Promesses de la couverture mensongères

Avis sur 22/11/63

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Ces promesses sont:

  • Nous faire comprendre ou redécouvrir quels sont les enjeux du mandat de Kennedy.
  • Revivre la journée fatidique de Dallas et en changer le cours.
  • Décrire l'uchronie qui en découle.

Or ces promesses sont survolées (et de très haut).

La couverture du livre, sur laquelle figure la une du Daily News datée du 23/11/63, aurait plutôt due être illustrée par une mosaïque d'images de l’Amérique du début des années 60 représentant:

  • Des jeunes dansant le Lindy Hop
  • Des voitures de l'époque, Shelby, Sunliner et autres Plymouth Fury
  • Et des hommes en tenu de travailleur portant des casquettes poulbot,
    clope à la main;

car c'est cela dont parle essentiellement le livre.

La version poche fait 1037 pages, et l'on arrive à la journée du 22/11/63 à la page 885 exactement.
Tout ce qui précède cette page 885 est sympa mais lassant au bout d'un moment, et tout ce qui vient après cette page est bâclé.

Ce livre, sous sa trame actuelle, fait 400 pages de trop. L'histoire d'amour, un peu nian nian certes, n'est pas si désagréable à suivre, mais ce n'est pas ce qui devrait être le centre de ce livre.

Quant aux parties traitant de l'espionnage de Lee Harvey Oswald, elles deviennent lassantes et surtout, ne débouchent sur rien, puisque le narrateur arrêtera Lee au tout dernier moment dans le bâtiment de la Texas School Book Depository.
M. King n'a pris ici aucun risque, son roman est basé sur la thèse du tireur unique de la commission Warren, c'est une version qui de nos jours fait sourire.

L'intrigue est souvent cousue de fil blanc, comme par hasard, un événement provoque une amnésie passagère au narrateur et l'empêche de neutraliser Lee avant la journée du 22/11.
Et nombre de choses mystérieuses, évoquées tout au long du roman et censées nous tenir en haleine, ne sont pas expliquées ou bien le sont de façon farfelue ou trop rapide.
Par exemple la présence des gardiens "des cordes temporelles": Qui sont-ils vraiment ? D'où viennent-ils ? Pourquoi les modifications du temps les font souffrir ? Pourquoi ils sont cantonnés à rester tout proches du terrier ?

Les conséquences de la survie de Kennedy dans le futur sont bizarres, et j'ai trouvé risible le peu d'inventivité dont a fait preuve Stephen King (ou son fils) pour cette partie.
Il y décrit un monde et une société américaine effondrés par les tremblements de terre et les guerres nucléaires et où Paul Mc Cartney devient aveugle (sic).

La description de ce 2011 alternatif prend en tout et pour tout 9 pages, on peut trouver cela un peu léger, pour le moins.

Stephen King n'a pris aucun risque, et ce livre n'est au final qu'un prétexte pour nous faire vivre cette époque fin des années 50 / début des années 60, King le fait très bien, on sent qu'il s'est documenté et qu'une part de lui est nostalgique de cette période.
Seulement ce n'est pas ce que j'attendais de ce livre et ce n'est pas ce que nous promet la couverture et la 4ème de couverture de ce pavé.

La note peut paraitre sévère mais je me suis ennuyé, je n'ai rien appris ou très peu de choses sur Kennedy et à mes yeux le coté SF n'a pas sauvé les meubles, j'ai trouvé sa représentation des harmoniques peu originale, et le coup des cordes temporelles qui s'entremêlent ne m'a pas subjugué.

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