Inculte Kit Kat

Avis sur 1Q84 : Livre 1

Avatar Pizza
Critique publiée par le

Ce n'est pas vraiment le genre de livre qui m'attire d'ordinaire, mais puisqu'il s'agissait d'un cadeau je me suis bien senti obligé de lui laisser sa chance. Ce fût une grosse déception (surtout de la part d'un auteur apparemment acclamé un peu partout) et une lecture pénible. Je suppose que vous avez au moins lu le synopsis, je ne vais pas le refaire dans ma critique.

Le style est lourd, plat et enfantin, plein de descriptions inutiles et de longues conversations vides de sens. Sans doute que ça passe mieux en japonais et que la traduction n'est pas des plus heureuse, mais toujours est-il que je me suis ennuyé ferme à la lecture. Les trop nombreuses répétitions y sont aussi pour quelque chose (oui, Tengo, on a compris que la petite Fukaeri sous son pull elle te faisait bander), on a parfois l'impression que l'auteur prend ses lecteurs pour des demeurés qui ne sont pas capables de se rappeler ce qu'ils ont lus 10 pages plus tôt.
L'histoire évolue terriblement lentement et ce que Murakami met plus de 500 pages à raconter aurait sans aucun doute pu être condensé en deux fois moins.

Outre l'impression de lire un roman pour adolescents (j'en étais un il n'y a pas si longtemps, j'en ai encore des souvenirs), j'ai également souvent eu l'impression de lire un mauvais script d'anime. Peut-être que Murakami a été (mal) influencé par les animes et mangas japonais. Ce bouquin souffre d'une accumulation de clichés et d'archétypes propres à ces médias, et qui ont été ici très mal utilisés, puisque 1Q84 se veut résolument premier degré, contrairement aux médias qu'il semble copier.
Quelques exemples : le majordome de la vieille, très fort au combat, parfait sous tout atours (et gay, si ça n'est pas un appel du pied à un certain lectorat féminin japonais !). Vous me direz que le majordome balèze on voit ça ailleurs (Batman ou James Bond me viennent à l'esprit) mais il n'y pas que ça. Il y aussi la petite Fukaeri, exemple parfait de dandere mal foutue (vous pouvez chercher le terme sur urban dictionnary si vous ne connaissez pas), la vieille mystérieuse et richissime qui sirote délicatement son thé (ou son whisky peut-être, je ne sais plus) dans son jardin ensoleillé. Autrement dit deux archétypes de personnages féminins typiques des animes. Et le côté "hou hou mes personnages sont trop sombres et trop mystérieux". Puis sans doute quelques autres que j'ai oubliés.

Globalement 1Q84 m'est apparu comme un roman racoleur et qui n'a rien à raconter, dans lequel on a fourré plein d'éléments "cools" pour appâter le chaland, et ou l'auteur a sans doute passé plus de temps à faire gonfler le nombre de pages qu'à inventer une histoire et des personnages intéressants.

Pour finir il est assez cocasse que l'un des personnages principaux (Tengo) ait pour occupation de réécrire "La chrysalide de l'air", un livre soit-disant mal écrit pour le rendre plus digeste et son style plus élégant. Peut-être peut-on y voir une mise en abyme puisque 1Q84 aurait lui aussi bien besoin d'une réécriture (mais ça ne suffirait sans doute pas à le rendre intéressant).

Je n'ai aucune intention de lire la suite, même si le tome 2 attend sur mon étagère (offert en même temps que le premier).

PS : le titre est un jeu de mot en Japonais, "Q" se prononçant presque comme "9" (kyū , prononcez "kyou"). Mais à part ça si quelqu'un a lu la suite et a trouvé un quelconque rapport entre 1Q84 et 1984 d'Orwell je veux bien qu'il m'explique.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1589 fois
12 apprécient · 3 n'apprécient pas

Pizza a ajouté ce livre à 1 liste 1Q84 : Livre 1

  • Livres
    Illustration Livres lus en 2013

    Livres lus en 2013

    Avec : 1Q84 : Livre 1, Agriculture biologique : espoir ou chimère ?, Les clés des champs, Fahrenheit 451,

Autres actions de Pizza 1Q84 : Livre 1