Avis sur

1984 par Jeolen

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Voici une énième critique qui se perdra dans le flot des autres. Je ne vois pas l'intérêt de proposer une critique identique à toutes les autres, aussi vais-je me focaliser sur ce qui pourrait diverger. (Et soyons clairs, cette critique sera quand même identique à toutes les autres. Bah.)

1984 dépeint, comme chacun sait (statut de classique oblige), une société totalitaire où les moindres faits et gestes de tout un chacun sont potentiellement observés. Le plus grand legs d'Orwell sera ce Big Brother que l'on nous ressert aujourd'hui à tout va. M'est avis que notre Big Brother contemporain est bien plus insidieux que l'original, écrasant au su de tous.

Et si j'ai beaucoup apprécié 1984, son monde, ses idées (quand je dis "aimer ses idées", on se comprend, hein - seulement la torture), je dois tout de même placer un bémol sur la crédibilité du Parti. J'ai beau faire, je ne parviens pas à croire à une société mue par la haine à tous les étages. Haïr l'ennemi est un moteur indiscutable ; haïr ses pairs sans distinction me paraît plus compromis (au moins sur le long terme). Et je ne crois pas que ce doute soit dû à une trop grande foi dans l'humanité (si au moins j'avais cette foi). Quant au "doublethink" (vous m'excuserez, je l'ai lu en anglais et ne connais pas le vocabulaire en français), c'est un concept jouissif mais qui me semble aussi atteindre certaines limites quand on veut l'étendre à l'entièreté de l'humanité. Mais soit, outre ceci, le Parti tient plutôt bien sur ses pieds, Orwell n'a pas vraiment à le tenir par la main pour le faire marcher.

Quant à l'écriture, j'ai oscillé entre des phases d'immersion absolue (à la charmante vitesse de croisière de 14 pages/h, je suis vraiment lent en langue étrangère) et des phases d'œillades régulières pour vérifier quand arrivait le chapitre suivant. Particulièrement quand on s'attarde sur la "théorie" du régime. Ces passages, heureusement rares, sont lourds et un peu chiants, sachant qu'on n'y apprend au final pas grand-chose. Sans compter - sans spoiler - qu'on ne partage pas l'enthousiasme de Winston. (Bon, je sors d'une période d'examens, ceci explique peut-être aussi que les passages plus théoriques me gonflent vite. Mais quand même, ça servait objectivement pas à grand-chose, ces 20-30 pages.)

Mais allez, l'immersion absolue aura quand même vaincu, surtout sur la 3e partie du roman, et après avoir hésité entre 7 (ouuuh l'hérétique) et 8, j'aurai opté pour le second.

Et je reste persuadé que le Parti finira par tomber, doubleplusungood comme il est, il ne peut pas tenir éternellement. Non, non, non. DOWN WITH BIG BROTHER. DOWN WITH BIG BROTHER.

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