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Quand parle Zarathoustra, que ce soit à la foule, aux bergers, aux animaux, aux cadavres ou à sont cœur, ce n'est pas pour lui mais pour les autres qu'il le fait. Même si il est nihiliste et semble aimer la solitude, il s'inflige le déclin et la dure lucidité pour amener son prochain à la vérité et aux meilleurs lendemains. Il rêve utopie alors même que ses pairs ce moquent de lui, et c'est dans les moqueries que celui-ci s'élève et paradoxalement, ne fait que s'enfoncer dans le déclin, ce même déclin qui semble être la solution. C'est ainsi que commence son histoire et avec elle ses idées.

Bon, j'aurai peut être du commencer par ça : Je ne détient pas la vérité absolue, je ne m'y connais que très peu en philosophie et je ne pense pas être à même de faire une bonne critique de cette œuvre qui à été tant mal comprise et sortit de son contexte au fil des siècles néanmoins, j'aimerai quand même donner mon avis sur le livre parce que je trouve celui-ci intéressant et je pense qu'il mérite qu'on en parle. Cette critique me fait d'ailleurs très peur car je suis effrayé par mon jeune âge et ma maturité naissante et, loin de moi l'idée de me dénigrer mais, je ne pense pas qu'il n'y aura aucune coquille ou maladresse dans ces lignes ainsi, si je me suis trompé ou que vous n'êtes pas d'accord avec moi, je vous invite à me le faire savoir en ouvrant le débat.
Bien, ceci étant dit commençons…

Zarathoustra est un livre philosophique de Nietzsche mais, si j'ai bien compris en réalité ce récit, qui est romancé à l'inverse de beaucoup d'autres œuvres philosophiques, n'est pas un texte dont on tire des doctrines, mais plutôt une expérience, celle du nihilisme, de la dissidence et de la remise en cause de toute morale, toute société. Le récit est ancré de poésie et de bons mots mais pas de mots savants, l'histoire reste accessible donc même si il est recommandé d'avoir lu d'autres œuvres de l'auteur avant. (Chose que je n'ai évidemment pas faite mais que voulez-vous, on ne se refait pas !)
L'œuvre est donc une histoire, celle de Zarathoustra, un homme parmi les hommes, partit en ermite pendant 10 ans et revenu en fataliste (d'une certaine manière) parmi ses contemporains pour leur montrer la voie vers le "Surhomme".

Nietzsche aborde dans son œuvre beaucoup de thème et de réflexion et loin de moi l'idée de toutes les décrire il y en à beaucoup trop cependant, le fil rouge de l'histoire reste le rapport que Zarathoustra entretient avec ses semblables, les questions qu'il se pose et son envie de faire de ses pairs des surhumains : mais d'ailleurs c'est quoi le surhumain ?
Le surhumain, si j'ai bien compris, c'est un idéal que d'après Zarathoustra tout humain devrait chercher à atteindre, c'est ce qui nous permettrait de dépasser notre condition et de ne faire qu'un avec nous même, on deviendrait ainsi un être parfait. Cet idéal semble dans l'œuvre impossible à atteindre néanmoins, c'est de notre devoir d'essayer de l'atteindre.
Nietzsche nous démontre donc ce surhomme par l'intermédiaire de son protagoniste qui est parvenu à en devenir un. Pour atteindre le surhumain il faut passer par de nombreuses étapes mais, la plus importante semble être : la "conscience d'être soi", l'idée de liberté, on doit s'émanciper du "tu dois" et assumer son "je veux", ainsi on passe de l'état de chameau qui subit les devoirs moraux et la société, à celui de lion qui ose dire "non" et s'affirmer pour enfin devenir enfant celui qui dit "oui", celui qui après avoir détruit les concepts et les valeurs anciennes en élabore de nouvelles et ainsi de suite. Ceci semblant être le schéma qui permettrai d'atteindre le surhomme et donc la vérité.

On à souvent reproché à Nietzsche d'être un nihiliste qui se contente de dire que tout vas mal et que tout le monde à tort, sans donner de solution en retour et je trouve ça incroyable, parce qu'il aurait suffit de lire le premier discours de Zarathoustra pour se rendre compte que si, il propose des solutions et tout au long du livre, il ne fait que ça d'ailleurs, et résumer la pensée de Nietzsche à "C'est un provocateur qui se contente de te dire que ce en quoi tu crois est faux et inutile." est une erreur. Il ne se contente pas de balancer des "Dieu est mort" et de te dire que tout ce qui touche au dieu et au céleste n'est qu'une invention des hommes qui souhaite "une autre existence et un autre bonheur" juste pour te faire chier, il donne des arguments pertinents, qui certes sont présentés comme des vérités absolue parce qu'on les entends d'un personnage qui est censé être le surhumain, mais qui en réalité ne sont que la pensée de Nietzsche.
Libre à toi ensuite d'être d'accord ou pas mais dans ce cas là, il faut des arguments parce que de l'autre coté il y en à. Nietzsche l'a précisé d'ailleurs, il ne voulait pas que l'on tire une doctrine précise de ce livre. En réalité l'œuvre est avant tout une ode à la réflexion et au dépassement de soi et de l'humanité sur plusieurs point, et il y à de magnifique moment et leçons de vie dans ce bouquin, qui loin d'être pessimistes sont plutôt remplies d'espoir, même si celui-ci doit ce trouver dans le déclin et le mépris. On peut ne pas être d'accord sur certains points du livre, néanmoins l'idée de rappeler aux hommes de se battre pour de meilleurs lendemains me semble très importante, notamment aujourd'hui, où la foule n'écoutant plus les minorités aux avis opposé finit par s'auto féliciter constamment sans jamais prendre de risque ou de recul et finit par redevenir chameau sans même se rendre compte car pour elle, elle est resté enfant or, il ne faut pas oublier dans ce processus décrit par Nietzsche, le Lion qui semble être l'étape la plus importante car sans cesse la plus oublié.
En effet, à force de rester obsédé par ses propres visions du monde on en oublie de douter et de faire la transition qui permet à l'homme de se renouveler or, ce renouvèlement semble depuis toujours le seul moyen de parvenir à la vérité, au surhumain.
Je pense que c'est ce qu'il faut principalement retenir de cet œuvre qui rappelle que se n'est pas l'Homme qui est fait pour les lois, mais bien les lois qui sont faites pour l'Homme. (Petite citation de la Bible, c'est cadeau.)

Mais évidemment, Ainsi parlait Zarathoustra ne se limite pas qu'a ça étant donné qu'une fois avoir exposé l'objectif, Nietzsche se démène pour atteindre le plus ce but en exposant le fruit de ses réflexions : Réflexions sur énormément de sujet comme l'Etat, l'amour, la chasteté, l'amitié ou bien la religion, ces réflexions seront le cœur du livre notamment de la premières partie intitulée "Les discours de Zarathoustra", la deuxième partie étant plus un approfondissement de certaines idées de la première partie. Quant à la troisième partie elle est bien plus poétique et romancée et, c'est à partir d'elle que le personnage de Zarathoustra prend toute son ampleur, celui-ci commence à douter de ses envies de solitude et parfois même de ce qu'il a pu dire dans le passé. Le début de cette partie parle de ce que ressent Zarathoustra, de ses craintes, ses doutes, sa mélancolie et de l'éternel retour, principe d'un renouvellement constant (Ce qui fut une fois possible ne pourrait plus être possible une seconde fois). L'éternel retour c'est le renouveau de ce que l'on prend pour acquis, celui-ci est, dans le livre, symbolisé par le Grand Midi, sorte de rendez vous prophétique que Zarathoustra ne fait qu'attendre tout le long du livre. Ce Grand Midi, véritable mystère de l'œuvre, est super grisant et donne envie de suivre le héros dans son périple, l'histoire devenant au fur et à mesure une véritable épopée avec toujours en fond des réflexions profondes, et atteignant son point culminant dans la quatrième partie, la plus sublime de toutes.
Personnellement une des meilleurs réflexion du livre est celle sur l'amour dans l'intitulé "Des compatissants". Dans le paragraphe Nietzsche critique la pitié dont on fait preuve lorsque l'on compatit, mais ce n'est pas ce qui m'a le plus marqué durant cette partie, pour moi c'est lorsque Nietzsche parle d'amitié et d'amour qu'il est le plus beau, ce qui peut paraitre paradoxal venant du bonhomme réputé pour son ton nihiliste, provocateur, parfois méchant qui en à dégouté plus d'un. Ainsi ce que je retiens de ce paragraphe c'est cette citation : "Et si un ami te fait une vilenie, alors dis : "Je te pardonne ce que tu m'as fait ; mais que tu te le sois fait à toi - comment pourrais-je le pardonner !" Ainsi parle le grand amour : il surmonte même le pardon et la compassion." C'est une des parties les plus belles du livre, qui sont assez nombreuse et marquante, grâce à l'écriture rommancée qui donne à l'histoire des allures de Mythe et ça on le ressent vraiment avec la fin de la première partie, qui est vraiment épique et touchante, ainsi que celle de la dernière partie concluant parfaitement cette Œuvre magistrale.

C'est pourquoi il faut ranger ce livre autre part que dans la catégorie "philosophie" en effet celle-ci est plus que ça, c'est une œuvre hybride entre poésie et philosophie et cette citation pour moi résume assez bien ce mélange : "On nous met presque dans notre berceau déjà des mots et des valeurs pesant : "bien" et "mal" - c'est ainsi que ce nomme ce don que l'on nous fait. En son nom on nous pardonne de vivre." (Ce n'est peut-être pas la plus représentative du mélange mais je l'aime beaucoup.)
Tout le long du livre on suit donc ce personnage charismatique, mystérieux et aussi bien prétentieux étant donné qu'on ne peut voir que le reflet de Nietzsche dans son personnage, qui est montré comme supérieur aux autres mais, c'est ça le surhumain, le devoir de Zarathoustra est d'éveiller ses contemporains avec le fruit de ses pensées pour qu'après eux puissent en retour, en grands amis rivaux, partir en guerre de raison avec lui, afin que de cette guerre ne sorte pas une quelconque paix, mais des vérités poussant elles aussi à encore et toujours faire la guerre pour atteindre finalement, le surhumain.
"Vous ne vous étiez pas encore cherchés : alors vous m'avez trouvé. C'est ce que font tous les croyants ; c'est pourquoi toute foi compte si peu. Maintenant je vous ordonne de me perdre et de vous trouver ; et ce n'est que quand vous m'aurez tous renié, que je veux revenir parmi vous.
En vérité, alors, mes frères, avec d'autres yeux, je chercherai ceux que j'ai perdus ; c'est d'un autre amour que je vous aimerai alors."

Ce genre de passage, le livre en à quelques uns et cela nous permet d'être plus impliqué dans la lecture, qui devient plus digeste, moins terre à terre et redondante. Ainsi parlait Zarathoustra se rapproche plus de Candide de voltaire, auteur qui à d'ailleurs influencé Nietzsche, que des Méditations métaphysiques de Descartes par exemple. Ce mélange entre poésie lyrique et philosophie donne des scènes touchantes et épiques que l'on ne saurait trouver autre part. Néanmoins je dois quand même reconnaitre que le bouquin souffre de certaines longueurs, principalement dans les deuxième et troisième parties, dans lesquelles de nombreuses réflexions déjà-vu dans les autres parties sont approfondies, sauf qu'elles le sont parfois trop, et la lassitude nous guette finalement, au fil de ces pages.
Mais, quoi que vous pensiez de la philosophie ou de Nietzsche, il faut essayer de lire ce livre c'est une expérience qu'il faut prendre le temps d'essayer, notamment pour son personnage principal, qui même si il n'est pas aussi parfait qu'il prétend l'être, suscite néanmoins une certaine fascination tant il à de prestance. d'autant plus, que le texte est facilement compréhensible sans avoir un lourd bagage philosophique et culturel.
Alors certes, le ton de l'œuvre est plutôt condescendant, prétentieux voir méprisant et très nihiliste, car porté par son personnage haut en couleur et qui par moment peut-être détestable mais, cet oeuvre est de celles qui changent les vies et, Ainsi Parlait Zarathoustra à changé la mienne, ou du moins, ce à quoi j'aspire, alors n'oubliez pas, ainsi parlait Zarathoustra...

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