(re)Lus 2019

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84 livres

par -Valmont-

Classement par notes.

Photo : manuscrit original de Madame Bovary. BNF Gallica

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  • 1

    Iliade

    Ἰλιάς

    Récit et poésie.

    Livre de Homère

  • 2

    Flaubert (2013)

    Sortie : mai 2013. Biographie.

    Livre de Michel Winock

    Splendide, dense et riche biographie par Michel Winock, historien et spécialiste des mouvements intellectuels et politiques. Mises en relation constantes des écrits et de la pensée de Flaubert avec le chaudron politique et social de l’hyper-bouillant 19ème siècle, accompagnées de belles études des oeuvres (notamment une exégèse de l’Education sentimentale particulèrement intéressante) d’un maître tenaillé par une mélancolie qui jamais ne le lâchera.

    A déguster en fin gourmet, comme s’il s’agissait d’un met délicat, et non en goret pressé de déglutir. Pour ma part, dégusté en cinq mois, à raison d’un ou deux chapitres par semaine, pour retirer tous les sucs de ce Terroir.
  • 3

    Hypérion (1797)

    Hyperion oder Der Eremit in Griechenland

    Sortie : 1797. Roman et poésie.

    Livre de Friedrich Hölderlin

    De la manière d’habiter le monde et de l’union tragique des contraires.
    Un chef d’oeuvre hélas bien méconnu.
  • 4

    Les Provinciales (1656)

    Sortie : 1656.

    Livre de Blaise Pascal

    Ironique et incisive intervention de Pascal dans la querelle entre Jésuites et Jansénistes en faveur de ces derniers. Texte divin, si j’ose dire, d'un style brillant. De bonnes saillies.
  • 5

    L'Homme en Son Temps et en Son Lieu (2017)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Bernard Charbonneau

    Pas d'écologie possible pour l'Homme déraciné.

    Manifeste pour une écologie radicale, enracinée dans un temps et dans un lieu, anti marxiste et anthropocentrée assumée. Charbonneau avait anticipé l'écologie no border, autoritaire et déracinée, vouée à l'échec.

    «Nos univers concentrationnaires éliminent la liberté en entassant les individus ; une société libre tendrait à les disperser, afin de leur permettre de se réunir librement : la maison plutôt que l’immeuble, le bourg plutôt que la ville, seraient les formes normales du groupement»
  • 6

    Illusions perdues (1839)

    Sortie : 1839. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Patrimonial.
  • 7

    Les Deux Étendards (1951)

    Sortie : 1951. Roman.

    Livre de Lucien Rebatet

    Titanesque combat de l’homme catholique contre l’homme nietzschéen radical, par une femme interposée et sacrifiée, qui sera pour l’un ce qu’Héloïse fut pour Abélard, et pour l’autre ce qu’Eurydice fut pour Orphée. Rebatet a une verve extraordinaire et un scalpel de grand chirurgien qui font passer les 1300 pages comme du petit lait. « Les deux étendards » n’est pas ce nième roman à thèse qui fait bailler d’avance celui qui s’y plonge, loin de là, mais une authentique machine de guerre philosophique et esthétique.
  • 8

    Les Carnets du sous-sol (1864)

    Записки из подполья (Zapiski iz podpol'ia)

    Sortie : 1864. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    Un réquisitoire prémonitoire contre les délires de la Raison et du matérialisme, grandes causes d'un XXème siècle qui confiera le destin de l’homme à la Logique mortifère.
  • 9

    Le Rivage des Syrtes (1951)

    Sortie : 1951. Roman.

    Livre de Julien Gracq

    Littérature de l’apocalypse et de l’attente dont on devine qu’elle est l’image du monde avant qu’il ne se brise. A rapprocher sans doute de « Sur les falaises de marbre » de Jünger. (à creuser)

    Prose admirable que celle de Gracq, tendue jusqu’à l’exténuation, qui fait du lecteur un être magnifique. Prose aussi à la force et à la beauté évidentes, qui ne confond pas poésie réaliste et inutile bavardage, pour une grande foire aux ténèbres. Une prestidigitation du verbe et de la géographie.
  • 10

    La Vieille Fille (1837)

    Sortie : 1837. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Si dans « La duchesse de Langeais » Balzac s’en prend assez violemment à une aristocratie qui se met servilement à la remorque de la bourgeoisie contre un peu de pognon, dans « La vieille fille » il dresse un portrait sans concession (mais non sans beaucoup d’humour) de la bourgeoisie de province, républicaine et affairiste, portrait peut-être le plus fouillé et réussi de cette classe sociale dans toute la Comédie humaine. L’antirépublicanisme de Balzac transpire dans ces pages à l’acide sulfurique, et, tout en reconnaissant la « victoire de la bourgeoisie et du journalisme », il déplore que les fortunes bourgeoise soient bâties non « sur l’active rotation de l’argent » mais sur « un stérile entassement ».

    L’identité de la femme et sa place dans la société d’alors est largement débattue également. La « vieille fille » a le choix du mariage entre un aristocrate issu d’une tradition mal vieillie et dormante sur les débris du XVIIIème siècle et un républicain manipulateur et impuissant au sens propre du terme.

    Tout ce petit monde s’entredéchire dans des conflits personnels et politiques meurtriers, sous la plume extatique d’Honoré.
  • 11

    La Mélancolie de la résistance (1989)

    Az ellenállás melankóliája

    Sortie : 1989. Roman.

    Livre de Laszlo Krasznahorkai

    Roman fondamental de ce grand écrivain hongrois, peut-être pas assez connu en France. Grande et "magnifique" fresque de l'univers pandémoniaque dans lequel nous rampons, sans même bien le voir.
  • 12

    Le Hussard bleu (1950)

    Sortie : 1950. Roman.

    Livre de Roger Nimier

    Nimier, l’une des dernières plumes de la littérature française avant que l’édifice ne s’effondre complètement. Mode narratif en forme de monologues intérieurs, mais ne nécessitant pas de boite de Dafalgan pour l'ingérer (Nimier n’est pas Faulkner, il est un « classique »), monologues d’officiers et de cavaliers hussards pénétrant en Allemagne en 1945.

    Le coeur centrifuge du roman tourne autour de « Sanders », résistant puis milicien et finalement hussard.. Esprit romantique mais brutal, passionné par la vie mais totalement désabusé, Sanders rêve de mourir dans cette ultime campagne militaire. Saint-Anne aussi, «le Hussard bleu», un beau cavalier s’attirant toute forme d’amitiés, avec qui Sanders partage l’amour d’une femme. Sanders, l’ancien milicien, sera contraint d’admettre des valeurs simples telles l’amitié, la justice, que la violence et la guerre lui avaient fait méconnaître.

    Un style clair et lumineux, une plume..
  • 13

    La Peau et les os (1949)

    Sortie : 1949. Récit.

    Livre de Georges Hyvernaud

    L'expérience de la faim, de l'humiliation et de la peur donne aux choses leurs dimensions exactes que l’auteur tente d’exprimer en s’extrayant de l’hypocrisie littéraire, avec plus ou moins de succès tant l’objectif est difficile, il le reconnait lui-même : ce qui fait de « La peau et les os » une lecture importante, une tentative de retour au réel dont on ne sait trop si elle est réussie.
  • 14

    H.P. Lovecraft (1991)

    Sortie : 1991. Essai.

    Livre de Michel Houellebecq

    Oeuvre de jeunesse de MH (sa première véritable ? je l’ignore). Exégèse de la littérature lovecraftienne, remarquable de concision et de justesse. Remarquable aussi en ce qu’elle décille tous les thèmes développés bien plus tard par MH, puisés non directement dans la littérature de Lovecraft mais plus sûrement dans sa personnalité d’écrivain inadapté.
  • 15

    Martin Eden (1909)

    Sortie : 1909. Roman.

    Livre de Jack London

    Malthus, Darwin, Spencer et Nietzsche, les ingrédients d'une potion explosive et amère.
  • 16

    Sur les falaises de marbre (1939)

    Auf den Marmorklippen

    Sortie : 1939.

    Livre de Ernst Jünger

    Conte d’heroic fantasy avant l’heure (un des plus beaux), fable onirique, pamphlet anti-nazi pour certains, anti-communiste pour d’autres (*), ce roman est inclassable, ou plutôt il coche beaucoup de bonnes cases. La langue ciselée déroule une longue allégorie située dans un pays imaginaire où l'on jouit des bienfaits d’une riche nature et d'une vieille civilisation. Deux frères se sont retirés sur leur falaise pour mener des études botaniques, herborisant en paix et contemplant des mondes sublimes du haut des colonnes de marbre, jusqu'à la survenue de la barbarie. Faut-il résister ou faut-il fuir ?


    (*) Voir par exemple Michel Vanoosthuyse : https://agone.org/revueagone/agone34/enligne/14/index.html
  • 17

    L'Œuvre au noir (1968)

    Sortie : 1968. Roman.

    Livre de Marguerite Yourcenar

    Splendide littérature, splendide auteur. Avec une maitrise de la langue à nulle autre pareille, qui au-delà de l’histoire rend la lecture absolument jouissive, Yourcenar nous ballade dans l’Europe du XVIe siècle et ses guerres de religions, et dans la vie d’un alchimiste, médecin et philosophe ayant reçu une base scolastique qu’il va rejeter.

    « En un sens, tout est magie : magie la science des herbes et des métaux qui permettent au médecin d’influencer la maladie et le malade; magique la maladie elle-même, qui s’impose au corps comme une possession dont celui-ci parfois ne veut pas guérir; magique le pouvoir des sons aigus ou graves qui agitent l’âme ou au contraire l’apaisent; magique surtout la virulente puissance des mots presque toujours plus forts que les choses et qui explique à leur sujet les assertions du Sepher Yetsira, pour ne pas dire de l’Evangile selon saint Jean. Le prestige qui entoure les princes et se dégage des cérémonies d’église est magie, et magie les noirs échafauds et les tambours lugubres des exécutions qui fascinent et terrifient les badauds encore plus que les victimes. Magiques enfin l’amour, et la haine, qui impriment dans nos cerveaux l’image d’un être par lequel nous consentons à nous laisser hanter. »
  • 18

    Doubrovski (1841)

    Sortie : 1841. Roman.

    Livre de Alexandre Pouchkine

    J’admire la littérature limpide du « Frantsouz ». Doubrovski n’est pas dans l’exception. Nulle arrière-pensée, nul nihilisme ou coup tordu dans ce beau texte, encore moins de moraline : uniquement du plaisir d’écrire pour du plaisir de lire. Un tout harmonieux, qui fait que Pouchkine est grand.
  • 19

    Crépuscule des idoles (1888)

    Götzen-Dämmerung oder wie man mit dem Hammer philosophiert

    Sortie : 1888. Essai et philosophie.

    Livre de Friedrich Nietzsche

    ou comment on philosophe avec un marteau. Manière de synthèse de la philosophie de Nietzsche, on y retrouve l’essentiel de sa pensée plus longuement développée dans les ouvrages antérieurs.

    Pour paraphraser Houellebecq dans « En présence de Schopenhauer », la philosophie de Nietzsche est immorale et repoussante mais sa puissance intellectuelle m’en impose.
  • 20

    Sérotonine (2019)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Michel Houellebecq

    Que vous détestiez MH, que vous l’idolâtriez ou qu’il vous laisse indifférent, cette lecture ne devrait pas modifier vos positions d’un iota. On retrouve dans son nouveau plat tous les ingrédients qui font son succès – ou sa détestation - depuis ses débuts : l'anti-libéralisme viscéral, l'économie de marché et ses dégâts jusque dans le sexe, les ravages du temps, la social-démocratie molle source de toutes les solitudes.. Néanmoins certainement plus proche de ses premiers romans que de ses derniers, avec un style agréablement maturé, et drôle. Très intimiste.
  • 21

    Le Misanthrope (1666)

    Sortie : 1666. Théâtre.

    Livre de Molière

    Il est des moments particuliers de la vie où se replonger dans ce texte brillant apporte un éclairage nouveau.

    La pièce de Molière que j'estime le plus, relue régulièrement pour un plaisir sans cesse renouvelé.
  • 22

    Les Démons (1871)

    Бесы (Bésy)

    Sortie : 1871. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    Par-delà bien et mal, un génial capharnaüm dans lequel Dosto étale ses angoisses face à l’Homme nouveau, risque terminal pour la grande Russie. Un assassinat littéraire en règle des esprits du néant.
  • 23

    Le jeune homme vert (1975)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Michel Déon

    Une invraisemblable mélancolie me prit lorsque je lus ce roman. J’en ignore encore les raisons. Je trouverai.
  • 24

    La Duchesse de Langeais (1833)

    Sortie : 1833. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Une histoire de vengeance puis de regrets d’un amant éconduit comme prétexte pour Balzac à se livrer à une virulente et talentueuse diatribe contre la putréfaction d’une aristocratie indigne de son rang, donc coupable (selon l’auteur) de tous les maux dont la France souffre.
  • 25

    Mémoires intérieurs (2006)

    Sortie : juillet 2006. Essai et roman.

    Livre de François Mauriac

    Recueil de textes publiés dans le Figaro littéraire de 1955 à 1958.

    Balzac, Flaubert, Racine, Pascal, Montaigne, Rimbaud, Renan, Bernanos, Gide, Sartre, Shakespeare .. et beaucoup d’autres : Mauriac nous découvre son parcours d’homme de Lettres, ses doutes, ses convictions (finalement assez peu nombreuses) et ses inimitiés (tout autant peu nombreuses), mais aussi ses analyses et ses passions sur les mouvements organiques de la littérature. Une lecture apaisante qui sied bien aux parfums et lumières d’automne.
  • 26

    Histoires extraordinaires (1856)

    Sortie : 1856. Recueil de nouvelles.

    Livre de Edgar Allan Poe

    D’aucuns estiment que les Histoires extraordinaires de Poe sont désuètes, pourtant l’alchimie Poe+Baudelaire donne à ces textes une dimension littéraire exquise, tant par leur forme impeccable que par la douce érudition qui en émane. On y pénètre comme dans un salon dont un côté serait destiné à savourer les plus suaves whiskies, vautrés dans de profonds Chesterfiels, et dont l’autre serait un capharnaüm de tubes à essai, Béchers, pipettes, agitateurs magnétiques, cristallisoirs et autre chauffe-ballon. L’impression générale est celle d’une lecture langoureuse aux parfums de cuirs et de cèdres.

    "Il y a à parier, répliqua Dupin, en citant Chamfort, que toute idée publique, toute convention reçue est une sottise, car elle a convenu au plus grand nombre."
  • 27

    Contre Sainte-Beuve (1954)

    Sortie : 1954. Essai.

    Livre de Marcel Proust

    Baudelaire, Nerval, Flaubert, Balzac : Proust critique littéraire rejette la méthode beuvienne consistant à fondre l’écrivain-être-social et l’écrivain-être-créateur. Sa thèse est que le livre est le produit d’un autre moi que celui manifesté tous les jours par l’écrivain, au quotidien de ses habitudes, ses penchants naturels, ses perversions ou ses aimables qualités. Débat sans fin, toujours d’actualité.
  • 28

    Un roi sans divertissement (1947)

    Sortie : 1947. Roman.

    Livre de Jean Giono

    Roman complexe qui n’est pas sans laisser une forme de fascination tant la trame narrative est à la fois alambiquée et grave. Giono décrit un monde sans substance, bien qu’apparement anodin, qui mènera le personnage pivot au suicide, selon le fragment de Pascal qui inspira le titre : « Qu’on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l’esprit, sans compagnies, penser à lui tout à loisir, et l’on verra qu’un roi sans divertissement est un homme plein de misères. ».

    De l’ennui et de la fascination pour le Mal en guise de « divertissement ».
  • 29

    Le Feu follet (1931)

    Sortie : 1931. Roman.

    Livre de Pierre Drieu la Rochelle

    Du suicide.

    Un décadent certes moins flamboyant qu'un Des Esseintes, mais peut-être plus touchant.
  • 30

    La Chute (1956)

    Sortie : 1956. Roman.

    Livre de Albert Camus

    Camus existentialiste. Quoi que vous fassiez, rien ne pourra vous sauver de votre mauvaise conscience.