mais bien au contraire un film très concis, court, sobre, sec, sans effet, violent et implacable. Et puis réaliste (le surréalisme est un réalisme)."

Ma femme, sois comme une rose
7.8

Ma femme, sois comme une rose (1935)

Tsuma yo bara no yô ni

1 h 14 min. Sortie : 15 août 1935 (Japon). Drame

film de Mikio Naruse avec Sachiko Chiba, Yuriko Hanabusa, Toshiko Itô

Aurea a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

OYuki...Mais qui est-elle donc cette ancienne geisha qui lui a volé son père ? La réponse nous en est donnée dans une scène magnifique et chargée d'émotion, une scène très forte où se révèle toute la grandeur d'âme d'une femme simple, affectueuse et aimante, qui sans bruit et depuis des années, délivre à cette fille qu'elle ne connaît pas, à peine plus âgée que la sienne, un message d'amour, lui adressant mensuellement de modestes mandats.

La Bête humaine
7.1

La Bête humaine (1938)

1 h 40 min. Sortie : 23 décembre 1938 (France). Policier, Drame

film de Jean Renoir avec Jean Gabin, Simone Simon, Fernand Ledoux

Aurea a mis 8/10.

Annotation :

"Avec une noirceur passionnée, Renoir joue sur le symbolisme très«cinégénique » de la Lison (la locomotive).
Ici, la machine évoque autant l'érotisme interdit, contre lequel Lantier tente éperdument de lutter, que l'irrémédiable emportement d'une humanité qui court à sa perte, effrayée par le progrès.
Alors que Jean Gabin attendait depuis longtemps de prêter sa carrure bourrue à un personnage de cheminot, il garde une réserve étonnante, rongé par des sentiments destructeurs. Un chef-d'oeuvre abrupt et tourmenté." — Marine Landrot

La Valse dans l'ombre
8

La Valse dans l'ombre (1940)

Waterloo Bridge

1 h 48 min. Sortie : 9 avril 1947 (France). Drame, Romance, Guerre

film de Mervyn LeRoy avec Vivien Leigh, Robert Taylor, Lucile Watson

Aurea a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

C'est la guerre, on est en 1917 et il part : elle le croit mort.
Histoire bouleversante d'un amour absolu où la jeune femme éprise d'idéal et de pureté ne se pardonnera jamais sa descente aux enfers, ne pouvant se résoudre à une vile tromperie envers celui qu'elle n'a jamais cessé d'aimer.

Citizen Kane
8

Citizen Kane (1941)

1 h 59 min. Sortie : 3 juillet 1946 (France). Drame

film de Orson Welles avec Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore

Aurea a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

"De ce monument du cinéma, inspiré de la vie du magnat de la presse William Randolph Hearst, Truffaut disait : « Il résume tous les films et préfigure tous les autres. »
Bluffeur fantasque, séducteur démiurge, Orson Welles, jeune homme de 25 ans, avait alors une obsession : mettre les personnages face à face dans un même cadre. Quitte à faire dire à un acteur son texte dans l'ombre d'un arrière-plan. Il bannit donc le champ-contrechamp de son vocabulaire."

The Shanghai Gesture
7

The Shanghai Gesture (1941)

1 h 35 min. Sortie : 2 décembre 1947 (France). Drame, Film noir

film de Josef von Sternberg avec Gene Tierney, Walter Huston, Victor Mature

Aurea a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Un film où les noirceurs de l'âme humaine, ses vices et ses dépravations éclatent, dans cet enfer du jeu mené à la cravache par l'énigmatique et dominatrice Mother Jin Sling, superbe dans son désir de vengeance tout entière concentrée dans la fente de son regard, lors de la scène culte du Nouvel An Chinois où elle se découvre mère .

Un univers fascinant de personnages veules ou mauvais à qui Victor Mature prête une certaine sensualité très orientale.
Une belle oeuvre noire et assez décadente.

La Féline
7.2

La Féline (1942)

Cat People

1 h 11 min. Sortie : 1 juillet 1970 (France). Fantastique, Thriller

film de Jacques Tourneur avec Simone Simon, Kent Smith, Tom Conway

Aurea a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Simone Simon dans le rôle d'Irena joue admirablement de son physique de femme-enfant, celle que tout homme a envie de protéger, qu'il s'agisse de son mari ou de son thérapeute, tous deux envoûtés par son mystère et séduits par ses angoisses et sa fragilité.

Mais la femme menue et douce pourra se transformer en une redoutable prédatrice dès lors que colère et jalousie l'habiteront.
Un très beau film déjà au plan esthétique, qui frappe par sa sobriété et son manque d'effets spectaculaires : la suggestion crée la peur, l'imagination fait le reste.

Jour de colère
8.1

Jour de colère (1943)

Vredens dag

1 h 37 min. Sortie : 16 avril 1947 (France). Drame, Historique

film de Carl Theodor Dreyer avec Preben Lerdoff Rye, Throkild Roose, Lisbeth Movin

Aurea a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Cinéaste obsédé de perfection visionnaire, Dreyer nous offre, dans Jour de colère, un authentique chef-d’oeuvre : par le miroir des visages, il se fraie un chemin vers l’âme humaine, en explorant les moindres tressaillements, édifiant de véritables tableaux d’une très grande beauté formelle dans des décors épurés et des éclairages qui entre ombre et lumière semblent colorer le Noir & Blanc, lui donnant cette admirable expressivité qui est souvent l’apanage des muets.

Laura
7.8

Laura (1944)

1 h 28 min. Sortie : 13 juillet 1946 (France). Film noir

film de Otto Preminger avec Gene Tierney, Dana Andrews, Clifton Webb

Aurea a mis 9/10.

Annotation :

"Les relations entre les êtres sont dominées par le mensonge et la manipulation. Journaliste de profession, Waldo Lydecker est un expert dans la déformation des faits. L’histoire est introduite à travers son point de vue au moyen d’une voix-off subjective. En tant que puissance omnisciente qui cherche à tout contrôler, Waldo apparaît comme un double fictif du cinéaste. Il bouge ses pions, modèle Laura comme une star, anticipe le déroulement des événements, met en scène les coups de théâtre, notamment celui à l’origine de la première rupture entre Laura et Carpenter.

Le premier tiers du film nous est conté à travers son regard. Au cours du flashback relatant l’ascension de Laura dans la société, les rapports de force entre les personnages, signifiés à travers leur disposition précise dans chaque plan, permettent d’interpréter ce qui aurait pu pousser les deux principaux suspect à tuer Laura : la jalousie dévorante pour Waldo et la honte du rejet pour Shelby. Après le récit de Waldo à Mark, le point de vue glisse de l’un à l’autre grâce à un léger zoom sur le visage du lieutenant. Le spectateur suit alors Mark McPherson dans son enquête, qui se transforme en quête de la femme désirée. Se placer du point de vue des personnages permet au scénariste de ne pas révéler plus d’informations que ce que savent déjà Waldo Lydecker et le détective."

Assurance sur la mort
7.9

Assurance sur la mort (1944)

Double Indemnity

1 h 47 min. Sortie : 31 juillet 1946 (France). Film noir

film de Billy Wilder avec Fred MacMurray, Barbara Stanwyck, Edward G. Robinson

Aurea a mis 8/10.

Annotation :

"Dès son troisième film américain, Billy Wilder signe un chef-d'oeuvre du film noir, alors que l'expression « film noir » n'a mê­me pas encore été inventée ! La structure narrative est inédite dans un polar, avec son ouverture sur le monologue de Fred MacMurray, qui enregistre sa confession sur son dictaphone. Il a tué le mari de Barbara Stanwyck, garce vénale et manipulatrice, pour qu'elle touche la prime d'assurance. Le film sera un long flash-back, le suspense ne reposant plus sur l'identité du coupable, mais sur la fatalité qui s'acharne sur les amants meurtriers."

Rome, ville ouverte
7.6

Rome, ville ouverte (1945)

Roma città aperta

1 h 43 min. Sortie : 13 novembre 1946 (France). Drame, Guerre

film de Roberto Rossellini avec Aldo Fabrizi, Anna Magnani, Marcello Pagliero

Aurea a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Un héroïsme suggéré et poignant, des portraits d'hommes ordinaires tendus vers un même but, galvanisés par un engagement qui les dépasse, devenus des combattants de l'ombre, héros malgré eux, corps broyés, chair meurtrie, mais âme fière et libre face à leurs bourreaux qui commencent enfin à douter de leur appartenance à la "race des seigneurs": superbe!

Le Poison
7.5

Le Poison (1945)

The Lost Weekend

1 h 41 min. Sortie : 14 février 1947 (France). Drame, Film noir

film de Billy Wilder avec Ray Milland, Jane Wyman, Phillip Terry

Aurea a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Des scènes noires d'un réalisme terrible, comme celle où Don, en cavale, est confronté au delirium tremens : souris et chauves-souris suintant des murs dans un appartement dévasté par la folie d'un homme en manque et en détresse, prêt à se damner pour une goutte d'alcool.

Panique
7.9

Panique (1946)

1 h 39 min. Sortie : 15 janvier 1947. Drame, Policier

film de Julien Duvivier avec Viviane Romance, Michel Simon, Max Dalban

Aurea a mis 8/10.

Annotation :

"Alors que malgré ses élans de noirceur (ou de positivisme pour la période du Front Populaire), le genre exaltait des valeurs nobles et un certain romantisme, Duvivier inverse ici le propos avec ce film incroyablement âpre et désabusé sur la nature humaine où il adapte très librement Les Fiançailles de M. Hire de Georges Simenon.
Dès la scène d'ouverture et par un zoom bien senti alors que la caméra balaie le paysage urbain de ce petit quartier, Duvivier isole son étrange Monsieur Hire (Michel Simon) du reste de la population. La symbolique sera plus lourdement appuyée quelques scènes plus tard le temps d'une partie d'auto-tamponneuses où l'ensemble des participants s'acharnent sur lui
sans raison. Que reproche-t-on exactement à Monsieur Hire ?"

Le Narcisse noir
7.6

Le Narcisse noir (1947)

Black Narcissus

1 h 41 min. Sortie : 20 juillet 1949 (France). Drame

film de Michael Powell et Emeric Pressburger avec Deborah Kerr, Sabu, David Farrar

Aurea a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

"L'intrigue est pour le moins insolite, rencontre sulfureuse de Freud et de D. H. Lawrence, et ce sont les comédiens qui la rendent convaincante. Particulièrement Deborah Kerr, au visage d'une rare pureté, bouleversante de naturel dans les séquences en flash-back. On sait que Michael Powell influença des cinéastes comme Scorsese ou Tavernier : c'est dire qu'il faut absolument goûter le plaisir capiteux de ce Narcisse noir."

Le Voleur de bicyclette
7.9

Le Voleur de bicyclette (1948)

Ladri di biciclette

1 h 29 min. Sortie : 26 août 1949 (France). Drame

film de Vittorio De Sica avec Lamberto Maggiorani, Enzo Staiola, Lianella Carell

Aurea a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Scène familiale de bonheur fugace, l'une des rares du film, où le visage sec et émacié d'Antonio s'éclaire et s'adoucit, l'époux retrouvant des gestes de tendresse oubliée quand la vie semble enfin leur sourire.
La bicyclette, promesse de jours meilleurs, trône désormais dans la pièce, objet de toutes les attentions, ce qu'a très bien compris Bruno, le jeune fils, bouille attendrissante d'enfant vieilli trop tôt, qui frotte et astique avec amour la machine qui doit changer leur vie.
Dans cette Rome dévastée d'après-guerre, ce premier jour de travail est presque un jour de fête : aux aurores, père et fils quittent la maison, ensemble sur le vélo qui les ramènera le soir.

Le Printemps d'une petite ville
7.2

Le Printemps d'une petite ville (1948)

Xiao cheng zhi chun

1 h 33 min. Sortie : septembre 1948 (Chine). Romance

film de Fei Mu avec Wei Wei, Wei Li, Shi Yu

Aurea a mis 8/10.

Annotation :

"Après le retrait des troupes japonaises en 1946, Yuwen s’ennuie de son village en ruines, autant que de son mari malade, Liyen. Un jour, un amant de jeunesse, Zhang, vient leur rendre visite. Médecin, il soigne Liyen et remet un peu de joie dans la vie du couple. Mais l’amour entre Yuwen et Zhang renaît…

Considéré à juste titre comme l’un des chefs d’oeuvre du cinéma chinois, le dernier film de Fei Mu fut complètement ignoré à sa sortie et ce jusque dans les années 80, ne correspondant pas à l’idéologie communiste.
À partir de ce magnifique triangle amoureux, Fei Mu évoque le drame quotidien d’une Chine toujours tourmentée."

La Femme aux cigarettes
7.1

La Femme aux cigarettes (1948)

Road House

1 h 35 min. Sortie : 22 septembre 1948 (États-Unis). Policier

film de Jean Negulesco avec Ida Lupino, Cornel Wilde, Celeste Holm

Aurea a mis 8/10.

Annotation :

"Le personnage de Lily Stevens, (Ida Lupino) sa voix rauque et son caractère hautain dans les premières minutes de film, a tout ce qu’il faut d’ambiguïté pour porter sur ses épaules une maigre histoire de trio amoureux et de vengeance finale dans les bois.

Il faut reconnaître à Ida Lupino (qui deux ans plus tard fera ses débuts de réalisatrice avec un film mettant en scène un viol, Outrage) une palette de jeu suffisamment large pour lui permettre de jeter le doute sur le personnage de Lily : à mesure que le film progresse, se dessine une toute autre femme, dont le destin est lié à des rêves brisés (comme sa voix, qui auparavant vocalisait sur Madame Butterfly) et qui sait reconnaître l’homme qui saura l’aimer véritablement."

Lettre d'une inconnue
8

Lettre d'une inconnue (1948)

Letter from an Unknown Woman

1 h 27 min. Sortie : 5 novembre 1948 (France). Drame, Romance

film de Max Ophüls avec Joan Fontaine, Louis Jourdan, Mady Christians

Aurea a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Un film touché par la grâce qui bouleverse toujours autant la grande romantique que je suis.

Louis Jourdan par son charme, son regard, son sourire, cette façon d'être et de s'adresser aux femmes quelles qu'elles soient, incarne avec le plus grand bonheur l'Amour de Lisa, admirable Joan Fontaine bouleversée et bouleversante dans l'expression de son unique et ultime passion enfin révélée à l'homme de sa vie, Stefan Brand le beau pianiste auréolé de gloire et de femmes, qu'elle aura connu sans jamais être reconnue.

L'Héritière
7.8

L'Héritière (1949)

The Heiress

1 h 55 min. Sortie : 5 avril 1950 (France). Drame, Romance

film de William Wyler avec Olivia de Havilland, Montgomery Clift, Ralph Richardson

Aurea a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

La cruauté, on la retrouve partout, et en particulier dans le personnage du père encore éperdu d'amour et d'admiration pour sa femme décédée à qui il ne peut s'empêcher de comparer sa fille, laquelle lui paraît bien terne, tant au plan de la beauté que de l'esprit.
C'est ce mépris, associé au cynisme de son "Prince charmant", qui sera le révélateur et le moteur, pour l'héroïne, de son inflexible vengeance.
Un film magnifique, un plaisir de choix.

Ève...
8.2

Ève... (1950)

All About Eve

2 h 18 min. Sortie : 18 avril 1951 (France). Drame

film de Joseph L. Mankiewicz avec Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders

Aurea a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Superbe duo puis duel de comédiennes, avec Bette Davis admirable dans ce rôle de diva mûrissante minée par la peur de vieillir et de se voir préférer celle qui a quinze ans de moins, et la jeune Anne Baxter tortueuse à souhait, qui de la "pauvre petite jeune fille qui a souffert", éperdue d'admiration pour son idole, va se muer peu à peu en manipulatrice éhontée, recourant allègrement au chantage pour arriver à ses fins.

Rashômon
7.9

Rashômon (1950)

1 h 28 min. Sortie : 18 avril 1952 (France). Policier, Drame

film de Akira Kurosawa avec Toshirō Mifune, Machiko Kyô, Masayuki Mori

Aurea a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

C'est à une formidable exploration de l'âme humaine, de ses méandres et de ses contradictions, que Kurosawa nous convie, et au travers de chaque personnage empêtré dans ses paradoxes et la complexité changeante de ses sentiments, il nous renvoie face à nous mêmes, à nos bassesses et notre hypocrisie, mais aussi à ces moments de grâce qui font la grandeur de l'homme, fût-il puissant ou misérable.

Stromboli
7.1

Stromboli (1950)

Stromboli (Terra di Dio)

1 h 43 min. Sortie : 18 octobre 1950 (France). Drame

film de Roberto Rossellini avec Ingrid Bergman, Mario Vitale, Renzo Cesana

Aurea a mis 8/10.

Annotation :

"Quand Stromboli sortit en 1950, il fut éreinté par la presse. On y trouvait Ingrid Bergman froide, antipathique. On se demandait ce que Rossellini, ce maître du néoréalisme italien, était allé faire avec cette star d'Hollywood. Le mariage de la carpe et du lapin ? Seuls quelques jeunes hommes en France crièrent au génie. Un certain Maurice Scherer parla de "révolution", de "découverte métaphysique", et pour la peine, il prit pour la première fois un pseudonyme qu'on allait plus tard retenir : Éric Rohmer. Ses petits copains, qui s'appelaient Godard, Truffaut, Chabrol, communièrent dans la même admiration, Rossellini devint leur dieu et Stromboli, peu à peu, grâce à eux, un film culte."