Et quelquefois j'ai comme l'envie de voir des pièces de théâtre

Ou une simple liste des quelques pièces vues depuis une bonne décennie. Ma mémoire me jouant de temps à autre des tours, les annotations ne sont pas toujours précises et étayées mais je vais faire de mon mieux pour restituer mes impressions le plus fidèlement possible.

A venir : "La ...

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15 livres

créee il y a 6 mois

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modifiée il y a 4 mois

Les Trois Sœurs
7.6

Les Trois Sœurs (1901)

(traduction André Markowicz et Françoise Morvan)

Sortie : 2002 (France). Théâtre

livre de Anton Tchékhov

Résumé : Recluses dans leur maison familiale, Olga, Macha et Irina n'ont qu'un rêve : retourner à Moscou. La présence d'une batterie et de ses officiers dans leur petite ville de province change, pour un temps, le cours de leur vie : Macha, victime d'un mariage précoce, s'amourache du commandant, Olga trouve un regain d'énergie et Irina se fiance à un lieutenant. Mais bientôt, avec le départ des troupes et la mort en duel du fiancé d'Irina, la solitude revient, d'autant plus pesante qu'elle est dépouillée d'illusions. Et, de surcroît, la maison a été hypothéquée, à l'insu des trois sœurs. Le drame de Tchekhov apparaît comme l'emblème d'une Russie au bord du gouffre dans une fin de siècle en proie à une immense détresse.

Annotation :

A la Comédie Française

Les Bonnes
7.2

Les Bonnes (1947)

Sortie : 1947 (France). Théâtre

livre de Jean Genet

Résumé : Genet nous avertit. Il ne faut pas prendre cette tragédie à la lettre : «C'est un conte, c'est-à-dire une forme de récit allégorique.»

Annotation :

Au théâtre Athénée Louis Jouvet

Fin de partie
7.6

Fin de partie (1957)

Sortie : 1957 (France). Théâtre

livre de Samuel Beckett

Résumé : Hamm, aveugle et paralysé, est tyrannique. Il se délecte des souffrances qu'il inflige à ceux qui l'entourent, et surtout à Clov, qu'il a recueilli.

Annotation :

Au théâtre de la Madeleine

Victor ou les Enfants au pouvoir
7.3

Victor ou les Enfants au pouvoir

Sortie : 1928 (France). Théâtre

livre de Roger Vitrac

Résumé : Une pièce de théatre avec une pétomane... et des enfants pas si innoncents !

Annotation :

Au théâtre de la Ville

Le roi se meurt
7.5

Le roi se meurt (1962)

Sortie : 1962 (France). Théâtre

livre de Eugène Ionesco

Résumé : Comique ou tragique, pathétique ou grotesque ? Le Roi d'Ionesco se voit confronté à la mort. Son univers s'écroule, notre univers s'écroule. Retrouvez ce personnage désormais classique, qui incarne l'angoisse de l'homme, son humour aussi, et qui a fait pleurer, rire et pleurer de rire des salles entières de spectateurs.

Annotation :

A la Comédie des Champs-Elysées

Premier amour
7.5

Premier amour (1945)

Sortie : 1945 (France). Récit

livre de Samuel Beckett

Résumé : "C'est le faitout", fit-elle.

Annotation :

Au théâtre de l'Atelier

2666
8.2

2666 (2004)

Sortie : 2008 (France). Roman

livre de Roberto Bolaño

venusinfinitesimale a mis 8/10.

Résumé : 2666 se divise en cinq parties d'inégales longueurs : La partie des critiques, La partie d'Amalfitano, La partie de Fate, La partie des crimes et La partie d'Archimboldi. Bien que chaque partie puisse être lue séparément, le roman a été conçu comme un tout dont l'unité n'apparaît qu'à la lecture de l'ensemble. De l'une à l'autre, les thèmes sont repris, entrelacés, rendus méconnaissables ; les questions laissées en suspens dans une partie trouvent parfois – mais pas toujours – des réponses dans une suivante. Le sens des questions n'apparaît que lorsque une réponse est donnée, et le sens de ces réponses n'est saisi que lorsque la question est posée. Car, si la succession des parties n'est pas arbitraire, si la lecture linéaire est possible, 2666 peut aussi se lire comme un ensemble de récits, en partie simultanés, d'une sorte de Divine Comédie dont les cercles - plutôt infernaux que paradisiaques - seraient inextricablement mêlés.

Annotation :

Au théâtre de l'Atelier

À la recherche du temps perdu
8.4

À la recherche du temps perdu (1927)

Sortie : 1927 (France). Roman

livre de Marcel Proust

Résumé : À l’instant où il mit en bouche la madeleine, le narrateur fut pris d’une étrange sensation : les souvenirs de son enfance ressuscitèrent.

Annotation :

Au théâtre de la Contrescarpe

Franz Kafka
7.2

Franz Kafka (1937)

Sortie : mai 1991 (France).

livre de Max Brod

Résumé : Aucun écrivain n'a eu une influence aussi décisive sur l'évolution du roman moderne que Franz Kafka. Il avait peu publié de son vivant et, lorsqu'il mourut en 1924, il demanda à son ami et exécuteur testamentaire, Max Brod, de détruire tous ses manuscrits inachevés. Max Brod, après de longues hésitations, décida de passer outre, et nous devons à cette décision Le Procès, Le Château et tant d'autres chefs-d'œuvre. Cette biographie, l'œuvre d'un ami, reste le seul témoignage complet sur la vie de Kafka.

Annotation :

Au théâtre du Lucernaire

Les Élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce
7.2

Les Élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce (2021)

Sortie : 4 février 2021. Théâtre

livre de Édouard Baer

venusinfinitesimale a mis 8/10.

Résumé : Dans un théâtre, soudain un homme surgit, l'air en fuite. Qui est à ses trousses ? Y a-t-il vraiment une menace ? Il pourrait faire marche arrière, retourner à sa vie. Il est encore temps. Juste une excuse à trouver : un moment de panique, une erreur d'aiguillage, une rencontre imprévue. Ou au contraire larguer les amarres, pour toujours. Au cours de ce moment suspendu où tout peut basculer, il se prend à imaginer d'autres vies. De grands destins. L'appel du large. Il invoque ses maîtres et se rêve André Malraux, Charles Bukowski, Thomas Bernhard, Romain Gary... Qu'auraient-ils fait à sa place ? Et lui, s'il osait être lui, que ferait-il ?

Annotation :

Au théâtre Antoine


Edouard Baer sait à l'occasion pour doper l'audimat faire le pitre et se ridiculiser (gentiment) mais il est aussi capable de débiter des propos qui sont loin d'être superficiels, creux et recèlent même une certaine profondeur.
Avec cette pièce, E. Baer met en pratique ces deux inclinations et nous offre un quasi-monologue (entrecoupé par des dialogues avec un tenancier de café) sur sa passion dévorante pour la littérature. Sans que cet hommage à des écrivains mythiques (Romain Gary, Charles Bukowski et Thomas Bernhard sont de la partie) soit lourd ou prétentieux grâce à son humour qui fait mouche et le recul qu'il a sur les textes qu'il lit.
On a même le droit à des imitations (bonnes) des deux inséparables Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort.
Les absents reprennent vie le temps d'un spectacle où le rire côtoie l'émotion la plus pure.
Et j'ai été surprise par l'arrivée en catimini de Baer par l'entrée du théâtre, (faussement) confus et gêné de nous imposer sa présence

La Cerisaie
7.7

La Cerisaie (1904)

(traduction André Markowicz et Françoise Morvan)

Višnëvyj sad

Sortie : septembre 2002 (France). Théâtre

livre de Anton Tchékhov

Résumé : Après un exil à Paris, Lioubov retourne dans la maison familiale, une demeure ouverte sur une cerisaie. Ruinée, elle pense à vendre la propriété.

Annotation :

Au théâtre de l'Odéon

J'ai eu la drôle impression en voyant "La Cerisaie" que le rôle de l'aristocrate névrosée et fantasque qu'est Lioubov Andréïevna Ranevskaïa aurait pu être écrit spécialement pour Isabelle Huppert tellement elle semble incarner avec facilité, comme une évidence, ce personnage.
Aussi à l'aise dans les moments comiques (ses sauts de cabri sont irrésistibles) que ceux plus tragiques (les réminiscences du décès prématuré du fils absent mais pourtant personnage à part entière), elle est accompagnée d'une troupe de comédiens, pour la plupart jeunes, qui ne deméritent pas, loin de la.
Ainsi les rapports entre Ranevskaia et sa fille sonnent juste.
Toutefois si je n'ai rien à redire sur l'interprétation, la mise en scène m'a agacée assez souvent.
Cette intention du metteur en scène de "moderniser" à outrance ce classique en faisant jouer des guitaristes qui balancent des riffs assourdissants, à des moments pas toujours opportuns, sans doute pour accentuer la tension sous-jacente, m'a semblée hors propos et anachronique.
Sans ces sonorités traînant en longueur, j'aurais été complètement emportée et conquise par cette adaptation.

Les rimbaldolâtres

Les rimbaldolâtres

Sortie : 27 mai 2015 (France).

livre de Jean-Michel Djian

Annotation :

Au théâtre Antoine

Un lit superposé et une table : un décor minimaliste pour cadre au monologue d'un Rimbaud qui aurait été un quinquagénaire interné car victime d'avoir déversé son fiel poétique et cynique et donc d'avoir perverti les foules. Rimbaud est toujours révolté contre la société mais aussi de façon plus surprenante contre la mythologie autour de son oeuvre.
Ainsi il fustige les glossateurs ayant disséqué le moindre de ses vers et semble persuadé que la poésie est impuissante face aux horreurs engendrées par les guerres.
Verlaine, Breton, Ferré, Jarry sont de la partie, évoqués par un Rimbaud à la fois tendre mais aussi féroce à leur égard.
Jean-Pierre Darroussin a beau ne pas correspondre à l'image de bellâtre aux yeux d'un bleu cristallin qu'on a du poète aux semelles de vent, il livre une prestation plus que correcte et on ne peut que le louer d'avoir pris le risque d'incarner un tel mythe (et au passage big up au survêtement porté nonchalamment par Darroussin)

Un cœur simple
6.8

Un cœur simple (1877)

Sortie : 1877 (France). Conte, Nouvelle

livre de Gustave Flaubert

venusinfinitesimale a mis 8/10.

Résumé : L'histoire d'Un Cœur Simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Cela n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste.

Annotation :

Théâtre de Poche Montparnasse

D' "Un coeur simple" je n'avais que le souvenir d'une lecture imposée pour un cours de français au collège qui m'avait fortement marquée et bouleversée. C'est peu dire que j'attendais beaucoup de cette adaptation théâtrale. Le pari est dans l'ensemble accompli même si je n'ai pas été totalement conquise par la pièce.

J'ai fortement apprécié que nous passons de la description de la vie malheureuse de Félicité à une narration dans laquelle Isabelle Andréani ne joue pas mais incarne totalement Félicité. Ainsi cette comédienne qui est à l'affiche avec cette pièce depuis 2018 parvient à incarner une femme durant tous les moments charnières de sa vie.
Et ce n'est pas chose facile.
J'ai été attendrie par sa relation avec les enfants de la maîtresse ainsi que bien évidemment celle avec le perroquet.
Une femme qui donne aux autres toute son affection mais qui en reçoit presque rien en échange.
Isabelle Andréani est donc une Félicité plus vraie que nature mais j'ai trouvé qu'elle avait par moment une tendance à surjouer.
Un peu plus de retenue, de sobriété aurait été bienvenue pour interpréter le rôle d'une héroïne qui est justement d'une simplicité confondante

Le faiseur de theatre
8.1

Le faiseur de theatre

Sortie : juin 1997 (France).

livre de Thomas Bernhard

venusinfinitesimale a mis 5/10.

Résumé : Dans Le faiseur de théâtre, Bruscon homme de scène, s'adonne à une logorrhée plaintive, accusant tout sur son passage.

Annotation :

Théâtre de poche

Avec "Le faiseur de théâtre" c'est tout un pan des thèmes - que dis-je des obsessions- de prédilection de Thomas Bernhard que l'on retrouve. Ainsi ce quasi-monologue est une critique acerbe dirigée contre les Autrichiens héritiers complices de la doctrine nationale-socialiste, la culture de masse et ses adeptes ainsi que l'art théâtral, par définition mensonger.

Bruscon, joue avec une grande ferveur et justesse par Hervé Briaux, est l'archétype du personnage détestable. Rien ne trouve grâce à ses yeux, ni ses enfants qui le déçoivent constamment, ni son métier de comédien qui ne serait que "l'art du mensonge joué par des menteurs".
Mais (et c'était sans doute le but recherché) Bruscon est si antipathique, dénué d'humanité, que je n'avais envie que d'une seule chose : assister à sa chute.
Pour qu'une pièce de théâtre m'emporte, j'estime qu'il est nécessaire que ses personnages m'émeuvent. Rien de tout ça ne s'est produit, à mon plus grand regret.
La conclusion de la pièce est assez facile, évidente. Dommage car le propos de Bernhard est percutant et toujours d'actualité.

Les Essais
7.6

Les Essais (1595)

Sortie : 1595 (France). Essai, Philosophie

livre de Michel de Montaigne

Résumé : Il fut gentilhomme, propriétaire terrien, voyageur, maire de Bordeaux, courtisan, négociateur au service de ses rois. Il fut aussi un lecteur éclairé, l'auteur d'un livre unique, et pendant plus de vingt ans, sur plus de mille pages, le bâtisseur de sa propre image, celle d'un homme retiré, jouissant d'un exil intérieur propice à l'exercice du jugement. C'est dans l'espace qui s'étend entre ces deux figures, l'homme à cheval et l'homme de papier, qu'il faut appréhender Les Essais. Montaigne est à l'Humanisme ce que le franc-tireur est aux troupes régulières : on ne le trouve jamais là où on l'attend, et c'est le gage de sa survie. C'est pourquoi, alors que tant d'ouvrages contemporains sont oubliés, Les Essais demeurent un livre vivant. Ce livre, on le publie ici d'après la seule version imprimée de l'ultime état du texte : l'édition posthume de 1595, aujourd'hui majoritairement considérée comme la plus proche du dessein de l'auteur.

Annotation :

Théâtre de Poche

Après avoir découvert Hervé Briaux incarnant un personnage misanthrope et ne pouvant s'empêcher de critiquer le monde qui l'entoure, je le retrouve interprétant des extraits d'un texte lumineux, où la foi dans les vertus de l'Homme côtoie ses pires bassesses et la mort.
A chaque flux de conscience de Montaigne que ce passeur de mots nous transmet, on est submergé par l'acuité, l'intelligence et surtout la modernité de ces propos.
De plus, je ne soupçonnais pas que "Les Essais" contenait des réflexions franchement drôles. Non pas "à mourir de rire", on ne se tape pas les cuisses mais l'ironie mordante du style de Montaigne fait son effet (je retiens tout particulièrement la comparaison faite de l'être humain avec son cousin le singe)
Seul bémol : H. Briaux a un phrasé (trop) rapide, donnant c'est vrai du rythme, mais on a à peine le temps d'intégrer, d'assimiler son texte.
Il ne me reste plus qu'à enfin lire ce grand classique et voir si toute sa profondeur visible dans cet aperçu, agit sur moi.