NO EXIT

Avis sur American Psycho

Avatar Thoreau
Critique publiée par le

Je ne suis pas Fan du style d'Ellis, ou plutôt de son absence de style, pour ce que je peux en juger via la traduction. Néanmoins American Psycho se démarque de ses deux premiers romans, B.E.E. travaille sur son style. Le fameux 'name dropping' est d'ailleurs la marque de fabrique stylistique du bouquin qu'on retrouve toutes les deux lignes ce qui finit d'ailleurs par devenir répétitif et tellement redondant. Par chance (ou génie ?) l'une des plus grosses thématiques du livre c'est la disparition de la personnalité au profit de la soumission absolue à la mode (et ceux, afin de ne pas être rejeté). Donc un prof de français dirait que le style est en fait une allitération de 500 pages qui évoque, par le 'name-dropping', comment chacun n'est qu'un duplicata, une répétition identique de son voisin.

Bref on peut donc plus ou moins affirmer que le livre comporte un travail de style. Le roman pose finalement un souci, il fait 500 pages répétitives durant lesquelles le lecteur est hanté par deux GROS problèmes:

  • Putain, ils font quoi les flics ?
    c'est vrai quoi le mec zigouille des dizaines de gens, fait n'importe quoi mais putain tout le monde s'en fout, finalement on est pas étonné, le monde semble déshumanisé, on devient Bateman, et forcé de fréquenter tout ces tarés qui sourient à chaque fois qu'on parle de trucider quelqu'un, on finit par se croire tout permis, après tout, on est riche. C'est vrai que c'est réussi, cet enfermement dans la sphère dégénérée des 'yuppies'. la narration à la première personne prend tout son sens.

Le problème c'est que le roman s'inscrit dans un cadre à 100% réel et présent, donc on finit par se douter que le mec imagine tout. donc franchement malgré les monologues internes lourd de critiques et qui font de formidables citations (après l'épisode de la course poursuite). ça s'éternise trop, on sait qu'il est fou. arrête de tourner autour du pot et finis ton livre !

  • Mais TOUT les personnages sont des déchets...
    Là c'est un dommage collatéral qui sur le coup s'avère problématique, mais une fois le livre finit, cela revêt un aspect anecdotique. bien que pour relire le bouquin, pour prendre du plaisir, etc; c'est raté. Bon je parle chinois, en clair, les yuppies ce sont des sous merdes de déchets humains, Bateman est une version à l'extrême, un outil pour permettre à BEE de dire ce qu'il a à dire. D'ailleurs c'est bien lui qui le dit en citant Dostoïevski en page de garde. Et malheureusement, un yuppie poussé à l'extrême ça donne un taré raciste, machiste, psychotique, ultra-superficiel, obsédé par les apparences et ayant pour idole, un certain Donald Trump. (le roman a 27 ans,c'est dur à croire) . Pour résumer je dirai que quand on travaille dans une décharge, faut pas s'attendre à sentir la rose. (lire ce livre c'est travailler dans la décharge pour ceux qu'ont pas compris)

Le meilleur dans ce livre, ce qui le fait passer d'un livre moyen, à un chef d'oeuvre: sa chute parfaitement réussie. À vrai dire, on fait pas mieux. Pour ceux qui l'ont pas lu, foncez ! ça vous dissuadera peut-être de croire que votre bonheur passe par le nouvel iphone. (même si la morale du livre est bien plus lourde que ça) Et sinon, ça mettra en forme ce que vous essayez de dire à cette personne qu'on connaît tous qui peut pas s’empêcher d’être superficielle.
Bien qu'en vous rappelant la quantité d'émotions qui vous a submergée à la fin du livre, vous abandonnerez vos explications et vous contenterez de dire ' lit American Psycho ! '

je vais quand même essayer de résumer succinctement:

Pour la fin en elle même elle est parfaite car c'est une fin ouverte mais du fait de la situation la seule question restante( car bien entendu, il a tout imaginé) est: 'qu'a t-il vraiment fait ?' car on ne peut pas avoir autant de fantasme de violence meurtrière sans passer un peu à l'acte. Mais c'est secondaire, ce que veut montrer BEE c'est que cette société créé des individus qui sont soit décérébrés(et donc protégés) soit suffisamment intelligent pour souffrir de ce monde superficiel, ce qui créé soit des psychopathes soit des schizophrènes( l'envie de tuer est tellement forte mais interdite que le cerveau créé des hallucinations). Bref un monde de tarés.

BEE fait une critique très sévère, Beigbeder dit 'ce texte est l'apocalypse de notre temps', c'est terriblement bien résumé même si pour comprendre l'analogie, il faut avoir lu ce livre et l'apocalypse ( c'est court, pour les intéressés).

Le thème du livre c'est la disparition de la personnalité au profit d'une identité commune. ça peut sembler la finalité mais c'est qu'un effet de bord. C'est une conséquence de la mode qui permet de vendre des objets. L'hyper consommation avilit le genre Humain.

C'est comme Mcdo qui pense seulement à faire du bénéfice. l'obésité globale n'est qu'un effet secondaire.

Nous sommes prévenus.

Analyse corroborée par BEE:

ma dépersonnalisation était si profonde, avait été menée si loin, que ma capacité normale à ressentir de la compassion avait été annihilée, lentement, consciencieusement effacée. Je n'étais qu'une imitation, la grossière contrefaçon d'un être humain.

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