1984

Avis sur 1984

Avatar Cyril Dastugue
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La pièce était si sombre qu'elle semblait dénuée de murs. Une ampoule fixée au plafond diffusait une faible lueur jaunâtre, éclairant à peine la table sur laquelle Prinston fut installé.
Les pieds enchaînés sur des arceaux ancrés dans le béton, les mains immobilisées sur une table d'acier, il fixait avec terreur le livre posé devant ses yeux. 1984 de Georges Orwell.

Un visage perça les ténèbres et le fit sursauter. Un visage gros et gras, équipé d'une large moustache. Big Brother en personne.
Ses yeux furieux fusillaient ceux de Prinston.
- Comment avez-vous osé commettre un tel crime !? hurla le gros visage, la moustache tremblante.
-Je ne l'ai pas lu ! Je ne l'ai pas lu ! Je l'ai juste trouvé et ramené chez moi, oui c'est ça juste trouvé. J'allais le mettre au feu…

Prinston s'égosilla de douleur. Big Brother venait de lui enfoncer un poignard de chasse dans la main droite avec un telle force que la lame traversa la table d'acier
-MENTEUR ! Je vous ai vu, vous l'avez adoré, si vous aviez pu l'emmener avec vous dans vos rêves, vous l'auriez fait.
Je vous ai vu, tourner ses pages délicatement, les yeux concentrés, vous l'avez chéri.
Vous êtes un traître, un paria, vous avez commis l'irréparable.
Je veux savoir pourquoi !!! Si vous me le dite, je vous tuerai plus vite, parole de Big Brother.

L'esprit embrumé par la douleur et la peur, Prinston n'avait plus de défenses, Big Brother l'avait infiltré, il l'avait vu, démasqué, c'était terminé. Son chat était probablement déjà mort et son logement parti en fumée.
« Si je parle, je meurs, si je parle, je meurs, si je parle, je meurs » se répétait ‘il en boucle. »

Deuxième hurlement, cette fois ci c'était la main gauche.
- Faut-il que je vous arrache la langue et vous donne un stylo Prinston ?
Ses mains baignaient dans une mare rouge, la sueur au front, la salive coulant au coin de sa bouche, Prinston, comme possédé esquissa un sourire glaçant.
La voix faible, la voix de celui qui se savait déjà mort se mit à expliquer :
-Je vais vous dire, pauvre fou. Ce livre est l'oeuvre d'un génie plus grand que vous. Vous ne méritez pas son contenu, vous êtes incapable de le comprendre.
Mais je vais vous dire mieux encore, votre fin est proche. Entendez-vous les foules s'agiter au loin, entendez-vous leur colère. Quel que soit votre puissance, vous ne leur résisterez pas, que cela prenne dix ans ou un siècle, vous tomberez. La fureur du peuple vous vaincra.
1984 est notre bible. Nous sommes des millions à l'avoir lu, ils seront encore des millions à le lire, justice sera faite, tôt ou tard.
Le crane de Winston explosa.

Il se réveilla en suffoquant, comme quelqu'un resté trop longtemps sous l'eau, 1984 posé son sur torse.
Quel livre percutant ! se dit Winston, joyeux d'être vivant. Je l'offrirai à mes enfants, à mes neveux, le conseillerai dés que l'occasion se présentera.

N'hésitez pas à jeter un oeil sur mon site : www.cyrildastugue.com

Merci de m'avoir lu.
Cyril

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