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American Gods par Nanash

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Cela fait maintenant plus de deux ans que j'ai lu "Anansi Boys", je me souviens avoir été séduit par l'humour qui s'en dégage du ton et des personnages. Ce sont ces qualités que je cherchais en me lançant dans "American Gods".

Sortant de prison, Ombre dont on ne saura jamais le nom de baptême - il sera appelé tout à tour ex-taulard ou "Ombre", il faudra vous y faire - est recruté par le mystérieux "Voyageur". Recruté pour faire quoi ? C'est bien là tout le problème, le protéger -mais en a-t-il besoin ?-, défendre ses intérêt -potentiellement avec violence mais jamais gratuite-, l'accompagner - beaucoup. Si la mission semble nébuleuse et difficile à accepter pour le héros, les circonstances font qu'il accepte de lier son destin à son commanditaire. Au cour du roman, le lecteur comprend le thème de l'intrigue en même temps qu'Ombre.

Voyageur ne cherche pas de protection de la part de son nouvel employé, il s'est lancé dans une mission, recruter les anciens dieux pour la guerre à venir contre les nouveaux dieux. Car les dieux sont parmi nous et ils tirent leur puissance de la dévotion de leurs disciples. Le commanditaire sent poindre la disparition des anciens dieux au profit de la technologie, internet, média ou automobile. Au fil des péripéties, on croisera donc les panthéons nordique, britannique, égyptien qui évoluent dans le monde réel à des rôles bien loin de leur aura passée. Les égyptiens par exemple, possèdent une entreprise de pompes funèbres où notre héros passera quelques temps.

L'essentiel du roman s'articule donc autour des pérégrinations du duo afin de préparer leur armée en préparation de la confrontation à laquelle on s'attend à la fin. Neil Gaiman étoffe son récit d'une partie parallèle très réussie, c'est qu'en dehors de cet aspect guerrier, Ombre reprend son souffle en se planquant dans une petite ville où il lui semble trouver une paix, Lakeside petite bourgade qui semble 100% humaine. Là-bas, la lenteur de la vie autant du au froid qu'aux caractères des habitants, propose une alternative à la frénésie des déités belliqueuses et ce sont ces parties qui donnent un côté attachant au héros, ce soupçon d'humanité qu'aucun des autres personnages n'inspire.

C'est le principal reproche que je ferai au roman, si le principe de base est intéressant, on a du mal à vraiment se passionner pour l'histoire et pour sa conclusion, certains courts passages fonctionnent bien mais l'ensemble est fort décousu. De même je me souviens avoir beaucoup apprécié le côté « éthéré » et poétique d’Anansi Boys, je n’ai pas senti la même sensibilité dans l’écriture de ce roman. La majorité du roman, à part les passages à Lakeside, ont un côté cinéma hollywoodien un peu pénible.

Une bonne histoire, mais un roman principalement dispensable. 6/10

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