Documentaire sur les ABUS et la VIOLENCE
Abus de pouvoir, abus de confiance, abus sexuel, abus financiers, entraves à la liberté humaine, corruption, etc... Violence sous toutes ses formes
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97 films
créée il y a environ 4 ans · modifiée il y a 6 joursHANOUNA, show, intox et culture du vi*l (2025)
1 h 14 min. Sortie : 2025 (France).
Documentaire de Clarisse Feletin
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Depuis 15 ans, Cyril Hanouna met en scène, dans ses émissions, des situations qui banalisent les violences sexistes et sexuelles, voire des humiliations de chroniqueurs en direct. Ce documentaire révèle comment ses talk-shows transforment le rire en arme de domination, comment des agresseurs sont protégés, et pourquoi cela fait audience.
Allemagne : au sein des Témoins de Jéhovah (2025)
35 min. Sortie : 5 janvier 2025 (Allemagne). Société
Documentaire TV de Tom Heyen
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
les témoins de Jéhovah
Sorcières, chronique d'un massacre (2025)
1 h 32 min. Sortie : 18 octobre 2025. Société, Historique
Documentaire de Marie Thiry
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
En 1609, dans la province basque du Labourd, se déroule le dernier et le plus sanglant épisode de chasse aux sorcières en France. Quatre-vingts personnes, principalement des femmes, sont brûlées à l’issue d’un procès itinérant de quatre mois, mené par Jean d’Espagnet, président au parlement de Bordeaux, et le juge Pierre de Lancre. Mandatés par Henri IV, ils étaient initialement chargés d’apaiser un simple conflit local autour des revenus du nouveau port de Ciboure. Mais cette querelle dégénéra rapidement en une vague d’accusations de sorcellerie. De village en village, leur tribunal alimente et amplifie les dénonciations populaires, déformées par l’imaginaire démonologique. Pour faire avouer les prétendues sorcières, ils recourent à la délation et à la torture, en s’appuyant sur les grands traités de démonologie, comme le célèbre Malleus Maleficarum ("Marteau des sorcières"), publié en 1486 et largement diffusé grâce à l’imprimerie. Alors que dans la plupart des régions d’Europe ce sont surtout les femmes âgées qui sont victimes des chasses aux sorcières, au Labourd, des jeunes filles sont principalement visées. Pierre de Lancre, obsédé par l’idée de leur copulation avec le diable lors du "rituel du sabbat", laisse libre cours à ses fantasmes et transgresse toutes les limites du droit. Il instrumentalise des centaines d’enfants, contraints à témoigner contre leurs proches. Ce zèle fanatique finit par susciter des résistances. Le retour des marins pêcheurs partis à Terre-Neuve et l’intervention de l’évêque de Bayonne, soucieux de protéger les familles des notables, abrègent cette effroyable mécanique d’accusations.
Convoquant les témoignages éclairés de spécialistes de la chasse aux sorcières (historiens, archivistes, anthropologues...) de Bayonne à Lausanne en passant par Strasbourg et Pampelune, et également l'essayiste Mona Chollet, autrice de l'essai best-seller Sorcières – La puissance invaincue des femmes (éd. La Découverte), cette enquête saisissante décrypte les mécanismes cruels, irrationnels et misogynes qui conduisirent quatre-vingts personnes à la mort. Grâce à un habile montage d'entretiens, de reconstitutions tirées du film Les sorcières d’Akelarre (2020) de Pablo Agüero, et de séquences animées, la réalisatrice Marie Thiry (Le chevalier au dragon – Le roman disparu de la Table ronde) souligne à quel point les autorités religieuses et politiques s'en prirent aux femmes, mais aussi aux traditions païennes et aux rites dévolus aux solstices d'
Les enfants martyrs de Riaumont (2024)
1 h. Sortie : 2024 (France). Société
Documentaire TV de Ixchel Delaporte et Rémi Bénichou
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Créé en 1960, le village pour enfants de Riaumont, à Liévin, s’était donné pour mission d'éduquer des enfants et des adolescents en difficulté, le plus souvent issus de familles minées par la précarité et la violence. Avec sa ferme, ses animaux et son église, le cadre, agréé et financé par les ministères de la Justice puis de l'Éducation nationale, paraît idyllique. Mais derrière le décor de conte de fées, le séjour des jeunes pensionnaires se transforme vite en cauchemar. L’institution, tenue par une communauté catholique intégriste, ne se contente pas d'imposer une discipline d’airain ; elle multiplie maltraitances et abus. Punitions à coups de poing, de pied ou de ceinturon, claustrations dans les douches, travail forcé pour construire de nouveaux bâtiments rythment le quotidien des jeunes, vêtus été comme hiver de shorts en cuir rappelant ceux des jeunesses hitlériennes. Le fondateur du centre, le père Albert Revet, ne dissimule d’ailleurs pas son admiration pour l'idéologie nazie, collectionnant uniformes SS et casques à pointe. Pour parachever cette œuvre d’emprise et de destruction des identités, des dizaines d'enfants sont victimes d'agressions sexuelles ou de viols perpétrés par ces adultes censés prendre soin d'eux. Il a fallu attendre plus de quinze ans avant qu’un inspecteur du ministère de la Justice ne commence à pointer certaines dérives, puis qu’une professeure d’un collège voisin alerte les autorités. Mais le village d'enfants de Riaumont n'a été fermé qu'en 2019, soit six décennies après sa création…
Multipliant les témoignages de victimes et les images glaçantes d'enfants défilant en bataillons militaires, ce documentaire pose une question essentielle : comment la société a-t-elle pu se rendre complice d’un tel piège, dont beaucoup peinent encore à se relever ? Comment les parents, les voisins du domaine, les gendarmes, les juges pour enfants, les assistantes sociales, les responsables des collectivités territoriales, des administrations judiciaires, sociales et éducatives, ou les ministères de tutelle ont-ils pu fermer les yeux aussi longtemps sur ces crimes commis sur plusieurs générations ? L'enquête, qui révèle aussi les liens de la communauté avec des réseaux d'extrême droite français, allemands et belges, remonte avec une efficacité redoutable aux racines du mal : l’alliance mortifère entre l’intégrisme catholique, le scoutisme militaire et une éducation par la violence, confortés par l'inaction des pouvoirs publics.
Pédocriminels, la traque (2024)
1 h 32 min. Sortie : 2024 (France). Société
Documentaire TV de Laetitia Ohnona
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
En 2022, quelque 88 millions d’images pédocriminelles circulaient dans le monde et, chaque seconde, au moins deux images de viols d’enfant sont échangées sur Internet. Partout où enfants et ados passent du temps (jeux vidéo en ligne, réseaux sociaux), des prédateurs sexuels sont, eux aussi, connectés. Depuis les confinements liés à la pandémie, les tentatives de grooming (ou sollicitation sexuelle de mineurs en ligne) ont explosé. Parallèlement, une pratique ne cesse de s'étendre : le viol d’enfants à distance, soit la commande d’agressions sexuelles à l’autre bout du monde, auxquelles on peut assister en direct. Face à l’ampleur de cette vaste scène de crime, les forces de police s’organisent.
Lorsque Ayleen, 14 ans, envoie des photos dénudées à Jan P., 29 ans, via l’application Snapchat, elle n'imagine pas que les mondes numérique et réel s'interpénètrent. La menaçant de diffuser ces clichés si elle n’accepte pas de le rencontrer, l’homme tente de la violer puis la tue, avant d’abandonner son corps dans le lac de Teufelssee en Hesse. Après Elle l’a bien cherché, plongée dans le parcours du combattant infligé aux victimes de viols pour obtenir justice, Laetitia Ohnona poursuit son enquête sur les violences sexistes et sexuelles. Dans huit pays, elle s’infiltre au cœur des services de police combattant quotidiennement ce fléau, lesquels ouvrent pour la première fois leur porte à des caméras. Du traçage des contenus à la traque des pédocriminels, notamment aux Philippines où sévit un important trafic, son investigation pendant quatre ans l’emmène jusqu’à la Commission européenne, où un nouveau règlement est en cours, concernant l’espace dérégulé qu’est Internet : ne faudrait-il pas contraindre les plates-formes à assumer leurs responsabilités, quitte à renoncer au chiffrement de certaines messageries ? Aux côtés d’Ylva Johansson, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, du National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), une organisation qui lutte contre les abus d’enfants, ou encore le Centre canadien de protection de l’enfance, ce documentaire délivre un indispensable message de prévention et s’interroge sur les moyens à mettre en œuvre pour assurer la sécurité des enfants.
Trois Femmes afghanes: Des résistantes en exil (2024)
An Unfinished Journey
1 h. Sortie : 2024 (Canada). Société
Documentaire
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Le documentaire suit trois femmes qui ont dû fuir leur pays natal, l'Afghanistan, et s'exiler au Canada. Elles étaient respectivement députée, ministre et journaliste ; depuis leur exil elles observent, impuissantes, les talibans anéantir deux décennies de progrès et priver les femmes de leur droit à l'éducation, leur interdire de travailler ou même de mener une vie sociale. Elles n'occupent plus de postes influents, mais sont contraintes de se réinventer pour attirer l'attention de la communauté internationale, afin de poursuivre la lutte pour l’établissement d’un Afghanistan plus libre et juste.
Adoption internationale, un scandale planétaire (2024)
Adoption internationale, un scandale planétaire
1 h 32 min. Sortie : 12 novembre 2024. Société
Documentaire TV de Christine Tournadre, Arte et Sonia Gonzalez
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Trentenaires ou quadragénaires, ils sont des milliers, adoptés dans l’enfance à l’étranger, à réclamer la vérité. Certains ont été volés à leur mère au Chili sous la dictature de Pinochet ou en Corée du Sud, précurseur de l’adoption internationale dès les années 1950 – jusqu’à la décennie 1980, la moitié des enfants adoptés à l’étranger dans le monde en étaient originaires. D’autres sont nés de femmes mises enceintes et séquestrées dans des "fermes à bébés" au Sri Lanka, avant d’être vendus. Parfois, leur visa a été falsifié, leur date de naissance ou leur nom, modifié, rendant leur quête pour retrouver la piste de leur filiation aussi douloureuse qu’éprouvante. Un peu partout, ils se heurtent au silence des administrations et à l’inertie de la justice lorsqu’ils se risquent à demander des comptes.
Si, dans l'imaginaire collectif, l'adoption internationale évoque des enfants abandonnés dans les orphelinats de pays pauvres, nombre d’entre eux ont en réalité été séparés de leurs parents biologiques de manière irrégulière, voire illégale, avec la complicité des autorités des pays d’origine. Grâce aux actions menées par ces adoptés devenus adultes, le film met au jour les abus systémiques perpétrés depuis des décennies, et soulève la responsabilité des pays adoptants. Afin de répondre au désir d’enfant de couples infertiles, l’adoption internationale, véritable marché depuis les années 1980, demeure un monde opaque dont profitent en toute impunité des criminels. Malgré la convention de La Haye sur la protection des enfants – signée ou ratifiée par une centaine d’États depuis 1993 –, et la coopération en matière d’adoption censée l'encadrer, des investigations journalistiques ont révélé ces dernières années la survivance de pratiques sordides – bébés volés, faux orphelins, pressions sur les mères, documents falsifiés – qui favorisent le trafic d’enfants. Nourrie de rappels historiques, d’éclairages apportés notamment par l’universitaire Yves Denéchère, coauteur d’un récent rapport *, et Emmanuelle Hébert, cofondatrice de l’association Réseau des adopté·es à l’international en France (RAIF), ainsi que de témoignages poignants, une enquête glaçante sur les dérives d’un lucratif commerce et les failles persistantes dans la protection des droits des mineurs.
Les empoisonneurs de Poutine (2024)
Antidote
1 h 32 min. Sortie : 2024 (France).
Documentaire de James Jones et James Jones
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Quel est le coût de la liberté d’expression dans la Russie de Poutine et du journalisme qui défie son pouvoir ? À la suite de ses enquêtes pour le réseau d’investigation en open source Bellingcat sur plusieurs affaires d’empoisonnement dans le pays, le journaliste bulgare Christo Grozev, qui a aussi réussi à identifier des centaines d’agents secrets russes opérant en Europe, découvre un jour qu’il figure sur une liste d’hommes à abattre établie à Moscou. Exilé à New York et séparé de sa famille restée à Vienne, rongé par la peur que le régime russe ne parvienne à le tuer ou à atteindre ses proches, Grozev n’en continue pas moins son travail pour révéler les opérations secrètes du Kremlin. Il entre ainsi en contact avec un lanceur d’alerte, à l’identité ici protégée, témoin clé des basses œuvres du régime. Cet employé dans un laboratoire fabriquant des substances mortelles destinées aux opposants va parvenir à quitter la Russie grâce à l’aide du journaliste. En parallèle, le documentaire retrace le calvaire de l’activiste Vladimir Kara-Mourza, homme politique et journaliste, qui a payé son combat de deux tentatives d’empoisonnement et d’une condamnation à vingt-cinq ans de colonie pénitentiaire à régime sévère, avant d’être libéré en août 2024 lors d’un échange de prisonniers.
Émaillé de séquences en temps réel dans lesquelles Christo Grozev expose ce qui peut l’être de son enquête à haut risque, avec en contrepoint les témoignages de ses proches et de ses collègues, ce documentaire montre à la fois le quotidien du journaliste bulgare et le coût de son héroïsme. Le réalisateur James Jones met en regard son sacrifice avec celui du couple Kara-Mourza : Evguenia et Vladimir, eux aussi, ont mis leur vie entre parenthèses pour combattre la dictature, quel qu’en soit le prix. Tournée dans le plus grand secret pendant deux ans, cette investigation met ainsi à nu la réalité mortifère du régime de Vladimir Poutine.
Des cris dans le stade, enquête sur le racisme dans le football (2024)
1 h 32 min. Sortie : 11 juin 2024. Société, Sport
Documentaire TV de Mohamed Bouhafsi et Dimitri Queffelec
abscondita a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le football est un révélateur du niveau de racisme dans la société. De la politisation de certaines tribunes, en passant par le racisme ordinaire, parler de xénophobie dans le football, c'est photographier un moment de notre histoire. Dans ce documentaire consacré à la part d'ombre du sport le plus populaire au monde, Mohamed Bouhafsi dresse un constat implacable, en donnant la parole à de grands footballeurs, de Lilian Thuram à Basile Boli, de Joseph-Antoine Bell à Luc Sonor, mais aussi en interrogeant le milieu amateur. Cette plongée inédite dans des archives rares met pour la toute première fois certains dirigeants et présidents de clubs face à leurs responsabilités.
Maison close et traite des femmes (2024)
52 min. Sortie : 2024 (Autriche). Société
film de Stefan Ludwig
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
C’est un procès qui fit grand bruit dans l’Autriche de la Belle Époque : en 1906, Regine Riehl, tenancière d’un bordel situé dans les beaux quartiers de Vienne – à deux pas du cabinet du docteur Freud –, est sur le banc des accusés. Parmi les nombreuses charges retenues contre elle, la séquestration des filles qu’elle emploie, dont la jeune Marie König, prostituée de force par son père depuis l’âge de 16 ans. C’est cette dernière qui, parvenue à dénoncer son calvaire à la presse par l’entremise d’un client, sera à l’origine de l’enquête. Avec cette sulfureuse affaire, ce que l’on avait jusque-là toléré en silence fait à présent ouvertement débat : les traitements inhumains imposés à des femmes dans une maison de tolérance pourtant contrôlée par la police, mais aussi les agissements des trafiquants qui fournissent ces lieux en "chair fraîche"
En s’appuyant sur les archives policières et judiciaires de la Ville de Vienne, ce documentaire-fiction retrace du point de vue de quatre employées, appelées à témoigner à la barre, l’histoire de ce qui constitua, à l’époque, le plus grand scandale impliquant une maison close en Europe. Ce fait historique est l’occasion de dresser un édifiant panorama de la prostitution au tournant du XXe siècle : alors que se font entendre les voix des premières ligues féministes prônant son abolition, la pauvreté, l’oppression patriarcale, la double morale sexuelle et la mondialisation naissante se conjuguent pour favoriser l’émergence de réseaux internationaux de traite des femmes dont on retrouve des traces, dans les archives viennoises, jusqu’aux rues de Buenos Aires.
Futurs champions, le prix de la gloire (2024)
1 h 31 min. Sortie : 23 juillet 2024. Sport, Société
Documentaire TV de Pierre-Emmanuel Luneau-Daurignac
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
À 14 ans, C. Weber intègre le prestigieux pôle France de gymnastique de Marseille, où elle vit un calvaire : blessures à répétition et épuisement causés par l’excès d’entraînement, privation de nourriture, humiliations, pression constante… Écartée des sélections nationales après que sa mère a alerté la fédération, l’adolescente, aujourd’hui âgée de 18 ans, a dénoncé devant la justice les méthodes de son coach, V Patea.u, l’ancienne gymnaste C Hea.fford, fondatrice de Gymnast for Change, a contribué à faire éclater au grand jour l’ampleur des dérives, tandis qu’au Canada la nageuse artistique G Boisvert a déclenché une vague de dénonciations qui a éclaboussé une vingtaine de disciplines. Ces .prises de parole, auxquelles se mêlent celles de superstars (T. Henry, M. Phelps, S. Biles…), mettent en lumière l’éventail et la gravité des abus infligés aux jeunes athlètes, corroborés par de très nombreuses études scientifiques. Une récente enquête allemande menée auprès de sportifs d’élite révèle ainsi que 86 % d’entre eux ont subi au moins une fois de la violence psychologique dans ce cadre, la plupart avant 18 ans. Aux E-U, où les enfants entre 6 et 18 ans font près de dix-sept heures de sport en moyenne par semaine, le docteur M. Kocher, lui, s’inquiète de l’augmentation des blessures, de plus en plus graves et précoces.
"S’il y avait autant de blessures dans n’importe quel autre domaine de la vie des enfants, le gouvernement interviendrait immédiatement( Peter Donnelly). Dévoilant la face tragique du sport de haut niveau, ce documentaire plonge dans les rouages d’un système qui maltraite les enfants, hérité des méthodes de l’ancien bloc de l’Est. Sacrifiés sur l’autel du profit – le marché mondial du sport pesant aujourd’hui plus de 1 000 milliards de dollars –, les futurs champions se retrouvent pris en étau entre les attentes de leurs entraîneurs, de leurs parents, mais aussi des fédérations et des États, avides de médailles. Pour décrypter cette réalité aux conséquences lourdes, Pierre-Emmanuel Luneau-Daurignac a enquêté dans plusieurs pays, recueillant les témoignages de jeunes athlètes traumatisées complétés par les éclairages de médecins, de chercheurs, de défenseurs des droits des enfants ou encore de représentants d’associations d’aide aux victimes. L’exemple norvégien prouve pourtant qu’il est possible de concilier épanouissement et résultats.
Mascus, les hommes qui détestent les femmes (2024)
52 min. Sortie : 10 avril 2024.
Documentaire de Pierre Gault
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
« Les femmes te manipulent », « Comment avoir les couilles du mâle alpha ? », « Sois dur et exigeant avec les femmes »… Ces vidéos aux titres provocateurs cartonnent sur les réseaux sociaux et cumulent des centaines de milliers de vues. Sous la forme d’une cyber-enquête, ce documentaire vise à décrypter la manosphère et à en montrer les dangers. Notre journaliste, Pierre Gault, s’est « infiltré » dans les forums, groupes Telegram ou WhatsApp et conversations privées. Banalisation des agressions sexuelles, appels au viol, propos misogynes mais aussi racistes, harcèlements… sa plongée au cœur des communautés masculinistes est vertigineuse et révèle une culture de la haine des femmes.
Casse du siècle au Liban (2024)
1 h 34 min. Sortie : 11 juin 2024. Politique, Société
Documentaire de Miyuki Droz Aramaki et Sylvain Lepetit
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Depuis le début de la crise, à l'automne 2019, la livre libanaise a perdu 98 % de sa valeur face au dollar, l’inflation atteint des niveaux record et la grande majorité des habitants, privés d’accès à leurs comptes bancaires, à l’exception de retraits limités et surfacturés, s’enfoncent dans la pauvreté. Comment le Liban, autrefois surnommé "la Suisse du Moyen-Orient", a-t-il pu tomber si bas ? C’est dans le chaos de la guerre civile (1975-1990) qu’ont émergé les principaux dirigeants du pays, anciens chefs de milices propulsés leaders politiques à la faveur d’une loi d’amnistie : les chiites Nabih Berri et Hassan Nasrallah (à la tête du Hezbollah), le représentant de la minorité druze Walid Joumblatt, les chrétiens Michel Aoun et Samir Geagea, auxquels s’ajoute le milliardaire sunnite Rafiq Hariri, artisan de la reconstruction de Beyrouth, nommé Premier ministre en 1992. Pendant trois décennies, avec la complicité du système bancaire, cette caste dirigeante a joué avec les économies du peuple et pillé impudemment le pays. Bousculée par le soulèvement populaire d'octobre 2019, qui a vu un million de Libanais de toutes confessions descendre dans la rue, puis par l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, l’élite politique est parvenue à se maintenir au pouvoir en attisant une fois encore la peur de l'autre. Et les réformes exigées par la communauté internationale – pourtant prête à aider cet État stratégique pour la stabilité au Moyen-Orient – pour en finir avec la corruption endémique n’ont pas été engagées.
Remontant le fil de l’histoire et de l’argent en compagnie d’analystes, ce documentaire raconte comment le pays du Cèdre, paradis fiscal ultralibéral dans les décennies suivant son indépendance, en 1943, s’est mué en kleptocratie, alimentée par le confessionnalisme et le pouvoir des zaïms, les chefs communautaires et politiques. Le film suit en parallèle des habitants désespérés, qui donnent un aperçu concret des conséquences de l’effondrement de leurs services publics, sur fond de scandales financiers : les Libanais sont notamment otages d’une "mafia des générateurs" qui les rackette sans vergogne, l’entreprise d’État EDL étant incapable de leur fournir plus de quelques heures de courant par jour. Les dirigeants incriminés, eux, s’accrochent à leurs privilèges et rejettent toute responsabilité, à l’instar de l’ancien gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé, accusé d’avoir monté une pyramide de Ponzi à l’échelle du pays.
La tragique histoire de Fritz l'éléphant (2023)
53 min. Sortie : 2023 (France). Animalier
Documentaire de Camille Ménager
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Au milieu du XIXe siècle, alors que l'expansion coloniale atteint son apogée, un jeune éléphant d'Asie entame un périple aussi extraordinaire que tragique. L'animal a sans doute été arraché à la nature quelque part entre Calcutta et l'île britannique de Ceylan, comme des centaines de ses congénères, avant de traverser l'océan pour gagner un port d'Europe – probablement Hambourg – et de se retrouver entre les mains d'un de ces marchands d'animaux sauvages dont l'activité est alors en plein essor. Baptisé Fritz, il rejoint New York et la ménagerie du cirque américain Barnum, pour être dressé à exécuter des tours aux côtés d'animaux savants, d'acrobates et autres "phénomènes de foire" au sein du spectaculaire "Greatest Show on Earth". Pendant quinze ans, Fritz, ballotté de ville en ville, sera brutalisé par ses dresseurs pour rester docile. Jusqu'à un jour de 1902 où, au cours d'une tournée en France, le pachyderme se rebelle en pleine rue…
Du point de vue de l'animal
Documenté par bribes à travers des articles de presse, des photos et d’autres archives, les tribulations de Fritz, qui aura traversé deux fois l'Atlantique avant de finir derrière une vitrine du musée des Beaux-Arts de Tours, ouvrent sur une passionnante histoire du point de vue de l'animal. Les éclairages d'historiens spécialisés – notamment, côté français, Éric Baratay ou Violette Pouillard – racontent la naissance de l'exploitation mondialisée des animaux sauvages à une époque où, entre révolution industrielle et toute-puissance de la logique coloniale, le goût pour l'exotisme semblait autoriser les pires maltraitances. Ce regard contemporain porté sur le cas de Fritz dit aussi, en creux, l'évolution des mentalités sur la condition animale et de notre rapport au vivant.
Ukraine - Les enfants volés (2024)
1 h 26 min. Sortie : 2024 (Royaume-Uni).
Documentaire TV de Robin Barnwell
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
À Kherson, dans le sud-est de l’Ukraine, Victoria Novikova, enquêtrice des droits de l’homme en gilet pare-balles, suit méthodiquement la piste de quarante-six petits pensionnaires d’un foyer d’accueil, tous âgés de moins de 5 ans, enlevés le 21 octobre 2022 par les forces russes dans la ville alors occupée. Après l’invasion du pays par Moscou, des milliers d’enfants et d’adolescents ont ainsi été kidnappés puis déportés en territoire russe, et notamment en Crimée : un crime de guerre pour lequel Vladimir Poutine et sa commissaire aux droits de l'enfant, Maria Lvova-Belova, sont aujourd’hui visés par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (voir le documentaire La justice après la guerre, diffusé également par ARTE). Alors qu’il avait été mis à l’abri, comme ses camarades du foyer, dans une église de Kherson lors des combats, Viktor, 2 ans, a été emmené avec eux. Il était dans l’attente d’une opération. Dévastée, sa mère se bat pour le retrouver, comme la grand-mère de Nastya, 4 ans, disparue à Marioupol après un bombardement. Déporté de force lui aussi, Bohdan, 17 ans, risque d’être incorporé dans l’armée russe, et son avocate tente par tous les moyens de le rapatrier avant sa majorité. Face aux familles plongées dans un cauchemar sans fin, Moscou prétend avoir sauvé ces enfants, notamment d’un trafic européen d’organes. Mais des vidéos abondamment diffusées par les autorités russes à des fins de propagande documentent les faits par un effet boomerang, constituant des outils utiles pour la recherche des jeunes victimes. Alors que la guerre se poursuit, les négociations pour obtenir leur retour se révèlent cependant d’une âpre complexité.
"J’éprouve une rage froide", dit Victoria Novikova. Dans les pas de l’enquêtrice mais aussi au plus près des familles, Robin Barnwell a accompagné la folle course contre la montre pour localiser et récupérer ces enfants, dont l’enlèvement massif, avant la naturalisation voire l’adoption programmées, a été orchestré au plus haut niveau à Moscou. Kidnappée dans un hôpital, la petite Margarita, 10 mois, a ainsi été emmenée par la future épouse du député Sergueï Mironov, chef du parti Juste Russie et allié clé de Poutine, avant que le couple, falsifiant l’identité de la fillette, ne l’adopte... Membre du Parlement, Igor Kastioukevitch, surnommé le "Navigator", a lui dirigé l’intervention dans l’église de Kherson.
L'Europe au défi de l'ingérence étrangère (2024)
1 h 30 min. Sortie : 2024 (Allemagne). Société, Politique
Documentaire TV de Helmar Büchel
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Le 9 décembre 2022, à Bruxelles, lors d'une opération spectaculaire, la police fédérale belge arrête l'ex-eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri, son ancien assistant parlementaire Francesco Giorgi, la compagne de ce dernier, Eva Kaili, eurodéputée et vice-présidente du Parlement, ainsi que Niccolo Figa-Talamanca, responsable de l'ONG No Peace Without Justice et proche de M. Panzeri. Suspecté par les autorités belges d’être à la tête d'un réseau de de corruption impliquant notamment le Qatar et le Maroc, M.Panzeri avait gardé ses entrées au Parlement après la fin de son mandat, en 2019, en fondant une ONG de défense des droits de l'homme, Fight Impunity. Les éléments de l’enquête attestent que la police saisit chez lui près de 670 000 euros en liquide, et plus de 878 000 euros au domicile du couple Kaili-Giorgi. Seize jours avant son arrestation, Eva Kaili, de retour de mission à Doha, avait prononcé un discours saluant les progrès de l'émirat en matière de droit du travail, alors que celui-ci était accusé, notamment par Amnesty International, de la mort de milliers d'ouvriers migrants sur les chantiers de la Coupe du monde de football, qui venait de s'ouvrir le 20 novembre. Dans la foulée de ce "Qatargate", une partie des 705 eurodéputés réclame des réformes profondes de leur institution. Qu'en est-il, un peu plus d'un an après l'éclatement du scandale ? Alors que le dossier semble s'enliser devant la justice belge, cet état des lieux de l'enquête et de ses conséquences donne la parole, entre autres, à certains des protagonistes de cette affaire judiciaire, ainsi qu'à l'eurodéputé vert allemand Daniel Freund, en pointe sur le combat contre la corruption, et à des journalistes d'investigation des sites Follow the money et Politico.
La plus retentissante affaire de corruption ayant éclaboussé les institutions européennes n'est pas encore élucidée. Ce panorama nuancé montre combien les institutions de l'UE restent perméables au conflit d'intérêts, voire à la corruption, d'où qu'elle vienne. En l'absence d'une opinion publique européenne capable de confronter cette énorme bureaucratie à ses responsabilités, l'inertie prime. Une fois retombée la poussière du scandale, déplore ainsi Daniel Freund, seuls 130 de ses pairs se sont ainsi montrés prêts à œuvrer pour une réforme en profondeur du Parlement.
Ukraine - Sur les traces des bourreaux (2024)
1 h 29 min. Sortie : 2024 (France).
Documentaire TV de Ksenia Bolchakova
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Lorsque les forces russes se retirent du nord de l’Ukraine et de la région de Kiev, un peu plus d'un mois après l'agression du 24 février 2022, le monde découvre avec effroi l’ampleur des massacres et exactions perpétrés notamment contre la population civile. Charniers, tortures, viols, quartiers d'habitations anéantis par l’artillerie et les bombes… : le sombre tableau d’une guerre au cœur de l’Europe. Alors que les combats font toujours rage, les premières enquêtes démarrent pour recueillir les preuves de ces crimes et tenter d’en identifier les auteurs. Dans les territoires libérés par l’armée ukrainienne, la police, les ONG internationales, mais aussi de simples civils se mobilisent pour collecter et sauvegarder tout ce que les occupants ont laissé derrière eux. À Boutcha, mais aussi à Izioum et dans la région de Kharkiv, ces zones du sud-est du pays occupées de longs mois par les forces russes, Ksenia Bolchakova et Manon Loizeau recueillent témoignages et indices pour faire apparaître une part du schéma général qui a donné lieu à ces innombrables violations du droit international. Elles s'entretiennent avec des victimes de torture et de détention arbitraire, mais aussi de déportations d’adultes et d’enfants, organisées par le régime russe.
À Boutcha, les réalisatrices ont d'abord rencontré Alexandre Konovalov, dont le jeune frère a été tué à bout portant, dans la rue, par les soldats russes. Au péril de sa propre vie, il a récupéré de nombreux documents appartenant à des occupants, tués dans leurs chars, parvenant à remonter jusqu’aux unités de l’armée présentes dans sa ville. Dans le téléphone portable de l’un des occupants, il a découvert les cartes militaires de l’invasion et dans ses affaires, une balise GPS. Analysée par l'équipe du film, celle-ci prouve la préméditation de ce que Vladimir Poutine appelle "opération militaire spéciale". Pas à pas, Ksenia Bolchakova et Manon Loizeau remontent ainsi la chaîne de commandement, montrant que tout l'appareil d'État s'est mis au service d'une guerre criminelle, avec la volonté d'anéantir la nation et l'identité ukrainiennes par la terreur et la propagande. Leur enquête les mène aussi de l’autre côté de la frontière, en Russie, où elles ont pu interviewer un général mis à la retraite pour s'être publiquement opposé à l'invasion. Un jeune déserteur russe et un mercenaire de Wagner recruté en prison témoignent également devant leur caméra. Le documentaire démontre ainsi la responsabilité de Poutine.
Birmanie : le rappeur qui défia la junte (2023)
1 h. Sortie : 2023 (France).
Documentaire de Thomas Dandois
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Il était d’abord un précurseur du rap birman, devenu star avec son groupe Acid, qu’il avait fondé au début des années 2000, avant de rejoindre le collectif prodémocratie Generation Wave, ce qui lui avait valu trois années de prison assorties de tortures. Charismatique activiste, il a été élu en 2015 pour siéger au Parlement aux côtés d'Aung San Suu Kyi, lors de la brève parenthèse libérale consentie par les militaires. À l'issue de cette législature, en 2020, Zayar Thaw avait choisi de se mettre en retrait de la vie politique, peut-être, estime l'un des protagonistes du film, en réaction au silence du parti et de sa leader face aux atrocités commises contre les Rohingya. Il avait repris la musique avant d’être surpris par la brutalité du coup d'État qui, le 1er février 2021, a replongé le Myanmar dans les ténèbres et le silence. Révolté par la violence de la répression orchestrée par le régime, ce pacifiste de toujours avait rejoint un mouvement de résistance armée. Arrêté puis détenu au secret pendant plusieurs mois, il a été pendu dans sa prison d'Insein le 23 juillet 2022, à 41 ans. Retracé, archives personnelles à l'appui, par ses proches, dont sa veuve Ma Thazin Nyunt Aung, elle-même activiste et ex-chanteuse de hip-hop, son sort tragique reflète celui de tout un peuple, engagé dans une lutte de plus en plus meurtrière pour reconquérir ses droits, dans la relative indifférence du reste du monde.
L'intrépide
Il s’était révolté dès l'enfance contre la dictature de son pays, l'une des plus dures au monde. Éternel sourire juvénile et démarche souple, Zayar Thaw, ressuscité par les photographies et les vidéos de ses intimes, mais aussi les archives d'actualités, irradie d'énergie, d’optimisme et d'assurance. Recueillis dans l'exil ou la clandestinité, les témoignages de ceux qui l'ont côtoyé et aimé, rythmés par sa musique vibrante, rendent palpables son courage et le leur, mais nous plongent aussi dans la réalité quotidienne d’une jeunesse birmane avide de liberté et d’ouverture au monde.
Racisme : une autre histoire de l'Amérique (2023)
Stamped from the beginning
1 h 30 min. Sortie : 20 novembre 2023. Société
Documentaire de Roger Ross Williams
abscondita a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Invisibles - Les travailleurs de l‘Europe de l’Est (2023)
1 h 38 min. Sortie : 2023 (France). Société
Documentaire de Apolena Rychlíková
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Victimes d’un "rideau de fer des salaires", des centaines de milliers de travailleurs migrent de l’est de l’Europe vers l’ouest. Quatre ans après une première enquête en République tchèque, la journaliste Sasa Uhlová poursuit, en caméra cachée, sa charge contre le néolibéralisme.
Depuis la chute du Mur, un nouveau rideau de fer, celui des salaires, s’est étendu à travers l’Europe. Chaque année, des centaines de milliers de travailleurs d’Europe de l’Est, attirés par des rémunérations trois fois supérieures à celles de leur pays d’origine, traversent le continent à la recherche d’emplois contraignants et peu qualifiés. Quittant Prague, la journaliste tchèque Sasa Uhlova éprouve, dans la peau de ces migrants économiques essentiels pour la prospérité de l’Europe occidentale, la réalité de ces jobs précaires. En Allemagne, dans une vaste ferme de fruits et légumes aux côtés d’immigrés polonais, dans un hôtel irlandais en compagnie de collègues slovaques puis en tant qu’auxiliaire de vie à Marseille, elle expérimente ainsi la douleur physique, le stress, la fatigue, les cadences infernales et les heures supplémentaires non payées.
Fracture européenne
Quatre ans après son premier documentaire Limits of Work, qui explorait le phénomène des emplois mal payés en République tchèque, Sasa Uhlova, devant la caméra de la réalisatrice Apolena Rychlikova, poursuit son investigation des conséquences des politiques néolibérales sur le travail en Europe. Entre les heures à ramasser les salades puis à les emballer jusqu’à en avoir mal aux mains, les étages entiers d’un hôtel à nettoyer sous la surveillance accrue de la direction via Whatsapp et les emplois du temps intenables imposés par une plate-forme d’aide à domicile, elle décrit avec précision, grâce à un astucieux dispositif de caméra cachée, le quotidien de ces travailleurs invisibles, par ailleurs majoritairement féminins. Dans ce film très personnel, parsemé de parenthèses auprès de ses proches dans lesquels elle livre ses réflexions et ses indignations, elle dénonce les mauvaises conditions de travail, les bas salaires et l’exploitation d’une main-d’œuvre bon marché par certaines entreprises occidentales, qui, accentuant les inégalités, aggravent la fracture entre l’Ouest et l’Est de l’Union européenne.
Corée du Nord - Le Prix de la Liberté (2023)
Beyond Utopia
1 h 48 min. Sortie : 5 mars 2024 (France). Politique
Documentaire de Madeleine Gavin
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Comment s’enfuir du pays le plus répressif au monde ? Pour les opprimés qui veulent quitter clandestinement la Corée du Nord, passer directement en Corée du Sud s’avère inenvisageable, la frontière étant ultrasécurisée et minée. Il faut alors passer en Chine en franchissant des barbelés, un fleuve tumultueux puis des montagnes hostiles – au risque de se faire renvoyer de force et de subir tortures, déportation et une mort programmée. Cette première étape réussie, il faut ensuite se frayer un chemin jusqu'en Thaïlande, en parcourant en secret le Viêtnam et le Laos... Ce documentaire raconte sous la forme d’un récit parallèle deux de ces périlleuses tentatives d’exil. Vivant aujourd’hui en Corée du Sud, une transfuge a dû se résoudre à abandonner son fils pour réussir sa fuite. Quelques années plus tard, elle essaie désespérément de l’exfiltrer, mais le jeune fugitif est victime d’une trahison peu après avoir posé le pied en Chine... De leur côté, un couple, leurs deux fillettes et une grand-mère se lancent dans l’aventure. Un pasteur sud-coréen, membre d’un réseau d’accueil et de passeurs, dont la tête est mise à prix en Chine, tente de les aider au péril de sa vie.
À travers ces deux histoires – l'une tragique, l’autre au dénouement heureux –, ce documentaire de Madeleine Gavin dévoile encore un peu plus une réalité que la Corée du Nord tente de masquer à n’importe quel prix, et d’abord à ses propres citoyens. Le plus souvent, le monde ne perçoit de la “République populaire démocratique de Corée” que ce que le régime de Pyongyang souhaite montrer : les missiles nucléaires, les grandes parades et l'idolâtrie de la famille Kim. Les 26 millions de Nord-Coréens, coupés du monde extérieur et élevés dans une haine féroce de l’Occident, n'imaginent même pas qu'il existe une autre vie que celle qu’on leur impose. Couplées avec l’interview de l’activiste et auteure Lee Hyeon-seo, des images volées d’interrogatoires et du quotidien de la population, entre famine et oppression, sidèrent par leur dureté. Les séquences filmées par les fugitifs, les agents du réseau clandestin et la réalisatrice donnent un aperçu émouvant de l’odyssée qu’il faut entreprendre pour gagner sa liberté. Glaçant.
Travail forcé, le SOS d'un prisonnier chinois (2023)
1 h 35 min. Sortie : 14 novembre 2023. Société
Documentaire TV de Moreau Laetitia
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
À Paris, une jeune femme achète un jour en pharmacie un test de grossesse bon marché fabriqué à Tianjin, en Chine. Elle y trouve, pliée dans la notice, une missive manuscrite en chinois, titrée de trois caractères latins éloquents ("SOS"). Traduite et expertisée, la lettre révèle un stupéfiant contenu : "Chers amis, savez-vous que derrière votre vie tranquille il y a des prisonniers chinois qui travaillent dans les prisons de Tianjin douze à quinze heures par jour sans manger ?" Incarcéré, peut-être pour raisons politiques, un détenu réduit en esclavage, parmi des millions d'autres, a écrit cet appel au péril de sa vie pour l'adresser au reste du monde, petite bouteille dans l'océan des milliards de produits parapharmaceutiques, textiles ou alimentaires made in China vendus à bas prix sur le marché européen. Depuis que les États-Unis, en pleine guerre économique avec Pékin, ont adopté en 2021 une législation contre l’importation de produits issus du travail forcé provenant de la province ouïghoure du Xinjiang, l’Union européenne est devenue le premier partenaire commercial de la Chine. Ce message est le point de départ de cette exigeante investigation internationale dévoilant la réalité du système carcéral chinois : un vaste réseau de "prisons-entreprises" s’appuyant sur une justice aux ordres, qui fournit à la "manufacture du monde" une main-d’œuvre gratuite dépourvue de tout droit. En Europe, aux États-Unis, en Chine même, l’enquête révèle ainsi la face cachée de la superpuissance asiatique et l’envers de notre consumérisme
"Les gens sont riches, le pays est fort, la Chine est belle", proclame un panneau dans une rue de Tianjin, gros port maritime à 130 kilomètres de Pékin. Tout au long d’un film qui démonte implacablement les vérités officielles, y compris la foi aveugle des dirigeants occidentaux dans les vertus du commerce mondialisé, Laëtitia Moreau s'adresse à l'inconnu dont la lettre va l’accompagner jusqu’au Parlement européen. Fin mai 2023, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place publique) y a brandi le message devant ses pairs pour les convaincre, avec succès, d’imposer aux entreprises un "devoir de vigilance" envers leurs fournisseurs, afin de ne pas mettre sur le marché de l'UE des produits fabriqués en violation des droits humains. Entre-temps, la réalisatrice aura rencontré d’éloquents témoins, anciens détenus victimes du travail forcé dans les prisons chinoises, dont le Roumain Marius Balo, le Britannique Peter W. Humphrey, puis, à New York
Daech - Les Enfants fantômes (2023)
1 h 13 min. Sortie : 2 avril 2023 (France). Société
Documentaire TV de Hélène Lam Trong
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Jamais les fils et filles de criminels n'avaient été punis au même titre que leurs parents : les enfants des djihadistes de Daech sont un cas d'école. Depuis 2019, environ 500 enfants français ont grandi dans des prisons à ciel ouvert, au mépris total de toutes les lois de protection de l'enfance. Ces cinq années écoulées ont été marquées par des revirements et par le déni des autorités françaises et, pour les familles qui se battent pour le rapatriement des enfants, par d'immenses espoirs et de violentes déceptions. Au printemps 2023, plus d'une centaine d'enfants survivent encore dans le dénuement et la violence des camps d'incarcération syriens.
Adeptes, de l'emprise à la déprise (2023)
52 min. Sortie : 21 juin 2023 (France). Société
Documentaire de Karine Dusfour
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
En matière de dérives sectaires, comment sort-on de l’emprise ? Entre vertigineuse solitude et renaissance, les bouleversants récits croisés de victimes qui témoignent de la descente aux enfers et de la lutte pour s’arracher à la sujétion.
Nicolas est né au sein d’une famille de Témoins de Jéhovah. Retraçant son conditionnement, il raconte ses terreurs enfantines nourries par les mises en garde contre le "monstre Satan" et ses démons, sa différence moquée à l’école et sa descente aux enfers à l’adolescence, avant l’arrachement familial à 22 ans puis la lente reconstruction. Abusée, comme Yohann, par les valeurs vaguement humanistes de l’Université de la nature et de l’écologie de la relation lors d’un stage au Maroc, Julie, elle, s’est laissé embarquer pendant six ans dans un funeste engrenage. Lequel l’a conduite jusqu’en prison, début de sa déprise. Pour David et François, tout a commencé par de banales séances de kung-fu au parc de La Villette, avant la dérive au sein des Guerriers de lumière une décennie durant. Tous racontent, émotion encore à fleur de peau, les étapes de l’emprise et les mécanismes de la manipulation, qui les ont plongés au cœur noir de ces mondes parallèles. Comment, dès lors, ces victimes ont-elles réussi à s’échapper pour se réapproprier leur vie ? "Sortir de l’emprise, c’est accepter de faire table rase, de tout détruire…" Main tendue de l’entourage, dessillement du regard et rupture parfois appuyée par de salvatrices procédures judiciaires : se défaire de la sujétion psychologique relève d'un long et douloureux processus. "La déprise, insiste David, c’est ultraviolent. Tu es seul."
Mitard, l'angle mort (2023)
52 min. Sortie : 5 juillet 2023. Société
Documentaire TV de Vincent Marcel et Laurence Delleur
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Le 27 mai 2019, peu de temps après son placement au quartier disciplinaire, Amara Fofana mourait à la prison de Réau, officiellement par pendaison. Comme son codétenu, son frère Mahamadou n'a jamais cru à la version du suicide et se bat depuis pour connaître la vérité : "Amara n'était pas suicidaire." Les dernières images de vidéosurveillance le montrent marchant dans les couloirs, guitare à la main, avant l'intervention des surveillants. Mais sur ces bandes, remises aux enquêteurs par l'administration pénitentiaire, il manque vingt-quatre minutes : un élément troublant sur lequel s'appuie aujourd'hui Mahamadou pour relancer l'affaire. "Le mitard a tué notre fils !", dénonce, de son côté, la mère de Sacha, 18 ans, qui s'est pendu au quartier disciplinaire de la maison d'arrêt de Saint-Brieuc, après une première tentative de suicide. Le jeune homme avait volé 2 000 euros dans la grande surface où il travaillait. Bâillonné, menotté et molesté par plusieurs agents pénitentiaires, Sambaly Diabate, lui, est mort par asphyxie en 2016 à la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré. Jugés pour homicide et non-assistance à personne en danger, les surveillants poursuivis ont été relaxés ou condamnés à des peines d'un à deux ans de prison avec sursis. "Ils ont tué mon frère comme un chien et ils se la coulent douce, tranquilles !", hurle Oumou, à la sortie du tribunal, s'insurgeant contre l'inhumanité du régime pénitentiaire. Le placement au quartier disciplinaire (QD), ou mitard, constitue la punition en cas de non-respect des règles de la détention. Les plus fragiles n'y survivent pas. Alors que le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) estime qu'une telle sanction ne devrait pas excéder quatorze jours, en France, elle peut se prolonger jusqu'à trente.
Avec, en fil rouge, le combat de Mahamadou en la mémoire de son frère, ce saisissant documentaire croise les récits des familles endeuillées et les témoignages d'anciens détenus, mais aussi d'un directeur de prison et d'agents pénitentiaires. Ceux qui ont connu les quartiers disciplinaires racontent l'isolement, les conditions dégradantes, la rage et la douleur qui peut conduire à la folie. Mohamed évoque ce "sentiment de ne plus exister aux yeux de personne". À l'abri des regards, dans l'angle mort des caméras, les détenus confinés dans leurs cellules se retrouvent à la merci de surveillants parfois violents. Levant le voile sur l'un des lieux les plu
Black Far West - Une contre-histoire de l'Ouest (2022)
1 h 36 min. Sortie : 15 octobre 2022. Société, Historique
Documentaire de Cécile Denjean
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Abus subis par les afro-américains et les indiens.
Body Parts (2022)
1 h 30 min. Sortie : 3 février 2023 (États-Unis). Cinéma
Documentaire de Kristy Guevara-Flanagan
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
À l’heure où l’on réclame et où on a besoin de plus de femmes pour raconter avec justesse le corps féminin à l’écran, Kristy Guevara-Flanagan vient faire le point avec son documentaire Body Parts. Aidée d’un joli panel d’intervenant·es diversifié·es, la réalisatrice soulève d’importantes questions pour pousser la réflexion quant à la manière qu’a l’art cinématographique de s’approprier un sujet après un siècle d’éducation par le regard masculin.
Mafioso - Au coeur des ténèbres (2022)
52 min. Sortie : 11 mars 2022. Société
Documentaire de Mosco Lévi Boucault
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Nous étions vraiment des bouchers. J’ai la chair de poule quand j’y repense", confesse un homme à contre-jour, le visage dissimulé pour protéger sa nouvelle identité. Comme G. Brusca et G. Marchese, deux autres tueurs de Cosa Nostra, PF Anzelmo a trahi l’organisation : arrêté dans les années 1990, condamné à la perpétuité, il a choisi de collaborer avec la justice afin d’obtenir une réduction de peine. Introduit dans Cosa Nostra par ses oncles ("Je voyais qu’ils étaient respectés, que les portes s’ouvraient partout où ils allaient"), malgré les efforts de sa mère pour le soustraire à leur emprise, Anzelmo a connu une trajectoire similaire à celle de ses anciens complices, issus de lignées de mafieux : un premier homicide suivi d’une cérémonie d’intronisation, puis une vie "sans luxe et sans chichis", partagée entre un travail licite de façade et le quotidien impitoyable de l’organisation, qui "passe avant la famille de sang". Sur ordre de Totò Riina ("Dieu sur Terre à Palerme"), les trois "hommes d’honneur" ont commis (ou commandité) les pires exactions, éliminant tous ceux qui se dressaient devant eux, représentants de l’État, incorruptibles ou mafieux tombés en disgrâce (dont deux des oncles d’Anzelmo, qu’il a tués lui-même). Impliqué dans l’attentat contre le juge Falcone et l’assassinat, par strangulation, du petit Giuseppe Di Matteo, le fils d’un repenti, dont le corps a été dissous dans l’acide, G. Brusca s’interroge encore : "J’ai fait tout ce pandémonium pour qui ? Pourquoi ? Aujourd’hui, je n’en sais rien."
Après les avoir rencontrés pour Corleone, le parrain des parrains, qui retraçait le règne et la chute de Totò Riina, Mosco Levi Boucault s’intéresse aux parcours de trois "repentis" pour tenter de saisir la réalité ordinaire, démythifiée, d’une vie de mafieux. Du rite d’initiation au reniement de leur serment en passant par la litanie de crimes dont ils se sont rendus coupables – et délestés dans les confessionnaux des églises –, PF Anzelmo, G. Brusca et Giuseppe Marchese témoignent à la fois sobrement et sans filtre de leur quotidien au sein de l’organisation, dont ils détaillent les rouages. Leurs horribles récits – entre lesquels s’intercalent des vues nocturnes de Palerme et des images d’archives de cadavres dont ils ont jonché la ville – dégagent pourtant une troublante humanité, ces hommes apparaissant autant comme des bourreaux sanguinaires que comme des victimes embrigadées dans une redoutable organisation criminelle.
Mon pays imaginaire (2022)
Mi pais imaginario
1 h 23 min. Sortie : 26 octobre 2022. Société
Documentaire de Patricio Guzmán
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
En octobre 2019, les Chiliens et Chiliennes sont descendus dans la rue pour réclamer une société plus juste. A des revendications légitimes, les autorités ont répondu par une répression violente : violences policières, arrestations arbitraires, mauvais traitement voire actes de torture.
Plusieurs personnes témoignent de la violence de la répression policière, qui visaient aussi les photographes ou les secouristes portant secours aux blessés. Plusieurs personnes ont été mutilées, ont par exemple perdu un œil. Malgré cette répression, les manifestations se poursuivent, Les manifestants obtiennent finalement une révision de la Constitution. Patricio Guzmán interviewe des membres de l'assemblée constituante.
À nos corps excisés (2022)
58 min. Sortie : 20 juin 2022. Drame, Société
Documentaire de Anne Richard
abscondita a mis 6/10.
Annotation :
Née en France de parents sénégalais, Halimata a été excisée à l'âge de 5 ans. Son histoire est celle de beaucoup d'autres femmes, qui cherchent à se forger une identité, entre éducation traditionnelle et soif d'émancipation. À la première personne, le récit d'un traumatisme et d'une reconstruction.
Halimata Fofana, 38 ans, est une femme libre, énergique, au regard assuré. Elle travaille comme éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse d’Evry, où elle prépare la comparution de mineurs devant la justice. En 2015, elle a publié aux éditions Karthala Mariama, l’écorchée vive, un roman dans lequel elle brise le tabou de l’excision, dont elle a été victime à 5 ans lors d’un voyage familial au Sénégal. Si ce livre lui a permis de franchir un cap dans l’appréhension de ce traumatisme, elle ressent toujours le besoin d’en parler, notamment avec ses parents qui lui opposent le silence depuis les faits.
Si l’excision est aujourd’hui sévèrement punie et globalement en recul au Sénégal, le pays d’origine de la famille de Halimata, sa pratique est loin d’avoir disparu. À travers des conversations enregistrées, la jeune femme tente d’arracher à sa mère des mots sur ce qui s’est passé au prix d’une terrible violence à son encontre : cette tradition qui lui a causé un sentiment indélébile de dépossession. Après avoir rompu le silence avec un livre, c’est à travers le dialogue qu’elle cherche désormais à se reconstruire. De la région parisienne au Québec, où elle a vécu quelques années, en passant par le Sénégal, où elle n’était pas retournée depuis longtemps, Halimata débat avec ses proches, frère, cousines et amis. "J’avance entre deux mondes au prix d’une solitude que j’ai apprivoisée", résume cette battante qui, derrière ses dehors de femme forte et indépendante, cherche encore douloureusement réparation. Au-delà du scandale de l’excision qu’elle dénonce, son combat touche à la question de l’éducation, à laquelle elle est chaque jour confrontée dans le cadre du tribunal où elle travaille.

































