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Le voyage dans le temps pour éviter qu'un crime ne soit commis, et ainsi rendre le présent/futur meilleur, n'est pas une nouveauté dans la littérature. Néanmoins, Stephen King n'avait encore jamais abordé ce thème dans l'un de ses 70 romans. Pour ma part, je n'avais pas plongé dans l'univers de l'américain depuis la fin des années 90 et son livre "La Ligne verte". J'étais donc enthousiasmé à l'idée de m'immerger dans un thème et une époque qui m'ont toujours passionné. Aussi, bien évidemment, de retrouver ce conteur hors pair abandonné tout autant par flemme que par manque de sujets intéressants à mes yeux. Il est cependant indéniable qu'entre 1984 et 1998, Stephen King est l'auteur que j'ai le plus lu parce qu'il est sans commune mesure celui qui m'a offert mes plus grands bonheurs de lecture.

Il y a des chiffres et des dates dans ce que je viens d'écrire, et il en est terriblement question dans 22/11/63. Je ne m'étalerai pas sur le sujet, les détails, la minutie, l'incroyable narration qui manie habilement multiples univers comme si deux romans s'emboîtaient en un seul. Avant tout autre chose, il faut savoir que c'est une histoire d'amour, un épisode américain, un intelligent voyage compréhensible par tous mais surtout pas un livre sur ou contre la théorie du complot. Une des qualités premières est qu'encore une fois, grâce à ses représentations réussies des années 50 et 60, Stephen King prouve sa profonde affection pour cette période dans laquelle il grandit. Il n'a donc aucune difficulté à dépeindre les mauvaises odeurs dégagées par les usines, la lutte raciale, la pauvreté, toute la générosité et cette bonté voilées par la paranoïa et le racisme. Sa vision de Dallas est quant à elle particulièrement sinistre, qu'il compare d'ailleurs (clins d'œil à son roman "Ça" édité en 1986) à Derry, dans le Maine, sa ville fictive emblématique.

Ce nouveau roman se démarque de ce que je connais de l'œuvre du King parce que le méchant n'est pas immédiatement identifiable. Lee harvey Oswald n'est en effet qu'un mauvais, terne individu et avant tout un "outil" parmi d'autres. Il y a évidemment quelques tarés ici et là, c'est du Stephen King, mais il n'y a pas de Plymouth meurtrière, de virus, ni de parent, de sénateur ou de fan déséquilibrés en tête de gondole. L'ennemi est donc, peut-être, le plus implacable qu'il ait créé : l'histoire elle-même. L'histoire, comme Al l'explique à Jake dès le début, ne veut pas être changée et elle élève des obstacles terrifiants devant ceux qui voudraient essayer. Dès lors, un drame peut surgir sous n'importe quelle forme et c'est le plus passionnant dans 22/11/63.

En résumé, c'est la belle aventure d'un dénommé Jake qui passe une sorte de portail temporel pour devenir George Amberson dont le seul but est de sauver le président Kennedy et qui, dans l'attente de savoir si Lee Oswald a agit seul ou non, rencontre l'amour de sa vie. On ne trouvera pas de gore au fil des pages, ni de paranormal ou un monstre venu d'une autre planète. C'est le récit d'une époque et le quotidien d'hommes et de femmes, et si, sur ces presque 1000 pages d'une incroyable fluidité, il y a évidemment quelques coups de mou, il y a surtout de flamboyants moments. Alors, même si ce très bon livre n'est pas le meilleur du romancier, il ne fait toutefois aucun doute que c'est de très loin le plus ambitieux de sa carrière.

MichalBruce
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